La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Le nombre imaginaire, Sciences

Ceux qui comptent

Un oiseau, deux oiseaux… tous ces oiseaux ! La chasse sera bonne. Tout a commencé ainsi, et nous en sommes longtemps restés là. Que veut dire compter, quand chaque jour apporte ce qu’il faut de nourriture – ou pas ? Quand ni hier ni demain ne comptent, justement, et que vous ne trouverez plénitude ou famine que dans l’éternel aujourd’hui, sans devoir ni pouvoir thésauriser, sans chercher à prévoir l’imprévisible ? (Lire la suite)

Pierre Patrolin, J'ai décidé d'arrêter d'écrire, P.O.L., 2018
Livres

Patrolin : J’ai décidé d’arrêter d’écrire

On ne se méfie jamais assez des écrivains à la langue fluide. C’est beaucoup de travail ingrat. Ainsi Patrolin, l’auteur, décide-t-il de cesser. Vivre le monde, sans se balader avec des trucs notés sur des facturettes, des courriers du gaz, la marge du journal, avec cette ambition, mettre en mot l’instant, le bruissement des feuilles, l’idée traversante, la rue. Laisser vivre le monde. J’ai décidé d’arrêter d’écrire serait donc l’histoire d’une désintoxication. Il y a double bind romanesque : l’écrivain se tait, tandis que le narrateur rapporte le détail du renoncement. Mais ils ne font qu’un. (Lire l’article)

Antonio Sarabia, La femme de tes rêves, traduit de l'espagnol par René Solis, ed. Anne-Marie-Métailié, 2017
Le coin des traîtres, Livres, Traduction

Antonio Sarabia au-dessus du volcan

L’écrivain mexicain Antonio Sarabia est mort samedi 3 juin à Lisbonne. Du roman historique au roman noir, en passant par le fantastique, Sarabia aura traversé plusieurs genres sans s’y enfermer. Avec, en toile de fond de plusieurs de ses livres, un volcan. René Solis, qui a traduit en français La Femme de tes rêves, revient sur cette intimité singulière qui lie un traducteur à un écrivain et sur son immersion dans ce qui aura été le dernier livre d’Antonio Sarabia. (Lire l’article)

Danse

Fabrice Dugied, un dernier regard

Danseur et chorégraphe, Fabrice Dugied est décédé le 4 avril 2016. Artiste associé à la programmation danse du studio Le Regard du Cygne, à Paris, depuis sa fondation en 1985, il n’eut de cesse de défendre la danse contemporaine, de l’explorer autant dans ses travaux personnels fragiles et singuliers que dans sa manière de fouiller l’histoire de cet art et de le transmettre.

Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J9 – Féodalité du football français (FFF)

Un championnat a ses dynamiques propres. Certaines sont provisoires. D’autres correspondent à des tensions sociétales plus profondes : enjeux de suprématie régionale, enjeux de classe ou économiques, identitaires ou idéologiques, rivalités historiques. Conséquence de l’hégémonie parisienne sur la Ligue 1, l’opposition entre le PSG et Marseille ne déchaîne plus les passions. La rivalité serait artificielle, récente, montée de toutes pièces par Bernard Tapie et les dirigeants de Canal+ à des fins commerciales. Soit. Mais son succès – qui provoqua dans les années 1990 les débordements que l’on sait – tient surtout au fait que cette rivalité fait échos à des symboliques profondément enracinées. (Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

De l’art d’être banal

Il existe une catégorie essentielle de secrets pour chacun de nous : ceux qui nous permettent de prouver notre identité sur Internet – mots de passe, codes confidentiels, réponses à des questions secrètes. Si nous laissons échapper ces secrets, alors n’importe qui peut se faire passer pour nous. Il existe des recommandations de bon sens : utiliser des mots de passe complexes, jamais deux fois le même, ne jamais les confier à un tiers, utiliser un “coffre-fort à mots de passe”. Force est de reconnaître que nous n’appliquons que rarement ces recommandations, dont certaines sont d’ailleurs contre-productives. Parlons-en un peu. (Lire l’article)

Véronique Ovaldé, Soyez imprudents les enfants (couverture), éditions Flammarion, 2016 - Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne dans délibéré
Livres, Ordonnances littéraires

Véronique Ovaldé pour les nostalgiques de la fin de l’été

La fin de l’été est propice à la nostalgie. Il est essentiel alors pour tout un chacun de mettre au point “des stratégies performantes pour éloigner la tristesse”. Parmi celles-ci, je recommande la lecture du dernier roman de Véronique Ovaldé, Soyez imprudents les enfants. Lisez Véronique Ovaldé, dès les premiers jours de rentrée, et avant même que les premiers symptômes de mélancolie post-été ne se fassent sentir, laissez-vous embarquer dans ses itinéraires tortueux et souvent réjouissants. Plongez dans ces mots-là, ils vous feront digérer bien mieux tous les autres. (Lire l’article)

