Live and Let Die
E pur si muove ! La Terre tourne et, mieux que Galilée, ce sont les chaînes d’info en continu qui nous le prouvent chaque premier janvier en diffusant des images des feux d’artifices successifs de Sydney, Dubaï, Paris, New York, Los Angeles (jamais celui de Bar-le-Duc, étrangement). L’humanité communie ainsi une fois par an dans les pétards, mais des pétards qui ne pètent pas tous en même temps. L’apocalypse, ce sera beaucoup mieux : le grand spectacle pyrotechnique aura lieu au même moment pour tout le monde. Quelle chanson pour accompagner la scène finale ? (Lire l’article)
La Vie Moderne
Pour conclure* notre série d’articles sur Daniel Vierge, nous donnerons la parole à Émile...
Le Vin
Il est 11 heures au bar-tabac de la Poste, à Saint-Pair-sur-Mer (Manche). Au comptoir, deux hommes discutent devant un verre de calvados, qui n’est apparemment pas le premier que le patron leur ait servi. Le moins éméché des deux attrape un journal dont la manchette interroge en lettres rouges : « Faut-il croire à la fin du monde ? ». Il le met sous le nez de l’autre, qui s’emporte : « Putain, ils commencent à nous faire sérieusement chier avec leur fin du monde. Un coup c’est le Brexit, un coup c’est l’apocalypse. Qu’est-ce qu’y vont nous servir, après ? » (Lire la suite)
Dom Juan ou l’éloge de la lenteur
Marie-José Malis présente au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers un Dom Juan de Molière qui dure près de cinq heures sans entracte. Drôle d’idée que de ralentir à ce point les choses, comme si des vérités nouvelles devaient en surgir. Elle en est coutumière. La dilatation du temps fonctionnait bien dans Le Prince de Hombourg, qu’elle a monté en 2009 : la dimension somnambulique de la pièce et de son personnage principal s’y prêtaient. Pari réussi encore avec On ne sait comment de Pirandello, en 2011, traitée à la façon d’un cauchemar philosophique. Mais cela ne fonctionne pas à tous les coups… (Lire l’article)
Ben Shahn non conforme
Dessinateur, peintre, photographe et artiste engagé, Ben Shahn (1898-1969) fait l’objet d’une formidable rétrospective au musée Reina Sofia de Madrid. Né en Lituanie, mort à New York, il fut un grand témoin des combats essentiels du XXe siècle.
Lilliehöökbreen
Et puis on entend des craquements dans la glace, des détonations qui nous font tous sursauter. C’est le glacier qui vêle. Inexorablement, sous la pression de la terrible masse accumulée derrière lui…
Ricardo Piglia : le souffle de la fiction
Y a-t-il une histoire ? » C’est ainsi que s’ouvre Respiration artificielle, œuvre indispensable de l’Argentin Ricardo Piglia, qui vient de nous quitter. L’histoire familiale du jeune écrivain Emilio Renzi, alter ego aussi évident que mensonger de l’écrivain, s’entrelace avec l’histoire agitée de son pays. Dès les premières pages, il met en garde le lecteur : « Tout est apocryphe ». (Lire l’article)
Ordonnance pour les naufragés
Un homme se réveille nu, naufragé sur une plage. “Que lui était-il arrivé ? Une semaine plus tôt à peine (une semaine ! était-ce seulement possible ?), il rectifiait son nœud de cravate et présentait devant son équipe un plan d’action qui n’omettait aucune éventualité, dans lequel chaque risque avait été pallié, chaque heure prise en compte. Et maintenant ?”. Dans Sans oublier la baleine (traduit par Christine Barbaste, Stock, 2016), John Ironmonger raconte l’histoire d’un naufrage. D’où il ressort que si le pire est sûr, les conséquences ne sont pas toujours celles que l’on croit. Le récit prémonitoire de ce qui attend François Hollande l’année prochaine ? À lire dès maintenant, ou à garder sous la main pour 2017, dans votre kit d’urgence anti-gueule de bois.
