La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
High-Rise, thriller britannique de Ben Wheatley, avec Tom Hiddleston, Jeremy Irons… Une critique de Thomas Gayrard
Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Green Room / High-Rise, dans la cage aux chiens

En ces temps d’Apocalypse sociale programmée, voilà deux huis clos construits comme des survivals, qui tracent un horizon de tragédie pour notre monde : le retour à la barbarie, la menace du fascisme. Assez sèche et surprenante, la série B Green Room explore un nouvel hors champ de l’Amérique white trash : un groupe de punk se retrouve pris au piège d’un local de skinheads, des red necks aryens moins cons qu’il n’y paraît… Moins convaincant, High-Rise, adapté d’une satire SF de Ballard, nous enferme dans une tour de béton où d’un étage à l’autre, s’architecturent les rapports de classe, avant que le meilleur des mondes ne dégénère en dystopie sale et sauvage… (Lire l’article)

Patrick Bouchain, l'architecture comme relation, sous la direction d'Abdelkader Damani, texte de Pierre Frey, 288 p., 400 illustrations, coédition Frac Centre-Val-de-Loire / Actes Sud, 2018
Architecture

Patrick Bouchain, l’art d’être passeur

Pour construire, Patrick Bouchain, architecte, scénographe et enseignant n’a de cesse de regarder, rechercher, capter, fédérer, transmettre… Il a su inventer un réseau complice, affectif, imaginatif, politique, pour lutter contre ses propres découragements et fait aujourd’hui figure d’animateur d’une jeune architecture française. 

Théâtre

Le menuet des sens

La 17e édition du festival Actoral (arts et écritures contemporaines) fondé par Hubert Colas s’est ouverte le mardi 26 septembre au Théâtre du Gymnase à Marseille avec une création lumineuse, rigoureuse et emblématique de ce pourquoi le festival existe : faire parler les corps avec et sans les mots. Interprété par trois danseurs et une comédienne, Ensemble Ensemble de Vincent Thomasset, spectacle total et euphorisant sera repris en octobre au Théâtre de la Bastille à Paris, dans le cadre du Festival d’Automne. (Lire l’article)

Si elle s'amuse, comme la plupart de ses consœurs, à dévoiler ce que la société demande aux femmes d'occulter (elles pètent, rotent, font des commentaires sur le “boule” des mecs), Miss Serbia est une des rares sur Vine qui s'amuse à imiter les garçons. Un article d'Eric Loret dans délibéré
Courrier du corps

Miss Serbia, à miroir de rire

Si elle s’amuse, comme la plupart de ses consœurs, à dévoiler ce que la société demande aux femmes d’occulter (elles pètent, rotent, font des commentaires sur le “boule” des mecs), Miss Serbia est une des rares sur Vine qui s’amuse à imiter les garçons. Et le fait de pouvoir tout imiter, de modifier son regard, sa moue, etc. à volonté, semble lui prouver la plasticité de l’identité humaine. Le rire vient toujours ici d’un décollement critique : quand on s’aperçoit que ce qu’on croyait naturel, inévitable, est en réalité partiellement fabriqué. Miss Serbia adore du coup analyser le désir, la jalousie, le dégoût, et leurs contradictions. (Lire la suite)

Respiration artificielle, de Ricardo Piglia, traduit de l'espagnol (Argentine) par Antoine et Isabelle Berman, André Dimanche, 2000
Livres

Ricardo Piglia : le souffle de la fiction

Y a-t-il une histoire ? » C’est ainsi que s’ouvre Respiration artificielle, œuvre indispensable de l’Argentin Ricardo Piglia, qui vient de nous quitter. L’histoire familiale du jeune écrivain Emilio Renzi, alter ego aussi évident que mensonger de l’écrivain, s’entrelace avec l’histoire agitée de son pays. Dès les premières pages, il met en garde le lecteur : « Tout est apocryphe »(Lire l’article)

Théâtre

Don Quichotte, roman picard

Le coup du manuscrit retrouvé au fond d’une malle marche toujours. En l’occurrence, le scénario inédit – et improbable – d’un film sur don Quichotte que Métilde Weyergans et Samuel Hercule assurent avoir déniché dans un vide-grenier alors qu’ils étaient en panne d’inspiration pour un nouveau projet. De ce scénario, ils ont fait un film qui est au cœur d’un spectacle étonnant intitulé Dans la peau de don Quichotte, construit autour d’une fable simple mais pas simpliste, volontairement artisanal et bien loin de l’asepsie des images numériques. (Lire l’article)

“To Young To Wed - Mariées trop jeunes” Expo photo de Stephanie Sinclair à l'Arche du Photojournalisme
Photographie

Très haut, trop jeunes : Stephanie Sinclair sur le toit de l’Arche

L’Arche du Photojournalisme, vaste espace d’exposition juste sous le toit de la Grande Arche de La Défense, accueille le travail fascinant de Stephanie Sinclair. Cette photographe américaine a passé près de quinze ans à documenter une atrocité silencieuse : les mariages forcés de fillettes, une pratique qui sévit de l’Afghanistan aux États-Unis, du Népal à l’Éthiopie, de l’Inde au Yémen (au total une cinquantaine de pays), et qui touche des milliers d’enfants… chaque jour. (Lire l’article)

