Lear accable Py
La liste des spectacles ratés dans la Cour d'honneur du festival d'Avignon est très longue. Acteurs et metteurs en scène de talent s'y sont souvent cassé les dents, au point qu'il n'est pas abusif de prétendre que l'échec y est la règle. Choisissant de monter Le Roi Lear, Olivier Py a-t-il voulu signifier que la charge du pouvoir l'accablait déjà ? (Lire l'article)
La discothèque, architecture des flux
Voom Voom de Saint-Trop, Piper de Turin, Club 54 de New York, Palace parisien, Hacienda de Manchester... Et bien d'autres lieux mythiques qui ont mené les corps yéyé, jerk ou disco jusqu'au bout de la nuit. Lumière, son, drogues ont sculpté les espaces de ces discothèques nées dans les années 60. L'exposition La Boîte de nuit, à la Villa Noailles (Hyères), s'immerge dans ces architectures intangibles. Des bulles métaphoriques d'innovations sociales, artistiques et technologiques, imaginées par des architectes expérimentaux, d'ambiance plutôt que d'intérieur. Éclate phénoménologique, entre boules à facettes, décibels et utopies. (Lire l'article)
Jean-Pierre Martin pour Pauline Camille
La honte est, selon Jean-Pierre Martin, l’un des grands ressorts de la littérature. À l’heure où les Américains se jettent sur 1984 de Georges Orwell pour essayer de cerner au mieux les agissements de leur président et ses fameux “faits alternatifs” ; à l’heure où en France la saga Fillon compte plus de rebondissements et de révélations dantesques que la plus audacieuse des séries américaines ; à l’heure, donc, où la réalité semble avoir clairement dépassé la fiction, il est plus que jamais nécessaire de chercher dans la littérature ce que la réalité veut dire. (Lire l'article)
Le temps retrouvé des juifs du Tafilalet
L'expo organisée au Musée d'art et d'histoire du judaïsme à Paris met en lumière l'une des communautés juives les plus anciennes du Maghreb et rend hommage à Jean Besancenot (1902-1992), peintre et photographe.
Bror Gunnar Jansson : troublants personnages
Le jeune bluesman suédois, sorte de réincarnation de John Lee Hooker et de Skip James, est en tournée en France, où sa carrière internationale est née, pour présenter son troisième album, And The Great Unknown Part II. Avec des clins d'œil aux work songs des champs de coton et au son cubano, et des chansons à thèmes politique et écologique. Et une passion intacte pour l'Amérique, réelle et imaginaire, terre d'amours et de colères. (Lire l'article)
The Quiet Life
En mai 1888, invité à Broadway pour un weekend chez Frank Millet, Abbey fait la connaissance de...
Un saltimbanque sérieux, Jacques Nichet
Parmi les mille monts et merveilles que nous a offerts Jacques Nichet, il en est un qui les rassemble tous. C’est un livre intitulé Je veux jouer toujours. Et Jacques Nichet a joué tant qu’il a pu.
Très haut, trop jeunes : Stephanie Sinclair sur le toit de l’Arche
L’Arche du Photojournalisme, vaste espace d’exposition juste sous le toit de la Grande Arche de La Défense, accueille le travail fascinant de Stephanie Sinclair. Cette photographe américaine a passé près de quinze ans à documenter une atrocité silencieuse : les mariages forcés de fillettes, une pratique qui sévit de l’Afghanistan aux États-Unis, du Népal à l’Éthiopie, de l’Inde au Yémen (au total une cinquantaine de pays), et qui touche des milliers d’enfants… chaque jour. (Lire l'article)
Arnaud Meunier ou le théâtre optimiste
Arnaud Meunier met en scène un Candide pimpant, à la fois près du texte et inventif, proche de la comédie musicale. Dans un entretien, le metteur en scène revient sur ce spectacle et sur sa conception du théâtre.
Window Water Baby Moving
Window Water Baby Moving (1959) est l'un des films les plus célèbres du cinéaste expérimental américain Stan Brakhage (1933-2003). Il y montre la naissance de sa première fille. Le film fit scandale à l'époque à cause de la représentation du corps de la femme.
