Benjamin Millepied, trois petits tours et puis s’en va
On n’aura pas eu le temps de mieux cerner son projet car le chorégraphe Benjamin Millepied, dont la compagnie est installée à Los Angeles, quitte la direction de la danse à l’Opéra de Paris. Il avait pris ses fonctions le 1er novembre 2014. Son esprit frondeur, très américain, ne semble pas avoir collé avec la grande maison très française. (Lire la suite)
Les tragédies
Quand Harper’s passe à E.A. Abbey une nouvelle commande d’illustrations pour les tragédies de...
La sonate comme Ovni
Un mystère des sonates tient à l'emploi de l'improvisation. On a vu Scarlatti l'utiliser pour ajuster leur proportion et ainsi en finir avec les règles, dites ou non-dites, qui structurent sa musique. Du coup, les nombreux jazzmen qui swinguent sur Scarlatti courent le risque d'improviser... sur de l'improvisation. Le pianiste David Greilsammer rapproche les sonates de Scarlatti de celles, pour piano préparé, de John Cage. Quel lien entre les deux hommes ? “Ils partagent la même conception, dit Greilsammer, de la sonate comme Ovni fugitif, solitaire et lointain, messager d'un monde futur où tout serait possible”. (Lire l'article)
Superman vs Batman, concours d’engins
Avouons-le, l’affiche du jour nous a fait envie : face à face sur le ring, les deux stars historiques de l’écurie DC Comics, Ange et Démon d’un catch geek planétaire, “super hérauts” de valeurs que tout oppose – entre le premier de la classe, immortel descendu sur Terre et remisé au placard dans son costume de réac, et le justicier vengeur borderline, “humain trop humain”. Tous deux réconciliés par le fantasme de l'hyperpuissance comme virilité, dans un imaginaire hollywoodien qui met ici à nu sa libido malade, sa mauvaise bile de frustration masculine et de régression œdipienne. Et Superman et Batman de finir entre poilus qui se comparent l’engin, selon la bonne vieille fraternité des vestiaires et des casernes. (Lire l'article)
De Broadway à Venise
Edwin Austin Abbey quitte l’ambiance des campagnes anglaises pour celle de la Sérénissime. Une...
Alhierd Bacharevič face au fascisme
L'art d'être Bègue est un recueil de cinq textes de l'auteur biélorussien en exil qui nous alerte sur le danger fasciste. Soyons vigilants, en espérant qu'il ne soit pas trop tard.
Scripts plastiques
“Pictures seemed not to know how to behave” à la galerie Jérôme Pauchant : une galerie qui ne se contente pas d’être l’intouchable et immuable contenant des œuvres mais qui assume son caractère d’espace plastique ; une exposition qui n’est pas une simple juxtaposition d’objets déliés les uns des autres, mais qui s’est élaborée comme une “zone d’activité”, selon les mots de l’artiste qui y présente son travail, Quentin Lefranc. (...)
Des noms de lieux
Magdalenefjorden, Alkekongen, Pencktoppen, Miethebreen et Tyskarfjelletn, et tous les autres, ne sont pas des gros mots, même si lourds de sens, seulement le témoignage de l’arctique toponymie si poétique, et svalbardienne..
En guerre : corps à corps
Cette entreprise de démolition que mène une élite en sécession, Brizé choisit de nous y projeter comme le ferait un film de guerre au milieu de l’apocalypse. D’en faire le principe de sa dramaturgie, en racontant cette histoire de plan social et de grève syndicale, dans une usine automobile que veut bazarder un groupe allemand, à la manière d’une épopée âpre et amère. Chanson de geste d’aujourd’hui, où l’on ferraille dur pour reconquérir des territoires et franchir des frontières... (Lire l'article)
La Nuit des Rois
Il nous plaît d’imaginer que Abbey termine sa grande série de 1891 par La Nuit des Rois, qui...
Dernières années
En 1922, Théophanie Kley meurt des suites d’une longue maladie et l’année suivante, Heinrich...
