La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
Violet Gordon Woodhouse par Alvin Langdon Cobürn - vignette
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Violet et ses amis

Violet Gordon Woodhouse, riche et fantaisiste Anglaise, est une autre figure marquante de la résurrection du baroque au début du XXe siècle. Au piano, au clavecin et au clavicorde, elle joue Bach, Purcell et Scarlatti. De la même génération que Wanda, elle est bien éloignée des milieux saphiques parisiens, même si elle rencontra la jeune Virginia Woolf et si la poétesse Radclyffe Hall, alias John, lui dédicaça des poèmes érotiques. Elle vit avec un mari très gentil (mais handicapé par un accident de chasse) et, sous le même toit, avec trois amants officiels. Quand elle n'est ni au jardin ni à cheval, Violet fait de la musique... (Lire l'article)

L'Amie prodigieuse (épisode 1): Ludovica Nasti (Lila), Elisa Del Genio (Elena)
Écrans, Livres, Séries

De quoi L’Amie prodigieuse est-elle le nom ?

Ça ressemble à un film néoréaliste, mais ça n’en est pas un (même lorsqu’une scène sort tout droit de Rome ville ouverte). Ça à l’allure d’une vaste fresque sociale, mais n’en est pas tout à fait une (trop lissée). Tout comme les livres d’Elena Ferrante ont un air de chef d’œuvre mais n’en sont pas vraiment. Co-produite par HBO et la RAI, l’adaptation en série du premier tome de la tétralogie à succès, L’Amie prodigieuse, est arrivée sur Canal+ à la mi-décembre. (Lire le guide)

Tisser les racines, détail © Ana Maria Lozano
Arts plastiques, Expo

Figures du continu, Ana Maria Lozano – Les Voyageurs, épisode 3

L’installation de Ana Maria Lozano Rivera, présente aux Beaux-Arts pour l’exposition Les Voyageurs, est de celles qui met en échec le principe du face-à-face muséal. Elle n’est pas un objet proposé au regard, mais un intérieur que l’on investit. Située dans l’entrée du Palais des Beaux-arts, Tisser les racines est une pièce à trois murs, un refuge, un pli fait dans la trame de l’exposition avant même qu’elle ne se déploie. (Lire la suite)

Eko Supriyanto, Balabala @ Widhi Cahya, Salihara 2016
Danse

World in Marseille

Un chorégraphe indonésien, Eko Supriyanto, pour démarrer, avec notamment un solo dédié à l'Océan, une danseuse belge, Lisbeth Gruwez, Pénélope en robe noire tournant rageusement face au vent, une ouverture confirmée sur l'Afrique (Serge Aimé Coulibaly, Rokia Taoré...) : sous l'impulsion de son directeur Jan Goossens, le Festival de Marseille est un appel d'air, où l'on trouve de plus en plus de créations. Et qui gagnerait encore si la municipalité décidait de lui octroyer la Vieille Charité, magnifique lieu dominant toute la ville. (Lire l'article)

 

Le Désir libertaire. Le surréalisme arabe à Paris. 1973-1975, éditions de L’Asymétrie, 2018
Livres

L’Autre de l’Arabe mis à nu

Jetant dans une revue confectionnée à la hâte et avec soin ses poèmes oniriques ou acides, un collectif d’émigrés sans foi ni loi, divines ou politiques, explore les potentialités poétiques de la langue arabe et s’en prend à l’héritage qu’il refuse. Ces auteurs revendiquent pour cela un autre legs, qu’on croyait taillé à la seule mesure d’un Occident traversé par ses propres crises, celui du surréalisme. Poèmes en vers ou en prose, pièces littéraires et contre-points théoriques de cette revue ont été traduits de l’arabe et rassemblés par Abdul Kader El Janabi dans un volume intitulé Le Désir libertaire. Le surréalisme arabe à Paris. 1973-1975, publié aux éditions L’Asymétrie. (Lire l'article)

Arts plastiques, Danse, Théâtre

A cup of Artdanthé

Festival qui mêle les disciplines depuis 18 ans, Artdanthé accueille de nombreux jeunes (ou moins jeunes) auteurs et leurs recherches les moins attendues. En passant d’une performance à un spectacle, d’un workshop à une installation, on peut mieux appréhender ce qui propulse et inquiète les artistes, de moins en moins soutenus et reconnus, de moins en moins programmés et produits ou coproduits. Secoués comme leurs contemporains dans un monde de l’exclusion se repliant sur quelques nantis que la culture n’intéresse que si elle est attractive, rentable ou patrimoniale, plasticiens, metteurs en scène, chorégraphes, compositeurs ont fait de Ardanthé un lieu de parole, de controverse, d’invention et de réunion. (Lire l'article)

Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Doctor Strange, ou le stade du miroir, de Nosferatu à Trump

Que comprendre de l'adaptation de ce comics réputé psychédélique, et de la “dimension-miroir” qu'il met en scène, double mystique de notre monde réel ? Toute-puissance magique du septième art, qui contemple ses propres super pouvoirs ? Ou reflet de notre civilisation, dédoublée elle aussi en un univers parallèle où se jouent la bataille des puissants et le destin des mortels, jusqu'à Trump récemment ? (Lire l'article)

