Alexandre Seurat pour le gouvernement polonais
En Pologne, pays membre de l’Union européenne, les femmes ont failli ne plus avoir du tout le droit d’avorter. Même en cas de viol ou d’inceste. Quand l’avortement était déjà (et demeure) très sévèrement limité dans le pays. Et le gouvernement ultraconservateur du parti Droit et Justice, en place depuis l’automne 2015, a par ailleurs bien d’autres projets tout aussi réjouissants. Le gouvernement polonais veut préserver la “dignité” du peuple polonais ? Alexandre Seurat, dans L’administrateur provisoire, lui répond avec une précision troublante. (Lire l'article)
Hayao Miyazaki : intelligence humaine
2013 : le dessinateur japonais Hayao Miyazaki, réalisateur et producteur de films d’animation mondialement connus, annonce qu’il prend sa retraite. C’est la fin du studio Ghibli, qu’il a créé en 1985 avec Isao Takahata (Le Tombeau des lucioles). Le réalisateur Kaku Arakawa le retrouve en 2016, alors que Miyazaki, un brin malicieux, déclare reprendre du service en s’engageant dans un nouveau projet : la réalisation d’un court-métrage, Boro la chenille, à partir d’images de synthèse. Documentaire sur le retour du vieux maître, Never-Ending Man, est aussi et surtout prétexte à une passionnante réflexion sur les rapports entre l'humain et l'intelligence artificielle. (Lire l'article)
Tous ensemble
Chaque jour, par petites touches, la fin du monde s’insinue dans nos têtes comme une évidence, comme une échéance inéluctable. Nous nous y habituons sans vraiment nous en rendre compte. Prenez la fin novembre. Discourant doctement sur la "programmation pluriannuelle de l’énergie", Emmanuel Macron lançait à son auditoire : "Il y a des Français qui disent : “On entend le Président évoquer la fin du monde alors que nous, on parle de la fin du mois”, eh bien nous allons traiter les deux, nous devons traiter les deux". C’est ainsi que fin de mois et fin du monde ont été mariées pour le pire et pour le pire. (Lire l'article)
Héritage et solitude littéraires
Étrange est pour un écrivain la découverte du chemin le menant vers sa vocation, son destin. Pas seulement étrange, unique aussi. Quand j’essaie de visualiser cette découverte, quand je tente de comprendre comment j’en suis arrivé à l’écriture des livres que j’ai écrits, je ressens comme une gêne. Comment ai-je pu persévérer dans ce qui était de toute évidence une sottise, vu le milieu dans lequel je me suis formé, la famille d’où je viens, le pays où j’ai grandi et où j’ai commencé à emprunter cette voie ?
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L’aura de Goutelas
Dans les années 1960, une extraordinaire aventure bénévole a permis de rénover ce château Renaissance en ruines. Devenu Centre culturel en pays rural du Forez, il continue sa mission de rencontres et de culture, d'abris de fortune en expositions autour des savoir-faire locaux. Àl'ombre de légendes passées – le roman L'Astrée ou une symphonie de Duke Ellington. Et à l'orée d'un nouvel élan à retrouver, dans l'esprit humaniste de Goutelas. (Lire l'article)
Ce sont vos yeux qui vous empêchent de voir
Il est venu de nulle part, parle peu et le pouvoir est vide, faute de meneurs ayant une vision. Le roi vient d’être assassiné sans que personne vraiment ne cherche la vérité, comme un ultime renoncement. L’ennemi est diffus, il est partout, personne ne l’a vu, il est le frère et le voisin. L’inconnu arrive de Delphes. Il n’a pas traversé la Méditerranée, mais il va ouvrir la seule porte qui semblait à jamais condamnée : celle de l’espérance. (Lire l'article)
Eugène Atget en zones libres
Dans son livre "Eugène Atget. La photographie des hommes libres" (éditions LOCO), Yannick Le Marec éclaire la dimension politique du travail réalisé par le photographe auprès des chiffonniers des "zones" en périphérie de Paris, à la veille de la Première Guerre mondiale.
Irak, le monde, hier et demain
En 1258, les Mongols pillent Bagdad, massacrent un million de personnes, détruisent bibliothèques et universités, mettant ainsi fin à l’âge d’or des alchimistes et de la cité qui abritait alors tout le savoir du monde. Les livres, digues de papier trempé dégoulinant d’encre, servent de barrages sur le Tigre et des savants désespérés se jettent dans le fleuve d’une ville transformée en tas de gravats. Bagdad 2004. Les nouveaux Mongols sont américains. Le tas de ruines est le même. (Lire l'article)
So What?!
