La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Archives
Brassaï - Les Halles - Dormeurs au petit matin - Paris 1932
Entomologie photographique, Photographie

Gyula

J'ai rencontré Brassaï pour la première fois en 1976. Nous étions membres de la même association de photographes qu'on disait alors illustrateurs, ceux qui ne pouvaient prétendre au statut de journaliste, maintenant nommé photojournaliste. Brassaï n'était pas très à l'aise avec les règlements administratifs et l'association l'avait aidé à s'inscrire à la sécurité sociale des auteurs qui venait d'être officiellement créée. L'amitié née de l'entraide associative m'a permis de mieux connaître Brassaï. Le 24 décembre 1978, il m'a offert une photographie dont voici l'histoire... (Lire l'article)

Design, Expo

Pierre Charpin en villégiature

Le designer est l'invité du 10e Festival international Design Parade organisé à la Villa Noailles, folie moderniste conçue de 1923 à 1933 par l'architecte Robert Mallet-Stevens à Hyères (Var) et nourrie par l’esprit mécène et extravagant de ses propriétaires Marie-Laure et Charles de Noailles. Un festival au croisement de la mode, de la photographie, du design et de l'architecture, toutes ces disciplines, ici souvent indisciplinées, des arts appliqués. (Lire la suite)

Armand Gatti © Paolo Gasparini
Théâtre

Armand Gatti rend la parole

Que laisse Armand Gatti ? Un grand vide d’abord. Le poète, mort le 6 avril à l’âge de 93 ans, avait une présence hors du commun. "Au commencement était le Verbe" : les premiers mots de l’Évangile de Jean pourraient figurer en tête de la multitude de citations que l’on imagine sur sa tombe. Un Verbe qui tenait du fleuve en crue, submergeant tout, et d’abord les digues du sens. Savants ou ignorants, tous les auditeurs de Gatti se retrouvaient à peu près sur le même plan, abasourdis par l’avalanche des références et les bifurcations d’une pensée impossible à canaliser. (Lire l'article)

Domenico Scarlatti Cat's Fugue
Chroniques scarlattiennes, Musiques

1685

Händel, Bach, Scarlatti : tel est l'ordre (février, mars, octobre) dans lequel sont apparus ces trois bébés prometteurs en l'an de grâce 1685. Une bonne année : ils eurent tous trois ce pouvoir magique de nous envoyer en l'air — ou de nous réduire à l'état de serpillère — avec trois notes ! S'il fallait les résumer d'un mot, le premier serait un musicien de cour, le deuxième un musicien d'église et le troisième un anarchiste. Mais derrière le Water Music de Händel et ses multiples opéras se cachent d'admirables Suites pour clavier, comme veillent, derrière les cantates et les grandioses Passions de Bach, les fascinantes variations Goldberg. (Lire l'article)

Théâtre

Karamazov, tous ensemble…

Encore un roman fleuve et un spectacle au long cours : Jean Bellorini adapte et met en scène Les Frères Karamazov de Dostoïevski dans la carrière de Boulbon. Pendant près de six heures, les corps travaillent, fatiguent, transpirent. Sans écrans témoins, sans cinéma, à mains nues, face aux spectateurs. Loin de la géniale sophistication des Damnés dans la Cour d'honneur et du savoir faire consensuel de 2666  à la Fabrica, Karamazov est un formidable spectacle prolétaire, une extension du domaine de la lutte au théâtre. (Lire l'article)

Sciences du fait-divers, Zoologie

Sociologie avec chat et bougies

“Pau : une fête de famille finit en bagarre générale à cause du chat.” C’est l’anniversaire d’une jeune fille, la famille est réunie, l’alcool coule comme un torrent. Le chat du foyer monte sur la table. Le père de la jeune fille l’en fait prestement descendre. Ça ne plaît pas à l'oncle, qui frappe le père. La mère intervient, elle se fait gifler. Dans la mêlée, la grand-mère se retrouve avec un oeil poché. La nièce  attrape une bouteille et la fracasse sur la tête de l’oncle. À 22h45, les policiers débarquent pour siffler la fin de partie. Tout est mal qui finit mal, mais ç’aurait être pu être bien pire. (Lire la suite)

Le nombre imaginaire, Sciences

Liberté+égalité+fraternité=?

Le désaccord est bien plus passionnant que le consensus quand il vous oppose à un esprit exigeant, ouvert et affuté. Mon interlocuteur, appelons-le Y., se présente comme libéral, au sens vrai et étymologique du terme : celui pour lequel la valeur de liberté est essentielle . Nous devisions santé. Y. m’expliquait qu’à son sens, il devrait – comme chacun d’entre nous – être libre de choisir entièrement son système de couverture santé, y compris la possibilité de n’en avoir aucun. Je me suis interrogé depuis sur ce que pourrait donner, traduite dans le réel, la proposition de Y. Peut-on, au moins en théorie, accommoder l’idéal de liberté avec celui de fraternité ? Et qu’en serait-il alors de notre troisième valeur, l’égalité ? (Lire l'article)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Les frères Grimm et les nains lubriques

Blanche-Neige et les sept nains nourrit les cauchemars des enfants tout autant qu’il régale les psychanalystes qui en font mille interprétations cocasses: Oedipe d’une petite fille, apprentissage de la sexualité, etc. Il est vrai que cette histoire de jeune vierge et de nains (a priori) asexués ouvre presque à chaque minute des gouffres symboliques, en dépit des tonnes de sucre que les scénaristes et animateurs de Disney ont déversées sur le conte des frères Grimm. Ces derniers ont eux-mêmes beaucoup édulcoré la légende à partir de laquelle ils ont écrit leur texte...

Ex Machina, Sciences

Ex Machina #34: Un éloge du voïvant

Un être voïvant est un prédateur viral, prêt à vider l’univers de toute son énergie disponible afin de préserver sa propre structure hors d’équilibre, de réguler son propre fonctionnement, de maximiser sa propre prolifération – dans son propre intérêt. Or les êtres vivants sont de dignes représentants du voïvant, et tous les êtres vivants que je connais sont aussi des chnops. Ça vous explique peut-être pourquoi je ne suis pas un grand fan de vous autres.