Lecture rythmique
Lecture rythmique, de l’artiste vénézuélien Iván Candeo, confronte des images et un texte a priori sans rapport. Gestuelle de discours politique et recette de cuisine sont seulement unies par le rythme pour créer, avec humour, un troisième langage.
L’arbre à sang: traduire à l’oreille
Sur la scène des Plateaux Sauvages, trois actrices interprètent L’Arbre à sang, de l’auteur australien Angus Cerini, dans une mise en scène de Tommy Milliot. Entretien avec Dominique Hollier, l’une des trois comédiennes, mais aussi la traductrice de la pièce.
Le Livre de la Jungle, d’une hypnose à l’autre
Welcome to the jungle – et dans un paradoxe de la création : parmi tous nos récits classiques, celui qui raconte combien difficile il est pour le “petit d’homme” de s’extirper de la Nature sauvage s’est incarné dans les formes les plus artificielles du 7ème art, le plus artificiel de tous. De la grâce que nous a laissé le dessin animé de 1967, merveille de notre enfance dont l’hypnose n’a jamais cessé, que reste-t-il dans le reboot de Jon Favrau – dessin animé aussi, mais tout en synthèse hyperréaliste, puisque de live action ici, il n’y a de fait que son héros Mowgli ? (Lire l’article)
The End
Nous ne sommes vraiment pas prêts pour la fin du monde. L’effondrement pourrait-il patienter un peu, au moins jusqu’à ce que la pensée politique fasse sa révolution copernicienne ? En attendant, nous trufferons nos maisons d’ampoules basse consommation, deviendrons des experts en recyclage, prendrons des douches de deux minutes maxi, conduirons des Toyota hybrides, mettrons dans les urnes des bulletins écolos par paquet de dix. Et puis, à la fin des fins, ou préférablement juste avant, nous irons nous pendre sur la tombe de Jim Morrison au Père-Lachaise. (Lire l’article)
Brest 1982 : la ville, les pauvres, le port (5)
Trois familles. La première est celle d’une maman de deux garçons, seule avec eux et un imposant berger allemand. Dans un autre village, une famille d’immigrés portugais installés dans une petite maison très modeste. Dans le quartier de Recouvrance, trois enfants et leur jeune maman qui me disait avoir trente ans vivaient dans une maison presque insalubre, prêtée par la mairie.
Babylon Berlin, Schneidermann : tourbillon et sidération
“Les années 30 nous obsèdent”, écrit Daniel Schneidermann dans Berlin, 1933. Entre Babylon Berlin, série à succès qui fait du bruit et un livre qui dépiaute les silences de la presse internationale dans l’entre-deux guerres : dialogue. (Lire l’article)
Aristote à Hollywood (2)
Aux causes finales, explications commodes mais illusoires, Aristote adjoignait les causes “formelles”, celles qui sont censées expliquer la forme des choses, vivantes ou inanimées. Et c’est sans doute la partie de sa philosophie qui a le plus mal vieilli, puisque la forme, dans le cadre de la science moderne, s’explique entièrement par les propriétés de la matière, guidées par une éventuelle “information”, matérielle elle aussi. Pour les créatures vivantes, cette information est d’ordre génétique et codée chimiquement dans leur ADN. La forme d’Aristote, elle, était une “essence”, une “idée” venant d’un mystérieux monde extérieur pour informer la matière brute. Tex Avery, bien sûr, se saisit de cette notion surprenante. (Lire l’article)
Versus, vice-versa
Christophe Béranger et Jonathan Pranlas-Descours viennent de présenter à Marseille et Avignon, un solo à deux ou un duo de soli avec le plasticien Étienne Rey. Un spectacle musical et lumineux. (Lire l’article)
La fabrique de l’indépendance
Désireuses de publier de bons livres qui soient aussi de beaux objets, de nombreuses maisons d’éditions indépendantes renouvellent l’attention portée à la maquette et à la fabrication.
