La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
Sciences du fait-divers

Saison 2, épisode 1: Albertine n’a pas la chatte en feu

“Jaloux, il met le feu au chat de sa compagne et le jette par la fenêtre.” Il était jaloux, donc suspicieux et même franchement inquisiteur. Elle a refusé de lui laisser consulter les appels qu’elle avait passés et reçus sur son téléphone portable. Il s’est énervé… La jalousie et ses développements sont le carburant d’un nombre incalculable de romans. Ah si les portables avaient existé à l’époque de Marcel Proust, que de raffinements supplémentaires il eût pu apporter à son oeuvre ! (Lire la suite)

Jacques-Louis David, La mort de Marat (1793)
La branloire pérenne

Fragments d’un discours politique

Dans les Fragments d’un discours amoureux, Barthes constate que “le discours amoureux est aujourd’hui d’une extrême solitude. Ce discours est peut-être parlé par des milliers de sujets (qui le sait ?) mais il n’est soutenu par personne; il est […] ignoré, ou déprécié, ou moqué…” Un peu plus loin, Barthes note que le discours amoureux est devenu inactuel. Le livre paraît en 1977. Les choses n’ont cependant guère changé. Peut-être en va-t-il de même du discours politique. Nos hommes d’État et leurs ministres donnent souvent l’impression de parler dans le vide, non qu’il n’y ait personne en face d’eux pour les applaudir mais parce que personne ne les prend plus vraiment au sérieux. Le discours politique est pourtant un des nerfs de la démocratie. Doit-on alors conclure qu’avec le déclin de la parole politique s’amorce celui de nos régimes ? (Lire l’article)

Foot, Footbologies 2016-2017

J2 – “Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change”

Le football est pure nostalgie. Pour le supporteur, il est lié à l’enfance. Le football, c’est la part du père, l’héritage le plus précieux qu’on conserve par devers soi à travers les aléas de la vie, un souvenir heureux que ne démentent ni les malheurs ni les échecs ni la vieillesse. C’est la raison pour laquelle le temps s’y écoule différemment qu’ailleurs : de la même façon qu’on se sent toujours plus jeune que son âge, qu’on a toujours l’impression d’avoir vingt ans, le football du passé reste toujours présent. L’homme ne se voit pas décrépir ni le supporteur se faner ses souvenirs. (Lire l’article)

Sciences du fait-divers

Représentation unique, ou le suicide comme spectacle

“Un acteur japonais tué d’un coup de sabre en pleine répétition.” L’affaire n’aurait sans doute pas fait autant de bruit autour de la planète si, quelque jours auparavant lors d’une représentation théâtrale à Pise, un acteur italien n’était mort lors d’une fausse scène de pendaison qui s’est terminée par une vraie strangulation. Loi des séries ? Ce genre d’accidents frappe l’opinion car les morts non simulées surgissant dans le cadre de spectacles nous font pénétrer dans une zone trouble où s’ébattent de concert Eros, Thanatos et Dionysos. (Lire l’article)

Sciences du fait-divers

Alchimie amusante

“Ils vendaient une ‘potion magique’ pour changer du papier en dollars.” La police russe a arrêté deux Centrafricains qui tentaient d’écouler une “potion magique” présentée comme capable de transformer du simple papier en billets de 100 dollars. Pour faire croire à cette alchimie fiduciaire, les escrocs versaient devant les badauds un liquide sur une feuille de papier noir puis, avec une habilité de maîtres de bonneteau,  substituaient à la feuille un vrai billet. Ils proposaient ensuite aux gens d’aller vérifier son authenticité auprès d’une banque. Miracle ! (Lire l’article)

Vestidos Calacas © Christilla Vasserot
Mot à mot

La Toussaint

Qui dit Toussaint dit cimetière. Qui dit cimetière dit Père Lachaise. Pas très distingué comme nom : ça fait penser à la Mère Michel et à une chaise percée. Une association qui a sa logique, quand on y pense…
© Marcela Bolivar, “Leda”
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Léda sans cygne

Parmi les personnages hauts en couleurs du XXe siècle, Gabriele d’Annunzio est le plus contradictoire. Poète et guerrier, séducteur et solitaire, amateur d’art et de moteurs V12, ce héros borgne (accident d’avion) du nationalisme italien vit un peu sur la fortune de son père, davantage sur celle de ses amies, et entretient une meute de barzoïs blancs. Grand prêtre du modernisme décadent, il traite le futuriste Marinetti de “crétin phosphorescent”, et c’est sans doute pour échapper à une injure aussi géniale que Mussolini le fait enfermer dans son kitchissime Vitoriale du lac de Garde, où il meurt en 1938. Trente ans plus tôt, à l’occasion d’un concert, il avait découvert Scarlatti. (Lire l’article)