Diaghilev groupie
Il est difficile de croire que la première du Sacre du printemps, en 1913, a été contemporaine du travail d'élaboration des Femmes de bonne humeur, comédie de Carlo Goldoni muée en opéra-ballet par Serge Diaghilev en 1916. C'était à la fois le sacre de Stravinsky et celui de Scarlatti. Car Diaghilev, qui voulait une musique pré-romantique, était un inconditionnel de Domenico, dont il choisit 22 sonates qu'il fit, à sa façon habituelle, orchestrer. Curieuse idée que de “mélodiser” des sonates par nature “a-mélodiques” ! Mais il fallait bien que les danseurs aient du grain à moudre... (Lire l'article)
Dernières années
En 1922, Théophanie Kley meurt des suites d’une longue maladie et l’année suivante, Heinrich...
Robert Delaunay aux sources du pop
Pascal Rousseau publie chez Hazan un ouvrage de 300 pages, richement illustré : Robert Delaunay, L’Invention du pop. Et rend hommage à l'originalité d'un précurseur passionnément moderne.
Les Animaux fantastiques : ombre de la jeunesse, retour du refoulé
Écrit par J.K. Rowling, produit par la Warner et réalisé par David Yates, Les Animaux fantastiques repeuple le monde de Harry Potter, cet univers qui nous a vus / que nous avons vu passer de jeunesse à maturité.... Pour y libérer l'Obscurus, ombre vivante et entité destructrice qui incarne le concept-clef de tout horror movie : le retour du refoulé. Plus encore qu’une anthologie du Merveilleux, avec son bestiaire de griffon, loup-garou, dragon…, ce long récit initiatique fait du surnaturel la meilleure matrice métaphorique pour raconter ombres et lumières de la jeunesse, de l’enfance à l’adolescence. (Lire l'article)
Les livres et le capital
Dans Brève histoire de la concentration dans le monde du livre (Libertalia), Jean-Yves Mollier montre que la récente tentative de fusion entre Hachette et Editis n'est que le nouvel avatar d'une longue histoire.
Droopy chez Bergson
Comprendre le rire chez Tex Avery, c'est d'abord revenir aux grands classiques. En l'occurrence Le Rire de Bergson (1900), ouvrage qui, malgré sa petite taille et son âge avancé, n'a pris d'autres rides que celles qu'impriment les zygomatiques. Bergson, qui n'est pas un rigolo, balance d'emblée une hypothèse fracassante : "Le rire, c'est du mécanique plaqué sur du vivant". Ensuite, cela se gâte, car son sens moral lui inspire qu'au fond, le rire est peut-être un signal social adressé aux marginaux en situation irrégulière pour les inciter à rentrer dans le rang. La gravité d'un Buster Keaton, ou l'apathie de Droopy, seraient-elles les figures tragiques indiquant que le rire, au fond, n'est pas si drôle ? (Lire l'article)
Le Bruit du monde pour Madame Bovary
Madame Bovary existe, elle est venue nous consulter. Malheureuse dans sa vie étriquée de petite bourgeoise de province bien sous tous rapports, elle a des rêves et des envies. Elle s’ennuie dans son malheur qu’elle cultive pourtant avec tant de soin. Madame Bovary souffre d’une carence en courage qui touche au Nord de la Loire autant de femmes que celle en vitamine D. Nous lui recommandons la lecture du dernier roman de Stéphanie Chaillou, Le Bruit du monde. Elle y trouvera une héroïne qui comme elle subit une existence qui l’empêche de vivre réellement. Elle y trouvera surtout une dose de courage pour changer les choses. (Lire l'article)
6 – Exercices de style part III
Après le cinéma, certaines séries se sont laissé aller aux joies du jump cut, du montage-son sophistiqué, des ellipses narratives et de quantité d’autres techniques, que l’on ne verra certes pas dans “Dallas” ni même dans “Downton Abbey”.
Les singes rouges de Philippe Annocque
C’est une tentative d’attraper des images, des sensations, des bouts de vécu, des odeurs, parce que ça passe si vite, l’enfance : Les singes rouges de Philippe Annocque (Quidam éditeur).
