La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
Boris Vian - Les joyeux bouchers
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Les Joyeux Bouchers

Le monde court à sa perte. Chacun de nous en a conscience, plus ou moins : réchauffement climatique, disparition accélérée des espèces animales et végétales, raréfaction des ressources naturelles, dissémination des matières fissiles, mort des utopies politiques, montée subséquente des populismes et des intégrismes, prise du pouvoir par l’intelligence artificielle dessinent un horizon que personne ne voit rose. “Signes précurseurs de la fin du monde” : chaque semaine, l’Apocalypse en cinquante leçons et chansons. Ou peut-être moins si elle survenait plus tôt que prévu. (Lire l’article)

Jérôme Bosch, La Nef des fous (détail)
La branloire pérenne

La folie ordinaire

Il est aujourd’hui à la mode d’être contre. Il y a quelque temps, une chanteuse en vogue déclarait qu’elle était contre le Sida. Une autre fois, une écrivaine de renom se disait contre la guerre. Les Gilets jaunes sont contre le gouvernement, contre Macron, contre le capitalisme et accessoirement contre les banques qu’ils brûlent et contre le Fouquet’s qu’ils saccagent. Les Anglais sont contre l’Europe. D’autres sont contre le réchauffement climatique. D’autres encore contre la souffrance animale. Mais si beaucoup savent vaguement ce qu’ils ne veulent pas, peu connaissent ce qu’ils désirent. (Lire l’article)

domenico scarlatti chroniques scarlattiennes
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Un musicien mécaniste

Le Scarlatti astronome n’est jamais évoqué en musicologie, pas davantage que le philosophe naturel ou l’amateur d’art. Or, l’énigme de la lentille de télescope rapportée par Scarlatti a trouvé sa solution dans les travaux d’une historienne d’art sur la collection d’estampes rassemblée par Jean V, et il est certain que notre musicien était au courant des derniers développements de la science dont les progrès étaient alors stupéfiants et passionnaient tout “honnête homme”. Comment douter que Scarlatti – dont les sonates sont des petits mécanismes musicaux ajustés comme des horloges de précision – se soit passionné pour la nouvelle science qui allait générer la révolution industrielle et profondément modifier nos modes de vie ? (Lire l’article)

Fra Angelico - Résurrection du Christ - Couvent San Marco, Florence
Sciences du fait-divers

Évaporation quantique

“Un homme disparaît sur un ferry entre Douvres et Calais.” Quand le bateau est arrivé dans le port français, tous les passagers enregistrés sont descendus du bateau à l’exception d’un Espagnol de 49 ans. Son corps n’a pas été retrouvé à ce jour. Le cas est loin d’être isolé. Prenez Ettore Majorana. Ce physicien sicilien, parmi les plus brillants du XXe siècle, semble s’être évaporé dans la nuit du 27 au 28 mars 1938 alors qu’il voyageait sur un un ferry entre Palerme et Naples. Suicide ? Enlèvement ? Assassinat ? Fuite ? Soixante-dix ans plus tard, un autre physicien, ukrainien cette fois, a proposé une autre hypothèse : Ettore Majorana se serait autoexpédié dans un monde parallèle. (Lire la suite)

Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J31 – Internationaux et binationaux

Décidément, les binationaux posent problème. Abandonné cette semaine par François Hollande, le projet de loi sur la déchéance de nationalité du gouvernement Valls avait commencé par les cibler, comme s’ils n’étaient que ces “demi-Français” depuis longtemps objets du mépris de Jean-Marie Le Pen. Précurseur comme souvent, le football met en lumière le phénomène binational et participe de son acceptation, dans un climat de stigmatisation. Pacifiste et internationaliste par nature, le football affirme désormais que l’avenir est à la binationalité, à la trinationalité, et plus encore. (Lire l’article)

Marcel jouant une sonate à une petite fille que cela fait bien rigoler.
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Chauffe Marcel

L’unique mention de Scarlatti dans La Recherche se trouve dans le récit d’une partie de musique (Sodome et Gomorrhe), où le pianiste joue quelques morceaux à la demande des invités : Mme de Cambremer “venait de découvrir un cahier de Scarlatti et elle s’était jetée dessus avec une impulsion d’hystérique. […] Et pourtant de cet auteur longtemps dédaigné, promu depuis peu aux plus grands honneurs, ce qu’elle élisait, dans son impatience fébrile, c’était un de ces morceaux qui vous ont si souvent empêché de dormir et qu’une élève sans pitié recommence indéfiniment à l’étage contigu au vôtre.” Proust serait-il passé à côté de Scarlatti ? Au fond, ce n’est pas lorsque Proust évoque Scarlatti qu’il est le plus scarlattien. (Lire l’article)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Allemagne-Irlande du Nord : dribbler à perdre la raison

Oh Toi ! le prolétaire intact, gladiateur moderne / Qui remontes l’arène et évite le tacle / Si Tu savais comment des tribunes mon cœur / Palpite et tend vers Toi des ondes de bonheur.
Si Tu savais mes rêves quand je me fais ballon / Entre tes pieds, docile, sur ta cuisse d’Apollon / Mais Tu ne me vois pas qui grelotte d’espoir / Et jamais Tu ne lèves le regard de Ton match. 
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La branlette du stabylo (une chanson de gestes de Marie-Christine Vernay)
Chanson de gestes

La branlette du Stabilo

Le geste était en tout point pareil, répétitif, allant de de gauche à droite. La main de notre voisine de train, pendant les deux heures que dura le voyage de Paris à Lyon, s’accrochait au marqueur. Elle soulignait comme elle effaçait. Les pages les unes après les autres devenaient jaune vif. Le noir disparaissait. 

Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J10 – “Et puis est retourné, plein d’usage et raison”

De Joachim du Bellay, le footballeur ne retient que le premier vers : “Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage”. Une carrière est une fuite en avant, une suite de départs vers de meilleurs championnats, de plus grands clubs, de plus hauts salaires, des trophées. La mondialisation n’a fait qu’accentuer le mercenariat. Jadis on achevait sa carrière dans son club formateur, on s’en va aujourd’hui au Qatar, s’assurer une retraite. Or c’est précisément à ce panorama qu’on doit l’apparition du mythe du retour. Le joueur qui revient, ce serpent de mer, ce monstre du Loch Ness, cette arlésienne. Une légende surgie du passé, au même titre que le joueur d’un seul club, parce que le retour est une des formes de la fidélité, cette valeur absolue du football. Drogba reviendra-t-il à l’OM ? Gourcuff à Bordeaux ? Ulysse à Ithaque ? Mystères du mythe ! (Lire l’article)