La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Insultologie appliquée
par Édouard Launet 

La Terre se réchauffe, les esprits s’échauffent, les chefs d’État s’injurient : l’insulte est l’avenir d’un monde en décomposition. Chaque semaine, la preuve par l’exemple.

Insulter l’avenir

Insulter l’avenir

Fini le petit confort et le grand inconfort du confinement. Retour au monde d’avant, en pire bien entendu. Une sidération durable s’annonce : celle qui va frapper quand nous aurons le nez dans la facture économique et sociale.
Un sacré bordel

Un sacré bordel

Rien ne va plus entre le Président et son Premier ministre. Les nerfs sont à vifs, les enjeux énormes, les responsabilités écrasantes. À preuve, ce violent échange qui a eu lieu la semaine dernière dans le Jardin d’hiver de l’Élysée.

Godwin, nom de Dieu !

Godwin, nom de Dieu !

Le chemin qui va du coronavirus à la Shoah est étroit, tortueux et improbable. Pourtant, la pandémie a vite atteint le point Godwin, ce moment où, dans tout débat, les adversaires finissent par s’injurier en se jetant à la figure des allusions à l’Allemagne nazie.
Offense du chef de l’État

Offense du chef de l’État

La visite d’Emmanuel Macron chez le professeur Didier Raoult, jeudi dernier à Marseille, s’est extrêmement mal passée. Un témoin a saisi ce bref échange entre les deux hommes à l’arrivée du convoi présidentiel. Le chef de l’État semblait passablement énervé.
Gourdiflot !

Gourdiflot !

Il ne se passe pas une heure sans qu’un policier se fasse traiter d’enculé ou de con, et une infirmière de pute ou de salope par un énervé aux urgences. La pandémie met en lumière la pauvreté consternante de notre répertoire d’injures.
Fuck the Corona

Fuck the Corona

Le rap est certainement le champ artistique le plus réactif à l’actualité. Si ses mélodies sont rarement surprenantes, ses textes ont un caractère printanier qui sied à la saison et aux circonstances. En témoignent ces quelques sorties récentes…
Menteur à tête de chien

Menteur à tête de chien

Les insultes traversent moins facilement les océans que les virus. Prenez Joe Biden, bien parti pour être le candidat démocrate aux prochaines présidentielles américaines, qui semble puiser ses insultes dans le cinéma du milieu du siècle dernier.
Connard à virus

Connard à virus

La planète fait donc face à deux épidémies : celle du virus et celle de la peur. La seconde tue rarement mais fait plus de victimes que la première. On s’en défend comme on peut. Par l’humour éventuellement, mais cela donne pour l’instant des résultats désastreux…
Clown de carnaval

Clown de carnaval

Le débat politique, aux États-Unis comme dans un nombre croissant de pays, s’est mué en un métaphorique numéro de cirque opposant clowns maléfiques et incompétents sans convictions. Le spectacle pourrait être divertissant sauf que ce n’est plus un spectacle.
Petite conne

Petite conne

En France, le réseau Twitter est devenu la première arène politique, loin devant les chambres parlementaires. Des textes de quelques dizaines de signes et des vidéos de quelques dizaines de secondes orientent les débats, font et défont les carrières.
Branleur

Branleur

Les températures battent record sur record, un nouveau virus menace la planète, le populisme trumpien prospère, l’Europe part en morceaux, mais depuis quelques jours tout le monde s’en branle : il n’y en a plus que pour l’affaire Griveaux.
Génie des alpages

Génie des alpages

La flagornerie est parfois pire que l’insulte. Cela peut même tourner à l’assassinat, comme la journaliste Anna Cabana en a fait une convaincante démonstration il y a quelques jours sur BFM-TV, dans une séquence qui n’a pas fini de réjouir Internet.
Grosse merde

Grosse merde

Le tennis est une activité idiote pratiquée par des gens en short dont l’unique but est de se débarrasser d’une balle en feutre jaune en tapant dessus comme des sourds, quoi qu’il se passe autour. Parfois, cela peut durer des heures. Et en agacer plus d’un.

Grand Satan !

Grand Satan !

