Pirandello, plein cœur
Championne des spectacles longs, Marie-José Malis récidive au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers qu'elle dirige. Après le Dom Juan de Molière présenté à l'automne (près de cinq heures de représentation), elle étire sur une durée équivalente Vêtir ceux qui sont nus, de Pirandello, au risque de mettre à mal la patience des spectateurs. Sauf que cette fois, le parti pris de la lenteur fonctionne : le calvaire d'Ersilia, l'héroïne de la pièce, est restitué avec une intensité qui questionne et bouleverse. (Lire l'article)
¡ Venceremos !
Désirée et Alain Frappier publient le dernier volet de leur roman graphique sur le Chili, qui entremêle magistralement l'intime et le politique.
Ordonnance pour le patient Jean-Vincent Placé
Cette année, Le Salon du Livre a été rebaptisé “Livre Paris”, il s’est tenu au moment où le gouvernement cherchait (il cherche d’ailleurs toujours) à imposer une “Loi travail” et après que l’Université de la Sorbonne Nouvelle est devenue “Université Sorbonne Nouvelle”. Regardez bien, ce ne sont que trois exemples parmi bien d’autres mais comment nier l’évidence : il manque des mots. On ampute, on élague. Pourquoi ? Eh bien c’est par souci de simplification. Le site du gouvernement nous apprend que la simplification est un projet porté par un Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé de la Réforme de l’État et de la Simplification, Jean-Vincent Placé. L'heure est venue de lui prescrire un ouvrage pas du tout simplifié, ce qui lui permettra sans doute de poursuivre avec plus d’acharnement encore sa noble tâche. (Lire l'article)
Einsenstein le terrible
Dans la foulée de la récente exposition sur Eisenstein au Centre Pompidou de Metz et du catalogue publié à cette occasion, retour sur des épisodes clés de la carrière du cinéaste, notamment sa rivalité avec Dziga Vertov, autre "géant" du cinéma soviétique.
De l’insoutenable satisfaction du désir
Trafic du vivant et de l’inanimé. Aliénation au désir. Esclavage moderne. Déresponsabilisation. Réflexion sur le langage. Enquête policière qui se moque de savoir ce qu’il est advenu de l’éventuelle victime pour ne s’intéresser qu’à des questions éthiques, Suréquipée, de Grégoire Courtois, est aussi, par le biais du fantastique, un roman qui rogne les frontières. (Lire l'article)
Avengers : Infinity War, memento mori
Voilà un film dont on peut sortir comme sidéré. Non pas soufflé par sa toute-puissance spectaculaire, mais plutôt en état de choc, dans ce tout premier vertige de la courbe du deuil où la mauvaise nouvelle ne nous paraît pas plus réelle encore qu’un rêve. Car si le blockbuster devient ici expérience scénaristique et esthétique, laboratoire d’un “vivre ensemble” de cinéma où cohabitent les styles et les registres des diverses franchises Marvel, il impose surtout une grâce mélancolique et tragique rare dans un tel produit marketé. (Lire l'article)
The Pusher
Cinq petits mois après le début de l’année, l’Europe a déjà pêché plus de poissons et coupé plus d'arbres que ce que les océans et les forêts sont capables de produire en un an, et elle a émis plus de carbone que ce que la nature est capable d'absorber. Si le monde entier vivait comme les Européens, il faudrait quasiment trois planètes pour subvenir aux besoins de l'humanité... (Lire l'article)
ForEverGreen
Lorsque Franck Medrano a franchi le seuil du Consortium, douze ans plus tôt, sous l’œil narquois des hôtesses sublimes, le boss a rugi : “Bienvenue dans la vraie vie !”. Tempêtes électroniques, matières premières et krachs. Que le Marché caracole dans l’azur pour le bien-être des masses et ses guerriers en costumes seront les nouveaux apôtres, sympathiques crapules. Que tout s’effondre et ils voleront la vedette en prime time aux violeurs d’enfants. (Lire l'article)
Un autre monde
