La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Archives
Pierre Bayard, Le Titanic fera naufrage, éditions de Minuit, 2016
Livres, Ordonnances littéraires

Pierre Bayard pour les instituts de sondage

Sondeurs, sondeuses, pythies aux augures sans cesse défaits, devins aux présages incertains, prophètes moqués et stigmatisés, oracles aberrants : vous vous sentez déprimés, rejetés, diminués ? Lisez donc Pierre Bayard. Les romanciers, explique-t-il dans Le Titanic fera naufrage, ont en effet un accès privilégié à des évènements qui ne se sont pas encore produits”. Contrairement aux dirigeants politiques et aux responsables d’instituts de sondages à travers le monde, qui, eux, se gardent bien de tirer parti de la capacité annonciatrice de la littérature”. (Lire l’article)

Gérard Palaprat pour la fin du monde
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Pour la fin du monde

Pour la fin du monde prends ta valise / Et va là-haut sur la montagne on t’attend / Mets dans ta valise une simple chemise / Pour la fin du monde pas de vêtements. Bon, rien de dramatique jusque-là. Derrière l’apocalypse annoncée se cache un retour à la terre, assez dans l’air du temps — on serait plus volontiers parti avec un sac à dos qu’une valise, mais ça n’aurait pas rimé avec chemise. En tout cas, il est déjà clair que le titre Pour la fin du monde n’est pas celui d’un manifeste mais d’une invitation. (Lire l’article)

Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

La Fille de Londres

La fin du monde ne ressemblera pas à la fin du monde. Pas de gros nuages noirs annonciateurs d’orage terminal, pas de raz de marée de cauchemar balayant les cités, pas de champignon nucléaire s’élevant au loin comme une mauvaise blague. Vous saurez que la fin du monde approche lorsque vous décrocherez votre téléphone et qu’une voix synthétique vous répondra : si ceci tapez 1, si cela tapez 2, sinon tapez étoile pour revenir au sommaire. Tout indique (en particulier les services d’assistance de ces entreprises connues sous le nom de “fournisseurs d’accès”) que nous en sommes déjà là. (Lire l’article)

Ex Machina, Sciences

Ex Machina #5: Un lézard, par hasard

[Ex Machina #5] Et dis-moi, sais-tu pourquoi tu as pensé à un lézard ? Non, pas vraiment. J’y ai juste pensé comme ça. OK. Mais c’est bien toi qui as décidé d’y penser ? Bien sûr, qui d’autre ? Donc, tu t’es dit : tiens, je vais penser à un lézard ? Et après tu y as pensé ?
Xavier de Jarcy, Les Abandonnés. Histoire des “cités de banlieue”, Albin Michel, 2019
Architecture, Livres

Les Abandonnés, polar du logement

Les Abandonnés. Histoire des « cités de banlieue » de Xavier de Jarcy nous explose au nez comme certaines tours rendues coupables qui ont été depuis détruites. De la cité-jardin de Suresnes construite en 1921 aux grands ensembles des années 1970, le journaliste de Télérama démontre que le logement social a été toujours théorisé dans « un urbanisme autoritaire formulé dans l’entre-deux-guerres », et surtout dans une économie de guerre récurrente où l’habitat est sans cesse relégué au non prioritaire. D’abord dans un « dirigisme sans argent », puis dans la spéculation quand le libéralisme va s’imposer. (Lire l’article)

Cinéma, Écrans, Théâtre

Ramène donc ta science

Bâtir un spectacle à partir d’informations scientifiques, faire de la connaissance un divertissement, amener du complexe jusque sur le devant de la scène sont des entreprises éminemment casse-gueule. Aussi est-il surprenant de voir aujourd’hui de plus en plus de créateurs aller puiser dans des sujets technico-scientifiques ou économiques la matière de leurs productions. Plus surprenant encore est de constater que les réussites sont de moins en moins rares. La preuve avec Adam McKay, Jérôme Ferrari, Jean-François Peyret, David Wahl, Jean-Yves Jouannais, Frédéric Ferrer, Alexandre Astier ou Sébastien Barrier. (Lire la suite)

Le nombre imaginaire, Sciences

À la recherche du bon chiffre

Le problème n’est pas de trouver des chiffres : c’est de trouver les bons, ceux qui vous permettront de mener un raisonnement sain, et qui vous éviteront de vous couvrir de ridicule au premier fact checking un peu sérieux. Prenons par exemple l’affirmation selon laquelle la  croissance crée de l’emploi. La question est passionnante en soi, mais il me paraît aussi intéressant de décrire le travail de recherche nécessaire au citoyen lambda qui cherche à en avoir le cœur (inter-)net par lui-même, sans autres moyens que son navigateur et son moteur de recherche préféré. Je ne saurais trop encourager nos lecteurs à s’y lancer comme moi. (Lire l’article)

Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J33 – Divine Comédie

Au football comme à la marelle, la ligne de but représente le Ciel. Après que le ballon l’a franchie, les joueurs se signent et désignent, là-haut, quelque bonne étoile, ou le Seigneur lui-même. Zlatan, lui, après ses buts, est furieux. Pourquoi ? Parce Zlatan sait que le Paradis n’est pas pour lui. Zlatan souffre de la condition tragique des héros grecs : se savoir l’un des meilleurs joueurs du monde sans avoir remporté de trophée pour le prouver. Zlatan est maudit, Zlatan est en Enfer, dans la boue du Cinquième Cercle de Dante : celui des Coléreux. A l’OGC Nice, Hatem Ben Arfa pour sa part patiente sur la première corniche de la montagne du Purgatoire, celle où Dante rencontre les Orgueilleux. (Lire l’article)

Biennale de design graphique à Chaumont © Formes Vives
Design, Expo

Chaumont, le graphisme en marchant

Sur les traces de l’ancien festival d’affiches, le Signe, nouveau Centre national du graphisme, a lancé sa première biennale de design graphique. Concours de posters internationaux, prospections d’étudiants, prémices de la recherche, ateliers participatifs, débats et médiations animent pendant quatre mois cette manifestation, encore ouverte, qui se réinvente doucement. Pour rendre plus visibles et actifs en France tous les champs très diversifiés de la discipline. (Lire l’article)

Livres

Sœurs de Chaos

Une femme dite folle, ceux qui l’approchent s’accordent à la trouver belle. Elle a une sœur jumelle, une artiste peintre qui porte le même prénom qu’elle, celui de la mère, mais qui vit loin, dans l’Autre Ville. La Folle est détenue depuis dix ans à l’asile, et comme le font les fous, se cogne la tête contre la porte de sa chambre d’hôpital au numéro troublant : 2666. Écrit dans une langue magnifique, Chaos de Mathieu Brosseau est un roman de l’après catastrophe, celle de la perte irrémédiable du sens. (Lire l’article)