Flics debout ?
Mais que fait cette police, place de la République, habillée en racaille ? Comme les profs, les infirmiers, les jeunes, les chômeurs, les ouvriers… elle fatigue et tape les pavés qu’elle se prenait dans la gueule quand elle ne les lançait pas elle-même dans les vitrines pour décrédibiliser et faire des images. Mai 68 en 2016. Une guerre des pauvres contre les pauvres. Derrière le sarcasme affleure l’inquiétude. Demeure une réalité profonde et partagée par tant de gens : celle de la souffrance au travail dont Hugo Boris parle dans Police, son dernier roman. Le manque de perspective. Le besoin de s’inscrire dans le collectif. (Lire l'article)
American hotel
Un gratte-ciel abandonné de Détroit, un chassé-croisé amoureux et suicidaire dans un monde qui s'effondre : American hotel, une pièce de Sara Stridsberg traduite du suédois par Marianne Ségol-Samoy et présentée à La Nuit de la traduction organisée par la Maison Antoine Vitez. (Lire le début de la pièce)
Pays de Galles-Irlande du Nord : Zizou président !
À l’écran, le stade est une cathédrale illuminée où les hommes rendent grâce au veau d’or. La caméra explore les gradins. Les bipèdes font de grands signes cabalistiques. Certains visages arborent d’étonnantes compositions colorées. Les bouches hurlent des chants guerriers. Une houle profonde agite la masse. Gros plan sur les joueurs suants qui se congratulent et s’étreignent. Les commentateurs, qui sont aussi pertinents que mon cousin Robert, reviennent pour la vingtième fois sur les moments forts de cette soirée historique. (Lire l'article)
All My Life
Bruce Baillie est l'un des pionniers du cinéma d'avant-garde tourné sur la côte ouest des États-Unis à la fin des années soixante. Ce court-métrage de 1966 fait correspondre en un plan-séquence la voix d'Ella Fitzgerald et la lumière d'été sur la côte californienne.
L’Autre de l’Arabe mis à nu
Jetant dans une revue confectionnée à la hâte et avec soin ses poèmes oniriques ou acides, un collectif d’émigrés sans foi ni loi, divines ou politiques, explore les potentialités poétiques de la langue arabe et s’en prend à l’héritage qu’il refuse. Ces auteurs revendiquent pour cela un autre legs, qu’on croyait taillé à la seule mesure d’un Occident traversé par ses propres crises, celui du surréalisme. Poèmes en vers ou en prose, pièces littéraires et contre-points théoriques de cette revue ont été traduits de l’arabe et rassemblés par Abdul Kader El Janabi dans un volume intitulé Le Désir libertaire. Le surréalisme arabe à Paris. 1973-1975, publié aux éditions L’Asymétrie. (Lire l'article)
Welcome Potato
C'est l'histoire d'une fausse mauvaise traduction devenue virale. Google Translate, aka Gougueule Trad, aka Georges Traître avait de nouveau frappé. Ou peut-être pas. Un fake finalement réjouissant car, en la détournant, il met la traduction à l'honneur.
Pays de Galles-Belgique : la barbe des Gallois
Les joueurs montent et s’alignent, et la Brabançonne retentit. Des visages belges fermés. Concentrés. Courtois marmonne les paroles, peut-être un peu Meunier. Les autres fixent un point quelque part et la ferment. 20h58, Hen Wlad fy Nhadau, l’hymne gallois. Tous, Nedley, Ramsey, Williams, Bale, Robson-Kanu, ils chantent sans se retenir. Ça gueule, ça monte, ça rejoint quelques-unes des sources de la pluie très au-dessus des projecteurs du stade, très au-dessus des Hauts de France ! C’est très chaud ! Ce chant-là, il a été écrit par un barde au XIXème siècle, ça parle de la terre des pères. (Lire l'article)
Allemagne-Slovaquie : en passant par l’Allée-vous-faire-foutre
Le bar Perlin n’est pas très loin de l’église Zionskirche et pendant le trajet, je croise partout des gens rassemblés pour voir le match, oubliés le Brexit, les immigrants noyés, les foyers de demandeurs d’asile brûlés, aujourd’hui tout va bien : soleil, bière, l’Allemagne remporte le championnat d’Europe. Le triomphe paraît si proche et ne connaît pas de limites. Au bar Perlin, on sert du mousseux avant le coup d’envoi et on trinque pendant l’hymne national. (Lire l'article)
Markowicz, Morvan, éditeurs sur Mesures
Les éditions Mesures sont une maison indépendante autodiffusée qui a été fondée par deux traducteurs et poètes reconnus. Pourquoi et comment ? Entretien avec André Markowicz.
