La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
João Gilberto - Chega de Saudade
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Chega de Saudade

L’Apocalypse est faite de ces toutes petites choses, comme la mort d’un homme. Je vis dans la hantise d’apprendre demain — par la radio pendant le petit-déjeuner ou par une alerte sur mon iPhone en faisant mes courses — le décès de João Gilberto. La nouvelle sera assez vite expédiée. « Le pape de la bossa nova est mort à l’âge de 87 ans. Il avait réalisé son premier album, Chega de Saudade, en 1958, voilà tout juste soixante ans. Depuis des années, le chanteur et guitariste vivait seul à Rio, dépressif et endetté. Ce génie de la musique était connu pour son humeur ombrageuse et son goût de la réclusion. Le Brésil est aujourd’hui en deuil. » Et ce sera à peu près tout. (Lire l’article)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Islande-Autriche : lâchez les trolls !

Sur le papier, c’était l’affiche la moins sexy de la Voie lactée. Thomas Bernhard dans la toundra, en gros. Il faut que tu revendes ces deux places, me suis-je dit/m’a dit ma femme. Si tu te démerdes bien, tu pourras te payer un A/R pour Reykjavik et aller vaincre tes petits préjugés de merde. Mais personne n’en voulait, de ces places : les Islandais avaient dû réserver les leurs depuis 1926, et il n’était pas question de faire le moindre cadeau à des gugus ayant voté à 49,65 % pour Norbert Hofer.
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La branloire pérenne

La fonte des glaces

La fonte des glaciers s’accélère à un rythme qui dépasse toutes les prévisions. Elle vient nous rappeler que notre monde est à la fois hasardeux et fini. Cet événement plus que regrettable, et dont il semble que nous soyons responsables, annonce des bouleversements climatiques : tempêtes herculéennes, tornades gigantesques, raz de marée titanesques, pluies diluviennes, sécheresses bibliques, fournaises dantesques. La catastrophe en somme. Il n’est pas sûr qu’à terme notre espèce comme tant d’autres y survivent. Dans ces temps de crise économique et politique, la nature vient ainsi nous rappeler notre fragilité et notre insignifiance. (Lire l’article)

Saint Janvier © Gilles Pétel
La branloire pérenne

Saint Janvier

Nietzsche publie en 1882 le Gai savoir dont le livre IV s’intitule Saint Janvier. Ce livre compte un grand nombre de textes célèbres qui ont pour dénominateur commun d’affirmer la joie de vivre en toutes circonstances et malgré tout ce qui s’y oppose. Dans le premier texte du livre IV, « Pour le nouvel an », Nietzsche fait un rapide bilan des résolutions qu’il a prises pour la nouvelle année. Non pas ces résolutions badines dont nous abreuvent nos chaînes de télévision : arrêter de fumer, perdre du poids, aller à la gym, à la messe, à la mosquée, au temple ou à la synagogue de façon régulière… Non, Nietzsche y déclare simplement qu’il « ne veut plus, de ce jour, être jamais qu’un affirmateur ». (Lire l’article)

Diogène en banlieue, une chronique de Gilles Pétel. Chapitre 10: "Le radeau de la méduse"
Diogène en banlieue

Le Radeau de la Méduse

Suite du cours sur la dissertation : « Peut-on expliquer une œuvre d’art ? » Aux yeux des élèves, la littérature n’était pas un art mais une discipline scolaire – il y a là de quoi s’interroger sur sur notre système scolaire qui semble désormais dévaloriser tout ce qu’il touche à la façon d’une mauvaise fée –, je décidai de prendre l’exemple du Radeau de la Méduse(Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Transcendance

Les maths entretiennent un rapport de toujours avec le transcendant – plus qu’avec le divin en soi, avec lequel il ne se confond pas. Il ne semble pas, en effet, que la philosophie aristotélicienne du Nombre ait beaucoup fait intervenir les dieux de l’Olympe, lesquels pour leur part ne sont guère férus de mathématiques, occupés qu’ils sont à leurs guerres et amours bien humaines. Ces dieux-là héritent de notre finitude, de notre médiocrité même, et c’est pourquoi ils ne posent guère de questions auxquelles nous ne puissions répondre sans maths. (Lire l’article)