Bordeaux, les couleurs se font la belle
Dans l'annexe du musée des Arts décoratifs et du design, une ancienne prison, l'exposition « Oh couleurs ! » donne forme aux objets de design, dans une succession d'effets, réels ou subjectifs. Des grands applats verts, rouges, jaunes, bleus, francs et jouissifs, du designer scénographe Pierre Charpin, aux objets irisés dont les teintes s'échappent, telles des bulles de savon. Une joyeuse palette de d'observations et de sensations. (Lire l'article)
La forêt de Debussy
Dans ses épatantes chroniques musicales intitulées Monsieur Croche, Debussy s'élève contre une interprétation de Beethoven trop imitative et ne laissant aucun champ à l'imagination : “Rend-on le mystère d'une forêt en mesurant la hauteur de ses arbres ?” demande-t-il. Que faire devant la forêt Scarlatti aux 555 arbres, la jungle faudrait-il dire, remarquablement impénétrable aux techniques habituelles de la musicologie, laquelle s'interroge toujours, entre autres, sur la chronologie des sonates ? Et si l'on mesurait la longueur des sonates ? Ou plutôt le rapport des deux parties, qui permet de comparer des sonates de longueurs différentes. De façon totalement inattendue, il apparaît que ce nombre varie de façon cohérente d'un bout à l'autre du corpus, et que cette variation reflète l'évolution des stratégies de composition utilisées par Scarlatti... (Lire l'article)
À Bagnolet, elle conte, elle conte la banlieue
Si l'effet frontière se dissipait entre Petit Paris et Grand Paris ? Comme à Bagnolet. Si on s'y promenait, dans le sillage de l'association Cités m'étaient contées ? A la Maison du Parc, elle déroule l'exposition La ville à l'épreuve du paysage. 600 photographies prises par des habitants de deux quartiers de la ville représentent leurs lieux de valeur. Magnifiant une banalité regardée et appréciée, entre passé et quotidien, où l'on mate Paris d'en haut. (Lire l'article)
Le hokki longues-oreilles
Présent dans tout le nord-est de la Chine, plus rare que son cousin le hokki brun, dont il partage le territoire, il s'en distingue par les longues plumes auxquelles il doit son nom, mais surtout par son double langage.
Urgences hospitalières, vers une planification ?
Grèves et démissions. La contestation s'étend dans le milieu hospitalier. Dans ce contexte, le gouvernement envisage de prendre une mesure de bon sens...
L’ordre des machines
“L’Ordre des lucioles”, l’exposition du 17ème prix de la Fondation d’entreprise Ricard, est dominée par la polarité entre deux œuvres : Énergie sombre de Florian Pugnaire & David Raffini et Synchronicity de Robin Meier. Dans le dialogue entre ces deux œuvres semble se rejouer la tension qui anime la création contemporaine depuis les années 1960, celle d’une perpétuelle oscillation entre l’affirmation de l’objet et sa destitution. (...)
Ex Machina #9: Point d’étape
[Ex Machina #9] Quand je cherche ma mousse à raser et qu’elle est sous mon nez, il ne suffit pas que Corty me fasse des signes désespérés pour me l’indiquer: il faut que je prenne conscience de sa présence. Je n’ai subjectivement mal que si je sais que j’ai mal. Autrement dit, d’un point de vue subjectif, penser égale percevoir.
Paola Pigani pour le cas Morano
Vous allez me dire, d’accord, vous voulez prescrire de la lecture à Nadine Morano, très bien, mais est-on bien sûrs que cette dame lise des livres ? Je vous répondrai : nous ne sommes sûrs de rien, et alors ? Ce n’est pas parce que vous ne prenez habituellement pas de médicaments que votre médecin se gardera de vous en prescrire. Donc, Nadine Morano. Qui déclare, à propos des dénommés “migrants” : “Aujourd'hui le sentiment d'envahissement que ressentent les Français, ce n'est pas un sentiment, c'est une réalité.” Que prescrire ? Un remède intéressant, me semble-t-il, est sorti en 2015, et je serais d’avis de l’essayer sur un cas que d’aucuns jugent sérieux. Il s’agit du roman de Paola Pigani, Venus d’ailleurs, paru aux éditions Liana Levi. (Lire la suite)
Je suis entrée par la porte des Lilas…
Depuis l'arrivée du tramway, elles refont surface, avec l'ambition de ne pas être en retard pour le Grand Paris. Les portes périphériques de la capitale, qui étaient surtout des nœuds routiers ou métro-sous-terrains, clôtures assez indéfinies, vont-elle devenir des places plus agréables, mieux reliées avec les banlieues toutes proches ? Entrée par la porte des Lilas...
