La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Archives
Photographie, Trotsky, photos inédites

Seva Volkov ou la mémoire ininterrompue

Petit-fils de Léon Trotsky, balloté toute son enfance entre la Russie, la Turquie, l’Allemagne, l’Autriche et la France, Seva Volkov, alors âgé de 13 ans, est arrivé à Mexico en août 1939 en compagnie d’Alfred et Marguerite Rosmer, des amis de son grand-père. Il est le dernier témoin vivant de l’assassinat de Trotsky par Ramón Mercader, le 20 août 1940, et a vécu plus de trente ans dans la maison de l’avenue Viena, dans le quartier de Coyoacán à Mexico, où il a élevé sa famille. Ingénieur chimiste à la retraite, il a fondé et préside toujours le Museo Casa de León Trotsky. À presque 90 ans, il n’a rien oublié, rien pardonné, et se souvient du séjour à Taxco, peu après son arrivée au Mexique, durant lequel ont été prises des photos jusqu'à ce jour inédites.

Midnight Special
Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Midnight Spécial, de l’enfance comme consolation

Quand la SF tourne au road movie dépressif : un père s’enfuit avec son fils Aton, doué d’une aura paranormale, avant un mystérieux rendez-vous donné par des forces invisibles. Drame de la paternité, Midnight Special de Jeff Nichols met en scène “l’enfant prodige” comme un mystère – et d’abord pour ses parents –, ses transes spectaculaires et ses ressorts internes comme autant d’énigmes quantiques. C’est qu’ici notre univers tout entier est un mystère, une nuit noire où nos existences filent comme un bolide roulant tout phare éteint. Au milieu de tant d’obscurité, le regard d’Aton illumine les adultes, soudain touchés par la grâce d’une tendresse infinie… (Lire l'article)

Cérémonie des poncifs
Choses revues, Détournements

Dans le monde d’après

Après les Césars, les Molières et autres grands rendez-vous annuels, une nouvelle cérémonie devrait voir le jour dans ce qu'il est convenu d'appeler le monde d'après. Quant à la deuxième vague annoncée, elle risque de nous surprendre.
Livres

Les Filles du loir présidentes!

Le jeudi 9 juin, l’association Les Filles du loir vous invite à rencontrer Leslie Kaplan autour de son dernier livre, Un fou (P.O.L). Un texte poétique et politique, plein d’humour, sur les rapports du pouvoir et du langage. Attention: un président peut en cacher plus d’un autre.

Martin Winckler - L'Ecole des soignantes - POL 2019
Livres, Ordonnances littéraires

L’École des soignantes pour ma dentiste

La dentiste du Dr R. voit tout en noir quand elle pense au futur de la médecine extralittéraire et elle n’est pas la seule. Fort heureusement, la médecine littéraire a sous la main ce qu'il faut pour soigner ce malaise : L’École des soignantes, un traitement magistralement élaboré, aux laboratoires P.O.L., par le Dr Martin Winckler. Ce praticien complet, qui pratique la médecine extralittéraire et littéraire, a inventé un monde où soignantes et soignées se portent vraiment mieux. Utopie ? Par exactement : ce remède pourrait bien avoir une action directe sur notre présent médical. (Lire l'article)

Danse

Le Musée entre à l’Opéra

Un musée dans un musée, l’idée est amusante. Elle a été concoctée par Boris Charmatz, directeur du Musée de la danse de Rennes, et par Benjamin Millepied, directeur de la danse à l’Opéra de Paris. 20 danseurs pour le XXe siècle, sorte de happening chorégraphique qui propose des focus sur des auteurs qui ont marqué l’histoire de la danse, d’Isadora Duncan à Jérôme Bel, de Fokine au krump, entre au Palais Garnier, le temple de la danse. Une mise en abyme réjouissante. (Lire la suite)

Ex Machina, Sciences

Ex Machina #45 : Pensée magique

Vous-même, Yannick, vous avez émis l’hypothèse que ChatGPT ou les IA génératives du même genre pourraient avoir un embryon de conscience ? Oui, mais sans doute très limitée: leurs concepts subjectifs, si elles en ont, n’ont sans doute rien de commun avec les nôtres.

