Cristallisation
Et si la vérité du monde était géométrique ? On pourrait imaginer une histoire de l’art écrite sous l’angle des polyèdres. Elle commencerait sûrement à la Renaissance, avec les illustrations que Léonard de Vinci donne à Luca Pacioli pour son traité De Divina Proportione. Elle se poursuivrait jusqu’à aujourd’hui. On y croiserait le maniérisme allemand du XVIème siècle, quelques Italiens du début du XXème, des Américains des années 1960 et, poursuivant notre route, on se retrouverait dans une ancienne brasserie de Montreuil, transformée en lieu d’exposition depuis 2004 sous le beau nom d’Instants chavirés. Deux artistes et amis, Christian Hidaka et Raphaël Zarka, y présentent une exposition commune intitulée La Famille Schoenflies. (Lire l'article)
Les mots de l’année
Le dictionnaire de la Real Academia española a mis en ligne sa mise à jour de l'année 2020. La liste des nouveaux mots offre une lecture passionnante. Sans rire. Et certains d'entre eux témoignent de l'un des enjeux de la traduction : l'intraduisible.
Fabrice Dugied, un dernier regard
Danseur et chorégraphe, Fabrice Dugied est décédé le 4 avril 2016. Artiste associé à la programmation danse du studio Le Regard du Cygne, à Paris, depuis sa fondation en 1985, il n’eut de cesse de défendre la danse contemporaine, de l’explorer autant dans ses travaux personnels fragiles et singuliers que dans sa manière de fouiller l’histoire de cet art et de le transmettre.
La conteuse aux pieds nus
"Une nuit à travers la neige" est adaptée de "L'Homme qui rit" de Victor Hugo par Ariane Pawin. Du conte, du théâtre-récit, du mime, de la peinture aussi grâce aux lumière de Marien Tillet. Et une petite forme qui n'a rien de mineure.
Prescriptions littéraires en temps d’épidémie : gare à l’automédication !
Ceci est un avertissement du service de médecine littéraire des hôpitaux actuellement mobilisés sur le front d’une épidémie contre laquelle ils se battent sans en avoir les moyens du fait d’une politique systématique de destruction des services publics mise en place depuis de nombreuses années.
Les temps qui courent (4)
Le président de la République, absent à lui-même dans un trop plein de mise en scène, produit de l’angoisse. Le Premier ministre, présent à son inquiétude dans son “être au charbon”, produit de l’incertitude.
Big Bad Wolf chez Ibn al-Haytham
Le regard, chez Tex Avery, c'est toute une histoire... On a déjà vu les yeux du méchant loup palper Droopy pour s'assurer de sa présence. Bien plus souvent, ils vont palper le petit chaperon rouge ou Cendrillon avec des buts moins avouables. Grande est la variété graphique des représentations du regard — de l'œil exorbité et “sonnant et trébuchant” à l'onde impalpable mais transportant de l'énergie. Cette obsession visuelle est-elle un simple fantasme avéryen ? Pas du tout. La fixation pathologique de Tex Avery sur le regard a, comme son homoncule sensoriel, de très anciennes racines historiques. (Lire l'article)
Le labo Dromesko
À qui n’a jamais assisté à un spectacle de la compagnie Dromesko, il ne faudrait rien dire sinon d’aller y voir, et pour les Parisiens ça tombe plutôt bien : la dernière création, Le jour du grand jour, est actuellement à l’affiche du Montfort avant d’être à celle du 104 en février. C’est parfois drôle, souvent émouvant, toujours juste. Chacune des scènes s’apparente au développement d’une photo. L’image reste longtemps dans le bain, car le temps de Dromesko prend son temps. Ce mélange de burlesque et de poésie fait monter progressivement chez le spectateur un mélange d’émotions dont il se demande laquelle est la bonne. La chute est rarement celle que l’on avait anticipée. Donc voilà, allez-y, vous ne le regretterez pas. (Lire la suite)
Lettre d’adieu pour aller nulle part
Pas un seul visage heureux le long de mes six kilomètres de marche quotidienne. Chercher à manger, c'est la spécialité nationale. Ça l'a toujours été, en dehors de quelques trêves, et encore.
