La Granvillaise
Fort discrètement, le gouvernement vient de se doter d’une Cellule d’études et de prospective des modèles disruptifs (Cepromodis) directement rattachée à Matignon. Derrière cette dénomination se cache un organisme de veille sur la collapsologie, terme désormais consacré désignant l’exploration transdisciplinaire du probable effondrement de notre civilisation industrielle, ainsi que de ses suites éventuelles. Un document diffusé par la Cepromodis auprès des préfectures, que délibéré a pu consulter, dévoile simultanément l’existence de cette cellule et la nature de ses préoccupations. (Lire l'article)
Ettore Sottsass, émaux, émois
Le maestro italien a créé à toutes les échelles, entre art et design, pour “parler de la vie”. À l'Institut cultuel italien à Paris, on peut découvrir Smalti, ses joyaux assez méconnus en émail, de 1958, présentés par les collectionneurs Fulvio et Napoleone Ferrari. Des petits totems qui nous émeuvent comme des grands. Pour poursuivre la conversation avec Sottsass, ce parleur. Qui est aussi présent à la biennale d'architecture d'Orléans, avec sa série d'armoires Superbox et ses photographies de désert. (Lire l'article)
Topologie d’un imaginaire
Les artistes Pia Rondé et Fabien Saleil reviennent sur leur expo “Cité-Fantôme” et plus généralement sur leurs méthodes de travail et leurs sources d'inspiration. Le titre de l'expo était emprunté au roman Topologie d’une cité fantôme d’Alain Robbe-Grillet.
Sortir au jour d’Amandine Dhée: la mort à visage humain
C’est par un non-évènement que s’ouvre le beau livre d’Amandine Dhée paru au début de cette année, "Sortir au Jour" (Editions La Contre Allée), qui parle sereinement de ce que la mort nous inspire
“Mes personnages sont le réceptacle d’une misogynie féroce”
L'auteur de Haine revient longuement sur la genèse des deux monstres qui cohabitent dans son roman.
Trois ans, dix mois et quatorze jours
C’est demain et c’est hier. Bruna, crâne rasé, tatouages et yeux de tigre, au passé fabriqué par un mémoriste, accepte des boulots de misère payés par des pauvres. Détective privé. Moins d’État, plus de libertés, zéro recours. Tous responsables. Contrairement aux humains qui l’ont fabriquée et qui vieillissent indéfiniment en étirant les années à coups de chimie et d’opérations, Bruna se fout des vertus de l’apprentissage, de la vénération de l’acquis par l’expérience, de la valorisation de la patience sur l’action. (Lire l'article)
François Garde, pour ceux qui se lèvent, à Sarcelles ou même ailleurs
La haine, la peur, le rejet. Face à cela, des jeunes de Sarcelles ont décidé, à leur échelle, de réagir, avec courage et générosité. Ils ont vu les images de ces gens jetés sur les trottoirs parisiens, en plein XXIème siècle, affamés, bousculés, ignorés. Ils ont donné un peu de leur poche et ils se sont mis à cuisiner. Cent cinquante repas et sandwiches. Qu'ils sont allés distribués à Stalingrad et à Porte de la Chapelle. Avant de lancer un “défi” aux autres quartiers de banlieue pour qu'ils fassent de même. Ils se sont levés, comme le protagoniste du dernier roman de François Garde, L'Effroi. Et comme ceux qui les imiteront. (Lire l'article)
Cyprien : vieillir n’est pas son genre
Un propriétaire de corps nous écrit. Enfin, pas qu'à nous. C'est le célébrissime Cyprien. Et comme nous sommes judéo-chrétiens, il se plaint, prétérition aidant. Parler de son corps, faire parler son corps, c'est à peu près la seule activité des vlogueurs, même déguisée en autre chose. Il y a quelques mois, la Youtubeuse Natoo avait donné la parole à ses seins ou ses fesses. Le dialogue était positif puisque son corps, après l'avoir gentiment bitchée, la remerciait de s'être acceptée avec ses petits défauts. Chez Cyprien, c'est plus vindicatif. On apprend qu'il a les poils de la barbe et des sourcils plantés n'importe comment, qu'il est myope d'un œil et hypermétrope de l'autre, qu'il “transpire comme un gros porc”, qu'il prend du gras sur les hanches et les cuisses “comme une femme”. Par conséquent, il s'épile et fait un régime. Last but not least, il semble commencer à perdre ses cheveux. (Lire la suite)
Grand blond avec pantomime
Au Théâtre de l'Atelier à Paris, Pierre Richard interprète Monsieur X, un vieux peintre montmartrois. Un spectacle sans parole et sur un fil, ponctué de gags sonores et de surprises visuelles sur fond de poésie surréaliste. Léger mais non sans charme.
