Le virus des objets
Martine Bedin et Claude Eveno se sont rencontrés en 2000, ont beaucoup correspondu. Au fil de leur amitié, à travers textes et lettres, ils retracent leurs souvenirs respectifs, leurs initiations croisées, leurs constats actuels. Se répondent leurs relations aux lieux, à l'espace, aux voyages, aux maisons, à l'art, à l'architecture, à la photographie... Au design finalement, dans Objets, nos amis. Une conversation, un livre où ils dressent un état du monde des choses subjectif, joyeux et désenchanté. (Lire le guide)
Au cœur du voyage interdit, par Dennis Kamerun
Dans "Les héros du quotidien", l'auteur camerounais Dennis Kamerun nous entraîne dans le voyage migratoire vers l'Europe que tant entreprennent au risque de leur vie. Ce roman-témoignage est le tableau effarant d'un monde que l'on voudrait hors de ce monde, mais qui est bel et bien le nôtre.
Marathon Dylan
Il faut être sacrément fan pour s'avaler les six CD de Cutting Edge (1965-1966), le douzième volume des Bootleg Series de Bob Dylan. Un marathon studio qu'on aime ou qu'on déteste. En dehors des différentes versions d'un même titre que Dylan n'hésitera pas à reproduire lors de ses tournées, guidé par sa tendance à ne jamais vouloir jouer un morceau deux fois de la même façon, on assiste dans ce recueil – riche en documents et photos – à l'évolution, prises après prises, de compositions qui ont révolutionné le rock des années 60. (Lire la suite)
Saramago pour ceux qui passent leurs Nuits debout, ou couchés
Ce qui est arrivé a surpris tout le monde. Pas de signe avant-coureur, aucune annonce, aucune menace, voilée ou pas. La ville avait l’air tout à fait calme en ce jour d’élection. Quelle stupeur, du coup, à l’annonce des résultats. Impensable. Mais qu’à cela ne tienne, pas de panique, on reprend tout et on recommence : on organise de nouvelles élections (c’est une astuce parfois utilisée lorsque les suffrages ne vont pas dans le bon sens). D’où de nouveaux résultats. Et là, rebelote : quatre-vingt-trois pour cent de votes blancs. Dans La Lucidité, l'écrivain portugais José Saramago raconte la démocratie en crise et la refondation d'un espoir. Un récit pour ceux qui passent leurs nuits les yeux ouverts, que l'on prescrira aussi aux mauvais coucheurs. (Lire l'article)
Nouvelle épreuve et renaissance
Daniel Vierge étant à présent incapable de lire, c’est souvent Clara qui lui lit les textes...
Ladies and gentlemen and all the others
La lumière éclaire doucement la pièce et une femme apparaît. À moins qu’il ne s’agisse d’un homme ? Les cheveux courts, un large T-shirt et un short tombant au-dessus des genoux, des chaussettes de sport remontées sur les mollets et des baskets, sa démarche affiche une troublante neutralité. Comme un savon que l’on tenterait d’attraper et qui glisserait perpétuellement, la danseuse et chorégraphe d’origine brésilienne Paula Pi semble s’amuser de l’impossibilité de saisir une identité. Au Festival Montpellier Danse, plusieurs autres chorégraphes, ainsi Sorour Darabi et Sylvain Huc, explorent à leur manière la question du genre et de l'identité, retournant et détournant les clichés. (Lire l'article)
Graves et romanée-conti
L'opéra Norma de Bellini était donné pour la première fois à Aix-en-Provence. Avec, pour interpréter Norma, la très aimée Karine Deshayes: une prise de rôle attendue. C'est ici que les choses se corsent, du moins en termes de voix...
Babylon Berlin, Schneidermann : tourbillon et sidération
“Les années 30 nous obsèdent”, écrit Daniel Schneidermann dans Berlin, 1933. Entre Babylon Berlin, série à succès qui fait du bruit et un livre qui dépiaute les silences de la presse internationale dans l’entre-deux guerres : dialogue. (Lire l'article)
Horoscope littéraire de la rentrée
En cette rentrée 2018, la revue délibéré et le service de médecine littéraire qu’elle héberge ont décidé de fournir aux lecteurs exigeants un horoscope digne de ce nom, un horoscope littéraire pour commencer d’un pied serein et assuré l’année, des livres plein les poches. Douze signes astrologiques, douze livres recommandés, tous choisis au sein de la pléthorique rentrée littéraire 2018. Car il ne s’agit pas de lire n’importe quoi, il s’agit de lire ce qui vous convient : le capricorne n’a pas les mêmes besoins de lecture que le lion, le sagittaire que la balance, cela tombe sous le sens mais cela, trop souvent, on l'oublie. (Lire l'horoscope complet)
M’fucker
Motherfucker est un très vilain mot, tout le monde en conviendra. Mais quel est son rapport avec la virgule ? La réponse se trouve dans une série finlandaise, point de départ d'une enquête dans les arcanes de la traduction et de la censure.
