J7 / J8 – Manifeste de critique sportive
L’époque est au retour à la morale. Miracle du populisme, nos hommes politiques font pénitence, se flagellent en public et portent le cilice en soirée, sur le frac. On veut faire l’ange après la bête, et pour faire bonne mesure, convertir autrui à sa récente vertu. Alors, on rétablit les cours de morale à l’école, on prêche à la tribune et l’on décrète ici ou là des devoirs d’exemplarité, dont les footballeurs sont les dernières victimes à la mode. Les joueurs doivent être des modèles pour la jeunesse, proclament ministres des sports et dirigeants du football qui n’ignorent pas que les investissements des annonceurs et des diffuseurs en dépendent. Un sport plus propre pour plus de profit : voilà de quoi encourager à la vertu ! (Lire l’article)
Ex Machina #16: Quatre nuances de gris
[Ex Machina #16] Si tu ne distingues pas les concepts “bâtonnet 1 actif” et “bâtonnet 3 actif”, c’est sans doute que ce ne serait pas utile à ta survie. Du coup, ton cerveau a évolué pour te simplifier la vie et te présenter simplement un niveau de gris. En revanche, distinguer les couleurs les unes des autres doit être essentiel à la survie, et cela vaut le coup de conserver des concepts distincts pour chacune.
Le projet pharaonique de Bill Vuzay
Déplacer les pyramides de Gizeh d’une quinzaine de kilomètres, tel est le nouveau projet pharaonique de Bill Vuzay dévoilé en exclusivité.
Inscriptions et immersion
Dans Enfants de Paris, 1939-1945, le graphiste Philippe Apeloig met en page les photographies de 1200 plaques commémoratives de l’Occupation qu’il traque depuis longtemps. Dans Demain, le vaisseau chimère, les deux designers Gaëlle Gabillet et Stéphane Villard mènent une recherche sur l’illusion et l’écologie à travers le medium des fresques, questionnant le monde à venir.
Midnight Spécial, de l’enfance comme consolation
Quand la SF tourne au road movie dépressif : un père s’enfuit avec son fils Aton, doué d’une aura paranormale, avant un mystérieux rendez-vous donné par des forces invisibles. Drame de la paternité, Midnight Special de Jeff Nichols met en scène “l’enfant prodige” comme un mystère – et d’abord pour ses parents –, ses transes spectaculaires et ses ressorts internes comme autant d’énigmes quantiques. C’est qu’ici notre univers tout entier est un mystère, une nuit noire où nos existences filent comme un bolide roulant tout phare éteint. Au milieu de tant d’obscurité, le regard d’Aton illumine les adultes, soudain touchés par la grâce d’une tendresse infinie… (Lire l’article)
Gériatrides de Nice : soupçons de dopage
Le vainqueur de l’épreuve reine des Gériatrides sera-t-il déchu de son triple titre ?
Voyage dans la Mancha
The Hispanic Museum & Library possède un des carnets d’aquarelles peintes par Daniel Vierge...
Alexandre Seurat pour le gouvernement polonais
En Pologne, pays membre de l’Union européenne, les femmes ont failli ne plus avoir du tout le droit d’avorter. Même en cas de viol ou d’inceste. Quand l’avortement était déjà (et demeure) très sévèrement limité dans le pays. Et le gouvernement ultraconservateur du parti Droit et Justice, en place depuis l’automne 2015, a par ailleurs bien d’autres projets tout aussi réjouissants. Le gouvernement polonais veut préserver la “dignité” du peuple polonais ? Alexandre Seurat, dans L’administrateur provisoire, lui répond avec une précision troublante. (Lire l’article)
Spinoza et Mademoiselle
Une jeune fille de la bourgeoisie d’Amsterdam a-t-elle harcelé Spinoza à coups de lettres enflammées ? Oui, à en croire la réponse –inédite– du philosophe, qui lui indique comment atteindre la béatitude…
Ce qui manque
Deux sœurs confrontées à la mort de leur mère, la tragédie d’un adolescent découvrant son homosexualité, une lente dissolution de la cellule familiale : Ce qui manque, de Tomislav Zajec, une pièce traduite du croate par Karine Samardžija et présentée à La Nuit de la traduction organisée par la Maison Antoine Vitez. (Lire le début de la pièce)
J34 – Être unis (la démission de Frédéric Thiriez)
Le football, c’est l’universel, la quête commune du même but. Le gosse qui passe des heures au téléphone pour réunir au moins six copains le dimanche sur le terrain en béton du quartier ; l’adolescent qui invite ses potes pour une soirée FIFA à la console ; le cadre qui sort plus tôt du travail pour ne pas manquer le match de Champion’s League au pub d’en bas ; le papa qui emmène ses mômes au stade ; tous ceux-là le savent très bien : le football, c’est la communion. Le seul qui l’ignore, le seul qui n’a rien compris à cette philosophie-là, c’est le président de la Ligue Professionnelle de Football (LFP), Frédéric Thiriez, qui vient de démissionner. (Lire l’article)
La Pavlova
Elle fut la première véritable diva du ballet. La star des tsars. Mondialement connue elle contribua à faire passer la danse de l’artisanat à l’industrie du rêve. Un livre, signé Martine Planells, retrace la vie d’Anna Pavlova, danseuse et chorégraphe de légende.
