Bonne année des Beatles !
Gregg Ellis, Séries Photographiques. Saison 2, épisode 4
Combats de rue
Collaborateurs de délibéré, Juliette Keating (texte) et Gilles Walusinski (photos) publient chez L’Ire des marges À la rue, livre-enquête engagé dont le point de départ est l’expulsion à l’été 2016, de treize familles roms de leur lieu de vie de Montreuil, en Seine-Saint-Denis.
Bowie, la vieillesse comme avatar
Rétrovision II. David Bowie a 68 ans, le cinquième âge à l’aune du rock. La refonte par James Murphy de son morceau Love is Lost, intitulée Hello Steve Reich mix, n’arrive à nos oreilles que deux ans après sa sortie. L’album The Next Day s’usait assez vite, mais le laminage métallique de l’ex-LCD Soundsystem, culminant en un sample de Ashes to ashes apparié avec la rythmique de Fashion, font de ce Love is Lost une fusée qui donne délicieusement envie de mourir. (Lire la suite)
Gilles Marchand pour François Hollande (oui, encore)
François Hollande défend le social-libéralisme parce que, voyez-vous, “c’est le libéralisme sans la brutalité”. Voilà qui rappelle vaguement ce qui se dit de l’édulcorant (le goût du sucre sans les calories), les plats allégés (le plaisir sans les kilos), les régimes miracles (la perte de poids sans les privations)… Notre Président en campagne s’arrange encore une fois pour passer à côté de la réalité et même des rêves. Qu’il lise donc le roman de Gilles Marchand, Une bouche sans personne. On ne sait jamais, il pourrait en tirer quelque chose sur le sens et la valeur des rêves, des espoirs et de la façon de contrer certaines réalités douloureuses. (Lire l’article)
Montpellier Danse, édition spéciale female (2)
Le festival Montpellier Danse révèle des corps entièrement remodelés par la question du genre et des positions politiques qu’elle implique. Phia Ménard, qui fut le jongleur Philippe Ménard, en est l’exemple le plus criant. Dans sa nouvelle création Belle d’hier, devenue femme et féministe, elle fait fondre les figures patriarcales dominantes.
Electroménager blanc, idées noires
Elle achète un congélateur et trouve un cadavre dedans.” Une Américaine de Caroline du nord rachète un congélateur à sa voisine qui s’apprête à déménager. Quelques jours plus tard, l’acheteuse ouvre l’appareil et découvre qu’il contient un cadavre, celui de la mère de la voisine. Ce sont des choses qui arrivent… En lisant le titre de cette dépêche de l’AFP, je me suis pris à rêver qu’il s’agissait d’un congélateur neuf, tout juste livré par un grand magasin d’électroménager. Il aurait été possible de tracer un parallèle avec le magnifique plan séquence qu’Alfred Hitchcock souhaitait glisser dans la Mort aux trousses. (Lire l’article)
Hors d’œuvres – Les Voyageurs, épisode 1
Chaque année, quelques vingt étudiants des Beaux-arts de Paris obtiennent leur diplôme national supérieur d’arts plastiques avec les félicitations du jury. Et chaque année, le travail de ces félicités est exposé au Palais des Beaux-arts. L’exposition 2015 vient d’ouvrir sous le titre Les Voyageurs. Un titre simple. Étrange pourtant. Car plutôt que de qualifier les œuvres, il qualifie les artistes exposants. Parce qu’il s’agit de jeunes artistes, devraient-ils d’abord justifier d’une personnalité pour pouvoir ensuite se prévaloir d’une œuvre et, finalement, être reconnus comme artistes ? (Lire la suite)
La der… d’André Walusinski (1915)
Ce 11 novembre 2018 marque un centenaire: cent ans pendant lesquels aucune autre trace que le document officiel de 1920 confirmant le décès d’André Walusinski “à l’ennemi” n’est parvenue, pas même une lettre de poilu qui aurait pu faire de lui quelqu’un d’autre qu’un soldat inconnu.
