La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
visage villages france airbnb
Courrier du corps

L’un des plus beaux visages de France

Autant la location de soi sur Internet demande d’être nature, cheveux gras et yeux pochés, dans le simple appareil d’une beauté qu’on vient d’arracher au sommeil, autant la prostitution de sa propre maison demande d’être un peu apprêté. Sur les sites d’hébergement tels que Airbnb, celui qui loue son foyer est supposé afficher son portrait, afin qu’on sache si l’on va finir chez les bons Samaritains ou chez Gilles de Rais. Le “host” devra donc tenter d’apparaître comme le “bon père de famille” des baux de jadis, habitant “bourgeoisement” son domicile. Exemples. (Lire la suite)

Photographie, Trotsky, photos inédites

Il était dix-huit négatifs…

Pendant plus de quarante ans, Gilles Walusinski a conservé la pochette que lui avait remise son père et qui contenait dix-huit négatifs représentant Trotsky et ses proches au Mexique. Pour lui, ces photos ne sont pas seulement des documents historiques mais une clé qui ouvre sur sa propre histoire, sur celle de son père, Gilbert Walusinski, et de toute une génération de militants révolutionnaires anti-staliniens, regroupés autour du journal La Révolution prolétarienne, animé par Pierre Monatte et Alfred Rosmer. Vieil ami de Trotsky, Rosmer avait prêté en novembre 1938 sa maison de Périgny en région parisienne pour la réunion de fondation de la IVe Internationale. Une maison où Gilles Walusinski enfant a souvent séjourné dans les années cinquante.

Un Siècle - Vie et mort de Galia Libertad, mise en scène de Carole Thibaut © Héloïse Faure
Théâtre

Les combats du Siècle

Autrice et metteuse en scène, Carole Thibaut raconte, dans Un siècle, l’histoire d’une ville – Montluçon – et d’une famille. Son spectacle marie avec bonheur le goût de la politique, l’art du contraste et l’humour. 
Sully, un film de Clint Eastwood avec Tom Hanks
Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Sully : le 11 Septembre n’aura pas lieu

Au contraire du film-catastrophe classique qui dramatise les victimes prêtes à s’entre-tuer pour survivre, les secours qui n’arrivent pas, les autorités qui se compromettent ou se disputent au lieu de suivre l’intérêt général, le film d’Eastwood magnifie la fluidité, la discipline, le sang-froid partagé qui a changé une hécatombe annoncée en prouesse improbable. (Lire l’article)

Marie B. Schneider, Dans l'air, le fond, 2013, photographie, dim variables © Marie B Schneider
Arts plastiques, Expo

Faire salon

Changement de direction au Salon de Montrouge. Ami Barak, le nouveau commissaire, déclare son intérêt pour “le concept de scène émergente” et le traduit dans la scénographie de cette 61ème édition qui entretisse les travaux exposés. Deux conséquences à cela : l’œuvre survient avant le nom qui l’accompagne ; mais surtout, des airs de famille apparaissent, qui rassemblent des œuvres dont on découvre avec surprise qu’elles ne sont pas de la même main. À mesure qu’on avance dans le parcours, celui-ci s’enrichit rétrospectivement : un type de forme revient, un nom déjà aperçu fait retour… Ce qui permet de relever, chez des artistes d’une même génération, des points de cristallisation communs. (Lire l’article)

Livres

Une catastrophe bien singulière

La race humaine pourrait s’éteindre dans 20 ou 30 ans. Pas à cause des bouleversements climatiques mais des progrès en intelligence artificielle. Nous approcherions du point où les machines pourraient non seulement se passer de nous mais prendre la planète en main. Ce point a été baptisé “singularité technologique”. Dans un essai accessible et fluide, Jean-Gabriel Ganascia démonte pièce par pièce cette nouvelle grande peur. À la vision affolée de la Silicon Valley et à sa culture nourrie de mirages grandioses, il oppose un humanisme serein, rationnel et éclairé. (Lire l’article)

Danse

El Farru, pile et face

Le festival Arte Flamenco de Mont-de-Marsan attire des amateurs du monde entier et réserve de drôles de surprises. Ce fut le cas avec ces deux prestations d’El Farru. Côté pile, Flamenconcierto : spectacle de son cru, super show bling-bling où ne manquait qu’un feu d’artifice final. Côté face, le spectacle &dentidades de Pastora Galván, où il a rendu un hommage à son grand-père El Farruco, complètement habité par son fantôme. (Lire la suite)

Danse

Les trois Grosses en fugue à Créteil

Le Ballet de l’Opéra national de Lyon, dirigé avec doigté par Yorgos Loukos, vient de présenter à Lyon un nouveau programme – Trois grandes fugues – qui réunit trois grandes dames de la danse contemporaine : Lucinda Childs, Anne Teresa De Keersmaeker et Maguy Marin. À voir à la Maison des Arts et de la Culture de Créteil, puis au Théâtre des Amandiers à Nanterre. (Lire l’article)

Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Doctor Strange, ou le stade du miroir, de Nosferatu à Trump

Que comprendre de l’adaptation de ce comics réputé psychédélique, et de la “dimension-miroir” qu’il met en scène, double mystique de notre monde réel ? Toute-puissance magique du septième art, qui contemple ses propres super pouvoirs ? Ou reflet de notre civilisation, dédoublée elle aussi en un univers parallèle où se jouent la bataille des puissants et le destin des mortels, jusqu’à Trump récemment ? (Lire l’article)

Patrick Bouchain, l'architecture comme relation, sous la direction d'Abdelkader Damani, texte de Pierre Frey, 288 p., 400 illustrations, coédition Frac Centre-Val-de-Loire / Actes Sud, 2018
Architecture

Patrick Bouchain, l’art d’être passeur

Pour construire, Patrick Bouchain, architecte, scénographe et enseignant n’a de cesse de regarder, rechercher, capter, fédérer, transmettre… Il a su inventer un réseau complice, affectif, imaginatif, politique, pour lutter contre ses propres découragements et fait aujourd’hui figure d’animateur d’une jeune architecture française. 

Les photographies d'Egon Pfender: un regard de biais sur l'Occupation. Photos recueillies par Valentin Schneider. Un article d'Edouard Launet
Photographie

Un regard de biais sur l’Occupation

Un reportage de près de 1500 photos faites par un jeune soldat allemand durant toute la Seconde guerre mondiale, présentant l’Occupation en France (et dans les îles anglo-normandes) sous un angle très subjectif : c’est ce trésor inédit, réuni par un collectionneur privé, qu’a exhumé le jeune historien Valentin Schneider. Ce dernier a pu identifier le photographe (Egon Pfende), puis il a édité et documenté l’album. Le fruit de ce travail va être l’objet de quatre ouvrages, dont les deux premiers paraîtront en France le 15 novembre. Ce contre-champ de l’horreur occulte la rigueur de l’Occupation en en offrant une vision éminemment singulière et décalée.
(Voir les photos)