Sully : le 11 Septembre n’aura pas lieu
Au contraire du film-catastrophe classique qui dramatise les victimes prêtes à s’entre-tuer pour survivre, les secours qui n’arrivent pas, les autorités qui se compromettent ou se disputent au lieu de suivre l’intérêt général, le film d'Eastwood magnifie la fluidité, la discipline, le sang-froid partagé qui a changé une hécatombe annoncée en prouesse improbable. (Lire l'article)
La Granvillaise
Fort discrètement, le gouvernement vient de se doter d’une Cellule d’études et de prospective des modèles disruptifs (Cepromodis) directement rattachée à Matignon. Derrière cette dénomination se cache un organisme de veille sur la collapsologie, terme désormais consacré désignant l’exploration transdisciplinaire du probable effondrement de notre civilisation industrielle, ainsi que de ses suites éventuelles. Un document diffusé par la Cepromodis auprès des préfectures, que délibéré a pu consulter, dévoile simultanément l’existence de cette cellule et la nature de ses préoccupations. (Lire l'article)
Empathy for the Evil (Traduire Horacio Castellanos Moya)
Le vieux policier malade, ancien catcheur, loser solitaire méprisé par ses collègues, avait toute l'allure d’un personnage très attachant. Dix pages plus loin, il n'est plus qu’un être répugnant, tortionnaire, violeur, sadique, une bête immonde. Pourtant... Le don d'empathie pour le pire est inséparable de l’art narratif de Horacio Castellanos Moya. Un art diabolique.
Le cristal de Varèse
Edgard Varèse, en 1936, appelait à un nouveau lien entre la science et la musique, afin de “libérer le son” et d'en finir avec la vieille conception mélodique de la musique. À l'origine de cette vision de la musique comme interaction de formes à deux ou trois dimensions, Varèse cite un minéralogiste américain, Nathaniel Arbiter, qui assimilait la création musicale à la croissance cristalline. Ni Varèse ni Arbiter n'avaient Scarlatti en tête quand ils explorèrent cette analogie. Leurs “groupes sonores”, pourtant omniprésents au sein des sonates, en sont les motifs élémentaires, et tout le jeu scarlattien consiste précisément à les déplacer, les fusionner, les dupliquer ou les diviser. Ressent-on leur pénétration ou leur répulsion, comme le rêve Varèse ? (Lire l'article)
Arrivée à Stratford-upon-Avon
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Mondes tsiganes, ombres et lumières
L’exposition Mondes tsiganes, au Musée national de l’histoire de l’immigration, interroge sur l’utilisation de la photographie dans la construction des stéréotypes associés aux populations roms de France et d’ailleurs.
Héros de survie
Des îles, Lesbos 2020 les Canaries 2021 : le dernier livre de Marie Cosnay est tissé de récits que l'autrice recueille auprès d'exilés, rencontrés à Lesbos, aux Canaries ou à la frontière espagnole.
Montre ta b… et tu verras la tour Eiffel
Un homme, culturellement, a-t-il autre chose de caché que son pénis ? Chez la femme, chaque partie du corps étant investie par le désir et la pulsion scopique masculine, il y a tout à découvrir. Chez les mecs, à peine un slip. Tel usager de site porno a donc philosophiquement raison de dire“mon petit sexe” : le tout de l'homme est par définition réduit. L'homme pourra toujours demander à la femme de tout montrer sans être jamais satisfait, et la femme, devant l'homme qui “montre tout” n'aura jamais rien d'autre à dire que : “c'est tout ?” De fait, jemontremabite.com est d'un ennui mortel. Courtes, longues, trapues, pointues, rondes, bronzées, livides ou écarlates, on s'en fout. C'est, d'une certaine façon, toujours la même bite. Une explication de ce phénomène d'annihilation de l'intérêt a été tentée par les antimodernes de la fin du XIXe siècle. (Lire la suite)
3 – «Based on a true story»
Nombre de séries de fiction sont basées sur des faits réels. Sont-elles pour autant plus faciles à concevoir? Oui et non.
