Métaphores et métalepses
À la fin de son Mystère Tex Avery, Robert Benayoun propose en vrac un “lexique succinct des métaphores texaveriennes”, en d’autres termes ces “trucs” qui prouvent que l’on se trouve bien dans l’univers avéryen. On y trouve l’effritement, propension des personnages maltraités à se retrouver en morceaux façon puzzle, la folie lubrique, de l’érection des globes oculaires à la mâchoire qui tombe sur le sol, la folie définitive, à coups de marteau, les “accélérations insanes”, les aphorismes, tel le kangourou sautant dans sa propre poche, ou le “sur-commentaire”, façon “Long isn’it ?” apparaissant sur un panneau devant une très longue voiture. Mais Tex Avery est surtout le roi de la “métalepse narrative”, au sens que lui a donné Gérard Genette. (Lire l’article)
Les deux gentilshommes de Vérone
À présent que la mégère est apprivoisée, quittons Padoue pour rejoindre Vérone puis Milan en...
“Une voix qui revient parmi les vivants”: entretien avec Julie Le Breton
Julie Le Breton, seule en scène dans Les dix commandements de Dorothée Dix, croyait, comme nous, que le théâtre, ça commençait quand on était au moins deux. Il fallait la rencontrer pour revenir sur cette croyance commune, peut-être erronée. Et parler du théâtre tel qu’il se vit et se pratique au Québec.
Maroc, la danse se manifeste
Depuis onze saisons, le festival On marche consacré essentiellement à la danse contemporaine avance à petits pas obstinés, en tentant de s’inscrire pleinement dans la société au même titre et au même niveau que d’autres disciplines reconnues par les pouvoirs publics comme la musique, le cinéma, les arts visuels ou le théâtre. Le corps – et ses représentations, enjeu politique et social – fait-il peur ou est-il tout simplement ignoré par le ministère de la Culture ? Un forum réunissant de nombreux artistes, toutes générations confondues, s’empare de la question par la production d’un premier manifeste, présenté publiquement le 13 mars. (Lire l’article)
Merveilleux
En mai 1723 sur les quais de Lisbonne débarque de L’Alexandre, vaisseau de la compagnie des Indes en provenance de la Louisiane et des îles Sous-le-vent, Charles-Frédéric de Merveilleux, officier d’un régiment suisse au service de la France. Il s’installe à Lisbonne, s’introduit à la cour et se voit confier une mission par le roi Jean V qui rêve d’une académie des sciences et des arts : écrire l’histoire naturelle du Portugal. Merveilleux n’est pas plus naturaliste que vous et moi mais il n’était pas rare, à l’époque, qu’un aventurier se mue en explorateur. En tant que soldat, il devait en revanche exceller aux cartes, et il y a tout à parier qu’il rencontra, à la cour et dans le petit cercle des étrangers résidant à Lisbonne, Domenico Scarlatti, très joueur lui aussi. (Lire l’article)
Martin Szekely, la constance de l’essentiel
Le designer français expose “Construction” au Musée des arts décoratifs et de design de Bordeaux, dans les salles de l’ancienne prison. Il a trouvé là le lieu idoine pour faire dialoguer quelque 40 pièces limpides et les pierres brutes des murs. Un éloge de la simplicité des meubles, née d’une complexité technologique équilibriste et invisible, menée avec artisans et petites entreprises. Le minimum face aux excès, le silence loin du vacarme. (Lire l’article)
Marathon Dylan
Il faut être sacrément fan pour s’avaler les six CD de Cutting Edge (1965-1966), le douzième volume des Bootleg Series de Bob Dylan. Un marathon studio qu’on aime ou qu’on déteste. En dehors des différentes versions d’un même titre que Dylan n’hésitera pas à reproduire lors de ses tournées, guidé par sa tendance à ne jamais vouloir jouer un morceau deux fois de la même façon, on assiste dans ce recueil – riche en documents et photos – à l’évolution, prises après prises, de compositions qui ont révolutionné le rock des années 60. (Lire la suite)
Roms, ville fermée
C’est par les réseaux sociaux que Juliette Keating et moi-même avons appris le 28 juillet 2016 au soir l’expulsion par la police de treize familles Roms qui habitaient depuis plusieurs années au 250, boulevard de la Boissière à Montreuil. Le lendemain, les familles s’étaient installées devant la mairie. Le 30 juillet la police chassait les Roms de la place de la mairie, puis de la place Anna Politkovskaïa où ils s’étaient réfugiés. C’est à ce moment que commence mon travail de photographe accompagnant quotidiennement les familles pendant quatre mois et demi… (Lire l’article)
Les Filles du loir présidentes!
