L’Empire du Milieu contre-attaque
Le cinéma chinois va-t-il dévorer Hollywood ? Cela fait en tout cas longtemps qu'il est parti à la conquête du monde. Dès les années 1920, les frères Shaw étendaient leur empire sur toute l'Asie. Journey to the West, The Demons Strike back, blockbuster réalisé par Tsui Hark et présenté dans le cadre du 7e Festival du cinéma chinois en France, raconte la lutte d'un jeune moine contre les démons. Il ne s'agit pas de tuer le mal, mais de le faire revenir au bien. Ce n'est pas gagné... (Lire l'article)
Visions aveugles
Il est une chose superbe dans le fonctionnement de l’œil, c’est qu’au beau milieu de la surface sensible qu’est la rétine se trouve un point aveugle. L’approche dominante postule la totale transparence du monde – la formule consacrée veut qu’à l’heure d’internet, des réseaux et des technologies de pointe, rien ne puisse plus échapper à l’œil inquisiteur d’un Big Brother menaçant. À moins, précisément, que la possibilité d’échapper à la vue ne se trouve dans la vision même ? C’est une des questions que pose le projet Staring at You Staring at Me, qui se déploie dans cinq lieux (deux à Séoul, trois à Paris et en région parisienne) et rassemble sans distinction le travail d’étudiants et d’artistes confirmés vivant en France ou en Corée. (Lire la suite)
Vivian Maier ou l’incertitude
La galerie parisienne Les Douches, qui, depuis 2013, a déjà réalisé plusieurs expositions des œuvres photographiques de Vivian Maier, présente jusqu’au 30 mars « The Color Work ». Pour l’essentiel, le travail de Maier sur la couleur, dans les scènes de rue dont elle est coutumière. Ce qui frappe dans une grande partie des œuvres présentées, ce sont les portraits. On ne cesse de s’interroger sur le rapport entre la photographe et ses modèles. Ceux-ci sont-ils partie prenante de la relation ? On pourrait croire qu’il n’y a rien entre l’image consentie et l’image dérobée. Pourtant, Vivian Maier réussit par moments le tour de force de se situer dans un entre-deux qui rend la chose indécidable. (Lire l'article)
Oscar Wilde in the right place
À l'expo Oscar Wilde au Petit Palais, on s'attend à voir de touchantes lettres d'amour, des photos sépia de jeunes lords efféminés, les merveilleux dessins érotiques d'Aubrey Beardsley, et ces grandes toiles préraphaélites, hideuses et risibles aujourd'hui, qui faisaient les délices de la gentry anglaise et qu'Oscar portait au pinacle. On s'attend moins à y trouver André Gide, camarade de débauche, et Robert Badinter, qui revient en vidéo sur l'inique procès qui condamna Wilde à deux ans de travaux forcés pour homosexualité et incitation de mineurs à la débauche... (Lire l'article)
Le sabre et le bouclier, comme un goût de guerre froide
C’est un passage d’une minute à peine, qui figure dans le troisième volet du documentaire prochainement diffusé par Arte, consacré au KGB en ses divers états. On y voit Vladimir Poutine, alors en passe de devenir président pour la première fois, s’adresser à un parterre de Kgbistes réunis à la Loubianka. "Chers camarades, je vous informe que le groupe d'agents que vous avez chargé d'infiltrer le gouvernement a accompli la première partie de sa mission..."
Traduire le flamenco
"Performer le flamenco traduit: danse, chant, et musique": un colloque consacré à la traduction du flamenco.
Voulez-vous produire avec moi ?
Pour financer la production du film La Uruguaya, l'écrivain et éditeur argentin Hernán Casciari a fait du crowdfunding. Les donateurs sont co-producteurs et participent aux décisions.
Beauté Congo, une expo bien sapée
À la Fondation Cartier, l'exposition Beauté Congo – 1926-2015 – Congo Kitoko mêle des artistes de plusieurs générations, en rupture avec l’académie, à l'humour souvent dévastateur. Une exposition touffue qui balaie large au risque d'en faire trop, associée un parcours musical pertinent. (...)
