La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Archives
Le nombre imaginaire, Sciences

Bienvenue à l’hôtel Aleph

Nos rapports avec l’infini sont un peu ceux de saint Augustin avec le temps : nous savons ce que c’est jusqu’à ce qu’on nous le demande. Bienvenue dans l’hôtel Aleph, dirigé de main de maître par l’immense mathématicien David Hilbert. Cet hôtel luxueux possède ℵ0 chambres, et la qualité du service se traduit par un taux d’occupation record : il est toujours plein. L'arrivée d'un nouveau client n’est cependant pas un problème... (Lire la suite)

Coloriage - Goéland sans tête © Philippe Mignon
Coloriage, Zoologie

Le goéland sans-tête

Peur ou timidité ? Le larus decapitus rentre instantanément sa tête quand il est dérangé. Comment parvient-il alors à se diriger et à s'envoler ? Avec de la patience et aussi beaucoup de chance.
Coloriage - Le flamant vert: la parade nuptiale d'un mâle dominant © Philippe Mignon
Coloriage, Zoologie

Le flamant vert

Cet échassier dépourvu d'échasses demeure un mystère pour les ornithologues. Ces derniers se perdent en conjectures sur les raisons qui le poussent à faire des nœuds avec son cou. Des nœuds pour ne pas oublier ? Mais quoi donc ? À moins que...
Danse

María Pagés enlève Carmen

Bizet et Mérimée n’auraient sans doute pas supporté qu’une vulgaire danseuse de flamenco ravisse leur créature, leur Carmen. Celle qu’ils auraient peut-être méprisée, c'est María Pagés. La chorégraphe et danseuse trafique avec cinq musiciens les mélodies de Bizet et elle arrache des mains de ses créateurs la figure emblématique de Carmen. (Lire la suite)

Arts plastiques, Expo, Photographie

Écrigraphie et phototure

Tiens, c’est Virginia Woolf, se dit-on en apercevant l’affiche de l’exposition “Qui a peur des femmes photographes ?” présentée conjointement par l’Orangerie et le Musée d’Orsay. On se dit ça parce que la ressemblance entre la femme de l’affiche et l’écrivain est frappante, et que par ailleurs le titre de l’expo rappelle celui de la pièce d’Edward Albee, Qui a peur de Virginia Woolf ?. Mauvaise pioche pourtant : la femme de l’affiche s’appelle Mrs Herbert Duckworth. Mais bonne pioche quand même car cette Mrs Duckworth se trouve être la mère de Virginia. Ajoutons à cela que l’auteur de la photo, Julia Margaret Cameron, est la grand-tante de l’écrivain. Nous avons donc une belle affaire de famille. (Lire la suite)

Entomologie photographique, Photographie

Léonie

Léonie, c'est le prénom que je t'ai donné, toi qui avais cessé ton commerce, "l'épicerie générale" sur la place de Monpazier. C'est la photographie de ta maison qui est accrochée sur mon mur et voisine avec une image parente réalisée à la même période, en octobre 1979, par Willy Ronis. Nous avions répondu à une commande publique baptisée 10 photographes pour le Patrimoine. L'histoire de la commande est emblématique d'une politique et d'une époque. (Lire l'article)

Amphitryon, mise en scène en russe de Christophe Rauck
Théâtre

Amphitryon, cauchemar à la russe

L’Amphitryon en version russe que Christophe Rauck met en scène avec les acteurs de l’atelier Piotr Fomenko à Moscou est plus proche de la comédie noire -voire du cauchemar- que de la farce. Les malheurs de Sosie bastonné par Mercure, et d’Amphitryon humilié par Jupiter qui lui pique Alcmène sa légitime, prêtent moins au rire qu’à l’inquiétude et ce qui se joue sur la scène du Théâtre du Nord à Lille, renvoie plus à la lutte des classes (l’arrogance des maîtres de l’Olympe face à l’impuissance des simples mortels) qu’au divertissement carnavalesque. (Lire l'article)

Jean Tardieu, Monsieur, Monsieur, Gallimard. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne
Livres, Ordonnances littéraires

