Quitter la ville
S’il y a un secteur qui n’a pas à se plaindre de l’apocalypse qui vient, c’est bien celui de l’édition. Les essais sur la collapsologie, l’effondrement, la fin du monde se vendent comme des petits pains, et gageons que le succès ira croissant tant qu’il y aura des éditeurs pour les relire (vaguement), du papier pour les imprimer et des angoisses à l’horizon. Le temps approche où les tribus réfugiées en Ardèche dans des yourtes connectées ne viendront plus en ville que pour se rendre chez les libraires, après quelques courses au Biocoop. À moins qu’elles ne préfèrent être livrées par Amazon.
Jean Tardieu pour mon banquier
La “gamification”, vous connaissez ? Ce concept à la mode dans les entreprises, les universités ou la communication gouvernementale est une version modernisée du pain et du cirque, avec peu de pain et beaucoup de cirque. Concrètement, on applique au citoyen, au client, au collaborateur – disons au “peuple” – des méthodes qui sont celles que l’on utilise par ailleurs avec les enfants de maternelle : des activités incessantes encadrées par des consignes régulièrement répétées, très simples et très claires, de la pédagogie, le tout sous une forme qui doit toujours être ludique. Illustration à partir des techniques bancaires actuelles, et avec Jean Tardieu. (Lire l'article)
La Méditerranée, mer d’asile
Réquisitionner les bateaux de croisière pour faire face à la détresse des migrants : et pourquoi pas ?
Traduire le vivant
Traduire un auteur vivant offre la possibilité de l'interroger, de lever des doutes, de confirmer ou infirmer des hypothèses, etc. Possibilité que le traducteur n'est pas tenu d'exploiter puisque c'est l'œuvre qui est soumise à traduction, et non les intentions de son auteur. Il est un cas où la parole de l'auteur s'impose au traducteur : lorsqu'il s'agit de traduire une pièce de théâtre mise en scène par l'auteur, voire jouée par l'auteur. En d'autres termes, lorsque l'auteur reprend les droits sur son texte, pour l'extraire des pages du livre et lui donner une nouvelle vie sur la scène d'un théâtre. (Lire l'article)
Les choix de délibéré – 27 sept. 2017
Danse, livres, films, expos, théâtre... Chaque semaine, les choix de délibéré.
Cache toi, objet !
Regarder Mai 68 du côté du mode de vie, de l'architecture intérieure, du design (même si ce mot n'est pas encore utilisé en France à l'époque), n'est pas anecdotique. “On veut changer toute la vie !” Le designer italien Ettorre Sottsass est tout à fait dans le coup quand il affirme : “Faire du design, ce n’est pas donner forme à un produit plus ou moins stupide pour une industrie plus ou moins luxueuse. Pour moi le design est une façon de débattre de la vie.” Le design, né et systématisé avec la révolution industrielle du XIXe siècle, a été immédiatement placé en responsabilité politique et sociale. Pas étonnant qu'il ait été prêt à faire les barricades. (Lire l'article)
Question de choix
Traduire, c'est aussi se coltiner un certain nombre de contraintes au sein desquelles la traduction se réserve des choix, se ménage des espaces de liberté ou de jeu. À l'heure où les débats autour de l'écriture inclusive font l'actualité, quand certain⋅e⋅s évoquent (voire invoquent) les règles – grammaticales, syntaxiques, orthographiques– à respecter, les questions de traduction sont plus que jamais à l'ordre du jour. Nouveaux défis en perspective. (Lire l'article)
Neuf sur dix
Qu’on envisage mollement d’arrêter de fumer, ou qu’on cherche à limiter sa consommation, il faut se donner de bonnes raisons pour le faire, et ce n’est pas gagné. Heureusement, nos autorités de santé ont résolu de prendre les choses en main, à coups de photos et messages chocs. Exemple : 9 cancers du poumon sur 10 sont causés par le tabac. Ce message s'appuie sur un fait avéré... mais il joue tout de même sur notre incompréhension naturelle des pourcentages.
Authenticité contre identité: pour une scène décentralisée et vivante
Ce qui traverse la scène contemporaine, c’est une lame de fond : une recherche d’authenticité, qui n’a rien d’une tendance passagère. Face aux tensions identitaires, aux replis, aux colères qui traversent nos sociétés, il est urgent d’opérer ce déplacement.
Irlande-Suède : la chance des Irlandais, mon cul !
Et puis quelque chose d’étrange advient. Je n’oublierai jamais l’heure. 18h05. Putain ! L’Irlande a marqué ! Je crie comme un dingue. Goallllllllllllllllllllllllllllllllll ! Ma femme déboule en courant dans la pièce en pensant que quelqu’un à tiré un coup de feu par la fenêtre (à Belfast, c’est très courant). J’ai mal à la gorge d’avoir hurlé comme un dément, mais j’en ai rien à faire. Le Stade de France explose ; on peut entendre le ballon toucher le filet jusqu’au fin fond de l’Irlande. Wes Hoolahan a marqué une beauté de but. Les Suédois sont sous le choc, figés sur place. Les Irlandais sont maintenant des géants et les Suédois des nains de Games of Thrones ! (Lire l'article)
J5 – Porter sa croix
Il faut s’être comporté bien mal dans une vie antérieure pour se réincarner en supporteur de certains petits clubs destinés à ne jamais rien gagner. Une malédiction qui se transmet d’une vie à l’autre et à travers les générations, car on hérite de la passion de son père, comme de sa fortune ou ses dettes, comme d’une maladie congénitale. On vient au monde avec, on n’y peut rien. Le supporteur de petit club, c’est Sisyphe qui pousse chaque semaine son rocher vers le sommet de la colline, et le voit dévaler chaque samedi dans l’avalanche de ses espoirs. C’est Tantale, plongé dans un fleuve de gloire où il ne peut boire, sous un arbre chargé des fruits de la victoire qu’il ne peut atteindre. (Lire l'article)
Une belle occasion manquée
Reconstruire le Sacré-Cœur sur une butte érigée au fond du parc du château de Versailles, grâce à une importante partie des déblais engendrés par les travaux du Grand Paris Express, tel était le pari.
Russie, trous de mémoires et trains fantômes
Roman de Vodolazkine, série Netflix sur Trotsky, documentaire géant en trois volets, exposition "Rouge" au Grand palais. On n’en finit pas de scruter la mémoire russe. Avec des résultats parfois surprenants. "Notre passé est imprévisible", écrivait Joseph Brodsky, et il n’avait pas tout vu...
Les deux gentilshommes de Vérone
À présent que la mégère est apprivoisée, quittons Padoue pour rejoindre Vérone puis Milan en...


