COLORIAGE - Le bizub © Philippe Mignon
Coloriage, Zoologie

Le bizub

Lointain cousin du zébu, le bizub se distingue de ce dernier par sa deuxième bosse. Graisseuses, elles lui servent de réserve calorique, se gonflent à la saison humide, dégonflent à la saison sèche. Comestibles, elles sont prisées en pot-au-feu. 
Block, chambre d'appoint, de Gilles Belley © VIA 2016 - Colombe Clier
Design, Expo

Gilles Belley, trois voyages autour de ma chambre

Comme chaque année, le VIA (Valorisation de l’innovation dans l’ameublement), expose ses aides à la création de design. Mais plus au salon Maison & Objet de janvier, uniquement dans sa nouvelle galerie du XIe arrondissement à Paris. S’y distinguent d’abord la carte blanche offerte à Gilles Belley, trois habitacles qui redessinent l’espace d’un appartement. Et les délicates lampes de Sébastien Cordoleani, fabriquées avec un luthier. (Lire la suite)

Horacio Castellanos Moya, Madrid, juin 2019 © Casa de América
Lire Horacio Castellanos Moya, Livres

Héritage et solitude littéraires

Étrange est pour un écrivain la découverte du chemin le menant vers sa vocation, son destin. Pas seulement étrange, unique aussi. Quand j’essaie de visualiser cette découverte, quand je tente de comprendre comment j’en suis arrivé à l’écriture des livres que j’ai écrits, je ressens comme une gêne. Comment ai-je pu persévérer dans ce qui était de toute évidence une sottise, vu le milieu dans lequel je me suis formé, la famille d’où je viens, le pays où j’ai grandi et où j’ai commencé à emprunter cette voie ?
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Thomas Baumgartner: “Longtemps je me suis couché de bonne heure pour raisons de sécurité”. Une ordonnance littéraire de Christophe Giudicelli
Livres, Ordonnances littéraires

Pour Bernard Cazeneuve, ministre de la sécurité intérieure

Longtemps je me suis couché de bonne heure pour raisons de sécurité : un ouvrage à la fois succinct, d’une grande qualité littéraire et en accord avec les circonstances dramatiques qui – nous sommes priés de le croire – justifient l’inscription de l’état d’urgence dans un horizon indéfini. Pour Bernard Cazeneuve, homme d’État d’urgence. (Lire l’article)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Roumanie-Albanie : pourquoi aimes-tu le foot, Shpend ?

Shpend, 23 ans, est né à Maqellarë Dibër, un modeste village du Nord-Est de l’Albanie, tout près de la frontière macédonienne. Il vit à Turin depuis quinze ans et est désormais citoyen italien. Son équipe favorite est le Milan qui, depuis quelque temps, ne lui donne guère de satisfactions. Quand jouent les équipes nationales, il supporte aussi bien l’Italie que l’Albanie, mais l’équipe que dirige Gianni De Biasi a réveillé en lui la fierté de ses origines. La qualification à l’Euro “a prouvé au monde entier que l’Albanie se redresse”. (Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Propositions délicates

Si vous êtes propriétaire d’une chaîne de magasins et que je vous demande combien vous possédez de boutiques à Paris et à Lyon, il y a bien des chances que vous me donniez le nombre global des boutiques que vous avez dans ces deux villes. Le logicien, lui, et dans certains cas la base de données informatique, vous répondra zéro sans la moindre hésitation. En effet un magasin peut être situé à Paris ou à Lyon, mais jamais les deux à la fois ; vous n’en avez donc aucun qui soit dans ces deux villes. Voici une première brèche au sens commun, et ce ne sera pas la seule… (Lire l’article)

Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Avengers : Infinity War, memento mori

Voilà un film dont on peut sortir comme sidéré. Non pas soufflé par sa toute-puissance spectaculaire, mais plutôt en état de choc, dans ce tout premier vertige de la courbe du deuil où la mauvaise nouvelle ne nous paraît pas plus réelle encore qu’un rêve. Car si le blockbuster devient ici expérience scénaristique et esthétique, laboratoire d’un “vivre ensemble” de cinéma où cohabitent les styles et les registres des diverses franchises Marvel, il impose surtout une grâce mélancolique et tragique rare dans un tel produit marketé. (Lire l’article)