Ordonnance pour nos amis biterrois
Dans la Petite anthologie du dessin politique qui vient d’être publiée aux éditions de La Martinière, en hommage au dessinateur Honoré assassiné avec ses collègues de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, les puissants de ce monde se bousculent, épinglés par un trait précis et épuré, dans des dessins en noir et blanc parfois agrémentés de rares touches de couleur : tâches de sang sur les mains du couple Pinochet, tapis rouge qui engloutit une Bernadette Chirac recevant Elisabeth II, drapeau américain tenu par un membre du Ku Klux Klan… Au fil des pages, les puissants parlent, Honoré leur répond. On recommandera à nos chers amis biterrois la lecture de cet ouvrage, qui les changera du Journal de Béziers auquel ils sont abonnés d’office. (Lire l’article)
Mesure pour mesure
De 1888 à 1894, E.A. Abbey illustrera pour Harper’s 14 comédies de Shakespeare. Ces dessins...
Marcus Malte pour la France vieillissante
La primaire de la droite, c’est fini mais ce n’est que le début. Le spectacle d’une France vieillissante, conservatrice, apeurée et fermée nous a bien occupés, mais elle nous occupera de nouveau bien souvent à l’avenir, n’en doutons pas. Le France se fait vieille. C’est un fait, écrit Marcus Malte dans son dernier roman, Le garçon (Zulma), “le monde se fait chaque jour un peu plus vieux”. Il y raconte l’histoire d’un drôle de gamin qui, un beau jour, surgit des bois. On est en 1908. “Il ignore tout du reste du monde et cela est réciproque ». De nos jours le gars qui débarquerait ainsi de nulle part serait vite étiqueté : ce serait un “migrant”. (Lire l’article)
Clichés et contre-clichés (lieu commun)
Chaque nouvelle édition du festival d’Aix-en-Provence apporte dans son sillage une nouvelle rhétorique de la note d’intention. Cette année, le cliché est à la mode, ou plutôt la chasse aux clichés. Mais que penser des contre-clichés du Moïse et Pharaon de Tobias Kratzer?
Oscar Wilde in the right place
À l’expo Oscar Wilde au Petit Palais, on s’attend à voir de touchantes lettres d’amour, des photos sépia de jeunes lords efféminés, les merveilleux dessins érotiques d’Aubrey Beardsley, et ces grandes toiles préraphaélites, hideuses et risibles aujourd’hui, qui faisaient les délices de la gentry anglaise et qu’Oscar portait au pinacle. On s’attend moins à y trouver André Gide, camarade de débauche, et Robert Badinter, qui revient en vidéo sur l’inique procès qui condamna Wilde à deux ans de travaux forcés pour homosexualité et incitation de mineurs à la débauche… (Lire l’article)
Saisir de Jean-Christophe Bailly, lecture aérée
Quatre aventures galloises. Plus une. Courant continu de l’écriture et de l’empathie avec des artistes, elle est celle des déplacements intérieurs et tout à fait réels de Jean-Christophe Bailly au pays de Galles, en grande compagnie. (Lire l’article)
Musique, amour et vacheries
Dans Sans Tambour, Samuel Achache poursuit avec brio son pas de deux entre théâtre et musique, cette fois à partir de lieder de Schumann. Au programme, gags et quiproquos, images et temps forts, même si le propos n’est pas toujours à la hauteur de son habillage…
Les corps des monstres
Quel rapport entre Richard III de Thomas Ostermeier, production très réussie et applaudie de la Schaubühne de Berlin, et El Syndrome, spectacle à peu près incompréhensible de l’auteur-metteur en scène argentin Sergio Boris? Aucun, en apparence. Quelque chose les relie pourtant, qui tient aux acteurs ou, plus précisément, aux corps des acteurs. (Lire l’article)
Les Filles du loir s’invitent en Arcadie
Faire vivre des livres dont on parle moins, préférer le temps long à l’actu : délibéré s’associe à la démarche de l’association Les Filles du loir, qui invite le 21 avril l’autrice Emmanuelle Bayamack-Tam.
