La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
Design, Expo

Constance Guisset, le tourbillon de la vie

En dix ans, Constance Guisset a déjà créé un ensemble impressionnant d’objets volants ou en mouvement, de la lampe Vertigo aux tables Ankara. Elle a scénographié les ballets d’Angelin Preljocaj et nombre d’expositions. Si cette designer n’impose pas un florilège de concepts, ou de références théoriques, elle raconte un design du côté du merveilleux. Le musée des Arts décoratifs de Paris lui consacre une exposition, aussi dense que facétieuse. (Lire l’article)

Boris Vian - Les joyeux bouchers
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Les Joyeux Bouchers

Le monde court à sa perte. Chacun de nous en a conscience, plus ou moins : réchauffement climatique, disparition accélérée des espèces animales et végétales, raréfaction des ressources naturelles, dissémination des matières fissiles, mort des utopies politiques, montée subséquente des populismes et des intégrismes, prise du pouvoir par l’intelligence artificielle dessinent un horizon que personne ne voit rose. “Signes précurseurs de la fin du monde” : chaque semaine, l’Apocalypse en cinquante leçons et chansons. Ou peut-être moins si elle survenait plus tôt que prévu. (Lire l’article)

Bande dessinée

Et que se taisent les vagues

Dernier volet de la saga chilienne de Désirée et Alain Frappier, « Et que se taisent les vagues » suit au plus près Lucho et ses camarades, jeunes marins révoltés et réprimés tandis que le coup d’État se prépare.

Cinéma, Écrans

Le Labyrinthe 3 : lost generation ?

Dans quel labyrinthe de cauchemar sont donc perdus les ados d’aujourd’hui ? Le troisième épisode de la dernière franchise du blockbuster teeanager vient apporter une pierre de plus à l’édifice construit par Hunger Games et Divergente : de la SF apocalyptique et dystopique, où de prétendus adultes responsables exercent le pouvoir en soumettant leurs cadets à des expériences de savants fous ou des jeux de grands pervers. Paysages de destruction et de désolation, armées de zombies ou de miséreux : le public erre dans le labyrinthe à la rencontre de tous les mauvais rêves projetés sur grand écran depuis le début des années 2000. (Lire l’article)

Square du Vert-Galant, 1931, René-Jacques
Expo, Photographie

René-Jacques, photographe de l’invisible

La galerie ARGENTIC à Paris nous offre l’occasion de voir ou revoir le travail de René-Jacques (1908-2003) via une sélection de « tirages vintages et modernes des photographies de Paris ». Vues de Paris, donc, rues, escaliers, gares, monuments, avec une prédilection pour la saison hivernales et ses féeries enneigées. Qui invitent à la rêverie, à la flânerie. À la découverte. À une interrogation subtile sur ce qui nous est montré. Ou plutôt à une forme d’étonnement qui n’est autre que l’intuition d’avoir affaire à quelque chose qui se cache sous la surface. Ville réelle, ville rêvée, on ne sait trop. (Lire l’article)

Arts froids, Sciences

Fritz Zwicky (1898-1974)

Matière noire, étoiles à neutrons, supernovae… l’astrophysicien Fritz Zwicky (1898-1974) a tout imaginé et découvert avant tout le monde. Et changé notre façon de voir l’univers. Personnalité fantasque, il était aussi la terreur de ses étudiants et de ses collègues…

Le centre social Soleil Saint-Blaise ©Nicolas Borel
Architecture

Soleil Saint-Blaise, lueurs sur dalle

Dans le quartier Saint-Blaise de Paris (XXe), l’architecte Bruno Rollet vient de transformer un ancien local commercial ingrat en centre social, lumineux et coloré. Il est devenu un petit repère vivant de cet ilot sur dalle. Cet équipement, en plus des services qu’il offre, sert de lien entre les immeubles alentours et le boulevard Davout. Une opération élémentaire mais qui a nécessité d’autant plus de recherches ingénieuses. Pour que le soleil puisse l’éclairer aux yeux des habitants. (Lire la suite)

Dario Fo
Théâtre

Ainsi fit Dario Fo

Lui et sa compagne Franca Rame, morte il y a trois ans , adoraient se lancer des piques à l’insu du public quand ils étaient ensemble sur scène. “Tu es sûre que tu as fermé le gaz?” lui glissait-il à l’oreille. “Tu as encore la braguette ouverte”, lui répondait-elle. Irréductible à la solennité, Dario Fo détestait les acteurs et les metteurs en scène qui se prennent au sérieux. “Ce n’est pas grave, ce n’est que du théâtre”, répétait-il.

