Un regard de biais sur l’Occupation
Un reportage de près de 1500 photos faites par un jeune soldat allemand durant toute la Seconde guerre mondiale, présentant l’Occupation en France (et dans les îles anglo-normandes) sous un angle très subjectif : c’est ce trésor inédit, réuni par un collectionneur privé, qu'a exhumé le jeune historien Valentin Schneider. Ce dernier a pu identifier le photographe (Egon Pfende), puis il a édité et documenté l’album. Le fruit de ce travail va être l’objet de quatre ouvrages, dont les deux premiers paraîtront en France le 15 novembre. Ce contre-champ de l’horreur occulte la rigueur de l’Occupation en en offrant une vision éminemment singulière et décalée.
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Montpellier Danse, édition spéciale female (1)
La 35e édition du festival Montpellier Danse est féminine et parfois féministe. Le festival s’est ouvert avec Ottof de la chorégraphe marocaine Bouchra Ouizguen. Voilà un moment qu’on la surveille, parce qu'on se doutait qu’un jour, on se retrouverait devant une énigme jamais levée et devant un choc esthétique qui n’a pas fini de nous faire frémir.
Le virus des objets
Martine Bedin et Claude Eveno se sont rencontrés en 2000, ont beaucoup correspondu. Au fil de leur amitié, à travers textes et lettres, ils retracent leurs souvenirs respectifs, leurs initiations croisées, leurs constats actuels. Se répondent leurs relations aux lieux, à l'espace, aux voyages, aux maisons, à l'art, à l'architecture, à la photographie... Au design finalement, dans Objets, nos amis. Une conversation, un livre où ils dressent un état du monde des choses subjectif, joyeux et désenchanté. (Lire le guide)
Comment Pierre Paulin est devenu Paulin
De ses sièges suaves et colorés à ses intérieurs en forme de tentes ou de cocons, le designer français (1927-2009) a conçu un monde de mobilier et de mini-architectures organiques qui ne renient pas le confort mais s'épanouissent comme des fleurs ou des igloos. Ce pragmatique si inventif n'a pas été reconnu en France avant les années 2000. Le Centre Pompidou lui consacre enfin une exposition qui retrace le parcours rigoureux et chaotique de celui qui ne revendiquait qu'un titre, celui de “dessinateur industriel”. Un modeste tourmenté qui avait un art tout à fait singulier de se projeter dans l'espace et qui a su inventer un paysage domestique complet et continu. (Lire l'article)
Choisissez au hasard…
Si vous êtes comme moi, voici un jeu auquel vous n’avez guère joué depuis vos (très) jeunes années : le papier enveloppe la pierre ; la pierre casse les ciseaux ; les ciseaux coupent le papier. Je me suis amusé, il y a de nombreuses années de cela, à coder un programme d’ordinateur jouant à pierre-papier-ciseaux contre un humain. Sans tricher, ce programme en vint rapidement à battre son adversaire humain dans 70% des parties. Un programme fort simple, gagnant de manière statistiquement très significative contre son concepteur ! (Lire l'article)
Paul
Je n’avais aucune idée de l’adresse de La Briardière, la maison que Paul Strand avait achetée avec Hazel son épouse. Nous avons tourné dans toutes les rues du village quand tout à coup, eu haut d’une côte, je vis un jardin qui ressemblait beaucoup aux photographies de Paul que je connaissais par son livre A Retrospective Monograph.
2+2=5 et ce qui en découle
Vous êtes-vous jamais demandé ce qui se passerait si 2 et 2 faisaient 5 ? Peut-être avez-vous même osé poser la question à l’une ou l’autre autorité en la matière ? Auquel cas vous vous serez attiré au mieux un regard de commisération, au pire un soupir excédé ou une remarque sarcastique… Si vous vous reconnaissez dans cette histoire, souriez : votre revanche est proche ! Les maths sont un terrain de liberté dont les questions tracent les chemins ; et il n’y a pas de question stupide en la matière. Nous allons donc explorer celle-ci, qui en vaut bien d’autres, et vous en retirerez de quoi fissurer quelques certitudes. (Lire la suite)
Dures négociations
D’après nos dernières informations (nous avons beaucoup d’informateurs*. NDLR), le nombre des...
Aristote à Hollywood (2)
Aux causes finales, explications commodes mais illusoires, Aristote adjoignait les causes “formelles”, celles qui sont censées expliquer la forme des choses, vivantes ou inanimées. Et c'est sans doute la partie de sa philosophie qui a le plus mal vieilli, puisque la forme, dans le cadre de la science moderne, s'explique entièrement par les propriétés de la matière, guidées par une éventuelle “information”, matérielle elle aussi. Pour les créatures vivantes, cette information est d'ordre génétique et codée chimiquement dans leur ADN. La forme d'Aristote, elle, était une “essence”, une “idée” venant d'un mystérieux monde extérieur pour informer la matière brute. Tex Avery, bien sûr, se saisit de cette notion surprenante. (Lire l'article)
L’Ire des marges
Fondatrice des éditions L'Ire des marges à Bordeaux, Bérengère Pont revient sur dix ans d'engagement, de colère et de convictions. Et sur un catalogue riche d'une quarantaine de titres, entre fictions, textes politiques et critiques littéraires.
