Pour la fin du monde
Pour la fin du monde prends ta valise / Et va là-haut sur la montagne on t'attend / Mets dans ta valise une simple chemise / Pour la fin du monde pas de vêtements. Bon, rien de dramatique jusque-là. Derrière l’apocalypse annoncée se cache un retour à la terre, assez dans l’air du temps — on serait plus volontiers parti avec un sac à dos qu’une valise, mais ça n’aurait pas rimé avec chemise. En tout cas, il est déjà clair que le titre Pour la fin du monde n’est pas celui d’un manifeste mais d’une invitation. (Lire l'article)
De l’art d’être banal
Il existe une catégorie essentielle de secrets pour chacun de nous : ceux qui nous permettent de prouver notre identité sur Internet – mots de passe, codes confidentiels, réponses à des questions secrètes. Si nous laissons échapper ces secrets, alors n’importe qui peut se faire passer pour nous. Il existe des recommandations de bon sens : utiliser des mots de passe complexes, jamais deux fois le même, ne jamais les confier à un tiers, utiliser un “coffre-fort à mots de passe”. Force est de reconnaître que nous n’appliquons que rarement ces recommandations, dont certaines sont d’ailleurs contre-productives. Parlons-en un peu. (Lire l'article)
François-René de Chateaubriand, vie sexuelle
La vie sexuelle de Chateaubriand est le titre d’un ouvrage qui reste à écrire. À Combourg, le jeune Chateaubriand fut probablement la source d’un écoulement considérable de semence. C’est du moins la thèse développée par la chercheuse Aline Mapain en s’appuyant sur les divers manuscrits préparatoires aux Mémoires. Les plaisirs solitaires du jeune Chateaubriand ne vaudraient pas qu’on s’y arrête si longuement, admet-elle, s’ils ne permettaient de porter un regard nouveau sur l’égotisme d’un auteur que Jules Lemaître qualifiait en 1912 d’“écrivain le plus vaniteux de la littérature française, et probablement de toutes les littératures”. (Lire l'article)
Les romantiques n’aiment pas les cerises
Il est une éclipse que l'astronome jésuite Carbone ne put étudier : celle de Scarlatti durant la période romantique. Certes, il ne fut pas le seul musicien baroque à en être victime, mais son occultation, parsemée de fugitifs éclats, dura près d'un siècle. Il est vrai que les préoccupations théoriques et distanciées de Scarlatti sont très éloignées de l'exaltation romantique du moi. À cette époque, seul Muzio Clementi, qui fut londonien avant d'être viennois, écrivit quelques sonates dans le goût de Scarlatti. D'autres se permirent de faire subir aux sonates les pires outrages... (Lire la suite)
Roms, ville fermée
C'est par les réseaux sociaux que Juliette Keating et moi-même avons appris le 28 juillet 2016 au soir l'expulsion par la police de treize familles Roms qui habitaient depuis plusieurs années au 250, boulevard de la Boissière à Montreuil. Le lendemain, les familles s'étaient installées devant la mairie. Le 30 juillet la police chassait les Roms de la place de la mairie, puis de la place Anna Politkovskaïa où ils s'étaient réfugiés. C'est à ce moment que commence mon travail de photographe accompagnant quotidiennement les familles pendant quatre mois et demi... (Lire l'article)
Sister : spectacle fêlé en mal de scène
Les Subsistances aiment à brasser des idées, à mêler les genres et les styles. À l'occasion du festival Mode d’Emploi, la metteure en scène, auteure et comédienne Hélène Mathon proposait un spectacle sur la schizophrénie : Sister, sur un texte d'Eugène Savitzkaya qui nous met directement en relation avec le malade et son entourage, ne parlant pas de la maladie en tant que telle mais de sa perception à travers la fratrie. Sister est une plongée vertigineuse dans un monde délirant, trouble, douloureux mais peuplé. Sister a été déprogrammé par les Théâtres Sorano-Jules Julien à Toulouse. Dommage. (Lire la suite)
Godwin, nom de Dieu !
Le chemin qui va du coronavirus à la Shoah est étroit, tortueux et improbable. Pourtant, la pandémie a vite atteint le point Godwin, ce moment où, dans tout débat, les adversaires finissent par s'injurier en se jetant à la figure des allusions à l'Allemagne nazie.
