Traduire le vivant
Traduire un auteur vivant offre la possibilité de l’interroger, de lever des doutes, de confirmer ou infirmer des hypothèses, etc. Possibilité que le traducteur n’est pas tenu d’exploiter puisque c’est l’œuvre qui est soumise à traduction, et non les intentions de son auteur. Il est un cas où la parole de l’auteur s’impose au traducteur : lorsqu’il s’agit de traduire une pièce de théâtre mise en scène par l’auteur, voire jouée par l’auteur. En d’autres termes, lorsque l’auteur reprend les droits sur son texte, pour l’extraire des pages du livre et lui donner une nouvelle vie sur la scène d’un théâtre. (Lire l’article)
Autostabile : l’automobile vouée à disparaître ?
C’est à une véritable compétition que nous assistons entre Elon Musk et Bill Vuzay. Tout le monde connaît le PDG de Tesla, ses voitures électriques et ses ambitions spatiales. C’est pourtant du deuxième que pourrait venir la vraie grande révolution automobile.
Co, le monde est “co”
De coworking à covoiturage, le préfixe “co” gagne du terrain. Illustration au Pavillon de l’Arsenal à Paris avec l’exposition Co-urbanisme. Quinze projets, de Notre Atelier commun à Rennes aux Ateliers inter-services à Lille, qui riment avec collaboratif. (Lire la suite)
Les soupirs de Diderot
Diderot avait bien des raisons de s’intéresser à la musique, ne serait-ce que pour faire travailler sa fille Marie-Angélique : “Si je reste à la maison, je fais répéter à l’enfant ses leçons de clavecin. Les jolis doigts qu’elle aura ! et de l’aisance, et de la mollesse et des grâces !” Mais avec le clavecin, et avec Scarlatti, les sentiments se brouillent vite. Dans son Journal, à la date du 15 septembre 1760, il entend dans un salon une jeune fille tentant de déchiffrer une sonate de Scarlatti. La musique elle-même semble le laisser indifférent ; ce qui trouble Diderot, c’est le décalage entre la musique et son interprète, “un ange” dont les grâces et l’innocence le fascinent. (Lire l’article)
Métaphores et métalepses
À la fin de son Mystère Tex Avery, Robert Benayoun propose en vrac un “lexique succinct des métaphores texaveriennes”, en d’autres termes ces “trucs” qui prouvent que l’on se trouve bien dans l’univers avéryen. On y trouve l’effritement, propension des personnages maltraités à se retrouver en morceaux façon puzzle, la folie lubrique, de l’érection des globes oculaires à la mâchoire qui tombe sur le sol, la folie définitive, à coups de marteau, les “accélérations insanes”, les aphorismes, tel le kangourou sautant dans sa propre poche, ou le “sur-commentaire”, façon “Long isn’it ?” apparaissant sur un panneau devant une très longue voiture. Mais Tex Avery est surtout le roi de la “métalepse narrative”, au sens que lui a donné Gérard Genette. (Lire l’article)
Philip
Ce paysage des environs d’Étretat c’est le cadeau que tu m’as fait, Philip, à ton départ de Paris en 1997 – je devrais écrire à ton retour aux États-Unis. Un paysage qui tient au mur, côtoyant le marchand de balais de Daniel Barraco et le notaire d’August Sander. Je t’ai connu, Philip Heying, en février 1989, lors de ta première exposition chez Agathe Gaillard. Tu montrais des paysages d’Amérique… (Lire l’article)
(sur quelque chose)
L’empreinte : s’il fallait ne choisir qu’un seul terme pour évoquer le travail de l’artiste brésilienne Maria Laet, ce serait celui-là. Maria Laet travaille par contact – tantôt sollicitant des techniques de gravure ou d’impression traditionnelles, tantôt les détournant (ainsi lorsqu’elle choisit d’exposer directement à la lumière le papier photosensible d’un polaroïd), tantôt inaugurant de nouvelles manières de faire empreinte (en se servant, par exemple, du souffle). Toutes ces techniques sont autant de protocoles destinés à révéler ce que la surface exprime, lorsqu’on y imprime. Le titre de l’exposition qui se tient en ce moment à la MdM Gallery, Com a Pele Fina (Avec la peau fine), condense ce parti pris : la peau entendue comme surface de contact. (Lire l’article)
Babel-sur-Yvette
Fondé par les libraires Pierre Morize et Hélène Pourquié, le festival Vo-Vf, de Gif-sur-Yvette, dans l’Essonne, qui rend hommage aux traducteurs, a fêté sa 7e édition du 4 au 6 octobre. Retrouvez tous les débats de cette année sur le site du festival.
