Ordonnance pour nos amis biterrois
Dans la Petite anthologie du dessin politique qui vient d’être publiée aux éditions de La Martinière, en hommage au dessinateur Honoré assassiné avec ses collègues de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, les puissants de ce monde se bousculent, épinglés par un trait précis et épuré, dans des dessins en noir et blanc parfois agrémentés de rares touches de couleur : tâches de sang sur les mains du couple Pinochet, tapis rouge qui engloutit une Bernadette Chirac recevant Elisabeth II, drapeau américain tenu par un membre du Ku Klux Klan… Au fil des pages, les puissants parlent, Honoré leur répond. On recommandera à nos chers amis biterrois la lecture de cet ouvrage, qui les changera du Journal de Béziers auquel ils sont abonnés d'office. (Lire l'article)
Karamazov, tous ensemble…
Encore un roman fleuve et un spectacle au long cours : Jean Bellorini adapte et met en scène Les Frères Karamazov de Dostoïevski dans la carrière de Boulbon. Pendant près de six heures, les corps travaillent, fatiguent, transpirent. Sans écrans témoins, sans cinéma, à mains nues, face aux spectateurs. Loin de la géniale sophistication des Damnés dans la Cour d'honneur et du savoir faire consensuel de 2666 à la Fabrica, Karamazov est un formidable spectacle prolétaire, une extension du domaine de la lutte au théâtre. (Lire l'article)
1839, une révolution révélée
Les éditions Macula publient la somme de Steffen Siegel sur l'invention de la photographie par Daguerre et Talbot, passionnante anthologie de textes de l'époque aux résonances étonnamment modernes.
Philippe Annocque parce que, quand on voit ce que l’on voit et que l’on entend ce que l’on entend…
Il est des époques troublées où les faits, même proches, même filmés, même prouvés, se dérobent. On l’on peut dire blanc puis noir puis blanc puis noir, et même blanc et noir simultanément sans avoir le sentiment de tromper qui que ce soit. Des époques où l’on peut regarder la pluie tomber en affirmant que le soleil brille, parce que chacun peut avoir sa propre opinion, n’est-ce pas, on est des hommes et des femmes libres, hein, alors, voilà, le soleil brille. Au milieu de tout cela, sort le dernier roman de Philippe Annocque, Élise et Lise, drôle de conte de fées sans fée. Éclairant. (Lire l'article)
Irving Penn à l’œil nu
Voici Irving Penn (1917-2009) consacré en France à l’occasion du centième anniversaire de sa naissance. Le Grand Palais lui consacre à Paris une exposition. L'occasion d'un retour sur une riche histoire qui débute à l’âge de 21 ans, quand Penn acquiert son premier Rolleiflex – appareil crucial à l’instar du Leica apparu sensiblement au même moment, vers la fin des années 20. Ce choix d’outil est un indice pour la compréhension de l’écriture d’un maître à la fois classique et singulier. (Lire l'article)
Il Miracolo, une histoire du trouble
Dieu, ces derniers temps, visite souvent Arte et c’est tant mieux. Après Au nom du père, co-production avec le Danemark, et son ravageur pasteur, voici Il Miracolo, co-production avec l’Italie, avec sa vierge en plastoc qui pleure des litres de sang. Serait-ce un rien passéiste ? Parce que l’Italie, là, semble moins habitée par les miracles de la madone que par de bons vieux démons. Erreur. (Lire le guide)
La secte Scarlatti
Séjournant à Venise comme tant de musiciens du début du XVIIIe siècle, le jeune Irlandais Thomas Roseingrave est invité à montrer ses talents de claveciniste devant un parterre choisi. Il s'en tire plutôt bien mais n'a pas le loisir de se monter du col. Un jeune homme “à l'air grave, vêtu de noir et portant une perruque blanche” lui succède, et joue avec une telle virtuosité que, rapporte-t-il, “mille diables semblaient s'être emparés de l'instrument”. Pour Roseingrave, c'est une révélation. Subjugué par le talent de Domenico, il ne touche plus le moindre clavecin pendant un mois, et suit dévotement son héros à Naples et à Rome. De retour à Londres, “Rosy” fait partager son enthousiasme à plusieurs grands musiciens anglais. (Lire l'article)
Instapoésie : poésie instantanée ?
Vous en avez marre de ne voir que des photos de chats, de chiens, de gens musclés, des dernières tendances déco, #foodporn et j’en passe sur Instagram ? Allez, parlons poésie. Sur Instagram.
Des souris et des hommes illustré par Rébecca Dautremer
Les éditions Tishina publient Des souris et des hommes de John Steinbeck, (magnifiquement) illustré par Rébecca Dautremer et traduit par Maurice-Edgar Coindreau.
Faire la vie
Dans Faire la vie, carnet de notes et livre de photos, Arno Bertina revient sur ses séjours au Congo et la gestation de L'Âge de la première passe, son ouvrage paru en début d'année. Des images sans artifices, au cœur de son questionnement d'écrivain.
La porte Dorée à sens renversé
Elle semble toujours un peu excentrée la porte Dorée, au bout d'un XIIe arrondissement qui ne fait pas de bruit. Une place de villégiature, un peu intemporelle, inchangée pendant les années 1970, 80, 90. On respire son enfance dans ce quartier du Bel-Air, aire de loisirs, une échappée...
7 de plus à emporter SVP
Gregg Ellis, Séries Photographiques. Saison 2, épisode 1
Des manchots pour fêter le cinéma
Membre de l'expédition Scott au pôle Sud en 1911, Herbert Ponting en est revenu avec assez d'images pour réaliser deux documentaires à succès...
Beaucoup de bruit pour rien
En 1890, l’année de son mariage, de son déménagement à Morgan Hall et de la construction de son...
Au cœur du voyage interdit, par Dennis Kamerun
Dans "Les héros du quotidien", l'auteur camerounais Dennis Kamerun nous entraîne dans le voyage migratoire vers l'Europe que tant entreprennent au risque de leur vie. Ce roman-témoignage est le tableau effarant d'un monde que l'on voudrait hors de ce monde, mais qui est bel et bien le nôtre.
Cet été-là : les deux Edie sont de retour
Quarante-cinq ans après le tournage du documentaire culte Grey Gardens des frères David et Albert Maysles, qui fit le bonheur des soirées thématiques gay, inspira film et pièce de théâtre, le Danois Göran Olsson, en assemblant quatre bobines de rushes oubliés, réalise un préquel jubilatoire et nostalgique. On y croise Andy Warhol, Truman Capote, Mick et Bianca Jagger. Mais les vraies stars sont les deux Edie, mère et fille, qui auront connu bien plus qu’un quart d’heure de célébrité. (Lire l'article)
Le papa d’Anaïs
“Le grand concert donné mercredi 27 par Joaquín Nin a été la plus savante fête musicale de la saison d'hiver. Dans un public de cent dilettanti, nous citerons Gabriele d'Annunzio” relate L'Avenir d'Arcachon en mars 1912. Ce soir-là, il joue Couperin, Rameau, Bach et Scarlatti. Pour d'Annunzio, Scarlatti est une révélation fulgurante. Quant à Nin, c'est le grand intercesseur : “Par l'art merveilleux de ses doigts et de ses esprits, il révélait en lui un vrai maître claveciniste digne du XVIIIe siècle, digne du divin Napolitain.” À ceci près que le clavecin était un piano, et que c'est précisément pour avoir dit que le second était préférable au premier que Nin a subi les foudres de Wanda. (Lire l'article)


