Jean Tardieu pour mon banquier

La “gamification”, vous connaissez ? Ce concept à la mode dans les entreprises, les universités ou la communication gouvernementale est une version modernisée du pain et du cirque, avec peu de pain et beaucoup de cirque. Concrètement, on applique au citoyen, au client, au collaborateur – disons au “peuple” – des méthodes qui sont celles que l’on utilise par ailleurs avec les enfants de maternelle : des activités incessantes encadrées par des consignes régulièrement répétées, très simples et très claires, de la pédagogie, le tout sous une forme qui doit toujours être ludique. Illustration à partir des techniques bancaires actuelles, et avec Jean Tardieu. (Lire l'article)

L’Altro Mondo, Rimini, 1967. Architectes : Giorgio Ceretti, Pietro Derossi, Riccardo Rosso. Photographie d’époque, courtesy Pietro Derossi
Design, Expo, Livres

Cache toi, objet !

Regarder Mai 68 du côté du mode de vie, de l'architecture intérieure, du design (même si ce mot n'est pas encore utilisé en France à l'époque), n'est pas anecdotique. “On veut changer toute la vie !” Le designer italien Ettorre Sottsass est tout à fait dans le coup quand il affirme : “Faire du design, ce n’est pas donner forme à un produit plus ou moins stupide pour une industrie plus ou moins luxueuse. Pour moi le design est une façon de débattre de la vie.” Le design, né et systématisé avec la révolution industrielle du XIXe siècle, a été immédiatement placé en responsabilité politique et sociale. Pas étonnant qu'il ait été prêt à faire les barricades. (Lire l'article)

Livres, Théâtre

Critique au poing

Critique de théâtre à L'Humanité depuis cinquante ans, Jean-Pierre Léonardini publie, chez Les Solitaires intempestifs, Qu'ils crèvent les critiques !, ni une autobiographie, ni un livre de souvenirs, plutôt un inventaire dans le désordre ou un retour d'expérience, sous le signe de l'humour et de l'élégance. Avec une conviction forte : “la critique procède avant tout d’un genre littéraire. On ne doit la juger qu'à cette aune-là.” (Lire l'article)

Choses revues, Détournements

[#presidentielles] Grand concours

Afin de rendre la campagne pour l'élection présidentielle un peu moins morose, nous avons décidé de lancer un grand concours de détournement d'affiches des différents candidats. Dans un esprit joyeux – à la bonne franquette (de souche) – et sans aucune méchanceté.
Le nombre imaginaire, Sciences

Le trou dans le zéro

Tout comme la nature, les mathématiciens ont horreur du vide, du trou, de la pièce manquante. L’esthétique, la morale presque, commandent une théorie complète, sans surprise, sans hiatus. Si un formalisme mathématique permet de poser une question, elle devrait avoir une réponse ; toute opération devrait fournir un résultat. Sinon il manque quelque chose, et ce manque vous gratte jusqu’au sang ; il faut absolument compléter la théorie pour le combler. Il ne s’agit pas ici d’un principe ni d’une vérité : simplement d’un réflexe, d’un tropisme, d’une compulsion. (Lire l'article)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Galles-Slovaquie : et s’ils ne croisent pas de baleines…

Je me cogne du foot. Pas un peu. Pas juste comme ça. Je me cogne du foot viscéralement. Maintenant vous faites comme vous voulez. Mon meilleur ami adore le foot. Je ne dénigre pas. D’ailleurs, à l’instant, mon quartier de banlieue vient de se réveiller. Normal, le milieu de terrain du Real, Gareth Bale a planté dans la dixième minute sur coup-franc et installe son équipe des Dragons à la tête du groupe B avec les huitièmes de finale en vue. Le millionnaire en maillot rouge peut courir dans tous les sens pour le plus grand plaisir du milliardaire auquel il appartient. (Lire l'article)

Couverture du livre de Yannick Le Marec, Eugène Atget. La photographie des hommes libres, éditions LOCO, 2025
Livres, Photographie

Eugène Atget en zones libres

Dans son livre "Eugène Atget. La photographie des hommes libres" (éditions LOCO), Yannick Le Marec éclaire la dimension politique du travail réalisé par le photographe auprès des chiffonniers des "zones" en périphérie de Paris, à la veille de la Première Guerre mondiale.