La vache imaginaire
Nous en sommes restés à ces drôles de questions qui se posent quand on considère rien comme quelque chose… et en voici justement une qui se détache comme un agio sur un relevé bancaire : zéro moins dix, ça fait quoi ? La réponse est vieille comme le commerce, comme la dette ; mais c’est pourtant encore un nombre imaginaire, et comme tel magique et fertile en rêve. (Lire la suite)
Croatie-Portugal : une dure épreuve sans épreuve finale
Après sa victoire contre l’Espagne, la Croatie de Modrić était l’équipe à battre, et c’est par peur d’être battu que Fernando Santos, le sélectionneur portugais, décida d’endormir les Croates, et au passage les millions de supporters. Mais au football, seul le résultat final compte. Les joueurs au maillot à carreaux ont presque tout réussi, il ne leur a manqué que le plus important : la précision devant le but. Deux styles de jeu s’affrontaient, avec pour seul point commun de vouloir faire mourir les spectateurs d’ennui. Ce en quoi les joueurs ont atteint leur objectif. (Lire l’article)
Ce sont vos yeux qui vous empêchent de voir
Il est venu de nulle part, parle peu et le pouvoir est vide, faute de meneurs ayant une vision. Le roi vient d’être assassiné sans que personne vraiment ne cherche la vérité, comme un ultime renoncement. L’ennemi est diffus, il est partout, personne ne l’a vu, il est le frère et le voisin. L’inconnu arrive de Delphes. Il n’a pas traversé la Méditerranée, mais il va ouvrir la seule porte qui semblait à jamais condamnée : celle de l’espérance. (Lire l’article)
Instable comme une saillance
La saillance : objet ou personnage émettant ou recevant des prégnances. Elle est d’une instabilité constitutive qui — acte fondateur du rire — tire le tapis sous nos certitudes les plus assurées. D’abord, un prédateur peut se transformer en proie, ou inversement, sans prévenir personne. Ensuite, une saillance peut se transformer en prégnance, ce qui pose une redoutable question, très voisine de celle que se sont posée les physiciens lors de la naissance de la physique quantique.
“La traduction est un autre livre”
Le moins que l’on puisse dire, c’est que lorsqu’il porte des jugements sur la traduction et les traducteurs, Thomas Bernhard n’y va pas avec le dos de la cuiller. “Une traduction est un autre livre », affirme-t-il. Et celui-ci n’a plus rien à voir avec l’original. C’est un livre de celui qui l’a traduit.” L’occasion de revenir sur le personnage du traducteur en spectre et en auteur. (Lire l’article)
Plus de pompe mais des pompes
Une municipalité du Val-de-Marne (94) décidément très en pointe dans la lutte contre le...
La clairière de Clichy en zig ZAC (1)
Une porte aujourd’hui doit se tourner vers le futur, Grand Paris ou pas, refaire des coutures, « décloisonner la ville ». Elle se doit d’avoir « sa » ZAC-éco-quartier. Celle de Clichy-Batignolles, le plus grand chantier de Paris au XXIe siècle, couvre 54 hectares d’une ancienne enclave ferroviaire délaissée.
L’Alpha, livre grand ouvert sur Angoulême
Non, la nouvelle médiathèque de la ville de la BD n’est pas en forme de bulle ! Conçue par l’architecte Françoise Raynaud, de l’agence parisienne Loci Anima, c’est un empilement de boîtes en porte à faux, avec des façades en lames d’aluminium, dont l’agencement forme le A d’Angoulême. Situé derrière la gare, le bâtiment regarde la haute cité historique. Avec ses 130 000 documents, cet équipement culturel démultiplie la bibliothèque traditionnelle, entre numérique, papier, expositions et rencontres. Et entend revivifier l’ancien faubourg industriel de l’Houmeau en mutation. (Lire la suite)
Gilles Belley, trois voyages autour de ma chambre
Comme chaque année, le VIA (Valorisation de l’innovation dans l’ameublement), expose ses aides à la création de design. Mais plus au salon Maison & Objet de janvier, uniquement dans sa nouvelle galerie du XIe arrondissement à Paris. S’y distinguent d’abord la carte blanche offerte à Gilles Belley, trois habitacles qui redessinent l’espace d’un appartement. Et les délicates lampes de Sébastien Cordoleani, fabriquées avec un luthier. (Lire la suite)
Le projet pharaonique de Bill Vuzay
Déplacer les pyramides de Gizeh d’une quinzaine de kilomètres, tel est le nouveau projet pharaonique de Bill Vuzay dévoilé en exclusivité.
