La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Archives
Ulrike Edschmid, La disparition de Philip S., éditions Piranha, 2015
Livres

Fixer une existence

Venant de sa Suisse natale, Philippe S. arrive à Berlin à la fin de l'été 1967 pour entrer à l'Académie du film. Il a 20 ans, Ulrike Edschmid en a 27, elle vient de se séparer du père de son jeune fils et, parce qu'elle utilise le téléphone mural de l'Académie, croise Philip S. et en tombe amoureuse. La Disparition de Philip S., récit d'un amour qui s'évanouit avec la disparition volontaire d'un homme, tué en mai 1975 par un policier sur un parking d'une banlieue de Cologne, est construit comme un scénario de film alternant le récit de leur aventure commune et les flash-back sur la mort de Philip S., dévoilée dès la première page. Un homme qui écrivait “ne pas vouloir filmer les gens et le monde pour étayer une théorie, ni pour former et défendre une opinion, mais seulement pour fixer leur existence.” (Lire l'article)

Le manchot papou tel qu’il apparaît in Voyage à la Nouvelle-Guinée de Sonnerat.
Manchots, Zoologie

De quoi le manchot papou est-il le nom?

Sa double “papouité”, vernaculaire (manchot papou) et taxonomique (Pygoscelis papua), est problématique: elle télescope dans le corps d’un petit animal incapable de voler deux mondes a priori aux antipodes l’un de l’autre : la froidure polaire et la touffeur équatoriale...

Arts plastiques, Expo

L’ordre des machines

“L’Ordre des lucioles”, l’exposition du 17ème prix de la Fondation d’entreprise Ricard, est dominée par la polarité entre deux œuvres : Énergie sombre de Florian Pugnaire & David Raffini et Synchronicity de Robin Meier. Dans le dialogue entre ces deux œuvres semble se rejouer la tension qui anime la création contemporaine depuis les années 1960, celle d’une perpétuelle oscillation entre l’affirmation de l’objet et sa destitution. (...)

Alain Barrière - Une autre vie
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Une autre vie

Supposons que la date et l’heure de la fin du monde soit connue et qu’il n’y ait plus rien d’autre à faire que de s’y préparer. Dès lors, la grande question serait : avec qui vais-je passer mes ultimes minutes ? Avec ma chère épouse ou mon cher époux ? Avec mes enfants, s'ils ne préfèrent une fête entre copains ? Avec mon chat, mon chien, mon poisson rouge, mon iPhone ? Avec personne, puisque dans le fond chacun vit seul et meurt seul ? Ou avec une ou un ami(e) ayant assez d’humour pour transformer ces derniers instants en vaste blague. Ce type d’individu ne court pas les rues. À quoi ressemble-t-il ? À Deborah Mitford, alias la duchesse de Devonshire ? À Richard Gere ? À Alain Robbe-Grillet ? Et Alain Barrière, dans tout ça ? (Lire l'article)

Gérard Palaprat pour la fin du monde
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Pour la fin du monde

Pour la fin du monde prends ta valise / Et va là-haut sur la montagne on t'attend / Mets dans ta valise une simple chemise / Pour la fin du monde pas de vêtements. Bon, rien de dramatique jusque-là. Derrière l’apocalypse annoncée se cache un retour à la terre, assez dans l’air du temps — on serait plus volontiers parti avec un sac à dos qu’une valise, mais ça n’aurait pas rimé avec chemise. En tout cas, il est déjà clair que le titre Pour la fin du monde n’est pas celui d’un manifeste mais d’une invitation. (Lire l'article)

Hélène Bessette, Vingt minutes de silence, Le Nouvel Attila
Livres

Hélène Bessette sort du silence

Connaissez-vous Hélène Bessette ? Son œuvre trop mésestimée à son époque, est en cours de réédition complète au Nouvel Attila. Vingt minutes de silence, le premier roman, une inquisition en multivision, multiplicité de points de vue et de locuteurs, en changement vif et constant : le regard des coupables potentiels, le fils, la mère, mais aussi de la victime, le père, et des divers protagonistes, la bonne, les voisins, la rumeur publique, la presse, la police, finalement... (Lire l'article)

Antoine Brea, Récit d'un avocat, Le Quartanier, 2016
Le genre idéal, Livres

L’avocat et les assassins

En 1996, deux immigrants kurdes sont condamnés par la cour d’assises du Jura pour le meurtre sauvage d’une femme de vingt-cinq ans laissée pour morte après avoir été violée. Peu de choses ensuite, dans ce roman aux faux airs de récit pénal, sont entièrement imaginaires. Un avocat en proie à des phobies et bien loin du prestige des joutes oratoires, se retrouve malgré lui dans les coulisses de ce drame. Souvent, les romans de genre exposent l’indicible et décrivent le chaos avant de ramener l’ordre. Conservateurs et rassurants. Après la peur et le frisson triomphe la normalité. La morale est rappelée. Parfois aussi un texte est tout simplement bon et décale les règles. (Lire l'article)

Arts plastiques

La Halle Saint-Pierre, l’art brut japonais couramment

À l'occasion du Tandem Paris-Tokyo 2018, la Halle Saint-Pierre à Paris propose, jusqu'au 10 mars 2019, “Art brut japonais II” : les œuvres d'une cinquantaine de créateurs comme autant de signes d'un langage universel. Comme toujours avec l'art brut, il est d'abord question pour le spectateur d'observation, de ressenti, et d'empathie – ces mêmes qualités qui permettent d'entrer en communication avec autrui. On y voit des œuvres de laine, d'émail, d'argile ou de feuilles d'arbre, qui construisent des villes, des camions, des vélos – autant de matière et de thèmes familiers à ceux qui s'intéressent à l'art brut. (Lire l'article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Les chiffres parlent d’eux mêmes, mais on leur fait dire ce qu’on veut !

Il est des moments où parler de mathématiques semble bien vain au regard de ce qui se passe dans le monde si peu platonicien qui est le nôtre. Alors de quoi parler ? De chiffres, pour une fois. Ces chiffres qui gouvernent notre vie et auxquels nous ne comprenons pourtant pas grand-chose. Commençons par une liste, qui s’appuie, sauf mention contraire, sur des données mensuelles datant de 2016. Nous y parlerons en particulier du niveau de vie d’une personne, terme qu’il convient de clarifier. (Lire l'article)

Coloriage - Goéland sans tête © Philippe Mignon
Coloriage, Zoologie

Le goéland sans-tête

Peur ou timidité ? Le larus decapitus rentre instantanément sa tête quand il est dérangé. Comment parvient-il alors à se diriger et à s'envoler ? Avec de la patience et aussi beaucoup de chance.