Credo fide esse veram…
Après avoir hérité de son oncle d’un stock de cierges, Manu, accompagné de sa copine Sam et de Jordan, le frère pénible de celle-ci, prennent le volant d’un van afin de les vendre et se faire de la « thune ». Au travers d’un road trip qui les conduit dans différents lieux de culte des provinces françaises, ils vont découvrir un autre monde, celui des religieux et des croyants, aux pratiques de vies très éloignées des leurs. Et ce périple sera aussi spirituel pour Manu : sous la conduite d’un étrange prêtre débonnaire, il va se remettre en question et découvrir la foi. (Lire l’article)
Métaphores et métalepses
À la fin de son Mystère Tex Avery, Robert Benayoun propose en vrac un “lexique succinct des métaphores texaveriennes”, en d’autres termes ces “trucs” qui prouvent que l’on se trouve bien dans l’univers avéryen. On y trouve l’effritement, propension des personnages maltraités à se retrouver en morceaux façon puzzle, la folie lubrique, de l’érection des globes oculaires à la mâchoire qui tombe sur le sol, la folie définitive, à coups de marteau, les “accélérations insanes”, les aphorismes, tel le kangourou sautant dans sa propre poche, ou le “sur-commentaire”, façon “Long isn’it ?” apparaissant sur un panneau devant une très longue voiture. Mais Tex Avery est surtout le roi de la “métalepse narrative”, au sens que lui a donné Gérard Genette. (Lire l’article)
It’s All Over Now
Sarcelles, extérieur jour. Sur le parking d’un hypermarché, deux hommes sont assis sur les sièges avant d’une Ford Fiesta rouge. L’un d’eux roule un tarpé surdimensionné. Lent travelling avant vers les deux passagers.
L’un (enlevant subitement de ses lèvres le pétard qu’il était sur le point d’allumer).– Eh, je la vois maintenant ! Ça se rapproche vite, dis donc.
L’autre.– Ben j’imaginais pas du tout les choses comme ça. Je voyais quelque chose de plus spectaculaire… (Lire la suite)
3, 2, 1, 0, all engines running, lift off !
Certains artistes se passionnent pour l’espace et son imagerie : cratères, explosions solaires, nuages d’étoiles… ils poétisent le matériau scientifique, exploitent ses ressources plastiques. Les artistes présentés dans l’exposition “Space Age”, à la galerie Thaddeus Ropac, à Pantin, s’intéressent à l’étape qui précède la production de ces images : plutôt que de regarder vers l’espace, ils se passionnent pour les technologies et les gestes mythiques qui permirent de le conquérir. À voir jusqu’au 23 décembre 2015. (…)
Castorf dans le miroir de Molière
Derniers tours de roue pour Frank Castorf à la Volksbühne de Berlin. Dans ce contexte de fin de mandat – ou de fin de règne –, difficile de ne pas rechercher dans ses derniers spectacles une dimension testamentaire, voire crépusculaire. Créé en 2016, Die Kabale der Scheinheiligen. Das Leben des Herrn de Molière, laisse en tout cas une large place à l’introspection : c’est sûrement l’une des pièces les plus explicitement intimes jamais montées par le metteur en scène. Et c’est une pièce qui au delà de sa profusion, ne traite que d’un sujet : l’amour du théâtre. (Lire l’article)
Visions aveugles
Il est une chose superbe dans le fonctionnement de l’œil, c’est qu’au beau milieu de la surface sensible qu’est la rétine se trouve un point aveugle. L’approche dominante postule la totale transparence du monde – la formule consacrée veut qu’à l’heure d’internet, des réseaux et des technologies de pointe, rien ne puisse plus échapper à l’œil inquisiteur d’un Big Brother menaçant. À moins, précisément, que la possibilité d’échapper à la vue ne se trouve dans la vision même ? C’est une des questions que pose le projet Staring at You Staring at Me, qui se déploie dans cinq lieux (deux à Séoul, trois à Paris et en région parisienne) et rassemble sans distinction le travail d’étudiants et d’artistes confirmés vivant en France ou en Corée. (Lire la suite)
Les Joyeuses Commères de Windsor
Les comédies de Shakespeare ont été publiées en quatre volumes chez Harper’s seulement en 1896,...
Mon prénom est une ancre
Le spectacle “Fuck Me” de la chorégraphe argentine Marina Otero ne cesse de nous entraîner sur des fausses pistes… qui sont loin de mener nulle part.
Chassez le naturel, il s’en va en courant
Qui d’autre que Néron peut chanter comme une soprano? Mais alors quand, comment et pourquoi s’est-on avisé qu’en fin de compte les rois, dictateurs et pères cruels devaient chanter très bas comme des barytons, des basses, à l’extrême rigueur, des ténors?
Flore de ballast : Maria Thereza Alves et la botanique de la colonisation
Depuis 1999, l’artiste brésilienne Maria Thereza Alves investit des villes portuaires qui furent des points cruciaux de la cartographie coloniale — Marseille, Liverpool, Dunkerque, Bristol — et observe comment les échanges coloniaux furent doublés d’une circulation de semences végétales. On connaît l’histoire migratoire de certains fruits et légumes — on sait la pomme de terre ou la tomate fameusement introduites en Europe à la fin du XVIe siècle. Maria Thereza Alves s’intéresse au contraire à des plantes dont la circulation fut accidentelle et souvent inaperçue : la flore de ballast. (Lire l’article)


















