France-Suisse : un peu de légereté dans un monde sans pitié
… Et autant le dire tout de suite, je pensais me positionner clairement dans ce débat du côté des pisse-vinaigre. Me draper dans une posture intellectuelle. Grave. Ou juste un truc d’écrivain. Je pensais commencer cet article en vous parlant du roman que je suis en train de lire, GB 84 de David Peace, et des propos qu’il reprend de Margareth Thatcher pendant les grèves du SNM cette année-là, propos qui ne peuvent que frapper aujourd’hui. Et cependant — ou peut-être à cause de cela, de ce climat de merde dans lequel mes enfants grandissent — j’aimerais plaider ce soir pour un peu de légèreté. (Lire l’article)
Obstinée comme une prégnance
Une fois la question de la saillance réglée, la prégnance est émise. Parfois, la prégnance s’avère impossible à arrêter. Parfois, elle s’arrête juste avant d’investir son récepteur, laissant le spectateur dans un état de frustration avancé. En fait, la seule façon d’arrêter une prégnance est de lui en opposer une autre.
Robert Delaunay aux sources du pop
Pascal Rousseau publie chez Hazan un ouvrage de 300 pages, richement illustré : Robert Delaunay, L’Invention du pop. Et rend hommage à l’originalité d’un précurseur passionnément moderne.
Le muntjac variable
La seule espèce de cervidé à feuilles persistantes vit dans les forêts d’Hokkaido. Son feuillage change de couleur suivant les saisons… malgré le changement climatique. La meilleure saison pour l’observer est l’automne, quand sa parure est la plus flamboyante.
Pirandello, plein cœur
Championne des spectacles longs, Marie-José Malis récidive au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers qu’elle dirige. Après le Dom Juan de Molière présenté à l’automne (près de cinq heures de représentation), elle étire sur une durée équivalente Vêtir ceux qui sont nus, de Pirandello, au risque de mettre à mal la patience des spectateurs. Sauf que cette fois, le parti pris de la lenteur fonctionne : le calvaire d’Ersilia, l’héroïne de la pièce, est restitué avec une intensité qui questionne et bouleverse. (Lire l’article)
No(rma) means No
Adalgisa (une prêtresse, une Gauloise) dit non à Pollione (un Romain, un ennemi, un salaud ou à peu près). Non, elle ne le suivra pas à Rome. Sauf que Pollione insiste, tellement qu’elle finit par dire oui, ou peut-être. Et de ce oui arraché naît tout un opéra.
Ma Normandie
Madame, Monsieur, Votre revue a publié le 31 mars 2019, dans le cadre de la chronique Signes précurseurs de la fin du monde, un article titré I-Feel-Like-I’m-Fixin’-To-Die Rag dont le caractère humoristique ne nous a pas échappé mais qui fait état d’informations confidentielles dont la divulgation est de nature à nuire à l’ordre public. Nous vous prions en conséquence d’en cesser au plus tôt la publication en ligne. Pour votre information, sachez qu’un objet géocroiseur (2014 MF 18) sera effectivement au voisinage de la Terre au début du mois de juin. Cependant rien ne permet d’affirmer à ce jour que cet objet entrera en collision avec notre planète. Rien ne permet non plus d’évaluer les conséquences qu’aurait une éventuelle collision, le terme de « fin du monde » étant en tout cas grandement exagéré en l’état actuel de nos informations. (Lire l’article)
Économaths
Les maths et l’économie ont une relation la fois très intime et très conflictuelle. Pourquoi donc ? Les maths échappent à l’exigence empirique dans la mesure où une théorie mathématique n’a de comptes à rendre qu’à elle-même. Ce qu’on lui demande ? D’être cohérente, c’est-à-dire de ne pas démontrer tout et son contraire ; et d’être la plus expressive et complète possible. À l’opposé du spectre, l’économie vise à étudier les règles (s’il en est) qui régissent les échanges entre individus, entre groupes sociaux, entre “acteurs” du marché. Il est difficile de trouver une discipline plus ancrée dans le réel. Force est pourtant de reconnaître qu’à première vue l’empirisme y bat souvent de l’aile. Est-ce donc à dire que les économistes sont des charlatans et les mathématiciens des solipsistes ? (Lire l’article)
La Grande Marche
Une présentatrice de show télévisé, une galerie de personnages célèbres et moins célèbres, un détournement du discours politique et des codes du théâtre, des indications scéniques absurdes : La Grande Marche, de Wolfram Lotz, une pièce traduite de l’allemand par Sofiane Boussahel et présentée à La Nuit de la traduction organisée par la Maison Antoine Vitez. (Lire le début de la pièce)
Des États-Unis à l’Angleterre
Edwin Austin Abbey est né à Philadelphie en 1852. À partir de 1866, il apprend le dessin auprès...
