Les femmes de Bidibidi ou le bruissement des ailes brisées, par Charline Effah
Dans Les Femmes de Bidibidi, Charline Effah raconte la violence subie par les femmes, du cercle familial à un camp de réfugiés en Ouganda. Un récit d’une grande fluidité sur lequel elle était longuement revenue en septembre dernier lors d’un grand entretien organisé à Paris à la Quincave, partenaire de délibéré.
Fourscore et les oiseaux
De tous les algorithmes de traduction automatique, ceux à base de réseaux de neurones sont sans doute les plus performants. Mais pas fiables à tous les coups. La preuve par un discours d’Abraham Lincoln…
Il Miracolo, une histoire du trouble
Dieu, ces derniers temps, visite souvent Arte et c’est tant mieux. Après Au nom du père, co-production avec le Danemark, et son ravageur pasteur, voici Il Miracolo, co-production avec l’Italie, avec sa vierge en plastoc qui pleure des litres de sang. Serait-ce un rien passéiste ? Parce que l’Italie, là, semble moins habitée par les miracles de la madone que par de bons vieux démons. Erreur. (Lire le guide)
La Bible entre les lignes
La Bible peut difficilement passer pour un manuel d’éducation sexuelle, même si l’on y trouve un certain nombre d’injonctions qui, au fil des âges, ont plus ou moins régi la sexualité des croyants. Ainsi, dans l’Ancien testament, le Deutéronome ne fait pas de l’adultère une simple bricole puisqu’on y lit : “Si l’on trouve un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux”. Heureusement le Deutéronome n’est plus vraiment pris au pied la lettre, et cela se comprend d’autant mieux qu’on y lit des choses aussi exotiques que “Tu ne laboureras point avec un bœuf et un âne attelés ensemble” ou “Tu ne porteras point un vêtement tissé de diverses espèces de fils, de laine et de lin réunis ensemble”. C’était avant les tracteurs, le Nylon et Tinder. (Lire l’article)
Au cœur du voyage interdit, par Dennis Kamerun
Dans « Les héros du quotidien », l’auteur camerounais Dennis Kamerun nous entraîne dans le voyage migratoire vers l’Europe que tant entreprennent au risque de leur vie. Ce roman-témoignage est le tableau effarant d’un monde que l’on voudrait hors de ce monde, mais qui est bel et bien le nôtre.
Vers la disparition des piscines privées
La France a connu l’été dernier une période de grande sécheresse. Dans la ligne de mire de la Convention citoyenne pour le climat : les piscines privées. Au programme : leur redressement.
3, 2, 1, 0, all engines running, lift off !
Certains artistes se passionnent pour l’espace et son imagerie : cratères, explosions solaires, nuages d’étoiles… ils poétisent le matériau scientifique, exploitent ses ressources plastiques. Les artistes présentés dans l’exposition “Space Age”, à la galerie Thaddeus Ropac, à Pantin, s’intéressent à l’étape qui précède la production de ces images : plutôt que de regarder vers l’espace, ils se passionnent pour les technologies et les gestes mythiques qui permirent de le conquérir. À voir jusqu’au 23 décembre 2015. (…)
La position du baiser cloacal
Le cloaque est aux piafs ce que serait, chez l’humain, l’anus, l’urètre, le phallus ou le vagin, réunis en un: une sorte de presque-tout-en-un aberrant qui justifie à lui seul l’intérêt qu’on lui portera dans ce court billet.
Mesure pour mesure
De 1888 à 1894, E.A. Abbey illustrera pour Harper’s 14 comédies de Shakespeare. Ces dessins...
Exx Machina #44: Un joli papiyon
Si un concept subjectif et son dual sont en fait la même chose, ce n’est plus un treillis que tu manipules: c’est le papyion lui-même, dans lequel chaque concept et son dual se confondent en un seul cercle vu en transparence, et c’est ce cercle qui est le concept subjectif. Si on va par là, tout notre travail sur les treillis est à mettre à la poubelle. Attention, je ne dis pas que c’est absurde, je dis juste que si c’est vrai tu viens de nous rajouter quelques mois de boulot.
Jeu d’été #04
Hérodote nous dit que, dans les pays froids, les animaux ont rarement des cornes, mais que, dans les pays chauds, ils en ont de fort grandes. Ceci pourrait donner lieu à une plaisante interprétation.
Incompressible
Sept femmes accusent l’abbé Pierre d’aggressions sexuelles. S’il était reconnu coupable, l’abbé...
Mon prénom est une ancre
Le spectacle “Fuck Me” de la chorégraphe argentine Marina Otero ne cesse de nous entraîner sur des fausses pistes… qui sont loin de mener nulle part.
Pascal face à lui-même
« La folle du logis pénètre mes songes et me contraint de forniquer dans des bras que je ne peux étreindre » : des pages inédites des Pensées tendent à prouver que, contrairement aux idées reçues, Pascal a bel et bien eu une vie sexuelle…
(sur quelque chose)
L’empreinte : s’il fallait ne choisir qu’un seul terme pour évoquer le travail de l’artiste brésilienne Maria Laet, ce serait celui-là. Maria Laet travaille par contact – tantôt sollicitant des techniques de gravure ou d’impression traditionnelles, tantôt les détournant (ainsi lorsqu’elle choisit d’exposer directement à la lumière le papier photosensible d’un polaroïd), tantôt inaugurant de nouvelles manières de faire empreinte (en se servant, par exemple, du souffle). Toutes ces techniques sont autant de protocoles destinés à révéler ce que la surface exprime, lorsqu’on y imprime. Le titre de l’exposition qui se tient en ce moment à la MdM Gallery, Com a Pele Fina (Avec la peau fine), condense ce parti pris : la peau entendue comme surface de contact. (Lire l’article)
Pour une nouvelle architecture
Grand lecteur d’Alain Robbe-Grillet, l’architecte Philippe Rahm l’a rencontré en 2006 après lui avoir commandé des textes pour accompagner son installation “Météorologie d’intérieur” (Canadian Centre for Architecture, 2006).
Tous ensemble
Chaque jour, par petites touches, la fin du monde s’insinue dans nos têtes comme une évidence, comme une échéance inéluctable. Nous nous y habituons sans vraiment nous en rendre compte. Prenez la fin novembre. Discourant doctement sur la « programmation pluriannuelle de l’énergie », Emmanuel Macron lançait à son auditoire : « Il y a des Français qui disent : “On entend le Président évoquer la fin du monde alors que nous, on parle de la fin du mois”, eh bien nous allons traiter les deux, nous devons traiter les deux ». C’est ainsi que fin de mois et fin du monde ont été mariées pour le pire et pour le pire. (Lire l’article)
La flèche immobile
La clientèle de l’hôtel Aleph est exigeante, et nulle considération absconse quant à la possibilité ou non de faire tenir des clubs dans des chambres ne saurait lui tenir lieu d’excuse valable. Pour résumer l’opinion générale : quand on veut on peut, et au prix où se paye la nuitée la direction ne devrait pas regarder à la dépense, ou bien on ira voir ailleurs. Comme l’un des résidents les plus vindicatifs ne se priva pas de le dire à Hilbert, “vous savez remplir ℵ0 chambres d’un coup, nous pourrions bien vous montrer comment les vider tout aussi rapidement”. Bref, la crise. (Lire la suite)


