Entre les États-Unis et l’Iran, les insultes volaient bien avant les drones et les missiles. L’échange de mots doux remonte à la crise de 1979. Les États-Unis « Grand Satan », comme disait alors l’ayatollah Khomeiny. L’arrivée au pouvoir de Donald Trump n’a rien arrangé à l’affaire.
Agité du bocal

Agité du bocal

L’affaire Matzneff a réveillé un volcan que l’on croyait éteint : les querelles littéraires. Ces dernières ont ceci de particulier qu’on commence par y parler livres avec moult circonlocutions et l’on finit par se jeter la Shoah à la figure.
Casse-couilles

Casse-couilles

Le populisme se porte de mieux en mieux, le climat se dégrade, les relations sociales se durcissent, la jeunesse désespère ou s’en fout, tandis que les mots se font de plus en plus violents. Pourquoi se priver ?
Aux chiottes l’arbitre !

Aux chiottes l’arbitre !

Il arrive, lors d’un match de foot ou de rugby, que l’arbitre soit invité par une partie du public à se rendre aux toilettes. Cela signifie généralement qu’une de ses décisions est contestée, mais cela ne dit pas ce que l’intéressé est censé faire aux chiottes.
T’as un QI d’huître

T’as un QI d’huître

Les amabilités entre chefs d’État se poursuivent et, il y a quelques jours, c’était au tour du président turc Recep Tayyip Erdogan d’ouvrir le feu, en déclarant que son homologue français Emmanuel Macron était en état de mort cérébrale. Ce dernier n’a pas du tout apprécié…
Ta gueule !

Ta gueule !

« Ferme ta gueule ! » est une injonction qui est rarement suivie d’effet, ou qui produit l’effet inverse à celui recherché : l’autre se met à gueuler plus fort. Fermer sa gueule est facile tant qu’on ne vous le demande pas. Le général Georgelin aurait dû le savoir…
Et je vous emmerde

Et je vous emmerde

Fin octobre, plusieurs habitants de l’Orne et de la Sarthe ont reçu chez eux une boîte contenant des excréments. Elle était accompagnée d’une lettre se terminant par cette formule de politesse : “Je vous emmerde cordialement”…
Débile profond

Débile profond

Par les temps qui courent, on se balance tant de noms d’oiseaux sur Internet et dans les assemblées parlementaires qu’il vaut mieux savoir à quoi l’on a affaire. Ça tombe bien : les insultes et injures font l’objet d’un nombre croissant de travaux de recherche.
Une chieuse

Une chieuse

Elle est jeune, c’est une femme, elle nous culpabilise, elle ne veut pas se taire. C’est le prototype même de la chieuse. Greta Thunberg fait chier un nombre considérable de gens. Et en plus, elle a de l’humour. 
Salope

Salope

De nos jours, les salopes volent en formation serrée. En juin dernier, l’Académie française, à laquelle nulle dérive langagière ne saurait échapper, a même tenu à rappeler l’étymologie du terme, que l’on ne saurait résumer au féminin de salaud…
Va te faire foutre

Va te faire foutre

Voilà une injonction que l’on adresse rarement à son patron, sauf à avoir sa lettre de licenciement en main. À éviter aussi entre conjoints s’il reste un peu d’amour dans le foyer. Mais à lancer sans trop d’appréhension à la face des dirigeants politiques.
Pauvre con

Pauvre con

Tout a basculé le 23 février 2008. Ce jour-là, un président de la République en exercice — par ailleurs chef des armées, co-prince d’Andorre et chanoine d’honneur de la basilique Saint-Jean-de-Latran — gratifiait un de ses concitoyens d’un « Casse-toi, pauv’ con ! ».
Je t’encule

Je t’encule

Je t’encule, tu m’encules, nous nous enculons en rond, au point que cela en devient vertigineux. Hier nous avions Racine et Corneille, aujourd’hui nous avons des enculés, des trous du cul et si peu d’alexandrins. Il faut dire que le débat politique est vif.
Fils de pute

Fils de pute

C’est l’année des fils de pute (et elle est loin d’être terminée). L’an prochain sera-t-il celui des salopes et des enculés ? On peut en douter car les fils de pute ont la peau dure, si bien qu’ils pourraient bien squatter la planète jusqu’au grand effondrement.
Un gros cul imbaisable

Un gros cul imbaisable

En politique l’insulte n’est pas précisément une nouveauté. Ce qui est neuf, c’est son usage croissant (pour ne pas dire sa banalisation) jusqu’au sommet de l’État. Révolue est l’époque où les grands de ce monde avaient la vacherie drôle et feutrée.

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Une victoire peu honorable

Une victoire peu honorable

C’est au golf du Touquet, plus précisément au trou n°10 du parcours de la Mer, que j’ai fait la connaissance de l’écrivain anglais Pelham Grenville Wodehouse, Plum pour ses amis. La date:  juin 1935, si mes souvenirs sont exacts. Vu ce qui s’est passé par la suite, je le regrette…