R.I.P. Tom Petty, humblement vôtre

Tom Petty and the Heartbreakers, “Damn the Torpedoes”Lorsque l’album Damn the Torpedoes est sorti en 1979 en France, en écoutant la diction pâteuse de cette voix nasillarde sur « Refugee », on aurait dit, à s’y méprendre, avoir à faire à une nouvelle chanson de Dylan. Premier contact avec Tom Petty, rocker sudiste américain et illustre inconnu dans les bacs des disquaires de l’époque. Le guitariste n’a été connu que bien plus tard en Europe par quelques initiés dont l’oreille était restée sensible à la guitare 12 cordes des Byrds mais jouée par les Rolling Stones. Quarante ans plus tard et malgré une discrétion inhabituelle pour un artiste, le gamin de Gainesville en Floride aura vendu près de 80 millions de disques aux États-Unis – un chiffre astronomique comparé à son score sur le vieux continent.

Sa carrière commence à 17 ans lorsque, jeune fan de Presley, il quitte l’école pour former Mudcrutch, son premier groupe. Mike Campbell, autre guitariste chevronné, et Benmont Tench, le pianiste, sont déjà là. Ils deviendront logiquement la colonne vertébrale des Heartbreakers, son indissociable band. Une dizaine d’années plus tard, après de nombreuses galères et combats souvent inutiles contre l’industrie du disque, Tom Petty trouve une issue qui va enfin le faire connaître de la terre entière.

Mais tout s’enlise trop vite. Petty se voit stagner et désire autre chose. Avec les Heartbreakers, il forme depuis deux ans le groupe qui accompagne Dylan. Puis George Harrison, ami de Bob, a l’idée farfelue et géniale de former un Supergroup : les Traveling Wilburys. Voilà le trio embarqué dans une aventure exceptionnelle en compagnie de deux autres identités remarquables, Roy Orbison et Jeff Lynne, ancien leader d’Electric Light orchestra, et aussi producteur d’Harrison. Les cinq compères se disent demi-frères et se rebaptiseront Otis (Jeff Lynne), Nelson (George Harrison), Lefty (Roy Orbison), Lucky (Bob Dylan) et Charlie T. Junior (Tom Petty). Ils enregistreront trois albums mythiques en un temps record mais deux seulement verront le jour, les masters tapes du troisième ayant été dérobées dans le coffre d’une voiture et revendues en bootleg. Cette aventure extraodinaire va remettre Tom Petty sur les rails. Il reprend la route en 1991 avec les Heartbreakers, jamais trop éloignés, et intègre logiquement dans sa set list des morceaux des Traveling Wilburys passés à la postérité.

Petty ne manque pas non plus un autre rendez-vous majeur, avec Johnny Cash cette fois-ci, lors de Cash Unearthed, les American Recordings. Petty connaissait le « man in black » depuis une bonne vingtaine d’années, et il débarque dans les studios. Avec les Heartbreakers, il prend part à une bonne partie de ce chef-d’œuvre.

Autre rendez-vous honoré : l’hommage à George Harrison en 2001 pour l’adieu à son grand ami.

Cette année, Petty, 66 ans, fêtait son quarantième anniversaire de carrière et venait tout juste de terminer une tournée marathon de 53 dates en moins de six mois. Il a été victime d’une crise cardiaque le 2 octobre dans sa maison de Malibu en Californie, où il s’était installé depuis longtemps. Il s’est éteint le soir même à l’hôpital de Santa Monica. Keep on rocking Tom  !

Dino Di Meo
Musiques

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