Les temps qui courent (3)
Il est rapporté que l’impact de l’ambiance Covid-19 sur les rêves est notable chez beaucoup, bien sûr selon les modalités propres aux histoires de chacun. De quoi avertissent ces rêves ? Qu’il n’y aura pas d’“après” ?
J13 – Esse est percipi per arbitrum
“J’l’ai pas touché !” s’indigne le joueur qui vient de découper un adversaire en deux. “C’était l’épaule !” proteste un autre qui vient de marquer de la main… Pourquoi les footballeurs nient-ils l’évidence, au risque de conforter leur réputation de menteurs ? Tout simplement parce qu’il n’y a pas d’évidence, pas de réel dans le football : seulement, des perceptions du réel qui entrent en concurrence. Or, l’une a force de loi sur les autres : celle de l’arbitre. Pour le joueur, le réel objectif compte moins que la perception subjective qu’en a l’arbitre. Sur le terrain, ce que l’arbitre ne voit pas n’existe pas. “Esse est percipi aut percipere” : sport idéaliste par excellence, le football illustre la formule de Berkeley : n’existe que ce qui est perçu ou perçoit. Et va même plus loin : esse est percipere per arbitrum. Ce n’est pas dans la réalité que se joue un match, mais dans l’esprit d’un arbitre. (Lire l’article)
Allemagne-Pologne : et à la fin, l’Allemagne n’a pas gagné
Nous revoilà embourbés dans la logorrhée habituelle : “les joueurs de foot doivent être exemplaires, un exemple pour la jeunesse” et autres variantes. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi les joueurs de foot, eux et eux seuls, devraient être exemplaires. Nous acceptons sans broncher qu’un célèbre escroc préside notre Conseil Constitutionnel pendant cinq ans, nous réélisons sans faiblesse des députés connus pour détourner l’argent public et frauder le fisc… mais nos footballeurs devraient être exemplaires ? Mystère. (Lire l’article)
Transcendance
Les maths entretiennent un rapport de toujours avec le transcendant – plus qu’avec le divin en soi, avec lequel il ne se confond pas. Il ne semble pas, en effet, que la philosophie aristotélicienne du Nombre ait beaucoup fait intervenir les dieux de l’Olympe, lesquels pour leur part ne sont guère férus de mathématiques, occupés qu’ils sont à leurs guerres et amours bien humaines. Ces dieux-là héritent de notre finitude, de notre médiocrité même, et c’est pourquoi ils ne posent guère de questions auxquelles nous ne puissions répondre sans maths. (Lire l’article)
Un nouveau sport qui fait fureur
Le egg-pong : un nouveau sport qui fait fureur. Le tennis de table de papa sera-t-il bientôt détrôné ?
Pavillon circulaire, ne circulez pas!
Sur la place de l’hôtel de ville de Paris, un petit bâtiment en bois, uniquement bâti avec des matériaux de réemploi, nargue le monument imposant. Face au gâchis provoqué par le BTP, les architectes de l’atelier Encore Heureux prônent la récupération soignée. Sans se tourner vers le passé ni vers une écologie usine à gaz. Ce lieu démonstratif de rencontres est aussi un café solidaire, ouvert aux débats, particulièrement pendant la COP 21, pour défendre l’économie circulaire et une architecture respectueuse de la planète. (Lire la suite)
Le style et la structure
Avec Scarlatti, les musicologues disposent d’un cas d’école : ce Napolitain vivant à Lisbonne puis à Madrid n’a cessé de mélanger les styles — italien et espagnol, mais aussi les goûts français et allemand — comme il a joyeusement mélangé les motifs musicaux de ses sonates. Démêler les styles et les structures imbriqués dans les sonates est le secret du bonheur scarlattien, mais l’éducation musicale, par tradition, ne met l’accent que sur le style. C’est dommage, car c’est réducteur. Prenez par exemple un prestigieux pianiste, chef d’orchestre et grand scarlattien, Christian Zacharias. Prenez ensuite une sonate au hasard, la 193 par exemple, et demandez-lui ce qu’il entend. (Lire l’article)
Le Labyrinthe 3 : lost generation ?
Dans quel labyrinthe de cauchemar sont donc perdus les ados d’aujourd’hui ? Le troisième épisode de la dernière franchise du blockbuster teeanager vient apporter une pierre de plus à l’édifice construit par Hunger Games et Divergente : de la SF apocalyptique et dystopique, où de prétendus adultes responsables exercent le pouvoir en soumettant leurs cadets à des expériences de savants fous ou des jeux de grands pervers. Paysages de destruction et de désolation, armées de zombies ou de miséreux : le public erre dans le labyrinthe à la rencontre de tous les mauvais rêves projetés sur grand écran depuis le début des années 2000. (Lire l’article)
David Grann pour la France caméléonique
La dernière mode, la toute dernière tendance ? Le caméléon. Vous vous sentez prêt ? Pas tout à fait ? Il y a encore en vous quelques petites rigidités qui pourraient vous causer grand tort en cette nouvelle France du changement perpétuel ? Alors il va falloir lire. Un tout petit livre qui tient dans la poche de n’importe quelle veste, retournée ou pas : Le caméléon, de David Grann. (Lire l’article)
Orson O’Connor dans l’O-delà
Fondateur des éditions Roll-Mops, conteur fécond, apôtre indomptable de la lettre O, il est mort dans ses montagnes d’origine.
Le floroquet
Cet oiseau n’a qu’un partenaire durant toute son existence et c’est Madame qui dépose dans les minuscules alvéoles du chef de son conjoint le précieux humus destiné à l’embellir. La suite est un bel et triste exemple d’amour conjugal…
Le hokki longues-oreilles
Présent dans tout le nord-est de la Chine, plus rare que son cousin le hokki brun, dont il partage le territoire, il s’en distingue par les longues plumes auxquelles il doit son nom, mais surtout par son double langage.
Dioramas, droit de regards
L’exposition « Dioramas » au Palais de Tokyo, à Paris, nous convie à un moment passionnant et nous entraîne en territoire inconnu. Tantôt issu de problématiques scientifiques, de nécessités religieuses, ou strictement artistiques, ce dispositif de représentation surprend autant par la pluralité de ses sujets que de ses formes. De sorte que la balade proposée aborde des territoires bien plus complexes qu’on ne les imaginait, parfois poétiques, souvent déconcertants. (Lire l’article)
À la dérive
Quel rapport entre Méduse et Arctique, deux des spectacles donnés en clôture du Festival d’Avignon ? Tous deux relatent des histoires de naufrages en pleine mer, sans pour autant prétendre faire le lien avec l’actualité. Sans doute est-ce mieux ainsi. Reste pourtant un léger malaise : à force de tenir à distance toute référence à la réalité, les deux spectacles donnent le sentiment de tourner sur eux-mêmes, comme s’ils étaient, chacun à sa façon, sourds au monde, seulement préoccupés de leur propre survie. (Lire l’article)
Chassez le naturel, il s’en va en courant
Qui d’autre que Néron peut chanter comme une soprano? Mais alors quand, comment et pourquoi s’est-on avisé qu’en fin de compte les rois, dictateurs et pères cruels devaient chanter très bas comme des barytons, des basses, à l’extrême rigueur, des ténors?
Le cacophonès
Contrairement à ce que son nom pourrait laisser entendre, le cacophonès a l’oreille absolue. Grand imitateur des voix humaines, il possède un talent exceptionnel pour le chant et une mémoire confondante. Son registre semble infini. Son cou également.
Courte déclaration
Alors que la flamme olympique se rapproche de la capitale et que les discussions post législatives...


















