Une Belle Histoire
Au printemps 2017, Stephen Hawking déclarait à la BBC que les humains, s'ils voulaient survivre, devaient quitter la Terre d'ici 100 ans afin de coloniser une autre planète. En cause : une éventuelle guerre nucléaire, le changement climatique, une épidémie virale et/ou les progrès incontrôlables de l'intelligence artificielle. Un an plus tard, le célèbre physicien quittait lui-même la Terre, pas pour la planète Zorglub mais pour une tombe à l'abbaye de Westminster, aux côtés de celles de Newton et de Darwin. Ses cendres reposent désormais sous une pierre engravée de la formule T= hc³/ 8πGMk. C’est l'équation dite de Bekenstein-Hawking qui décrit l'entropie des trous noirs, en d’autres termes (très simplifiés) la quantité d'information qu'ils renferment. Et si cette inscription, choisie par le savant lui-même, était un ultime message ? (Lire la suite)
Descartes à la plage
Ah, les plaisirs de la plage ! Vous étiez en train de jouer entre copains au beach volley quand la combinaison d’une passe puissante mais maladroite et d’une bourrasque soudaine fait voler le ballon dans l’eau, à quelque distance du rivage. L’émulation s’empare des deux équipes : celle qui récupèrera le ballon aura le prochain service, à moins d’ailleurs que la partie ne se transforme en match de water-polo. En tout cas c’est clair : il faut aller récupérer ce ballon avant les autres ! Les capitaines des deux équipes s’élancent. Alice, pour les Bleus, est fluette mais rapide à la course. Basile, pour les rouges, est lourd mais nage comme un dauphin. Lequel des deux arrivera le premier au ballon ? (Lire l'article)
La mochette
Ce curieux batracien à l'expression hideuse vit dans les eaux sombres de la zone marécageuse de l'île de Takatitakité. Ses cris de crécelle rendent les hommes qui la croisent particulièrement nerveux, si l'on en croit les récits des voyageurs – rares – qui ont réussi à s'en approcher.
Angleterre-Islande : stratégie de sortie
L'Angleterre attaque. L'Islande contre-attaque et, à la 18ème minute, elle marque. Un beau but, élaboré. Au pub, personne ne fait la fête. D'Islandais, pas l'ombre d'un. Statistiquement, ç'aurait été improbable. En tout, ils sont 320 000, autant que les habitants de Leicester. Un homme de moins de 30 ans sur 1300 joue dans l'équipe nationale. Quiconque en Islande regarde ce match doit compter un ami, un ex-fiancé, un cousin sur le terrain. Un collègue, peut-être, étant donné qu'ils n'ont pas de championnat professionnel. Le championnat anglais, en revanche, est le plus riche du monde. (Lire l'article)
Du coup
Notre collaborateur*, chasseur de tics de langage et infatigable conculcateur de poncifs, avait...
Réchauffer la banquise
Bill Vuzay, homme d’affaires multimilliardaire et philanthrope, a accepté de nous révéler le nouveau projet sur lequel il a travaillé de longs mois en secret avec ses équipes de chercheurs et d’ingénieurs.
Wait Until Tomorrow
Quelle musique pour la fin du monde ? Jean-Sébastien Bach ou Jimi Hendrix ? Te Deum ou Machine Gun ? Concert live ou MP3 ? L’orchestre du Titanic est réputé avoir joué jusqu’au bout. La légende prétend que son dernier morceau fut My God, To Thee (Plus près de toi mon Dieu). Rescapé du naufrage, un des deux opérateurs radio du bord affirme, lui, avoir entendu les huit musiciens interpréter le cantique Autumn. Certains érudits penchent plutôt pour Songe d'Automne, une valse composée par Archibald Joyce. D’autres enfin assurent que tout cela n’est qu’une belle histoire : en réalité, les musiciens auraient tenté de sauver leur peau comme tout le monde. (Lire la suite)
J1 – La fontaine de Canathe
Dans l’ombre de championnats plus fortunés et plus renommés qui attirent sans cesse les nouveaux talents étrangers, la Ligue 1 a pris depuis quelques saisons l’habitude de faire du neuf avec du vieux. On recycle. Voilà qui tombe bien, l’époque est à la chasse au gaspillage. Fini les emballages jetables, les sacs sont désormais réutilisables : les joueurs et les entraîneurs aussi. Crise oblige, les Français se mettent à la récup’ et les présidents de club au système D. Après tout, pourquoi jeter un vieux footballeur qui peut encore servir ? (lire l'article)
J38 – La légende et l’oubli