La fin du monde survient généralement quand le monde ne se voit plus d’avenir. Il semble que nous n’en soyons plus très loin. L’art giratoire — la décoration des ronds-points — s’impose comme le champ le plus créatif des arts plastiques. Mireille Mathieu a reçu le titre de Docteur Honoris Causa de l’Université d'État des sciences humaines de Moscou en récompense de “son talent musical phénoménal ayant eu une influence significative sur la jeunesse”. Un visiteur s’est blessé en tombant dans une installation d’Anish Kapoor, Descent Into Limbo. Pendant ce temps-là, Nicolas Hulot démissionne, Nana Mouskouri et Alain Delon signent une pétition, certains croient dur comme fer que la terre est plate... et nous, nous chantons “Un autre monde” avec le groupe Téléphone. (Lire l'article)
Les frères Bouroullec, de la fontaine à la source
Le 21 mars, jour du printemps, l'eau des six fontaines taries du Rond-Point des Champs-Élysées – elles avaient été piétinées lors de la Coupe du monde de foot 98 – va jaillir à nouveau, quinze mètre au-dessus du sol. Elle s'écoulera du haut de six mâts, dans du cristal, vers les six bassins conservés, datant du XIXe siècle. Ces pièces exceptionnelles ont été redessinées, complètement réinventées par Ronan et Erwan Bouroullec, dans l'esprit de celles conçues par le verrier Lalique en 1930. Leurs mâts des Champs, projet précieux, fragile et onéreux, feront sans doute l'objet de critiques, au temps des gilets jaunes sur rond-point. En attendant, les deux frères font un pas de côté. Et exposent leur dessins personnels et respectifs, chez kreo, leur dixième monographie en cette galerie parisienne. (Lire l'article)
El Farru, pile et face
Le festival Arte Flamenco de Mont-de-Marsan attire des amateurs du monde entier et réserve de drôles de surprises. Ce fut le cas avec ces deux prestations d’El Farru. Côté pile, Flamenconcierto : spectacle de son cru, super show bling-bling où ne manquait qu’un feu d’artifice final. Côté face, le spectacle &dentidades de Pastora Galván, où il a rendu un hommage à son grand-père El Farruco, complètement habité par son fantôme. (Lire la suite)
Le voltigeur d’Avignon
Sauts de l’ange en altitude et à l’envers, très cher, vrilles, saltos, sauts périlleux avant, arrière, sur les côtés, en haut en bas, voltiges au-dessus d’un cycliste ou d’une brochette de spectateurs... Farid Zitoun, prodigieux acrobate qui semble avoir développé sa propre technique n’a pas besoin de trampoline. Il est l’Acrobate bleu de Picasso ou celui de Chagall, le cirque de Pékin ou le groupe acrobatique de Tanger à lui tout seul. Un solo de l’ange, à voir à Avignon, dans le off du off du off, complètement in. (Lire l'article)
Le Conte d’Hiver
La troisième (tragi)comédie illustrée au cours de l’année 1892 fut Le Conte d’Hiver. Après La...
Il était dix-huit négatifs…
Pendant plus de quarante ans, Gilles Walusinski a conservé la pochette que lui avait remise son père et qui contenait dix-huit négatifs représentant Trotsky et ses proches au Mexique. Pour lui, ces photos ne sont pas seulement des documents historiques mais une clé qui ouvre sur sa propre histoire, sur celle de son père, Gilbert Walusinski, et de toute une génération de militants révolutionnaires anti-staliniens, regroupés autour du journal La Révolution prolétarienne, animé par Pierre Monatte et Alfred Rosmer. Vieil ami de Trotsky, Rosmer avait prêté en novembre 1938 sa maison de Périgny en région parisienne pour la réunion de fondation de la IVe Internationale. Une maison où Gilles Walusinski enfant a souvent séjourné dans les années cinquante.
8 – Professionnels de la profession
Certaines professions sont surreprésentées dans les séries: avocat, médecin, homme et femme politique et bien sûr policier (on croise aussi moult tueurs en série mais cette occupation peut difficilement passer pour un métier). Ces professionnels ont en commun de côtoyer beaucoup de monde, de passer sans cesse d’une affaire à l’autre et d’être aux prises avec une large palette des maux de la société.
La quête du Graal
Nous allons terminer cette série consacrée à Edwin Austin Abbey tout d’abord par quelques uns...


















