Montre ta b… et tu verras la tour Eiffel
Un homme, culturellement, a-t-il autre chose de caché que son pénis ? Chez la femme, chaque partie du corps étant investie par le désir et la pulsion scopique masculine, il y a tout à découvrir. Chez les mecs, à peine un slip. Tel usager de site porno a donc philosophiquement raison de dire“mon petit sexe” : le tout de l’homme est par définition réduit. L’homme pourra toujours demander à la femme de tout montrer sans être jamais satisfait, et la femme, devant l’homme qui “montre tout” n’aura jamais rien d’autre à dire que : “c’est tout ?” De fait, jemontremabite.com est d’un ennui mortel. Courtes, longues, trapues, pointues, rondes, bronzées, livides ou écarlates, on s’en fout. C’est, d’une certaine façon, toujours la même bite. Une explication de ce phénomène d’annihilation de l’intérêt a été tentée par les antimodernes de la fin du XIXe siècle. (Lire la suite)
Heinrich Kley
Le peintre et illustrateur allemand Heinrich Kley (1863 Karlsruhe – 1945 Berlin)...
La Comédie des Erreurs
Edwin Austin Abbey accepte finalement la proposition de Harper’s d’illustrer les comédies de...
Olivia Ruiz, la “Zizi” de Jean-Claude Gallotta
Dans Volver, leur nouvelle création révélée à la 17ème Biennale de la danse de Lyon, la chanteuse et le chorégraphe font bon ménage. Tout à la fois portrait de la chanteuse et faux biopic, la pièce évoque plus largement la question épineuse des migrants actuels et de leur accueil. Dans une chorégraphie aérée, mettant souvent en scène des couples comme des doubles du couple vedette, le spectacle n’est que rythme, envolées, tendresse. (Lire l’article)
Pablo de cinq à sept
En salle, le sixième et le septième longs-métrages du Chilien Pablo Larraín : Neruda et Jackie sont des films jumeaux, nés de regards nouveaux et audacieux sur deux figures célèbres – et peut-être mineures – de la guerre froide. Deux reconstitutions historiques suscitant des émotions contraires : alors que la fuite du poète et sénateur communiste chilien déçoit rapidement, l’intensité de l’entrée en veuvage de l’ex-first lady américaine émeut et fascine durablement. (Lire l’article)
Avengers : Infinity War, memento mori
Voilà un film dont on peut sortir comme sidéré. Non pas soufflé par sa toute-puissance spectaculaire, mais plutôt en état de choc, dans ce tout premier vertige de la courbe du deuil où la mauvaise nouvelle ne nous paraît pas plus réelle encore qu’un rêve. Car si le blockbuster devient ici expérience scénaristique et esthétique, laboratoire d’un “vivre ensemble” de cinéma où cohabitent les styles et les registres des diverses franchises Marvel, il impose surtout une grâce mélancolique et tragique rare dans un tel produit marketé. (Lire l’article)
Le chaland de Venise (2)
À la Toussaint 1978, le soleil était plus accueillant que les frimas de l’hiver précédent. Venise suscitait la tentation de la couleur. Mais le soleil n’effaçait pas l’atmosphère pesante qui régnait en Italie. Les Brigades rouges avaient assassiné Aldo Moro le 16 mars…
Les Abandonnés, polar du logement
Les Abandonnés. Histoire des « cités de banlieue » de Xavier de Jarcy nous explose au nez comme certaines tours rendues coupables qui ont été depuis détruites. De la cité-jardin de Suresnes construite en 1921 aux grands ensembles des années 1970, le journaliste de Télérama démontre que le logement social a été toujours théorisé dans « un urbanisme autoritaire formulé dans l’entre-deux-guerres », et surtout dans une économie de guerre récurrente où l’habitat est sans cesse relégué au non prioritaire. D’abord dans un « dirigisme sans argent », puis dans la spéculation quand le libéralisme va s’imposer. (Lire l’article)
Regards satellites: cap sur El Pampero Cine
Le festival de cinéma Regards Satellites (cinéma L’Écran à Saint-Denis, du 27 février au 11 mars) met à l’honneur le collectif El Pampero Cine, fondé en 2002 par une poignée de cinéastes dont les noms sont associés au renouveau du théâtre argentin actuel. Au programme, des projections, des rencontres et une Master class.
