Green Room / High-Rise, dans la cage aux chiens
En ces temps d’Apocalypse sociale programmée, voilà deux huis clos construits comme des survivals, qui tracent un horizon de tragédie pour notre monde : le retour à la barbarie, la menace du fascisme. Assez sèche et surprenante, la série B Green Room explore un nouvel hors champ de l’Amérique white trash : un groupe de punk se retrouve pris au piège d’un local de skinheads, des red necks aryens moins cons qu’il n’y paraît… Moins convaincant, High-Rise, adapté d’une satire SF de Ballard, nous enferme dans une tour de béton où d’un étage à l’autre, s’architecturent les rapports de classe, avant que le meilleur des mondes ne dégénère en dystopie sale et sauvage… (Lire l’article)
New York City
Gregg Ellis, Séries Photographiques. Saison 1, épisode 2
L’annuaire de Kirkpatrick
L’Américain Ralph Kirkpatrick, élève de Wanda et musicologue à Yale, est le principal biographe de Scarlatti. Son Domenico Scarlatti de 1953 est cependant à prendre avec des pincettes. La biographie est remarquable, mais la musicologie a souvent été remise en question. Non, toutes les sonates ne vont pas par paires, non, le point d’orgue de la sonate n’est pas la “crux” qu’il avait inventée, non Scarlatti n’a pas composé toutes ses sonates pendant les cinq dernières années de sa vie. Mais tout défricheur prend et assume le risque de faire fausse route. Son jugement sur l’évolution des sonates est parfois un peu énigmatique mais toujours d’une grande justesse. Il est l’auteur d’une classification “scientifique” des sonates. Mais la “vraie” classification chronologique reste à faire. (Lire l’article)
Théophanie
Nous avons lu qu’Heinrich Kley dessinait sans modèles. C’est possible après tout, il n’avait...
Comment ne pas faire de statistiques
“Statistiques” à l’appui, l’État du Texas a tenté de faire annuler l’élection de Biden dans quatre États clés. Problème : l’analyse de l’expert sur laquelle s’appuyait la demande est d’une imbécilité rare.
Il était dix-huit négatifs…
Pendant plus de quarante ans, Gilles Walusinski a conservé la pochette que lui avait remise son père et qui contenait dix-huit négatifs représentant Trotsky et ses proches au Mexique. Pour lui, ces photos ne sont pas seulement des documents historiques mais une clé qui ouvre sur sa propre histoire, sur celle de son père, Gilbert Walusinski, et de toute une génération de militants révolutionnaires anti-staliniens, regroupés autour du journal La Révolution prolétarienne, animé par Pierre Monatte et Alfred Rosmer. Vieil ami de Trotsky, Rosmer avait prêté en novembre 1938 sa maison de Périgny en région parisienne pour la réunion de fondation de la IVe Internationale. Une maison où Gilles Walusinski enfant a souvent séjourné dans les années cinquante.
Le syndrome de Sporgersi
Pendant longtemps mon atavisme marseillais m’a empêché de jouir des richesses des langues étrangères. Je pense que c’est dû à l’accent prononcé que nous nous trimballons. […] Depuis, tentant comme je pouvais de combler ce retard, mais sans grand progrès à l’oral, je me suis mis pendant quelques années à traduire certains textes de théâtre et puis de fil en aiguille, je n’ai pu m’empêcher de traduire tout ce que je pouvais. Ma folie m’a donc amené ces derniers jours à tenter de traduire en français un tableau de Jean-Michel Basquiat intitulé All Colored Past Part III. (Lire l’article)
L’Escargot de notre vie (Puy ta Cuxlejaltic)
Le festival de cinéma Puy ta Cuxlejaltic (L’escargot de notre vie) s’est tenu durant les premiers jours de novembre à Oventik, l’un des cinq Caracoles zapatistes, dans les montagnes du Haut-Chiapas. Joani Hocquenghem a assisté à ce drôle de mariage, conjonction inédite des Indiens et du cinéma. Au programme, une cinquantaine de fictions, documentaires, dessins animés, longs, courts et micro métrages : pièces d’un puzzle en désordre, pans d’histoire, portions de géographie, pêle-mêle l’ailleurs et l’ici, les épisodes du passé et l’avalanche du présent. (Lire l’article)
Jeu d’été #07
Il ne faut pas s’effrayer du bruit d’abord, il y a tant de silence après !… Nous posons presque toujours, aussi pourquoi y a-t-il des peintres ?
