Les conquêtes de l’espace
Au commencement de la peinture, il y a l’espace. Le peintre se préoccupe de placer ce qui sera le point de fuite et cette ligne qui marquera l’horizon puis de tracer le plan quadrillé qui transformera la surface de sa toile en un espace illusoire : une perspective. La figure ne viendra qu’en second et détournera le regard du spectateur. Mais il arrive qu’elle ne vienne pas, que la scène demeure déserte et que l’espace ait alors tout loisir de déployer aux yeux ses artifices et les rigueurs de ses géométries. Artifices et géométries dont deux artistes exposées à la galerie de Roussan s’emparent : Juliette Mogenet et Claire Trotignon. (Lire la suite)
Alain Platel, paysages pendant la bataille
Nicht Schlafen (Ne pas dormir), la nouvelle pièce d’Alain Platel, présentée à la 17ème Biennale de Lyon, s’ouvre sur un tableau dévasté. L’œuvre plastique de la plasticienne Berlinde De Bruyckere attire immédiatement l’attention : des chevaux morts sont entassés, tués dans des positions de crampes, de râles. Moulées dans du polyester, les bêtes sont accrochées aux cintres par des filins. Sur le plateau, la bataille fait rage. Les neuf danseurs, dont une seule femme, se cherchent, se provoquent, s’arrachent les vêtements, dans un conflit qui va crescendo. (Lire l’article)
La Ribot attitude
La Ribot a présenté une sélection de ses “pièces distinguées” au Centre national de la danse : des Distinguished Hits regroupant les fragments d’une collection initiée en 1993. Chaque pièce est un tableau vivant et bien vivant, où le corps se transforme au fil des rôles et des accessoires qu’il endosse. La Ribot sait manier l’humour pour mieux pratiquer l’art du détournement, jouer avec les codes, les images et les objets. (Lire l’article)
Kung Fu Panda / The Assassin… en quête du “chi-néma”
À l’affiche, deux films que tout semble opposer tentent de se réapproprier le film d’arts martiaux chinois. D’un côté, Assassin, le wu xia pian de l’auteur Hou Hsiao-hsien, Sifu d’une modernité esthète et intimiste… De l’autre, Kung Fu Panda 3, la franchise la plus populaire de sa Seigneurie Dreamworks, dans la lignée des Jackie Chan… A priori, pas plus à voir entre ces deux là qu’entre un moine en tunique et un colosse en armure qu’on mettrait face à face.Mais l’un et l’autre parviennent-ils à saisir le “Chi”, ce principe de l’énergie vitale cher à la cosmologie bouddhiste ? (Lire l’article)
Shlomo Sand : vous voulez vraiment que je parle de ça ?
Depuis Comment le peuple juif fut inventé, Shlomo Sand, historien, professeur émérite de l’université de Tel Aviv, est honni par les uns, qui voient en lui un ennemi de son pays voire de son peuple et l’ont mal lu ; adulé par les autres, antisionistes, qui l’ont souvent mal lu aussi. Il publie son premier polar, La Mort du Kazhar rouge, que l’on conseillera aux deux. Le roman, policier ou autre, a cet avantage : il échappe aux catégories et ouvre sur la nuance, l’intime. Et l’auteur. (Lire l’entretien)
Montpellier Danse : des chocs venus du Sud
Le 36ème festival Montpellier Danse s’est achevé le 9 juillet. Il a été le reflet d’un bouillonnement certain, du surgissement d’une danse traversée et concernée par les tragédies de l’époque (l’homophobie grandissante, la montée des fascismes, la crise économique, la revendication de cultures ignorées ou méprisées par l’Occident, la question des migrants, des réfugiés et de l’exil). Tous les chorégraphes ont visé dans le mille, sans trop se soucier de formater leurs spectacles pour plaire ou être dans l’air du temps. (Lire l’article)
Indépendances et liberté
Indépendance, le mot sonne si bien qu’il peut être mal utilisé, galvaudé en simple image de marque. Nous avons interrogé des éditeurs et des éditrices sur leur définition de l’indépendance, la vraie.
Fabrice Dugied, un dernier regard
Danseur et chorégraphe, Fabrice Dugied est décédé le 4 avril 2016. Artiste associé à la programmation danse du studio Le Regard du Cygne, à Paris, depuis sa fondation en 1985, il n’eut de cesse de défendre la danse contemporaine, de l’explorer autant dans ses travaux personnels fragiles et singuliers que dans sa manière de fouiller l’histoire de cet art et de le transmettre.
