Ex Machina #40: Pas le choix
Un choix n’est possible que si les deux branches de l’alternative sont ouvertes. Comment diantre un programme pourrait-il avoir le choix d’effectuer ou non une action donnée, puisque c’est in fine un calcul qui en décidera?
La forêt de Debussy
Dans ses épatantes chroniques musicales intitulées Monsieur Croche, Debussy s’élève contre une interprétation de Beethoven trop imitative et ne laissant aucun champ à l’imagination : “Rend-on le mystère d’une forêt en mesurant la hauteur de ses arbres ?” demande-t-il. Que faire devant la forêt Scarlatti aux 555 arbres, la jungle faudrait-il dire, remarquablement impénétrable aux techniques habituelles de la musicologie, laquelle s’interroge toujours, entre autres, sur la chronologie des sonates ? Et si l’on mesurait la longueur des sonates ? Ou plutôt le rapport des deux parties, qui permet de comparer des sonates de longueurs différentes. De façon totalement inattendue, il apparaît que ce nombre varie de façon cohérente d’un bout à l’autre du corpus, et que cette variation reflète l’évolution des stratégies de composition utilisées par Scarlatti… (Lire l’article)
J30 – Le supplice de Tantale
À la fin du XIXe siècle, un paysan roussillonnais exprimait le souhait de ne pas mourir avant d’avoir vu Carcassonne, dans un poème de Gustave Nadaud plus tard chanté par Georges Brassens. Moins prosaïque, Boris Vian écrivait en proie à la dépression : “Je voudrais pas crever / avant d’avoir connu / les chiens noirs du Mexique / qui dorment sans rêver”. Trente ans plus tard, c’était au tour de Georges Pérec d’énumérer à la radio “50 choses à ne pas oublier de faire avant de mourir” : prendre le bateau-mouche, passer le cercle polaire, voir les îles Kerguelen. Le supporteur, lui, ne veut qu’une chose : voir son club sacré champion. (Lire l’article)
Ex-Machina #6: Ignorance bénie
[Ex Machina #6] C’est très troublant, cependant. Je suis ma conscience – puisque c’est moi qui perçois – et en même temps la majeure partie de son fonctionnement (et donc du mien) m’échappe complètement. Je suppose qu’il me faut simplement l’admettre.
Homunculus averyensis
Les personnages d’Avery, comme ceux des autres dessins animés, possèdent cette merveilleuse plasticité qui assure leur survie, même après s’être fait aplatir ou enfoncer dans le sol. Mais chez Avery, on peut aussi se fragmenter, clignoter, s’effriter. Chaque partie du corps acquiert son autonomie, reprend sa liberté. En opposition catégorique avec la notion d’“individu”, le corps avéryen est décidément du genre “dividu”. Un simple coup de marteau suffit à montrer que, loin d’être un assemblage visqueux de choses molles, le corps avéryen est un béton (mal) armé mais bien structuré en couches concentriques se fragmentant l’une après l’autre. On meurt pour de bon mais, à la mort violente, Avery préfère l’émotion pure, dont les effets sont bien plus spectaculaires.
J’ai eu les jetons !
Juste après avoir publié ma précédente chronique, je me suis précipité sur Internet pour vérifier si ma solution à l’énigme des cinq cartes tenait la route ou si j’avais négligé un détail. J’y ai découvert quelques faits intéressants. Tout d’abord la confirmation que cette solution fonctionne. Je n’ai pas trompé mes lecteurs, ouf ! Une autre observation faite à la lecture des forums spécialisés est qu’on y trouve beaucoup de solutions tentantes mais fausses, parfois de manière subtile, et qu’on observe une corrélation notable entre l’arrogance du commentateur et la qualité “presque juste mais pas tout-à-fait” de sa solution. (Lire l’article)
Drone de drame (ou presque)
L’arbitrage du Mondial devait être assisté par des drones qui, grâce à un ingénieux système que nous ne détaillerons pas ici (trop technique pour nos lectrices), suivraient au plus près tous les déplacements des ballons. D’autres suivraient les joueurs qui profiteraient d’être loin du cœur de l’action pour préparer un mauvais coup.