À ceux que la chienlit offusque
Les hommes et les femmes politiques ne lisent pas beaucoup, on le sait bien, et c’est une des raisons pour lesquelles cette chronique, largement subventionnée, vous vous en doutez, par le ministère de la Culture, a été mise en place. Ils ne lisent que bien peu mais ils causent. Beaucoup. À droite, la mode en ce moment est à la “chienlit”, terme qui n’est officiellement plus vulgaire ni même familier depuis le 19 mai 1968. Les responsables politiques ont visiblement très peur de la chienlit, et cette peur est devenue, ces derniers temps, très nettement obsessionnelle. En 2015 est paru un ouvrage de Frédéric Pagès, Botul au bordel, qui semble pouvoir s’intégrer dans le traitement cognitif de ce type de pensée obsessionnelle. (Lire l'article)
La traduction impossible
Shakespeare pensait que nous étions faits de"l’étoffe des songes", mais nos rêves sont eux-mêmes tissés dans la trame du langage. Nous ne pouvons nous rappeler nos songes qu’en les exprimant. Rien de ce qui existe ou plus exactement rien de ce que nous percevons de façon consciente n’échappe à la langue. Mais n’existe-t-il pas une réalité extérieure au langage, un quelque chose, interne ou externe, qui ne serait pas verbal ? Qu’y a-t-il avant les mots ? Peut-être une sorte de sauvagerie antérieure à la mise en forme du réel par les mots. Une réalité précisément innommable à laquelle pourrait faire écho le titre de la très belle nouvelle de Conrad : Heart of Darkness. (Lire la chronique)
La Biennale de la Danse de Lyon sur Radio Bellevue
Les entretiens de Marie-Christine Vernay avec les artistes de la Biennale de la danse de Lyon (jusqu'au 30 septembre 2016) à écouter sur Radio Bellevue : le Groupe Acrobatique De Tanger Halka, le ballet de l'Opéra de Lyon, l'exposition Corps Rebelles, Olivier Dubois, Christian Rizzo.
(Écouter les entretiens)
Brest 1982 : la ville, les pauvres, le port (1)
À dix ans d'intervalle, en 1982 et 1992, je me suis rendu à Brest pour honorer deux commandes à l'initiative du ministère de l'Équipement. Deux travaux documentaires, l'un dans le cadre d'une campagne de réhabilitation de logements insalubres, l'autre autour du thème "Le port et la ville".
Collimateur
Son voisin était visé par une enquête. Il se prend une balle perdue....
Lupa, forêt magique
Le metteur en scène polonais Krystian Lupa retrouve avec Wycinka Holzfällen, inspiré des Arbres à abattre de Thomas Bernhard, une ferveur et une rigueur dignes de ses spectacles les plus mémorables. Du théâtre de Lupa, on voudrait ne plus jamais ressortir parce qu'il touche à l'éternité et qu'il est infiniment supérieur à la vie. (Lire l'article)
But Beautiful
Une Américaine a gagné deux fois le jackpot à la loterie, à huit ans d’intervalle, en pariant sur les mêmes numéros. Quand les lois de la probabilité sont bafouées à ce point, tout peut arriver. Le pire, le meilleur et même la fin des haricots. Mais en beauté, s’il vous plaît. But Beautiful, comme l’ont chanté Billie Holiday et Nina Simone, comme l’ont joué Chet Baker, Charles McPherson et cent autres. (Lire l'article)
La Vie Moderne
Pour conclure* notre série d’articles sur Daniel Vierge, nous donnerons la parole à Émile...
Marguerite Duras à Calcutta
Il faut avoir vécu l’an de grâce 1969 pour avoir une juste idée du choc que fut la création à New York et à Londres de la comédie musicale Oh ! Calcutta ! : une série de sketches d’avant-garde réunis par le critique de théâtre et dramaturge britannique Kenneth Tynan. Ce grand pourfendeur de la censure voulait que chacun de ces sketchs vienne briser un tabou. Samuel Beckett, John Lennon, Sam Shepard et Edna O'Brien sont quelques-unes des plumes qui acceptèrent de participer à l’écriture du spectacle. Il manque à cette liste le nom de Marguerite Duras, dont on sait depuis peu qu’elle fut également sollicitée par Kenneth Tynan. (Lire l'article)


















