Un jésuite à éclipses
En 1725, Domenico Scarlatti se voit confier une mission par l'ambassadeur du Portugal à Paris : remettre au roi une lentille de lunette astronomique... L'instrument, lui explique da Cunha, a été livré à Lisbonne imperfeito, et Jean V est furieux de s'être fait rouler dans la farine par un artisan français pourtant réputé, Nicolas Bion. On sait le roi grand amateur de musique, d'art, de littérature et de sciences naturelles, mais il se passionnait aussi, comme tout honnête homme à l'époque, pour l'astronomie dont un certain Isaac Newton, président en exercice de l'académie des sciences anglaise, la Royal Society, venait de trouver le grand secret : l'attraction universelle. (Lire l'article)
Bordeaux… ô verre, suspends ton vol !
À la Cité du vin de Bordeaux, bâtiment élevé à la gloire des vins du monde entier, l'exposition "Renversant" est une présentation de verres contemporains, bouteilles, carafes... au carrefour du design et de l'art. La designer Matali Crasset y a été invitée pour créer un nouvel objet pour la dégustation, Vino sospeso (Vin suspendu). Elle démontre là, une fois de plus, sa manière de regarder nos usages familiers avec un autre œil et d'autres doigts. (Lire l'article)
Brest 1992 : le port et la ville (3)
Dernière séquence du travail à Brest en août 1992. Ces vues panoramiques permettent de capter l'évolution de la ville et invitent à poser une question : combien de temps faut-il attendre pour qu'une photographie devienne lisible en accord avec les intentions de son auteur ?
L’annuaire de Kirkpatrick
L'Américain Ralph Kirkpatrick, élève de Wanda et musicologue à Yale, est le principal biographe de Scarlatti. Son Domenico Scarlatti de 1953 est cependant à prendre avec des pincettes. La biographie est remarquable, mais la musicologie a souvent été remise en question. Non, toutes les sonates ne vont pas par paires, non, le point d'orgue de la sonate n'est pas la “crux” qu'il avait inventée, non Scarlatti n'a pas composé toutes ses sonates pendant les cinq dernières années de sa vie. Mais tout défricheur prend et assume le risque de faire fausse route. Son jugement sur l'évolution des sonates est parfois un peu énigmatique mais toujours d'une grande justesse. Il est l'auteur d'une classification “scientifique” des sonates. Mais la “vraie” classification chronologique reste à faire. (Lire l'article)
L’irréductible Gaulois du cartoon
L'empereur du dessin animé s'appelle Walt Disney. Mais à son empire de bambis pelucheux et de mièvres cendrillons qui en est venu à conquérir la planète, s'est vite adjoint un groupuscule d'irréductibles cartoonistes qui se sont choisi un roi : Tex Avery. Cet anti-Disney, ce Walt qui aurait fumé la moquette, est coopté à l'unanimité par Bob Clampett, Preston Blair, Chuck Jones ou Bob Cannon : Avery a géré une fine équipe d'animateurs dévoués, pour produire, à raison de 4 ou 5 cartoons par an pendant plus de 20 ans, une extraordinaire série de dessins animés. (Lire l'article)
Luc Bondy, mort d’un maître amoureux
De tous les amours de Luc Bondy, celui des acteurs était le plus remarquable. Séducteur, il avait dans la vie une attention en mouvement perpétuel, prompt à passer d'un sujet ou d'un interlocuteur à l'autre. Dans la salle de répétition, il était l'inverse, soudain capable d'extrême concentration, joignant le geste à la parole pour monter sur le plateau, saisir un bras, entourer une épaule, et donner au comédien la sensation d'être à cette seconde la personne la plus importante au monde, objet exclusif du désir de son metteur en scène. Luc Bondy est mort hier. Pour Paris et pour le théâtre européen, la perte est rude. (Lire la suite)
Morgan Hall
À la fin de l’été 1889, Abbey achève donc les illustrations de A Comedy for Errors, tout en...
El Farru, pile et face
Le festival Arte Flamenco de Mont-de-Marsan attire des amateurs du monde entier et réserve de drôles de surprises. Ce fut le cas avec ces deux prestations d’El Farru. Côté pile, Flamenconcierto : spectacle de son cru, super show bling-bling où ne manquait qu’un feu d’artifice final. Côté face, le spectacle &dentidades de Pastora Galván, où il a rendu un hommage à son grand-père El Farruco, complètement habité par son fantôme. (Lire la suite)
Into the pool
Une piscine, un paysage presque vide avec la mer en ligne de fond. Dans Into the pool, le cinéaste Julien Devaux se jette à l'eau, au propre comme au figuré. Et rend hommage avec humour à l'artiste néerlandais Bas Jan Ader.
