Sous la vague pour Bernard Arnault
Tout ne va pas pour le mieux dans le royaume de Bernard Arnault car, c’est officiel, l’homme n’est plus le plus riche de France. De quoi envisager une sévère déprime pour celui qui, en 2014, gagnait 1 million d’euros par heure. Bon moment, sans doute, pour se mettre à la lecture : les éditions du Rouergue publient en ce mois d’août un roman d’Anne Percin, Sous la vague, dans lequel un milliardaire, Bertrand Berger-Lafitte, héritier et directeur des cognacs du même nom, s’en tape une, de déprime. (Lire l’article)
La place du mort
Aux Rencontres de la photographie d’Arles, deux expositions s’articulent autour d’un convoi funéraire. D’une part, le voyage en train, de New York à Washington, de la dépouille de Bob Kennedy, le 8 juin 1968. Monté à bord, Paul Fusco avait photographié ceux et celles qui ont tenu à lui rendre un dernier hommage le long de la voie ferrée. Autre cortège funèbre, celui transportant les cendres de Fidel Castro de La Havane à Santiago de Cuba, en 2016. Monté dans une voiture, l’Américain Michael Christopher Brown a photographié les Cubains venus saluer le líder máximo armés de pancartes « Yo soy Fidel ». Des morts qui en disent long sur les vivants.
Castellucci et la face sombre de l’Amérique
Mais de quoi ça parle ? Une partie du public de la MC 93 s’est posé la question, pendant et à l’issue de Democracy in America, le nouveau spectacle de Romeo Castellucci. Une perplexité souvent doublée d’agacement, tant certains ont l’impression d’être exclus du champ des initiés. Pas sûr que Castellucci mérite ces réactions épidermiques. (Lire l’article)
Cent experts pour un marchand et une oreille de faussaire (2)
Bien que son œuvre fasse grand bruit dans le milieu, le maître faussaire demeure invisible et méconnu. L’occultation de son existence, en effet, est la condition du couronnement. Aussi performant soit-il, ce créateur ne peut jamais recueillir les applaudissements auxquels donne lieu le succès de son travail. Pour cette raison sans doute, comme plusieurs exemples en attestent, il est parfois tenté de fomenter une petite énigme permettant d’atténuer la frustration inhérente à sa condition de faussaire. De ce point de vue, l’auteur du Judith et Holopherne découvert à Toulouse et attribué au Caravage est bien un maître… (Lire l’article)
Paola Pigani pour le cas Morano
Vous allez me dire, d’accord, vous voulez prescrire de la lecture à Nadine Morano, très bien, mais est-on bien sûrs que cette dame lise des livres ? Je vous répondrai : nous ne sommes sûrs de rien, et alors ? Ce n’est pas parce que vous ne prenez habituellement pas de médicaments que votre médecin se gardera de vous en prescrire. Donc, Nadine Morano. Qui déclare, à propos des dénommés “migrants” : “Aujourd’hui le sentiment d’envahissement que ressentent les Français, ce n’est pas un sentiment, c’est une réalité.” Que prescrire ? Un remède intéressant, me semble-t-il, est sorti en 2015, et je serais d’avis de l’essayer sur un cas que d’aucuns jugent sérieux. Il s’agit du roman de Paola Pigani, Venus d’ailleurs, paru aux éditions Liana Levi. (Lire la suite)
Gilles Belley, trois voyages autour de ma chambre
Comme chaque année, le VIA (Valorisation de l’innovation dans l’ameublement), expose ses aides à la création de design. Mais plus au salon Maison & Objet de janvier, uniquement dans sa nouvelle galerie du XIe arrondissement à Paris. S’y distinguent d’abord la carte blanche offerte à Gilles Belley, trois habitacles qui redessinent l’espace d’un appartement. Et les délicates lampes de Sébastien Cordoleani, fabriquées avec un luthier. (Lire la suite)
Le Vin
Il est 11 heures au bar-tabac de la Poste, à Saint-Pair-sur-Mer (Manche). Au comptoir, deux hommes discutent devant un verre de calvados, qui n’est apparemment pas le premier que le patron leur ait servi. Le moins éméché des deux attrape un journal dont la manchette interroge en lettres rouges : « Faut-il croire à la fin du monde ? ». Il le met sous le nez de l’autre, qui s’emporte : « Putain, ils commencent à nous faire sérieusement chier avec leur fin du monde. Un coup c’est le Brexit, un coup c’est l’apocalypse. Qu’est-ce qu’y vont nous servir, après ? » (Lire la suite)
La guerre franco-prussienne comme si vous y étiez
À son arrivée à Paris la famille Urrabieta s’installe rue Blanche. Fasciné par la ville, Daniel...
