La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Critiques
Shlomo Sand
Livres

Shlomo Sand : vous voulez vraiment que je parle de ça ?

Depuis Comment le peuple juif fut inventé, Shlomo Sand, historien, professeur émérite de l’université de Tel Aviv, est honni par les uns, qui voient en lui un ennemi de son pays voire de son peuple et l’ont mal lu ; adulé par les autres, antisionistes, qui l’ont souvent mal lu aussi. Il publie son premier polar, La Mort du Kazhar rouge, que l’on conseillera aux deux. Le roman, policier ou autre, a cet avantage : il échappe aux catégories et ouvre sur la nuance, l’intime. Et l’auteur. (Lire l'entretien)

Bande dessinée

Le temps des humbles

Les mille jours de l'Unité Populaire au Chili racontés par Soledad, une narratrice de quinze ans : "le Temps des humbles", deuxième volet de la saga chilienne de Désirée et Alain Frappier, publiée en 2020.

“La Collection“ au Signe de Chaumont © Martin Ferrer
Architecture, Arts plastiques, Expo

Chaumont persiste et Signe

 La préfecture de la Haute-Marne attendait ce Centre national de graphisme, elle qui depuis 1990 organise, obstinée et cahin-caha, un Festival international des affiches. Cet édifice, bien situé et bien nommé Le Signe, conçu par l'architecte Alain Moatti, hybride l'ancienne Banque de France et un nouveau bâtiment. La première exposition, “La Collection” de 276 affiches sélectionnées par le graphiste Vincent Perrottet, donne le ton. Entre passé riche d'un fonds de 50 000 oeuvres et futur plus prospectif, ce nouvel outil doit inventer la permanence du graphisme à Chaumont. (Lire l'article)

Arts froids

Lilliehöökbreen

Et puis on entend des craquements dans la glace, des détonations qui nous font tous sursauter. C’est le glacier qui vêle. Inexorablement, sous la pression de la terrible masse accumulée derrière lui...

Violet Gordon Woodhouse par Alvin Langdon Cobürn - vignette
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Violet et ses amis

Violet Gordon Woodhouse, riche et fantaisiste Anglaise, est une autre figure marquante de la résurrection du baroque au début du XXe siècle. Au piano, au clavecin et au clavicorde, elle joue Bach, Purcell et Scarlatti. De la même génération que Wanda, elle est bien éloignée des milieux saphiques parisiens, même si elle rencontra la jeune Virginia Woolf et si la poétesse Radclyffe Hall, alias John, lui dédicaça des poèmes érotiques. Elle vit avec un mari très gentil (mais handicapé par un accident de chasse) et, sous le même toit, avec trois amants officiels. Quand elle n'est ni au jardin ni à cheval, Violet fait de la musique... (Lire l'article)

Scarlatti Gusmão aéronef
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Lumières portugaises

Dans son roman Le Dieu manchot, José Saramago, prix Nobel de littérature, recrée l'atmosphère du Portugal au début du XVIIIe siècle. Sur un fond mystique bien tassé — l'édification de la basilique de Mafra par le très pieux roi Jean V dont le palais est éclairé par des cierges, et qui partage très officiellement la couche de la Mère supérieure d'un couvent voisin —, Saramago imagine la construction du premier aéronef de l'histoire par le génial inventeur Bartolomeu de Gusmão... au son du clavecin de Domenico Scarlatti. Dans le roman, un couple fort sympathique, Balthazar et Blimunda, construit un épatant prototype d'avion de bois et de fer (la “passarole”) sur les plans de Gusmão, tandis que Scarlatti fait apporter son clavecin dans l'atelier. (Lire l'article)

Théâtre

Ivo van Hove, miroirs troubles

Coup de vieux dans la cour du Lycée Saint-Joseph à Avignon. Le metteur en scène Ivo van Hove adapte Vieilles gens et choses qui passent, un roman de Louis Couperus (1863-1923), figure des lettres néerlandaises. Costumes noirs et lumières sombres, l'obscurité règne sur les cœurs et les consciences, comme si le trio de vieillards qui mène cette drôle de danse avait contaminé les générations suivantes, les entraînant avec eux, quel que soit leur âge, aux portes de la mort. Vies malheureuses, gâchées, ralenties, le temps qui passe est du temps qui pèse et l'horloge qui bat au centre de la scène évoque moins le compte à rebours que la malédiction éternelle. (Lire l'article)

Stools of Tools de Guillaume Delvigne. Un article d'Anne-Marie Fèvre sur le festival D’Days
Design, Expo

Que déjoue le design ?

Avec le 17e festival de design parisien D'Days, qui adopte le thème du jeu, on s'attend à des créations dites « ludiques », des fêtes amusantes. Mais aussi à découvrir les nouvelles règles du jeu que cette discipline, à la fois économique et culturelle, en pleine mutation comme la société, met en place. Et que doit « déjouer » le design français et international, des entreprises à l'auto-conception, pour contribuer à une autre vision du monde ? Petit état des lieux au fil de cette manifestation. (Lire l'article)

Courrier du corps, Musiques

L’oreille regarde (Thylacine + Rhodes Tennis Court)

Comment filmer un musicien populaire contemporain ? Prenons deux exemples : un qui filme et un qui joue, David Ctiborsky et Rhodes Tennis Court, respectivement. Le premier a suivi pendant deux semaines le musicien electro Thylacine dans le transsibérien, parti à la rencontre de musiciens locaux et d'inspiration. Le second, ce sont les musiciens de Rhodes Tennis Court, Marin Esteban et Benjamin Efrati, qui se décrivent comme “jouant face à face, comme à un jeu de raquettes, la compétition en moins”. Où l'on voit que c'est avec les yeux aussi qu'on fait de la musique. (Lire la suite)

Théâtre

Don Quichotte, roman picard

Le coup du manuscrit retrouvé au fond d'une malle marche toujours. En l'occurrence, le scénario inédit – et improbable – d'un film sur don Quichotte que Métilde Weyergans et Samuel Hercule assurent avoir déniché dans un vide-grenier alors qu'ils étaient en panne d'inspiration pour un nouveau projet. De ce scénario, ils ont fait un film qui est au cœur d'un spectacle étonnant intitulé Dans la peau de don Quichotte, construit autour d'une fable simple mais pas simpliste, volontairement artisanal et bien loin de l'asepsie des images numériques. (Lire l'article)

Livres, Théâtre, Un marcheur à Paris

Jon Fosse ou la musique du silence

Si Shakespeare utilise dans son oeuvre un vocabulaire de 20.000 mots là où Racine n'en a que 2000, Fosse, lui, tournerait plutôt autour de 200. Une décroissance qui n'est pas un appauvrissement: comme ses personnages, la langue de Fosse est en retrait, en grève du brouhaha et de l'agitation du monde.