Picasso illustre
Le musée des Beaux-Arts de Tourcoing rouvre ses porte le 19 octobre avec une expo intitulée Picasso illustrateur, qui recense son travail d’interprétation d’œuvres littéraires mais aussi les diverses techniques illustratives développées par le peintre.
Hélène Delprat, angoisse ludique à la Maison rouge
Un couloir argenté, psychédélique avec son chenillard de lumières arc-en-ciel. Une voix qui pourrait être celle de Hal 9000, l’intelligence artificielle badass de 2001 l’Odyssée de l’espace, enjoint, en boucle, à ne pas avoir peur : “C’est l’inconnu qui fait peur.” Il y a des poignées de porte qu’il faudrait peut-être tirer, et au bout du couloir, la voix, forte : celle d’Hélène Delprat, artiste plasticienne, qui investit la Maison rouge à Paris, jusqu’au 17 septembre. (Lire l'article)
Dans le détail
La Bibliothèque François Mitterrand expose actuellement les photographes récompensés par la Bourse du Talent. Parmi les lauréats, Laurent Kronental présente une série intitulée Souvenir d’un futur. Le traitement de la couleur y est superbe, la précision de l’image impressionnante. En plan large, il photographie les grands ensembles de la région parisienne. Les constructions sont immenses et folles – comme les architectures dessinées par Paul Grimault dans Le Roi et l’oiseau. Elles sont vides – comme les places désertées de Chirico. Vides ? Pas tout-à-fait. (Lire l'article)
Maïa Mazaurette, à trous les coups
Sortir du trou. Lever la tête: le dernier essai de Maïa Mazaurette défend l'idée d'une sexualité moins obsédée par la pénétration. Ce qui lui vaut des tombereaux d'insultes sur les réseaux sociaux.
Dans la cuisine de Macbeth
Dans sa mise en scène de la pièce de Shakespeare, Stéphane Braunschweig imagine de faire lire à Lady Macbeth dans sa cuisine la lettre où son époux lui annonce la prédiction des sorcières – “Salut, Macbeth, toi qui plus tard seras roi !" – et où commence à se concocter le régicide. Les monumentales parois de faïence nue renvoient aussi à la morgue et à la folie. Cet espace presque vide se remplit par moments mais les accessoires du pouvoir, lustres, dorures ou fauteuils, fonctionnent alors comme des illusions d'optique. (Lire l'article)
Trop de chants pour un cantique
Abou Lagraa, chorégraphe dont le style s’est forgé à l’étude de la danse classique, contemporaine et hip hop, a toujours voulu faire bien, trop bien. C’est le cas avec sa récente création à la Maison de la danse de Lyon où il est artiste associé en 2015 avant de regagner sa ville natale, Annonay en Ardèche. En s’attaquant au Cantique des Cantiques, il a vu grand. Retour sur cette création et sur la polémique qui oppose le chorégraphe français à la conseillère municipale FN d’Annonay. (Lire la suite)
Londres, août 1976
Chaque année à Londres, à la fin du mois d'août, se déroule le carnaval de Notting Hill. En 1976, le photographe Gilles Walusinski y était. Le 30 août, des émeutes éclatent, inspirant aux Clash un single et un album :White Riot. L'occasion de revenir sur l'histoire de ce carnaval.
L’écho des résistances
Pierrette Turlais, fondatrice des éditions Artulis, publie des livres “rares et précieux” qui rendent hommage à l'esprit de résistance. Des textes que l'on peut aussi lire, gratuitement, en ligne.
The Kidults : “mascara, pourquoi ?”
L'idée formelle qui mène le burlesque des Kidults, c'est que tout se passe dans une salle de bains et que nous sommes à la place du miroir. Les sketches se déclinent en Vines de six secondes ou en formats plus longs sur Youtube. Deux couples de colocataires plus quelques guests entremêlent leurs cheveux, leurs brosses à dents et des dilemmes pataphysiques. La forme spéculaire est ultra-cohérente à l'époque. Que l'objectif de la caméra du smartphone soit notre nouveau miroir est une évidence. (Lire la suite)


















