Maïa Mazaurette, à trous les coups
Sortir du trou. Lever la tête: le dernier essai de Maïa Mazaurette défend l’idée d’une sexualité moins obsédée par la pénétration. Ce qui lui vaut des tombereaux d’insultes sur les réseaux sociaux.
Effet boule de neige
Après le séisme prévu – et tant redouté – cet été 2024 à Paris, une réplique est à présent plus...
Traduire Karl Ove Knausgaard
Le Proust norvégien, comme certains le désignent, écrit au plus près de l’émotion et de la vie disséquée dans ses aspects les plus simples, les plus banals. Questionnée par Agnès Villette sur sa co-habitation avec un auteur de l’intimité et de la banalité, sa traductrice française évoque la transposition d’un style bref, dépouillé, volontairement pauvre, qui doit trouver son rythme et sa respiration en français. (Lire l’entretien)
Chauffe Marcel
L’unique mention de Scarlatti dans La Recherche se trouve dans le récit d’une partie de musique (Sodome et Gomorrhe), où le pianiste joue quelques morceaux à la demande des invités : Mme de Cambremer “venait de découvrir un cahier de Scarlatti et elle s’était jetée dessus avec une impulsion d’hystérique. […] Et pourtant de cet auteur longtemps dédaigné, promu depuis peu aux plus grands honneurs, ce qu’elle élisait, dans son impatience fébrile, c’était un de ces morceaux qui vous ont si souvent empêché de dormir et qu’une élève sans pitié recommence indéfiniment à l’étage contigu au vôtre.” Proust serait-il passé à côté de Scarlatti ? Au fond, ce n’est pas lorsque Proust évoque Scarlatti qu’il est le plus scarlattien. (Lire l’article)
Michel Butel, mort d’un poète
On annonce la mort de Michel Butel, à l’âge de 77 ans. C’est une très mauvaise nouvelle. La presse perd son dernier poète, et ses amis un type formidable. Il était malade depuis des mois, avait du mal à respirer, mais jusqu’à son dernier souffle il a défendu l’idée que l’on devait faire des journaux comme des œuvres d’art. Il est bien le seul à y être parvenu. Portrait rédigé en 2011 alors que Butel se préparait à lancer son tout dernier journal, L’Impossible, après avoir présenté sa candidature à la direction du Monde. (Lire le portrait)
J11 – Psychanalyse de la touillette
Dimanche soir, pour la réception de Saint-Étienne, Laurent Blanc ne mâchonnait pas une de ces fameuses touillettes qui sont sa marque de fabrique depuis ses débuts d’entraîneur à Bordeaux. Victoire 4-1 du Paris Saint-Germain, une des prestations les plus abouties de l’ère qatarie, quatre jours après un décevant match nul 0-0 contre le Real Madrid en Champion’s League. Sur le plan symbolique, que signifie la touillette ? Et que dit sa disparition ? Le suçotement caractérise pour Freud le stade oral, le premier de l’évolution de l’enfant, jusqu’à dix-mois. Fondé en 1970, le Paris Saint-Germain est un club adolescent à l’échelle du football européen. Et qui cherche depuis quelques saisons à se faire une place parmi les grands d’Europe, comme si – passé de la primaire du championnat de France au collège de la Champion’s League –, le club avait changé de cour. (Lire l’article)
Quino, face B
Le dessinateur argentin, mort le 30 septembre à Mendoza à l’âge de 88 ans, n’est pas seulement le génial créateur de Mafalda. Dans un documentaire réalisé en 2005, Mariano Llinás et Ignacio Masllorens proposaient, dessins à l’appui, une édifiante analyse de l’art de Quino.