Sade lost in translation
Partant du principe que les langues charrient de manière souvent clandestine des éléments profonds des cultures qui leur sont associées, Julia Vagrot et Bernard Mongin ont eu l’idée de soumettre des textes érotiques à la moulinette de la traduction automatique, afin de voir ce qui passait ou ne passait pas à travers ce filtre. Ainsi, la traduction de Sade en tamoul, puis sa retraduction en français déborde de surprises édifiantes… (Lire l’article)
Punaises de lit : conseil pratique
Face à l’invasion des punaises de lit, un conseil pratique pour s’en débarrasser définitivement. Un remède tout simple auquel personne n’avait jamais pensé.
Ordonnance pour les naufragés
Un homme se réveille nu, naufragé sur une plage. “Que lui était-il arrivé ? Une semaine plus tôt à peine (une semaine ! était-ce seulement possible ?), il rectifiait son nœud de cravate et présentait devant son équipe un plan d’action qui n’omettait aucune éventualité, dans lequel chaque risque avait été pallié, chaque heure prise en compte. Et maintenant ?”. Dans Sans oublier la baleine (traduit par Christine Barbaste, Stock, 2016), John Ironmonger raconte l’histoire d’un naufrage. D’où il ressort que si le pire est sûr, les conséquences ne sont pas toujours celles que l’on croit. Le récit prémonitoire de ce qui attend François Hollande l’année prochaine ? À lire dès maintenant, ou à garder sous la main pour 2017, dans votre kit d’urgence anti-gueule de bois.
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Dom Juan ou l’éloge de la lenteur
Marie-José Malis présente au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers un Dom Juan de Molière qui dure près de cinq heures sans entracte. Drôle d’idée que de ralentir à ce point les choses, comme si des vérités nouvelles devaient en surgir. Elle en est coutumière. La dilatation du temps fonctionnait bien dans Le Prince de Hombourg, qu’elle a monté en 2009 : la dimension somnambulique de la pièce et de son personnage principal s’y prêtaient. Pari réussi encore avec On ne sait comment de Pirandello, en 2011, traitée à la façon d’un cauchemar philosophique. Mais cela ne fonctionne pas à tous les coups… (Lire l’article)
Spirituel, fantasque et rabelaisien
Heinrich Kley est à présent reconnu. Quelques mois seulement après la publication de ses...
Ivo van Hove, miroirs troubles
Coup de vieux dans la cour du Lycée Saint-Joseph à Avignon. Le metteur en scène Ivo van Hove adapte Vieilles gens et choses qui passent, un roman de Louis Couperus (1863-1923), figure des lettres néerlandaises. Costumes noirs et lumières sombres, l’obscurité règne sur les cœurs et les consciences, comme si le trio de vieillards qui mène cette drôle de danse avait contaminé les générations suivantes, les entraînant avec eux, quel que soit leur âge, aux portes de la mort. Vies malheureuses, gâchées, ralenties, le temps qui passe est du temps qui pèse et l’horloge qui bat au centre de la scène évoque moins le compte à rebours que la malédiction éternelle. (Lire l’article)


