Rodolfo Walsh en 36 vignettes (1-16)
Une drôle de note, glissée entre les cahiers saisis par la dictature peu avant ta mort, dit ceci : “On m’appelle Rodolfo Walsh, quand j’étais enfant, je n’arrivais pas à trouver ce nom convaincant, je me disais par exemple qu’il ne m’aiderait pas si je voulais devenir président de la République.” (Lire)
Tania Bruguera dans le cercle de l’enfer
Pour assister à Fin de partie de Beckett dans la mise en scène de Tania Bruguera, mieux vaut ne pas avoir le vertige. Son spectacle se déroule dans un haut cylindre de toile blanche entouré d'un échafaudage et de plateformes sur plusieurs niveaux où les spectateurs prennent place avant de passer la tête par un des trous percés dans le tissu pour regarder vers le bas. Les spectateurs sont entraînés au sein d'une expérience collective à la lisière entre l'enfermement et la liberté, dans un dispositif qui s'avère être un panoptique "ouvert" : tout le monde est sous le regard de tout le monde. Un spectacle d'une pertinence rare. (Lire l'article)
L’annuaire de Kirkpatrick
L'Américain Ralph Kirkpatrick, élève de Wanda et musicologue à Yale, est le principal biographe de Scarlatti. Son Domenico Scarlatti de 1953 est cependant à prendre avec des pincettes. La biographie est remarquable, mais la musicologie a souvent été remise en question. Non, toutes les sonates ne vont pas par paires, non, le point d'orgue de la sonate n'est pas la “crux” qu'il avait inventée, non Scarlatti n'a pas composé toutes ses sonates pendant les cinq dernières années de sa vie. Mais tout défricheur prend et assume le risque de faire fausse route. Son jugement sur l'évolution des sonates est parfois un peu énigmatique mais toujours d'une grande justesse. Il est l'auteur d'une classification “scientifique” des sonates. Mais la “vraie” classification chronologique reste à faire. (Lire l'article)
Jean-Pierre Martin pour Pauline Camille
La honte est, selon Jean-Pierre Martin, l’un des grands ressorts de la littérature. À l’heure où les Américains se jettent sur 1984 de Georges Orwell pour essayer de cerner au mieux les agissements de leur président et ses fameux “faits alternatifs” ; à l’heure où en France la saga Fillon compte plus de rebondissements et de révélations dantesques que la plus audacieuse des séries américaines ; à l’heure, donc, où la réalité semble avoir clairement dépassé la fiction, il est plus que jamais nécessaire de chercher dans la littérature ce que la réalité veut dire. (Lire l'article)
Exploratory Movement
Comment écrit-on un texte ? Comment imprime-t-on un livre ? Comment apparaissent, disparaissent et réapparaissent les mots ? Comment fait-on attention aux “choses” ? Autant de questions contenues dans Exploratory Movement (2017) de Inma Herrera
Débats lyriques (où le naturel revient au galop)
À l'opéra comme ailleurs, les débats font rage: on se dispute, on s'affronte, on s'écharpe. Et voici que revient sur l'avant-scène la très sérieuse question du black face, qui est une autre manière de parler de nature et d'artifice.
Une autre vie
Supposons que la date et l’heure de la fin du monde soit connue et qu’il n’y ait plus rien d’autre à faire que de s’y préparer. Dès lors, la grande question serait : avec qui vais-je passer mes ultimes minutes ? Avec ma chère épouse ou mon cher époux ? Avec mes enfants, s'ils ne préfèrent une fête entre copains ? Avec mon chat, mon chien, mon poisson rouge, mon iPhone ? Avec personne, puisque dans le fond chacun vit seul et meurt seul ? Ou avec une ou un ami(e) ayant assez d’humour pour transformer ces derniers instants en vaste blague. Ce type d’individu ne court pas les rues. À quoi ressemble-t-il ? À Deborah Mitford, alias la duchesse de Devonshire ? À Richard Gere ? À Alain Robbe-Grillet ? Et Alain Barrière, dans tout ça ? (Lire l'article)
L’arbre à sang: traduire à l’oreille
Sur la scène des Plateaux Sauvages, trois actrices interprètent L'Arbre à sang, de l'auteur australien Angus Cerini, dans une mise en scène de Tommy Milliot. Entretien avec Dominique Hollier, l'une des trois comédiennes, mais aussi la traductrice de la pièce.
Que l’énergie soit avec toi
À l'heure où nous réalisons que notre révolution industrielle, avec sa débauche énergétique, a bouleversé le climat, et où les matières premières (dont le pétrole) commencent à se raréfier sérieusement, il apparaît clairement que Star Wars s'est trompé de siècle. Qui fera aujourd'hui de la science-fiction avec des énergies renouvelables et des idées pour sortir de l'impasse où nous nous sommes engagés ? (Lire la suite)


