Scarlatti Gusmão aéronef
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Lumières portugaises

Dans son roman Le Dieu manchot, José Saramago, prix Nobel de littérature, recrée l’atmosphère du Portugal au début du XVIIIe siècle. Sur un fond mystique bien tassé — l’édification de la basilique de Mafra par le très pieux roi Jean V dont le palais est éclairé par des cierges, et qui partage très officiellement la couche de la Mère supérieure d’un couvent voisin —, Saramago imagine la construction du premier aéronef de l’histoire par le génial inventeur Bartolomeu de Gusmão… au son du clavecin de Domenico Scarlatti. Dans le roman, un couple fort sympathique, Balthazar et Blimunda, construit un épatant prototype d’avion de bois et de fer (la “passarole”) sur les plans de Gusmão, tandis que Scarlatti fait apporter son clavecin dans l’atelier. (Lire l’article)

Docteur Frigo de Éric Ambler, traduit de l’anglais par Éric Diacon, Rivages/Noir. Une chronique de Lionel Besnier
Le genre idéal, Livres

Coup d’État, mode d’emploi

De l’art du coup d’État comme une nécessité. Porté à sa perfection, il n’en porte même plus le nom. Plus magnifique encore, il devient permanent. Éric Ambler, injustement méconnu, est un autre John Le Carré et son Docteur Frigo reçut en son temps le Grand Prix de littérature policière. Soulever un coin de la couverture et faire la connaissance d’El Lobo, du Père Bartolomé ou du commandant Delvert, ne peut pas faire du mal. (Lire l’article)

Théâtre

L’adieu aux FARC

Si la révolution n’est pas un dîner de gala, elle peut être une pièce de musée. En Colombie, l’un des principaux campements des FARC a été transformé par l’armée, après les accords de paix, en lieu de mémoire. Des soldats y jouent le rôle des guérilleros, d’autres celui des otages. C’est le point de départ de La Despedida, le spectacle de Rolf et Heidi Abderhalden, fondateurs du Mapa Teatro de Bogota, qui clôt une trilogie consacrée à la violence dans leur pays. (Lire l’article)

Les Animaux Fantastiques, film fantastique de David Yates, écrit par J.K. Rowling, avec Eddie Redmayne, Katherine Waterstone, Colin Farell...
Caméras suggestives, Cinéma, Écrans, Zoologie

Les Animaux fantastiques : ombre de la jeunesse, retour du refoulé

Écrit par J.K. Rowling, produit par la Warner et réalisé par David Yates, Les Animaux fantastiques repeuple le monde de Harry Potter, cet univers qui nous a vus / que nous avons vu passer de jeunesse à maturité…. Pour y libérer l’Obscurus, ombre vivante et entité destructrice qui incarne le concept-clef de tout horror movie : le retour du refoulé. Plus encore qu’une anthologie du Merveilleux, avec son bestiaire de griffon, loup-garou, dragon…, ce long récit initiatique fait du surnaturel la meilleure matrice métaphorique pour raconter ombres et lumières de la jeunesse, de l’enfance à l’adolescence. (Lire l’article)

Geneviève Brisac, Sisyphe est une femme. La Marche du cavalier, éditions de l'Olivier, 2019
Livres

Geneviève Brisac s’obstine

Il y a dix-sept ans, Geneviève Brisac publiait La Marche du cavalier, pour « faire entendre plus haut, plus fort, et mieux, les voix d’écrivaines, mes aînées ». Aujourd’hui, elle reprend l’ouvrage. Sisyphe est une femme vient de sortir aux éditions de l’Olivier.
Théâtre

Dom Juan ou l’éloge de la lenteur

Marie-José Malis présente au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers un Dom Juan de Molière qui dure près de cinq heures sans entracte. Drôle d’idée que de ralentir à ce point les choses, comme si des vérités nouvelles devaient en surgir. Elle en est coutumière. La dilatation du temps fonctionnait bien dans Le Prince de Hombourg, qu’elle a monté en 2009 : la dimension somnambulique de la pièce et de son personnage principal s’y prêtaient. Pari réussi encore avec On ne sait comment de Pirandello, en 2011, traitée à la façon d’un cauchemar philosophique. Mais cela ne fonctionne pas à tous les coups… (Lire l’article)

L'Alpha, médiathèque d'Angoulême © Philippe Le Roy
Architecture

L’Alpha, livre grand ouvert sur Angoulême

Non, la nouvelle médiathèque de la ville de la BD n’est pas en forme de bulle ! Conçue par l’architecte Françoise Raynaud, de l’agence parisienne Loci Anima, c’est un empilement de boîtes en porte à faux, avec des façades en lames d’aluminium, dont l’agencement forme le A d’Angoulême. Situé derrière la gare, le bâtiment regarde la haute cité historique. Avec ses 130 000 documents, cet équipement culturel démultiplie la bibliothèque traditionnelle, entre numérique, papier, expositions et rencontres. Et entend revivifier l’ancien faubourg industriel de l’Houmeau en mutation. (Lire la suite)