Mayra Santos-Febres pour les sorcières
L'époque marque le grand retour des sorcières. Elles sont partout, aux États-Unis comme en France, sur la scène politique, sociale et littéraire. Mais leur récent retour en force ne leur épargne pas certains tourments. Elles souffrent en effet d'un dramatique problème de discontinuité. Pour elles, donc, le Dr P. prescrit cette semaine La Maîtresse de Carlos Gardel de Mayra Santos-Febres, paru chez Zulma, traduit de l'espagnol (Porto Rico) par François-Michel Durazzo. (Lire l'article)
Lucky Peterson, en souvenir de Jimmy Smith
Pour les nostalgiques de Jimmy Smith, voici un album hommage qu'un de ses élèves s'était promis d'enregistrer depuis la disparition de son maître il y a douze ans. Lucky Peterson célèbre fidèlement son mentor, jusqu'au graphisme de la pochette qui rappelle clairement les classiques de Jazz “Blue Note”. (Lire l'article)
Cyrano de Bergerac pour nos responsables politiques au verbe bas
L’insulte en politique est une arme banale mais redoutable. La manier avec habileté et brio permet dans bien des cas de prendre l’avantage, de pousser l’adversaire à la faute, de porter l’estocade. Chères et chers compatriotes, n’allons pas jusqu’à exiger l’usage de l’alexandrin dans le débat politique, mais demandons au moins à nos candidats un peu d'agilité verbale. Un peu d’esprit (cyranesque), aussi. (Lire l'article)
La place du mort
Aux Rencontres de la photographie d'Arles, deux expositions s'articulent autour d'un convoi funéraire. D'une part, le voyage en train, de New York à Washington, de la dépouille de Bob Kennedy, le 8 juin 1968. Monté à bord, Paul Fusco avait photographié ceux et celles qui ont tenu à lui rendre un dernier hommage le long de la voie ferrée. Autre cortège funèbre, celui transportant les cendres de Fidel Castro de La Havane à Santiago de Cuba, en 2016. Monté dans une voiture, l'Américain Michael Christopher Brown a photographié les Cubains venus saluer le líder máximo armés de pancartes "Yo soy Fidel". Des morts qui en disent long sur les vivants.
Hockney ou l’art de l’inversion
Deux expositions au moins ont rendu hommage à David Hockney ces dernières années, à la fondation Vincent Van Gogh à Arles en 2015-2016 et au centre Georges Pompidou à Paris en 2017. La galerie parisienne Lelong & Co. propose jusqu’au 9 mars un accrochage intitulé « New Photographic Drawings ». Pour l’essentiel, quatre œuvres de grand format, exposées dans une pièce, chacune occupant un mur. Des « dessins photographiques », comme les appelle Hockney, technique qui lui permet de montrer et de reconfigurer à sa guise des éléments de son environnement. (Lire l'article)
Bror Gunnar Jansson fait trembler la Boule Noire
Il a toujours l'air d'un clean cut kid. Pourtant Bror Gunnar Jansson hurle un boogie lancinant et musclé qu'un John Lee Hooker ne pourrait renier. Jeudi soir, dans la petite salle de la Boule Noire, Bror (qui signifie frère en suédois) a fait trembler les murs du Boulevard Rochechouart. Celui qui est surnommé “Enmanna” (one man band) sait tout faire. Il est aujourd'hui un incontournable de la scène blues et il est en concert le 17 juin à 20 heures à La Boule Noire, 120 boulevard de Rochechouart, Paris 18e. (Lire l'article)
Éric Vuillard pour les enragés du réel
L’époque est pragmatique. On aime aujourd’hui plus que tout l’efficacité pratique, on veut que les choses soient d’une utilité palpable et évidente. C’est pourquoi on a tendance à vouloir mettre au rancard ce qu’autrefois on arborait fièrement dès qu’on le pouvait : les idées, les théories. Qui maintenant sont perçues comme des pertes de temps : c’est avec le réel qu’il faut interagir, le bon gros réel, celui qui abrite les vrais gens. Le dernier ouvrage d’Éric Vuillard pourrait permettre à certains de ces de ces enragés du réel de retrouver le chemin de la fiction, de ses fulgurances, de ses beautés, de ses vérités cachées sous la surface des faits. (Lire l'article)
Une Belle Histoire
Au printemps 2017, Stephen Hawking déclarait à la BBC que les humains, s'ils voulaient survivre, devaient quitter la Terre d'ici 100 ans afin de coloniser une autre planète. En cause : une éventuelle guerre nucléaire, le changement climatique, une épidémie virale et/ou les progrès incontrôlables de l'intelligence artificielle. Un an plus tard, le célèbre physicien quittait lui-même la Terre, pas pour la planète Zorglub mais pour une tombe à l'abbaye de Westminster, aux côtés de celles de Newton et de Darwin. Ses cendres reposent désormais sous une pierre engravée de la formule T= hc³/ 8πGMk. C’est l'équation dite de Bekenstein-Hawking qui décrit l'entropie des trous noirs, en d’autres termes (très simplifiés) la quantité d'information qu'ils renferment. Et si cette inscription, choisie par le savant lui-même, était un ultime message ? (Lire la suite)
Des souris et des hommes illustré par Rébecca Dautremer
Les éditions Tishina publient Des souris et des hommes de John Steinbeck, (magnifiquement) illustré par Rébecca Dautremer et traduit par Maurice-Edgar Coindreau.
