La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
Cinéma, Écrans, Théâtre

Ramène donc ta science

Bâtir un spectacle à partir d’informations scientifiques, faire de la connaissance un divertissement, amener du complexe jusque sur le devant de la scène sont des entreprises éminemment casse-gueule. Aussi est-il surprenant de voir aujourd’hui de plus en plus de créateurs aller puiser dans des sujets technico-scientifiques ou économiques la matière de leurs productions. Plus surprenant encore est de constater que les réussites sont de moins en moins rares. La preuve avec Adam McKay, Jérôme Ferrari, Jean-François Peyret, David Wahl, Jean-Yves Jouannais, Frédéric Ferrer, Alexandre Astier ou Sébastien Barrier. (Lire la suite)

visage villages france airbnb
Courrier du corps

L’un des plus beaux visages de France

Autant la location de soi sur Internet demande d’être nature, cheveux gras et yeux pochés, dans le simple appareil d’une beauté qu’on vient d’arracher au sommeil, autant la prostitution de sa propre maison demande d’être un peu apprêté. Sur les sites d’hébergement tels que Airbnb, celui qui loue son foyer est supposé afficher son portrait, afin qu’on sache si l’on va finir chez les bons Samaritains ou chez Gilles de Rais. Le “host” devra donc tenter d’apparaître comme le “bon père de famille” des baux de jadis, habitant “bourgeoisement” son domicile. Exemples. (Lire la suite)

Contre les bêtes de Jacques Rebotier au festival d'Avignon 2019
Théâtre

Nos ennemies les bêtes

Jacques Rebotier a écrit Contre les bêtes il y a quinze ans. Un texte drôle et en colère, interprété pour la première fois en 2004, au festival d’Avignon, par le comédien Alain Fromager. Un poème-manifeste égrenant quelques propositions pour éradiquer de la surface, et même des profondeurs du globe, les quelque 6 800 000 autres espèces qui encombrent l’horizon des (h)ommes. Au festival « off » d’Avignon, c’est la version lue-jouée par Rebotier lui-même, qui est donnée. (Lire l’article)

Chroniques scarlattiennes / Ramón Casas, Jeune décadente (1899), Musée de Montserrat
Chroniques scarlattiennes, Musiques

L’annuaire de Kirkpatrick

L’Américain Ralph Kirkpatrick, élève de Wanda et musicologue à Yale, est le principal biographe de Scarlatti. Son Domenico Scarlatti de 1953 est cependant à prendre avec des pincettes. La biographie est remarquable, mais la musicologie a souvent été remise en question. Non, toutes les sonates ne vont pas par paires, non, le point d’orgue de la sonate n’est pas la “crux” qu’il avait inventée, non Scarlatti n’a pas composé toutes ses sonates pendant les cinq dernières années de sa vie. Mais tout défricheur prend et assume le risque de faire fausse route. Son jugement sur l’évolution des sonates est parfois un peu énigmatique mais toujours d’une grande justesse. Il est l’auteur d’une classification “scientifique” des sonates. Mais la “vraie” classification chronologique reste à faire. (Lire l’article)

Pavillon de l'Arsenal, Paris Haussmann, modèle de ville
Architecture

Haussmann, la preuve par les pleins et les vides 

Paris intramuros garde encore la structure urbaine conçue par le baron, de 1853 à 1870. Une ville au réseau de voirie très compact, aux îlots répétitifs génériques. Au pavillon de l’Arsenal, en analysant systématiquement le tissu urbain haussmannien, les architectes Umberto Napolitano, Benoit Jallon et Franck Boutté démontrent que c’est un modèle efficace pour le piéton, que la densité y est acceptable et que« l’immeuble haussmannien révèle une capacité extraordinaire de résilience : spatiale, climatique, structurelle et technique ». Bref ce système, où sont bien articulés les pleins et les vides, peut se mesurer aux constructions durables contemporaines… (Lire l’article)

Boris Vian - Les joyeux bouchers
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Les Joyeux Bouchers

Le monde court à sa perte. Chacun de nous en a conscience, plus ou moins : réchauffement climatique, disparition accélérée des espèces animales et végétales, raréfaction des ressources naturelles, dissémination des matières fissiles, mort des utopies politiques, montée subséquente des populismes et des intégrismes, prise du pouvoir par l’intelligence artificielle dessinent un horizon que personne ne voit rose. “Signes précurseurs de la fin du monde” : chaque semaine, l’Apocalypse en cinquante leçons et chansons. Ou peut-être moins si elle survenait plus tôt que prévu. (Lire l’article)

