La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
Babar, "un mot pour un autre" (une chronique de Christilla Vasserot)
Le coin des traîtres, Traduction

Un mot pour un autre

On a coutume de considérer la traduction comme le transfert d’un message d’une langue à une autre. Mais elle peut aussi être manipulation du message et s’exercer, parfois, au sein d’une même langue. La campagne présidentielle, entre autres, nous en fournit chaque jour bien des exemples. Il arrive même que le message initial ne soit plus repérable dans la traduction qui en est fournie. Certains se sont pris à ce jeu. La preuve par Borges, George Clooney, Jean Dujardin, Babar, La Sorbonne Nouvelle et Barack Obama. (Lire l’article)

Paola Pigani, Venus d'ailleurs
Livres, Ordonnances littéraires

Paola Pigani pour le cas Morano

Vous allez me dire, d’accord, vous voulez prescrire de la lecture à Nadine Morano, très bien, mais est-on bien sûrs que cette dame lise des livres ? Je vous répondrai : nous ne sommes sûrs de rien, et alors ? Ce n’est pas parce que vous ne prenez habituellement pas de médicaments que votre médecin se gardera de vous en prescrire. Donc, Nadine Morano. Qui déclare, à propos des dénommés “migrants” : “Aujourd’hui le sentiment d’envahissement que ressentent les Français, ce n’est pas un sentiment, c’est une réalité.” Que prescrire ? Un remède intéressant, me semble-t-il, est sorti en 2015, et je serais d’avis de l’essayer sur un cas que d’aucuns jugent sérieux. Il s’agit du roman de Paola Pigani, Venus d’ailleurs, paru aux éditions Liana Levi. (Lire la suite)

Claude Gillot - Les deux carrosses
Sciences du fait-divers

Examen d’examen de conduite

“Elle fonce dans la vitrine de l’auto-école lors de son examen de conduite.” Ce dramatique échec s’est produit à Bellevue, dans l’état de Washington (États-Unis). De retour de l’examen, la candidate aurait confondu pédales d’accélérateur et de frein, si bien qu’elle a expédié le véhicule dans la devanture de l’auto-école. L’erreur a été éliminatoire mais il n’y a pas eu de blessés. Chaque année en France, des dizaines de véhicules finissent leur course dans une vitrine : un phénomène qui reste étrangement peu exploré par la recherche scientifique. (Lire la suite)

“Big Bad Wolf chez Ibn al-Haytham”: Une chronique avéryenne de Nicolas Witkowski
Chroniques avéryennes, Écrans

Big Bad Wolf chez Ibn al-Haytham

Le regard, chez Tex Avery, c’est toute une histoire… On a déjà vu les yeux du méchant loup palper Droopy pour s’assurer de sa présence. Bien plus souvent, ils vont palper le petit chaperon rouge ou Cendrillon avec des buts moins avouables. Grande est la variété graphique des représentations du regard — de l’œil exorbité et “sonnant et trébuchant” à l’onde impalpable mais transportant de l’énergie. Cette obsession visuelle est-elle un simple fantasme avéryen ? Pas du tout. La fixation pathologique de Tex Avery sur le regard a, comme son homoncule sensoriel, de très anciennes racines historiques. (Lire l’article)

Álvaro Enrigue, “Mort subite”, traduit de l'espagnol par Serge Mestre, Buchet-Chastel, 2016
Livres, Ordonnances littéraires

Álvaro Enrigue, pour les joueurs et fans de tennis déprimés

Aux joueur et spectateurs de tennis abattus par les scandales de dopage et de matchs truqués, il convient de prescrire la lecture de l’ouvrage du Mexicain Álvaro Enrigue, Mort subite, récemment publié en France aux éditions Buchet-Castel et traduit en français par Serge Mestre. Il y est question d’un curieux match de tennis opposant, le 4 octobre 1599, un poète espagnol à un jeune artiste de Rome : Francisco de Quevedo et Le Caravage, excusez du peu, assommés l’un comme l’autre par une gueule de bois monstrueuse qui ne les empêchera pas de jouer leurs trois sets. Quevedo à Rome face au Caravage ? Parfaitement.
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Sciences du fait-divers

Saison 2, épisode 1: Albertine n’a pas la chatte en feu

“Jaloux, il met le feu au chat de sa compagne et le jette par la fenêtre.” Il était jaloux, donc suspicieux et même franchement inquisiteur. Elle a refusé de lui laisser consulter les appels qu’elle avait passés et reçus sur son téléphone portable. Il s’est énervé… La jalousie et ses développements sont le carburant d’un nombre incalculable de romans. Ah si les portables avaient existé à l’époque de Marcel Proust, que de raffinements supplémentaires il eût pu apporter à son oeuvre ! (Lire la suite)