Critique au poing
Critique de théâtre à L’Humanité depuis cinquante ans, Jean-Pierre Léonardini publie, chez Les Solitaires intempestifs, Qu’ils crèvent les critiques !, ni une autobiographie, ni un livre de souvenirs, plutôt un inventaire dans le désordre ou un retour d’expérience, sous le signe de l’humour et de l’élégance. Avec une conviction forte : “la critique procède avant tout d’un genre littéraire. On ne doit la juger qu’à cette aune-là.” (Lire l’article)
Pour une nouvelle architecture
Grand lecteur d’Alain Robbe-Grillet, l’architecte Philippe Rahm l’a rencontré en 2006 après lui avoir commandé des textes pour accompagner son installation “Météorologie d’intérieur” (Canadian Centre for Architecture, 2006).
Pourquoi je suis devenu écrivain
Rescapé d’un long voyage d’exil depuis son Cameroun natal, Stephen Ngatcheu, 22 ans, auteur de Chez moi ou presque, revient sur son itinéraire et sur le sens de son témoignage.
Peines d’amour perdues
On ne saura jamais si Abbey a illustré Peines d’amour perdues juste après Tout est bien qui...
Des manchots pour fêter le cinéma
Membre de l’expédition Scott au pôle Sud en 1911, Herbert Ponting en est revenu avec assez d’images pour réaliser deux documentaires à succès…
Une pépite au bidonville
Rue des pâquerettes, le dernier livre de Mehdi Charef, est le récit de l’arrivée en France de l’auteur-réalisateur, de son enfance dans une baraque d’un bidonville à Nanterre. Les enfants immigrés portent en eux la blessure de l’arrachement au pays d’origine, qu’ils sont obligés de soigner comme ils peuvent, puisque « le retour est un mythe. On ne s’enrichit pas, quand on est ouvrier on le reste toute sa vie ». (Lire l’article)
Les tragédies
Quand Harper’s passe à E.A. Abbey une nouvelle commande d’illustrations pour les tragédies de...
Silence, on danse
Hanté, propulsé par le silence, les silences de sa propre danse ou de celle de comédiens qui pourtant interprétaient un texte, comme Gérard Philipe ou Jean-Louis Barrault, le danseur et chorégraphe Dominique Dupuy a initié une année de Silence(s) avec la collaboration du Collège International de Philosophie, projet porté par le Théâtre National de Chaillot et de nombreux partenaires. Prochain rendez-vous en janvier au Théâtre national de la Colline à Paris avec une soirée consacrée à Alain Trutat, fondateur de France Culture. (Lire l’article)
Si l’archi m’était contée
Dans la fastueuse « ville nouvelle » créée par Louis XIV, trônent les futures gares du Grand Paris, des parcours historiques, de nouveaux bâtiments locaux, et des expositions menées par les écoles d’architecture et du paysage de Versailles. La première BAP, Biennale d’architecture et de paysage d’Île de France, se dessine et balance sur deux pieds. Des plus politiques et polémiques aménagements, aux projections « Augures » plus rêveuses de jeunes concepteurs et artistes. Entre ville et nature, particulièrement au Potager du Roi. Une première biennale, c’est alléchant, une certaine liberté pionnière devrait s’y exprimer… (Lire l’article)
Avengers : Infinity War, memento mori
Voilà un film dont on peut sortir comme sidéré. Non pas soufflé par sa toute-puissance spectaculaire, mais plutôt en état de choc, dans ce tout premier vertige de la courbe du deuil où la mauvaise nouvelle ne nous paraît pas plus réelle encore qu’un rêve. Car si le blockbuster devient ici expérience scénaristique et esthétique, laboratoire d’un “vivre ensemble” de cinéma où cohabitent les styles et les registres des diverses franchises Marvel, il impose surtout une grâce mélancolique et tragique rare dans un tel produit marketé. (Lire l’article)
Campo minado / Minefield: la guerre des mots
Dans Champ de mines, l’Argentine Lola Arias continue à œuvrer à la (re)construction d’une mémoire collective, avançant le long d’une ligne ténue entre réalité et fiction. Elle y met en scène six hommes ayant appartenu à deux camps ennemis: l’armée argentine et l’armée britannique, en 1982, au moment de la guerre des Malouines. En revenant sur cet épisode de l’histoire des deux pays, Champ de mines place les questions de traduction au cœur de ses préoccupations.
