La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
Musiques

Blue Janis délavée

Cap sur la nostalgie avec les images d’archives délavées de Little Girl Blue, le documentaire que Amy J. Berg consacre à Janis Joplin, 45 ans après la mort de la chanteuse d’une overdose, dans une chambre d’hôtel d’Hollywood. La collecte et le montage des témoignages (parents, frère et sœur, amis proches, copains d’école, Country Joe McDonald et Big Brother, ses compagnons de route musiciens…) ont nécessité huit ans de travail. Fragilité du personnage et puissance de la voix, les frissons sont toujours là. (Lire la suite)

Batman vs Superman
Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Superman vs Batman, concours d’engins

Avouons-le, l’affiche du jour nous a fait envie : face à face sur le ring, les deux stars historiques de l’écurie DC Comics, Ange et Démon d’un catch geek planétaire, “super hérauts” de valeurs que tout oppose – entre le premier de la classe, immortel descendu sur Terre et remisé au placard dans son costume de réac, et le justicier vengeur borderline, “humain trop humain”. Tous deux réconciliés par le fantasme de l’hyperpuissance comme virilité, dans un imaginaire hollywoodien qui met ici à nu sa libido malade, sa mauvaise bile de frustration masculine et de régression œdipienne. Et Superman et Batman de finir entre poilus qui se comparent l’engin, selon la bonne vieille fraternité des vestiaires et des casernes. (Lire l’article)

Théâtre

Don Quichotte, roman picard

Le coup du manuscrit retrouvé au fond d’une malle marche toujours. En l’occurrence, le scénario inédit – et improbable – d’un film sur don Quichotte que Métilde Weyergans et Samuel Hercule assurent avoir déniché dans un vide-grenier alors qu’ils étaient en panne d’inspiration pour un nouveau projet. De ce scénario, ils ont fait un film qui est au cœur d’un spectacle étonnant intitulé Dans la peau de don Quichotte, construit autour d’une fable simple mais pas simpliste, volontairement artisanal et bien loin de l’asepsie des images numériques. (Lire l’article)

Ray Davies © Alex Lake
Musiques

Ray Davies, un Kinks de retour

Americana était déjà le titre de son livre autobiographique publié en 2014. C’est aujourd’hui aussi le titre du dernier album solo du leader des Kinks, ce groupe britannique légendaire des années 60. A 73 ans, Ray Davies, n’a rien perdu de sa voix qui redevient vite familière dès qu’il entonne Americana, son ode à la mythique Amérique de sa jeunesse, véritable muse des compositions des Kinks. (Lire l’article)

Courrier du corps, Musiques

L’oreille regarde (Thylacine + Rhodes Tennis Court)

Comment filmer un musicien populaire contemporain ? Prenons deux exemples : un qui filme et un qui joue, David Ctiborsky et Rhodes Tennis Court, respectivement. Le premier a suivi pendant deux semaines le musicien electro Thylacine dans le transsibérien, parti à la rencontre de musiciens locaux et d’inspiration. Le second, ce sont les musiciens de Rhodes Tennis Court, Marin Esteban et Benjamin Efrati, qui se décrivent comme “jouant face à face, comme à un jeu de raquettes, la compétition en moins”. Où l’on voit que c’est avec les yeux aussi qu’on fait de la musique. (Lire la suite)

Arts plastiques, Expo, Livres

Annie Le Brun, ou l’art de la résistance

Il reste bien peu de vrais rebelles dans ce monde sans horizon et sans boussole, mais Annie Le Brun en fait assurément partie. Chacun de ses livres est un pavé dans la mare de la crétinisation ambiante, et son tout dernier, Ce qui n’a pas de prix (Stock), est à ce titre une lecture particulièrement jubilatoire, un manifeste contre l’enlaidissement du monde qui sévit depuis les années 90 et résulte de la collusion de l’art et de l’argent orchestrée en particulier par les industries du luxe. Cet “art des vainqueurs” se nourrit en effet de sidération, de gigantisme et de vide esthétique et, face à ce matraquage, il est urgent de réagir, affirme l’auteur… (Lire l’article)

Écrans, Machines à voir

Altamura

Je ne suis pas en colère contre vous, qui êtes la norme, je suis en colère contre moi, parce que j’ai accepté de venir ici. Et ça ne me fait pas plaisir, en effet. (Jean Genet)
Revues de photographie (sélection)
Photographie

Ma vie en revues (1)