Le jeudi 9 juin, l’association Les Filles du loir vous invite à rencontrer Leslie Kaplan autour de son dernier livre, Un fou (P.O.L). Un texte poétique et politique, plein d’humour, sur les rapports du pouvoir et du langage. Attention: un président peut en cacher plus d’un autre.
Arrivée à Stratford-upon-Avon
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Les soupirs de Diderot
Diderot avait bien des raisons de s’intéresser à la musique, ne serait-ce que pour faire travailler sa fille Marie-Angélique : “Si je reste à la maison, je fais répéter à l’enfant ses leçons de clavecin. Les jolis doigts qu’elle aura ! et de l’aisance, et de la mollesse et des grâces !” Mais avec le clavecin, et avec Scarlatti, les sentiments se brouillent vite. Dans son Journal, à la date du 15 septembre 1760, il entend dans un salon une jeune fille tentant de déchiffrer une sonate de Scarlatti. La musique elle-même semble le laisser indifférent ; ce qui trouble Diderot, c’est le décalage entre la musique et son interprète, “un ange” dont les grâces et l’innocence le fascinent. (Lire l’article)
Offre d’emploi
URGENT OFFRE D’EMPLOI EN PRÉVISION DE PROCHAINES NÉGOCIATIONS ENTRE PARTENAIRES AYANT BEAUCOUP DE...
J4 – France, terre d’asile
Entre un pays et son championnat se tissent de curieux liens. A l’heure où l’on annonce à Calais la construction d’un mur, qu’en Essonne un futur refuge pour migrants est incendié et qu’un ancien président de la République s’attaque au regroupement familial, la Ligue 1 prend le contrepied de l’atmosphère ambiante en accueillant au mercato estival tous les joueurs dont les championnats étrangers ne veulent pas. Pour combien de temps ? Il n’y a guère plus qu’au football que la France fait honneur à sa tradition d’accueil. En langage footballistique, c’est ce qu’on appelle “se relancer”.
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Hegel et la loi du cœur
“Pauvre petite quetsche ! Au lieu de me haïr, tu devrais me remercier car je suis celui qui t’a permis de te débarrasser de ta première certitude”, écrit Hegel dans une lettre qui reste la seule trace de la liaison tumultueuse qu’il entretint avec une jeune femme de Iéna.
J7 / J8 – Manifeste de critique sportive
L’époque est au retour à la morale. Miracle du populisme, nos hommes politiques font pénitence, se flagellent en public et portent le cilice en soirée, sur le frac. On veut faire l’ange après la bête, et pour faire bonne mesure, convertir autrui à sa récente vertu. Alors, on rétablit les cours de morale à l’école, on prêche à la tribune et l’on décrète ici ou là des devoirs d’exemplarité, dont les footballeurs sont les dernières victimes à la mode. Les joueurs doivent être des modèles pour la jeunesse, proclament ministres des sports et dirigeants du football qui n’ignorent pas que les investissements des annonceurs et des diffuseurs en dépendent. Un sport plus propre pour plus de profit : voilà de quoi encourager à la vertu ! (Lire l’article)
Massacre
Deux femmes, D et H, se voient contraintes de cohabiter dans un hôtel coupé du monde pendant une semaine : Massacre de Lluïsa Cunillé, une pièce traduite du catalan par Laurent Gallardo et présentée à La Nuit de la traduction organisée par la Maison Antoine Vitez. (Lire le début de la pièce)
Devoirs de vacances
Plaisirs de farniente et de lecture… une fois n’est pas coutume, cette (courte) chronique offre quelques suggestions pour occuper votre esprit s’il en est besoin. D’abord, la toujours intéressante chronique de Jean-Paul Delahaye dans Pour la Science, intitulée Logique et Calcul. Au programme de ce mois de juillet, on trouve un problème dit “des 50 prisonniers”. Dans le même numéro de cet excellent magazine, une réflexion passionnante de Christian Walter sur la finance dite éthique, et en particulier sur le caractère performatif des algorithmes qu’elle utilise. Enfin, on pourra lire ou relire avec profit l’hilarante et autoproclamée unique trilogie en cinq volumes de Douglas Adams, Le Guide du Voyageur Galactique. (Lire l’article)


















