Trajal Harrell, gentleman cambrioleur
Le chorégraphe et danseur new-yorkais n’a que des idées saugrenues (de celles qui font progresser l’art). Dans Le Fantôme de Montpellier rencontre le samouraï, ce gentleman cambrioleur n’hésite pas à voler chez les autres pour construire son propre langage. Et il touche à la personne la plus sacrée, Dominique Bagouet, figure emblématique de la ville où il créa l’un des premiers centres chorégraphique nationaux. (Lire la suite)
Ordonnance pour les naufragés
Un homme se réveille nu, naufragé sur une plage. “Que lui était-il arrivé ? Une semaine plus tôt à peine (une semaine ! était-ce seulement possible ?), il rectifiait son nœud de cravate et présentait devant son équipe un plan d’action qui n’omettait aucune éventualité, dans lequel chaque risque avait été pallié, chaque heure prise en compte. Et maintenant ?”. Dans Sans oublier la baleine (traduit par Christine Barbaste, Stock, 2016), John Ironmonger raconte l’histoire d’un naufrage. D’où il ressort que si le pire est sûr, les conséquences ne sont pas toujours celles que l’on croit. Le récit prémonitoire de ce qui attend François Hollande l’année prochaine ? À lire dès maintenant, ou à garder sous la main pour 2017, dans votre kit d’urgence anti-gueule de bois.
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Martin Szekely, la constance de l’essentiel
Le designer français expose “Construction” au Musée des arts décoratifs et de design de Bordeaux, dans les salles de l’ancienne prison. Il a trouvé là le lieu idoine pour faire dialoguer quelque 40 pièces limpides et les pierres brutes des murs. Un éloge de la simplicité des meubles, née d’une complexité technologique équilibriste et invisible, menée avec artisans et petites entreprises. Le minimum face aux excès, le silence loin du vacarme. (Lire l’article)
L’éditeur Paul Dechagrain interpellé
Paul Dechagrain a été arrêté hier matin à son domicile. Cet éditeur inconnu du grand public avait profite cyniquement du désir de reconnaissance d’auteurs refusés partout pour monter une véritable arnaque.
Anaïs Charras, graveuse
Anaïs Charras développe un univers onirique que j’avais déjà beaucoup aimé dans ses dessins. La finesse de son trait l’a logiquement conduite à la gravure et je lui ai rendu visite dans son atelier.
Chalon dans la rue, revivre à 30 ans
Lors de sa 30e édition, du 20 au 24 juillet, le festival Chalon dans la rue qui va perdre son directeur Pedro Garcia (arrivée du successeur ou successeuse le 1er janvier 2017), défenseur sans faiblir de l’espace public, a réuni une fois de plus les artistes et la rue. Au menu, plus de 150 compagnies, in et off confondus, et 200 000 spectateurs pour plus de 1000 représentations en 5 jours. L’auteure de cet article y mettait les pieds pour la première fois. Expérience concluante malgré des erreurs de débutante dans l’appréhension de l’événement. (Lire l’article)
Daniel Barraco, suite
Le photographe argentin Daniel Barraco publie Artes & Oficios, nouveau livre de photos. Où l’on retrouve l’image, déjà évoquées dans délibéré, d’un marchand de balais de Mendoza…
Lumières portugaises
Dans son roman Le Dieu manchot, José Saramago, prix Nobel de littérature, recrée l’atmosphère du Portugal au début du XVIIIe siècle. Sur un fond mystique bien tassé — l’édification de la basilique de Mafra par le très pieux roi Jean V dont le palais est éclairé par des cierges, et qui partage très officiellement la couche de la Mère supérieure d’un couvent voisin —, Saramago imagine la construction du premier aéronef de l’histoire par le génial inventeur Bartolomeu de Gusmão… au son du clavecin de Domenico Scarlatti. Dans le roman, un couple fort sympathique, Balthazar et Blimunda, construit un épatant prototype d’avion de bois et de fer (la “passarole”) sur les plans de Gusmão, tandis que Scarlatti fait apporter son clavecin dans l’atelier. (Lire l’article)
Zénaïde Fleuriot en un torride hiver
Depuis 1993, la revue britannique Literary Review décerne annuellement un Bad Sex in Fiction Award, à savoir un prix de la pire scène de sexe dans un livre récemment paru. La chose est devenue une institution au même titre que le prix Goncourt, en plus drôle cependant. Les lauréats, tous coupables d’un “usage grossier, insipide et souvent routinier de passages redondants de description sexuelle”. Il y a des jolis noms dans la liste des (mal)heureux gagnants. Exemples… (Lire l’article)
Les improbables dimensions de Giulio Paolini
C’est ce qui frappe d’emblée quand on entre dans la grande salle du rez-de-chaussée de la galerie Marian Goodman : les quelques toiles de Giulio Paolini exposées dans ce vaste et clair espace nous font immédiatement pénétrer dans une dimension indéfinissable. Trois grands ensembles y sont présentés, composés de boîtes en Plexiglas, dessin, collages – des surfaces divisées, géométriques, dont l’assemblage crée une illusion d’unité. Car tout se déconstruit à mesure qu’on regarde. Les lignes de fuite se multiplient à l’envi dans des encadrés de tailles différentes, dont certains se recoupent, tandis que d’autres semblent se disperser au gré d’un hypothétique souffle de vent. (Lire l’article)
Création à la Philharmonie
Qui ne connaît le grand chef d’orchestre Jacques Ouphaine ? En revanche, on connaît moins le compositeur et à quel point il est aussi un immense trompettiste.
