La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
Colette B. de Joséphine Serre ©Véronique Caye
Théâtre

Amer et Colette, d’amour et d’exil

Dans Amer M. et Colette B., un diptyque écrit et mis en scène par Joséphine Serre au théâtre de la Colline, deux vies se déploient entre Paris et Alger et entre grande et petite histoire, sur tous les tons et à tous les temps. 
Musiques

R.I.P. Tom Petty, humblement vôtre

1979 : lorsque l'album Damn the Torpedoes sort en France, Tom Petty, rocker sudiste américain, est encore un illustre inconnu dans les bacs des disquaires de l'époque. 2017 : Petty, 66 ans, fêtait son quarantième anniversaire de carrière et venait  de terminer une tournée marathon de 53 dates en moins de six mois. Victime d'une crise cardiaque, il s'est éteint à l'hôpital de Santa Monica en Californie. Keep on rocking Tom ! (Lire l'article)

Wycinka Holzfällen - Krystian Lupa - photo © Natalia Kabanow
Théâtre

Lupa, forêt magique

Le metteur en scène polonais Krystian Lupa retrouve avec Wycinka Holzfällen, inspiré des Arbres à abattre de Thomas Bernhard, une ferveur et une rigueur dignes de ses spectacles les plus mémorables. Du théâtre de Lupa, on voudrait ne plus jamais ressortir parce qu'il touche à l'éternité et qu'il est infiniment supérieur à la vie. (Lire l'article)

Danse

Dimitris Papaioannou, rolling stone

On l’avait raté au Théâtre de la Ville en octobre 2015, on s’est précipité à Montpellier Danse pour redécouvrir avec bonheur le Grec Dimitris Panaioannou. On avait gardé un souvenir clair de sa mise en scène, en images et en danse de sa Medea en 1998 à la Biennale de la Danse de Lyon, laquelle s’ébattait dans une pataugeoire. Car, ce n’est pas la première fois qu’il vient en France, même si on voudrait le voir plus souvent. L’occasion se présentant, on l’a retrouvé avec une autre figure de la mythologie grecque : Sisyphe. Still Life (Nature morte) est une allégorie de la Grèce, du peuple grec qui reconstruit sur les ruines, les désastres économiques. (Lire l'article)

Le Roi Lear - Olivier Py © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon
Théâtre

Lear accable Py

La liste des spectacles ratés dans la Cour d'honneur du festival d'Avignon est très longue. Acteurs et metteurs en scène de talent s'y sont souvent cassé les dents, au point qu'il n'est pas abusif de prétendre que l'échec y est la règle. Choisissant de monter Le Roi Lear, Olivier Py a-t-il voulu signifier que la charge du pouvoir l'accablait déjà ? (Lire l'article)

“Instable comme une saillance”, une chronique de Nicolas Witkowski sur Tex Avery
Chroniques avéryennes, Écrans

Instable comme une saillance

La saillance : objet ou personnage émettant ou recevant des prégnances. Elle est d'une instabilité constitutive qui — acte fondateur du rire — tire le tapis sous nos certitudes les plus assurées. D'abord, un prédateur peut se transformer en proie, ou inversement, sans prévenir personne. Ensuite, une saillance peut se transformer en prégnance, ce qui pose une redoutable question, très voisine de celle que se sont posée les physiciens lors de la naissance de la physique quantique.
Palais Métro, Montréal, 1967. Architecte : François Dallegret. Collage. Courtesy François Dallegret
Architecture

La discothèque, architecture des flux

Voom Voom de Saint-Trop, Piper de Turin, Club 54 de New York, Palace parisien, Hacienda de Manchester... Et bien d'autres lieux mythiques qui ont mené les corps yéyé, jerk ou disco jusqu'au bout de la nuit. Lumière, son, drogues ont sculpté les espaces de ces discothèques nées dans les années 60. L'exposition La Boîte de nuit, à la Villa Noailles (Hyères), s'immerge dans ces architectures intangibles. Des bulles métaphoriques d'innovations sociales, artistiques et technologiques, imaginées par des architectes expérimentaux, d'ambiance plutôt que d'intérieur. Éclate phénoménologique, entre boules à facettes, décibels et utopies. (Lire l'article)

© Marcela Bolivar, “Leda”
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Léda sans cygne

Parmi les personnages hauts en couleurs du XXe siècle, Gabriele d'Annunzio est le plus contradictoire. Poète et guerrier, séducteur et solitaire, amateur d'art et de moteurs V12, ce héros borgne (accident d'avion) du nationalisme italien vit un peu sur la fortune de son père, davantage sur celle de ses amies, et entretient une meute de barzoïs blancs. Grand prêtre du modernisme décadent, il traite le futuriste Marinetti de “crétin phosphorescent”, et c'est sans doute pour échapper à une injure aussi géniale que Mussolini le fait enfermer dans son kitchissime Vitoriale du lac de Garde, où il meurt en 1938. Trente ans plus tôt, à l'occasion d'un concert, il avait découvert Scarlatti. (Lire l'article)