La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Archives
Danse

Trajal Harrell, gentleman cambrioleur

Le chorégraphe et danseur new-yorkais n’a que des idées saugrenues (de celles qui font progresser l’art). Dans Le Fantôme de Montpellier rencontre le samouraï, ce gentleman cambrioleur n’hésite pas à voler chez les autres pour construire son propre langage. Et il touche à la personne la plus sacrée, Dominique Bagouet, figure emblématique de la ville où il créa l'un des premiers centres chorégraphique nationaux. (Lire la suite)

Théâtre

Les bonnes idées de Federico León

À quoi rêve un ordinateur ? C'est une des questions que se pose Federico León dans Las Ideas. L'ordinateur est conçu comme une machine à remonter le temps, une galerie des glaces où les deux protagonistes se regardent se regardant se regarder, et ainsi de suite. Un spectacle sur cette tendance à tout archiver dans l'instant, sur la croissance folle d'une mémoire qui envahit le présent, comme si la vie n'existait plus qu'à travers les preuves qu'on en garde. (Lire la suite)

cheval afghanistan Majid Saeedi photoreporter Saint-Brieuc
Arts plastiques, Expo, Photographie

Cheval de paix

Il arrive que l’on aime une photo pour de mauvaises raisons, par exemple parce que l’on y voit des choses qui n’y sont pas. J’ai aimé cette image, en l’apercevant de loin, parce que j’y voyais la mer. Une mer des côtes africaines. Puis je me suis approché. Ce n’était pas l’Afrique, et encore moins la mer. C’était l’Afghanistan. L’image fait partie d’une série – intitulée La Vie en temps de guerre  actuellement exposée à Saint-Brieuc dans le cadre du festival Photoreporter. Elle a été captée par le photographe iranien Majid Saeedi (...)

Danse

Rock’n roll à Grenoble

Alors qu’il vient d’apprendre qui devra quitter le Centre chorégraphique national de Grenoble qu’il dirigeait depuis 1984, Jean-Claude Gallotta recrée My Rock, une pièce bourrée d’énergie qui annonce le retour du groupe Émile Dubois, la compagnie que le chorégraphe créa en 1979 avec Mathilde Altaraz. (Lire la suite)

La sémiophysique pour les nuls
Chroniques avéryennes, Écrans

La sémiophysique pour les nuls

À force de regarder de près, on remarque dans les cartoons d'Avery l'omniprésence d'une structure particulière, qui revient inchangée sous des aspects toujours différents : un personnage ou un objet émet un “influx” (un son, une onde, une parole, une pulsion) qui est capté par un autre personnage, ou objet, dont le comportement ou la forme est soudain modifié(e).
Couple de manchots papous (Pygoscelis papua) dans la position du baiser cloacal. Photo récupérée de https://twitter.com/horniestpenguin?lang=fr
Manchots, Zoologie

La position du baiser cloacal

Le cloaque est aux piafs ce que serait, chez l’humain, l’anus, l’urètre, le phallus ou le vagin, réunis en un: une sorte de presque-tout-en-un aberrant qui justifie à lui seul l'intérêt qu'on lui portera dans ce court billet.

Théâtre

Des Damnés qui font Mal

Le 70ème festival d'Avignon s'est ouvert mercredi 6 juillet avec la représentation dans la Cour d'honneur du Palais des Papes des Damnés, d'après le film de Luchino Visconti, dans une mise en scène de Ivo van Hove avec la troupe de la Comédie-Française. Cauchemar ou bal des spectres, au delà des personnages du film de Visconti, ce sont bien des figures théâtrales qui revivent et meurent sur le plateau de la Cour d'honneur. Ivo van Hove fait de son spectacle un rituel mortuaire, parfois magnifique, souvent glaçant, en lien avec le monde d'aujourd'hui.
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Footbologies, J12 - Une chronique de la Ligue 1 par Sébastien Rutés
Foot, Footbologies 2016-2017

