Molitor-Auteuil, Modulor et sport en serre
Dans Molitor, il y a or, comme le jaune du mobilier urbain. Or comme Modulor, ce système de proportions fondé sur le nombre d'or et le corps masculin adopté par Le Corbusier... Hasard ou pas, c'est au 24, rue Nungesser-et-Coli que l'architecte réalise avec son cousin Jeanneret son seul immeuble de rapport, le 24 N.C...
À Bagnolet, elle conte, elle conte la banlieue
Si l'effet frontière se dissipait entre Petit Paris et Grand Paris ? Comme à Bagnolet. Si on s'y promenait, dans le sillage de l'association Cités m'étaient contées ? A la Maison du Parc, elle déroule l'exposition La ville à l'épreuve du paysage. 600 photographies prises par des habitants de deux quartiers de la ville représentent leurs lieux de valeur. Magnifiant une banalité regardée et appréciée, entre passé et quotidien, où l'on mate Paris d'en haut. (Lire l'article)
Faux et usage de faux
Cette semaine, au diable la théorie, place à la pratique : un bel exemple de traduction par Les Luthiers. L'interprétation consécutive anglais–espagnol est assurée par Daniel Rabinovich et par Marcos Mundstock. Le tout sous-titré en français par nos soins. La fidélité à l'original n'est pas garantie...
(Entendre et voir la traduction)
Oscar Wilde in the right place
À l'expo Oscar Wilde au Petit Palais, on s'attend à voir de touchantes lettres d'amour, des photos sépia de jeunes lords efféminés, les merveilleux dessins érotiques d'Aubrey Beardsley, et ces grandes toiles préraphaélites, hideuses et risibles aujourd'hui, qui faisaient les délices de la gentry anglaise et qu'Oscar portait au pinacle. On s'attend moins à y trouver André Gide, camarade de débauche, et Robert Badinter, qui revient en vidéo sur l'inique procès qui condamna Wilde à deux ans de travaux forcés pour homosexualité et incitation de mineurs à la débauche... (Lire l'article)
Ex Machina #33: Ce qui compte
– Allons allons, m’interrompit joyeusement Galois, vous ne voudriez pas que je vous mâche le travail, n’est-ce pas? Au reste, c’est un détail sans réelle importance.
– Sans réelle importance? bondit Corty. Ça fait trois semaines qu’on bosse sur ce détail sans importance, nom d’un chien!
Un théorème entre guillemets
Les tenants du "théorème de Coase" s’appuient sur un résultat réputé sérieux pour expliquer que moins l’État en fait mieux tout le monde se porte, y compris en termes de régulation environnementale.
Joan Miró, du coq à l’âne et vice versa
Vient de s'achever, au Grand Palais, une rétrospective consacrée à Joan Miró. Mais par quel bout le prendre, ce catalan impossible ? Lui qui, comme Dalí, comme Picasso, finit par ressembler à ses tableaux. La peinture déteindrait-elle sur nous ? À bien regarder cette exposition – les tableaux et leur public – il semblerait que oui. C'est l'effet Miró... Ça déteint, la peinture coule sur nous. Et l’art nous aide à respirer. (Lire l'article)
Le clan Nabokov
Chiara Montini rédigea pour la chronique Le coin des traîtres un article consacré au...
Mario Benedetti pour les crédules
Dimanche 4 septembre 2016 : Mère Teresa est déclarée sainte par le Pape. Magnifique ? Scandaleux ? Le premier roman de l'écrivain uruguayen Mario Benedetti, enfin traduit en français, s'intitule justement Qui de nous peut juger. Car toute vérité est relative, certes, mais gare tout de même à ceux qui n'essaient pas de la regarder en face. Chacun ses saints, chacun ses traîtres. À chacun, bien sûr, de choisir son camp, à moins de vouloir se retrouver, comme Miguel, l'un des personnages du roman,“cocu à une seule corne”... (Lire l'article)
Vie et mort à Venise
J'ai vécu la pandémie dans trois pays, le Japon, l'Italie et le Brésil. Venise a réagi singulièrement à la situation. Elle est devenue un roman sans personnages, un tableau déserté par la vie.
Des chaises qui parlent
Livres, films, séries, expos, archi, design, théâtre, danse... Chaque semaine, les choix de délibéré. Cette semaine, des chaises, des chaises et encore des chaises à la Granville Gallery. (Lire le guide)
Les mots face au désastre
"… ici on trompe la mort, on la sait inévitable, on parle depuis elle, on parle déjà mort, mais depuis trois-quatre mille ans qu’on sait l’extinction inévitable, on sait aussi la tromper, on sait lui faire face, on sait la déjouer, c’est presque devenu instinctif : on reforme des liens perdus ou imaginaires, on se met à plusieurs, comme alors et comme aujourd’hui, et on se raconte des histoires." Trompe-la-Mort de Lionel Ruffel, est paru chez Verdier. (Lire le guide)
L’État libre de Bavière
En 1913, Franz Joseph Brakl inaugure une nouvelle galerie avec une grande exposition d’environ...
Aristote à Hollywood (2)
Aux causes finales, explications commodes mais illusoires, Aristote adjoignait les causes “formelles”, celles qui sont censées expliquer la forme des choses, vivantes ou inanimées. Et c'est sans doute la partie de sa philosophie qui a le plus mal vieilli, puisque la forme, dans le cadre de la science moderne, s'explique entièrement par les propriétés de la matière, guidées par une éventuelle “information”, matérielle elle aussi. Pour les créatures vivantes, cette information est d'ordre génétique et codée chimiquement dans leur ADN. La forme d'Aristote, elle, était une “essence”, une “idée” venant d'un mystérieux monde extérieur pour informer la matière brute. Tex Avery, bien sûr, se saisit de cette notion surprenante. (Lire l'article)
La grammaire m’a tuer
La traduction automatique se distingue par la médiocrité souvent hilarante de ses productions, mais elle fait des progrès. Jusqu'où peut-elle aller ? Pour répondre, rappelons ses fondements théoriques.
Une femme de rêve
Ordonnance pour un passager anonyme croisé au hasard d’un trajet en métro. Paris, matin d'automne, station Mairie des Lilas. Les regards sont happés par un point blanc qui roule d'avant en arrière, un petit cylindre brillant sous la lumière artificielle et borgne. Roulis métropolitain. Un homme âgé replie le journal pour suivre les mouvements de cet électron libre matutinal. Presque amusé. Et puis, tout à coup, son regard se détourne de l'Objet Roulant Non Identifié et reprend la lecture du quotidien. Qu’a-t-il vu ? Un tampon ! Dans mon esprit, cela n’a fait ni une ni deux. Tampon, femme, vie en rose… la couverture rose de La Faculté des rêves s’impose. Rose comme de la chick lit girly. Mais dans La Faculté des rêves de Sara Stridsberg, pas de romance. Mais du roman, du vrai ! (Lire la suite)

