Versus, vice-versa
Christophe Béranger et Jonathan Pranlas-Descours viennent de présenter à Marseille et Avignon, un solo à deux ou un duo de soli avec le plasticien Étienne Rey. Un spectacle musical et lumineux. (Lire l'article)
Only The People
Si demain l’intelligence artificielle voulait prendre le contrôle de la planète, nous lui conseillerions de commencer par les zones commerciales, ces no man’s land qui croissent comme des champignons à la périphérie des villes françaises. Ces lieux — aberrations à la fois sociale, écologique et esthétique — sont ceux où l’humanité est le plus vulnérable. L’individu n’y est plus qu’un porteur de carte bancaire ; il achète, consomme, use, élimine, éventuellement recycle, puis revient. Du point de vue des machines, le plus rationnel serait qu’il y reste ad vitam... Aux derniers réfractaires, nous conseillons le maquis où, autour de feux de camps, ils pourront reprendre en chœur le Only People de John Lennon... (Lire l'article)
Antonio Sarabia au-dessus du volcan
L'écrivain mexicain Antonio Sarabia est mort samedi 3 juin à Lisbonne. Du roman historique au roman noir, en passant par le fantastique, Sarabia aura traversé plusieurs genres sans s’y enfermer. Avec, en toile de fond de plusieurs de ses livres, un volcan. René Solis, qui a traduit en français La Femme de tes rêves, revient sur cette intimité singulière qui lie un traducteur à un écrivain et sur son immersion dans ce qui aura été le dernier livre d'Antonio Sarabia. (Lire l'article)
Ailleurs, partout : résistance de l’humain
Le film d'Isabelle Ingold et Vivianne Perelmuter propose un choix osé et radical: prélever des images de caméras de vidéo-surveillance et de live-cams disponibles sur Internet, et n'en garder que les moments décevant les attendus. Un film précieux qui met à mal les stéréotypes associés aux documentaires sur les migrations.
Miró pyromane
1973 : la tour Montparnasse est inaugurée, Libération publie son premier numéro, les ouvriers de Lip sont en grève, Picasso meurt, les derniers soldats américains quittent le Viet-nam, le collège Édouard-Pailleron brûle. Pendant ce temps, Joan Miró prépare la grande rétrospective qui doit le mettre en vedette l’année suivante au Grand Palais à Paris. (Lire la suite)
Les Barbares
Qui seront les nouveaux Barbares ? À quoi ressemblera notre Moyen Âge ? Quand en sortirons-nous ? En sortirons-nous ? Certes, l’histoire ne se répète pas— ou alors comme une farce, disait l’autre — mais on peut tirer toujours quelques fils prospectifs. Notre effondrement sera beaucoup plus rapide, il sera violent : le retour à la terre va être plus rude que les décroissants ne l’espéraient. (Lire l'article)
Un crime, mais lequel ?
En 1935 Georges Bernanos, auteur de Sous le soleil de Satan et Prix Femina en 1929, publie un polar. Et fait d’un travail alimentaire un monument qu’il camoufle discrètement, comme un délit, sous les aspects d’une histoire ordinaire. La construction est imparable, d’une grande modernité. Le contenu annonce les grandes thématiques du genre de la deuxième moitié du vingtième siècle : sexe, amour interdit, mensonge social, usurpation d’identité, schizophrénie peut-être… Bernanos, avec ce bijou, s’affirme en précurseur essentiel au même titre que Poe, Gaboriau ou Collins. Trop catholique pour être lu par les lecteurs rebelles, égaré dans la sous-littérature de gare pour les autres, Bernanos a vu son roman caviardé par les préjugés. Quel dommage. (Lire l'article)
Anaïs Charras, graveuse
Anaïs Charras développe un univers onirique que j'avais déjà beaucoup aimé dans ses dessins. La finesse de son trait l'a logiquement conduite à la gravure et je lui ai rendu visite dans son atelier.


