Le nasique philosophe
Les îles Tohu-Bohus, situées loin de toute terre, possèdent de nombreuses espèces endémiques, végétales et animales. On y trouve, entre autres, des armadillos lunatiques. Mais l’animal le plus curieux que l’on peut y rencontrer est le nasique philosophe.
Oscar Wilde in the right place
À l’expo Oscar Wilde au Petit Palais, on s’attend à voir de touchantes lettres d’amour, des photos sépia de jeunes lords efféminés, les merveilleux dessins érotiques d’Aubrey Beardsley, et ces grandes toiles préraphaélites, hideuses et risibles aujourd’hui, qui faisaient les délices de la gentry anglaise et qu’Oscar portait au pinacle. On s’attend moins à y trouver André Gide, camarade de débauche, et Robert Badinter, qui revient en vidéo sur l’inique procès qui condamna Wilde à deux ans de travaux forcés pour homosexualité et incitation de mineurs à la débauche… (Lire l’article)
La porte de Champerret, bouche verte, Main jaune
Fermée en 2003, tour à tour, décharge, squatt et grotte abandonnée, la Main jaune est à l’aube d’une nouvelle vie. Mais il n’y a pas que cet ancien temple du roller qui va ici changer de main. Deux autres sites abandonnés et invisibles vont ré-émerger, parmi les projets lauréats de Réinventer Paris. C’est donc par ses marges, son sous-sol périphérique, avec de petits sites réactivés, que la porte de Champerret fait sa mue.
Des cornets contre les masques
À défaut d’avoir l’esprit civique, certains créateurs ont de l’imagination. Voyant que la police faisait preuve d’indulgence vis-à-vis des mangeurs de glace qui ôtaient leur masque, un entrepreneur a eu une idée pour le moins inattendue…
J10 – “Et puis est retourné, plein d’usage et raison”
De Joachim du Bellay, le footballeur ne retient que le premier vers : “Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage”. Une carrière est une fuite en avant, une suite de départs vers de meilleurs championnats, de plus grands clubs, de plus hauts salaires, des trophées. La mondialisation n’a fait qu’accentuer le mercenariat. Jadis on achevait sa carrière dans son club formateur, on s’en va aujourd’hui au Qatar, s’assurer une retraite. Or c’est précisément à ce panorama qu’on doit l’apparition du mythe du retour. Le joueur qui revient, ce serpent de mer, ce monstre du Loch Ness, cette arlésienne. Une légende surgie du passé, au même titre que le joueur d’un seul club, parce que le retour est une des formes de la fidélité, cette valeur absolue du football. Drogba reviendra-t-il à l’OM ? Gourcuff à Bordeaux ? Ulysse à Ithaque ? Mystères du mythe ! (Lire l’article)
La chasse aux ballerines
Comme chaque vendredi, nous nous rendons au marché place de la mairie. À la recherche d’une...
Heinrich Kley
Le peintre et illustrateur allemand Heinrich Kley (1863 Karlsruhe – 1945 Berlin)...
Agrippine vs canicule
“Et ne connais-tu pas l’implacable Agrippine ?”, “J’embrasse mon rival, mais c’est pour l’étouffer”, c’est dans Britannicus de Racine, la pièce dont le héros n’a jamais été Britannicus, mais Néron qui en est le centre, le metteur en scène et le moteur. Et s’il en était l’unique personnage ? Britannicus, de Racine, mise en scène de Christine Joly, avec Philippe Lebas, à l’Artistic Théâtre (Paris), jusqu’au 31 juillet 2019. (Lire l’article)
Critique au poing
Critique de théâtre à L’Humanité depuis cinquante ans, Jean-Pierre Léonardini publie, chez Les Solitaires intempestifs, Qu’ils crèvent les critiques !, ni une autobiographie, ni un livre de souvenirs, plutôt un inventaire dans le désordre ou un retour d’expérience, sous le signe de l’humour et de l’élégance. Avec une conviction forte : “la critique procède avant tout d’un genre littéraire. On ne doit la juger qu’à cette aune-là.” (Lire l’article)


