Théâtre

Luc Bondy, mort d’un maître amoureux

De tous les amours de Luc Bondy, celui des acteurs était le plus remarquable. Séducteur, il avait dans la vie une attention en mouvement perpétuel, prompt à passer d'un sujet ou d'un interlocuteur à l'autre. Dans la salle de répétition, il était l'inverse, soudain capable d'extrême concentration, joignant le geste à la parole pour monter sur le plateau, saisir un bras, entourer une épaule, et donner au comédien la sensation d'être à cette seconde la personne la plus importante au monde, objet exclusif du désir de son metteur en scène. Luc Bondy est mort hier. Pour Paris et pour le théâtre européen, la perte est rude. (Lire la suite)

Danse

Sharon Eyal, du tac au toc

Dans OCD Love de la chorégraphe israélienne Sharon Eyal, les “personnages” sont comme électrocutés à la base, dès qu’ils entrent en scène. Puis, tout est question de doigté, dans la gestion des ensembles, comme dans celle de deux duos millimétrés, l’un masculin, l’autre féminin. Inutile de chercher un sens : les corps sont renversés au point que l’on ne sait plus s’ils se présentent de face ou de dos et offrent le tableau d’une société stressée sans issue de secours. C’est dans la sensualité, dans les cuisses qui se frôlent, ou dans les gestes réparateurs, comme les mains qui passent et lavent les visages que l’on quitte la noirceur. (Lire l'article)

Sergei Eisenstein par André Kertész (détail)
Cinéma, Écrans

Einsenstein le terrible

Dans la foulée de la récente exposition sur Eisenstein au Centre Pompidou de Metz et du catalogue publié à cette occasion, retour sur des épisodes clés de la carrière du cinéaste, notamment sa rivalité avec Dziga Vertov, autre "géant" du cinéma soviétique. 
Foot, Footbologies 2016-2017

J9 – Un footballeur ne devrait pas dire ça…

Dans un livre d’entretiens publié cette semaine, le président de la République évoque la formation intellectuelle des footballeurs. Les qualifiant de “gosses mal éduqués” –comme si l’éducation ne relevait pas de ses compétences– et de “gars des cités” –comme si le problème des banlieues ne le concernait pas–, il critique leur manque de “références” et de “valeurs”, leur incapacité à discerner “le bien et le mal” et pointe leurs difficultés d’expression. Or, la communication fait partie de la mise en scène. Comme ils apprennent un rôle, les footballeurs mémorisent aussi des dialogues. La faute aux caméras qui scrutent, aux journalistes qui décortiquent le moindre propos. Pas de place pour l’improvisation. (Lire l'article)

Courrier du corps, Musiques

Bowie, la vieillesse comme avatar

Rétrovision II. David Bowie a 68 ans, le cinquième âge à l'aune du rock. La refonte par James Murphy de son morceau Love is Lost, intitulée Hello Steve Reich mix, n'arrive à nos oreilles que deux ans après sa sortie. L'album The Next Day s'usait assez vite, mais le laminage métallique de l'ex-LCD Soundsystem, culminant en un sample de Ashes to ashes apparié avec la rythmique de Fashion, font de ce Love is Lost une fusée qui donne délicieusement envie de mourir. (Lire la suite)

Antoine Brea, Récit d'un avocat, Le Quartanier, 2016
Le genre idéal, Livres

L’avocat et les assassins

En 1996, deux immigrants kurdes sont condamnés par la cour d’assises du Jura pour le meurtre sauvage d’une femme de vingt-cinq ans laissée pour morte après avoir été violée. Peu de choses ensuite, dans ce roman aux faux airs de récit pénal, sont entièrement imaginaires. Un avocat en proie à des phobies et bien loin du prestige des joutes oratoires, se retrouve malgré lui dans les coulisses de ce drame. Souvent, les romans de genre exposent l’indicible et décrivent le chaos avant de ramener l’ordre. Conservateurs et rassurants. Après la peur et le frisson triomphe la normalité. La morale est rappelée. Parfois aussi un texte est tout simplement bon et décale les règles. (Lire l'article)