Jean Tardieu pour mon banquier
La “gamification”, vous connaissez ? Ce concept à la mode dans les entreprises, les universités ou la communication gouvernementale est une version modernisée du pain et du cirque, avec peu de pain et beaucoup de cirque. Concrètement, on applique au citoyen, au client, au collaborateur – disons au “peuple” – des méthodes qui sont celles que l’on utilise par ailleurs avec les enfants de maternelle : des activités incessantes encadrées par des consignes régulièrement répétées, très simples et très claires, de la pédagogie, le tout sous une forme qui doit toujours être ludique. Illustration à partir des techniques bancaires actuelles, et avec Jean Tardieu. (Lire l'article)
Benoît Coutaz, accompagnateur de livres
Pour diffuser leur catalogue, cent vingt maisons d'édition indépendantes font appel à Harmonia Mundi Livres. Entretien avec son président, Benoît Coutaz.
Eros Hugo
Baigneuses au lac : ce daguerréotype, et quelques autres, valurent au sieur Félix-Jacques Moulin (1802-1879) de passer un mois en prison pour outrage aux bonnes moeurs. En tout cas, à peine née, la photo s’intéressait déjà au corps de la femme. On eût été surpris qu’il en fût autrement. Il est amusant de noter que Moulin est né la même année que Victor Hugo, lequel s’y intéressait aussi beaucoup, aux corps des femmes. Il n’est donc pas absurde de retrouver quatre images du photographe précurseur de l’érotisme dans l’exposition “Eros Hugo” qui vient d’ouvrir à la maison Victor Hugo de la place des Vosges. (Lire la suite)
Là où se termine la terre
Premier tome de la trilogie sur le Chili de Désirée et Alain Frappier, publié en 2017, "Là où se termine la terre" retrace la vie d'un militant de gauche, de sa naissance en 1968 à l'élection de Salvador Allende en 1970.
Night Fevers pour clore la Biennale de la danse de Lyon
Des jaillissements, des collectifs qui isolent une figure intemporelle, de la sueur juste pour le plaisir de la dépense, des danses “anonymes” qui côtoient les savantes: la 17ème Biennale de la danse de Lyon qui s'est achevée le 30 septembre a ouvert de nombreuses pistes de réflexion, désenclavant la danse contemporaine, la libérant de son image prétendument élitiste. La preuve par trois spectacles hors norme : Le syndrome Ian de Christian Rizzo, Auguri d'Olivier Dubois et Sunny d'Emmanuel Gat et Awir Leon. (Lire l'article)
Constance Guisset, le tourbillon de la vie
En dix ans, Constance Guisset a déjà créé un ensemble impressionnant d'objets volants ou en mouvement, de la lampe Vertigo aux tables Ankara. Elle a scénographié les ballets d'Angelin Preljocaj et nombre d'expositions. Si cette designer n'impose pas un florilège de concepts, ou de références théoriques, elle raconte un design du côté du merveilleux. Le musée des Arts décoratifs de Paris lui consacre une exposition, aussi dense que facétieuse. (Lire l'article)
Live and Let Die
E pur si muove ! La Terre tourne et, mieux que Galilée, ce sont les chaînes d’info en continu qui nous le prouvent chaque premier janvier en diffusant des images des feux d’artifices successifs de Sydney, Dubaï, Paris, New York, Los Angeles (jamais celui de Bar-le-Duc, étrangement). L’humanité communie ainsi une fois par an dans les pétards, mais des pétards qui ne pètent pas tous en même temps. L’apocalypse, ce sera beaucoup mieux : le grand spectacle pyrotechnique aura lieu au même moment pour tout le monde. Quelle chanson pour accompagner la scène finale ? (Lire l'article)
Sarajevo, Athènes, vite fait
Impossible de reprocher à la compagnie Birgit Ensemble un manque d'ambition. Les deux spectacles présentés à Avignon, Memories of Sarajevo et Dans les ruines d'Athènes constituent les deux derniers volets d'une tétralogie intitulée Europe, mon amour. Le deuxième est plus abouti que le premier, mais le propos, dans les deux cas, souffre d'un manichéisme bien intentionné. (Lire l'article)
Fin de campagne électorale : du couvent au bordel
La campagne des présidentielles est terminée. Elle vous a mis à l'épreuve et, désormais, vous le savez: vous êtes pauvre en jurons. C’est à pleurer, comme si tout le reste ne suffisait pas, voilà que cette fichue période vous a mis le nez devant ce que vous refusiez jusqu’à présent de reconnaître : votre indigence affligeante en terme de grossièretés. Jetez-vous donc, avant les législatives, sur l'ouvrage de Claudine Brécourt-Villars : Du couvent au bordel, mots du joli monde (La Table Ronde). (Lire l'article)


















