Maréchaux nous voient là (2)
Un reportage photo réalisé en 2013 par Gilles Walusinski le long du parcours du tram T3a à Paris, notamment dans le 13e arrondissement. Une promenade en marge, pour saisir les bouleversements de la ville. (Voir les photos)
Beauté Congo, une expo bien sapée
À la Fondation Cartier, l’exposition Beauté Congo – 1926-2015 – Congo Kitoko mêle des artistes de plusieurs générations, en rupture avec l’académie, à l’humour souvent dévastateur. Une exposition touffue qui balaie large au risque d’en faire trop, associée un parcours musical pertinent. (…)
Cristallisation
Et si la vérité du monde était géométrique ? On pourrait imaginer une histoire de l’art écrite sous l’angle des polyèdres. Elle commencerait sûrement à la Renaissance, avec les illustrations que Léonard de Vinci donne à Luca Pacioli pour son traité De Divina Proportione. Elle se poursuivrait jusqu’à aujourd’hui. On y croiserait le maniérisme allemand du XVIème siècle, quelques Italiens du début du XXème, des Américains des années 1960 et, poursuivant notre route, on se retrouverait dans une ancienne brasserie de Montreuil, transformée en lieu d’exposition depuis 2004 sous le beau nom d’Instants chavirés. Deux artistes et amis, Christian Hidaka et Raphaël Zarka, y présentent une exposition commune intitulée La Famille Schoenflies. (Lire l’article)
Wanda et ses amies
Scarlatti a couvé sous la cendre pendant tout le XIXe siècle ; c’est une jeune pianiste et claveciniste pas comme les autres qui s’est chargée d’allumer le feu et, vestale attentive, de l’entretenir. Nul attendrissement cependant : Wanda Landowska était énergique, sans concessions, et assumait pleinement ses contradictions. Une des plus anodines est que cette grande musicienne fit construire à Pleyel les monstres ferraillants qu’elle joua fièrement : elle pensait qu’il fallait à la musique ancienne un instrument moderne. (Lire l’article)
(sur quelque chose)
L’empreinte : s’il fallait ne choisir qu’un seul terme pour évoquer le travail de l’artiste brésilienne Maria Laet, ce serait celui-là. Maria Laet travaille par contact – tantôt sollicitant des techniques de gravure ou d’impression traditionnelles, tantôt les détournant (ainsi lorsqu’elle choisit d’exposer directement à la lumière le papier photosensible d’un polaroïd), tantôt inaugurant de nouvelles manières de faire empreinte (en se servant, par exemple, du souffle). Toutes ces techniques sont autant de protocoles destinés à révéler ce que la surface exprime, lorsqu’on y imprime. Le titre de l’exposition qui se tient en ce moment à la MdM Gallery, Com a Pele Fina (Avec la peau fine), condense ce parti pris : la peau entendue comme surface de contact. (Lire l’article)
Paroles et musique
Mémoires d’un traducteur de chansons (ou d’un homme à tout faire) : au début des années 1980, en pleine Movida, l’Espagne était à la mode et beaucoup s’imaginaient, en France, qu’il serait intéressant – et juteux – de conquérir ce marché. C’était à qui sortirait son disque en espagnol avec la french touch, de toute urgence. L’occasion de parler ici de musique, de métrique, de sémantique et de phonétique. (Lire l’article)
Fais dodo, Colas mon p’tit frère
Qui nous pleurera ? Qui se souviendra de nous ? Ne faudrait-il pas d’ores et déjà empailler quelques spécimens de la race humaine au cas où des visiteurs d’une autre galaxie viendraient, quelque temps après la catastrophe, à passer par là et chercheraient à satisfaire une curiosité bien naturelle ? Derrière une vitrine ultrarésistante, nous pourrions présenter un échantillon aussi complet que possible de l’humanité, façon muséum d’histoire naturelle : un pygmée, un trader de Wall Street, un conchyliculteur, un éditorialiste de la presse nationale, un chauffeur de VTC, un bouilleur de cru… (Lire l’article)
Le chaland de Venise (2)
À la Toussaint 1978, le soleil était plus accueillant que les frimas de l’hiver précédent. Venise suscitait la tentation de la couleur. Mais le soleil n’effaçait pas l’atmosphère pesante qui régnait en Italie. Les Brigades rouges avaient assassiné Aldo Moro le 16 mars…
Trop de chants pour un cantique
Abou Lagraa, chorégraphe dont le style s’est forgé à l’étude de la danse classique, contemporaine et hip hop, a toujours voulu faire bien, trop bien. C’est le cas avec sa récente création à la Maison de la danse de Lyon où il est artiste associé en 2015 avant de regagner sa ville natale, Annonay en Ardèche. En s’attaquant au Cantique des Cantiques, il a vu grand. Retour sur cette création et sur la polémique qui oppose le chorégraphe français à la conseillère municipale FN d’Annonay. (Lire la suite)
Diffuser l’indépendance
Pour exister face aux grands groupes éditoriaux, l’édition indépendante a besoin des intermédiaires que sont les distributeurs-diffuseurs. Mais comment s’en sortir quand les logiques diffèrent ?
