La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
Théâtre

Le labo Dromesko

À qui n’a jamais assisté à un spectacle de la compagnie Dromesko, il ne faudrait rien dire sinon d’aller y voir, et pour les Parisiens ça tombe plutôt bien : la dernière création, Le jour du grand jour, est actuellement à l’affiche du Montfort avant d’être à celle du 104 en février. C’est parfois drôle, souvent émouvant, toujours juste. Chacune des scènes s’apparente au développement d’une photo. L’image reste longtemps dans le bain, car le temps de Dromesko prend son temps. Ce mélange de burlesque et de poésie fait monter progressivement chez le spectateur un mélange d’émotions dont il se demande laquelle est la bonne. La chute est rarement celle que l’on avait anticipée. Donc voilà, allez-y, vous ne le regretterez pas. (Lire la suite)

L'Alpha, médiathèque d'Angoulême © Philippe Le Roy
Architecture

L’Alpha, livre grand ouvert sur Angoulême

Non, la nouvelle médiathèque de la ville de la BD n’est pas en forme de bulle ! Conçue par l’architecte Françoise Raynaud, de l’agence parisienne Loci Anima, c’est un empilement de boîtes en porte à faux, avec des façades en lames d’aluminium, dont l’agencement forme le A d’Angoulême. Situé derrière la gare, le bâtiment regarde la haute cité historique. Avec ses 130 000 documents, cet équipement culturel démultiplie la bibliothèque traditionnelle, entre numérique, papier, expositions et rencontres. Et entend revivifier l’ancien faubourg industriel de l’Houmeau en mutation. (Lire la suite)

Arts plastiques, Expo

Dans le détail

La Bibliothèque François Mitterrand expose actuellement les photographes récompensés par la Bourse du Talent. Parmi les lauréats, Laurent Kronental présente une série intitulée Souvenir d’un futur. Le traitement de la couleur y est superbe, la précision de l’image  impressionnante. En plan large, il photographie les grands ensembles de la région parisienne. Les constructions sont immenses et folles – comme les architectures dessinées par Paul Grimault dans Le Roi et l’oiseau. Elles sont vides – comme les places désertées de Chirico. Vides ? Pas tout-à-fait. (Lire l’article)

École Le Blé en herbe © Matali Crasset (photo: Philippe Piron)
Architecture, Design, Expo

Premières fondations pour un Socialdesign en France

Un petit groupe de graphistes, designers, architectes, acteurs culturels et associatifs ont créé la Plateforme Socialdesign. Elle a tenu sa première réunion publique à Paris. Après avoir recensé des projets élaborés collectivement avec des usagers, ses concepteurs entendent populariser ces initiatives minoritaires, les développer, avec une méthodologie qui s’appuie sur des résidences de “recherches-actions”. Une initiative réjouissante face à un état d’urgence sociale en France, une redéfinition du design qui renoue avec ses origines. (Lire l’article)

Gravneset (péninsule des tombes) et en enfilade les montagnes, Evatindane, Adamsteinen, Kvalryggpynten. Photo : mézigue juillet 2024
Arts froids

Des noms de lieux

Magdalenefjorden, Alkekongen, Pencktoppen, Miethebreen et Tyskarfjelletn, et tous les autres, ne sont pas des gros mots, même si lourds de sens, seulement le témoignage de l’arctique toponymie si poétique, et svalbardienne..

“Baigneuses au lac”, de Félix-Jacques Moulin, daguerréotype, pose directe sur cuivre argenté, de Félix-Jacques Moulin
Arts plastiques, Expo, Photographie

Eros Hugo

Baigneuses au lac : ce daguerréotype, et quelques autres, valurent au sieur Félix-Jacques Moulin (1802-1879) de passer un mois en prison pour outrage aux bonnes moeurs. En tout cas, à peine née, la photo s’intéressait déjà au corps de la femme. On eût été surpris qu’il en fût autrement. Il est amusant de noter que Moulin est né la même année que Victor Hugo, lequel s’y intéressait aussi beaucoup, aux corps des femmes. Il n’est donc pas absurde de retrouver quatre images du photographe précurseur de l’érotisme dans l’exposition “Eros Hugo” qui vient d’ouvrir à la maison Victor Hugo de la place des Vosges. (Lire la suite)

Moïse et Pharaon de Gioacchino Rossini – direction musicale Michele Mariotti – mise en scène Tobias Kratzer – Festival d’Aix-en-Provence 2022 © Monika Rittershaus
Musiques, Opéra

Clichés et contre-clichés (lieu commun)

Chaque nouvelle édition du festival d’Aix-en-Provence apporte dans son sillage une nouvelle rhétorique de la note d’intention. Cette année, le cliché est à la mode, ou plutôt la chasse aux clichés. Mais que penser des contre-clichés du Moïse et Pharaon de Tobias Kratzer?

