La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Critiques
“Obstinée comme une prégnance”, une chronique avéryenne de Nicolas Witkowski
Chroniques avéryennes, Écrans

Obstinée comme une prégnance

Une fois la question de la saillance réglée, la prégnance est émise. Parfois, la prégnance s'avère impossible à arrêter. Parfois, elle s'arrête juste avant d'investir son récepteur, laissant le spectateur dans un état de frustration avancé. En fait, la seule façon d'arrêter une prégnance est de lui en opposer une autre.
Item, Théâtre du Radeau, ms François Tanguy © Jean-Pierre-Estournet
Théâtre

Et le Radeau va

Tout spectacle du Théâtre du Radeau tient du rêve plus ou moins éveillé. Inutile de suivre le fil, le sens échappe dès qu'il affleure, reste la sensation, une mélancolie certaine. Approche en désordre de l'idée d'harmonie, Item est particulièrement réussi. 
Arts plastiques, Expo

Feu l’Europe, musée rétrofuturiste au Mucem

Au Mucem, le metteur en scène belge Thomas Bellinck installe son "Domo de Eūropa Historio en Ekzilo" (Maison de l'histoire européenne en exil), une exposition-installation-performance qui nous projette dans un avenir proche. Dans ce musée délaissé et poussiéreux, les visiteurs, en poussant des rideaux en plastique ou des vieilles portes bringuebalantes, retraversent les grandes heures de la construction et de la déconstruction de l'Europe. On passe par la salle des vieux billets (l'euro, autrefois "joyau européen"), on y admire un cendrier à l'effigie d'Angela Merkel, on s'y rafraîchit la mémoire sur les circonstances du retrait de la France en 2022. Une ode à l'euro-scepticisme ? Au contraire... (Lire l'article)

Co-urbanisme architecture Fèvre
Architecture

Co, le monde est “co”

De coworking à covoiturage, le préfixe “co” gagne du terrain. Illustration au Pavillon de l’Arsenal à Paris avec l’exposition Co-urbanisme.  Quinze projets, de Notre Atelier commun à Rennes aux Ateliers inter-services à Lille, qui riment avec collaboratif. (Lire la suite)

Mario Benedetti, Qui de nous peut juger, traduit de l'espagnol (Uruguay) par Serge Mestre, éditions Autrement, 2016. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne dans délibéré
Livres, Ordonnances littéraires

Mario Benedetti pour les crédules

Dimanche 4 septembre 2016 : Mère Teresa est déclarée sainte par le Pape. Magnifique ? Scandaleux ? Le premier roman de l'écrivain uruguayen Mario Benedetti, enfin traduit en français, s'intitule justement Qui de nous peut juger. Car toute vérité est relative, certes, mais gare tout de même à ceux qui n'essaient pas de la regarder en face. Chacun ses saints, chacun ses traîtres. À chacun, bien sûr, de choisir son camp, à moins de vouloir se retrouver, comme Miguel, l'un des personnages du roman,cocu à une seule corne”... (Lire l'article)

Sonia Delaunay, Trois femmes, formes, couleurs, 1925. Musée Thyssen Bornemisa, Madrid
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Le style et la structure

Avec Scarlatti, les musicologues disposent d'un cas d'école : ce Napolitain vivant à Lisbonne puis à Madrid n'a cessé de mélanger les styles — italien et espagnol, mais aussi les goûts français et allemand — comme il a joyeusement mélangé les motifs musicaux de ses sonates. Démêler les styles et les structures imbriqués dans les sonates est le secret du bonheur scarlattien, mais l'éducation musicale, par tradition, ne met l'accent que sur le style. C'est dommage, car c'est réducteur. Prenez par exemple un prestigieux pianiste, chef d'orchestre et grand scarlattien, Christian Zacharias. Prenez ensuite une sonate au hasard, la 193 par exemple, et demandez-lui ce qu'il entend. (Lire l'article)

Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Live and Let Die

E pur si muove ! La Terre tourne et, mieux que Galilée, ce sont les chaînes d’info en continu qui nous le prouvent chaque premier janvier en diffusant des images des feux d’artifices successifs de Sydney, Dubaï, Paris, New York, Los Angeles (jamais celui de Bar-le-Duc, étrangement). L’humanité communie ainsi une fois par an dans les pétards, mais des pétards qui ne pètent pas tous en même temps. L’apocalypse, ce sera beaucoup mieux : le grand spectacle pyrotechnique aura lieu au même moment pour tout le monde. Quelle chanson pour accompagner la scène finale ? (Lire l'article)

Dario Fo
Théâtre

Ainsi fit Dario Fo

Lui et sa compagne Franca Rame, morte il y a trois ans , adoraient se lancer des piques à l'insu du public quand ils étaient ensemble sur scène. “Tu es sûre que tu as fermé le gaz?” lui glissait-il à l'oreille. “Tu as encore la braguette ouverte”, lui répondait-elle. Irréductible à la solennité, Dario Fo détestait les acteurs et les metteurs en scène qui se prennent au sérieux. “Ce n'est pas grave, ce n'est que du théâtre”, répétait-il.

Jennifer Clement, La Veuve Basquiat, traduit de l'anglais (États-Unis) par Michel Marny, Christian Bourgois éditeur, 2016. Une ordonnance littéraire d'Hélène Quanquin dans délibéré
Livres, Ordonnances littéraires

La Veuve Basquiat pour Chelsea Manning et les victimes de l’enfermement

Le 21 août 2013, Bradley Manning est condamné à trente-cinq ans de prison par un tribunal militaire pour avoir donné des documents classés secret défense à Wikileaks. Le lendemain de sa condamnation, Bradley Manning déclare sa transidentité et prend le nom de Chelsea. Son histoire entre en résonance avec La Veuve Basquiat. Une histoire d’amour de Jennifer Clement (traduit de l’anglais - États-Unis- par Michel Marny, Christian Bourgois éditeur), récit fragmenté, à plusieurs voix, de la relation entre Suzanne Mallouk et Jean-Michel Basquiat dans le New York des années 1980. (Lire l'article)

Kiviak. Photo Wikipedia
Arts froids, Manchots, Zoologie

Kiviak

Noël s'en vient et les réjouissances du réveillon avec lui. À cette occasion, pimentez un peu le festin familial en proposant à vos convives un plat venu du Nord, presque du pays du Père Noël. Un plat du Groenland nommé kiviak, une spécialité culinaire inuit.

Bande dessinée, S'il vous manque une case...

Les arts du possible (2)

En constituant des mondes miroirs du nôtre, les BD présentent des univers virtuels qui, sous la forme de métaphores ou de dystopies, mettent en évidence les réalités de notre quotidien ainsi que ses dérives possibles. Elles proposent ainsi une lecture permettant de comprendre que la recherche du bien-être, ou les pratiques les plus consensuelles de nos systèmes sociaux, portent en elles des risques pouvant mettre en danger le fondement même de la vie politique : la liberté. (Lire l'article)

Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

J’arrive où je suis étranger

Signe de la fin des haricots selon l’islam : “Les femmes seront dévêtues tout en étant habillées.” Ce qui promet une fin du monde assez haute en couleurs. D’ailleurs le Prophète a prévenu : “La Fin du Monde n'aura pas lieu tant que les gens ne s'accoupleront pas en public dans la rue comme le font les ânes”, ce qui revient à dire que l’ultime jour sera une partouze comme on en a peu vu. Hélas, ce sera la dernière. Pour les chrétiens, l’Apocalypse se présente beaucoup moins bien. Dès que le septième sceau sera brisé, s’abattront sur la Terre tonnerre, éclairs, tremblements de terre, grêle et feu mêlés de sang, tout cela sur fond de trompettes au son nettement moins mélodieux que celle de Chet Baker. (Lire l'article)