Armand Gatti rend la parole
Que laisse Armand Gatti ? Un grand vide d’abord. Le poète, mort le 6 avril à l’âge de 93 ans, avait une présence hors du commun. « Au commencement était le Verbe » : les premiers mots de l’Évangile de Jean pourraient figurer en tête de la multitude de citations que l’on imagine sur sa tombe. Un Verbe qui tenait du fleuve en crue, submergeant tout, et d’abord les digues du sens. Savants ou ignorants, tous les auditeurs de Gatti se retrouvaient à peu près sur le même plan, abasourdis par l’avalanche des références et les bifurcations d’une pensée impossible à canaliser. (Lire l’article)
Mont-de-Marsan, terra flamenca
Avec la création il y a 29 ans du festival Arte Flamenco, Mont-de-Marsan est devenue la deuxième patrie du flamenco. C’est pour les artistes un lieu de rendez-vous car ils ne font pas qu’y passer mais sont invités à y séjourner, à participer à des rencontres publiques, à y donner des stages et des master classes. La programmation équilibrée n’oublie rien des maîtres du genre tout en s’ouvrant aux nouveaux talents. Et pas des moindres. La jeune Patricia Guerrero a ébranlé le Café Cantante avec son spectacle Catedral. (Lire l’article)
Sonate pour Leibniz
L’arithmétique est un de ses outils de composition favoris : Scarlatti adore compter, remplaçant un motif de 13 éléments par un de 6 et un de 7, en divisant un autre par deux, soumettant la patience de l’auditeur à l’épreuve d’écouter 32 fois de suite le même élément, et pas 33, ou compensant, tel un apothicaire à sa balance, le déséquilibre de deux parties voisines. Cette conception arithmétique de la musique rejoint de toute évidence celle de Leibniz, qui était de la génération précédente et mourut peu avant que Scarlatti ne s’installe à Lisbonne, mais dont les œuvres étaient dans toutes les bibliothèques. (Lire l’article)
De l’insoutenable satisfaction du désir
Trafic du vivant et de l’inanimé. Aliénation au désir. Esclavage moderne. Déresponsabilisation. Réflexion sur le langage. Enquête policière qui se moque de savoir ce qu’il est advenu de l’éventuelle victime pour ne s’intéresser qu’à des questions éthiques, Suréquipée, de Grégoire Courtois, est aussi, par le biais du fantastique, un roman qui rogne les frontières. (Lire l’article)
La vie merveilleuse du Palais de Tokyo
Cette saison, au Palais de Tokyo, ça prend. Deux artistes y sont exposés jusqu’au 10 janvier 2016 : Ugo Rondinone (“I ♥ JOHN GIORNO”) et Ragnar Kjartansson. Le premier nous épuise, donc nous rend heureux. Le deuxième réinvente les codes d’une distanciation non pas militante mais mélancolique. Et l’on se dit qu’un musée peut être une endroit merveilleux. (Lire la suite)
Voyage dans la Mancha
The Hispanic Museum & Library possède un des carnets d’aquarelles peintes par Daniel Vierge...
Nudité Humanité
« Je suis devenu photographe par amour »: actuellement exposé à la Nue Galerie à Paris, Hervé Lassïnce publie une série de portraits qui en témoignent dans un ouvrage intitulé « Nous »
Ce que tomber veut dire
Et là, sur le chemin, parce que le hasard, c’est bien vrai, n’est jamais hasardeux, je croise un livre au titre à la fois beau et intrigant. Et on y tombe, certes, dans ce roman d’Ana Negri.
Pour être moins seul·e·s dans le bourbier
De nos jours, les femmes bossent, les hommes aussi, ou ils chôment mais provisoirement, les logis sont petits, les humains sont mobiles par choix ou par implication professionnelle subie, et, éloignés, les vieux parents trinquent. Ils n’ont pas même, du moins en France, le droit de choisir de mourir dignement. Si ce fardeau prévisible vous échoit, vous trouverez réconfort et idées concrètes pour tenir, dans deux ouvrages parus récemment. (Lire l’article)


















