Les choix de délibéré – 25 avril 2018

Le vent du désert

Guerre du Golfe, janvier 1991 : Adel, jeune soldat français, se suicide dans le désert du Koweit. Adel avait grandi dans un quartier populaire de Toulon, comme son ami d’enfance Cesare. Enfant d’immigrés maghrébins, il s’était engagé dans l’armée pour « affirmer son  appartenance française, en plus de l’héritage parental, et surtout, glorifier le sacrifice des pères et mères, en leur offrant la réussite dont ils avaient sans doute rêvé pour eux-mêmes ». Mais, sur place, ses camarades le prennent pour cible : il est arabe, n’est-ce pas, comme ceux qu’ils combattent ? La faute à Saddam de Samira Sedira (Éditions du Rouergue) est un roman sombre, au style dépouillé, qui raconte une vie fauchée trop tôt, car « dans le désert, quand le vent souffle, on peut sangloter misérablement, et mourir sans gloire, derrière un mur de sable ». NP

La faute à Saddam de Samira Sedira (Éditions du Rouergue), 112 pages, 13,50 euros

    

Revues en fête

Livraisons, festival lyonnais de la revue, fête sa quatrième édition. Au menu, jusqu’au dimanche 29 avril, lectures, conférences, débats, rencontres, spectacles. Et un constat : situées dans un éco-système spécifique, les revues résistent bien à la normalisation numérique.  Et de Georges ou Graou, revues jeunesse éditées par Maison Georges à Espace(s), revue écrite par des astrophysiciens du CNES, l’éventail est large… RS

Livraisons-Festival de la revue, à Lyon, jusqu’au 29 avril.

    

Jumelages

Le plasticien Quentin Lefranc présente à l’Espace Commines à Paris  le dispositif Espacements, « ensemble indissociable de dix plans, jumelés deux par deux, ils viennent définir des angles plus ou moins ouverts. Ils sont là pour structurer/cloisonner. Parfois ouvert, parfois fermé, parfois transparent, parfois opaque. Chacun des plans pourrait aussi bien provenir d’une construction architecturale, ou de structures picturales. L’ensemble est un dispositif en écho à l’architecture moderne et cette tendance expansive. Chaque temps de présentation, un individu, qui peut être appelé commissaire, pourra se prendre au jeu et choisir de présenter le dispositif de la manière qui lui plaira ». C’est Nina Leger – par ailleurs collaboratrice de délibéré – qui s’y colle en premier en ouvrant l’installation à la fiction, « une intrigue policière et météorologique écrite pour l’occasion »… RS

Espacements, 17, rue Commines – 75003, Paris, du mardi 24 au jeudi 26 avril, entre 12h et 20h — et au-delà ou en-deçà sur rendez-vous.

 

Manifeste pour jours de grève

« La poésie et la création offrent la possibilité d’arrêter cette recherche effrénée de son devenir hors de soi, de couper court à cette soif de puissance. Puissance qui ne peut être que relative, qui est à la merci de la moindre sur-puissance, serait-ce illusoire. Parce qu’à n’importe quel virage, une force plus grande peut surgir devant le puissant et le mettre en doute, en déroute. » En ces temps agités, Le Castor Astral a eu l’excellente idée de publier un manifeste intitulé Sortir de l’abîme. Un texte de Seyhmus Dagtekin. Un manifeste pour la poésie et pour un monde un peu différent. NB (Lire l’ordonnance littéraire)

Seyhmus Dagtekin, Sortir de l’abîme, Le Castor Astral, 4 €

 

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