À poêle Landru !
Henri Désiré Landru fut un grand séducteur, un petit escroc et un auteur pas inintéressant. Cette dernière qualité reste méconnue. Il suffit pourtant de se pencher sur les carnets du tueur en série — conservés aux archives de la Préfecture de police de Paris et bizarrement peu consultés — pour s’apercevoir que cet homme avait un étonnant sens de l’humour servi par une belle plume. Dans le petit carnet noir où Landru a consigné les noms des 283 femmes qu’il a séduites durant sa « carrière » (il sera guillotiné en 1922 pour le meurtre de onze d’entre elles), on trouve quelques lignes charmantes sur les attraits de telle ou telle. (Lire l’article)
La Capitale de Robert Menasse : roman hypereuropéen
Les livres drôles, déjà, c’est rare. Plus encore lorsqu’en interface ils peuvent être déchirants, plongée dans l’inconscient collectif européen. En bonus, apanage des grands livres : on peut même ressentir une bouffée d’optimisme, tempérée par une vigilance sans faille. De ce point de vue, on peut faire confiance à Robert Menasse. (Lire l’article)
Les Oiseaux chanteurs de Christy Lefeteri, ou la disparition des invisibles
Un dimanche soir à Chypre, la travailleuse domestique Nisha, originaire du Sri Lanka où elle a dû laisser sa fille, sort de la maison et ne revient plus. Le lendemain, sa patronne Petra découvre son absence et commence à s’inquiéter
Femmes en attitudes
Contre les poses que la société leur impose pour faire du corps féminin un objet propice au commerce, les chorégraphes de DañsFabrik, festival organisé jusqu’à samedi par le Quartz de Brest, érigent des postures, des attitudes politiques frontales et quasiment guerrières. Ainsi Arranged by date, solo où la Grecque Lenio Kaklea dit beaucoup sur notre dépendance à de simples chiffres, sur notre identité sociale construite sur ces chiffres et sur le corps déboussolé qui ne sait plus quelle attitude adopter : la grimace, l’agitation, le tremblement, le “faire face” dignement dans une sublime cambrure… jusqu’à l’acte final d’avaler les chiffres, de les incorporer. (Lire la suite)
Si tu ne viens pas au théâtre, le théâtre ira à toi
Une pièce jouée en direct depuis l’Argentine pour des spectateurs connectés via Internet : dans Un problema de distancia de Sebastián Villar Rojas, un écran peut en cacher un autre…
Mi declaración
Hommage à France Gall qui dans les années 60 chanta, entre autres, l’Amérique. Oui, mais quelle Amérique ? Et d’abord, c’est quoi, l’Amérique ? Un pays ? Un continent ? Un rêve ? Et comment la traduire ? Tout dépend de qui en parle. Tout dépend d’où on la regarde. Tout dépend de la façon dont on la fantasme. (Lire l’article)
Philip
Ce paysage des environs d’Étretat c’est le cadeau que tu m’as fait, Philip, à ton départ de Paris en 1997 – je devrais écrire à ton retour aux États-Unis. Un paysage qui tient au mur, côtoyant le marchand de balais de Daniel Barraco et le notaire d’August Sander. Je t’ai connu, Philip Heying, en février 1989, lors de ta première exposition chez Agathe Gaillard. Tu montrais des paysages d’Amérique… (Lire l’article)
Les Joyeux Bouchers
Le monde court à sa perte. Chacun de nous en a conscience, plus ou moins : réchauffement climatique, disparition accélérée des espèces animales et végétales, raréfaction des ressources naturelles, dissémination des matières fissiles, mort des utopies politiques, montée subséquente des populismes et des intégrismes, prise du pouvoir par l’intelligence artificielle dessinent un horizon que personne ne voit rose. “Signes précurseurs de la fin du monde” : chaque semaine, l’Apocalypse en cinquante leçons et chansons. Ou peut-être moins si elle survenait plus tôt que prévu. (Lire l’article)
La possibilité d’un DeLillo