La petite sonate en fa majeur
La flambée Scarlatti des années folles s'éteint lentement avec deux textes très différents. Un roman d'un académicien aujourd'hui bien oublié, Edmond Jaloux, et une déclaration d'amour de Jean Giono. Les Barricades mystérieuses, en 1919, montraient déjà à l'œuvre le très habile (et très démonstratif) Jaloux. Huit ans plus tard, Sur un air de Scarlatti est dédié à Wanda, “qui a tant fait pour Scarlatti”. Cela commence comme Mort à Venise, et finit tout aussi mal. Jean Giono, trente ans plus tard, qualifie les sonates de “comprimés de magie”. Deux siècles exactement après la mort du maître, Sur quelques sonates de Scarlatti (1957) est une touchante évocation d'un souvenir d'enfance. (Lire l'article)
Traduire Karl Ove Knausgaard
Le Proust norvégien, comme certains le désignent, écrit au plus près de l'émotion et de la vie disséquée dans ses aspects les plus simples, les plus banals. Questionnée par Agnès Villette sur sa co-habitation avec un auteur de l'intimité et de la banalité, sa traductrice française évoque la transposition d'un style bref, dépouillé, volontairement pauvre, qui doit trouver son rythme et sa respiration en français. (Lire l'entretien)
La Ribot attitude
La Ribot a présenté une sélection de ses “pièces distinguées” au Centre national de la danse : des Distinguished Hits regroupant les fragments d'une collection initiée en 1993. Chaque pièce est un tableau vivant et bien vivant, où le corps se transforme au fil des rôles et des accessoires qu'il endosse. La Ribot sait manier l'humour pour mieux pratiquer l'art du détournement, jouer avec les codes, les images et les objets. (Lire l'article)
Beaucoup de bruit pour rien
En 1890, l’année de son mariage, de son déménagement à Morgan Hall et de la construction de son...
Éparse pour Nadine Morano
En ce début d’année 2018, le service de médecine littéraire rouvre ses portes après quelques mois d’inactivité, et force est de constater que le cas de celle qui a été notre première patiente est loin d’être réglé. Morano, c’est du lourd, de l’épais, du sérieux. N’empêche, nous n’avons pas vocation à ne soigner que les petits bobos, la médecine de confort n’est pas forcément à dénigrer mais les pathologies lourdes exigent toute notre attention. Nous avons donc décidé de reprendre le cas de cette patiente bien connue de nos lecteurs. (Lire l'article)
Maguy Marin, sans commune mesure
Encore une fois, Maguy Marin frappe fort. Elle a ouvert avec fracas la 18e Biennale de la danse de Lyon. Dans Ligne de crête, Elle dénonce les manquements des politiques actuelles. Elle joue sur l’accumulation et la saturation, ménageant toutefois des chemins labyrinthiques pour les six interprètes qui s’emparent d’une partition chorégraphique millimétrée à devenir complètement dingues. Et réveille dans le fracas le désir de liberté. Un vrai bazar. (Lire l'article)
Contre-histoire dansée de l’art
Le critique Philippe Verrièle et le photographe Laurent Paillier ont pris le contre-pied de ceux qui pensent que danse et arts plastiques sont intimement liés. Leur livre Danser la peinture renvoie Degas à ses danseuses – lui qui ne s’intéressa pas à la danse – et invite de jeunes chorégraphes à composer avec des peintres, de Kandinsky à Velickovic. Chacun des invités, majoritairement des jeunes pas forcément connus et reconnus, a planché sur un peintre. Il aura fallu quatre ans de travail pour que le livre sorte enfin, accompagné d’une exposition que l’on a pu voir au dernier festival Uzès Danse. À lire et à regarder. (Lire l'article)
Actrice de doublage
Frédérique Tirmont est comédienne. Si l'on peut souvent la voir au théâtre, au cinéma ou à la télévision, on peut l'entendre bien plus encore. Elle est en effet la voix française de Meryl Streep et d'Emma Thompson, entre autres. Elle nous parle de son métier d'actrice de doublage, qui en dit également long sur certains enjeux de la traduction. (Lire l'entretien)
Le Cœur
L'œuvre de Keila Alaver interroge la relation entre l’image en mouvement et le texte. Le Cœur est un livre, mais aussi une pièce éphémère et une action qui se répète : s'atteler chaque jour à la même tâche, séparer le cœur métaphorique du cœur anatomique.


















