Lapi-not dead at all
Après avoir été laissé pour mort dans le dernier album de la série des “Formidables aventures de Lapinot”, le héros éponyme de Lewis Trondheim est à présent ressuscité, pour le plus grand bonheur de ses fans. Ce n'est pas seulement le célèbre lapin que nous avons le plaisir de retrouver mais aussi ses amis, l'immature Richard, Titi ou Pierrot, dans une histoire où le fantastique se mêle à une lecture de notre société contemporaine et de ses dérives, qu'il s'agisse du terrorisme ou des sites de rencontre pour célibataires. C'est surtout l'occasion de découvrir, pour ceux qui ne le connaîtraient pas déjà, un des plus grand auteurs de la BD française contemporaine. (Lire l'article)
Le Livre de la Jungle, d’une hypnose à l’autre
Welcome to the jungle – et dans un paradoxe de la création : parmi tous nos récits classiques, celui qui raconte combien difficile il est pour le “petit d’homme” de s’extirper de la Nature sauvage s’est incarné dans les formes les plus artificielles du 7ème art, le plus artificiel de tous. De la grâce que nous a laissé le dessin animé de 1967, merveille de notre enfance dont l'hypnose n'a jamais cessé, que reste-t-il dans le reboot de Jon Favrau – dessin animé aussi, mais tout en synthèse hyperréaliste, puisque de live action ici, il n'y a de fait que son héros Mowgli ? (Lire l'article)
Le temps des humbles
Les mille jours de l'Unité Populaire au Chili racontés par Soledad, une narratrice de quinze ans : "le Temps des humbles", deuxième volet de la saga chilienne de Désirée et Alain Frappier, publiée en 2020.
Amer et Colette, d’amour et d’exil
Dans Amer M. et Colette B., un diptyque écrit et mis en scène par Joséphine Serre au théâtre de la Colline, deux vies se déploient entre Paris et Alger et entre grande et petite histoire, sur tous les tons et à tous les temps.
Que l’énergie soit avec toi
À l'heure où nous réalisons que notre révolution industrielle, avec sa débauche énergétique, a bouleversé le climat, et où les matières premières (dont le pétrole) commencent à se raréfier sérieusement, il apparaît clairement que Star Wars s'est trompé de siècle. Qui fera aujourd'hui de la science-fiction avec des énergies renouvelables et des idées pour sortir de l'impasse où nous nous sommes engagés ? (Lire la suite)
À Bordeaux, une Maison de la poésie très ouverte
La toute jeune Maison de la poésie de Bordeaux réunit un collectif de passionné·e·s du livre. Entretien avec l’un de ses initiateurs et président de l’association, l’écrivain Patrice Luchet, déterminé à faire tomber les préjugés.
Brest 1982 : la ville, les pauvres, le port (5)
Trois familles. La première est celle d'une maman de deux garçons, seule avec eux et un imposant berger allemand. Dans un autre village, une famille d'immigrés portugais installés dans une petite maison très modeste. Dans le quartier de Recouvrance, trois enfants et leur jeune maman qui me disait avoir trente ans vivaient dans une maison presque insalubre, prêtée par la mairie.
Le théâtre explore la télé
Inégal mais au bout du compte réjouissant, Une télévision française de Thomas Quillardet, à l'affiche du théâtre des Abbesses à Paris, revient à travers la privatisation de TF1, sur neuf ans d'histoire déformés par le petit écran.
La Cerisaie, grand format et chemins de traverse
Grand décor, grande actrice -Isabelle Huppert dans le rôle de Lioubov- échappées baroques, la mise en scène de la pièce de Tchekhov par Tiago Rodrigues ne manque pas d'idées tout en restant (trop ?) sage.
Blue Janis délavée
Cap sur la nostalgie avec les images d'archives délavées de Little Girl Blue, le documentaire que Amy J. Berg consacre à Janis Joplin, 45 ans après la mort de la chanteuse d'une overdose, dans une chambre d'hôtel d'Hollywood. La collecte et le montage des témoignages (parents, frère et sœur, amis proches, copains d'école, Country Joe McDonald et Big Brother, ses compagnons de route musiciens...) ont nécessité huit ans de travail. Fragilité du personnage et puissance de la voix, les frissons sont toujours là. (Lire la suite)
Wajdi Mouawad, Mère fluide
Après Seuls et Sœurs, Mouawad poursuit avec Mère son cycle Domestique, centré sur l'intime et la famille, sur le mode de la comédie et du mentir-vrai. Le travail en douceur et en souplesse d'un metteur en scène à son meilleur.
