En 1922, Théophanie Kley meurt des suites d’une longue maladie et l’année suivante, Heinrich Kley se retrouve quasiment ruiné des suites de l’hyper inflation qui sévit en Allemagne. C’est également l’année où s’achève sa collaboration avec le galeriste Brakl.
Dans la copieuse biographie que lui a consacré Alexander Kunkel, Heinrich Kley Leben und Werk, on peut voir quelques cartes comiques envoyées par Kley à son galeriste, avec lequel il devait entretenir une relation… intéressante. Il suffit pour en juger de voir la caricature de Brakl au milieu d’énormes sacs de billets ou en chevauchant! Dommage que ces cartes ne soient reproduites qu’en tout petit format. Les textes sont difficilement lisibles. Nous en publions malgré tout quelques unes ainsi que plusieurs dans le même esprit envoyées au sculpteur Eduard Beyrer et une à l’écrivain et librettiste Franz Langheinrich.
En 1924, il reçoit la commande d’une peinture monumentale “Kaiser Wilhelm Brücke über das Wuppertal bei Müngsten” pour le Deutsches Museum de Munich. Cette œuvre est commandée et financée par la compagnie MAN (Maschinen Fabrick Augsburg-Nürnberg). Il continuera à recevoir des commandes de la part de l’entreprise jusque dans les années 1940.

Kaiser WilhelBrücke über das Wuppertal bei Müngsten
En 1928, il épouse Emily Segisser (1878-1970)
En 1933, à l’arrivée au pouvoir des national-socialistes, il cesse sa collaboration avec les magazines et se retire en grande partie de la vie publique. En outre, ses problèmes de santé nécessitent de nombreuses hospitalisations.

Autoportrait malade, 1943
En 1937, sans qu’il en soit informé, des dizaines de ses dessins paraissent aux États-Unis dans la revue Coronet. La même année, une de ses peintures à l’huile figure dans l’exposition inaugurale de la Haus der Deutschen Kunst à Munich. Il participera aux expositions suivantes, jusqu’en 1941, et deviendra même en 1938 membre de la Reichskammer der bildenden Künste, bien qu’il ne soit pas considéré comme un sympathisant du régime. L’année suivante, la Reichsschrifttumskammer inscrira même son recueil de dessins Sammel-Album (publié en 1923 par Albert Langen) dans la liste des “écrits nuisibles et indésirables”. La Gestapo ira jusqu’à en détruire les plaques d’impression.
En 1941, à nouveau sans son autorisation, un recueil de ses dessins parait aux États-Unis chez l’éditeur Emmanuel Borden avec une introduction de George Grosz.
C’est sans doute grâce aux publications de 1937 dans la revue Coronet, que Walt Disney a découvert son travail, qui a nourri l’imaginaire de ses animateurs lors de la réalisation de Fantasia (1940) et dont ils se sont largement inspirés.
Nous publions une série de dessins qui font partie des collections de Disney et qu’il a probablement achetés lors d’un voyage en Europe. Ces dessins – datant de 1930-1931 – montrent que l’inspiration du dessinateur était inchangée et sa virtuosité à la plume intacte. Au milieu de ses fantaisies habituelles, on remarque un autoportrait (?) quelques portraits sur le motif et une magnifique page de croquis de chats.
Heinrich Kley meurt le 8 février 1945 à Munich, quelques semaines avant les bombardements qui ont détruit une grande partie de la ville.









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