Roumaine humanité
Terre des affranchis de Liliana Lazar. Premier roman, écrit en français par une femme née au début des années 70 dans un village de Moldavie roumaine : “un récit policier aussi inquiétant qu’un conte” dit la quatrième de couverture. Un roman qui n’a rien à voir avec le contemporain, mais qui parle aussi de résistance et permet l’évasion. Atypique. Polar assurément. (Lire l’article)
Un nouveau siècle des Lumières
Emmanuel Macron a pris la décision de dissoudre l’Assemblée car “les défis exigent la clarté dans...
“Un morceau de terre, un morceau de toile, une place”
Dans le troisième livre de la série “Des îles”, Mer d’Alborán 2022-2023, Marie Cosnay enquête sur ces lieux à part que sont ceux où “logent les morts”. Dans leur voyage périlleux entre les rives algérienne et espagnole, des hommes et des femmes disparaissent, engloutis par les eaux. Qu’en est-il des corps qui reviennent? Œuvre majeure pour crier l’inacceptable, mais avec bien plus qu’un cri: l’amour.
Wajdi Mouawad, Mère fluide
Après Seuls et Sœurs, Mouawad poursuit avec Mère son cycle Domestique, centré sur l’intime et la famille, sur le mode de la comédie et du mentir-vrai. Le travail en douceur et en souplesse d’un metteur en scène à son meilleur.
De quel film Trump est-il le nom ? Épisode 1 : un clown de cartoon ?
Bigger than Hollywood… On a déjà tout dit de Donald Trump, icône de télé-réalité sortie de l’une dans l’autre pour nous piéger dans son propre show planétaire. Alors s’il paraît déborder le petit écran, c’est que sans doute il croit le grand à sa mesure. Loin du cow boy classique Ronald Reagan, quel (anti-)héros de cinéma est donc le 45e Président des États-Unis d’Amérique ? Premier épisode consacré au dessin animé, grand genre du baroque et du grotesque – deux attributs indéniables du phénomène Trump. (Lire l’article)
Un projet de loi échevelé
En plein débat sur les retraites et alors que la grève dans les transports s’enlise, un nouveau projet de loi sécuritaire est à l’étude. Il sera débattu en catimini cette semaine.
Le babouin véloce de Gambie
À la course contre le guépard, le babouin véloce est toujours vainqueur. Ce cercopithèque se plaît ensuite à se moquer de ses adversaires malheureux. Il rit, il rit, d’un rire assez déplaisant.
Traduire le flamenco
« Performer le flamenco traduit: danse, chant, et musique »: un colloque consacré à la traduction du flamenco.
Arnaud Meunier ou le théâtre optimiste
Arnaud Meunier met en scène un Candide pimpant, à la fois près du texte et inventif, proche de la comédie musicale. Dans un entretien, le metteur en scène revient sur ce spectacle et sur sa conception du théâtre.
American Cars
Pied de nez supplémentaire aux défenseurs de la planète, une nouvelle marque d’automobiles vient de voir le jour aux États-Unis. Immédiatement saluée par un tweet présidentiel : Make AMERICAN CARS great again!, cette marque ne fabriquera que des hummers.
J15 – Dramaturgie du grand méchant
Pour écrire une bonne histoire, il faut un bon méchant. Attribuée parfois à Alfred Hitchcock, la sentence vaut-elle pour le football ? La dramaturgie de l’actuelle saison de Ligue 1 réunit toutes les conditions pour le savoir, tant le méchant n’a jamais été aussi fort… ni aussi méchant. Au vu des treize points d’avance du Paris Saint-Germain sur son premier poursuivant, de ses treize victoires en quinze matchs pour aucune défaite, de ses trente-sept buts marqués, la première de ces affirmations ne se discute pas ; quant à la seconde, le statut de club le plus détesté de France selon les sondages suffirait à la justifier. Bien avant de régner sans partage sur le championnat de France, il suscitait déjà les animosités. Avec les bons résultats vint la jalousie. Et pour couronner le tout, il y a le Qatar. Bref, le méchant de la Ligue 1 n’a jamais été aussi méchant. (Lire l’article)


