Livres

Jaime Avilés, dernier combat

Journaliste, chroniqueur politique, polémiste, militant de gauche, romancier, Jaime Avilés, auteur de La Nymphe et le sous-commandant, traduit en 2006 aux éditions Métailié, est mort le 8 août à Mexico. Sa capacité à rire de tout et d'abord de lui-même était l'un de ses traits les plus marquants. (Lire l'article)

Little Edie dans Grey Gardens (David & Albert Maysles)
Cinéma, Écrans

Cet été-là : les deux Edie sont de retour

Quarante-cinq ans après le tournage du documentaire culte Grey Gardens des frères David et Albert Maysles, qui fit le bonheur des soirées thématiques gay, inspira film et pièce de théâtre, le Danois Göran Olsson, en assemblant quatre bobines de rushes oubliés, réalise un préquel jubilatoire et nostalgique. On y croise Andy Warhol, Truman Capote, Mick et Bianca Jagger. Mais les vraies stars sont les deux Edie, mère et fille, qui auront connu bien plus qu’un quart d’heure de célébrité. (Lire l'article)

domenico scarlatti chroniques scarlattiennes
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Un musicien mécaniste

Le Scarlatti astronome n'est jamais évoqué en musicologie, pas davantage que le philosophe naturel ou l'amateur d'art. Or, l'énigme de la lentille de télescope rapportée par Scarlatti a trouvé sa solution dans les travaux d'une historienne d'art sur la collection d'estampes rassemblée par Jean V, et il est certain que notre musicien était au courant des derniers développements de la science dont les progrès étaient alors stupéfiants et passionnaient tout “honnête homme”. Comment douter que Scarlatti – dont les sonates sont des petits mécanismes musicaux ajustés comme des horloges de précision – se soit passionné pour la nouvelle science qui allait générer la révolution industrielle et profondément modifier nos modes de vie ? (Lire l'article)

Docteur Frigo de Éric Ambler, traduit de l’anglais par Éric Diacon, Rivages/Noir. Une chronique de Lionel Besnier
Le genre idéal, Livres

Coup d’État, mode d’emploi

De l’art du coup d’État comme une nécessité. Porté à sa perfection, il n’en porte même plus le nom. Plus magnifique encore, il devient permanent. Éric Ambler, injustement méconnu, est un autre John Le Carré et son Docteur Frigo reçut en son temps le Grand Prix de littérature policière. Soulever un coin de la couverture et faire la connaissance d’El Lobo, du Père Bartolomé ou du commandant Delvert, ne peut pas faire du mal. (Lire l'article)

Ilotopie à Calais: Gens de couleur © Ludovic Fasa
Théâtre

Ilotopie, escale à Calais

Un labyrinthe qui permet aux enfants d’échapper à leurs parents, des oreilles géantes qui parlent, une salle de spectacle-balançoire, des cages pour humains… pendant cinq jours Ilotopie a occupé la place d’Armes de Calais et des lieux plus inattendus. La compagnie basée à Port-Saint-Louis du Rhône a fêté il y a peu ses trente ans. Et est l’une des rares troupes des arts de la rue qui fonctionne avec un vrai répertoire. Plusieurs des spectacles présentés à Calais ont plus de vingt ans d’âge. Et conservent leur impact perturbateur. (Lire l'article)

Nijinsky dans La Péri de Paul Dukas, en 1911, vu par Bakst
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Diaghilev groupie

Il est difficile de croire que la première du Sacre du printemps, en 1913, a été contemporaine du travail d'élaboration des Femmes de bonne humeur, comédie de Carlo Goldoni muée en opéra-ballet par Serge Diaghilev en 1916. C'était à la fois le sacre de Stravinsky et celui de Scarlatti. Car Diaghilev, qui voulait une musique pré-romantique, était un inconditionnel de Domenico, dont il choisit 22 sonates qu'il fit, à sa façon habituelle, orchestrer. Curieuse idée que de “mélodiser” des sonates par nature “a-mélodiques” ! Mais il fallait bien que les danseurs aient du grain à moudre... (Lire l'article)

Batman vs Superman
Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Superman vs Batman, concours d’engins

Avouons-le, l’affiche du jour nous a fait envie : face à face sur le ring, les deux stars historiques de l’écurie DC Comics, Ange et Démon d’un catch geek planétaire, “super hérauts” de valeurs que tout oppose – entre le premier de la classe, immortel descendu sur Terre et remisé au placard dans son costume de réac, et le justicier vengeur borderline, “humain trop humain”. Tous deux réconciliés par le fantasme de l'hyperpuissance comme virilité, dans un imaginaire hollywoodien qui met ici à nu sa libido malade, sa mauvaise bile de frustration masculine et de régression œdipienne. Et Superman et Batman de finir entre poilus qui se comparent l’engin, selon la bonne vieille fraternité des vestiaires et des casernes. (Lire l'article)