Ex Machina #1: Ergo Ego
[Ex Machina #1] Une machine peut-elle penser ? Un programme d’ordinateur peut-il avoir une conscience ? Je me mis à y gamberger. Mais il me manquait un angle d’attaque. Une méthode. Pas étonnant que je me sois retrouvé une nuit dans le bureau de Descartes.
Maïa Mazaurette, à trous les coups
Sortir du trou. Lever la tête: le dernier essai de Maïa Mazaurette défend l'idée d'une sexualité moins obsédée par la pénétration. Ce qui lui vaut des tombereaux d'insultes sur les réseaux sociaux.
J36 – L’ordre des choses
Un coup d’œil au classement à deux journées de la fin du championnat fait apparaître une curieuse équivalence : en tête le Paris Saint-Germain (premier budget de Ligue 1), devant l’Olympique Lyonnais (troisième budget) à égalité de points avec l’AS Monaco (deuxième budget). Les plus riches aux premières places, les plus pauvres en fin de classement. Pas de surprise, chacun à sa place. Bien sûr, le supporteur préfèrerait voir son club remporter le championnat contre toute attente, mais l’ordre des choses le rassure. (Lire l'article)
Sommes-nous civilisés ?
Il y a quelques années la NASA a publié une petite étude basée sur un modèle de civilisation simplifié. Le modèle s'appelle Handy. Ils ont observé des effondrements civilisationnels. En faisant varier les paramètres, on obtient différents effondrements. Quelques paramètres très bien ajustés peuvent donner une civilisation stable. Mais le plus souvent elle s'effondre. Ce modèle simpliste, dit la publication, est en accord avec des données historiques : l'empire romain, la civilisation mycénienne, sumérienne, mésopotamienne, l'empire khmer, les Hans, les Mayas, etc. Tous ces empires se sont effondrés. L'étude explique que la stratification en classes sociales est un élément clé des effondrements. (Lire l'article)
La tournée des chats turquoise
Google Translate et moi avons un point commun : nous en sommes nuls en traduction. Il est convaincu, comme moi, qu’il n’est pas nécessaire de parler une langue pour la comprendre, ni de la comprendre pour la traduire...
Warhol, année 2015
Andy Warhol… Le nom a beaucoup résonné en 2015. Il a surgi à Metz d’abord, au Centre Pompidou, avec l'exposition “Warhol Underground”, dans laquelle le Warhol peintre s’effaçait pour laisser passer sur le devant de la scène le Warhol de la Factory, celui qui créa et filma les “Superstars”, produisit le Velvet Underground, et scénographia pour eux les concerts-happenings du Exploding Plastic Inevitable. Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris propose jusqu'au 7 février 2016 “Warhol Unlimited”, une exposition plus sage mais tout aussi finement conçue. Le Warhol 2015 est un Warhol formidable, qui échappe aux réductions qui cantonnent son œuvre à une imagerie bien sentie. (Lire la suite)
Si Dali m’était conté
Une exposition à Monaco, un livre-catalogue aux éditions Hazan : "Dalí, une histoire de la peinture" est l'occasion de revisiter le parcours esthétique du peintre catalan, du classicisme au pop art en passant par le surréalisme, en éludant les questions qui fâchent.
Mayra Santos-Febres pour les sorcières
L'époque marque le grand retour des sorcières. Elles sont partout, aux États-Unis comme en France, sur la scène politique, sociale et littéraire. Mais leur récent retour en force ne leur épargne pas certains tourments. Elles souffrent en effet d'un dramatique problème de discontinuité. Pour elles, donc, le Dr P. prescrit cette semaine La Maîtresse de Carlos Gardel de Mayra Santos-Febres, paru chez Zulma, traduit de l'espagnol (Porto Rico) par François-Michel Durazzo. (Lire l'article)
Chambre d’écho
Au cinéma, rien n’est plus ardu que de faire rire en version originale sous-titrée. Parce qu’il est difficile, déjà, de faire rire en traduction. Dans le cas du sous-titrage de film, aux problèmes communs à toute traduction s’ajoutent des contraintes techniques (rythme et concision) et une particularité propre : la confrontation de la traduction (à lire), de la version originale (à entendre) et de l’image (à voir).
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