La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Critiques
Danse

Sharon Eyal, du tac au toc

Dans OCD Love de la chorégraphe israélienne Sharon Eyal, les “personnages” sont comme électrocutés à la base, dès qu’ils entrent en scène. Puis, tout est question de doigté, dans la gestion des ensembles, comme dans celle de deux duos millimétrés, l’un masculin, l’autre féminin. Inutile de chercher un sens : les corps sont renversés au point que l’on ne sait plus s’ils se présentent de face ou de dos et offrent le tableau d’une société stressée sans issue de secours. C’est dans la sensualité, dans les cuisses qui se frôlent, ou dans les gestes réparateurs, comme les mains qui passent et lavent les visages que l’on quitte la noirceur. (Lire l’article)

Chiharu Shiota, “Destination” © Bertrand Huet
Arts plastiques, Expo

Chiharu Shiota, un fil après l’autre

Artiste travaillant sur la mémoire, sur l’absence, la Japonaise Chiharu Shiota rappelle, à l’occasion de son exposition “Destination” visible à la galerie Daniel Templon (Paris) jusqu’au 22 juillet, que ses embarcations sont avant tout une représentation de la vie en tant que “voyage incertain et merveilleux”. Une barque encerclée d’immenses tissages, source de fascination et de peur. (Lire l’article)

Marcus Malte, Le Garçon. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne
Livres, Ordonnances littéraires, présidentielle 2017

Marcus Malte pour la France vieillissante

La primaire de la droite, c’est fini mais ce n’est que le début. Le spectacle d’une France vieillissante, conservatrice, apeurée et fermée nous a bien occupés, mais elle nous occupera de nouveau bien souvent à l’avenir, n’en doutons pas. Le France se fait vieille. C’est un fait, écrit Marcus Malte dans son dernier roman, Le garçon (Zulma), le monde se fait chaque jour un peu plus vieux”. Il y raconte l’histoire d’un drôle de gamin qui, un beau jour, surgit des bois. On est en 1908. Il ignore tout du reste du monde et cela est réciproque ». De nos jours le gars qui débarquerait ainsi de nulle part serait vite étiqueté : ce serait un migrant”. (Lire l’article)

Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

I-Feel-Like-I’m-Fixin’-To-Die Rag

Le 28 mars, nous étions dans le bureau d’Emmanuel Macron à l’Elysée, interviewant le Président sur ses ambitions pour la francophonie, lorsque, soudain, Édouard Philippe est entré, le visage blême, et, sans même nous saluer, il a tendu un document au chef de l’État. Emmanuel Macron s’en est saisi aussitôt, l’a parcouru rapidement, a blêmi à son tour et nous a priés de quitter les lieux, reportant le rendez-vous sine die. Nous n’avons pu récupérer notre magnétophone qu’une demi-heure plus tard après l’avoir réclamé à un huissier. Il avait été laissé sur le bureau en mode enregistrement. C’est ainsi que nous pouvons proposer ci-dessous un extrait de la conversation qu’ont eue le Président et le Premier ministre.
(Lire la transcription de l’enregistrement)

Danse

La leçon de danse de Jérôme Bel à l’Opéra de Lyon

Une pièce de William Forsythe, une autre de Trisha Brown et une création de son cru : le chorégraphe Jérôme Bel revisite avec le Ballet de Lyon un pan de l’histoire de la danse contemporaine. « Le public aura au moins deux magnifiques pièces à voir » avait-il prévenu. C’est vrai : sa création, qui met en exergue des motifs, des attitudes typiques du vocabulaire classique afin de les vider de leurs élans romantiques, est pour le moins déconcertante. Pour les spectateurs, comme pour les danseurs… (Lire l’article)

