Ressuscite, bouge et meurs

“Une adolescente déclarée morte se réveille dans son cercueil et meurt étouffée.”

Cette résurrection manquée a eu lieu au Honduras. La jeune femme venait de se marier, un malaise l’avait expédiée au cimetière. Alors qu’il se recueillait devant la tombe, le mari a entendu de drôles de bruits. Le temps d’ouvrir, la jeune fille était déjà repartie de l’autre côté des ténèbres, faute d’oxygène. Come-back dramatiquement raté, unique en son genre, dont une vidéo circule sur le Web.

Il n’est pas si rare que des gens vivants se retrouvent coincés entre quatre planches. Cela arrive à tout âge et dans tous les pays, comme le prouvent quelques cas très récents. Aux Philippines, une fillette de 3 ans victime d’une forte fièvre s’est réveillée pendant ses funérailles. En Chine, c’est une grand-mère de 95 ans, déclarée morte après une chute, qui s’est extraite de son cercueil entreposé dans le salon familial. Au Brésil, une femme de 88 ans qui avait atterri chez les croque-morts après des problèmes vasculaires a repris vie inopinément dans le salon funéraire. Aux États-Unis, un homme de 78 ans a ouvert les yeux dans une housse mortuaire aux pompes funèbres, peu après avoir été déclaré mort un médecin légiste. A chaque fois, ébahissement des témoins, moment de solitude pour le praticien qui avait signé l’acte de décès. Et pour les intéressés, début des prolongations.

De ces séjours dans l’au-delà, les ressuscités rapportent divers souvenirs ou images (le fameux tunnel lumineux, les petits oiseaux qui chantent, un défunt parent qui vous renvoie dans le monde des vivants en disant “Non, mon gars, ton tour n’est pas venu” et autres propos de circonstance) qui font le bonheur des amateurs de paranormal mais aussi celui des chercheurs. Car les phénomènes de mort imminente –near death experiences en anglais- ont été auscultés dans des dizaines d’articles scientifiques sous tous les angles possibles : neurologie, psychiatrie, sociologie, biochimie, médecine d’urgence et l’on en passe. Cette abondante littérature ne converge que sur un point : le cerveau semble survivre à l’arrêt du coeur un peu plus qu’on ne le pensait jusqu’à présent, soit grosso modo une trentaine de secondes.

Ceux qui meurent ont ainsi le droit à un rab de souvenirs, qu’ils reviennent rarement nous faire partager. Des chercheurs anglais se sont penchés sur plus d’une centaine de cas de morts imminentes après arrêt cardiaque, analysant en particulier celui d’un homme de 57 ans qui affirme être sorti de son corps en cours de réanimation et avoir observé la scène depuis le plafond. Ce mort-vivant a pu décrire de façon précise les faits, dires et gestes de l’équipe médicale, témoignage en tous points corroboré par celle-ci. Son rapport d’outre tombe a permis d’évaluer à près de trois minutes la durée du phénomène de sortie de corps. C’est désormais le nouveau délai minimum à respecter avant de se mettre à sortir des blagues vaseuses au-dessus d’un corps sans vie.

La jeune mariée du Honduras aurait sans doute eu beaucoup à nous raconter. Mais elle n’a pas eu la chance d’Uma Thurman qui, dans le Kill Bill 2 de Quentin Tarentino, réussit à s’extraire de son cercueil à coups de karaté, scène d’anthologie s’il en est. Attention, ce genre d’exploit ne se produit qu’au cinéma. Étrangement, le personnage incarné par Thurman avait pour nom … la Mariée.

Édouard Launet

Sciences du fait divers

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