J5 – D’un Z qui veut dire…
La célébration du but n'exprime pas seulement le bonheur de l’objectif atteint. La célébration, c’est l’affirmation de l’individu dans le sport collectif. Les censeurs moraux condamnent ce coup de force : en se mettant en scène, le buteur accapare le but, se l’approprie, nie sa dimension collective. Soit, mais d’autres concèderont que l’affirmation d’une personnalité propre manque dans ce sport aseptisé. La célébration du but, c’est un acte de rébellion. Le buteur marque sa différence, il retire son maillot pour rejeter le mot d’ordre du “tous semblables”, l’uniforme qui dit l’uniformisation. (Lire l'article)
Doggerland, beau comme la météo marine
Doggerland dure soixante siècles, vingt-deux ans et quarante-huit heures. Temps géologique et temps des amours humaines. Écriture de haute précision avec souffle poétique, aventure prométhéenne, rêverie insulaire : on embarque. (Lire l'article)
Victor Hugo, des vers et des pas mûres
On ne recense dans toute l’œuvre de Victor Hugo — qu’elle soit poétique, romanesque ou théâtrale — que très peu de lignes que l’on pourrait qualifier de grivoises, et aucune que l’on pourrait qualifier de licencieuse. Si l’auteur des Misérables est connu pour avoir eu une vie sexuelle plutôt débridée, ses écrits n’en gardent la trace que sous la forme d’une sublimation toute freudienne. Aussi fut-ce une énorme surprise de voir surgir un long poème inédit roulant comme un torrent impétueux pour décrire le désir sexuel et son aboutissement. Cette pièce singulière, absente de l’inventaire des collections, était enfouie dans le grenier de la maison Victor Hugo de la place des Vosges. (Lire l'article)
Obstinée comme une prégnance
Une fois la question de la saillance réglée, la prégnance est émise. Parfois, la prégnance s'avère impossible à arrêter. Parfois, elle s'arrête juste avant d'investir son récepteur, laissant le spectateur dans un état de frustration avancé. En fait, la seule façon d'arrêter une prégnance est de lui en opposer une autre.
Tous les campements du monde
Parallèlement à une exposition consacrée aux architectes universalistes portugais, la Cité de l'architecture parisienne présente Habiter le campement. Pour effectuer cet état des lieux du “monde global des camps”, une savante collecte de 14 000 photographies de photojournalistes a été menée. Ont été identifiées six manières d'habiter : les nomades, les voyageurs, les infortunés, les exilés, les conquérants et les contestataires. Un panorama mondial des habitats éphémères, des yourtes nomades aux cahutes d'urgence, des bivouacs de voyageurs aux logistiques militaires, des centres de rétentions aux tentes des contestataires. Cette exposition n'est pas seulement un listing complet, esthétique ou tragique, des campements, elle nous incite à observer. (Lire l'article)
Ex Machina #2: Alarme à l’âme
[Ex Machina #2] Que m’a dit Descartes ? Que si la conscience s’appuie sur des fonctions non calculables, alors elle ne peut pas s’incarner dans un système purement physique ; l’existence de l’âme en découle logiquement. Clarifions un peu cela.
Sortir au jour d’Amandine Dhée: la mort à visage humain
C’est par un non-évènement que s’ouvre le beau livre d’Amandine Dhée paru au début de cette année, "Sortir au Jour" (Editions La Contre Allée), qui parle sereinement de ce que la mort nous inspire
Le cabézon serpentin
Il se distingue des autres capitonidae par une longue queue préhensile dont il se sert pour se balancer sous les branches. Elle lui est aussi utile en vol, pour éloigner les prédateurs. C'est le seul oiseau doté de ce genre de queue.
Rebondissement inattendu
Une affaire de vol de tableau enfin élucidée. Dérobée en 1928 au musée du Louvre, la toile a été authentifiée par des experts sur une photo récemment retrouvée d'André Kertész...
Salle Musculation
Gregg Ellis, Séries Photographiques. Saison 1, épisode 7
Deserted Village
De plus en plus occupé par ses prestigieuses commandes de peintures murales – la frise de la...
Nouvelle épreuve et renaissance
Daniel Vierge étant à présent incapable de lire, c’est souvent Clara qui lui lit les textes...
Métaphores
Longtemps, j’ai lu de la littérature étrangère en me couchant de bonne heure, sans jamais trop me soucier de la manière dont elle avait été traduite. Puis un jour, me réveillant tard, l’envie m’a pris de relire Au-dessous du Volcan. Cependant ma bibliothèque est un tel foutoir que je n’ai pas été capable de remettre la main sur mon vieil exemplaire. J’en ai donc racheté un neuf qui, aussitôt ouvert, m’a interloqué : je n’y retrouvais pas le même roman ou, plus exactement, les images qu’il faisait surgir étaient très différentes de celles que j’avais gardées en tête... (Lire l'article)
Trajal Harrell, gentleman cambrioleur
Le chorégraphe et danseur new-yorkais n’a que des idées saugrenues (de celles qui font progresser l’art). Dans Le Fantôme de Montpellier rencontre le samouraï, ce gentleman cambrioleur n’hésite pas à voler chez les autres pour construire son propre langage. Et il touche à la personne la plus sacrée, Dominique Bagouet, figure emblématique de la ville où il créa l'un des premiers centres chorégraphique nationaux. (Lire la suite)
Éparse pour Nadine Morano
En ce début d’année 2018, le service de médecine littéraire rouvre ses portes après quelques mois d’inactivité, et force est de constater que le cas de celle qui a été notre première patiente est loin d’être réglé. Morano, c’est du lourd, de l’épais, du sérieux. N’empêche, nous n’avons pas vocation à ne soigner que les petits bobos, la médecine de confort n’est pas forcément à dénigrer mais les pathologies lourdes exigent toute notre attention. Nous avons donc décidé de reprendre le cas de cette patiente bien connue de nos lecteurs. (Lire l'article)
J10 – “Et puis est retourné, plein d’usage et raison”
De Joachim du Bellay, le footballeur ne retient que le premier vers : “Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage”. Une carrière est une fuite en avant, une suite de départs vers de meilleurs championnats, de plus grands clubs, de plus hauts salaires, des trophées. La mondialisation n’a fait qu’accentuer le mercenariat. Jadis on achevait sa carrière dans son club formateur, on s’en va aujourd’hui au Qatar, s’assurer une retraite. Or c’est précisément à ce panorama qu’on doit l’apparition du mythe du retour. Le joueur qui revient, ce serpent de mer, ce monstre du Loch Ness, cette arlésienne. Une légende surgie du passé, au même titre que le joueur d’un seul club, parce que le retour est une des formes de la fidélité, cette valeur absolue du football. Drogba reviendra-t-il à l’OM ? Gourcuff à Bordeaux ? Ulysse à Ithaque ? Mystères du mythe ! (Lire l'article)
Marie Cosnay, histoires d’îles et d’exils, suite
Texte indispensable, ce deuxième volume de la série «Des îles» que Marie Cosnay consacre à ceux et celles qu'illégalisent la politique migratoire européenne, est un livre de mémoire mais, avant tout, de combat.


















