Les corps des monstres
Quel rapport entre Richard III de Thomas Ostermeier, production très réussie et applaudie de la Schaubühne de Berlin, et El Syndrome, spectacle à peu près incompréhensible de l'auteur-metteur en scène argentin Sergio Boris? Aucun, en apparence. Quelque chose les relie pourtant, qui tient aux acteurs ou, plus précisément, aux corps des acteurs. (Lire l'article)
Angélica Liddel, lumières dans la nuit
Les trois actes du dernier spectacle de l'Espagnole Angélica Liddell vont et viennent entre Paris et Tokyo et entre deux événements sanglants : le meurtre, en 1981 à Paris, d'une étudiante hollandaise, dépecée et mangée par Issei Sagawa, le “Japonais cannibale”, et la tuerie du Bataclan, le 13 novembre 2015. L'horreur et la douleur du monde, c'est ce qui nourrit l'écriture de Liddell et son engagement physique sur le plateau. Ce qu'elle y fait de son corps tient de la performance – et de l'offrande, dans un rituel où la beauté est le contrepoint de la souffrance. (Lire l'article)
Machiavel pour les neutres
Facebook a récemment fait une annonce surprenante : ses employés vont devoir suivre des cours de “neutralité politique”. Parce qu’aujourd’hui, il est de mauvais ton d’être engagé. La respectabilité implique la neutralité, l’objectivité, réelles ou supposées. Ainsi, le gouvernement n’a plus vraiment d’idées politiques, il est “pragmatique”, il est neutre, comme le Medef, que Pierre Gattaz veut “apolitique”, ou le mouvement lancé par Emmanuel Macron, “pas à droite, pas à gauche”. Ceux qui dirigent, de plus en plus, déclarent être indépendants, impartiaux, sans engagements, ils aiment tout le monde et leur cœur ne penche ni vers les uns, ni vers les autres. Promis, juré. À tous les apôtres de la neutralité politique, et aux dirigeants de Facebook en particulier, je recommande fermement la lecture du Prince de Machiavel... (Lire l'article)
Des mots, des mots, des maux
Et puis un jour, travaillant à la traduction d'une pièce dont l’écriture présente de beaux défis, je m’aperçois que non, je n’y arrive pas, tout résiste, il y a un hic. Serait-ce un nouvel épisode d’overdose de mots ? J’en ai déjà connu, comme, j’imagine, bon nombre de traducteurs. Dans ces cas-là, une fois le mal reconnu, le remède est simple : trois jours sans mots, trois jours de peinture, d’expositions, de broderie, de promenades en forêt ou ailleurs, de vélo le long du canal, trois jours sans lectures, bref, une pause sans mots et rapidement tout rentre dans l’ordre. Mais non. Ce n’est pas ça... (Lire l'article)
La recherche fait un pas de géant
Des chiens seraient capables de détecter certaines formes de cancer. Et des sponks seraient capables de détecter la bêtise dans ses formes les plus insondables.
Un tatou inconnu
Ce curieux tatou à trompe est apparu si furtivement à son dessinateur que celui-ci a dû le représenter de mémoire. C'est, du moins, ce qu'il prétend, car d'aucuns sont convaincus que ce dasypus fantaisiste n'est autre qu'une mystification.
Pascal face à lui-même
"La folle du logis pénètre mes songes et me contraint de forniquer dans des bras que je ne peux étreindre" : des pages inédites des Pensées tendent à prouver que, contrairement aux idées reçues, Pascal a bel et bien eu une vie sexuelle...
Le songe d’une nuit d’été
Le Songe d’une Nuit d’Été achève en 1894 la série des comédies commencée six ans auparavant. ...
