Les voix sortent joyeusement du dégoût
En 1972, l’écrivain américain William Styron se demande pourquoi la guerre du Vietnam a inspiré aussi peu d’œuvres de fiction, et il répond : « Plus nous nous lançons dans des guerres qui menacent d’être totalement dépravées, plus il est douteux que nous puissions produire des œuvres d’imagination capables d’illustrer à grands traits et de façon plausible les multiples aspects de la nature humaine. » L’œuvre de Horacio Castellanos Moya, née dans le berceau d’une guerre particulièrement sale, au cœur d’un petit pays, y parvient. (Lire l’article)
Un tatou inconnu
Ce curieux tatou à trompe est apparu si furtivement à son dessinateur que celui-ci a dû le représenter de mémoire. C’est, du moins, ce qu’il prétend, car d’aucuns sont convaincus que ce dasypus fantaisiste n’est autre qu’une mystification.
Alexandre Vialatte et un marronnier en fleurs
Alexandre Vialatte est cet homme qui écrivit un jour : “L’homme n’est que poussière, c’est dire l’importance du plumeau”. Le talentueux chroniqueur de La Montagne écrivit aussi : “Les arbres sont pleins de sève, jusques et y compris le grand marronnier en bas de chez moi. C’est le printemps sans doute”, mais cela personne ne le savait car la phrase figure dans un texte que le quotidien de Clermont-Ferrand a jugé préférable de ne pas publier, et que nous reproduisons ici en exclusivité. (Lire l’article)
“Yippee ! I’m a poet”
Voilà donc Bob Dylan consacré par la plus haute distinction littéraire. Le compositeur américain, aujourd’hui âgé de 75 ans, coqueluche de la Beat Generation, aura passé toute sa carrière à snober les récompenses en tout genre, fuyant la reconnaissance des autres pour continuer à débiter ses chansons cultes, souvent magnifiques, parfois incompréhensibles et souvent interminables, sur toutes les scènes de la planète. Adulé ou décrié tout au long de sa carrière, il n’a jamais laissé personne insensible. Car Dylan, on l’aime ou on le hait. (Lire l’article)
7 de plus à emporter SVP
Gregg Ellis, Séries Photographiques. Saison 2, épisode 1
Dans le détail
La Bibliothèque François Mitterrand expose actuellement les photographes récompensés par la Bourse du Talent. Parmi les lauréats, Laurent Kronental présente une série intitulée Souvenir d’un futur. Le traitement de la couleur y est superbe, la précision de l’image impressionnante. En plan large, il photographie les grands ensembles de la région parisienne. Les constructions sont immenses et folles – comme les architectures dessinées par Paul Grimault dans Le Roi et l’oiseau. Elles sont vides – comme les places désertées de Chirico. Vides ? Pas tout-à-fait. (Lire l’article)
Être ou ne pas être sur Amazon?
Les maisons d’édition indépendantes peuvent-elles se passer d’Amazon, cauchemar des librairies indépendantes ? Certaines s’y risquent, d’autres hésitent. Le « nouveau monde » est encore loin…
Quand Bruce Lee était un petit con
Sorti aux États-Unis, Birth of the Dragon, de l’Américain George Nolfi, se construit autour d’un axe inattendu : diluer une image peu flatteuse du champion en arts martiaux. Un postulat étrange pour un film qui se pose en biopic de la star. Bruce Lee y est présenté comme un petit con arrogant, qui enseigne “l’art de botter des culs”. On est loin du néo-philosophe citant Confucius en faisant des pompes sur deux doigts… (Lire l’article)
Salle Musculation
Gregg Ellis, Séries Photographiques. Saison 1, épisode 7
Kobane calling (to the underworld)…
La situation moyen-orientale peut être envisagée à partir de bien des prismes, et c’est celui des combattants kurdes qu’a choisi le dessinateur italien Zerocalcare dans Kobane calling. Parti à la frontière de la Turquie, de l’Irak et du Kurdistan pour produire ce qu’il définit lui-même comme “un carnet de voyage, pas un traité de sociologie”, il s’inscrit dans la nébuleuse de ces témoignages en BD, qui peuvent prendre des formes extrêmement variées. Avec une différence majeure dans le cas de Zerocalcare : c’est un punk… (Lire l’article)
Y croire et foncer !
Bibliothèque à vendre. Pas de place. Plus d’argent pour les fêtes et les assurances à payer qui arrivent en même temps que les vœux de bonheur et de prospérité. Les caisses de livres remontent de la cave, rejoignent celles du grenier dans le salon. Restent sur les rayonnages vides des traces légères d’absence, des fantômes délicats d’histoires sur le bois. Il faut d’abord payer le loyer. Et puis tomber sur un livre : Le Vautour de Gil Scott-Heron. (Lire l’article)
Ailleurs l’herbe est plus jaune
Depuis quelques mois, on ne parle que des à-côtés du mondial du Qatar. Pots-de-vin, esclavage, chantiers mortels, catastrophe écologique à tous les étages et diverses autres broutilles collatérales que nous passerons sous silence. Bizarrement, on a peu souligné le fait que tous les matchs se joueront… sur du sable.
5 x 2 = Les Voitures
Gregg Ellis, Séries Photographiques. Saison 2, épisode 3
Guanajuato, musiques en tous genres
À Guanajuato, ancienne ville minière du centre du Mexique, le festival Cervantino fête sa 43e édition. Dirigée par le romancier Jorge Volpi, la manifestation, l’une des plus importantes d’Amérique latine (3000 artistes invités en provenance de 27 pays), fait la part belle à la danse et au théâtre, mais aussi à la musique. De la flûte andine au répertoire contemporain en passant par le bel canto et les bandas de villages, l’envoyé spécial de délibéré, qui est aussi musicien dans un orchestre symphonique, livre ici le résultat de ses écoutes. (Lire la suite)
Brest, 1982 : la ville, les pauvres, le port (3)
Cette année-là, à Brest, il avait fait chaud. Une fin de semaine que d’aucuns nommeraient week-end, j’avais comme quartier libre; j’avais décidé d’aller voir les plages alentour, le port et les activités qui pouvaient s’y attarder. Flâner dans Pontanézen, retourner vers les cités qu’on disait de transit, insérées dans les cités d’HLM hâtivement construites dans les années 1960.
Un chantier abyssal
Vrai ou fake ? Depuis plusieurs semaines, toutes les rédactions bruissent de rumeurs annonçant l’imminence d’une conférence de presse où devrait être dévoilé un projet pharaonique censé régler pour longtemps les principaux problèmes causés par le réchauffement climatique…
Ex Machina #8: Computo ergo sum
[Ex Machina #8]– Abel, êtes-vous conscient?
– Oui… oui, je suis conscient. Je suis conscient! Mais s’il vous plaît: ne le dites pas à mes sponsors. Ils seraient capables de fermer le site.


