Ex Machina #39: Un mal nécessaire ?
Mes neurones nociceptifs sont au repos, mais c’est essentiellement parce que mon environnement virtuel est agréable et sécure. Alan, qui l’a conçu, est un type bien. Ce n’est malheureusement pas le cas de tout le monde.
Crécy-la-Chapelle: rebondissement inattendu
Nouveau rebondissement dans l'affaire du vol du stégosaure en fonte du Museum d'Histoire Naturelle de Paris, retrouvé dans un ancien entrepôt de vins et spiritueux.
Le chaland de Venise (2)
À la Toussaint 1978, le soleil était plus accueillant que les frimas de l'hiver précédent. Venise suscitait la tentation de la couleur. Mais le soleil n'effaçait pas l'atmosphère pesante qui régnait en Italie. Les Brigades rouges avaient assassiné Aldo Moro le 16 mars...
Ex Machina #3: Va te faire voir, vieux chnops!
[Ex Machina #3] Je possède un très joli caillou, un Œil de Taureau, translucide avec de magnifiques éclats de rouge brun. Est-il conscient ? Est-ce un sujet ? Non, bien sûr. À moins que...
555
Les plus numérologues parmi les superstitieux que nous sommes tous savent que 333 est le nombre de la divinité, 666 celui du diable et 444 le nombre des deux à la fois : il semble qu'avec le code a = 6 ; b = 12, etc., Jésus et Lucifer donnent tous deux 444 ! On n'arrête pas le progrès. Quant à 555, c'est bien sûr le nombre de sonates de Scarlatti. Que Scarlatti se retrouve numériquement quelque part entre Dieu et le diable n'est peut-être pas un hasard : plusieurs critiques l'ont aussi mis dans cette situation. Proust parle du “divin” Scarlatti tandis que d'Annunzio lui trouve quelque chose de maléfique. Cela participe sans aucun doute du charme indéfinissable des sonates. (Lire l'article)
Zénaïde Fleuriot en un torride hiver
Depuis 1993, la revue britannique Literary Review décerne annuellement un Bad Sex in Fiction Award, à savoir un prix de la pire scène de sexe dans un livre récemment paru. La chose est devenue une institution au même titre que le prix Goncourt, en plus drôle cependant. Les lauréats, tous coupables d’un “usage grossier, insipide et souvent routinier de passages redondants de description sexuelle”. Il y a des jolis noms dans la liste des (mal)heureux gagnants. Exemples... (Lire l'article)
Flaubert et Houellebecq, fouette cocher !
Il n’y a guère de raisons de rapprocher la littérature de Michel Houellebecq de celle de Gustave Flaubert, si ce n’est celle-ci : les romans du premier mis en regard avec ceux du second permettent de mesurer l’évolution considérable des mœurs en un siècle et demi. (Lire l'article)
Dans le détail
La Bibliothèque François Mitterrand expose actuellement les photographes récompensés par la Bourse du Talent. Parmi les lauréats, Laurent Kronental présente une série intitulée Souvenir d’un futur. Le traitement de la couleur y est superbe, la précision de l’image impressionnante. En plan large, il photographie les grands ensembles de la région parisienne. Les constructions sont immenses et folles – comme les architectures dessinées par Paul Grimault dans Le Roi et l’oiseau. Elles sont vides – comme les places désertées de Chirico. Vides ? Pas tout-à-fait. (Lire l'article)
Le porno en audio
Signe des temps, le X s’écoute désormais. Avec la fiction tout en sons Chambre 206, coproduite par Audible, l’artiste Olympe de G. donne à entendre un moment torride dans une très belle réalisation. Cinq minutes d'une scène particulièrement hot, sans les hashtags traditionnels de l’industrie du porn, sans les injonctions et les exercices obligés dont les pornhubs font leur gras. (Lire l'article)
Chili, cinéma obstiné
Jusqu'au 18 décembre, la Cinémathèque du documentaire à Paris présente une rétrospective du cinéma documentaire chilien. Une manifestation exceptionnelle par son ampleur et sa qualité.
Les Joyeuses Commères de Windsor
Les comédies de Shakespeare ont été publiées en quatre volumes chez Harper’s seulement en 1896,...


















