Bror Gunnar Jansson : troublants personnages
Le jeune bluesman suédois, sorte de réincarnation de John Lee Hooker et de Skip James, est en tournée en France, où sa carrière internationale est née, pour présenter son troisième album, And The Great Unknown Part II. Avec des clins d’œil aux work songs des champs de coton et au son cubano, et des chansons à thèmes politique et écologique. Et une passion intacte pour l’Amérique, réelle et imaginaire, terre d’amours et de colères. (Lire l’article)
L’Odyssée, chant XII, pour les électeurs de Mélenchon coincés entre Charybde et Scylla
Comme vous, comme Ulysse, écrit le Dr Rabau, je suis un peu affolée. Comme vous, comme Ulysse, je vais tenter de passer dimanche par la route des deux monstres et de perdre le moins de femmes et d’hommes possible avec mon bulletin si petit quand je le compare à l’aboyeuse et à l’engloutisseur. Ce médicament commence au moment où Circé donne des consignes de vote à Ulysse, sous couvert de lui indiquer la route à prendre pour rentrer à Ithaque. (Lire l’article)
Brest, 1982 : la ville, les pauvres, le port (3)
Cette année-là, à Brest, il avait fait chaud. Une fin de semaine que d’aucuns nommeraient week-end, j’avais comme quartier libre; j’avais décidé d’aller voir les plages alentour, le port et les activités qui pouvaient s’y attarder. Flâner dans Pontanézen, retourner vers les cités qu’on disait de transit, insérées dans les cités d’HLM hâtivement construites dans les années 1960.
“Mes personnages sont le réceptacle d’une misogynie féroce”
L’auteur de Haine revient longuement sur la genèse des deux monstres qui cohabitent dans son roman.
Quelques gestes de Haris Epaminonda
L’artiste chypriote Haris Epaminonda est une artiste-collectionneuse. Ce sont les objets et des images issus de sa collection qui ont servi de matériau premier à l’exposition Vol. XVI (comprendre, sa seizième exposition personnelle) qu’elle présente au Plateau, l’antenne parisienne du Frac Île-de-France. Epaminonda investit le Plateau comme on occupe un espace qu’on aime. S’agit-il d’une installation, d’une situation, d’un aménagement ou, simplement, d’un intérieur ? (Lire la suite)
Jérôme Bosch à la loupe
Les éditions Hazan republient, en version “compacte”, l’ouvrage de l’historien de l’art Till-Holger Borchert consacré au peintre qui a transformé “la terre en antichambre de l’enfer”.
Van Morrison, toujours plus bleu
Roll with the punches : et de 37 albums pour Van Morrison. Le chanteur de Belfast, âgé de 72 ans, caresse encore les classiques du blues et de la soul avec la même passion. Il n’a plus la voix de ”Gloria” bien sûr mais, Stetson vissé sur la tête, il chante comme si les années l’avaient épargné, déformant les syllabes comme on tend une corde de guitare. (Lire l’article)
Green Room / High-Rise, dans la cage aux chiens
En ces temps d’Apocalypse sociale programmée, voilà deux huis clos construits comme des survivals, qui tracent un horizon de tragédie pour notre monde : le retour à la barbarie, la menace du fascisme. Assez sèche et surprenante, la série B Green Room explore un nouvel hors champ de l’Amérique white trash : un groupe de punk se retrouve pris au piège d’un local de skinheads, des red necks aryens moins cons qu’il n’y paraît… Moins convaincant, High-Rise, adapté d’une satire SF de Ballard, nous enferme dans une tour de béton où d’un étage à l’autre, s’architecturent les rapports de classe, avant que le meilleur des mondes ne dégénère en dystopie sale et sauvage… (Lire l’article)
Álvaro Enrigue, pour les joueurs et fans de tennis déprimés
Aux joueur et spectateurs de tennis abattus par les scandales de dopage et de matchs truqués, il convient de prescrire la lecture de l’ouvrage du Mexicain Álvaro Enrigue, Mort subite, récemment publié en France aux éditions Buchet-Castel et traduit en français par Serge Mestre. Il y est question d’un curieux match de tennis opposant, le 4 octobre 1599, un poète espagnol à un jeune artiste de Rome : Francisco de Quevedo et Le Caravage, excusez du peu, assommés l’un comme l’autre par une gueule de bois monstrueuse qui ne les empêchera pas de jouer leurs trois sets. Quevedo à Rome face au Caravage ? Parfaitement.