Comme il vous plaira
Après Mesure pour Mesure, Abbey nous entraîne avec Célia et Rosalinde dans la forêt d’Arden...
Grimsby – agent trop spécial, ou la Révolution au stade anal
Comment diable ? en de si délicates pages, on va vraiment évoquer la dernière provoc régressive du trublion-caméléon Sacha Baron Cohen ? Avec cette parodie d'espionnage jouée comme un buddy movie entre frères, l'un agent secret, l'autre prolo trash, bienvenue dans un monde d’obsessions anales et scatologiques, de corps monstrueux extirpés du hors champ social. Une version 2.0 du grand carnaval rabelaisien des chairs et des substances, une de ces farces où l'on joue à renverser l’ordre établi... (Lire l'article)
Diaghilev groupie
Il est difficile de croire que la première du Sacre du printemps, en 1913, a été contemporaine du travail d'élaboration des Femmes de bonne humeur, comédie de Carlo Goldoni muée en opéra-ballet par Serge Diaghilev en 1916. C'était à la fois le sacre de Stravinsky et celui de Scarlatti. Car Diaghilev, qui voulait une musique pré-romantique, était un inconditionnel de Domenico, dont il choisit 22 sonates qu'il fit, à sa façon habituelle, orchestrer. Curieuse idée que de “mélodiser” des sonates par nature “a-mélodiques” ! Mais il fallait bien que les danseurs aient du grain à moudre... (Lire l'article)
Quand Bruce Lee était un petit con
Sorti aux États-Unis, Birth of the Dragon, de l’Américain George Nolfi, se construit autour d’un axe inattendu : diluer une image peu flatteuse du champion en arts martiaux. Un postulat étrange pour un film qui se pose en biopic de la star. Bruce Lee y est présenté comme un petit con arrogant, qui enseigne “l’art de botter des culs”. On est loin du néo-philosophe citant Confucius en faisant des pompes sur deux doigts... (Lire l'article)
L’envol des utoPistes
Le trampoliniste Mathurin Bolze, concepteur du festival de arts du cirque “utoPistes”, a réuni autour de lui les inventeurs du cirque d’aujourd’hui, plein de promesses pour le futur. Le festival, qui s'est achevé ce samedi à Lyon, aura été le lieu de toutes les audaces circassiennes. Le cirque actuel qui a fait alliance avec les arts visuels et la danse manie avec élégance et virtuosité le mouvement pur, l’acrobatie, les concepts, tout en restant populaire, au bon sens du terme. On le pressentait, mais pas à ce point, le cirque est l’art vibrant d’aujourd’hui, captant les secousses de la société et lui rendant un équilibre perdu, tout en développant de nouvelles formes artistiques. (Lire l'article)
Aurillac, fin de saison
Le festival de théâtre de rue d'Aurillac s'est achevé le 25 août. Aux manettes depuis 1994, Jean-Marie Songy a annoncé son départ. Une décision sans surprise mais qui laisse un sacré vide. Sous son égide, le festival est à la fois devenu un phénomène de masse et le principal lieu de création du genre. Rien de crépusculaire pour autant dans cette dernière édition. Clins d'œil historiques, projections vers l'avenir, diversité des formes : le directeur sortant a déployé sur l'affiche du festival 2018 l'éventail de ses goûts. (Lire l'article)
Bernhard, Lupa : l’Europe par la face sombre
Parue quelques mois avant sa mort, Place des héros est la dernière pièce de Thomas Bernhard, et l'une des plus provocatrices. Imprécateur impitoyable dans la lignée des héros bernhardiens, le personnage principal a la particularité d'être absent : la pièce s'ouvre au lendemain de son suicide. Si le mort est omniprésent tout au long de la pièce, ce n'est pas seulement parce que ses chaussures, ses chemises et ses costumes sont encore là, mais parce qu'il hante littéralement tous les survivants : quand ils ouvrent la bouche, c'est encore le suicidé qui parle, tant sa détestation du monde semble avoir contaminé tous ses proches. (Lire l'article)


















