Retour à Stockholm
Livres, films, séries, expos, archi, design, théâtre, danse... Chaque semaine, les choix de délibéré. Cette semaine, Stockolm 73, le reportage haletant du journaliste Daniel Lang sur un événement célèbre, mêlant récit factuel et témoignages des ravisseurs, des policiers, des psychiatres et des otages. (Lire le guide)
Le jaune est mis
L’histoire de l’art offre maints exemples d’une relation initiale "inspirante" avec les mouvements sociaux indisciplinés. Bien avant les complicités mondaines de l’art contemporain et de "tout ce qui compte" en banque à la FIAC, cette relation s’est fondée sur une dépense somptuaire où création et destruction sont étroitement nouées. Le vandalisme semble d’ailleurs la contrepartie politique récurrente de toute création qui accède à l’espace public. Récemment, une main criminelle mit le feu à la sculpture de l’artiste Francis Guyot, installée au beau milieu du rond-point du péage Châtellerault-nord. L’œuvre monumentale représentait une autre main, jaune celle-là, tendue vers le ciel, sur laquelle circulait un chapelet d’automobiles noires. (Lire l'article)
Altamura
Je ne suis pas en colère contre vous, qui êtes la norme, je suis en colère contre moi, parce que j’ai accepté de venir ici. Et ça ne me fait pas plaisir, en effet. (Jean Genet)
Sœurs de Chaos
Une femme dite folle, ceux qui l'approchent s'accordent à la trouver belle. Elle a une sœur jumelle, une artiste peintre qui porte le même prénom qu'elle, celui de la mère, mais qui vit loin, dans l'Autre Ville. La Folle est détenue depuis dix ans à l'asile, et comme le font les fous, se cogne la tête contre la porte de sa chambre d'hôpital au numéro troublant : 2666. Écrit dans une langue magnifique, Chaos de Mathieu Brosseau est un roman de l'après catastrophe, celle de la perte irrémédiable du sens. (Lire l'article)
Le cristal de Varèse
Edgard Varèse, en 1936, appelait à un nouveau lien entre la science et la musique, afin de “libérer le son” et d'en finir avec la vieille conception mélodique de la musique. À l'origine de cette vision de la musique comme interaction de formes à deux ou trois dimensions, Varèse cite un minéralogiste américain, Nathaniel Arbiter, qui assimilait la création musicale à la croissance cristalline. Ni Varèse ni Arbiter n'avaient Scarlatti en tête quand ils explorèrent cette analogie. Leurs “groupes sonores”, pourtant omniprésents au sein des sonates, en sont les motifs élémentaires, et tout le jeu scarlattien consiste précisément à les déplacer, les fusionner, les dupliquer ou les diviser. Ressent-on leur pénétration ou leur répulsion, comme le rêve Varèse ? (Lire l'article)
Kung Fu Panda / The Assassin… en quête du “chi-néma”
À l’affiche, deux films que tout semble opposer tentent de se réapproprier le film d’arts martiaux chinois. D’un côté, Assassin, le wu xia pian de l’auteur Hou Hsiao-hsien, Sifu d’une modernité esthète et intimiste... De l’autre, Kung Fu Panda 3, la franchise la plus populaire de sa Seigneurie Dreamworks, dans la lignée des Jackie Chan... A priori, pas plus à voir entre ces deux là qu’entre un moine en tunique et un colosse en armure qu’on mettrait face à face.Mais l'un et l'autre parviennent-ils à saisir le “Chi”, ce principe de l’énergie vitale cher à la cosmologie bouddhiste ? (Lire l'article)
À se tordre de rire
Tous les matins, ça recommence, à l’heure du petit déjeuner, c’est-à-dire à l’heure où l’on...
Les Filles du loir présidentes!
Le jeudi 9 juin, l’association Les Filles du loir vous invite à rencontrer Leslie Kaplan autour de son dernier livre, Un fou (P.O.L). Un texte poétique et politique, plein d’humour, sur les rapports du pouvoir et du langage. Attention: un président peut en cacher plus d’un autre.