Maguy Marin ou l’urgence
Œuvre d’amour, d’admiration, Maguy Marin : l'urgence d'agir, le film de David Mambouch sur sa mère chorégraphe n’a rien de convenu. Le réalisateur travaille l’épaisseur et la densité du vécu, sait laisser parler, prend lui-même la parole. Et l’on sent qu’il y a, de son côté, une exploration des origines, que le ballet May B, conçu par Maguy Marin alors qu’elle était enceinte de lui, est pour lui un second ventre maternel.
Montpellier Danse : Actions
Alors que beaucoup s’ingénient à faire des théâtres des lieux de divertissement, Steven Cohen et Antonio Canales ont volé les théâtres pour les transformer respectivement en temple et en café cantante de Séville. Les deux arrachent la scène et ont donné le ton de la 37e édition du festival Montpellier Danse. Reprendre les théâtres pour en faire des sanctuaires non pas dédiés à une quelconque puissance divine mais à des rituels personnels. (Lire l'article)
Une passion mexicaine
Les courses d'escargots sont un sport si populaire au Mexique que certains champions sont devenus de véritables stars. Mais ce sport, populaire bien que d'origine aristocratique, a aussi connu son lot de scandales et d'affaires....
Nouvelle vague
C'est une nouvelle vague d'une toute autre nature et de très grande ampleur qui nous attend en fin d'année. Il serait de plus en plus question d'imposer une “distanciation sociale” entre conjoints pendant une période indéterminée.
J25 – “Aux chiottes l’arbitre !”
Expulsé au Parc des Princes, l’entraîneur du Toulouse FC a déclaré après le match : « c’est comparable à ce que l’on vit dans le pays. Dès lors qu’on s’exprime, on est sanctionné ». Et alors que la plupart de ses homologues ne s’aventurent même pas à commenter l’arbitrage, Pascal Dupraz s’en est pris directement à l’État, qualifié « d’extrêmement répressif ». Voilà qui tranche avec le discours d'autorité ambiant, que servent à droite comme à gauche les candidats de l’ordre autoproclamés. D’autant que le plaidoyer anti-autoritariste de Dupraz conclue une semaine ponctuée par des manifestations de soutien du monde du football à Théo. (Lire l'article)
Sauvette qui peut
Nos lectrices cinéphiles (nous savons que peu d’entre elles regardent Les Tuche) se souviennent...
Montpellier Danse : des chocs venus du Sud
Le 36ème festival Montpellier Danse s'est achevé le 9 juillet. Il a été le reflet d’un bouillonnement certain, du surgissement d’une danse traversée et concernée par les tragédies de l’époque (l’homophobie grandissante, la montée des fascismes, la crise économique, la revendication de cultures ignorées ou méprisées par l’Occident, la question des migrants, des réfugiés et de l’exil). Tous les chorégraphes ont visé dans le mille, sans trop se soucier de formater leurs spectacles pour plaire ou être dans l’air du temps. (Lire l'article)
Epicure et Léontion
Où Épicure écrit à la belle Léontion, courtisane et philosophe, et s'en prend vivement à Platon qui "a écrit tant d'inepties à propos de l'amour [...] peut-être parce qu'il ne bandait pas assez pour remplir son tonneau des Danaïdes"...
Castellucci et la face sombre de l’Amérique
Mais de quoi ça parle ? Une partie du public de la MC 93 s'est posé la question, pendant et à l'issue de Democracy in America, le nouveau spectacle de Romeo Castellucci. Une perplexité souvent doublée d'agacement, tant certains ont l'impression d'être exclus du champ des initiés. Pas sûr que Castellucci mérite ces réactions épidermiques. (Lire l'article)
