David Hume et l’être venu d’un autre monde
“Ici la règle semblait être de se faire branler par deux matelots sans le sou” : surprenante conclusion d’une page inédite du Traité de la nature humaine, où le philosophe imagine des expériences à l’appui de ses hypothèses.
Soudain la vérité
Jardin d’Éden ou jungle menaçante ? Sur la scène de l’Odéon, troncs, lianes, plantes carnivores et fleurs vénéneuses se disputent un enclos tropical à l’abandon, projection organique du chaos régnant dans la tête de Sébastien, le poète improductif dont la mort, soudain l’été dernier, obsède les personnages de Tennessee Williams dont Stéphane Braunschweig signe la mise en scène. (Lire l’article)
Les oies du Capitole
Au festival Montpellier Danse, entre les mains du chorégraphe israélien Hillel Kogan, les membres du ballet du Capitole de Toulouse ont vécu de drôles d’expériences. Ainsi, personne ne leur avait jamais fait danser La Bayadère à trois. Rapidement fatiguées d’être ridicules, les danseuses préfèrent encore fumer des clopes et parler d’autre chose. Dans cette pièce, intitulée Stars and dust, Hillel Kogan s’amuse beaucoup à questionner, chambouler et démonter les codes du ballet. Et le public rit de bon cœur. (Lire l’article)
Big Bad Wolf chez Ibn al-Haytham
Le regard, chez Tex Avery, c’est toute une histoire… On a déjà vu les yeux du méchant loup palper Droopy pour s’assurer de sa présence. Bien plus souvent, ils vont palper le petit chaperon rouge ou Cendrillon avec des buts moins avouables. Grande est la variété graphique des représentations du regard — de l’œil exorbité et “sonnant et trébuchant” à l’onde impalpable mais transportant de l’énergie. Cette obsession visuelle est-elle un simple fantasme avéryen ? Pas du tout. La fixation pathologique de Tex Avery sur le regard a, comme son homoncule sensoriel, de très anciennes racines historiques. (Lire l’article)
J’balance pas, j’évoque !
Bien des gens qui jetteront sans état d’âme un mégot sur un trottoir déjà jonché ne veulent pas être le premier à polluer une rue propre. Nous savons d’une certaine manière que nos actes individuels sont représentatifs du groupe auquel nous appartenons, et en prédisent donc en quelque sorte le comportement global, même sans qu’aucune causalité ne puisse être établie entre nos actions et celles des autres : beaucoup d’entre nous sont influencés par cette voix qui dit “si tout le monde faisait comme vous…” et agissent comme si le fait, par exemple, de remplir honnêtement sa déclaration d’impôts pouvait aussi encourager les autres à le faire. Ah, si seulement c’était le cas ! (Lire l’article)
Chili, cinéma obstiné
Jusqu’au 18 décembre, la Cinémathèque du documentaire à Paris présente une rétrospective du cinéma documentaire chilien. Une manifestation exceptionnelle par son ampleur et sa qualité.
ypsilon à l’honneur
Ypsilon est une maison d’édition étonnante née en 2007 d’un projet précis : publier Un coup de Dés d’après les épreuves conservées à la Bibliothèque nationale de France et corrigées par Mallarmé, qui en avait prévu chaque détail : le format, les caractères et les illustrations d’Odilon Redon. Depuis, le catalogue s’est étoffé, des collections ont été créées… La Maison de la poésie lui consacre toute une soirée.


