Nous n’avons pas besoin que justice soit faite
Une jeune femme est morte massacrée dans sa chambre. Tout le monde s’en fiche. Fouiller dans le quotidien des gens de peu n’est pas rentable. Face à des vivants morts debout, murés dans le silence, le journaliste enquêteur va se concentrer sur la victime. Son intuition lui hurle de ne pas lâcher le morceau. Se profilent alors les années Mitterrand et les nôtres dans la foulée. Le scandale est énorme et banal. Les Insatiables, le roman de Gila Lustiger est une réussite qui, en 2017, éclaire par le noir la campagne électorale française. (Lire l’article)
Les Abandonnés, polar du logement
Les Abandonnés. Histoire des « cités de banlieue » de Xavier de Jarcy nous explose au nez comme certaines tours rendues coupables qui ont été depuis détruites. De la cité-jardin de Suresnes construite en 1921 aux grands ensembles des années 1970, le journaliste de Télérama démontre que le logement social a été toujours théorisé dans « un urbanisme autoritaire formulé dans l’entre-deux-guerres », et surtout dans une économie de guerre récurrente où l’habitat est sans cesse relégué au non prioritaire. D’abord dans un « dirigisme sans argent », puis dans la spéculation quand le libéralisme va s’imposer. (Lire l’article)
L’oreille regarde (Thylacine + Rhodes Tennis Court)
Comment filmer un musicien populaire contemporain ? Prenons deux exemples : un qui filme et un qui joue, David Ctiborsky et Rhodes Tennis Court, respectivement. Le premier a suivi pendant deux semaines le musicien electro Thylacine dans le transsibérien, parti à la rencontre de musiciens locaux et d’inspiration. Le second, ce sont les musiciens de Rhodes Tennis Court, Marin Esteban et Benjamin Efrati, qui se décrivent comme “jouant face à face, comme à un jeu de raquettes, la compétition en moins”. Où l’on voit que c’est avec les yeux aussi qu’on fait de la musique. (Lire la suite)
André
C’est un jour de 1983 qu’une enveloppe m’est arrivée de New York. André Kertész m’envoyait le portrait qu’il avait fait l’année précédente, en 1982 sur le balcon de sa chambre d’hôtel, rue Saint Séverin. C’était en hiver et André passait une bonne partie de son temps dans la galerie d’Agathe Gaillard qui l’exposait. Ce n’était pas la première fois que je raccompagnais Kertész de la galerie jusqu’à son hôtel. Nous faisions le trajet bras-dessus bras-dessous à petits pas, André s’arrêtant à toute occasion, me disant regarde cette photo que je ne fais pas. Ce pigeon me le reproche ! (Lire la suite)
Cul en ligne ? Pour les questions, j’ai Nantes
Un chercheur de l’Université de Nantes a posté un questionnaire en ligne pour “comprendre les usages amoureux et sexuels du web 2.0” dans le cadre de sa thèse. Soit, en gros, comment on se sert des sites de cul, de rencontre, des apps géolocalisées, de son image, de celle des autres, et si on raconte ça à nos amis ou nos parents, etc. Comme le questionnaire propose des réponses pré-établies à cocher, il soulève forcément aussi d’autres questionnements, sur soi, autrui, la vie en général.L’heure de l’introspection du troufignon est venue. (Lire la suite)
Agrippine vs canicule
“Et ne connais-tu pas l’implacable Agrippine ?”, “J’embrasse mon rival, mais c’est pour l’étouffer”, c’est dans Britannicus de Racine, la pièce dont le héros n’a jamais été Britannicus, mais Néron qui en est le centre, le metteur en scène et le moteur. Et s’il en était l’unique personnage ? Britannicus, de Racine, mise en scène de Christine Joly, avec Philippe Lebas, à l’Artistic Théâtre (Paris), jusqu’au 31 juillet 2019. (Lire l’article)
Les singes rouges de Philippe Annocque
C’est une tentative d’attraper des images, des sensations, des bouts de vécu, des odeurs, parce que ça passe si vite, l’enfance : Les singes rouges de Philippe Annocque (Quidam éditeur).
Altamura
Je ne suis pas en colère contre vous, qui êtes la norme, je suis en colère contre moi, parce que j’ai accepté de venir ici. Et ça ne me fait pas plaisir, en effet. (Jean Genet)
Roumaine humanité
Terre des affranchis de Liliana Lazar. Premier roman, écrit en français par une femme née au début des années 70 dans un village de Moldavie roumaine : “un récit policier aussi inquiétant qu’un conte” dit la quatrième de couverture. Un roman qui n’a rien à voir avec le contemporain, mais qui parle aussi de résistance et permet l’évasion. Atypique. Polar assurément. (Lire l’article)


