Relais 4×400 m messieurs
Plaire, aimer et courir vite, le film de Christophe Honoré montre le relais que se passent trois hommes de générations différentes. Leur course est pleine d’obstacles : nous sommes dans les années 1990 et le SIDA fait des ravages.
Spirituel, fantasque et rabelaisien
Heinrich Kley est à présent reconnu. Quelques mois seulement après la publication de ses...
Hayao Miyazaki : intelligence humaine
2013 : le dessinateur japonais Hayao Miyazaki, réalisateur et producteur de films d’animation mondialement connus, annonce qu’il prend sa retraite. C’est la fin du studio Ghibli, qu’il a créé en 1985 avec Isao Takahata (Le Tombeau des lucioles). Le réalisateur Kaku Arakawa le retrouve en 2016, alors que Miyazaki, un brin malicieux, déclare reprendre du service en s’engageant dans un nouveau projet : la réalisation d’un court-métrage, Boro la chenille, à partir d’images de synthèse. Documentaire sur le retour du vieux maître, Never-Ending Man, est aussi et surtout prétexte à une passionnante réflexion sur les rapports entre l’humain et l’intelligence artificielle. (Lire l’article)
Pour le coup de blues des confiné·e·s: Disparaître
En ces temps de confinements, vous aurez besoin, pour faire face avec dignité, non pas de PQ mais de livres (à commander, télécharger). Alors lisez Evan Ratliff!
Constance Guisset, le tourbillon de la vie
En dix ans, Constance Guisset a déjà créé un ensemble impressionnant d’objets volants ou en mouvement, de la lampe Vertigo aux tables Ankara. Elle a scénographié les ballets d’Angelin Preljocaj et nombre d’expositions. Si cette designer n’impose pas un florilège de concepts, ou de références théoriques, elle raconte un design du côté du merveilleux. Le musée des Arts décoratifs de Paris lui consacre une exposition, aussi dense que facétieuse. (Lire l’article)
Aurillac en pleine forme
Soit, d’un côté, un festival dont le désordre public est la raison d’être, et de l’autre un contexte politique –l’état d’urgence– à la philosophie radicalement contraire. Le festival des arts de la rue d’Aurillac, qui s’est terminé samedi 20 août, a bien surmonté le dilemme, et ce n’est pas l’état d’urgence qui a gagné. Trente ans après sa fondation, en 1986, la manifestation se porte bien. Ce n’est pas qu’une question de chiffres –vingt compagnies dans la programmation officielle et plus de six-cents autres dites “de passage” dans le off. C’est aussi que les arts de la rue continuent d’inventer et de frapper fort, toutes générations confondues. (Lire l’article)
La sonate comme Ovni
Un mystère des sonates tient à l’emploi de l’improvisation. On a vu Scarlatti l’utiliser pour ajuster leur proportion et ainsi en finir avec les règles, dites ou non-dites, qui structurent sa musique. Du coup, les nombreux jazzmen qui swinguent sur Scarlatti courent le risque d’improviser… sur de l’improvisation. Le pianiste David Greilsammer rapproche les sonates de Scarlatti de celles, pour piano préparé, de John Cage. Quel lien entre les deux hommes ? “Ils partagent la même conception, dit Greilsammer, de la sonate comme Ovni fugitif, solitaire et lointain, messager d’un monde futur où tout serait possible”. (Lire l’article)
Marie Darrieussecq ou le slalom de l’insomniaque
« Je carbure aux barbituriques depuis près de trente ans. Je savoure les soporifiques, je...
L’Ire des marges
Fondatrice des éditions L’Ire des marges à Bordeaux, Bérengère Pont revient sur dix ans d’engagement, de colère et de convictions. Et sur un catalogue riche d’une quarantaine de titres, entre fictions, textes politiques et critiques littéraires.
Mondes tsiganes, ombres et lumières
L’exposition Mondes tsiganes, au Musée national de l’histoire de l’immigration, interroge sur l’utilisation de la photographie dans la construction des stéréotypes associés aux populations roms de France et d’ailleurs.


















