La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Archives
Le nombre imaginaire, Sciences

On y va, oui ? J’travaille, moi !

Nous vous avons laissée la semaine dernière, le doigt sur votre téléphone, prête à appliquer la brillante stratégie aléatoire symétrique de votre invention qui ouvrira cette maudite route à vous comme à votre brillant collègue d’en face. Il ne vous reste qu’à choisir au hasard une heure dans les treize prochaines minutes et demie, puis à vous engager dans la chicane le moment venu ou si vous voyez l’autre véhicule en sortir. C’est alors que vous vient à l’esprit une nouvelle idée : votre stratégie n’est peut-être pas la meilleure possible pour minimiser votre temps moyen d’arrivée. Cette solution, contrairement à la précédente, ne vous garantit plus un temps de traversée maximal, mais elle abaisse d’une dizaine de secondes le temps moyen d’arrivée. (Lire l’article)

Livres, Ordonnances littéraires

Soins de fin de gauche

Ces dernières années, l’allongement de l’espérance de vie politique, la chronicité de pathologies autrefois mortelles (trahison, déloyauté, infidélité, parjure, reniement…), ainsi que les progrès du cynisme et de l’ambition personnelle ont généré une augmentation sans précédent des personnes se trouvant en situation de fin de gauche à domicile ou, le plus souvent, dans des établissements publics. La prise en charge des fins de gauche est donc un défi majeur pour la médecine littéraire. À cet égard, Les Métamorphoses d’Ovide constitue un cocktail thérapeutique intéressant. (Lire l’article)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Jane Austen et James Joyce, pleins gaz

Les écrivains sont des hommes et des femmes comme les autres : ils et elles pètent. Ce n’est pas la partie la plus passionnante de leur activité, il est d’ailleurs extrêmement rare que pets et écriture soient produits de manière coordonnée. Ceci étant posé, le pet a tracé dans la littérature un fil plus ou moins rouge qui permet de revisiter les grands classiques depuis, mettons, Aristophane (Ve siècle avant notre ère) jusqu’à René Fallet (1927-1983), l’auteur de La Soupe aux choux, en passant par Madame de Staël, Jane Austen et James Joyce… (Lire l’article)

Arts plastiques, Expo

Feu l’Europe, musée rétrofuturiste au Mucem

Au Mucem, le metteur en scène belge Thomas Bellinck installe son « Domo de Eūropa Historio en Ekzilo » (Maison de l’histoire européenne en exil), une exposition-installation-performance qui nous projette dans un avenir proche. Dans ce musée délaissé et poussiéreux, les visiteurs, en poussant des rideaux en plastique ou des vieilles portes bringuebalantes, retraversent les grandes heures de la construction et de la déconstruction de l’Europe. On passe par la salle des vieux billets (l’euro, autrefois « joyau européen »), on y admire un cendrier à l’effigie d’Angela Merkel, on s’y rafraîchit la mémoire sur les circonstances du retrait de la France en 2022. Une ode à l’euro-scepticisme ? Au contraire… (Lire l’article)

Deadpool
Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Deadpool, ou l’esthétique du bluff

Dans le nouvel Olympe marketté par Hollywood, Deadpool, énième comics passé sur grand écran, incarne le sale gosse de la famille mutante. À savoir, sous sa combinaison noire et rouge, un tueur à gages amoral et roublard, avec un visage de zombie, une puissance de surhomme et un don d’immortel. Mais son vrai super pouvoir, c’est le super second degré. Dès l’ouverture se déploient tous les vertiges de l’ironie et de la mise en abyme : voix off gouailleuse et regard caméra complice, gags parodiques. Dans ce kaléidoscope de clins d’œil et de reflets à l’infini, que reste-t-il du réel ? Rien, ou si peu. Fini le temps où des super héros sombres ou fragiles portaient doutes et traumas de l’après 11 septembre : nous voici revenus à l’ère du clinquant et du chiqué. (Lire l’article)

Andy Warhol, Electric Chair. Vue d’exposition, Warhol Unlimited, au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 2015 © The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / ADAGP, Paris 2015 © Pierre Antoine
Arts plastiques, Expo

Warhol, année 2015

Andy Warhol… Le nom a beaucoup résonné en 2015. Il a surgi à Metz d’abord, au Centre Pompidou, avec l’exposition “Warhol Underground”, dans laquelle le Warhol peintre s’effaçait pour laisser passer sur le devant de la scène le Warhol de la Factory, celui qui créa et filma les “Superstars”, produisit le Velvet Underground, et scénographia pour eux les concerts-happenings du Exploding Plastic Inevitable. Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris propose jusqu’au 7 février 2016 “Warhol Unlimited”, une exposition plus sage mais tout aussi finement conçue. Le Warhol 2015 est un Warhol formidable, qui échappe aux réductions qui cantonnent son œuvre à une imagerie bien sentie. (Lire la suite)

Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J28 – “On est chez nous”

Le stade est pour le supporteur un foyer à son image, il se l’approprie, il s’y identifie, le stade lui appartient, il le définit.  Lyon avait joué trois fois contre Paris cette saison : en championnat, en coupe de la Ligue et en coupe de France. Trois fois à l’extérieur, trois défaites, dix buts encaissés pour deux marqués. Mais dimanche, Lyon a infligé à Paris sa première défaite (2-1) au terme d’une performance exceptionnelle, à domicile, dans un nouveau stade qui a enfin un nom : le Parc Olympique Lyonnais. Le choix n’est pas anodin, qui établit le lien avec le Parc des Princes du rival parisien. (Lire l’article)

Coloriage - Le hokki longues-oreilles © Philippe Mignon
Coloriage, Zoologie

Le hokki longues-oreilles

Présent dans tout le nord-est de la Chine, plus rare que son cousin le hokki brun, dont il partage le territoire, il s’en distingue par les longues plumes auxquelles il doit son nom, mais surtout par son double langage. 
Coloriage - Le flagelet © Philippe Mignon
Coloriage, Zoologie

Le flagelet

Méfiez-vous si ce poisson mord à l’hameçon. Il est un pêcheur aguerri qui ne se méfia guère et fut piqué par un de ses deux aiguillons vénéneux. Leur piqûre peut être mortelle et l’on aura beau désinfecter la plaie ou aspirer le venin, rien n’y fera. Notre homme s’en tira avec une bonne frayeur.
Choses revues, Détournements

Ajourné sine die

C’est un des grands chantiers du quinquennat d’Emmanuel Macron qui vient d’être à nouveau reporté sine die. La présentation de la CSCU, initialement prévue le jour de Pâques, a été repoussée ad patres
Antoine Brea, Récit d'un avocat, Le Quartanier, 2016
Le genre idéal, Livres

L’avocat et les assassins

En 1996, deux immigrants kurdes sont condamnés par la cour d’assises du Jura pour le meurtre sauvage d’une femme de vingt-cinq ans laissée pour morte après avoir été violée. Peu de choses ensuite, dans ce roman aux faux airs de récit pénal, sont entièrement imaginaires. Un avocat en proie à des phobies et bien loin du prestige des joutes oratoires, se retrouve malgré lui dans les coulisses de ce drame. Souvent, les romans de genre exposent l’indicible et décrivent le chaos avant de ramener l’ordre. Conservateurs et rassurants. Après la peur et le frisson triomphe la normalité. La morale est rappelée. Parfois aussi un texte est tout simplement bon et décale les règles. (Lire l’article)