La porte de Saint-Cloud, une vieille sportive
Sur la place, il manque quelque chose en 2019. Pas de tramway qui aurait transformé les boulevards, mais le vieux bus PC. Ni travaux ni ZAC, ce qui nous coince au XXe siècle, quand ce quartier a commencé son expansion avec la disparition des fortifs en 1928…
Le labo Dromesko
À qui n’a jamais assisté à un spectacle de la compagnie Dromesko, il ne faudrait rien dire sinon d’aller y voir, et pour les Parisiens ça tombe plutôt bien : la dernière création, Le jour du grand jour, est actuellement à l’affiche du Montfort avant d’être à celle du 104 en février. C’est parfois drôle, souvent émouvant, toujours juste. Chacune des scènes s’apparente au développement d’une photo. L’image reste longtemps dans le bain, car le temps de Dromesko prend son temps. Ce mélange de burlesque et de poésie fait monter progressivement chez le spectateur un mélange d’émotions dont il se demande laquelle est la bonne. La chute est rarement celle que l’on avait anticipée. Donc voilà, allez-y, vous ne le regretterez pas. (Lire la suite)
Daniel Barraco, suite
Le photographe argentin Daniel Barraco publie Artes & Oficios, nouveau livre de photos. Où l’on retrouve l’image, déjà évoquées dans délibéré, d’un marchand de balais de Mendoza…
De quel film Trump est-il le nom ? Épisode 1 : un clown de cartoon ?
Bigger than Hollywood… On a déjà tout dit de Donald Trump, icône de télé-réalité sortie de l’une dans l’autre pour nous piéger dans son propre show planétaire. Alors s’il paraît déborder le petit écran, c’est que sans doute il croit le grand à sa mesure. Loin du cow boy classique Ronald Reagan, quel (anti-)héros de cinéma est donc le 45e Président des États-Unis d’Amérique ? Premier épisode consacré au dessin animé, grand genre du baroque et du grotesque – deux attributs indéniables du phénomène Trump. (Lire l’article)
Rêver à l’envers
Il y a les œuvres qu’on aime parce qu’on les a comprises : le plaisir du déchiffrement, du terrain conquis et du sentiment de sa propre intelligence contribuent à la vivacité du souvenir qu’on en garde et au plaisir qu’on a à y revenir. Et il y a les œuvres qui, au contraire, vous poursuivent parce qu’elles vous échappent, parce qu’elles se présentent comme autant de paradoxes, sphinx silencieux proposant de muettes énigmes. Les toiles de Sépànd Danesh appartiennent à cette seconde catégorie. Si l’on voulait résumer leur énigme, sans doute pourrait-on la formuler ainsi : ces toiles sont peuplées de figures et pourtant, on pourrait les dire abstraites. L’exposition Des ruines pour origine est à voir jusqu’au 2 avril chez Backslash Gallery, à Paris. (Lire l’article)
Eros Hugo
Baigneuses au lac : ce daguerréotype, et quelques autres, valurent au sieur Félix-Jacques Moulin (1802-1879) de passer un mois en prison pour outrage aux bonnes moeurs. En tout cas, à peine née, la photo s’intéressait déjà au corps de la femme. On eût été surpris qu’il en fût autrement. Il est amusant de noter que Moulin est né la même année que Victor Hugo, lequel s’y intéressait aussi beaucoup, aux corps des femmes. Il n’est donc pas absurde de retrouver quatre images du photographe précurseur de l’érotisme dans l’exposition “Eros Hugo” qui vient d’ouvrir à la maison Victor Hugo de la place des Vosges. (Lire la suite)
Frédéric Fiolof pour ceux qui nous font toucher (et dépasser) le fond
“Toucher le fond n’est pas toujours si simple. Il a pu le constater”, écrit Frédéric Fiolof dans La Magie dans les villes (Quidam éditeur). “Soudain, il a remarqué que son pied s’enfonçait encore. Le fond, c’était de la vase. Il s’est senti happé dans un monde plus bas et a pensé ça ne se peut pas”. Et pourtant…
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Rocío Molina, la divine comédienne
Dans un solo couillu, Caída del Cielo, Rocío Molina, danseuse et chorégraphe espagnole de 32 ans, tombe de l’Olympe pour rejoindre les mortels afin de mener une vraie sarabande avec quatre compagnons musiciens. Du flamenco au rock, de la lumière à l’obscurité, de la stature debout à la reptation.
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