Verónica Gerber Bicecci aux confins de l’écrit
L'autrice mexicaine s’auto-définit comme une “artiste visuelle qui écrit”. Passant d'un code à l'autre, elle imagine des traductions en combinant mots, dessins et objets.
Maroc, la danse se manifeste
Depuis onze saisons, le festival On marche consacré essentiellement à la danse contemporaine avance à petits pas obstinés, en tentant de s’inscrire pleinement dans la société au même titre et au même niveau que d’autres disciplines reconnues par les pouvoirs publics comme la musique, le cinéma, les arts visuels ou le théâtre. Le corps – et ses représentations, enjeu politique et social – fait-il peur ou est-il tout simplement ignoré par le ministère de la Culture ? Un forum réunissant de nombreux artistes, toutes générations confondues, s'empare de la question par la production d’un premier manifeste, présenté publiquement le 13 mars. (Lire l'article)
Olivia Ruiz, la “Zizi” de Jean-Claude Gallotta
Dans Volver, leur nouvelle création révélée à la 17ème Biennale de la danse de Lyon, la chanteuse et le chorégraphe font bon ménage. Tout à la fois portrait de la chanteuse et faux biopic, la pièce évoque plus largement la question épineuse des migrants actuels et de leur accueil. Dans une chorégraphie aérée, mettant souvent en scène des couples comme des doubles du couple vedette, le spectacle n’est que rythme, envolées, tendresse. (Lire l'article)
Une famille vraiment hantée
The Haunting of Hill House, une série de Mike Flanagan, à voir sur Netflix. (Lire le guide)
Les conquêtes de l’espace
Au commencement de la peinture, il y a l'espace. Le peintre se préoccupe de placer ce qui sera le point de fuite et cette ligne qui marquera l’horizon puis de tracer le plan quadrillé qui transformera la surface de sa toile en un espace illusoire : une perspective. La figure ne viendra qu’en second et détournera le regard du spectateur. Mais il arrive qu'elle ne vienne pas, que la scène demeure déserte et que l’espace ait alors tout loisir de déployer aux yeux ses artifices et les rigueurs de ses géométries. Artifices et géométries dont deux artistes exposées à la galerie de Roussan s’emparent : Juliette Mogenet et Claire Trotignon. (Lire la suite)
Et vous trouvez ça drôle ?
36e Assises de la traduction littéraire à Arles, sur le thème : l'humour en traduction. Au programme, des conférences, des lectures, des débats, des ateliers, des spectacles et des conversations. “Et vous trouvez ça drôle ?”
Une Belle Histoire
Au printemps 2017, Stephen Hawking déclarait à la BBC que les humains, s'ils voulaient survivre, devaient quitter la Terre d'ici 100 ans afin de coloniser une autre planète. En cause : une éventuelle guerre nucléaire, le changement climatique, une épidémie virale et/ou les progrès incontrôlables de l'intelligence artificielle. Un an plus tard, le célèbre physicien quittait lui-même la Terre, pas pour la planète Zorglub mais pour une tombe à l'abbaye de Westminster, aux côtés de celles de Newton et de Darwin. Ses cendres reposent désormais sous une pierre engravée de la formule T= hc³/ 8πGMk. C’est l'équation dite de Bekenstein-Hawking qui décrit l'entropie des trous noirs, en d’autres termes (très simplifiés) la quantité d'information qu'ils renferment. Et si cette inscription, choisie par le savant lui-même, était un ultime message ? (Lire la suite)
Une autre vie
Supposons que la date et l’heure de la fin du monde soit connue et qu’il n’y ait plus rien d’autre à faire que de s’y préparer. Dès lors, la grande question serait : avec qui vais-je passer mes ultimes minutes ? Avec ma chère épouse ou mon cher époux ? Avec mes enfants, s'ils ne préfèrent une fête entre copains ? Avec mon chat, mon chien, mon poisson rouge, mon iPhone ? Avec personne, puisque dans le fond chacun vit seul et meurt seul ? Ou avec une ou un ami(e) ayant assez d’humour pour transformer ces derniers instants en vaste blague. Ce type d’individu ne court pas les rues. À quoi ressemble-t-il ? À Deborah Mitford, alias la duchesse de Devonshire ? À Richard Gere ? À Alain Robbe-Grillet ? Et Alain Barrière, dans tout ça ? (Lire l'article)