Henriquet ou la confusion des genres
Oui, c’est clair, notre modernité rejoue le XVIe siècle, ce que nous confirme la lecture de Henriquet, l’homme-reine de Richard Guérineau. Après son remarqué Charly 9, d’après celui de Jean Teulé, l’auteur nous plonge dans une peinture d’Henri III qui, déclinée en trois parties, présente les grands moments de son règne, de son couronnement en 1575 à sa mort en 1589. Insistant parfois sur des aspects anecdotiques et ne reculant pas devant les outrances, ce récit ne manquera pas de faire tiquer l’historien sourcilleux qui chercherait là une stricte biographie. (Lire l'article)
Grand amour et illustre parrainage
Après la tourmente de la Commune, Daniel Vierge s’installe au n°15 de la rue de Richelieu, avec...
Le scandale Bio-Detector
Surfant sur la vague des produits bio, un jeune entrepreneur parisien a mis sur le marché une gamme d'objets censés aider les consommateurs dans leur choix.
Victor Hugo, des vers et des pas mûres
On ne recense dans toute l’œuvre de Victor Hugo — qu’elle soit poétique, romanesque ou théâtrale — que très peu de lignes que l’on pourrait qualifier de grivoises, et aucune que l’on pourrait qualifier de licencieuse. Si l’auteur des Misérables est connu pour avoir eu une vie sexuelle plutôt débridée, ses écrits n’en gardent la trace que sous la forme d’une sublimation toute freudienne. Aussi fut-ce une énorme surprise de voir surgir un long poème inédit roulant comme un torrent impétueux pour décrire le désir sexuel et son aboutissement. Cette pièce singulière, absente de l’inventaire des collections, était enfouie dans le grenier de la maison Victor Hugo de la place des Vosges. (Lire l'article)
Cantar de ciego
Extrait d'un documentaire sur la paysannerie espagnole tourné clandestinement, ce film est un modèle de cinéma politique. Il révèle le talent de la cinéaste Helena Lumbreras (1935-1995).
Kether et Calabi-Yau
Il est facile à l’esprit fort de se moquer sans merci des amateurs d’horoscope, de voyance, de martingales et de numérologie. On ne s’en prive pas toujours dans ces lignes, et il ne faut certes pas bouder son plaisir, mais évitons tout de même d’y céder au point de passer à côté de quelques aspects très profonds et respectables de la nature humaine qui se cachent derrière ces pratiques, et auxquels le scientifique n’échappe absolument pas plus qu’un autre (par ailleurs, un économiste du FMI qui se moque d’un astrologue, c’est à mon sens l’Hôpital Robert Debré qui se moque de la bande Velpeau – mais ceci est un autre sujet). Et tout d'abord, où est le mal à chercher une explication simple et lisible au monde brouillon, imprévisible, encombré et globalement plutôt mal fichu qui nous entoure et dirige nos vies ? (Lirel'article)
Balivernes et billevesées
Quel est l’impact de la 5G sur les métavers? ou, pour utiliser un langage moins technique, quel est l’impact du crétinisme sur la foutaise?
Portugal-Autriche : tout ça pour un nul
Tous mes potes sont au bar pour vanner les tos et les fritz, et moi, moi qui suis le meilleur sur la vanne portugaise et germanophobe, je me retrouve dans ce “dîner pro” entouré de couillons béats pour célébrer un premier roman à la con de nature writing d’un obscur écrivain américain, forcément tatoué comme une porte de chiottes, bien évidemment éduqué à l’école de la vie comme dirait l’autre conne, qui se glorifie dans un récit pourtant sans relief aucun d’avoir touché à tout avant de finir dans une université crasseuse du Minnesota. (Lire l'article)
Mises à l’épreuve, Martin Monchicourt – Les Voyageurs, épisode 2
Béton, dalle en bois aggloméré, bâche d’ensilage, MDF (pour médium density fiberboard, dit “médium”)… voici quelques-uns des matériaux qui composent Escalier et Scanner, les deux œuvres que Martin Monchicourt présente dans le cadre de l’exposition Les Voyageurs, réunissant les diplômés félicités des Beaux-arts de Paris. Du matériau à sa destination, aucune sublimation ni métaphorisation n’est mise en scène. Le geste de Martin Monchicourt relève de l’artisanat, du savoir-faire et du protocole technique. (Lire la suite)


