J12 – La geste footballistique

À part peut-être la guerre, on peut sans trop de risques affirmer qu’aucun phénomène humain n’a produit au cours de l’histoire autant de discours que le football. En cause, son caractère planétaire et l’ère de la médiatisation au cours de laquelle il advient. Jésus avait ses évangélistes et les rois leurs chroniqueurs, la guerre a ses reporters et le football ses commentateurs. Or, évangélistes, chroniqueurs et reporters de guerre tiraient leur légitimité de leur statut de témoin. Mais à quoi sert un témoignage lorsqu’un évènement est vu (ou peut l’être) par des millions d’individus à travers le monde ? (Lire l'article)

Pierre Paulin, Siège 577 dit Tongue, 1967. © Coll. Centre Pompidou, musée national d’art moderne / Photo JC. Planchet
Design, Expo

Comment Pierre Paulin est devenu Paulin

De ses sièges suaves et colorés à ses intérieurs en forme de tentes ou de cocons, le designer français (1927-2009) a conçu un monde de mobilier et de mini-architectures organiques qui ne renient pas le confort mais s'épanouissent comme des fleurs ou des igloos. Ce pragmatique si inventif n'a pas été reconnu en France avant les années 2000. Le Centre Pompidou lui consacre enfin une exposition qui retrace le parcours rigoureux et chaotique de celui qui ne revendiquait qu'un titre, celui de “dessinateur industriel”. Un modeste tourmenté qui avait un art tout à fait singulier de se projeter dans l'espace et qui a su inventer un paysage domestique complet et continu. (Lire l'article)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Portugal-Autriche : tout ça pour un nul

Tous mes potes sont au bar pour vanner les tos et les fritz, et moi, moi qui suis le meilleur sur la vanne portugaise et germanophobe, je me retrouve dans ce “dîner pro” entouré de couillons béats pour célébrer un premier roman à la con de nature writing d’un obscur écrivain américain, forcément tatoué comme une porte de chiottes, bien évidemment éduqué à l’école de la vie comme dirait l’autre conne, qui se glorifie dans un récit pourtant sans relief aucun d’avoir touché à tout avant de finir dans une université crasseuse du Minnesota. (Lire l'article)

Danse

Muhammad Ali, le tape dancer

Cassius Clay était déjà mort. Vécut donc Muhammad Ali, le tape dancer.  On lui a mis des gants sur ses mains pourtant faites pour caresser l’air. Sur le ring, sa garde était toujours en alerte. Les bras semblaient ballants comme chez Cunningham mais c’est dans cette fausse insouciance qu’il prenait la force et l’élan pour frapper. Net, direct, cash. Sur ses demi-pointes, il promenait l’adversaire. On aurait dû lui donner des gants blancs de smurfer. Mais le smurf n’existait pas encore. Il était noir, on lui dit de frapper. Il frappa donc. La jambe était déliée, les bras libres. Il était porté par l’élan populaire. Le visage était le même, ne bronchait pas : trop de coups dans la gueule. Nous n’avons vu que rarement un tel danseur. (Lire l'article)

Footbologies. Un chronique de la Ligue 1 par Sébastien Rutés
Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J27 – Les méritants

Aucun doute possible : dans le football, on croit au mérite. Une pierre dans le jardin de ceux qui lui nient toute valeur morale, car mériter, c’est précisément posséder un droit moral. Certaines équipes bâties à coups de millions ont pour elles le pouvoir de l’argent. D’autres, machines à gagner, se prévalent de leur expérience, leur technique ou leur tactique. Et pourtant, du point de vue du football, elles ne méritent pas forcément leurs victoires. Jean Rostand l’avait dit : “le mérite envie le succès, et le succès se prend pour le mérite”. La revanche des perdants, c’est d’avoir pour eux le mérite. La supériorité morale console de l’infériorité au score… (Lire l'article)