Skizzenbuch (2)
Le succès du premier recueil de dessins Skizzenbuch I fut tel que le deuxième, Skizzenbuch II,...
Toi, fille (U.S. Girls)
Comme elle passait par là (en tournée) et que sa musique nous plaît, on décide de regarder les vidéos de Meg Remy, alias U.S. Girls, d’un oeil sans oreille, et un peu éveillé. En tant qu’homme, on se dit assez vite que, dans son cas, se mettre en scène comme femme consiste à les incarner toutes à la fois et, par conséquent, à démontrer qu’on ne peut que devenir femme, et non pas l’être. La vidéo de Sororal feelings, premier titre de son dernier album Half free, la montre fixant plus ou moins la caméra comme si c’était un miroir. À propos de cette chanson, Remy, qui a monté la vidéo elle-même, déclare tirer son inspiration d’une question : “Et si tu découvrais que ton mari a couché avec toutes tes soeurs avant de te choisir ?” (Lire la suite)
Schopenhauer et la ruse de l’espèce
C’est sans doute à Francfort que Schopenhauer fit la connaissance de celle à qui il s’adresse avec fougue dans cette lettre qu’il n’envoya jamais.
Nicolas Théral, gaucher
On vient d’apprendre la disparition de l’inventeur Nicolas Théral, “des suites d’une longue contrariété”.
Poisson d’avril
À force de jouer des sonates de Scarlatti, on finit par être capable d’en écrire. Trois grands interprètes ont ainsi laissé de “vraies fausses” sonates : un Caprice à la Scarlatti du pianiste polonais (et Premier ministre en 1919) Ignace Paderewski, une superbe sonate por el señor Escarlate du claveciniste colombien Rafael Puyana… Scott Ross s’est quant à lui offert, lors de la diffusion de son intégrale Scarlatti sur France Musique, le 1er avril 1985, il y a 31 ans exactement, un poisson d’avril scarlattien : une magnifique sonate que l’auteur de ces lignes est allé pêcher dans les archives de l’INA, et qui dévoile un Scott Ross plus scarlattien que Scarlatti… (Lire l’article)
Un jésuite à éclipses
En 1725, Domenico Scarlatti se voit confier une mission par l’ambassadeur du Portugal à Paris : remettre au roi une lentille de lunette astronomique… L’instrument, lui explique da Cunha, a été livré à Lisbonne imperfeito, et Jean V est furieux de s’être fait rouler dans la farine par un artisan français pourtant réputé, Nicolas Bion. On sait le roi grand amateur de musique, d’art, de littérature et de sciences naturelles, mais il se passionnait aussi, comme tout honnête homme à l’époque, pour l’astronomie dont un certain Isaac Newton, président en exercice de l’académie des sciences anglaise, la Royal Society, venait de trouver le grand secret : l’attraction universelle. (Lire l’article)
L’hypoténuse est inéluctable
Le carré de l’hypoténuse / Est égal, si je ne m’abuse / À la somme des carrés / Des deux autres côtés… Certes, mais pourquoi est-ce pour ça et pas autrement ? En fait, cela n’a rien d’évident. On peut prouver le théorème de Pythagore, bien sûr, et de multiples manières. Mais démontrer un théorème, est-ce en soi suffisant pour comprendre pourquoi ça doit être comme ça et pas autrement ? Comprendre, c’est sentir de manière organique, charnelle, pourquoi les règles du jeu que nous avons inventées rendent inévitable le résultat. (Lire l’article)
Le Vin
Il est 11 heures au bar-tabac de la Poste, à Saint-Pair-sur-Mer (Manche). Au comptoir, deux hommes discutent devant un verre de calvados, qui n’est apparemment pas le premier que le patron leur ait servi. Le moins éméché des deux attrape un journal dont la manchette interroge en lettres rouges : « Faut-il croire à la fin du monde ? ». Il le met sous le nez de l’autre, qui s’emporte : « Putain, ils commencent à nous faire sérieusement chier avec leur fin du monde. Un coup c’est le Brexit, un coup c’est l’apocalypse. Qu’est-ce qu’y vont nous servir, après ? » (Lire la suite)
Folies Faust
Les manifs mènent à tout, même à Sainte-Anne. C’est dans le jardin de l’hôpital de l’hôpital psychiatrique parisien que Marguerite Martin, Prix Nobel de biologie et quadragénaire érotomane, trouve asile juste avant l’entracte. Dans le Faust revu et refusé par Sylvain Creuzevault, comme dans Le Maître et Marguerite de Boulgakov, la folie est un cadeau du diable, une façon d’échapper au contrôle d’identité et à l’ordre établi. Avis aux spectateurs, les trois heures trente que dure Angelus novus ne sont ni raisonnables ni bien léchées. (Lire l’article)
Le savoureux théorème du juge Brann
Les 37 pages du jugement rendu par le juge fédéral de Pennsylvanie pour rejeter les plaintes déposées par des électeurs républicains ou les avocats de Trump constituent un petit bijou d’argumentation logique. L’humour en prime.
