La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Critiques
Mort de l'harmoniciste belge Toots Thielemans (par Edouard Launet)
Musiques

Toots Thielemans, dernière note

L’harmoniciste belge Toots Thielemans est décédé dans son sommeil à 94 ans, le lundi 22 août 2016. Ce musicien infiniment sensible et doué a joué avec Charlie Parker, Chet Baker, Miles Davis, Charlie Haden, Bill Evans, Ray Charles, Oscar Peterson, Joe Pass, Pepper Adams, Philip Catherine, Dizzy Gillespie, Ella Fitzgerald, Frank Sinatra, Elis Regina, et l’on en passe. Toots avait posé son harmonica il y a deux ans, se disant trop fatigué pour continuer à se produire sur scène. (Lire l'article)

Théâtre

Marco Layera, à gauche prout

Dans La Imaginación del futuro, présenté au festival d'Avignon 2014, le metteur en scène chilien Marco Layera s'amusait à déboulonner l'icône de gauche Salvador Allende, représenté en vieille baderne gâteuse responsable des exactions de la dictature à venir. Plutôt réussie dans la forme, la satire laissait perplexe quant au fond, même sous couvert d'humour et de second degré. Dans La Dictadura de lo cool, son nouveau spectacle, on retrouve les mêmes ingrédients : farce politique déjantée et fond de sauce réactionnaire, même si Layera prétend se donner un vernis radical d'ultra gauche.
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Danse

Anne Nguyen, hip hip hop hourra !

Au Théâtre National de Chaillot, avec la complicité de vingt-sept danseurs et d'un vidéaste, Anne Nguyen propose à tous les spectateurs volontaires de devenir danseurs hip hop. Performances cataloguées “pour la jeunesse”, peur de (mal) danser : les réticences éventuelles avant de pénétrer dans la salle Maurice Béjart sont vite envolées. Le parcours très ludique et participatif permet de mieux saisir ce qui motive le danseur hip hop, tout en se faisant très plaisir. Avec, pour finir, le jam, une rencontre avec les danseurs grâce à un casque de réalité virtuelle pour une immersion à 360° parmi eux. (Lire l'article)

Danse

La leçon de danse de Jérôme Bel à l’Opéra de Lyon

Une pièce de William Forsythe, une autre de Trisha Brown et une création de son cru : le chorégraphe Jérôme Bel revisite avec le Ballet de Lyon un pan de l'histoire de la danse contemporaine. "Le public aura au moins deux magnifiques pièces à voir" avait-il prévenu. C'est vrai : sa création, qui met en exergue des motifs, des attitudes typiques du vocabulaire classique afin de les vider de leurs élans romantiques, est pour le moins déconcertante. Pour les spectateurs, comme pour les danseurs... (Lire l'article)

Livres

Du Lambeau, de Philippe Lançon

Comment trouver l’envie et la force d’écrire lorsque votre corps vous trahit et que l’angoisse vous ronge ? Comment, à l’hôpital, avoir encore l’humour, la poésie, l’élégance et la lucidité que nécessite un travail d’écriture ? Très peu d’auteurs sont parvenus à nous renseigner vraiment sur le monde depuis leur lit de souffrance et d’inquiétude, sous les néons tristes, parmi les infirmières pressées ou empressées. Et bien moins encore ont réussi à faire de cette expérience le catalyseur d’une littérature plus puissante, une littérature des limites. Avec Le Lambeau, Philippe Lançon vient d’entrer dans ce club terrible dont les membres ne se comptent probablement que sur les doigts d’une ou deux mains. (Lire l'article)

Portrait de jeune fille par Émile Vernon
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Les romantiques n’aiment pas les cerises

Il est une éclipse que l'astronome jésuite Carbone ne put étudier : celle de Scarlatti durant la période romantique. Certes, il ne fut pas le seul musicien baroque à en être victime, mais son occultation, parsemée de fugitifs éclats, dura près d'un siècle. Il est vrai que les préoccupations théoriques et distanciées de Scarlatti sont très éloignées de l'exaltation romantique du moi. À cette époque, seul Muzio Clementi, qui fut londonien avant d'être viennois, écrivit quelques sonates dans le goût de Scarlatti. D'autres se permirent de faire subir aux sonates les pires outrages... (Lire la suite)

Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Dunkerque : profondeurs du champ de bataille

À l’heure où l’usine à rêves se confronte aux limites de son hyper-puissance spectaculaire – synthèse, 3D & franchises de super héros comme autant de bulles spéculatives prêtes d’imploser –, certains préfèrent nous proposer de nouvelles expériences mentales. Des dispositifs de montage en réalité, narrations décalées, entrecroisées, retournées, qui déjouent nos réflexes de publics contemporains. Dunkerque de Christopher Nolan en est un bon exemple. Sur le fond, en revanche, pas grand chose de neuf, sinon le sempiternel refrain patriotique sur le beau courage sacrificiel des uns et des autres... (Lire l'article)

“Obstinée comme une prégnance”, une chronique avéryenne de Nicolas Witkowski
Chroniques avéryennes, Écrans

Obstinée comme une prégnance

Une fois la question de la saillance réglée, la prégnance est émise. Parfois, la prégnance s'avère impossible à arrêter. Parfois, elle s'arrête juste avant d'investir son récepteur, laissant le spectateur dans un état de frustration avancé. En fait, la seule façon d'arrêter une prégnance est de lui en opposer une autre.
“Eparse” de Lisa Balavoine, J.C.Lattès, 2018. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne
Livres, Ordonnances littéraires

Éparse pour Nadine Morano

En ce début d’année 2018, le service de médecine littéraire rouvre ses portes après quelques mois d’inactivité, et force est de constater que le cas de celle qui a été notre première patiente est loin d’être réglé. Morano, c’est du lourd, de l’épais, du sérieux. N’empêche, nous n’avons pas vocation à ne soigner que les petits bobos, la médecine de confort n’est pas forcément à dénigrer mais les pathologies lourdes exigent toute notre attention. Nous avons donc décidé de reprendre le cas de cette patiente bien connue de nos lecteurs. (Lire l'article)

Arts plastiques, Expo, Livres

Annie Le Brun, ou l’art de la résistance

Il reste bien peu de vrais rebelles dans ce monde sans horizon et sans boussole, mais Annie Le Brun en fait assurément partie. Chacun de ses livres est un pavé dans la mare de la crétinisation ambiante, et son tout dernier, Ce qui n’a pas de prix (Stock), est à ce titre une lecture particulièrement jubilatoire, un manifeste contre l’enlaidissement du monde qui sévit depuis les années 90 et résulte de la collusion de l’art et de l’argent orchestrée en particulier par les industries du luxe. Cet “art des vainqueurs” se nourrit en effet de sidération, de gigantisme et de vide esthétique et, face à ce matraquage, il est urgent de réagir, affirme l’auteur... (Lire l'article)

Thelenious Monk à Palo Alto en 1968
Musiques, Nouvelles d'un monde ancien

Park Plaza

Ce jour-là, j’étais avec Thelonious et Charlie dans la voiture de Nica. Elle avait un coupé Bentley gris argent décapotable avec intérieur et capote rouges : la grande classe. Nous étions partis de New York pour descendre à Baltimore...