L’ordre des machines
“L’Ordre des lucioles”, l’exposition du 17ème prix de la Fondation d’entreprise Ricard, est dominée par la polarité entre deux œuvres : Énergie sombre de Florian Pugnaire & David Raffini et Synchronicity de Robin Meier. Dans le dialogue entre ces deux œuvres semble se rejouer la tension qui anime la création contemporaine depuis les années 1960, celle d’une perpétuelle oscillation entre l’affirmation de l’objet et sa destitution. (…)
Aurillac, fin de saison
Le festival de théâtre de rue d’Aurillac s’est achevé le 25 août. Aux manettes depuis 1994, Jean-Marie Songy a annoncé son départ. Une décision sans surprise mais qui laisse un sacré vide. Sous son égide, le festival est à la fois devenu un phénomène de masse et le principal lieu de création du genre. Rien de crépusculaire pour autant dans cette dernière édition. Clins d’œil historiques, projections vers l’avenir, diversité des formes : le directeur sortant a déployé sur l’affiche du festival 2018 l’éventail de ses goûts. (Lire l’article)
Park Plaza
Ce jour-là, j’étais avec Thelonious et Charlie dans la voiture de Nica. Elle avait un coupé Bentley gris argent décapotable avec intérieur et capote rouges : la grande classe. Nous étions partis de New York pour descendre à Baltimore…
De quoi L’Amie prodigieuse est-elle le nom ?
Ça ressemble à un film néoréaliste, mais ça n’en est pas un (même lorsqu’une scène sort tout droit de Rome ville ouverte). Ça à l’allure d’une vaste fresque sociale, mais n’en est pas tout à fait une (trop lissée). Tout comme les livres d’Elena Ferrante ont un air de chef d’œuvre mais n’en sont pas vraiment. Co-produite par HBO et la RAI, l’adaptation en série du premier tome de la tétralogie à succès, L’Amie prodigieuse, est arrivée sur Canal+ à la mi-décembre. (Lire le guide)
Le gorfou éventail
Ces oiseaux sont très joueurs. Les mâles surtout : ils consacrent une grande partie de la journée à glisser à plat ventre sur la glace en déployant la crête qui leur sert de voile, sous le regard amusé des femelles à la coiffure plus modeste.
Voilà
Le soir du premier tour, arrivé en tête, il a dit : « Voilà. » Deux fois. Qu’a-t-il voulu dire par là ? Pour mieux comprendre, essayons de traduire. Oui mais comment traduire « voilà », ce « verbe défectif réduit à la forme unipersonnelle du présent de l’indicatif de l’aspect inaccompli », qui semble vouloir dire pas mal de choses et leur contraire ? (Lire l’article)
Une mesure qui ne coûte rien
Pendant la “campagne flash” des élections législatives, on s’est beaucoup interrogé ici (ou là....
Le bismuth sournois
Représenté par les plus grands artistes animaliers depuis le début du XVIe siècle, son existence est aujourd’hui mise en doute par certains scientifiques, en l’absence d’ossements ou de spécimens naturalisés. Qu’il soit pourtant permis de rêver de sa réapparition…
Les Abandonnés, polar du logement
Les Abandonnés. Histoire des « cités de banlieue » de Xavier de Jarcy nous explose au nez comme certaines tours rendues coupables qui ont été depuis détruites. De la cité-jardin de Suresnes construite en 1921 aux grands ensembles des années 1970, le journaliste de Télérama démontre que le logement social a été toujours théorisé dans « un urbanisme autoritaire formulé dans l’entre-deux-guerres », et surtout dans une économie de guerre récurrente où l’habitat est sans cesse relégué au non prioritaire. D’abord dans un « dirigisme sans argent », puis dans la spéculation quand le libéralisme va s’imposer. (Lire l’article)
Chega de Saudade
L’Apocalypse est faite de ces toutes petites choses, comme la mort d’un homme. Je vis dans la hantise d’apprendre demain — par la radio pendant le petit-déjeuner ou par une alerte sur mon iPhone en faisant mes courses — le décès de João Gilberto. La nouvelle sera assez vite expédiée. « Le pape de la bossa nova est mort à l’âge de 87 ans. Il avait réalisé son premier album, Chega de Saudade, en 1958, voilà tout juste soixante ans. Depuis des années, le chanteur et guitariste vivait seul à Rio, dépressif et endetté. Ce génie de la musique était connu pour son humeur ombrageuse et son goût de la réclusion. Le Brésil est aujourd’hui en deuil. » Et ce sera à peu près tout. (Lire l’article)