Une sélection de livres pour cette fin d’année
Gregg Ellis, Séries Photographiques. Saison 2, épisode 8
Miss Serbia, à miroir de rire
Si elle s'amuse, comme la plupart de ses consœurs, à dévoiler ce que la société demande aux femmes d'occulter (elles pètent, rotent, font des commentaires sur le “boule” des mecs), Miss Serbia est une des rares sur Vine qui s'amuse à imiter les garçons. Et le fait de pouvoir tout imiter, de modifier son regard, sa moue, etc. à volonté, semble lui prouver la plasticité de l'identité humaine. Le rire vient toujours ici d'un décollement critique : quand on s'aperçoit que ce qu'on croyait naturel, inévitable, est en réalité partiellement fabriqué. Miss Serbia adore du coup analyser le désir, la jalousie, le dégoût, et leurs contradictions. (Lire la suite)
Comme il vous plaira
Après Mesure pour Mesure, Abbey nous entraîne avec Célia et Rosalinde dans la forêt d’Arden...
Le Souci de souffrir
Pourquoi vouloir souffrir ? Mais peut-on seulement vouloir souffrir ? Telles sont les principales questions qui rythment le dernier livre du philosophe Bertrand Binoche.
Don’t believe in me
Une fête dans un bar, des jeunes gens dont on ne distingue pas les visages, un rituel filmé avec dérision et tendresse : Dont believe in me de Ana Esteve Reig, entre air du temps et déjà vu.
Grimsby – agent trop spécial, ou la Révolution au stade anal
Comment diable ? en de si délicates pages, on va vraiment évoquer la dernière provoc régressive du trublion-caméléon Sacha Baron Cohen ? Avec cette parodie d'espionnage jouée comme un buddy movie entre frères, l'un agent secret, l'autre prolo trash, bienvenue dans un monde d’obsessions anales et scatologiques, de corps monstrueux extirpés du hors champ social. Une version 2.0 du grand carnaval rabelaisien des chairs et des substances, une de ces farces où l'on joue à renverser l’ordre établi... (Lire l'article)
Diffuser l’indépendance
Pour exister face aux grands groupes éditoriaux, l'édition indépendante a besoin des intermédiaires que sont les distributeurs-diffuseurs. Mais comment s'en sortir quand les logiques diffèrent ?
La sémiophysique pour les nuls
À force de regarder de près, on remarque dans les cartoons d'Avery l'omniprésence d'une structure particulière, qui revient inchangée sous des aspects toujours différents : un personnage ou un objet émet un “influx” (un son, une onde, une parole, une pulsion) qui est capté par un autre personnage, ou objet, dont le comportement ou la forme est soudain modifié(e).
Lyrique maintenant
Quelques très bonnes raisons d'assister au Festival international d'art lyrique d'Aix-en-Provence, dont l'édition 2019, sous l'impulsion de Pierre Audi, son nouveau directeur, est en route vers l'avenir...
Droopy chez Bergson
Comprendre le rire chez Tex Avery, c'est d'abord revenir aux grands classiques. En l'occurrence Le Rire de Bergson (1900), ouvrage qui, malgré sa petite taille et son âge avancé, n'a pris d'autres rides que celles qu'impriment les zygomatiques. Bergson, qui n'est pas un rigolo, balance d'emblée une hypothèse fracassante : "Le rire, c'est du mécanique plaqué sur du vivant". Ensuite, cela se gâte, car son sens moral lui inspire qu'au fond, le rire est peut-être un signal social adressé aux marginaux en situation irrégulière pour les inciter à rentrer dans le rang. La gravité d'un Buster Keaton, ou l'apathie de Droopy, seraient-elles les figures tragiques indiquant que le rire, au fond, n'est pas si drôle ? (Lire l'article)


