Le pectindon
Ce phasianidé dodu au plumage chatoyant ressemble beaucoup à notre dindon domestique. Il s’en distingue toutefois par sa large queue rigide, toujours déployée, et par son cou vrillé qui prend un tour supplémentaire chaque année.
Kate Morton, les méandres de l’histoire
Vient de paraître en mars dernier un nouvel opus de l’Australienne Kate Morton, qui s’est fait connaître notamment avec Les Brumes de Riverton (traduit par Hélène Collon). La Prisonnière du temps (traduit par Anne-Sylvie Homassel), un roman de plus de six cents pages, qui rassemble tous les ingrédients d’une histoire familiale courant sur plusieurs générations avec mystères et révélations, amours contrariées et morts précoces, trahisons et sacrifices… Un page-turner de plus ? Non, justement.
Maroc, la danse se manifeste
Depuis onze saisons, le festival On marche consacré essentiellement à la danse contemporaine avance à petits pas obstinés, en tentant de s’inscrire pleinement dans la société au même titre et au même niveau que d’autres disciplines reconnues par les pouvoirs publics comme la musique, le cinéma, les arts visuels ou le théâtre. Le corps – et ses représentations, enjeu politique et social – fait-il peur ou est-il tout simplement ignoré par le ministère de la Culture ? Un forum réunissant de nombreux artistes, toutes générations confondues, s’empare de la question par la production d’un premier manifeste, présenté publiquement le 13 mars. (Lire l’article)
Flaubert et Houellebecq, fouette cocher !
Il n’y a guère de raisons de rapprocher la littérature de Michel Houellebecq de celle de Gustave Flaubert, si ce n’est celle-ci : les romans du premier mis en regard avec ceux du second permettent de mesurer l’évolution considérable des mœurs en un siècle et demi. (Lire l’article)
Le goéland sans-tête
Peur ou timidité ? Le larus decapitus rentre instantanément sa tête quand il est dérangé. Comment parvient-il alors à se diriger et à s’envoler ? Avec de la patience et aussi beaucoup de chance.
La sémiophysique pour les nuls
À force de regarder de près, on remarque dans les cartoons d’Avery l’omniprésence d’une structure particulière, qui revient inchangée sous des aspects toujours différents : un personnage ou un objet émet un “influx” (un son, une onde, une parole, une pulsion) qui est capté par un autre personnage, ou objet, dont le comportement ou la forme est soudain modifié(e).
Ex Machina #30: Le petit monde de Delta
Galois nous suggéra de faire participer Sima à ce projet. Très impressionné par le Songe d’Everett, il nous fit joliment valoir que “l’artiste doit justement concilier la complexité de ses mondes intérieurs avec la finitude des moyens à sa disposition pour les donner à voir”.
Doggerland, beau comme la météo marine
Doggerland dure soixante siècles, vingt-deux ans et quarante-huit heures. Temps géologique et temps des amours humaines. Écriture de haute précision avec souffle poétique, aventure prométhéenne, rêverie insulaire : on embarque. (Lire l’article)

















