X-Men – Apocalypse, le vide et le trop-plein
De quelle apocalypse ce film est-il le nom ? D’une catastrophe de l’art et du récit, tant la saga qui avait si bien ouvert la voie à d’autres, Bryan Singer aux commandes, explose ici en plein vol… Ou comment l’imagerie numérique mainstream se révèle le kitsch du XXIème siècle, saturé de flux cosmiques colorés. (Lire l’article)
Paola Pigani pour le cas Morano
Vous allez me dire, d’accord, vous voulez prescrire de la lecture à Nadine Morano, très bien, mais est-on bien sûrs que cette dame lise des livres ? Je vous répondrai : nous ne sommes sûrs de rien, et alors ? Ce n’est pas parce que vous ne prenez habituellement pas de médicaments que votre médecin se gardera de vous en prescrire. Donc, Nadine Morano. Qui déclare, à propos des dénommés “migrants” : “Aujourd’hui le sentiment d’envahissement que ressentent les Français, ce n’est pas un sentiment, c’est une réalité.” Que prescrire ? Un remède intéressant, me semble-t-il, est sorti en 2015, et je serais d’avis de l’essayer sur un cas que d’aucuns jugent sérieux. Il s’agit du roman de Paola Pigani, Venus d’ailleurs, paru aux éditions Liana Levi. (Lire la suite)
Les Oiseaux chanteurs de Christy Lefeteri, ou la disparition des invisibles
Un dimanche soir à Chypre, la travailleuse domestique Nisha, originaire du Sri Lanka où elle a dû laisser sa fille, sort de la maison et ne revient plus. Le lendemain, sa patronne Petra découvre son absence et commence à s’inquiéter
Albanie-Suisse : diasporama
On attendait beaucoup de cette affiche mineure de l’Euro 2016 qui opposait l’Albanie, nouvelle venue dans la compétition, à la Suisse, équipe à tendance bi (binationale, avec dans ses rangs six joueurs helvético-albanais). Autant le dire tout de suite, dans ce mini-derby chargé d’affects politiques migratoires, que d’aucuns ont malicieusement nommé Albanie B vs Albanie A, on était quand même davantage supporteur de l’équipe officielle d’Albanie. (Lire l’article)
Arnaud Meunier ou le théâtre optimiste
Arnaud Meunier met en scène un Candide pimpant, à la fois près du texte et inventif, proche de la comédie musicale. Dans un entretien, le metteur en scène revient sur ce spectacle et sur sa conception du théâtre.
Paris photo : déambulation féminine
Le salon Paris photo, qui est certes une foire, est aussi l’occasion d’admirer des travaux exceptionnels, ou de découvrir de nouveaux talents. Cette année, déambulation féminine qui ne prétend pas retracer toute l’histoire de la photographie mais organise un parcours depuis les pionnières aux dernières arrivantes, en passant par les battantes des années 70.
Le style et la structure
Avec Scarlatti, les musicologues disposent d’un cas d’école : ce Napolitain vivant à Lisbonne puis à Madrid n’a cessé de mélanger les styles — italien et espagnol, mais aussi les goûts français et allemand — comme il a joyeusement mélangé les motifs musicaux de ses sonates. Démêler les styles et les structures imbriqués dans les sonates est le secret du bonheur scarlattien, mais l’éducation musicale, par tradition, ne met l’accent que sur le style. C’est dommage, car c’est réducteur. Prenez par exemple un prestigieux pianiste, chef d’orchestre et grand scarlattien, Christian Zacharias. Prenez ensuite une sonate au hasard, la 193 par exemple, et demandez-lui ce qu’il entend. (Lire l’article)
Traité de savoir-rire
Émission radio en direct au Cloître des Carmes : l’atmosphère renvoie aux années 1970 ; ça clope –des gitanes–, ça bricole –un tourne disque pour envoyer le générique–, ça enchaîne mais ça cafouille, on n’est pas chez des pros. Sur le fil de la dérision, Rumeur et petits jours, le spectacle de Raoul Collectif, puise aussi dans l’héritage politique ou philosophique de cette période. Le nom de leur compagnie fait référence à Raoul Vaneigem, l’une des figures de l’Internationale situationniste, auteur d’un Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations. Sous sa forme foutraque, Rumeur et petits jours poursuit aussi des obsessions de fond : de la remise en cause du néolibéralisme à la pensée magique des Indiens Huicholes du Mexique. Sans oublier la poésie. (Lire l’article)
L’AENA ou comment défendre la bibliodiversité
200 maisons d’édition ont leur siège en Nouvelle Aquitaine. Pour défendre la bibliodiversité, une cinquantaine d’entre elles se sont regroupées en 2020 en une association. Esther Merino, qui a repris en 2019 les éditions Les Monédières à Limoges, revient sur le sens de leur action.