L’apparition en 2017 de la revue Transbordeur. Photographie, histoire, société m’a rappelé que ma vie de photographe avait été jalonnée par les revues. C’est cette histoire que je compte raconter.
Angelus novus, AntiFaust, mise en scène de Sylvain Creuzevault. Une critique de René Solis dans délibéré
Théâtre

Folies Faust

Les manifs mènent à tout, même à Sainte-Anne. C’est dans le jardin de l’hôpital de l’hôpital psychiatrique parisien que Marguerite Martin, Prix Nobel de biologie et quadragénaire érotomane, trouve asile juste avant l’entracte. Dans le Faust revu et refusé par Sylvain Creuzevault, comme dans Le Maître et Marguerite de Boulgakov, la folie est un cadeau du diable, une façon d’échapper au contrôle d’identité et à l’ordre établi. Avis aux spectateurs, les trois heures trente que dure Angelus novus ne sont ni raisonnables ni bien léchées. (Lire l’article)

Nijinsky dans La Péri de Paul Dukas, en 1911, vu par Bakst
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Diaghilev groupie

Il est difficile de croire que la première du Sacre du printemps, en 1913, a été contemporaine du travail d’élaboration des Femmes de bonne humeur, comédie de Carlo Goldoni muée en opéra-ballet par Serge Diaghilev en 1916. C’était à la fois le sacre de Stravinsky et celui de Scarlatti. Car Diaghilev, qui voulait une musique pré-romantique, était un inconditionnel de Domenico, dont il choisit 22 sonates qu’il fit, à sa façon habituelle, orchestrer. Curieuse idée que de “mélodiser” des sonates par nature “a-mélodiques” ! Mais il fallait bien que les danseurs aient du grain à moudre… (Lire l’article)

Le Caméléon, de David Grann (éditions Allia, traduit de l’anglais par Claire Debru). Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne
Livres, Ordonnances littéraires

David Grann pour la France caméléonique

La dernière mode, la toute dernière tendance ? Le caméléon. Vous vous sentez prêt ? Pas tout à fait ? Il y a encore en vous quelques petites rigidités qui pourraient vous causer grand tort en cette nouvelle France du changement perpétuel ? Alors il va falloir lire. Un tout petit livre qui tient dans la poche de n’importe quelle veste, retournée ou pas : Le caméléon, de David Grann. (Lire l’article)

Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Le dernier jour

Eh bien voilà, nous y sommes, ou presque. Chaos politique en Grande Bretagne, climat insurrectionnel en France, shutdown historique aux États-Unis, Allemagne au bord de la récession, Belgique en miettes. Et puis l’Italie, la Hongrie, la Pologne, l’Autriche, le Brésil et l’on en passe. Jusqu’au Zimbabwe, hérissé de barricades depuis une brutale hausse du prix des carburants. Et après ? Prévoyons un effondrement des marchés, une dégradation accélérée du climat et de l’environnement, des migrations en tous sens. Tous aux abris ! (Lire l’article)

Daniel Lang, Stockholm 73 (traduit de l’anglais par Julien Besse), Allia
Livres

Retour à Stockholm

Livres, films, séries, expos, archi, design, théâtre, danse… Chaque semaine, les choix de délibéré. Cette semaine, Stockolm 73, le reportage haletant du journaliste Daniel Lang sur un événement célèbre, mêlant récit factuel et témoignages des ravisseurs, des policiers, des psychiatres et des otages. (Lire le guide)

Arts plastiques, Expo, Photographie

Le temps de l’objectivité

Jusqu’au 5 septembre, le Centre Pompidou présente une grande exposition sur la Nouvelle Objectivité, recension d’un moment de l’histoire de l’Art dans l’Allemagne des années 1920. Angela Lampe, conservatrice des collections historiques du Centre en est la commissaire. Pour ce travail exceptionnel, elle s’est adjointe Florian Ebner, le conservateur de la Photographie. Ils ont choisi le photographe August Sander et ses portraits comme fil conducteur. Passionnant!

Arts plastiques, Expo

Saint Phalle, “Belles” et rebelles

De Niki de Saint Phalle, on connaît d’abord les Nanas, ces sculptures représentant des femmes dansantes et généreuses. Surreprésentées sur des réseaux sociaux avides d’images colorées, elles ont joui d’un nouveau moment de gloire lors de l’exposition de 2014 au Grand Palais. Jusqu’au 21 octobre, la galerie parisienne Vallois, propose « Belles ! Belles ! Belles ! Les femmes de Niki de Saint Phalle », une exposition qui va au-delà des œuvres emblématiques et offre un regard décalé sur l’artiste franco-américaine. (Lire l’article)