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Écrigraphie et phototure
Tiens, c’est Virginia Woolf, se dit-on en apercevant l’affiche de l’exposition “Qui a peur des femmes photographes ?” présentée conjointement par l’Orangerie et le Musée d’Orsay. On se dit ça parce que la ressemblance entre la femme de l’affiche et l’écrivain est frappante, et que par ailleurs le titre de l’expo rappelle celui de la pièce d’Edward Albee, Qui a peur de Virginia Woolf ?. Mauvaise pioche pourtant : la femme de l’affiche s’appelle Mrs Herbert Duckworth. Mais bonne pioche quand même car cette Mrs Duckworth se trouve être la mère de Virginia. Ajoutons à cela que l’auteur de la photo, Julia Margaret Cameron, est la grand-tante de l’écrivain. Nous avons donc une belle affaire de famille. (Lire la suite)
Doctor Strange, ou le stade du miroir, de Nosferatu à Trump
Que comprendre de l’adaptation de ce comics réputé psychédélique, et de la “dimension-miroir” qu’il met en scène, double mystique de notre monde réel ? Toute-puissance magique du septième art, qui contemple ses propres super pouvoirs ? Ou reflet de notre civilisation, dédoublée elle aussi en un univers parallèle où se jouent la bataille des puissants et le destin des mortels, jusqu’à Trump récemment ? (Lire l’article)
Le songe d’une nuit d’été
Le Songe d’une Nuit d’Été achève en 1894 la série des comédies commencée six ans auparavant. ...
Voyages en banlieue sud
Qui veut voyager près ne ménage pas ses jambes. Depuis des années, Isabelle Massenet sillonne,...
Les Échos de la Terreur de Jean-Clément Martin pour le corps enseignant
Une grosse tête et surtout, un corps en souffrance. Le service de médecine littéraire est cette semaine confronté à un patient hors norme, éreinté et agressé de toute part. Cela tombe bien, nous venons de recevoir un médicament à usage complexe, Les Échos de la Terreur de Jean-Clément Martin (Belin, 2018) qui va néanmoins nous imposer un dilemme : envisageons-nous une posologie radicale avec effets secondaires importants ou un traitement plus léger mais au long cours, dont l’efficacité n’est pas garantie ? (Lire l’ordonnance)
L’État libre de Bavière
En 1913, Franz Joseph Brakl inaugure une nouvelle galerie avec une grande exposition d’environ...
Héros de survie
Des îles, Lesbos 2020 les Canaries 2021 : le dernier livre de Marie Cosnay est tissé de récits que l’autrice recueille auprès d’exilés, rencontrés à Lesbos, aux Canaries ou à la frontière espagnole.
Cyprien : vieillir n’est pas son genre
Un propriétaire de corps nous écrit. Enfin, pas qu’à nous. C’est le célébrissime Cyprien. Et comme nous sommes judéo-chrétiens, il se plaint, prétérition aidant. Parler de son corps, faire parler son corps, c’est à peu près la seule activité des vlogueurs, même déguisée en autre chose. Il y a quelques mois, la Youtubeuse Natoo avait donné la parole à ses seins ou ses fesses. Le dialogue était positif puisque son corps, après l’avoir gentiment bitchée, la remerciait de s’être acceptée avec ses petits défauts. Chez Cyprien, c’est plus vindicatif. On apprend qu’il a les poils de la barbe et des sourcils plantés n’importe comment, qu’il est myope d’un œil et hypermétrope de l’autre, qu’il “transpire comme un gros porc”, qu’il prend du gras sur les hanches et les cuisses “comme une femme”. Par conséquent, il s’épile et fait un régime. Last but not least, il semble commencer à perdre ses cheveux. (Lire la suite)
10 – Pour lendemains de cuite
Mal écrites, mal jouées, mal réalisées: ce sont les séries nanars. Il faut en voir quelques-unes pour mieux apprécier les autres. On ne va pas nécessairement jusqu’au bout de la première saison, ni même du premier épisode parfois, mais il est possible d’y prendre un plaisir pervers un lendemain de cuite…
Brest 1992 : le port et la ville (3)
Dernière séquence du travail à Brest en août 1992. Ces vues panoramiques permettent de capter l’évolution de la ville et invitent à poser une question : combien de temps faut-il attendre pour qu’une photographie devienne lisible en accord avec les intentions de son auteur ?


