J’arrive où je suis étranger
Signe de la fin des haricots selon l’islam : “Les femmes seront dévêtues tout en étant habillées.” Ce qui promet une fin du monde assez haute en couleurs. D’ailleurs le Prophète a prévenu : “La Fin du Monde n'aura pas lieu tant que les gens ne s'accoupleront pas en public dans la rue comme le font les ânes”, ce qui revient à dire que l’ultime jour sera une partouze comme on en a peu vu. Hélas, ce sera la dernière. Pour les chrétiens, l’Apocalypse se présente beaucoup moins bien. Dès que le septième sceau sera brisé, s’abattront sur la Terre tonnerre, éclairs, tremblements de terre, grêle et feu mêlés de sang, tout cela sur fond de trompettes au son nettement moins mélodieux que celle de Chet Baker. (Lire l'article)
Lumières portugaises
Dans son roman Le Dieu manchot, José Saramago, prix Nobel de littérature, recrée l'atmosphère du Portugal au début du XVIIIe siècle. Sur un fond mystique bien tassé — l'édification de la basilique de Mafra par le très pieux roi Jean V dont le palais est éclairé par des cierges, et qui partage très officiellement la couche de la Mère supérieure d'un couvent voisin —, Saramago imagine la construction du premier aéronef de l'histoire par le génial inventeur Bartolomeu de Gusmão... au son du clavecin de Domenico Scarlatti. Dans le roman, un couple fort sympathique, Balthazar et Blimunda, construit un épatant prototype d'avion de bois et de fer (la “passarole”) sur les plans de Gusmão, tandis que Scarlatti fait apporter son clavecin dans l'atelier. (Lire l'article)
Du Lambeau, de Philippe Lançon
Comment trouver l’envie et la force d’écrire lorsque votre corps vous trahit et que l’angoisse vous ronge ? Comment, à l’hôpital, avoir encore l’humour, la poésie, l’élégance et la lucidité que nécessite un travail d’écriture ? Très peu d’auteurs sont parvenus à nous renseigner vraiment sur le monde depuis leur lit de souffrance et d’inquiétude, sous les néons tristes, parmi les infirmières pressées ou empressées. Et bien moins encore ont réussi à faire de cette expérience le catalyseur d’une littérature plus puissante, une littérature des limites. Avec Le Lambeau, Philippe Lançon vient d’entrer dans ce club terrible dont les membres ne se comptent probablement que sur les doigts d’une ou deux mains. (Lire l'article)
Au fond du trou, l’Europe
1993, le spectacle que met en scène Julien Gosselin avec des acteurs tout juste sortis de l'École du Théâtre national de Strasbourg, interroge les racines d'un malaise européen, à partir de deux symboles de la construction européenne dans les années 1990 : le tunnel sous la Manche, l'accélérateur de particules conçu par le CERN à la frontière franco-suisse. Signé Aurélien Bellanger, le texte du spectacle reprend aussi aussi plusieurs extraits de La Fin de l'histoire et le dernier homme, l'essai polémique de Francis Fukuyama. (Lire l'article)
People are strange
Avec la réédition de l'ouvrage Des gens bizarres, les éditions Cornélius proposent un véritable livre d'art, servi par une édition très soignée, qui nous plonge dans l'univers expressionniste et très particulier de Nicolas de Crécy. Ses personnages sont autant de fenêtres ouvertes vers les différentes autres productions de l'auteur, et une manière originale d'entrer dans son œuvre. (Lire l'article)
La clairière de Clichy en zig ZAC (1)
Une porte aujourd'hui doit se tourner vers le futur, Grand Paris ou pas, refaire des coutures, "décloisonner la ville". Elle se doit d'avoir "sa" ZAC-éco-quartier. Celle de Clichy-Batignolles, le plus grand chantier de Paris au XXIe siècle, couvre 54 hectares d'une ancienne enclave ferroviaire délaissée.
Murs
Des bruits dans la tête, de Drago Jancar. L’histoire d’une prison. L’allégorie de la servitude. Un homme qui se révolte, d’autres qui ne veulent que suivre ou profiter en oubliant que, si la richesse de l’autre lui est ôtée – liberté, rêves, famille, maison, argent – jamais elle ne sera partagée. La puissance de l’ordre partout. Vies, rêves et poumons piétinés dans le sable. Et pourtant. Toujours, l’homme revient. L’absence de perspectives communes dit-on ? Idée fausse ! Cette défaite supposée est une chimère à repousser comme une araignée noire. (Lire l'article)
Rock’n roll à Grenoble
Alors qu’il vient d’apprendre qui devra quitter le Centre chorégraphique national de Grenoble qu’il dirigeait depuis 1984, Jean-Claude Gallotta recrée My Rock, une pièce bourrée d’énergie qui annonce le retour du groupe Émile Dubois, la compagnie que le chorégraphe créa en 1979 avec Mathilde Altaraz. (Lire la suite)
Nathalie Béasse en forêt habitée
Ils sont quatre qui tirent les ficelles aux quatre coins d'une immense bâche noire, comme s'ils jouaient à y faire rebondir un pantin qui n'existe pas. Cette longue séquence, qui ouvre Le bruit des arbres qui tombent, le spectacle que Nathalie Béasse présente au théâtre de la Bastille, est la première d'une série d'images énigmatiques dont le sens importe moins que la sensation qu'elles provoquent, chez les spectateurs comme chez les acteurs. (Lire l'article)
Catherine Peillon, révélations
Catherine Peillon s'amuse à prêter une signification aux choses les plus insignifiantes. Une vingtaine de ses photos est exposée à la galerie Ici-Même.


















