La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Critiques
Arts plastiques, Expo

Feu l’Europe, musée rétrofuturiste au Mucem

Au Mucem, le metteur en scène belge Thomas Bellinck installe son "Domo de Eūropa Historio en Ekzilo" (Maison de l'histoire européenne en exil), une exposition-installation-performance qui nous projette dans un avenir proche. Dans ce musée délaissé et poussiéreux, les visiteurs, en poussant des rideaux en plastique ou des vieilles portes bringuebalantes, retraversent les grandes heures de la construction et de la déconstruction de l'Europe. On passe par la salle des vieux billets (l'euro, autrefois "joyau européen"), on y admire un cendrier à l'effigie d'Angela Merkel, on s'y rafraîchit la mémoire sur les circonstances du retrait de la France en 2022. Une ode à l'euro-scepticisme ? Au contraire... (Lire l'article)

Marianne Brandt, L’Atelier se reflétant dans la boule (autoportrait dans l’atelier Bauhaus à Dessau), photographie, 1928-1929 © Bauhaus-Archiv Berlin / A.D.A.G.P. 2016
Architecture, Design, Expo

Épris du Bauhaus

Le musée des Arts décoratif de Paris revient sur “L'esprit du Bauhaus”, le mouvement fondé en 1919 par l'architecte allemand Walter Gropius à Weimar. En mettant simplement en scène l'école du plus grand collectif artistique du début du XXe siècle, qui s'est épanoui à Dessau, et s'est dissout en 1933 à Berlin, réprimé par le nazisme. L'œuvre totale y est décortiquée au fil des enseignements de tous les arts, en liaison avec l'artisanat et l'industrie. Jaillissent des centaines de pièces, symboles d'un art de vivre moderne, esthétique, festif et social, créées en commun par une troupe fameuse, de Paul Klee à Mies Van der Rohe. (Lire l'article)

Honoré, Petite anthologie du dessin politique (1995-2015), Éditions de La Martinière, 2016, 25€. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne
Livres, Ordonnances littéraires

Ordonnance pour nos amis biterrois

Dans la Petite anthologie du dessin politique qui vient d’être publiée aux éditions de La Martinière, en hommage au dessinateur Honoré assassiné avec ses collègues de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, les puissants de ce monde se bousculent, épinglés par un trait précis et épuré, dans des dessins en noir et blanc parfois agrémentés de rares touches de couleur : tâches de sang sur les mains du couple Pinochet, tapis rouge qui engloutit une Bernadette Chirac recevant Elisabeth II, drapeau américain tenu par un membre du Ku Klux Klan… Au fil des pages, les puissants parlent, Honoré leur répond. On recommandera à nos chers amis biterrois la lecture de cet ouvrage, qui les changera du Journal de Béziers auquel ils sont abonnés d'office. (Lire l'article)

“Instable comme une saillance”, une chronique de Nicolas Witkowski sur Tex Avery
Chroniques avéryennes, Écrans

Instable comme une saillance

La saillance : objet ou personnage émettant ou recevant des prégnances. Elle est d'une instabilité constitutive qui — acte fondateur du rire — tire le tapis sous nos certitudes les plus assurées. D'abord, un prédateur peut se transformer en proie, ou inversement, sans prévenir personne. Ensuite, une saillance peut se transformer en prégnance, ce qui pose une redoutable question, très voisine de celle que se sont posée les physiciens lors de la naissance de la physique quantique.
Danse

Fabrice Dugied, un dernier regard

Danseur et chorégraphe, Fabrice Dugied est décédé le 4 avril 2016. Artiste associé à la programmation danse du studio Le Regard du Cygne, à Paris, depuis sa fondation en 1985, il n’eut de cesse de défendre la danse contemporaine, de l’explorer autant dans ses travaux personnels fragiles et singuliers que dans sa manière de fouiller l’histoire de cet art et de le transmettre.

Arts plastiques

Anaïs Charras, graveuse

Anaïs Charras développe un univers onirique que j'avais déjà beaucoup aimé dans ses dessins. La finesse de son trait l'a logiquement conduite à la gravure et je lui ai rendu visite dans son atelier.