Costumes
Edwin Austin Abbey ne s’est pas contenté d’illustrer les comédies et les tragédies de...
Passengers, la SF lost in space
Dernier né de la nouvelle science-fiction hollywoodienne, Passengers, robinsonnade qui tourne à la rom-com entre le beau gosse et la star bombasse de service, s'avère-t-il à la hauteur de son genre, miroir déformant de notre condition humaine ? Que fait-il de sa situation de départ, aussi anxiogène que prometteuse : un colon du futur, sorti de son sommeil artificiel 90 ans avant destination, et condamné à vieillir et mourir seul dans un vaisseau dont il est le seul passager réveillé ? (Lire l'article)
Montpellier Danse : des chocs venus du Sud
Le 36ème festival Montpellier Danse s'est achevé le 9 juillet. Il a été le reflet d’un bouillonnement certain, du surgissement d’une danse traversée et concernée par les tragédies de l’époque (l’homophobie grandissante, la montée des fascismes, la crise économique, la revendication de cultures ignorées ou méprisées par l’Occident, la question des migrants, des réfugiés et de l’exil). Tous les chorégraphes ont visé dans le mille, sans trop se soucier de formater leurs spectacles pour plaire ou être dans l’air du temps. (Lire l'article)
Ramène donc ta science
Bâtir un spectacle à partir d’informations scientifiques, faire de la connaissance un divertissement, amener du complexe jusque sur le devant de la scène sont des entreprises éminemment casse-gueule. Aussi est-il surprenant de voir aujourd’hui de plus en plus de créateurs aller puiser dans des sujets technico-scientifiques ou économiques la matière de leurs productions. Plus surprenant encore est de constater que les réussites sont de moins en moins rares. La preuve avec Adam McKay, Jérôme Ferrari, Jean-François Peyret, David Wahl, Jean-Yves Jouannais, Frédéric Ferrer, Alexandre Astier ou Sébastien Barrier. (Lire la suite)
Empathy for the Evil (Traduire Horacio Castellanos Moya)
Le vieux policier malade, ancien catcheur, loser solitaire méprisé par ses collègues, avait toute l'allure d’un personnage très attachant. Dix pages plus loin, il n'est plus qu’un être répugnant, tortionnaire, violeur, sadique, une bête immonde. Pourtant... Le don d'empathie pour le pire est inséparable de l’art narratif de Horacio Castellanos Moya. Un art diabolique.
Saint Phalle, “Belles” et rebelles
De Niki de Saint Phalle, on connaît d'abord les Nanas, ces sculptures représentant des femmes dansantes et généreuses. Surreprésentées sur des réseaux sociaux avides d’images colorées, elles ont joui d’un nouveau moment de gloire lors de l'exposition de 2014 au Grand Palais. Jusqu’au 21 octobre, la galerie parisienne Vallois, propose « Belles ! Belles ! Belles ! Les femmes de Niki de Saint Phalle », une exposition qui va au-delà des œuvres emblématiques et offre un regard décalé sur l'artiste franco-américaine. (Lire l'article)
Arnaud Friedmann pour madame Nicole B., agent comptable d’une université française
Ils résistent, ils résistent, les personnages d’Arnaud Friedmann, et il leur faut pour cela une foi hors du commun, celle peut-être que vous n’avez plus, madame Nicole B., pour écrire des épître aussi incompréhensibles, ravagées de fautes et de bêtise. Lisez donc La Vie secrète du fonctionnaire, d’Arnaud Friedmann (JC Lattès). (Lire l'article)
Lupa, forêt magique
Le metteur en scène polonais Krystian Lupa retrouve avec Wycinka Holzfällen, inspiré des Arbres à abattre de Thomas Bernhard, une ferveur et une rigueur dignes de ses spectacles les plus mémorables. Du théâtre de Lupa, on voudrait ne plus jamais ressortir parce qu'il touche à l'éternité et qu'il est infiniment supérieur à la vie. (Lire l'article)


















