Par notre ombre portés

 

de la mort l’inexistence
à mesure que bat la vie
se déchire

ce qui nous heurtait alors dans le fait que les industriels programmassent l’obsolescence de leurs produits, c’était que cette planification de la panne, ce paramétrage de l’accident, cette organisation du vieillissement nous renvoyait sourdement et en la déplaçant sur des objets que nous nous ne pouvions pas nous défendre, puisque nous les avions chèrement acquis, de regarder comme des parts de nous-même, nous renvoyait, donc, à la fatalité de notre propre décrépitude, inscrite elle aussi dans un programme mais par un constructeur inaccessible à la plainte

Ombres © Frédéric Teillard

Frédéric Teillard
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