Eko Supriyanto, Balabala @ Widhi Cahya, Salihara 2016
Danse

World in Marseille

Un chorégraphe indonésien, Eko Supriyanto, pour démarrer, avec notamment un solo dédié à l'Océan, une danseuse belge, Lisbeth Gruwez, Pénélope en robe noire tournant rageusement face au vent, une ouverture confirmée sur l'Afrique (Serge Aimé Coulibaly, Rokia Taoré...) : sous l'impulsion de son directeur Jan Goossens, le Festival de Marseille est un appel d'air, où l'on trouve de plus en plus de créations. Et qui gagnerait encore si la municipalité décidait de lui octroyer la Vieille Charité, magnifique lieu dominant toute la ville. (Lire l'article)

 

Arts plastiques, Expo

Foujita, moderne à Maillol

Un peintre japonais à Paris, ce n’est pas commun en ce début du XXe siècle. D’ailleurs, en homme d’image résolument moderne, Foujita aime se mettre en scène en photos, en autoportraits. À coup sûr, il serait aujourd’hui tout en selfies sur Instagram. C’est lui autant que ses toiles que le musée Maillol à Paris expose jusqu’au 15 juillet, à l’occasion des cinquante ans de sa disparition. Un artiste pluriel, voyageur francophile, dont le talent autant que la personnalité s’épanouissent au contact des Années folles parisiennes. (Lire l'article)

Théâtre

Nathalie Béasse en forêt habitée

Ils sont quatre qui tirent les ficelles aux quatre coins d'une immense bâche noire, comme s'ils jouaient à y faire rebondir un pantin qui n'existe pas. Cette longue séquence, qui ouvre Le bruit des arbres qui tombent, le spectacle que Nathalie Béasse présente au théâtre de la Bastille, est la première d'une série d'images énigmatiques dont le sens importe moins que la sensation qu'elles provoquent, chez les spectateurs comme chez les acteurs. (Lire l'article)

Danse

Si la danse était contée

Les chorégraphes ont toujours aimé la fantasmagorie tout en ayant une vraie appréhension de la narration. Comment dire sans illustrer ? Comment conter sans livret ? Autant de questions dont la danse contemporaine jugea bon de se débarrasser afin de ne plus être soumise au texte. Mais le merveilleux n’a pas fini d’œuvrer. Exemples à la 17ème Biennale de la danse de Lyon, avec Thierry Malandain et Olivia Grandville. Et à Aix-en-Provence, avec Angelin Preljocaj. (Lire l'article)

Sépànd Danesh, Soulèvement, 2015. Huile, spray et acrylique sur toile, 140 x 200 cm, Courtesy de l’artiste, Backslash
Arts plastiques, Expo

Rêver à l’envers

Il y a les œuvres qu’on aime parce qu’on les a comprises : le plaisir du déchiffrement, du terrain conquis et du sentiment de sa propre intelligence contribuent à la vivacité du souvenir qu’on en garde et au plaisir qu’on a à y revenir. Et il y a les œuvres qui, au contraire, vous poursuivent parce qu’elles vous échappent, parce qu’elles se présentent comme autant de paradoxes, sphinx silencieux proposant de muettes énigmes. Les toiles de Sépànd Danesh appartiennent à cette seconde catégorie. Si l’on voulait résumer leur énigme, sans doute pourrait-on la formuler ainsi : ces toiles sont peuplées de figures et pourtant, on pourrait les dire abstraites. L’exposition Des ruines pour origine est à voir jusqu’au 2 avril chez Backslash Gallery, à Paris. (Lire l'article)

Arts plastiques, Expo, Livres

Annie Le Brun, ou l’art de la résistance

Il reste bien peu de vrais rebelles dans ce monde sans horizon et sans boussole, mais Annie Le Brun en fait assurément partie. Chacun de ses livres est un pavé dans la mare de la crétinisation ambiante, et son tout dernier, Ce qui n’a pas de prix (Stock), est à ce titre une lecture particulièrement jubilatoire, un manifeste contre l’enlaidissement du monde qui sévit depuis les années 90 et résulte de la collusion de l’art et de l’argent orchestrée en particulier par les industries du luxe. Cet “art des vainqueurs” se nourrit en effet de sidération, de gigantisme et de vide esthétique et, face à ce matraquage, il est urgent de réagir, affirme l’auteur... (Lire l'article)