La première saison de Footbologies dans Délibéré prend fin avec la 38ème et dernière journée du championnat. L'occasion de “saluer” le départ de Zlatan Ibrahimović. Le roi est mort, vive le roi : combien de stars du ballon rond se sont-elles crues indispensables qu’on a aussitôt remplacées ? Les voilà qui jouent les consultants sur les plateaux télé, s’ennuient dans leur retraites dorées et meurent dans l’indifférence. Courte est la durée de vie des légendes, de nos jours. Zlatan le sait, qui travaille d’arrache-pied à consolider la sienne avant que d’autres prennent sa place. Il fait comme chacun d’entre nous : il se bat contre l’oubli. (Lire l'article)
Médaille d’Electrum
La glorieuse incertitude du sport – voici, en cas de défaite, de quoi rasséréner les aficionados férus d’uchronie réparatrice. Ah, si les poteaux avaient été ronds et non carrés lors de la finale de la coupe d’Europe des clubs champions de 1976 opposant Saint-Etienne au Bayern de Münich ! Ah, si Zizou avait conservé son calme face à Materazzi en finale de Coupe du Monde ! D’accord on a perdu, mais dans ces univers parallèles-là, on a tout de même gagné ! Peut-on un peu mieux quantifier le rôle du hasard dans le sport ? Un champion l’est-il uniquement de par ses capacités propres ? Usain Bolt est indéniablement un phénomène. Pour autant, la chance joue-t-elle un rôle dans ses résultats ? Il n’est pas très difficile de s’en faire une idée... (Lire l'article)
Jane Austen et James Joyce, pleins gaz
Les écrivains sont des hommes et des femmes comme les autres : ils et elles pètent. Ce n’est pas la partie la plus passionnante de leur activité, il est d’ailleurs extrêmement rare que pets et écriture soient produits de manière coordonnée. Ceci étant posé, le pet a tracé dans la littérature un fil plus ou moins rouge qui permet de revisiter les grands classiques depuis, mettons, Aristophane (Ve siècle avant notre ère) jusqu’à René Fallet (1927-1983), l’auteur de La Soupe aux choux, en passant par Madame de Staël, Jane Austen et James Joyce... (Lire l'article)
Milo Rau, compassion pour un massacre
Adepte d’un théâtre documentaire radical, le metteur en scène suisse Milo Rau, fondateur de L’International Institute of Political Murder, aborde l'actualité politique de front, du génocide rwandais à la tuerie d’Utoya, en passant par le procès des Pussy Riots ou les derniers jours des Ceausescu. Avec à chaque fois, un sidérant travail de reconstitution historique et de télescopage entre fiction et réalité. The Dark Ages, deuxième volet de sa trilogie européenne, suit le double fil de la guerre et de la mort du père, plaçant l'action dans un champ de bataille récent : la guerre des Balkans. (Lire la suite)
Un Vélib‘ chez les pingouins
Le nouveau jeu à la mode: conduire les Vélib’ le plus loin possible de Paris. Et le jeu semble sans limites.
Authenticité contre identité: pour une scène décentralisée et vivante
Ce qui traverse la scène contemporaine, c’est une lame de fond : une recherche d’authenticité, qui n’a rien d’une tendance passagère. Face aux tensions identitaires, aux replis, aux colères qui traversent nos sociétés, il est urgent d’opérer ce déplacement.
DJT 1987 : l’archi-héros
Il s’appelle Patrick Bateman, il est le psychopathe le plus superficiel de l’histoire, il est un serial killer obsédé par le graphisme des cartes de visite, un cannibale éperdu d’obtenir une table — une bonne table — au Dorsia, il est l’American Psycho de Bret Easton Ellis et, de page en page, il pense à Donald. (Lire l'article)
Détournement : un choix pas comme un autre
Les logiciels de traduction automatique n'ont pas remplacé les traducteurs. Mais les humains sauront-il défier l'intelligence artificielle ? Il est un art qui donne à ces logiciels controversés un intérêt nouveau : le détournement. Ainsi en est-il de la traduction de Hamlet imprimée par L'Indéprimeuse, “imprimerie spécialisée dans l'imprimé inutile et le livre illisible”. Son Jambonlaissé est à inscrire sur la longue liste des pastiches, parodies et autres détournements littéraires, auxquels la traduction n'est pas étrangère parfois. (Lire l'article)
Empathy for the Evil (Traduire Horacio Castellanos Moya)
Le vieux policier malade, ancien catcheur, loser solitaire méprisé par ses collègues, avait toute l'allure d’un personnage très attachant. Dix pages plus loin, il n'est plus qu’un être répugnant, tortionnaire, violeur, sadique, une bête immonde. Pourtant... Le don d'empathie pour le pire est inséparable de l’art narratif de Horacio Castellanos Moya. Un art diabolique.
La Tempête
Dernière des quatre comédies illustrées en 1891, La Tempête. Sous la plume d’Edwin Austin...

