Clics diaboliques
Qui n'a pas été sur le point de jeter par la fenêtre la souris d'un fils jouant frénétiquement à Animal Crossing sur son ordinateur? C'est ce que vient de faire un père excédé par ces "clics diaboliques". Et il ne s'est pas contenté de défénestrer la souris...
Ordonnance pour les naufragés
Un homme se réveille nu, naufragé sur une plage. “Que lui était-il arrivé ? Une semaine plus tôt à peine (une semaine ! était-ce seulement possible ?), il rectifiait son nœud de cravate et présentait devant son équipe un plan d’action qui n’omettait aucune éventualité, dans lequel chaque risque avait été pallié, chaque heure prise en compte. Et maintenant ?”. Dans Sans oublier la baleine (traduit par Christine Barbaste, Stock, 2016), John Ironmonger raconte l'histoire d'un naufrage. D'où il ressort que si le pire est sûr, les conséquences ne sont pas toujours celles que l'on croit. Le récit prémonitoire de ce qui attend François Hollande l'année prochaine ? À lire dès maintenant, ou à garder sous la main pour 2017, dans votre kit d’urgence anti-gueule de bois.
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Citius, Altius, Fortius : Terminus ?
Avec ou sans Russes, les Jeux Olympiques vont commencer et occuper les écrans pour deux semaines. Nous pouvons y trouver nous aussi notre moisson non de médailles mais de réflexions mathématiques, à commencer par celle-ci : l’athlétisme aux JO, c’est jusqu’à quand ? Car, s’il sera toujours possible en 2100 de jouer au foot et de gagner un match de boxe, d’autres disciplines pourraient bien se heurter à ce petit obstacle mathématique que l’on appelle une limite. Il y a ainsi grand risque que cette discipline reine qu'est le cent mètres masculin, un jour pas si éloigné que ça, perde tout intérêt – et ce même sans dopage. Tout d’abord, lors de chaque compétition à haut niveau règne l’espoir de voir tomber un record du monde. Mais que pouvons-nous en espérer, à Rio ou après ? (Lire l'article)
François Chaignaud, furieusement Orlando
Artiste associé à Bonlieu, scène nationale d’Annecy, François Chaignaud accompagné par le metteur en scène et arrangeur Nino Laisné et quatre musiciens baroques, nous plonge dans une danse populaire et savante. Romances inciertos : un autre Orlando, plus qu’une prouesse physique et technique, est un voyage au pays de la métamorphose et du travestissement. En bonne compagnie, notamment avec Federico García Lorca. Cette pièce est un bouillonnement, un venin, une insurrection, une gâterie... (Lire l'article)
L’oreille regarde (Thylacine + Rhodes Tennis Court)
Comment filmer un musicien populaire contemporain ? Prenons deux exemples : un qui filme et un qui joue, David Ctiborsky et Rhodes Tennis Court, respectivement. Le premier a suivi pendant deux semaines le musicien electro Thylacine dans le transsibérien, parti à la rencontre de musiciens locaux et d'inspiration. Le second, ce sont les musiciens de Rhodes Tennis Court, Marin Esteban et Benjamin Efrati, qui se décrivent comme “jouant face à face, comme à un jeu de raquettes, la compétition en moins”. Où l'on voit que c'est avec les yeux aussi qu'on fait de la musique. (Lire la suite)
Belial
Devant sa maison, une femme cueille des herbes. Surgit un inconnu, qui commence à la questionner. En arrière-plan, une réflexion sur l’intoxication sécuritaire et ses mensonges : Belial, de Yànnis Mavritsàkis, une pièce traduite du grec par Michel Volkovitch et présentée à La Nuit de la traduction organisée par la Maison Antoine Vitez. (Lire le début de la pièce)
Dans le détail
La Bibliothèque François Mitterrand expose actuellement les photographes récompensés par la Bourse du Talent. Parmi les lauréats, Laurent Kronental présente une série intitulée Souvenir d’un futur. Le traitement de la couleur y est superbe, la précision de l’image impressionnante. En plan large, il photographie les grands ensembles de la région parisienne. Les constructions sont immenses et folles – comme les architectures dessinées par Paul Grimault dans Le Roi et l’oiseau. Elles sont vides – comme les places désertées de Chirico. Vides ? Pas tout-à-fait. (Lire l'article)
Dingues d’Onéguine
De sa traduction d'Eugène Onéguine, parue en 2005 chez Actes Sud, André Markowicz déclarait aux Assises de la traduction littéraire d'Arles en 2011, que c'était "ce qu'il a fait de mieux dans [sa] vie". Les 5 523 vers du roman de Pouchkine lui auront demandé plus de vingt ans de travail. Au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, Jean Bellorini orchestre une version théâtrale du roman de Pouchkine dans la traduction de Markowicz avec cinq acteurs murmurant aux oreilles des spectateurs munis d'un casque. Cela pourrait être monotone, ronronnant, c'est magnifique, rayonnant d'humour et de finesse. (Lire l'article)
