L’Alpha, livre grand ouvert sur Angoulême
Non, la nouvelle médiathèque de la ville de la BD n’est pas en forme de bulle ! Conçue par l’architecte Françoise Raynaud, de l’agence parisienne Loci Anima, c’est un empilement de boîtes en porte à faux, avec des façades en lames d’aluminium, dont l’agencement forme le A d’Angoulême. Situé derrière la gare, le bâtiment regarde la haute cité historique. Avec ses 130 000 documents, cet équipement culturel démultiplie la bibliothèque traditionnelle, entre numérique, papier, expositions et rencontres. Et entend revivifier l’ancien faubourg industriel de l’Houmeau en mutation. (Lire la suite)
Choisissez au hasard…
Si vous êtes comme moi, voici un jeu auquel vous n’avez guère joué depuis vos (très) jeunes années : le papier enveloppe la pierre ; la pierre casse les ciseaux ; les ciseaux coupent le papier. Je me suis amusé, il y a de nombreuses années de cela, à coder un programme d’ordinateur jouant à pierre-papier-ciseaux contre un humain. Sans tricher, ce programme en vint rapidement à battre son adversaire humain dans 70% des parties. Un programme fort simple, gagnant de manière statistiquement très significative contre son concepteur ! (Lire l’article)
Romance
Des mains féminines repassent une chemise d’homme: Romance de Helen Grace, épouse la durée et le rythme d’un mouvement célèbre de Chostakovitch. Sept minutes simplement vertigineuses.
Le libre arbitre imposé et autres paradoxes
Impossible de parler de logique sans consacrer une chronique à l’un des esprits les plus fins, les plus iconoclastes, les plus inventifs et drôles du vingtième siècle : Raymond Smullyan. Logicien, pianiste, adepte du Tao, magicien, grand vulgarisateur, il a inventé quelques perles de magie logique. Notamment Le Livre qui rend fou avec ses énigmes d’une implacable rigueur qui, conformément à son titre, peut conduire aux confins de la folie, sans pour autant prendre les lecteurs de haut. (Lire l’article)
Einstein et l’affaire Marilyn
Un collectionneur américain affirme détenir trois lettres qu’Albert Einstein – un homme à la vie plus mouvementée qu’il n’y paraît – aurait envoyées à Marilyn Monroe. Selon cet homme, le physicien et la starlette auraient entretenu une correspondance de 1949 à 1951. Il prétend même qu’ils se seraient rencontrés. C’est Marilyn qui aurait entamé cet échange en écrivant un jour au savant pour lui demander une photo dédicacée. (Lire l’article)
L’imaginaire turbine à Saint-Étienne
La 10e Biennale de design, produite par cette ville en mutation, trime sur les « Mutations du travail ». Terminée la division équilibrée entre temps de labeur, loisirs et sommeil, le boulot s’immisce partout. Robots, plateformes collaboratives, domicile connecté au bureau, coworking, micro boulots, les jobs se transforment sous nos yeux, le design avec. L’exposition, telle un flux digital continu, traque toutes les effets du « digital labor ». Serons-nous des post humains robots, des adeptes des Tiers Lieux collectifs, ou complètement libérés du labeur ? (Lire l’article)
La Machine à lire, une librairie « de choix et d’engagement »
Pour Hélène des Ligneris, propriétaire de la librairie La Machine à lire à Bordeaux, qui fait partie des partenaires de délibéré, « il est essentiel de suivre les maisons d’édition indépendantes », même s’il est « impossible de tout prendre, tout lire, tout défendre »
Castorf dans le miroir de Molière
Derniers tours de roue pour Frank Castorf à la Volksbühne de Berlin. Dans ce contexte de fin de mandat – ou de fin de règne –, difficile de ne pas rechercher dans ses derniers spectacles une dimension testamentaire, voire crépusculaire. Créé en 2016, Die Kabale der Scheinheiligen. Das Leben des Herrn de Molière, laisse en tout cas une large place à l’introspection : c’est sûrement l’une des pièces les plus explicitement intimes jamais montées par le metteur en scène. Et c’est une pièce qui au delà de sa profusion, ne traite que d’un sujet : l’amour du théâtre. (Lire l’article)
Brèves de confinement
Curieuse conséquence d’un confinement respectant un peu trop strictement les gestes barrière : dans le XIIIe arrondissement de Paris, une femme s’aperçoit soudain qu’elle n’est pas confinée avec son époux mais avec un autre homme…
Pandémie
Un virus venu d’Asie, une planète malade de ses habitants et une étrange race d’extraterrestres médecins prêts à toutes les thérapies de choc. Un roman d’anticipation écrit en 2012, qui pose sur notre modèle de civilisation des questions plus que jamais d’actualité.

