Théâtre

Rêver des maisons de la culture et de la nature

Alors que le festival d’Avignon s’achève, Romaric Daurier, directeur du Phénix, Scène nationale pôle européen de création de Valenciennes, plaide pour une “exception culturelle écologique heureuse, réconciliant l’héritage des Maisons de la Culture de Malraux et de l’Éducation populaire”.

Bande dessinée, Livres, Ordonnances littéraires

Fabcaro, pour Boris Ravignon, maire de Charleville-Mézières, et ses sympathisants

M. Boris Ravignon, premier édile carolomacérien et disciple sarkozien, n’est pas content car le gouvernement lui a demandé d’accueillir cinquante migrants dans sa ville. Qu’il lise donc de toute urgence le road-movie” graphique à large spectre de Fabcaro : Zaï Zaï Zaï Zaï. Le postulat de ce chef-d’œuvre en 35 pages bichromatiques pourrait sembler absurde, même à nos patients : un dessinateur de bande dessinée oublie un jour sa carte de fidélité de supermarché, doit en conséquence fuir, devient l’ennemi public numéro 1 et déclenche l’implacable mécanisme politique, social et médiatique qui nous est depuis trop longtemps déjà si familier. (Lire l’article)

Théâtre

Lazare frappe à la porte

Lazare est candidat à la direction du Centre dramatique national de Gennevilliers, pour succéder à Pascal Rambert. Dans une lettre adressée à Régine Hatchondo, Directrice générale de la création artistique au ministère de la Culture, il explique les raisons de sa candidature.

Branka Katic - Novine - The Paper
Écrans, Séries

The Paper, l’Adriatique noire

Netflix le dit, The Paper (Novine) est la première série slave. Si l’on excepte toutefois l’indigeste The Teach polonais sur Canal+, qui ne raflera pas le prix du scénario. Mais The Paper, dont la saison 2 vient d’arriver est certainement la première série croate et la seule à être diffusée dans 190 pays. En faisant un tabac en Amérique latine. Peu ou pas de critiques en France à ce jour où l’œil se porte vers l’ouest, toujours : dommage, The Paper a les qualités des vrais romans noirs, atmosphère, personnages, envers du décor, plus un rien de baroque. (Lire la suite)

Templet, montagne ruiniforme, Templefjorden (Photo Arnaud Hédouin juin 2018)
Arts froids

Le Templefjorden

À l’extrémité du Sassenfjorden, prolongement de l’Isfjorden, au Spitzberg, c’est-à-dire en Arctique pour le dire carrément, le Tempelfjorden est le refuge de milliers d’oiseaux qui viennent chaque été y nicher, rarement troublés – mais sans doute est-ce déjà trop – par les rares passages de navires de croisière ou les manips des chercheurs et étudiants de l’université de Longyearbyen.

Angelus novus, AntiFaust, mise en scène de Sylvain Creuzevault. Une critique de René Solis dans délibéré
Théâtre

Folies Faust

Les manifs mènent à tout, même à Sainte-Anne. C’est dans le jardin de l’hôpital de l’hôpital psychiatrique parisien que Marguerite Martin, Prix Nobel de biologie et quadragénaire érotomane, trouve asile juste avant l’entracte. Dans le Faust revu et refusé par Sylvain Creuzevault, comme dans Le Maître et Marguerite de Boulgakov, la folie est un cadeau du diable, une façon d’échapper au contrôle d’identité et à l’ordre établi. Avis aux spectateurs, les trois heures trente que dure Angelus novus ne sont ni raisonnables ni bien léchées. (Lire l’article)

“La Collection“ au Signe de Chaumont © Martin Ferrer
Architecture, Arts plastiques, Expo

Chaumont persiste et Signe

 La préfecture de la Haute-Marne attendait ce Centre national de graphisme, elle qui depuis 1990 organise, obstinée et cahin-caha, un Festival international des affiches. Cet édifice, bien situé et bien nommé Le Signe, conçu par l’architecte Alain Moatti, hybride l’ancienne Banque de France et un nouveau bâtiment. La première exposition, “La Collection” de 276 affiches sélectionnées par le graphiste Vincent Perrottet, donne le ton. Entre passé riche d’un fonds de 50 000 oeuvres et futur plus prospectif, ce nouvel outil doit inventer la permanence du graphisme à Chaumont. (Lire l’article)