Banksy vs Marcel : un siècle de retard sur l’art en morceaux (2)
En s’en prenant physiquement à l’œuvre elle-même, Duchamp dit à la fois que la destruction du Beau doit avoir une effectivité matérielle et qu’il s’agit néanmoins d’une « figuration du possible », où la destruction est donc elle-même figurée et devient objet de la création. Sous un rapport fondamental, qui se distingue de l’acte destructif délibérément accompli – celui du vandale ou de Banksy, par exemple –, le ready-made interroge l’origine de la destruction. (Lire l’article)
Wajdi Mouawad, Mère fluide
Après Seuls et Sœurs, Mouawad poursuit avec Mère son cycle Domestique, centré sur l’intime et la famille, sur le mode de la comédie et du mentir-vrai. Le travail en douceur et en souplesse d’un metteur en scène à son meilleur.
(Ne pas) Voir la guerre en peinture avec Vassili Verechtchaguine (1842–1904)
Vétéran de l’armée des tsars, le peintre Vassili Verechtchaguine, né en 1842 à Tcherepovets dans le Nord de la Russie européenne, a participé pendant les années 1860 à la brutale et douloureuse conquête coloniale du Turkestan par la Russie. Il avait été invité à se joindre aux troupes impériales en tant que peintre officiel…
La Comédie des Erreurs
Edwin Austin Abbey accepte finalement la proposition de Harper’s d’illustrer les comédies de...
“Un territoire, c’est ce que tu peux partager”
“La mort, notamment en mer et dans l’océan. Personne n’en parle. En Europe, c’est un sujet qui n’existe pas.” Écrivaine engagée dans la solidarité avec les réfugiés, Marie Cosnay en parle.
Skizzenbuch (2)
Le succès du premier recueil de dessins Skizzenbuch I fut tel que le deuxième, Skizzenbuch II,...
Les Barbares
Qui seront les nouveaux Barbares ? À quoi ressemblera notre Moyen Âge ? Quand en sortirons-nous ? En sortirons-nous ? Certes, l’histoire ne se répète pas— ou alors comme une farce, disait l’autre — mais on peut tirer toujours quelques fils prospectifs. Notre effondrement sera beaucoup plus rapide, il sera violent : le retour à la terre va être plus rude que les décroissants ne l’espéraient. (Lire l’article)
Céline le Narratéen et L’école des caves (3/3)
Si l’on dépasse les appréciations de psychologie littéraire, on trouve chez l’auteur du Voyage et de Bagatelles les éléments d’une théologie qui aux premiers temps de son invention fut l’expression d’une protestation que seuls quelques esprits libres surent affirmer.
Actrice de doublage
Frédérique Tirmont est comédienne. Si l’on peut souvent la voir au théâtre, au cinéma ou à la télévision, on peut l’entendre bien plus encore. Elle est en effet la voix française de Meryl Streep et d’Emma Thompson, entre autres. Elle nous parle de son métier d’actrice de doublage, qui en dit également long sur certains enjeux de la traduction. (Lire l’entretien)
Lapi-not dead at all
Après avoir été laissé pour mort dans le dernier album de la série des “Formidables aventures de Lapinot”, le héros éponyme de Lewis Trondheim est à présent ressuscité, pour le plus grand bonheur de ses fans. Ce n’est pas seulement le célèbre lapin que nous avons le plaisir de retrouver mais aussi ses amis, l’immature Richard, Titi ou Pierrot, dans une histoire où le fantastique se mêle à une lecture de notre société contemporaine et de ses dérives, qu’il s’agisse du terrorisme ou des sites de rencontre pour célibataires. C’est surtout l’occasion de découvrir, pour ceux qui ne le connaîtraient pas déjà, un des plus grand auteurs de la BD française contemporaine. (Lire l’article)


