8, avenue Lénine : Heureuse comme une Rom en France
Pendant quinze ans Valérie Mitteaux et Anna Pitoun ont filmé Salcuta Filan, une Rom de Roumanie...
Brest 1982 : la ville, les pauvres, le port (2)
Le quotidien des “nouveaux pauvres” tels qu'on nommait en 1982 ceux que la société laissait en marge, pouvait se vivre dans ce qu'on nommait cités de transit. Des logements très modestes, d'un confort sommaire, offraient des solutions qu'on souhaitait temporaires à ceux qui en bénéficiaient.
Muhammad Ali, le tape dancer
Cassius Clay était déjà mort. Vécut donc Muhammad Ali, le tape dancer. On lui a mis des gants sur ses mains pourtant faites pour caresser l’air. Sur le ring, sa garde était toujours en alerte. Les bras semblaient ballants comme chez Cunningham mais c’est dans cette fausse insouciance qu’il prenait la force et l’élan pour frapper. Net, direct, cash. Sur ses demi-pointes, il promenait l’adversaire. On aurait dû lui donner des gants blancs de smurfer. Mais le smurf n’existait pas encore. Il était noir, on lui dit de frapper. Il frappa donc. La jambe était déliée, les bras libres. Il était porté par l’élan populaire. Le visage était le même, ne bronchait pas : trop de coups dans la gueule. Nous n’avons vu que rarement un tel danseur. (Lire l'article)
Uzès danse roule en “Jaguar”
Le clou de la 21ème édition du festival Uzès Danse fut un spectacle de la Cap-Verdienne Marlene Monteiro Freitas, en duo pour le moins sportif avec Andreas Merk : Jaguar, créé en 2015. Présenté comme une chasse, chasse à l’homme, chasse à courre ou chasse à la danse, ce spectacle bourré de références tout autant aux œuvres chorégraphiques du passé, notamment des Ballets Russes (Jeux de Debussy, L’Après-midi d’un faune de Nijinsky…) qu’à des compositeurs (Stravinsky, Schönberg, David Bowie), ou des peintres et dessinateurs (Kandinsky, Adolf Wölfli), nous plonge dans un charivari sonore, visuel et gestuel. (Lire l'article)
Vostok
“Vostok” de Leticia Ramos explore les profondeurs du plus grand lac sub-glaciaire de l'Antarctique, à cinq cents mètres en dessous du niveau de la mer. Vérité documentaire ou illusion d'optique?
Sonate pour Leibniz
L'arithmétique est un de ses outils de composition favoris : Scarlatti adore compter, remplaçant un motif de 13 éléments par un de 6 et un de 7, en divisant un autre par deux, soumettant la patience de l'auditeur à l'épreuve d'écouter 32 fois de suite le même élément, et pas 33, ou compensant, tel un apothicaire à sa balance, le déséquilibre de deux parties voisines. Cette conception arithmétique de la musique rejoint de toute évidence celle de Leibniz, qui était de la génération précédente et mourut peu avant que Scarlatti ne s'installe à Lisbonne, mais dont les œuvres étaient dans toutes les bibliothèques. (Lire l'article)
L’ordre des machines
“L’Ordre des lucioles”, l’exposition du 17ème prix de la Fondation d’entreprise Ricard, est dominée par la polarité entre deux œuvres : Énergie sombre de Florian Pugnaire & David Raffini et Synchronicity de Robin Meier. Dans le dialogue entre ces deux œuvres semble se rejouer la tension qui anime la création contemporaine depuis les années 1960, celle d’une perpétuelle oscillation entre l’affirmation de l’objet et sa destitution. (...)
Le temps retrouvé des juifs du Tafilalet
L'expo organisée au Musée d'art et d'histoire du judaïsme à Paris met en lumière l'une des communautés juives les plus anciennes du Maghreb et rend hommage à Jean Besancenot (1902-1992), peintre et photographe.
Là où se termine la terre
Premier tome de la trilogie sur le Chili de Désirée et Alain Frappier, publié en 2017, "Là où se termine la terre" retrace la vie d'un militant de gauche, de sa naissance en 1968 à l'élection de Salvador Allende en 1970.


