Photographie

Daniel Barraco, suite

Le photographe argentin Daniel Barraco publie Artes & Oficios, nouveau livre de photos. Où l’on retrouve l’image, déjà évoquées dans délibéré,  d’un marchand de balais de Mendoza…
De l'humour en traduction: 36e assises de la traduction littéraire, ATLAS, Arles 2019
Guide, Traduction

Et vous trouvez ça drôle ?

36e Assises de la traduction littéraire à Arles, sur le thème : l’humour en traduction. Au programme, des conférences, des lectures, des débats, des ateliers, des spectacles et des conversations. “Et vous trouvez ça drôle ?”
design dordogne Stefania di Petrillo
Design, Expo

Le design reprend sa source en Dordogne

À l’agence culturelle départementale de Périgueux, l’exposition “Le design, c’est ?” redéfinit une fois de plus cette discipline tournée vers nos objets. De la notion de progrès liée à l’industrie classique à la mutation numérique avec l’imprimante 3D, cette présentation pédagogique cerne le rôle et la position du designer dans notre univers domestique. Des téléphones aux poêles Tefal, des poignées de portes aux chaises Panton, on baigne dans le bien être. (Lire la suite)

Théâtre

Simon McBurney et les fantômes de l’Amazonie

À l’étiquette de metteur en scène, Simon McBurney a toujours préféré celle de “conteur”. À l’Odéon, seul en scène, il adapte Amazon Beaming, récit halluciné d’un photographe américain égaré dans la jungle. C’est bien au chevet des spectateurs que se place McBurney tout au long d’une soirée où sa voix berce, surprend, fascine, et où, bien plus que les images et les lumières, les sons ouvrent les portes de l’imaginaire. (Lire l’article)

Dominique de Rivaz, “Rose Envy”, éditions Zoé, 2012
Livres, Ordonnances littéraires

Rose Envy de Dominique de Rivaz pour les auto-dévorants : tous cannibales !

Aux obtus qui pensent qu’on peut difficilement faire du beau avec de l’apparent dégueulasse et aux cannibales, présents et à venir ! À ceux qui grignotent les bulbes de leurs cheveux, à ceux qui picorent les peaux mortes de leurs bouches et se régalent de leurs cuticules, à ceux qui se rongent tout ce qu’ils peuvent se ronger, aux meurtriers victimes d’eux-mêmes, pris de troubles obsessionnels compulsifs des plus divers et des plus inavouables et particulièrement “du calvaire de l’auto-dévoration”, aux self-eaters et fiers de l’être, une prescription : Rose Envy, de la cinéaste et auteure suisse Dominique de Rivaz. (Lire l’article)

Maria Laet, Leito, 2013. Video, 2'31'' © MdM Gallery. Un article de Nina Leger dans Délibéré
Arts plastiques, Expo

(sur quelque chose)

L’empreinte : s’il fallait ne choisir qu’un seul terme pour évoquer le travail de l’artiste brésilienne Maria Laet, ce serait celui-là. Maria Laet travaille par contact – tantôt sollicitant des techniques de gravure ou d’impression traditionnelles, tantôt les détournant (ainsi lorsqu’elle choisit d’exposer directement à la lumière le papier photosensible d’un polaroïd), tantôt inaugurant de nouvelles manières de faire empreinte (en se servant, par exemple, du souffle). Toutes ces techniques sont autant de protocoles destinés à révéler ce que la surface exprime, lorsqu’on y imprime. Le titre de l’exposition qui se tient en ce moment à la MdM Gallery, Com a Pele Fina (Avec la peau fine), condense ce parti pris : la peau entendue comme surface de contact. (Lire l’article)