La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Archives
Coloriage – Le cacophonès © Philippe Mignon
Coloriage, Zoologie

Le cacophonès

Contrairement à ce que son nom pourrait laisser entendre, le cacophonès a l’oreille absolue. Grand imitateur des voix humaines, il possède un talent exceptionnel pour le chant et une mémoire confondante. Son registre semble infini. Son cou également.
Le nombre imaginaire, Sciences

Deux cafés et le logarithme, parakaló !

Un voyage en Grèce est aussi une belle promenade en terroir linguistique. Un plaisir tout particulier est d’y demander l’addition – to logariasmó. Si nous pouvions payer des logarithmes plutôt que des additions, la vie serait bien douce, surtout aux beaux jours en terrasse. Le premier verre de blanc vous coûterait cinq euros  ; mais le suivant ne vous coûterait que 70 centimes de plus, et pour la même somme on vous en apporterait encore deux de plus. Le logarithme, en effet, est une incroyable petite machine à transformer les multiplications en additions. (Lire l’article)

Arts plastiques, Guide, Livres, Zoologie

Animaux de transport et de compagnie

Jacques Rebotier aime les animaux. Il les aime à sa façon. Il en a sélectionné 199 dans un livre illustré par Wozniak et publié par le Castor Astral. Samedi 2 mars, à la Maison de la Poésie, en compagnie de Dominique Reymond et de Charles Berling, il lira des extraits de cet ouvrage consacré à une faune étrange, partiellement animale.

Le nombre imaginaire, Sciences

Le libre arbitre imposé et autres paradoxes

Impossible de parler de logique sans consacrer une chronique à l’un des esprits les plus fins, les plus iconoclastes, les plus inventifs et drôles du vingtième siècle : Raymond Smullyan. Logicien, pianiste, adepte du Tao, magicien, grand vulgarisateur, il a inventé quelques perles de magie logique. Notamment Le Livre qui rend fou avec ses énigmes d’une implacable rigueur qui, conformément à son titre, peut  conduire aux confins de la folie, sans pour autant prendre les lecteurs de haut.  (Lire l’article)

Coloriage - Le corne-de-lune © Philippe Mignon
Coloriage, Zoologie

Le corne-de-lune

La femelle est d’un vert éclatant. Chez le mâle, les plaques écailleuses semblent animées par des reflets cuivrés toujours changeants… Ce bel insecte doit son nom au cercle parfait qui orne sa tête aux yeux d’un rouge vif. 
Clap de fin
Choses revues, Détournements

Clap de fin

Depuis la création, il y a plus de 50 ans, des diaboliques Havaianas, Ybert Acouzy s’est battu avec énergie et une grande partie de sa fortune pour faire interdire cette invention dont “le bruit rend fou”.
Livres, Ordonnances littéraires

Martin Veyron, pour les obsédés du parpaing

Ce conseil est pour toi, le promoteur, l’homme pressé, l’obsédé du parpaing, de la bétonnière, de la brique alvéolaire. Lis, s’il te plaît, cette très belle BD de Martin Veyron, Ce qu’il faut de terre à l’homme (Dargaud), adaptée de la nouvelle de Léon Tolstoï, parue en 1886. Indémodable. Édifiante, crois-moi. “Si seulement j’avais plus de terre”, c’est le leitmotiv qui obsède, tout comme toi, Pacôme, ce paysan et père de famille. Nous sommes à la fin du XIXe siècle en Sibérie, et si la vie est un labeur harassant, elle lui sourit pourtant. Les efforts payent, la réussite et le gain le grisent, justifient trahisons et fuites en avant jusqu’à l’absurde. Plus dure sera la chute. (Lire l’article)

L'incoronazione di Poppea, de Claudio Monteverdi - Direction musicale: Leonardo García Alarcón, Mise en scène: Ted Huffman – Festival d’Aix-en-Provence 2022 © Ruth Walz
Musiques, Opéra

Chassez le naturel, il s’en va en courant

Qui d’autre que Néron peut chanter comme une soprano? Mais alors quand, comment et pourquoi s’est-on avisé qu’en fin de compte les rois, dictateurs et pères cruels devaient chanter très bas comme des barytons, des basses, à l’extrême rigueur, des ténors?