La bande sauvage
Où sont ces mystérieux cavaliers, ces Rimbaud de la roue, l’haleine chargée de haschich et les yeux clignotants comme s’ils venaient de traverser le désert avec un savoir secret, où sont-ils maintenant ? Les poètes d’antan ou de demain, où sont-ils passés ?
Authenticité contre identité: pour une scène décentralisée et vivante
Ce qui traverse la scène contemporaine, c’est une lame de fond : une recherche d’authenticité, qui n’a rien d’une tendance passagère. Face aux tensions identitaires, aux replis, aux colères qui traversent nos sociétés, il est urgent d’opérer ce déplacement.
Kyoto forever 2 : la COP est vaine
Frédéric Ferrer a installé sa compagnie Vertical Détour dans les cuisines désaffectées de l’hôpital psychiatrique de Ville-Évrard, en Seine-Saint-Denis, où depuis 2004 il poursuit un travail qui tourne autour du thème du dérèglement, envisagé du point de vue psychique – les figures de la paranoïa – et climatique – le réchauffement planétaire. Ferrer affectionne une forme théâtrale : la conférence scientifique qui dégénère. Kyoto forever 2, le spectacle qu’il présente à la Maison des Métallos à Paris, est de ce point de vue particulièrement réussi. (Lire la suite)
Roumaine humanité
Terre des affranchis de Liliana Lazar. Premier roman, écrit en français par une femme née au début des années 70 dans un village de Moldavie roumaine : “un récit policier aussi inquiétant qu’un conte” dit la quatrième de couverture. Un roman qui n’a rien à voir avec le contemporain, mais qui parle aussi de résistance et permet l’évasion. Atypique. Polar assurément. (Lire l’article)
Éric Vuillard pour les enragés du réel
L’époque est pragmatique. On aime aujourd’hui plus que tout l’efficacité pratique, on veut que les choses soient d’une utilité palpable et évidente. C’est pourquoi on a tendance à vouloir mettre au rancard ce qu’autrefois on arborait fièrement dès qu’on le pouvait : les idées, les théories. Qui maintenant sont perçues comme des pertes de temps : c’est avec le réel qu’il faut interagir, le bon gros réel, celui qui abrite les vrais gens. Le dernier ouvrage d’Éric Vuillard pourrait permettre à certains de ces de ces enragés du réel de retrouver le chemin de la fiction, de ses fulgurances, de ses beautés, de ses vérités cachées sous la surface des faits. (Lire l’article)
Rubens, Godard et les autres
La salle des Rubens, au cœur du musée royal des Beaux-Arts d’Anvers est actuellement fermée pour travaux. Qu’à cela ne tienne : dans Het Land Nod (Le Pays de Nod), le collectif FC Bergman se propose d’installer les spectateurs dans la salle d’origine, reconstituée à l’identique. Ne manquent que les Rubens aux murs. À l’exception d’une crucifixion, connue sous le titre Le coup de lance, où le Christ est entouré des deux voleurs. Entre gardiens maladroits et visiteurs intempestifs, la salle des Rubens est très fréquentée. On y croise même Godard… (Lire l’article)
Fabrice Dugied, un dernier regard
Danseur et chorégraphe, Fabrice Dugied est décédé le 4 avril 2016. Artiste associé à la programmation danse du studio Le Regard du Cygne, à Paris, depuis sa fondation en 1985, il n’eut de cesse de défendre la danse contemporaine, de l’explorer autant dans ses travaux personnels fragiles et singuliers que dans sa manière de fouiller l’histoire de cet art et de le transmettre.


