Encore un marathon organisé par Julien Gosselin, qui s’attaque cette fois à trois des romans majeurs de Don DeLillo. Inégal, moins maîtrisé que son adaptation du roman de Roberto Bolaño 2666, ce spectacle est aussi plus intéressant. C’est que les fils narratifs sont moins faciles à suivre, tant le style de DeLillo, riche en ellipses et surtout en silences suppose des lecteurs qui acceptent de s’égarer en chemin. La scénographie d’Hubert Colas est une boîte fermée – un grand livre au cœur duquel on se retrouve. On en retiendra de grands moments d’humour, de mélancolie, de cruauté, de complexité. (Lire l’article)
La voix des autres
“Et sinon, à part la traduction, vous écrivez ?… Au moins pour vous, non ? Pas même un peu de poésie quand vous aviez quinze ans ? » Non, je n’aime pas écrire. Le terrain de jeu du langage qui prend pour d’autres l’aspect d’un joyeux champ des possibles est, en ce qui me concerne, un labyrinthe aux proportions infernales. Mais je la connais, la jouissance du langage ; en étant traductrice, justement. Je traduis, je traduis beaucoup, la voix des personnages, la voix du narrateur, la voix de l’auteur, je ventriloque. Jusqu’au jour où… (Lire l’article)
J16/17 – La dictature du spectaculaire
C’est une idée communément admise que la qualité d’un match de football se mesure à l’aune du spectacle proposé. Il n’en a pas toujours été ainsi. Inutile de remonter au vieil hurling over country anglais qui opposait des équipes de plusieurs dizaines de joueurs sur des terrains de campagne de trois ou quatre kilomètres, forme archaïque de ce sport, à l’opposé de la notion même de spectacle : lorsqu’on inventa terrain et stade, ce ne fut pas le spectaculaire qu’y vinrent chercher les premiers fans, mais des émotions. La différence entre le spectacle et l’émotion, c’est celle qui sépare le spectateur du supporteur. (Lire l’article)
Beaux livres : coups de cœur de la rédaction
Trois beaux livres recommandés par la rédaction de délibéré.
Croatie-Portugal : une dure épreuve sans épreuve finale
Après sa victoire contre l’Espagne, la Croatie de Modrić était l’équipe à battre, et c’est par peur d’être battu que Fernando Santos, le sélectionneur portugais, décida d’endormir les Croates, et au passage les millions de supporters. Mais au football, seul le résultat final compte. Les joueurs au maillot à carreaux ont presque tout réussi, il ne leur a manqué que le plus important : la précision devant le but. Deux styles de jeu s’affrontaient, avec pour seul point commun de vouloir faire mourir les spectateurs d’ennui. Ce en quoi les joueurs ont atteint leur objectif. (Lire l’article)
Alexandre Vialatte et un marronnier en fleurs
Alexandre Vialatte est cet homme qui écrivit un jour : “L’homme n’est que poussière, c’est dire l’importance du plumeau”. Le talentueux chroniqueur de La Montagne écrivit aussi : “Les arbres sont pleins de sève, jusques et y compris le grand marronnier en bas de chez moi. C’est le printemps sans doute”, mais cela personne ne le savait car la phrase figure dans un texte que le quotidien de Clermont-Ferrand a jugé préférable de ne pas publier, et que nous reproduisons ici en exclusivité. (Lire l’article)
Welcome Potato
C’est l’histoire d’une fausse mauvaise traduction devenue virale. Google Translate, aka Gougueule Trad, aka Georges Traître avait de nouveau frappé. Ou peut-être pas. Un fake finalement réjouissant car, en la détournant, il met la traduction à l’honneur.
Prescriptions littéraires en temps d’épidémie : gare à l’automédication !
Ceci est un avertissement du service de médecine littéraire des hôpitaux actuellement mobilisés sur le front d’une épidémie contre laquelle ils se battent sans en avoir les moyens du fait d’une politique systématique de destruction des services publics mise en place depuis de nombreuses années.
Great Oak alias Grand Pingouin vs tous les Manchots du monde
Mais de quoi au juste Pingouin et Manchot sont-ils le nom? Il est temps de faire le point sur la question, tant la confusion règne alors même qu’il s’agit de deux familles ornithologiques assez distantes…


















