Castorf dans le miroir de Molière
Derniers tours de roue pour Frank Castorf à la Volksbühne de Berlin. Dans ce contexte de fin de mandat – ou de fin de règne –, difficile de ne pas rechercher dans ses derniers spectacles une dimension testamentaire, voire crépusculaire. Créé en 2016, Die Kabale der Scheinheiligen. Das Leben des Herrn de Molière, laisse en tout cas une large place à l’introspection : c’est sûrement l’une des pièces les plus explicitement intimes jamais montées par le metteur en scène. Et c’est une pièce qui au delà de sa profusion, ne traite que d’un sujet : l’amour du théâtre. (Lire l’article)
Le Musée entre à l’Opéra
Un musée dans un musée, l’idée est amusante. Elle a été concoctée par Boris Charmatz, directeur du Musée de la danse de Rennes, et par Benjamin Millepied, directeur de la danse à l’Opéra de Paris. 20 danseurs pour le XXe siècle, sorte de happening chorégraphique qui propose des focus sur des auteurs qui ont marqué l’histoire de la danse, d’Isadora Duncan à Jérôme Bel, de Fokine au krump, entre au Palais Garnier, le temple de la danse. Une mise en abyme réjouissante. (Lire la suite)
Quo vadis, Nicanor ?
Nicanor Parra vient de nous quitter. En 103 ans de vie, il aura eu le temps d’être mathématicien et physicien, d’appartenir à une illustre famille d’artistes qui compte aussi parmi ses rangs la chanteuse folklorique Violeta Parra, sœur cadette de Nicanor, mais, surtout, d’être un énorme poète, ou plutôt anti-poète, ainsi qu’il aimait se définir. (Lire l’article)
Campo minado / Minefield: la guerre des mots
Dans Champ de mines, l’Argentine Lola Arias continue à œuvrer à la (re)construction d’une mémoire collective, avançant le long d’une ligne ténue entre réalité et fiction. Elle y met en scène six hommes ayant appartenu à deux camps ennemis: l’armée argentine et l’armée britannique, en 1982, au moment de la guerre des Malouines. En revenant sur cet épisode de l’histoire des deux pays, Champ de mines place les questions de traduction au cœur de ses préoccupations.
Voulez-vous produire avec moi ?
Pour financer la production du film La Uruguaya, l’écrivain et éditeur argentin Hernán Casciari a fait du crowdfunding. Les donateurs sont co-producteurs et participent aux décisions.
The Tree of Forgiveness
En avril 2018, à 71 ans, John Prine sort son 24e album, The Tree of Forgiveness, un peu sous le manteau. Treize ans qu’il n’avait rien produit. Résultat bluffant. “J’espère qu’on ne va pas se rendre compte que c’est la dernière fois qu’on se dit au revoir.”
L’Escargot de notre vie (Puy ta Cuxlejaltic)
Le festival de cinéma Puy ta Cuxlejaltic (L’escargot de notre vie) s’est tenu durant les premiers jours de novembre à Oventik, l’un des cinq Caracoles zapatistes, dans les montagnes du Haut-Chiapas. Joani Hocquenghem a assisté à ce drôle de mariage, conjonction inédite des Indiens et du cinéma. Au programme, une cinquantaine de fictions, documentaires, dessins animés, longs, courts et micro métrages : pièces d’un puzzle en désordre, pans d’histoire, portions de géographie, pêle-mêle l’ailleurs et l’ici, les épisodes du passé et l’avalanche du présent. (Lire l’article)
Jean Tardieu pour mon banquier
La “gamification”, vous connaissez ? Ce concept à la mode dans les entreprises, les universités ou la communication gouvernementale est une version modernisée du pain et du cirque, avec peu de pain et beaucoup de cirque. Concrètement, on applique au citoyen, au client, au collaborateur – disons au “peuple” – des méthodes qui sont celles que l’on utilise par ailleurs avec les enfants de maternelle : des activités incessantes encadrées par des consignes régulièrement répétées, très simples et très claires, de la pédagogie, le tout sous une forme qui doit toujours être ludique. Illustration à partir des techniques bancaires actuelles, et avec Jean Tardieu. (Lire l’article)
L’irréductible Gaulois du cartoon
L’empereur du dessin animé s’appelle Walt Disney. Mais à son empire de bambis pelucheux et de mièvres cendrillons qui en est venu à conquérir la planète, s’est vite adjoint un groupuscule d’irréductibles cartoonistes qui se sont choisi un roi : Tex Avery. Cet anti-Disney, ce Walt qui aurait fumé la moquette, est coopté à l’unanimité par Bob Clampett, Preston Blair, Chuck Jones ou Bob Cannon : Avery a géré une fine équipe d’animateurs dévoués, pour produire, à raison de 4 ou 5 cartoons par an pendant plus de 20 ans, une extraordinaire série de dessins animés. (Lire l’article)
Publier de la poésie: pour l’amour des arts
Parmi les aventuriers et les aventurières de l’édition indépendante, il y a celles et ceux qui n’écoutant que leur passion se lancent dans la publication de poésie. Deux exemples en Nouvelle Aquitaine: les Editions de l’Attente et les Editions Exopotamie.