Eko Supriyanto, Balabala @ Widhi Cahya, Salihara 2016
Danse

World in Marseille

Un chorégraphe indonésien, Eko Supriyanto, pour démarrer, avec notamment un solo dédié à l’Océan, une danseuse belge, Lisbeth Gruwez, Pénélope en robe noire tournant rageusement face au vent, une ouverture confirmée sur l’Afrique (Serge Aimé Coulibaly, Rokia Taoré…) : sous l’impulsion de son directeur Jan Goossens, le Festival de Marseille est un appel d’air, où l’on trouve de plus en plus de créations. Et qui gagnerait encore si la municipalité décidait de lui octroyer la Vieille Charité, magnifique lieu dominant toute la ville. (Lire l’article)

 

Álvaro Enrigue, “Mort subite”, traduit de l'espagnol par Serge Mestre, Buchet-Chastel, 2016
Livres, Ordonnances littéraires

Álvaro Enrigue, pour les joueurs et fans de tennis déprimés

Aux joueur et spectateurs de tennis abattus par les scandales de dopage et de matchs truqués, il convient de prescrire la lecture de l’ouvrage du Mexicain Álvaro Enrigue, Mort subite, récemment publié en France aux éditions Buchet-Castel et traduit en français par Serge Mestre. Il y est question d’un curieux match de tennis opposant, le 4 octobre 1599, un poète espagnol à un jeune artiste de Rome : Francisco de Quevedo et Le Caravage, excusez du peu, assommés l’un comme l’autre par une gueule de bois monstrueuse qui ne les empêchera pas de jouer leurs trois sets. Quevedo à Rome face au Caravage ? Parfaitement.
(Lire l’article)

Théâtre

Ivo van Hove, miroirs troubles

Coup de vieux dans la cour du Lycée Saint-Joseph à Avignon. Le metteur en scène Ivo van Hove adapte Vieilles gens et choses qui passent, un roman de Louis Couperus (1863-1923), figure des lettres néerlandaises. Costumes noirs et lumières sombres, l’obscurité règne sur les cœurs et les consciences, comme si le trio de vieillards qui mène cette drôle de danse avait contaminé les générations suivantes, les entraînant avec eux, quel que soit leur âge, aux portes de la mort. Vies malheureuses, gâchées, ralenties, le temps qui passe est du temps qui pèse et l’horloge qui bat au centre de la scène évoque moins le compte à rebours que la malédiction éternelle. (Lire l’article)

Rafael Chirbes, Sur le rivage, traduit de l'espagnol par Denise Laroutis, éditions Rivage, 2015
Livres

Rafael Chirbes, la belle écriture

L’écrivain espagnol Rafael Chirbes est mort. Denise Laroutis, sa traductrice en français, revient sur son œuvre, ses livres qui sont des fleuves de mémoire, de savoir, de raffinement. Atteindre à l’émotion par la précision, l’exactitude, jusqu’à la surprise du détail qui vous sabre. Faire le récit de ce qui se passe, narrer son temps, le faire surgir d’un texte-corps, souvent massif. Assumer la complexité de la vie sans feintes, sans effets, mais en soulevant chaque pierre pour observer ce qu’elle cache. Aucune économie, une efflorescence d’écriture, une abondance nécessaire. Son labeur, toute sa vie : celui d’un façonneur du réel ; le résultat : une œuvre d’art, majeure, dans les hauteurs. (Lire la suite)

Le manchot papou tel qu’il apparaît in Voyage à la Nouvelle-Guinée de Sonnerat.
Manchots, Zoologie

De quoi le manchot papou est-il le nom?

Sa double “papouité”, vernaculaire (manchot papou) et taxonomique (Pygoscelis papua), est problématique: elle télescope dans le corps d’un petit animal incapable de voler deux mondes a priori aux antipodes l’un de l’autre : la froidure polaire et la touffeur équatoriale…