La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
Ordonnances littéraires

Sérotonine pour le Cardinal Barbarin (et tous les autres salauds qui restent impunis)

Quand un cardinal bien coupable se présente en robe violette de pénitence aux urgences de médecine littéraire, quand la moitié de l’équipe démissionne devant tant de puanteur en soutane, il ne reste que la Dre R. pour traiter le cas. Le cardinal Barbarin n’a pas dénoncé les sévices sexuels perpétrés au sein de la Sainte Église et aspire à être puni. Abandonné par la justice des hommes qui ne lui accordé que quelques mois de prison avec sursis et par le Pape qui refuse sa démission, il supplie qu’on lui fasse l’aumône d’un traitement-punition. Unissons-nous dans la prière pour que le Cardinal supporte l’administration de Sérotonine de Michel Houellebecq, mis sur le marché par les laboratoires Flammarion, sans l’autorisation de l’agence du médicament littéraire et des produits linguistiques. (Lire l’article)

El Jaleo, de John Singer Sargent, 1882
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Olé !

Il paraît que la musique de Scarlatti est dans le goût espagnol. Les musicologues s’ingénient à y distinguer les jotas des fandangos et des séguidilles. À quoi bon ? Ayant vécu en Espagne, Scarlatti a certes utilisé le matériau local, d’autant que le clavecin se prête mieux que tout autre instrument à l’imitation. Dans les sonates, on entend l’Espagne du XVIIIe siècle comme si on y était, ses cris de rues, ses guitares, ses jets d’eau et ses fanfares, mais on entend surtout une musique qui transcende tous les régionalismes. C’est elle qui compte. (Lire l’article)

La branloire pérenne

Sens dessus dessous

Le tableau d’un déclin du pouvoir politique en matière économique et financière s’accompagne d’un second tableau tout aussi inquiétant : le regain du rôle de l’État cette fois-ci en matière de vie privée et de libertés individuelles. Nous voyons que nos démocraties nous donnent le spectacle d’États faibles face aux grands groupes financiers ou face aux entreprises géantes comme Google mais puissants face à des individus de plus en plus démunis : on ne saurait rien imaginer de pire, écrit à quelques mots près Tocqueville à propos du nouveau despotisme qu’il voit surgir à l’horizon des démocraties modernes. (Lire l’article)

 

Je me tais et je vais vous dire pourquoi

L’obsession du bout des doigts

Il y a longtemps, quand le soir tombait, on s’installait devant « le petit écran ». Pour les digital natives et quelques autres, on parle ici de la télévision, qui fut durant quatre décennies, envisagée comme une fenêtre ouverte sur le monde avec ses une à six chaînes. Aujourd’hui on est tous 2.0, une tablette sur les genoux, un téléphone dans la main, CandyCrush à tous les étages. L’écran est devenu plus éternel que n’importe quel diamant, plus envoûtant aussi. 
La branloire pérenne

L’imbroglio catalan

Ce qui se passe en Catalogne paraît sans doute surréaliste aux yeux de nombreux Européens habitués à vivre en paix au sein de leurs frontières. Or voici que de l’autre côté des Pyrénées (“Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà”, notait Pascal) se produit l’inimaginable : un peuple ou une région ou encore une communauté réclame le droit à l’autodétermination et menace de faire bientôt sécession. La violence a déjà commencé, le spectre de la guerre civile est invoqué par certains. Mais ce que revendiquent les Catalans est- il légitime ? (Lire l’article)

Seyhmus Dagtekin - A l'ouest des ombres - Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne dans Délibéré
Livres, Ordonnances littéraires

Seyhmus Dagtekin pour les faiseurs de chiffres

La pandémie sévit depuis des années. Les journalistes traduisent notre monde en calculs, montants, tableaux, pourcentages, camemberts ou diagrammes. Qu’ils nous disent donc combien de chiffres ils nous obligent à avaler chaque jour, quel pourcentage de lecteurs, téléspectateurs ou d’auditeurs les digèrent vraiment, quelle proportion de ces mêmes chiffres ont un sens, au fond, et quand, mais quand donc cette valse de signes abscons prendra fin, pour qu’enfin ils se mettent à analyser, expliquer, raconter. Les chiffres ont chassé les mots. Chers journalistes, essayez donc de lire de la poésie. Les éditions du Castor Astral viennent justement de publier un très beau recueil de Seyhmus Dagtekin, À l’ouest des ombres. (Lire l’article)