Ross Lovegrove, Generator House
Design, Expo

Ross Lovegrove, impressions mutantes

Le designer britannique modélise les silhouettes évolutives de la nature. « Imprimer le monde » présente les objets mutants réalisés en 3D. Voici deux expositions qui s’hybrident bien au Centre Pompidou. Dans ce nouveau programme « Mutations/Créations », le design est placé au croisement de l’art et de l’architecture, en symbiose avec les technologies numériques, les sciences des matériaux, la biologie. Des recherches qui illustrent la grande bascule du mécanique au digital. Dans un esprit optimiste positiviste. (Lire l’article)

Arts plastiques, Expo

Flore de ballast : Maria Thereza Alves et la botanique de la colonisation

Depuis 1999, l’artiste brésilienne Maria Thereza Alves investit des villes portuaires qui furent des points cruciaux de la cartographie coloniale — Marseille, Liverpool, Dunkerque, Bristol — et observe comment les échanges coloniaux furent doublés d’une circulation de semences végétales. On connaît l’histoire migratoire de certains fruits et légumes — on sait la pomme de terre ou la tomate fameusement introduites en Europe à la fin du XVIe siècle. Maria Thereza Alves s’intéresse au contraire à des plantes dont la circulation fut accidentelle et souvent inaperçue : la flore de ballast. (Lire l’article)

Ferraille industrielle de Ny-London (photo Arnaud Hédouin juillet 2024)
Arts froids

Ny-London au Spitzberg

Ny-London à Peirsonhamna sur Blomstrandhalvøya dans le Kongsfjorden au Spitzberg, ou l’histoire du lamentable fiasco industriel d’un type nommé Ernest Mansfield (1862-1924), prospecteur de son son état et patron charismatique de la Northern Exploration Company, qui avait voulu en 1911 ouvrir et exploiter là-bas, dans l’Arctique, une carrière de marbre.

Marianne Brandt, L’Atelier se reflétant dans la boule (autoportrait dans l’atelier Bauhaus à Dessau), photographie, 1928-1929 © Bauhaus-Archiv Berlin / A.D.A.G.P. 2016
Architecture, Design, Expo

Épris du Bauhaus

Le musée des Arts décoratif de Paris revient sur “L’esprit du Bauhaus”, le mouvement fondé en 1919 par l’architecte allemand Walter Gropius à Weimar. En mettant simplement en scène l’école du plus grand collectif artistique du début du XXe siècle, qui s’est épanoui à Dessau, et s’est dissout en 1933 à Berlin, réprimé par le nazisme. L’œuvre totale y est décortiquée au fil des enseignements de tous les arts, en liaison avec l’artisanat et l’industrie. Jaillissent des centaines de pièces, symboles d’un art de vivre moderne, esthétique, festif et social, créées en commun par une troupe fameuse, de Paul Klee à Mies Van der Rohe. (Lire l’article)

poulet vine renoi
Courrier du corps

Le poulet, cet incompris

Il suffit de taper “poulet” dans Vine ou “#poulet” et c’est la cataracte. Une jeune fille chante “j’ai pas mangé de poulet alors j’ai l’impression que je vais crever”. Des garçons se mettent à danser quand ils apprennent que leur “daronne” a fait du poulet. D’autres pleurent parce que le prix du poulet a augmenté. Une variante est possible avec le KFC, ce qui complique singulièrement la mise. En effet, on croyait avoir compris que ce délire gallinacé était le renversement d’un cliché raciste repris à leur compte par ceux qui en sont victimes. Bref, que les “renois”, en faisant toutes les variations possibles sur le poulet, se moquaient de ceux qui leur attribuent un goût particulier pour le poulet. Mais le poulet du KFC n’est plus exactement du poulet. C’est du poulet symbolique. (Lire la suite)

Fantactic Adventures - Queen Of The Ice Men (Robert Gibson Jones)
Arts froids, Livres

Queen of the Ice Men

Au commencement était l’image, et l’image était reine. Retour sur la Reine de glace, la vraie, celle dessinée par l’illustrateur Robert Gibson Jones en 1949 en couverture du pulp magazine « Fantastic Adventures ».