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Bernardines, suite et pas fin
Directeur du théâtre des Bernardines à Marseille de 1987 à 2015, Alain Fourneau travaille à la réalisation d’un « livre-outil » à partir de l’histoire d’un lieu majeur pour le théâtre d’essai en Europe.
Rambert, entre brouillard et feu sacré
Après le succès planétaire de sa pièce Clôture de l’amour (créée au festival d’Avignon 2011), et le demi plantage de Répétition (2014), Pascal Rambert présente à Gennevilliers son dernier texte, Argument : Annabelle et Louis viennent d’un temps – les années 1870 – que Rambert s’amuse à reconstituer en multipliant les références historiques et sociales. Une pièce improbable, une scène de ménage entre un sadique et une revenante sous le regard d’un enfant mort vivant, un moment de théâtre hors sol, à la fois gonflé et artificiel, un tableau kitsch avec des traits de talent et de grâce. (Lire la suite)
Don Quichotte, roman picard
Le coup du manuscrit retrouvé au fond d’une malle marche toujours. En l’occurrence, le scénario inédit – et improbable – d’un film sur don Quichotte que Métilde Weyergans et Samuel Hercule assurent avoir déniché dans un vide-grenier alors qu’ils étaient en panne d’inspiration pour un nouveau projet. De ce scénario, ils ont fait un film qui est au cœur d’un spectacle étonnant intitulé Dans la peau de don Quichotte, construit autour d’une fable simple mais pas simpliste, volontairement artisanal et bien loin de l’asepsie des images numériques. (Lire l’article)
Engagez-vous, rengagez-vous…
La bande dessinée a souvent été engagée au cours de son histoire, soit en présentant des récits qui prenaient ouvertement parti dans les événements contemporains, soit en cherchant à apporter une lecture critique de son époque. Mais l’engagement est une notion plus large, chaque individu étant embarqué malgré lui dans l’aventure qu’il partage avec ses semblables. Les traces de l’engagement actif ou passif sont ainsi sensibles dans les grandes œuvres dessinées, tout auteur se trouvant, consciemment ou non, immergé dans une situation qui le dépasse et avec laquelle il doit composer. (Lire l’article)
Frédéric Florian
Frédéric Florian (né à Gorgier en Suisse en 1858 et mort à Sucy-en-Brie en 1926) était l’un des...
Big Bad Wolf chez Ibn al-Haytham
Le regard, chez Tex Avery, c’est toute une histoire… On a déjà vu les yeux du méchant loup palper Droopy pour s’assurer de sa présence. Bien plus souvent, ils vont palper le petit chaperon rouge ou Cendrillon avec des buts moins avouables. Grande est la variété graphique des représentations du regard — de l’œil exorbité et “sonnant et trébuchant” à l’onde impalpable mais transportant de l’énergie. Cette obsession visuelle est-elle un simple fantasme avéryen ? Pas du tout. La fixation pathologique de Tex Avery sur le regard a, comme son homoncule sensoriel, de très anciennes racines historiques. (Lire l’article)
Chassez le naturel, il s’en va en courant
Qui d’autre que Néron peut chanter comme une soprano? Mais alors quand, comment et pourquoi s’est-on avisé qu’en fin de compte les rois, dictateurs et pères cruels devaient chanter très bas comme des barytons, des basses, à l’extrême rigueur, des ténors?
L’AENA ou comment défendre la bibliodiversité
200 maisons d’édition ont leur siège en Nouvelle Aquitaine. Pour défendre la bibliodiversité, une cinquantaine d’entre elles se sont regroupées en 2020 en une association. Esther Merino, qui a repris en 2019 les éditions Les Monédières à Limoges, revient sur le sens de leur action.
Le haka smoothie de Daniel Linehan
Pourtant fort bien composée, comme les précédentes, la dernière pièce de Daniel Linehan dbddbb qui s’appuie sur la marche et la poésie sonore dada, ne parvient pas à nous entraîner plus loin que dans le bel exercice de style. Doucereux. (Lire la suite)


