Uzès danse roule en “Jaguar”
Le clou de la 21ème édition du festival Uzès Danse fut un spectacle de la Cap-Verdienne Marlene Monteiro Freitas, en duo pour le moins sportif avec Andreas Merk : Jaguar, créé en 2015. Présenté comme une chasse, chasse à l’homme, chasse à courre ou chasse à la danse, ce spectacle bourré de références tout autant aux œuvres chorégraphiques du passé, notamment des Ballets Russes (Jeux de Debussy, L’Après-midi d’un faune de Nijinsky…) qu’à des compositeurs (Stravinsky, Schönberg, David Bowie), ou des peintres et dessinateurs (Kandinsky, Adolf Wölfli), nous plonge dans un charivari sonore, visuel et gestuel. (Lire l'article)
Superman vs Batman, concours d’engins
Avouons-le, l’affiche du jour nous a fait envie : face à face sur le ring, les deux stars historiques de l’écurie DC Comics, Ange et Démon d’un catch geek planétaire, “super hérauts” de valeurs que tout oppose – entre le premier de la classe, immortel descendu sur Terre et remisé au placard dans son costume de réac, et le justicier vengeur borderline, “humain trop humain”. Tous deux réconciliés par le fantasme de l'hyperpuissance comme virilité, dans un imaginaire hollywoodien qui met ici à nu sa libido malade, sa mauvaise bile de frustration masculine et de régression œdipienne. Et Superman et Batman de finir entre poilus qui se comparent l’engin, selon la bonne vieille fraternité des vestiaires et des casernes. (Lire l'article)
L’Autre de l’Arabe mis à nu
Jetant dans une revue confectionnée à la hâte et avec soin ses poèmes oniriques ou acides, un collectif d’émigrés sans foi ni loi, divines ou politiques, explore les potentialités poétiques de la langue arabe et s’en prend à l’héritage qu’il refuse. Ces auteurs revendiquent pour cela un autre legs, qu’on croyait taillé à la seule mesure d’un Occident traversé par ses propres crises, celui du surréalisme. Poèmes en vers ou en prose, pièces littéraires et contre-points théoriques de cette revue ont été traduits de l’arabe et rassemblés par Abdul Kader El Janabi dans un volume intitulé Le Désir libertaire. Le surréalisme arabe à Paris. 1973-1975, publié aux éditions L’Asymétrie. (Lire l'article)
Hélène Delprat, angoisse ludique à la Maison rouge
Un couloir argenté, psychédélique avec son chenillard de lumières arc-en-ciel. Une voix qui pourrait être celle de Hal 9000, l’intelligence artificielle badass de 2001 l’Odyssée de l’espace, enjoint, en boucle, à ne pas avoir peur : “C’est l’inconnu qui fait peur.” Il y a des poignées de porte qu’il faudrait peut-être tirer, et au bout du couloir, la voix, forte : celle d’Hélène Delprat, artiste plasticienne, qui investit la Maison rouge à Paris, jusqu’au 17 septembre. (Lire l'article)
Gilles Marchand pour François Hollande (oui, encore)
François Hollande défend le social-libéralisme parce que, voyez-vous, “c’est le libéralisme sans la brutalité”. Voilà qui rappelle vaguement ce qui se dit de l’édulcorant (le goût du sucre sans les calories), les plats allégés (le plaisir sans les kilos), les régimes miracles (la perte de poids sans les privations)... Notre Président en campagne s'arrange encore une fois pour passer à côté de la réalité et même des rêves. Qu'il lise donc le roman de Gilles Marchand, Une bouche sans personne. On ne sait jamais, il pourrait en tirer quelque chose sur le sens et la valeur des rêves, des espoirs et de la façon de contrer certaines réalités douloureuses. (Lire l'article)
Visions aveugles
Il est une chose superbe dans le fonctionnement de l’œil, c’est qu’au beau milieu de la surface sensible qu’est la rétine se trouve un point aveugle. L’approche dominante postule la totale transparence du monde – la formule consacrée veut qu’à l’heure d’internet, des réseaux et des technologies de pointe, rien ne puisse plus échapper à l’œil inquisiteur d’un Big Brother menaçant. À moins, précisément, que la possibilité d’échapper à la vue ne se trouve dans la vision même ? C’est une des questions que pose le projet Staring at You Staring at Me, qui se déploie dans cinq lieux (deux à Séoul, trois à Paris et en région parisienne) et rassemble sans distinction le travail d’étudiants et d’artistes confirmés vivant en France ou en Corée. (Lire la suite)
L’Ukraine entre crainte et tremblement
Paru en 2019, L'Ukraine, une histoire entre deux destins de Pierre Lorrain permet de mieux comprendre le passé complexe d'un pays pour lequel le droit à exister n'est jamais allé de soi.
8, avenue Lénine : Heureuse comme une Rom en France
Pendant quinze ans Valérie Mitteaux et Anna Pitoun ont filmé Salcuta Filan, une Rom de Roumanie...


