La porte de Saint-Cloud, une vieille sportive
Sur la place, il manque quelque chose en 2019. Pas de tramway qui aurait transformé les boulevards, mais le vieux bus PC. Ni travaux ni ZAC, ce qui nous coince au XXe siècle, quand ce quartier a commencé son expansion avec la disparition des fortifs en 1928…
Clément-Édouard Bellenger
Clément-Édouard Bellenger (1851-1898) fut un graveur sur bois régulier de Daniel Vierge, dont...
L’Art de faire voyager son doudou
J’ai beaucoup de tendresse pour ce superbe timbre par Martin Mörck, artiste-graveur que...
L’envol des utoPistes
Le trampoliniste Mathurin Bolze, concepteur du festival de arts du cirque “utoPistes”, a réuni autour de lui les inventeurs du cirque d’aujourd’hui, plein de promesses pour le futur. Le festival, qui s’est achevé ce samedi à Lyon, aura été le lieu de toutes les audaces circassiennes. Le cirque actuel qui a fait alliance avec les arts visuels et la danse manie avec élégance et virtuosité le mouvement pur, l’acrobatie, les concepts, tout en restant populaire, au bon sens du terme. On le pressentait, mais pas à ce point, le cirque est l’art vibrant d’aujourd’hui, captant les secousses de la société et lui rendant un équilibre perdu, tout en développant de nouvelles formes artistiques. (Lire l’article)
Niko Pirosmani ou le naïf clairvoyant
Le peintre géorgien Niko Pirosmani (1862-1918) est un de ces artistes dits “naïfs” qui, leur vie durant, ont œuvré dans le périmètre de leur environnement immédiat et peint leur quotidien, celui des petites gens. Mais aussi, pour Pirosmani, quelques grands événements de l’histoire et des aperçus de la vie des couches aisées de la société. À Arles, jusqu’au 20 octobre, la fondation Van Gogh expose une trentaine de ses toiles. C’est un éblouissement où tout voisine avec une égale dignité et une même importance, hommes, bêtes et plantes. (Lire l’article)
La guerre franco-prussienne comme si vous y étiez
À son arrivée à Paris la famille Urrabieta s’installe rue Blanche. Fasciné par la ville, Daniel...
La grève
Contre la fin du monde, la grève ! Lycéens, étudiants, profs, chercheurs, travailleuses, travailleurs, ils feront tous grève le 15 mars pour le climat, contre le changement climatique. Pour que la Normandie ne ressemble pas à la Côte d’Azur (il reste un peu de marge), pour que février ne ressemble pas au mois d’août (c’est foutu), pour que Dunkerque ne se convertisse pas à la culture de l’ananas et Stockholm à celle de la vigne. On se prend naturellement à rêver d’une grève générale, mondiale, illimitée qui paralyserait les transports, les usines, les centrales, les open spaces et leurs scintillants écrans… (Lire la suite)
Aux Hivernales, une mécanique bien huilée
En ouverture du Festival Les Hivernales d’Avignon, 39e édition, le spectacle La Mécanique des ombres de NaïF Production s’est imposé par sa troublante beauté et son étrangeté. Dans une autre tonalité, les Fragments mobiles d’Yvan Alexandre, d’abord dispersés, se rassemblent dans une fresque étirée. Et dans De(s)genération, du danseur et chorégraphe hip hop Amala Dianor, la new school rivalise joyeusement avec la old school. (Lire l’article)


















