La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Critiques
Déguisements vikings pour monsieur et pour madame en vente sur internet
Arts froids

Un viking de pacotille

De passage dans la ville de Solvang en Californie en 2009, la photographe Naomi Harris a capturé l’image d’un homme déguisé en viking. Ce cliché sert aujourd’hui de point de départ à une drôle d’enquête exclusive pour comprendre quels sont les déterminismes du déguisement viking. Que nul n’entre ici s’il ne porte de casque à cornes!

Vino sospeso (Matali Crasset). Verre de dégustation à l’extérieur pour des vins en biodynamie réalisé par les apprentis du CIAV de Meisenthal pour l’exposition “Renversant” à la cité du Vin de Bordeaux. Photo © Pascal Boudet
Design, Expo

Bordeaux… ô verre, suspends ton vol !

À la Cité du vin de Bordeaux, bâtiment élevé à la gloire des vins du monde entier, l’exposition « Renversant » est une présentation de verres contemporains, bouteilles, carafes… au carrefour du design et de l’art. La designer Matali Crasset y a été invitée pour créer un nouvel objet pour la dégustation, Vino sospeso (Vin suspendu). Elle démontre là, une fois de plus, sa manière de regarder nos usages familiers avec un autre œil et d’autres doigts. (Lire l’article)

Joan Miró, Bleu II
Arts plastiques, Expo

Joan Miró, du coq à l’âne et vice versa

Vient de s’achever, au Grand Palais, une rétrospective consacrée à Joan Miró. Mais par quel bout le prendre, ce catalan impossible ? Lui qui, comme Dalí, comme Picasso, finit par ressembler à ses tableaux. La peinture déteindrait-elle sur nous ? À bien regarder cette exposition – les tableaux et leur public – il semblerait que oui. C’est l’effet Miró… Ça déteint, la peinture coule sur nous. Et l’art nous aide à respirer. (Lire l’article)

Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Le dernier jour

Eh bien voilà, nous y sommes, ou presque. Chaos politique en Grande Bretagne, climat insurrectionnel en France, shutdown historique aux États-Unis, Allemagne au bord de la récession, Belgique en miettes. Et puis l’Italie, la Hongrie, la Pologne, l’Autriche, le Brésil et l’on en passe. Jusqu’au Zimbabwe, hérissé de barricades depuis une brutale hausse du prix des carburants. Et après ? Prévoyons un effondrement des marchés, une dégradation accélérée du climat et de l’environnement, des migrations en tous sens. Tous aux abris ! (Lire l’article)

Annie Ernaux, Regarde les lumières mon amour, Folio, 2016. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne
Livres, Ordonnances littéraires

Annie Ernaux pour Serge Dassault

Le nécessiteux qui vient de m’être adressé s’appelle Serge Dassault, il a 91 ans et vit à Corbeil-Essonnes, dans une banlieue dite “sensible”. Alors que se passe-t-il avec ce monsieur ? Eh bien, il souffre d’une sorte d’inadaptation au réel, le diagnostic a été posé sans appel, l’été dernier, lorsque, en visite dans un hypermarché de sa ville, il s’est tourné soudain vers un caddie proche pour exclamer : “On n’a pas pris de petit véhicule ? On prend un truc comme ça ?”. Il se trouve que vient de paraître en poche l’ouvrage d’Annie Ernaux, Regarde les lumières mon amour qui, à défaut de traiter toutes les pathologies qui affectent l’honorable vieillard, pourra peut-être le remettre sur la voie d’un certain réel, celui de l’hypermarché, de ses clients, de ses lumières, de ses marchandises entassées, de ses promos, de ses queues à la caisse…. (Lire l’article)

Equus caballus canasson d'Islande
Arts froids

Humour islandais

Venus des quatre coins du monde, des touristes sillonnent l’Islande en été au volant de leurs Toyota Yaris de location. Les Islandais ont fini par les surnommer « Yaris People », et par raconter pas mal d’histoires à leur propos. Pour tourner la page d’une fin d’année particulièrement morose, égayons-nous avec un morceau d’humour islandais…

Block, chambre d'appoint, de Gilles Belley © VIA 2016 - Colombe Clier
Design, Expo

Gilles Belley, trois voyages autour de ma chambre

Comme chaque année, le VIA (Valorisation de l’innovation dans l’ameublement), expose ses aides à la création de design. Mais plus au salon Maison & Objet de janvier, uniquement dans sa nouvelle galerie du XIe arrondissement à Paris. S’y distinguent d’abord la carte blanche offerte à Gilles Belley, trois habitacles qui redessinent l’espace d’un appartement. Et les délicates lampes de Sébastien Cordoleani, fabriquées avec un luthier. (Lire la suite)

Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Fais dodo, Colas mon p’tit frère

Qui nous pleurera ? Qui se souviendra de nous ? Ne faudrait-il pas d’ores et déjà empailler quelques spécimens de la race humaine au cas où des visiteurs d’une autre galaxie viendraient, quelque temps après la catastrophe, à passer par là et chercheraient à satisfaire une curiosité bien naturelle ? Derrière une vitrine ultrarésistante, nous pourrions présenter un échantillon aussi complet que possible de l’humanité, façon muséum d’histoire naturelle : un pygmée, un trader de Wall Street, un conchyliculteur, un éditorialiste de la presse nationale, un chauffeur de VTC, un bouilleur de cru… (Lire l’article)

Brest 1992 © Gilles Walusinski
Brest 1982-1992, Photographie

Brest 1992 : le port et la ville (1)

En 1992 le Ministère de l’Équipement lança une « commande publique » dont le titre Le port et la ville correspondait à la préoccupation politique du développement – difficile – des ports en France comparé aux grands ports européens. Je décidai alors de revenir à Brest et d’y partir au mois d’août.

Chroniques scarlattiennes, Musiques

Un certain je-ne-sais-quoi

Au moins autant que de Leibniz, le Scarlatti espagnol — Don Domingo Escarlate — dut subir l’influence des philosophes et médecins locaux qui s’exprimaient volontiers sur les effets physiologiques de la musique. Le musicologue anglais Thomas Burney, qui avait longuement interrogé Farinelli sur Scarlatti, rapporte une réponse du maître à qui l’on reprochait son mépris des règles : “Scarlatti demanda si ces écarts offensaient l’oreille. Comme on lui répondait que non, il disait penser qu’il n’y avait guère d’autre règle digne de l’attention d’un musicien que de ne pas déplaire au seul organe des sens qui soit l’objet de la musique.” (Lire l’article)

Journées musicales Marcel Proust à Cabourg, 2016
Livres, Musiques

Fin de saison à Cabourg

Les lieux de pèlerinages proustiens n’offrent que ce qu’on y apporte, principalement des souvenirs de lecture. S’en aller à Cabourg (ou à Illiers-Combray, ou au 102 boulevard Haussmann) afin d’y retrouver les traces de Marcel Proust est une entreprise vouée à l’échec, tout comme serait illusoire d’aller chercher Homère sur les quais encombrés du Pirée contemporain. À Cabourg, seuls subsistent la belle lumière de la Manche, les mouettes, les cris d’enfants sur la plage et les “petits nuages roses au teint d’oeillet ou d’hydrangea”, ce qui n’est pas rien. Tous les deux ans, quelques notes de musique et conférences viennent enrichir cette polychromie : ce sont les Journées musicales Marcel Proust. (Lire l’article)