Chiharu Shiota, un fil après l’autre
Artiste travaillant sur la mémoire, sur l’absence, la Japonaise Chiharu Shiota rappelle, à l’occasion de son exposition “Destination” visible à la galerie Daniel Templon (Paris) jusqu’au 22 juillet, que ses embarcations sont avant tout une représentation de la vie en tant que “voyage incertain et merveilleux”. Une barque encerclée d’immenses tissages, source de fascination et de peur. (Lire l’article)
Ivan Denys, lycéen résistant (histoire d’un livre)
Fondatrice en 2013 des éditions Signes et balises, Anne-Laure Brisac raconte la genèse du premier titre de son catalogue, Lycéen résistant, formidable témoignage écrit au soir de sa vie par Ivan Denys, son ancien prof de lycée. Cette Histoire d’un livre, en texte, en images et en documents sonores, est aussi le début, pour délibéré, d’une nouvelle chronique.
Histoire d’Elle
Adapté du roman d’Anne-James Chaton, Elle regarde passer les gens, sous la forme d’un quatuor où se mêlent théâtre, danse, cabaret, musique, poésie sonore, Icônes passe en revue sans hiérarchie les vies et œuvres de femmes qui ont marqué l’histoire et/ou nourri les magazines people. Auteur du texte et de l’adaptation, Anne-James Chaton est aussi sur scène aux côtés de François Chaignaud, Phia Ménard et Nosfell. Un enchantement dont le “Elle” qui revient comme un appel donne le ton mais également le rythme et la sonorité. Donné deux soirs à Chambéry, Icônes est programmé en mai à Mulhouse et Grenoble, avant une représentation à Avignon en juillet. (Lire l’article)
Avignon-69 peine à jouir
Bilan médiocre pour la 69e édition du festival d’Avignon, qui s’achève ce samedi 25 juillet. Sur une quarantaine de propositions à l’affiche du in, les spectacles mémorables ne sont pas franchement des découvertes et se comptent sur les doigts d’une main: trois spectacles de haut niveau plutôt seuls dans une forêt clairsemée. (Lire l’article)
Avengers : Infinity War, memento mori
Voilà un film dont on peut sortir comme sidéré. Non pas soufflé par sa toute-puissance spectaculaire, mais plutôt en état de choc, dans ce tout premier vertige de la courbe du deuil où la mauvaise nouvelle ne nous paraît pas plus réelle encore qu’un rêve. Car si le blockbuster devient ici expérience scénaristique et esthétique, laboratoire d’un “vivre ensemble” de cinéma où cohabitent les styles et les registres des diverses franchises Marvel, il impose surtout une grâce mélancolique et tragique rare dans un tel produit marketé. (Lire l’article)
Aux quatre coins du temps
Un espace à trois dimensions est le premier dans lequel on puisse faire un nœud ou inventer la vis, ce qui n’est pas rien. Mais passons et dirigeons-nous vers l’espace à quatre dimensions. Là, il est impossible de ne pas parler en premier lieu du temps, la quatrième dimension par excellence, enfant chérie des auteurs de science-fiction. L’univers de la Relativité, le fameux espace-temps, est ainsi un monde à quatre dimensions – trois d’espace et une de temps. Ce monde est régi par une géométrie particulière… (Lire l’article)
H.G. Wells, inventeur de l’orgasmotron
L’orgasmotron est une machine qui a le pouvoir de déclencher des orgasmes quasi instantanés même chez les personnes à la libido la plus effondrée. Ce n’est malheureusement qu’une machine de fiction. L’orgasmotron est apparu la toute première fois sous ce nom en 1973 : c’était dans le film Woody et les Robots de Woody Allen. Mais c’est en réalité à un Français que l’on doit cette merveilleuse invention. L’orgasmotron est né en effet sous le crayon de Jean-Claude Forest, créateur de la BD Barbarella en 1962, et il consistait alors en un diabolique dispositif capable de provoquer des orgasmes de plus en plus violents jusqu’à mort du cobaye. Hélas, mille fois hélas, voici qu’à son tour l’Angleterre vient nous disputer la paternité de cette remarquable invention. Le véritable père de l’orgasmotron serait l’écrivain H.G. Wells…. (Lire l’article)
Les Barbares
Qui seront les nouveaux Barbares ? À quoi ressemblera notre Moyen Âge ? Quand en sortirons-nous ? En sortirons-nous ? Certes, l’histoire ne se répète pas— ou alors comme une farce, disait l’autre — mais on peut tirer toujours quelques fils prospectifs. Notre effondrement sera beaucoup plus rapide, il sera violent : le retour à la terre va être plus rude que les décroissants ne l’espéraient. (Lire l’article)

