Dario Fo
Théâtre

Ainsi fit Dario Fo

Lui et sa compagne Franca Rame, morte il y a trois ans , adoraient se lancer des piques à l’insu du public quand ils étaient ensemble sur scène. “Tu es sûre que tu as fermé le gaz?” lui glissait-il à l’oreille. “Tu as encore la braguette ouverte”, lui répondait-elle. Irréductible à la solennité, Dario Fo détestait les acteurs et les metteurs en scène qui se prennent au sérieux. “Ce n’est pas grave, ce n’est que du théâtre”, répétait-il.

Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Castles Made of Sand

À quel moment l’avenir a-t-il cessé d’être désirable  ? Quand a-t-on perdu foi en de meilleurs lendemains ? À quel instant la catastrophe a-elle commencé à se dessiner ? Certains répondront les années 1970, avec les premières crises pétrolières, les pantalons à pattes d’eph’ et l’invasion du disco. D’autres diront : les années 80 et leurs efforts pathétiques pour nous redonner le goût de la modernité (“nouveau et intéressant” était le motto de la période, qu’il fallait évidemment lire à rebours). D’autres enfin affirmeront : les années 90 et leur cynisme cocaïné. Pour ma part, je situerais plutôt le début de la fin au 31 décembre 1969, à minuit exactement. Ce jour-là, à cette heure-là, Jimi Hendrix débarque sur la scène du Fillmore East… (Lire la suite)

De l'humour en traduction: 36e assises de la traduction littéraire, ATLAS, Arles 2019
Guide, Traduction

Et vous trouvez ça drôle ?

36e Assises de la traduction littéraire à Arles, sur le thème : l’humour en traduction. Au programme, des conférences, des lectures, des débats, des ateliers, des spectacles et des conversations. “Et vous trouvez ça drôle ?”
Mort de l'harmoniciste belge Toots Thielemans (par Edouard Launet)
Musiques

Toots Thielemans, dernière note

L’harmoniciste belge Toots Thielemans est décédé dans son sommeil à 94 ans, le lundi 22 août 2016. Ce musicien infiniment sensible et doué a joué avec Charlie Parker, Chet Baker, Miles Davis, Charlie Haden, Bill Evans, Ray Charles, Oscar Peterson, Joe Pass, Pepper Adams, Philip Catherine, Dizzy Gillespie, Ella Fitzgerald, Frank Sinatra, Elis Regina, et l’on en passe. Toots avait posé son harmonica il y a deux ans, se disant trop fatigué pour continuer à se produire sur scène. (Lire l’article)

Anaïs Nin
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Le papa d’Anaïs

“Le grand concert donné mercredi 27 par Joaquín Nin a été la plus savante fête musicale de la saison d’hiver. Dans un public de cent dilettanti, nous citerons Gabriele d’Annunzio” relate L’Avenir d’Arcachon en mars 1912. Ce soir-là, il joue Couperin, Rameau, Bach et Scarlatti. Pour d’Annunzio, Scarlatti est une révélation fulgurante. Quant à Nin, c’est le grand intercesseur : “Par l’art merveilleux de ses doigts et de ses esprits, il révélait en lui un vrai maître claveciniste digne du XVIIIe siècle, digne du divin Napolitain.” À ceci près que le clavecin était un piano, et que c’est précisément pour avoir dit que le second était préférable au premier que Nin a subi les foudres de Wanda. (Lire l’article)

Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

But Beautiful

Une Américaine a gagné deux fois le jackpot à la loterie, à huit ans d’intervalle, en pariant sur les mêmes numéros. Quand les lois de la probabilité sont bafouées à ce point, tout peut arriver. Le pire, le meilleur et même la fin des haricots. Mais en beauté, s’il vous plaît. But Beautiful, comme l’ont chanté Billie Holiday et Nina Simone, comme l’ont joué Chet Baker, Charles McPherson et cent autres. (Lire l’article)

Théâtre

Petits meurtres entre parents

Dans la course au spectacle long, le projet présenté par Antonio Latella est hors concours : 16h30 de représentation, en italien surtitré, avec des morceaux en grec ancien et en latin. Une plongée dans l’intimité agitée des Atrides qui insuffle aux vieilles histoires une vérité des corps, un amour des personnages, une élégance dont on ne se lasse pas. (Lire l’article)