La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
Guanajuato festival Cervantino
Musiques

Guanajuato, musiques en tous genres

À Guanajuato, ancienne ville minière du centre du Mexique, le festival Cervantino fête sa 43e édition. Dirigée par le romancier Jorge Volpi, la manifestation, l’une des plus importantes d’Amérique latine (3000 artistes invités en provenance de 27 pays), fait la part belle à la danse et au théâtre, mais aussi à la musique. De la flûte andine au répertoire contemporain en passant par le bel canto et les bandas de villages, l’envoyé spécial de délibéré, qui est aussi musicien dans un orchestre symphonique, livre ici le résultat de ses écoutes. (Lire la suite)

Canapé Redoute Super Bold
Design

Patapoufs et avatars

Vous avez dit sobriété? Au sortir du confinement, les meubles aussi semblent avoir pris du poids. L’heure est aux canapés maousses, tout en rondeurs rembourrées. C’est le triomphe de l’encombrant douillet, du style patapouf. Pour mieux se vautrer dans le métavers?

El Pacto de Adriana, un documentaire de Lissette Orozco, Chili, 2018
Cinéma, Écrans

Le pacte d’Adriana

Le Pacte d’Adriana, premier film réalisé par Lissette Orozco, intime, bousculé, avec vidéos familiales bancales, où certains parents ont fait flouter leurs visages, avec longues conversations par Skype, portables… est une investigation erratique et cruelle au sein d’une famille portée sur le silence, et d’un pays qui oublie.

Ferraille industrielle de Ny-London (photo Arnaud Hédouin juillet 2024)
Arts froids

Ny-London au Spitzberg

Ny-London à Peirsonhamna sur Blomstrandhalvøya dans le Kongsfjorden au Spitzberg, ou l’histoire du lamentable fiasco industriel d’un type nommé Ernest Mansfield (1862-1924), prospecteur de son son état et patron charismatique de la Northern Exploration Company, qui avait voulu en 1911 ouvrir et exploiter là-bas, dans l’Arctique, une carrière de marbre.

Ilotopie à Calais: Gens de couleur © Ludovic Fasa
Théâtre

Ilotopie, escale à Calais

Un labyrinthe qui permet aux enfants d’échapper à leurs parents, des oreilles géantes qui parlent, une salle de spectacle-balançoire, des cages pour humains… pendant cinq jours Ilotopie a occupé la place d’Armes de Calais et des lieux plus inattendus. La compagnie basée à Port-Saint-Louis du Rhône a fêté il y a peu ses trente ans. Et est l’une des rares troupes des arts de la rue qui fonctionne avec un vrai répertoire. Plusieurs des spectacles présentés à Calais ont plus de vingt ans d’âge. Et conservent leur impact perturbateur. (Lire l’article)

Sara Stridsberg, La faculté des rêves, Stock, coll. La Cosmopolite, 2010
Livres, Ordonnances littéraires

Une femme de rêve

Ordonnance pour un passager anonyme croisé au hasard d’un trajet en métro. Paris, matin d’automne, station Mairie des Lilas. Les regards sont happés par un point blanc qui roule d’avant en arrière, un petit cylindre brillant sous la lumière artificielle et borgne. Roulis métropolitain. Un homme âgé replie le journal pour suivre les mouvements de cet électron libre matutinal. Presque amusé. Et puis, tout à coup, son regard se détourne de l’Objet Roulant Non Identifié et reprend la lecture du quotidien. Qu’a-t-il vu ? Un tampon ! Dans mon esprit, cela n’a fait ni une ni deux. Tampon, femme, vie en rose… la couverture rose de La Faculté des rêves s’impose. Rose comme de la chick lit girly. Mais dans La Faculté des rêves de Sara Stridsberg, pas de romance. Mais du roman, du vrai ! (Lire la suite)

Honoré, Petite anthologie du dessin politique (1995-2015), Éditions de La Martinière, 2016, 25€. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne
Livres, Ordonnances littéraires

Ordonnance pour nos amis biterrois

Dans la Petite anthologie du dessin politique qui vient d’être publiée aux éditions de La Martinière, en hommage au dessinateur Honoré assassiné avec ses collègues de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, les puissants de ce monde se bousculent, épinglés par un trait précis et épuré, dans des dessins en noir et blanc parfois agrémentés de rares touches de couleur : tâches de sang sur les mains du couple Pinochet, tapis rouge qui engloutit une Bernadette Chirac recevant Elisabeth II, drapeau américain tenu par un membre du Ku Klux Klan… Au fil des pages, les puissants parlent, Honoré leur répond. On recommandera à nos chers amis biterrois la lecture de cet ouvrage, qui les changera du Journal de Béziers auquel ils sont abonnés d’office. (Lire l’article)

Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Un baiser osé

Rien de tel qu’une apocalypse pour faire dérailler le train-train quotidien. Les factures en souffrance s’envolent au vent mauvais comme des feuilles d’automne, les problèmes de couple ne valent même plus que l’on casse la plus petite des assiettes à dessert. La perspective de la table rase balaye tous les soucis, sauf un : on va tous mourir, les amis. Last Night, du Canadien Don McKellar, est mon film apocalyptique préféré. Qui finit sur un baiser. Un premier baiser, n’est-ce pas le début d’un nouveau monde ? Ce n’est pas Alain Souchon qui me contredira. (Lire l’article)