Dioramas, droit de regards
L’exposition « Dioramas » au Palais de Tokyo, à Paris, nous convie à un moment passionnant et nous entraîne en territoire inconnu. Tantôt issu de problématiques scientifiques, de nécessités religieuses, ou strictement artistiques, ce dispositif de représentation surprend autant par la pluralité de ses sujets que de ses formes. De sorte que la balade proposée aborde des territoires bien plus complexes qu’on ne les imaginait, parfois poétiques, souvent déconcertants. (Lire l’article)
Le voltigeur d’Avignon
Sauts de l’ange en altitude et à l’envers, très cher, vrilles, saltos, sauts périlleux avant, arrière, sur les côtés, en haut en bas, voltiges au-dessus d’un cycliste ou d’une brochette de spectateurs… Farid Zitoun, prodigieux acrobate qui semble avoir développé sa propre technique n’a pas besoin de trampoline. Il est l’Acrobate bleu de Picasso ou celui de Chagall, le cirque de Pékin ou le groupe acrobatique de Tanger à lui tout seul. Un solo de l’ange, à voir à Avignon, dans le off du off du off, complètement in. (Lire l’article)
Retour à Stockholm
Livres, films, séries, expos, archi, design, théâtre, danse… Chaque semaine, les choix de délibéré. Cette semaine, Stockolm 73, le reportage haletant du journaliste Daniel Lang sur un événement célèbre, mêlant récit factuel et témoignages des ravisseurs, des policiers, des psychiatres et des otages. (Lire le guide)
L’Odyssée, chant XII, pour les électeurs de Mélenchon coincés entre Charybde et Scylla
Comme vous, comme Ulysse, écrit le Dr Rabau, je suis un peu affolée. Comme vous, comme Ulysse, je vais tenter de passer dimanche par la route des deux monstres et de perdre le moins de femmes et d’hommes possible avec mon bulletin si petit quand je le compare à l’aboyeuse et à l’engloutisseur. Ce médicament commence au moment où Circé donne des consignes de vote à Ulysse, sous couvert de lui indiquer la route à prendre pour rentrer à Ithaque. (Lire l’article)
Comment Pierre Paulin est devenu Paulin
De ses sièges suaves et colorés à ses intérieurs en forme de tentes ou de cocons, le designer français (1927-2009) a conçu un monde de mobilier et de mini-architectures organiques qui ne renient pas le confort mais s’épanouissent comme des fleurs ou des igloos. Ce pragmatique si inventif n’a pas été reconnu en France avant les années 2000. Le Centre Pompidou lui consacre enfin une exposition qui retrace le parcours rigoureux et chaotique de celui qui ne revendiquait qu’un titre, celui de “dessinateur industriel”. Un modeste tourmenté qui avait un art tout à fait singulier de se projeter dans l’espace et qui a su inventer un paysage domestique complet et continu. (Lire l’article)
Rodin, une rénovation bien pensée
Rénové, l’hôtel Biron qui abrite le musée Rodin depuis 1919 est entièrement rouvert depuis le 12 novembre. Cette restauration, aux contraintes très pesantes, a été menée avec subtilité par les architectes Richard Duplat et Dominique Brard. Entre restitution du passé XVIIIe et palette contemporaine de couleurs et de lumière, cette réinvention du bâtiment regarde autrement l’œuvre du célèbre artiste collectionneur. Le charme du lieu, revivifié, éclaire la recherche permanente de Rodin, débouchant à la fin de sa vie sur l’épure de la modernité. (Lire la suite)
Le skateboard, constructeur de formes
Avec l’exposition “Landskating” à la Villa Noailles de Hyères (Var), de jeunes architectes déroulent toute l’histoire spatiale et constructive de cet art de la glisse, des terrains trouvés secrets aux skateparks commerciaux construits, des formes aux objets, des rampes aux bowls. Peu à peu, cette pratique se codifie. Au départ alternative et périphérique, elle a squatté la ville, la révélant autrement. S’y intégrant dans un espace public partagé. (Lire l’article)
Actrice de doublage
Frédérique Tirmont est comédienne. Si l’on peut souvent la voir au théâtre, au cinéma ou à la télévision, on peut l’entendre bien plus encore. Elle est en effet la voix française de Meryl Streep et d’Emma Thompson, entre autres. Elle nous parle de son métier d’actrice de doublage, qui en dit également long sur certains enjeux de la traduction. (Lire l’entretien)
En guerre : corps à corps
Cette entreprise de démolition que mène une élite en sécession, Brizé choisit de nous y projeter comme le ferait un film de guerre au milieu de l’apocalypse. D’en faire le principe de sa dramaturgie, en racontant cette histoire de plan social et de grève syndicale, dans une usine automobile que veut bazarder un groupe allemand, à la manière d’une épopée âpre et amère. Chanson de geste d’aujourd’hui, où l’on ferraille dur pour reconquérir des territoires et franchir des frontières… (Lire l’article)


















