La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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"Voilà": le traducteur d'Emmanuel Macron en langue des signes
Le coin des traîtres, Traduction

Voilà

Le soir du premier tour, arrivé en tête, il a dit : « Voilà. » Deux fois. Qu’a-t-il voulu dire par là ? Pour mieux comprendre, essayons de traduire. Oui mais comment traduire « voilà », ce « verbe défectif réduit à la forme unipersonnelle du présent de l’indicatif de l’aspect inaccompli », qui semble vouloir dire pas mal de choses et leur contraire ? (Lire l’article)

Musiques

The Tree of Forgiveness

En avril 2018, à 71 ans, John Prine sort son 24e album, The Tree of Forgiveness, un peu sous le manteau. Treize ans qu’il n’avait rien produit. Résultat bluffant. “J’espère qu’on ne va pas se rendre compte que c’est la dernière fois qu’on se dit au revoir.”
Danse

Sharon Eyal, du tac au toc

Dans OCD Love de la chorégraphe israélienne Sharon Eyal, les “personnages” sont comme électrocutés à la base, dès qu’ils entrent en scène. Puis, tout est question de doigté, dans la gestion des ensembles, comme dans celle de deux duos millimétrés, l’un masculin, l’autre féminin. Inutile de chercher un sens : les corps sont renversés au point que l’on ne sait plus s’ils se présentent de face ou de dos et offrent le tableau d’une société stressée sans issue de secours. C’est dans la sensualité, dans les cuisses qui se frôlent, ou dans les gestes réparateurs, comme les mains qui passent et lavent les visages que l’on quitte la noirceur. (Lire l’article)

Théâtre

Aurillac, en corps, en corps

Le maire d’Aurillac, avait à peine terminé son discours par une invitation à “faire beaucoup l’amour” que dans la foule massée sur la place de l’hôtel de ville des petits groupes commençaient à se déshabiller. C’était mercredi 23 août, pour le lancement du Festival international de théâtre de rue, et le vertige a duré quelques secondes, avant que le théâtre reprenne ses droits. Durant quatre jours, Aurillac a fait la fête et célébré les corps en liberté. (Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Tu me la Bayes belle !

Les Jeux Olympiques avancent, et, du moins on peut l’espérer, les contrôles anti-dopage se multiplient dans l’espoir de faire oublier le “scandale russe” récemment révélé. Cependant, on ne peut pas tester tout le monde. Comment alors choisir au mieux les athlètes à contrôler ? Les maths peuvent y aider – en particulier une petite merveille appelée le théorème de Bayes, véritable couteau suisse à l’œuvre dans de multiples raisonnements, et outil intellectuel d’une profondeur philosophique abyssale. (Lire l’article)

Bob Dylan, "Yippee! I'm a poet"
Livres, Musiques

“Yippee ! I’m a poet”

Voilà donc Bob Dylan consacré par la plus haute distinction littéraire. Le compositeur américain, aujourd’hui âgé de 75 ans, coqueluche de la Beat Generation, aura passé toute sa carrière à snober les récompenses en tout genre, fuyant la reconnaissance des autres pour continuer à débiter ses chansons cultes, souvent magnifiques, parfois incompréhensibles et souvent interminables, sur toutes les scènes de la planète. Adulé ou décrié tout au long de sa carrière, il n’a jamais laissé personne insensible. Car Dylan, on l’aime ou on le hait. (Lire l’article)

Idoméneo, Re di Creta. Direction musicale: Raphaël Pichon. Mise en scène: Satoshi Miyagi. Festival d'Aix-en-Provence 2022 © Jean-Louis Fernandez
Musiques, Opéra

Un opéra, c’est une vie

L’opéra, c’est une vie, mais beaucoup plus vivante que notre banale vie, une vie en relief et en je ne sais combien de dimensions: sonore, visuelle, vocale, pneumatique –ça respire–, olfactive – votre voisin s’est parfumé–, tactile – la peau du chanteur dans sa voix, le mur de ce décor…

Design, Expo

Ettore Sottsass, émaux, émois

Le maestro italien a créé à toutes les échelles, entre art et design, pour “parler de la vie”. À l’Institut cultuel italien à Paris, on peut découvrir Smalti, ses joyaux assez méconnus en émail, de 1958, présentés par les collectionneurs Fulvio et Napoleone Ferrari. Des petits totems qui nous émeuvent comme des grands. Pour poursuivre la conversation avec Sottsass, ce parleur. Qui est aussi présent à la biennale d’architecture d’Orléans, avec sa série d’armoires Superbox et ses photographies de désert. (Lire l’article)

Honoré, Petite anthologie du dessin politique (1995-2015), Éditions de La Martinière, 2016, 25€. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne
Livres, Ordonnances littéraires

Ordonnance pour nos amis biterrois

Dans la Petite anthologie du dessin politique qui vient d’être publiée aux éditions de La Martinière, en hommage au dessinateur Honoré assassiné avec ses collègues de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, les puissants de ce monde se bousculent, épinglés par un trait précis et épuré, dans des dessins en noir et blanc parfois agrémentés de rares touches de couleur : tâches de sang sur les mains du couple Pinochet, tapis rouge qui engloutit une Bernadette Chirac recevant Elisabeth II, drapeau américain tenu par un membre du Ku Klux Klan… Au fil des pages, les puissants parlent, Honoré leur répond. On recommandera à nos chers amis biterrois la lecture de cet ouvrage, qui les changera du Journal de Béziers auquel ils sont abonnés d’office. (Lire l’article)

Le coin des traîtres, Traduction

Entre écriture et traduction : la langue étrangère d’Elena Ferrante

“Les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue étrangère”, affirmait Proust. Étrangement, cette phrase pourrait s’appliquer à la littérature d’Elena Ferrante, plus étrangère qu’il n’y paraît : elle brouille les pistes en rendant troubles les confins entre traduction et écriture. Ferrante, en effet, traduit le napolitain dans une langue apparemment incolore, inodore, surveillée, voire étouffée. Mais l’effacement du napolitain le rend plus présent que jamais. (Lire l’article)

Danse

Aux Hivernales, une mécanique bien huilée

En ouverture du Festival Les Hivernales d’Avignon, 39e édition, le spectacle La Mécanique des ombres de NaïF Production s’est imposé par sa troublante beauté et son étrangeté. Dans une autre tonalité, les Fragments mobiles d’Yvan Alexandre, d’abord dispersés, se rassemblent dans une fresque étirée. Et dans De(s)genération, du danseur et chorégraphe hip hop Amala Dianor, la new school rivalise joyeusement avec la old school. (Lire l’article)