Les hospitaliers au chœur
Dans ce texte intense, tout en oralité, Caroline Girard et Franck Magloire font entendre les voix de ceux et celles qui font face à l’épidémie de covid dans l’hôpital public en manque de moyens mais jamais d’humanité.
Chauffe Marcel
L’unique mention de Scarlatti dans La Recherche se trouve dans le récit d’une partie de musique (Sodome et Gomorrhe), où le pianiste joue quelques morceaux à la demande des invités : Mme de Cambremer “venait de découvrir un cahier de Scarlatti et elle s’était jetée dessus avec une impulsion d’hystérique. […] Et pourtant de cet auteur longtemps dédaigné, promu depuis peu aux plus grands honneurs, ce qu’elle élisait, dans son impatience fébrile, c’était un de ces morceaux qui vous ont si souvent empêché de dormir et qu’une élève sans pitié recommence indéfiniment à l’étage contigu au vôtre.” Proust serait-il passé à côté de Scarlatti ? Au fond, ce n’est pas lorsque Proust évoque Scarlatti qu’il est le plus scarlattien. (Lire l’article)
L’énoplocère fourchu
Cet insecte chimérique résulte du croisement d’un énoplocère tueur et d’un scarabée fourchu. Il est né non pas dans la nature mais du talent d’un artiste marin, passionné de la faune et de la flore, qui parfois se livra a quelque facétie.
Le drame de la rue des Cloÿs
Des locataires d’un immeuble de la rue des Cloÿs (Paris XVIIIe), incommodés par une “forte odeur de fumée” provenant de l’appartement voisin, ont alerté le commissariat le plus proche. Sur place, une surprise attendait les policiers…
La vache imaginaire
Nous en sommes restés à ces drôles de questions qui se posent quand on considère rien comme quelque chose… et en voici justement une qui se détache comme un agio sur un relevé bancaire : zéro moins dix, ça fait quoi ? La réponse est vieille comme le commerce, comme la dette ; mais c’est pourtant encore un nombre imaginaire, et comme tel magique et fertile en rêve. (Lire la suite)
Chassez le naturel, il s’en va en courant
Qui d’autre que Néron peut chanter comme une soprano? Mais alors quand, comment et pourquoi s’est-on avisé qu’en fin de compte les rois, dictateurs et pères cruels devaient chanter très bas comme des barytons, des basses, à l’extrême rigueur, des ténors?
Babylon Berlin, Schneidermann : tourbillon et sidération
“Les années 30 nous obsèdent”, écrit Daniel Schneidermann dans Berlin, 1933. Entre Babylon Berlin, série à succès qui fait du bruit et un livre qui dépiaute les silences de la presse internationale dans l’entre-deux guerres : dialogue. (Lire l’article)
Sarajevo, Athènes, vite fait
Impossible de reprocher à la compagnie Birgit Ensemble un manque d’ambition. Les deux spectacles présentés à Avignon, Memories of Sarajevo et Dans les ruines d’Athènes constituent les deux derniers volets d’une tétralogie intitulée Europe, mon amour. Le deuxième est plus abouti que le premier, mais le propos, dans les deux cas, souffre d’un manichéisme bien intentionné. (Lire l’article)

