Le 20 novembre, on a célébré la journée mondiale des victimes de transphobie. Dans une brochure aussi élégante que dérangeante, le photographe Marc Martin montre le corps de Jona James, une femme devenue un homme.
À ceux que la chienlit offusque
Les hommes et les femmes politiques ne lisent pas beaucoup, on le sait bien, et c’est une des raisons pour lesquelles cette chronique, largement subventionnée, vous vous en doutez, par le ministère de la Culture, a été mise en place. Ils ne lisent que bien peu mais ils causent. Beaucoup. À droite, la mode en ce moment est à la “chienlit”, terme qui n’est officiellement plus vulgaire ni même familier depuis le 19 mai 1968. Les responsables politiques ont visiblement très peur de la chienlit, et cette peur est devenue, ces derniers temps, très nettement obsessionnelle. En 2015 est paru un ouvrage de Frédéric Pagès, Botul au bordel, qui semble pouvoir s’intégrer dans le traitement cognitif de ce type de pensée obsessionnelle. (Lire l'article)
Et vos enfants, survivraient-ils dans le désert ?
Archives des enfants perdus de Valeria Luiselli, ou comment aborder dans un roman la politique migratoire des États-Unis.
Jérôme Baschet pour un gouvernement victime d’hyperactivisme frénétique et d’étouffement présentiste
Parce qu’une “sortie du présentisme” est possible, parce que “sortir du présentisme, c’est aussi et avant tout rouvrir le futur”, nous recommandons l’ingurgitation par tous les adhérents à La République en Marche ainsi qu’à ceux qui, d’une façon ou d’une autre, s’y sont frottés, l’ingestion complète de l'ouvrage de Jérôme Baschet, Défaire la tyrannie du présent. Temporalités émergentes et futurs inédits, qui, nous l’espérons, pourra percer une brèche, fût-elle modeste, fût-elle lointaine, dans notre avenir un peu bouché. (Lire l'article)
Guanajuato, musiques en tous genres
À Guanajuato, ancienne ville minière du centre du Mexique, le festival Cervantino fête sa 43e édition. Dirigée par le romancier Jorge Volpi, la manifestation, l'une des plus importantes d'Amérique latine (3000 artistes invités en provenance de 27 pays), fait la part belle à la danse et au théâtre, mais aussi à la musique. De la flûte andine au répertoire contemporain en passant par le bel canto et les bandas de villages, l'envoyé spécial de délibéré, qui est aussi musicien dans un orchestre symphonique, livre ici le résultat de ses écoutes. (Lire la suite)
Marie Darrieussecq ou le slalom de l’insomniaque
« Je carbure aux barbituriques depuis près de trente ans. Je savoure les soporifiques, je...
Rubens, Godard et les autres
La salle des Rubens, au cœur du musée royal des Beaux-Arts d'Anvers est actuellement fermée pour travaux. Qu'à cela ne tienne : dans Het Land Nod (Le Pays de Nod), le collectif FC Bergman se propose d'installer les spectateurs dans la salle d'origine, reconstituée à l'identique. Ne manquent que les Rubens aux murs. À l'exception d'une crucifixion, connue sous le titre Le coup de lance, où le Christ est entouré des deux voleurs. Entre gardiens maladroits et visiteurs intempestifs, la salle des Rubens est très fréquentée. On y croise même Godard... (Lire l'article)
L’opéra total
Quiconque a jamais rêvé d’aller non pas à l’opéra, mais au milieu d’un opéra, de se trouver sur la scène, immergé.e tout à la fois dans l’art et dans la fiction qu’il représente, sera bien inspiré.e d'aller plonger au Centre Pompidou-Metz dans l'exposition Opéra Monde. La quête d'un art total.
Johnny Cash dans le texte
John Carter Cash, fils de John Cash et June Carter, dévoile une série de poèmes et de lettres écrites par l'auteur de “Folsom Prison Blues”, mis en musique et interprétés par plusieurs de ses plus talentueux disciples dans Johnny Cash Forever Words.
Lucky Peterson, en souvenir de Jimmy Smith
Pour les nostalgiques de Jimmy Smith, voici un album hommage qu'un de ses élèves s'était promis d'enregistrer depuis la disparition de son maître il y a douze ans. Lucky Peterson célèbre fidèlement son mentor, jusqu'au graphisme de la pochette qui rappelle clairement les classiques de Jazz “Blue Note”. (Lire l'article)


