Martin Veyron, pour les obsédés du parpaing
Ce conseil est pour toi, le promoteur, l’homme pressé, l’obsédé du parpaing, de la bétonnière, de la brique alvéolaire. Lis, s’il te plaît, cette très belle BD de Martin Veyron, Ce qu’il faut de terre à l’homme (Dargaud), adaptée de la nouvelle de Léon Tolstoï, parue en 1886. Indémodable. Édifiante, crois-moi. “Si seulement j’avais plus de terre”, c’est le leitmotiv qui obsède, tout comme toi, Pacôme, ce paysan et père de famille. Nous sommes à la fin du XIXe siècle en Sibérie, et si la vie est un labeur harassant, elle lui sourit pourtant. Les efforts payent, la réussite et le gain le grisent, justifient trahisons et fuites en avant jusqu’à l’absurde. Plus dure sera la chute. (Lire l’article)
Chercher des passages
Je ne crois pas qu’on puisse devenir un bon traducteur si l’on n’aime pas « la » langue, c’est à dire les langues, dans toutes leurs diversités, si l‘on n’est pas persuadé que comprendre le monde demande « plus d’une langue », si l’on n’est pas prêt à mettre le nez dehors, hors de sa langue…
Luc Bondy, mort d’un maître amoureux
De tous les amours de Luc Bondy, celui des acteurs était le plus remarquable. Séducteur, il avait dans la vie une attention en mouvement perpétuel, prompt à passer d’un sujet ou d’un interlocuteur à l’autre. Dans la salle de répétition, il était l’inverse, soudain capable d’extrême concentration, joignant le geste à la parole pour monter sur le plateau, saisir un bras, entourer une épaule, et donner au comédien la sensation d’être à cette seconde la personne la plus importante au monde, objet exclusif du désir de son metteur en scène. Luc Bondy est mort hier. Pour Paris et pour le théâtre européen, la perte est rude. (Lire la suite)
Illustrer Don Quichotte
Les éditions Hachette ne publieront qu’en 1909, cinq ans après la mort de Daniel Vierge (en...
Queenxit
À force d’écouter la radio, à la rédaction nous n’avions pas le moral. Nous avions donc choisi...
D’Arequipa à Paris: une cartographie de l’invisible. Entretien avec Robert Baca Oviedo
Entretien avec le poète péruvien Robert Oviedo Baca à l’occasion de la présentation du recueil de poèmes “Cartografía de lo invisible” à Paris.
Brèves de confinement
Claquemuré depuis quinze jours, il tire dans son miroir… Rentrant chez lui avec une montagne de pâtes et de papier hygiénique, il découvre que l’eau est coupée pour une durée indéterminée.
El Farru, pile et face
Le festival Arte Flamenco de Mont-de-Marsan attire des amateurs du monde entier et réserve de drôles de surprises. Ce fut le cas avec ces deux prestations d’El Farru. Côté pile, Flamenconcierto : spectacle de son cru, super show bling-bling où ne manquait qu’un feu d’artifice final. Côté face, le spectacle &dentidades de Pastora Galván, où il a rendu un hommage à son grand-père El Farruco, complètement habité par son fantôme. (Lire la suite)
Vert Est La Couleur
Gregg Ellis, Séries Photographiques. Saison 1, épisode 6
Émotions en bord de route
Lucinda Williams, née à l’origine pour être une chanteuse country, pleure des poésies déchirantes sur une musique folk-rock frissonnante. C’est avec une voix totalement érodée qu’elle murmure des paroles provocatrices sur une musique qui puise ses influences dans le gospel et le blues. The ghosts of highway 20, son dernier album, fait référence à ces voyages parsemés de motels glauques et de manque d’amour à travers les routes qui mènent du Texas à la Floride en passant par la Louisiane. Écoute en boucle recommandée. (Lire la suite)

