Le songe d’une nuit d’été
Le Songe d’une Nuit d’Été achève en 1894 la série des comédies commencée six ans auparavant. ...
Soins de fin de gauche
Ces dernières années, l’allongement de l’espérance de vie politique, la chronicité de pathologies autrefois mortelles (trahison, déloyauté, infidélité, parjure, reniement...), ainsi que les progrès du cynisme et de l’ambition personnelle ont généré une augmentation sans précédent des personnes se trouvant en situation de fin de gauche à domicile ou, le plus souvent, dans des établissements publics. La prise en charge des fins de gauche est donc un défi majeur pour la médecine littéraire. À cet égard, Les Métamorphoses d’Ovide constitue un cocktail thérapeutique intéressant. (Lire l'article)
Mallarmé pour Emmanuel M.
Monsieur Emmanuel M., âgé de 45 ans, marié, ministre des Finances, se présente à la consultation du service de chronobibliopathologie, adressé par son médecin traitant suite à une histoire d’insomnie, retards, pertes de montres et agenda. À l’anamnèse, on retrouve des événements déclencheurs idiopathiques : désintérêt pour la lecture dès la puberté, tentative, au début de l’âge adulte, de faire entrer “26 heures dans une journée” selon l’expression du patient. Après réunion du staff, on propose un traitement allopathique à raison d’un voyage en bus sur le trajet Paris-Marseille avec lecture d’un sonnet tiré de la pharmacopée classique. (Lire l'article)
Au fond du trou, l’Europe
1993, le spectacle que met en scène Julien Gosselin avec des acteurs tout juste sortis de l'École du Théâtre national de Strasbourg, interroge les racines d'un malaise européen, à partir de deux symboles de la construction européenne dans les années 1990 : le tunnel sous la Manche, l'accélérateur de particules conçu par le CERN à la frontière franco-suisse. Signé Aurélien Bellanger, le texte du spectacle reprend aussi aussi plusieurs extraits de La Fin de l'histoire et le dernier homme, l'essai polémique de Francis Fukuyama. (Lire l'article)
Poisson d’avril
À force de jouer des sonates de Scarlatti, on finit par être capable d'en écrire. Trois grands interprètes ont ainsi laissé de “vraies fausses” sonates : un Caprice à la Scarlatti du pianiste polonais (et Premier ministre en 1919) Ignace Paderewski, une superbe sonate por el señor Escarlate du claveciniste colombien Rafael Puyana... Scott Ross s'est quant à lui offert, lors de la diffusion de son intégrale Scarlatti sur France Musique, le 1er avril 1985, il y a 31 ans exactement, un poisson d'avril scarlattien : une magnifique sonate que l'auteur de ces lignes est allé pêcher dans les archives de l'INA, et qui dévoile un Scott Ross plus scarlattien que Scarlatti... (Lire l'article)
Hugo Comics
Victor Hugo résiste à tout, même aux traits les plus fielleux. Ce sont ses adversaires qui ont pris un sacré coup de vieux. Exposition “Caricatures : Hugo à la Une” à la Maison Victor Hugo, place des Vosges à Paris.
Foujita, moderne à Maillol
Un peintre japonais à Paris, ce n’est pas commun en ce début du XXe siècle. D’ailleurs, en homme d’image résolument moderne, Foujita aime se mettre en scène en photos, en autoportraits. À coup sûr, il serait aujourd’hui tout en selfies sur Instagram. C’est lui autant que ses toiles que le musée Maillol à Paris expose jusqu’au 15 juillet, à l’occasion des cinquante ans de sa disparition. Un artiste pluriel, voyageur francophile, dont le talent autant que la personnalité s’épanouissent au contact des Années folles parisiennes. (Lire l'article)


















