La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Archives
Dora Maar: Sans titre, Mannequin, vers 1932-1935
Expo, Photographie

Dora Maar, regards

Le Centre Pompidou accueille jusqu'à fin juillet une grande rétrospective de l'œuvre de Dora Maar (1907-1997). Si son travail pictural ne convainc guère, sa production photographique, qui passe allégrement d'un genre à l'autre, est magnifiquement mise en valeur. (Lire l'article)
Théâtre

Karamazov, tous ensemble…

Encore un roman fleuve et un spectacle au long cours : Jean Bellorini adapte et met en scène Les Frères Karamazov de Dostoïevski dans la carrière de Boulbon. Pendant près de six heures, les corps travaillent, fatiguent, transpirent. Sans écrans témoins, sans cinéma, à mains nues, face aux spectateurs. Loin de la géniale sophistication des Damnés dans la Cour d'honneur et du savoir faire consensuel de 2666  à la Fabrica, Karamazov est un formidable spectacle prolétaire, une extension du domaine de la lutte au théâtre. (Lire l'article)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Allemagne-Ukraine : fantômes

D’abord les joueurs entrent sur le terrain. Ils sont en ligne. Immobiles. C’est blanc, c’est jaune et sur la pelouse verte, on dira ce qu’on voudra, c’est moche. Il y a de la musique. Officielle. Des hymnes. La moitié du stade chante. Puis l’autre moitié. On s’ennuie déjà. Ça commence quand ? demande quelqu’un. Après la pub, lui répond un autre. Pub, donc. Et puis coup d’envoi. Sans surprise, le ballon passe d’une paire de pieds à une autre. On s’ennuie toujours mais après tout, c’était prévu. (Lire l'article)

Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Kung Fu Panda / The Assassin… en quête du “chi-néma”

À l’affiche, deux films que tout semble opposer tentent de se réapproprier le film d’arts martiaux chinois. D’un côté, Assassin, le wu xia pian  de l’auteur Hou Hsiao-hsien, Sifu d’une modernité esthète et intimiste... De l’autre, Kung Fu Panda 3, la franchise la plus populaire de sa Seigneurie Dreamworks, dans la lignée des Jackie Chan... A priori, pas plus à voir entre ces deux là qu’entre un moine en tunique et un colosse en armure qu’on mettrait face à face.Mais l'un et l'autre parviennent-ils à saisir le “Chi”, ce principe de l’énergie vitale cher à la cosmologie bouddhiste ? (Lire l'article)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Portugal-Islande : à quoi bon s’étonner ?

Quant au Portugal, quant à l’Islande, l’opposition promettait monts et merveilles, la subtile saudade, l’inclination maritime et l’ivresse comme ascétique des Lusitaniens relevant le défi des navigateurs septentrionaux qui – “nous sommes presque uniquement constitués de ténèbres” assène Jón Kalman Stefánsson – se déclaraient prêts à verser leurs tripes de glace et de lave dans la cocotte-minute de la cité manufacturière. On ne rit pas des Vikings. Formés en salle, ils n’accusent plus rien des poulets de batterie dont on plaisantait le plumage, la “génération dorée” qu’entraîne le suédois Lars Lagerbäch se présentant sans complexe face à la seleção de Fernando Santos. (Lire l'article)

Danse

María Pagés enlève Carmen

Bizet et Mérimée n’auraient sans doute pas supporté qu’une vulgaire danseuse de flamenco ravisse leur créature, leur Carmen. Celle qu’ils auraient peut-être méprisée, c'est María Pagés. La chorégraphe et danseuse trafique avec cinq musiciens les mélodies de Bizet et elle arrache des mains de ses créateurs la figure emblématique de Carmen. (Lire la suite)

Le nombre imaginaire, Sciences

Vers l’infini et au delà

Bienvenue dans l'ensemble de Mandelbrot : notre regard s’y plonge en un zoom étourdissant, nous faisant découvrir une floraison infinie de détails, de variations, de figures biologiques cachées, d’amas galactiques infinitésimaux, d’efflorescences organiques… tous dissimulés dans la structure mathématique sous-jacente, toujours familiers, jamais monotones, toujours d’une délicatesse arachnéenne, et dont chacun est un monde infini à explorer... (Lire l'article)

Le coin des traîtres, Traduction

La voix des autres

“Et sinon, à part la traduction, vous écrivez ?... Au moins pour vous, non ? Pas même un peu de poésie quand vous aviez quinze ans ?" Non, je n'aime pas écrire. Le terrain de jeu du langage qui prend pour d’autres l’aspect d’un joyeux champ des possibles est, en ce qui me concerne, un labyrinthe aux proportions infernales. Mais je la connais, la jouissance du langage ; en étant traductrice, justement. Je traduis, je traduis beaucoup, la voix des personnages, la voix du narrateur, la voix de l’auteur, je ventriloque. Jusqu'au jour où... (Lire l'article)

Ex Machina, Sciences

Ex Machina #33: Ce qui compte

– Allons allons, m’interrompit joyeusement Galois, vous ne voudriez pas que je vous mâche le travail, n’est-ce pas? Au reste, c’est un détail sans réelle importance.
– Sans réelle importance? bondit Corty. Ça fait trois semaines qu’on bosse sur ce détail sans importance, nom d’un chien!

COLORIAGE - Nasique philosophe © Philippe Mignon
Coloriage, Zoologie

Le nasique philosophe

Les îles Tohu-Bohus, situées loin de toute terre, possèdent de nombreuses espèces endémiques, végétales et animales. On y trouve, entre autres, des armadillos lunatiques. Mais l’animal le plus curieux que l’on peut y rencontrer est le nasique philosophe.
Antoine Brea, Récit d'un avocat, Le Quartanier, 2016
Le genre idéal, Livres

L’avocat et les assassins

En 1996, deux immigrants kurdes sont condamnés par la cour d’assises du Jura pour le meurtre sauvage d’une femme de vingt-cinq ans laissée pour morte après avoir été violée. Peu de choses ensuite, dans ce roman aux faux airs de récit pénal, sont entièrement imaginaires. Un avocat en proie à des phobies et bien loin du prestige des joutes oratoires, se retrouve malgré lui dans les coulisses de ce drame. Souvent, les romans de genre exposent l’indicible et décrivent le chaos avant de ramener l’ordre. Conservateurs et rassurants. Après la peur et le frisson triomphe la normalité. La morale est rappelée. Parfois aussi un texte est tout simplement bon et décale les règles. (Lire l'article)

Venise, 1978 © Gilles Walusinski
Le chaland de Venise, Photographie

Le chaland de Venise (2)

À la Toussaint 1978, le soleil était plus accueillant que les frimas de l'hiver précédent. Venise suscitait la tentation de la couleur. Mais le soleil  n'effaçait pas l'atmosphère pesante qui régnait en Italie. Les Brigades rouges avaient assassiné Aldo Moro le 16 mars...