70* ans de fragments
L’histoire de l’État d’Israël envisagée du point de vue palestinien : 70* ans de fragments, une pièce de Hannah Khalil traduite de l’anglais par Ronan Mancec et présentée à La Nuit de la traduction organisée par la Maison Antoine Vitez. (Lire le début de la pièce)
The Pusher
Cinq petits mois après le début de l’année, l’Europe a déjà pêché plus de poissons et coupé plus d’arbres que ce que les océans et les forêts sont capables de produire en un an, et elle a émis plus de carbone que ce que la nature est capable d’absorber. Si le monde entier vivait comme les Européens, il faudrait quasiment trois planètes pour subvenir aux besoins de l’humanité… (Lire l’article)
Maréchaux nous voient là (2)
Un reportage photo réalisé en 2013 par Gilles Walusinski le long du parcours du tram T3a à Paris, notamment dans le 13e arrondissement. Une promenade en marge, pour saisir les bouleversements de la ville. (Voir les photos)
Mayra Santos-Febres pour les sorcières
L’époque marque le grand retour des sorcières. Elles sont partout, aux États-Unis comme en France, sur la scène politique, sociale et littéraire. Mais leur récent retour en force ne leur épargne pas certains tourments. Elles souffrent en effet d’un dramatique problème de discontinuité. Pour elles, donc, le Dr P. prescrit cette semaine La Maîtresse de Carlos Gardel de Mayra Santos-Febres, paru chez Zulma, traduit de l’espagnol (Porto Rico) par François-Michel Durazzo. (Lire l’article)
J22 – Le pouvoir de l’image (poétique)
Personne ne représente mieux la pensée cartésienne que ces commentateurs sportifs pour qui la raison se veut l’unique mode d’accès à un réel dont la description bannit tout recours à l’imagination au profit du seul prisme de la statistique. Leur discours sur le football se veut objectif, leur lexique lorgne du côté de la science jusqu’à l’hypercorrection (la « technicité » plutôt que la « technique ») et toute approche poétique de la réalité est bannie. Or, par la grâce d’un commentaire sportif imagé, le match peut se transformer en parabole ou en fable, avec la possibilité d’une morale. Le match au sommet entre le Paris Saint-Germain et l’AS Monaco offrait la possibilité d’une telle approche déréalisante. (Lire l’article)
Lyrique maintenant
Quelques très bonnes raisons d’assister au Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence, dont l’édition 2019, sous l’impulsion de Pierre Audi, son nouveau directeur, est en route vers l’avenir…
Des Damnés qui font Mal
Le 70ème festival d’Avignon s’est ouvert mercredi 6 juillet avec la représentation dans la Cour d’honneur du Palais des Papes des Damnés, d’après le film de Luchino Visconti, dans une mise en scène de Ivo van Hove avec la troupe de la Comédie-Française. Cauchemar ou bal des spectres, au delà des personnages du film de Visconti, ce sont bien des figures théâtrales qui revivent et meurent sur le plateau de la Cour d’honneur. Ivo van Hove fait de son spectacle un rituel mortuaire, parfois magnifique, souvent glaçant, en lien avec le monde d’aujourd’hui.
(Lire l’article)
J13 – Le désert des Tartares
Alors qu’il suscite chaque jour des tombereaux de discours souvent redondants et vains, le football se prête mal au récit littéraire. D’excellents romans ont pris pour sujet le supportariat ou le hooliganisme, d’autres les biographies réelles ou fictives de joueurs ou d’entraîneurs, tandis que le monde interlope des agents et du dopage, des intérêts mafieux et de la corruption a fait les délices du roman noir. Mais si l’on met de côté la chronique sportive, le match en lui-même a rarement fait l’objet d’un traitement romanesque. Pourquoi un tel phénomène planétaire résiste-t-il ainsi au fait littéraire ? (Lire l’article)


