Only The People
Si demain l’intelligence artificielle voulait prendre le contrôle de la planète, nous lui conseillerions de commencer par les zones commerciales, ces no man’s land qui croissent comme des champignons à la périphérie des villes françaises. Ces lieux — aberrations à la fois sociale, écologique et esthétique — sont ceux où l’humanité est le plus vulnérable. L’individu n’y est plus qu’un porteur de carte bancaire ; il achète, consomme, use, élimine, éventuellement recycle, puis revient. Du point de vue des machines, le plus rationnel serait qu’il y reste ad vitam… Aux derniers réfractaires, nous conseillons le maquis où, autour de feux de camps, ils pourront reprendre en chœur le Only People de John Lennon… (Lire l’article)
Des chaises qui parlent
Livres, films, séries, expos, archi, design, théâtre, danse… Chaque semaine, les choix de délibéré. Cette semaine, des chaises, des chaises et encore des chaises à la Granville Gallery. (Lire le guide)
Catherine Poulain, pour ceux qui rêvent de départ
L’année va être terrible, une présidentielle qui s’annonce morose, on prend les mêmes et on recommence, des thèmes de débat rances et hors-sujets, les menaces d’attentats, le sort ignoble fait aux réfugiés, les progrès du repli sur soi, les dictateurs triomphants, les invectives de Trump. Des fois on voudrait bien partir loin. Et puis on prend un livre. Il y a la littérature qui rapetisse, regarde par le petit bout de la lorgnette, met la tête sous l’eau, et puis il y a des romans qui ouvrent des horizons. À ceux qui ont envie de prendre le large : Le Grand marin de Catherine Poulain. (Lire l’article)
2018 en séries
De toutes les addictions qui nous minent, celle aux séries TV est sans doute la plus bénigne. Elle peut même être bénéfique quand ces séries nous embarquent vers le côté face de décors dont nous n’aurions même pas songé à explorer le côté pile. Si le contour des nouveautés 2018 reste un peu nébuleux, on peut déjà recommander les prochaines saisons de séries qui ont fait leur preuves tant par leurs qualités que leur capacité d’accoutumance. (Lire l’article)
Le Bruit du monde pour Madame Bovary
Madame Bovary existe, elle est venue nous consulter. Malheureuse dans sa vie étriquée de petite bourgeoise de province bien sous tous rapports, elle a des rêves et des envies. Elle s’ennuie dans son malheur qu’elle cultive pourtant avec tant de soin. Madame Bovary souffre d’une carence en courage qui touche au Nord de la Loire autant de femmes que celle en vitamine D. Nous lui recommandons la lecture du dernier roman de Stéphanie Chaillou, Le Bruit du monde. Elle y trouvera une héroïne qui comme elle subit une existence qui l’empêche de vivre réellement. Elle y trouvera surtout une dose de courage pour changer les choses. (Lire l’article)
Cet été-là : les deux Edie sont de retour
Quarante-cinq ans après le tournage du documentaire culte Grey Gardens des frères David et Albert Maysles, qui fit le bonheur des soirées thématiques gay, inspira film et pièce de théâtre, le Danois Göran Olsson, en assemblant quatre bobines de rushes oubliés, réalise un préquel jubilatoire et nostalgique. On y croise Andy Warhol, Truman Capote, Mick et Bianca Jagger. Mais les vraies stars sont les deux Edie, mère et fille, qui auront connu bien plus qu’un quart d’heure de célébrité. (Lire l’article)
J20 – L’éternel retour
Pour ceux qui le pratiquent et ceux qui le regardent, le football rythme le passage du temps. Ce n’est pas en années qu’on le mesure, mais en saisons. Pour le supporteur, 2015 ne s’achèvera que le samedi 14 mai 2016, au soir de la dernière journée de championnat. Pour lui, le football ne crée pas seulement une temporalité propre. D’abord, il organise une mémoire collective : telle saison fut celle de la montée, telle autre celle de la relégation, et telle autre enfin celles des records. Ensuite, le football donne un sens à l’Histoire en offrant un but à poursuivre, sans cesse renouvelé et remplacé par un autre lorsqu’on finit par l’atteindre. (Lire l’article)
Ce titre était vraiment trop long, il a fallu cou
Traduire les mathématiques : l’exercice est-il, si ce n’est passionnant, du moins pertinent ? Le théorème de Fermat ne peut-il être compris par n’importe quel mathématicien sur cette planète ? La mathématique serait-elle donc la langue d’avant Babel ? Mais, dans ce cas, de quoi nous parle-t-elle si ce n’est d’elle-même ? Les mathématiques sont-elles, comme certains le pensent de la musique, un langage qui est son propre signifié ? Et cette réflexivité est-elle liée à l’universalité perçue de l’une comme de l’autre ? (Lire l’article)
Trajal Harrell, gentleman cambrioleur
Le chorégraphe et danseur new-yorkais n’a que des idées saugrenues (de celles qui font progresser l’art). Dans Le Fantôme de Montpellier rencontre le samouraï, ce gentleman cambrioleur n’hésite pas à voler chez les autres pour construire son propre langage. Et il touche à la personne la plus sacrée, Dominique Bagouet, figure emblématique de la ville où il créa l’un des premiers centres chorégraphique nationaux. (Lire la suite)


