Rodolfo Walsh
Livres, Rodolfo Walsh

Rodolfo Walsh en 36 vignettes (1-16)

Une drôle de note, glissée entre les cahiers saisis par la dictature peu avant ta mort, dit ceci :  “On m’appelle Rodolfo Walsh, quand j’étais enfant, je n’arrivais pas à trouver ce nom convaincant, je me disais par exemple qu’il ne m’aiderait pas si je voulais devenir président de la République.”  (Lire)

Courrier du corps

Tyler devient hardeur

Il fera à son corps tout ce qu’on lui demande. C’est le paysan perverti par lui-même, et qui se présente comme tel sur sa page : “Je suis d’Alabama, j’ai donc ce charme particulier dont vous avez tous entendu parler et j’aime m’exhiber comme vous pouvez le voir ici !” Celui qui se présente sur XTube comme Tyler Camp (pseudo 1bamaboy19) a un tel accent sudiste qu’on ne comprend à peu près rien à ce qu’il raconte. Et il parle beaucoup, tout en se masturbant, la plupart du temps, et en éjaculant à la fin : le garçon n’est pas avare. Il pratique le plan-séquence, ses films durent 20 ou 40 minutes, montage interdit, Bazin se serait joui dessus de bonheur esthétique. (Lire la suite)

Numéro personnel du Jökulsárlón í Breiðamerkurjökul. Photo Katie Paterson. https://katiepaterson.org/artwork/vatnajokull-the-sound-of/
Arts froids, Expo

Vatnajökull (the sound of)

Allô? Le glacier fond-il? Londres, 2007. Les étudiants des Beaux-Arts présentent leur projet de fin d’études. Parmi eux, Katie Paterson présente une œuvre au titre énigmatique: “Vatnajökull (the sound of)”. Son principe est pourtant relativement simple, même si on ne peut pas en dire autant de sa réalisation.

Midnight Special
Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Midnight Spécial, de l’enfance comme consolation

Quand la SF tourne au road movie dépressif : un père s’enfuit avec son fils Aton, doué d’une aura paranormale, avant un mystérieux rendez-vous donné par des forces invisibles. Drame de la paternité, Midnight Special de Jeff Nichols met en scène “l’enfant prodige” comme un mystère – et d’abord pour ses parents –, ses transes spectaculaires et ses ressorts internes comme autant d’énigmes quantiques. C’est qu’ici notre univers tout entier est un mystère, une nuit noire où nos existences filent comme un bolide roulant tout phare éteint. Au milieu de tant d’obscurité, le regard d’Aton illumine les adultes, soudain touchés par la grâce d’une tendresse infinie… (Lire l’article)

Selvskudd coffret. Photo : Musée du Svalbard, Longyearbyen, digitaltmuseum.no
Arts froids

Selvskudd (auto-infligé)

En matière de chasse à l’ours, comme pour toutes les bestioles convoitées pour leur fourrure, le point crucial de la mise à mort de l’animal consiste à ne surtout pas endommager la dépouille. Des pièges aux mécanismes toujours plus sophistiqués ont été élaborés au fil des ans pour occire la bête sans désespérer la pelleterie. Au Svalbard, l’un des plus aboutis est le Selvskudd…

Danse

Les oies du Capitole

Au festival Montpellier Danse, entre les mains du chorégraphe israélien Hillel Kogan, les membres du ballet du Capitole de Toulouse ont vécu de drôles d’expériences. Ainsi, personne ne leur avait jamais fait danser La Bayadère à trois. Rapidement fatiguées d’être ridicules, les danseuses préfèrent encore fumer des clopes et parler d’autre chose. Dans cette pièce, intitulée Stars and dust, Hillel Kogan s’amuse beaucoup à questionner, chambouler et démonter les codes du ballet. Et le public rit de bon cœur. (Lire l’article)

 

Vivian Maier, Milwaukee, 1967
Arts plastiques, Expo, Photographie

Vivian Maier ou l’incertitude

La galerie parisienne Les Douches, qui, depuis 2013, a déjà réalisé plusieurs expositions des œuvres photographiques de Vivian Maier, présente jusqu’au 30 mars « The Color Work ». Pour l’essentiel, le travail de Maier sur la couleur, dans les scènes de rue dont elle est coutumière. Ce qui frappe dans une grande partie des œuvres présentées, ce sont les portraits. On ne cesse de s’interroger sur le rapport entre la photographe et ses modèles. Ceux-ci sont-ils partie prenante de la relation ? On pourrait croire qu’il n’y a rien entre l’image consentie et l’image dérobée. Pourtant, Vivian Maier réussit par moments le tour de force de se situer dans un entre-deux qui rend la chose indécidable. (Lire l’article)

La promenade dans les Calanques, série Les Dimanches, 1997, collection particulière © Véronique Ellena, 2018
Arts plastiques, Expo, Photographie

Véronique Ellena, pose et vertige

L’œuvre de Véronique Ellena possède une étrange capacité à ouvrir au spectateur un espace mental peu exploré. Les scènes du quotidien qu’elle photographie sont pour la plupart « posées ». Leurs protagonistes se prêtent au jeu, se montrent dans des postures figées qui pourraient être emblématiques (d’un geste usuel, d’une action à réaliser…), mais sont bien plus que cela : des arrêts sur image qui échappent au quotidien pour devenir improbables, fruit d’un équilibre subtil entre le concret et la figuration d’une réalité qui, du coup, échappe. (Lire l’article)