La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Critiques
Co-urbanisme architecture Fèvre
Architecture

Co, le monde est “co”

De coworking à covoiturage, le préfixe “co” gagne du terrain. Illustration au Pavillon de l’Arsenal à Paris avec l’exposition Co-urbanisme.  Quinze projets, de Notre Atelier commun à Rennes aux Ateliers inter-services à Lille, qui riment avec collaboratif. (Lire la suite)

Man Ray, Le Cadeau, réplique de l’original disparu, 1921
Arts plastiques, Bansky vs Marcel

Banksy vs Marcel : un siècle de retard sur l’art en morceaux (3)

Depuis les expériences duchampiennes très élaborées et les complicités du hasard auxquelles l’artiste savait rendre grâce, la problématique artistique de la machine et du débris – ou celle de la machine et du débris artistiques – a ensuite régulièrement trouvé des exploitants plus catégoriques. Le pop art, dans ses variantes britanniques, françaises, américaines ou japonaises, investit résolument l’univers béant des vitrines, de la publicité, des cartoons et comics, pour enchaîner des productions assumant l’empiètement de la marchandise sur l’œuvre d’art et réciproquement. (Lire l'article)

Chanson de gestes, Danse, Théâtre

Le voltigeur d’Avignon

Sauts de l’ange en altitude et à l’envers, très cher, vrilles, saltos, sauts périlleux avant, arrière, sur les côtés, en haut en bas,  voltiges au-dessus d’un cycliste ou d’une brochette de spectateurs... Farid Zitoun, prodigieux acrobate qui semble avoir développé sa propre technique n’a pas besoin de trampoline. Il est l’Acrobate bleu de Picasso ou celui de Chagall, le cirque de Pékin ou le groupe acrobatique de Tanger à lui tout seul. Un solo de l’ange, à voir à Avignon, dans le off du off du off, complètement in. (Lire l'article)

Le coin des traîtres, Lire Horacio Castellanos Moya, Livres, Traduction

Empathy for the Evil (Traduire Horacio Castellanos Moya)

Le vieux policier malade, ancien catcheur, loser solitaire méprisé par ses collègues, avait toute l'allure d’un personnage très attachant. Dix pages plus loin, il n'est plus qu’un être répugnant, tortionnaire, violeur, sadique, une bête immonde. Pourtant... Le don d'empathie pour le pire est inséparable de l’art narratif de Horacio Castellanos Moya. Un art diabolique.

Théâtre

L’adieu aux FARC

Si la révolution n'est pas un dîner de gala, elle peut être une pièce de musée. En Colombie, l'un des principaux campements des FARC a été transformé par l'armée, après les accords de paix, en lieu de mémoire. Des soldats y jouent le rôle des guérilleros, d'autres celui des otages. C'est le point de départ de La Despedida, le spectacle de Rolf et Heidi Abderhalden, fondateurs du Mapa Teatro de Bogota, qui clôt une trilogie consacrée à la violence dans leur pays. (Lire l'article)

visage villages france airbnb
Courrier du corps

L’un des plus beaux visages de France

Autant la location de soi sur Internet demande d'être nature, cheveux gras et yeux pochés, dans le simple appareil d'une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil, autant la prostitution de sa propre maison demande d'être un peu apprêté. Sur les sites d'hébergement tels que Airbnb, celui qui loue son foyer est supposé afficher son portrait, afin qu'on sache si l'on va finir chez les bons Samaritains ou chez Gilles de Rais. Le “host” devra donc tenter d'apparaître comme le “bon père de famille” des baux de jadis, habitant “bourgeoisement” son domicile. Exemples. (Lire la suite)

Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Avengers : Infinity War, memento mori

Voilà un film dont on peut sortir comme sidéré. Non pas soufflé par sa toute-puissance spectaculaire, mais plutôt en état de choc, dans ce tout premier vertige de la courbe du deuil où la mauvaise nouvelle ne nous paraît pas plus réelle encore qu’un rêve. Car si le blockbuster devient ici expérience scénaristique et esthétique, laboratoire d’un “vivre ensemble” de cinéma où cohabitent les styles et les registres des diverses franchises Marvel, il impose surtout une grâce mélancolique et tragique rare dans un tel produit marketé. (Lire l'article)

Audio, Classé X, Livres

Le porno en audio

Signe des temps, le X s’écoute désormais. Avec la fiction tout en sons Chambre 206, coproduite par Audible, l’artiste Olympe de G. donne à entendre un moment torride dans une très belle réalisation. Cinq minutes d'une scène particulièrement hot, sans les hashtags traditionnels de l’industrie du porn, sans les injonctions et les exercices obligés dont les pornhubs font leur gras. (Lire l'article)

Livres, Théâtre, Un marcheur à Paris

Jon Fosse ou la musique du silence

Si Shakespeare utilise dans son oeuvre un vocabulaire de 20.000 mots là où Racine n'en a que 2000, Fosse, lui, tournerait plutôt autour de 200. Une décroissance qui n'est pas un appauvrissement: comme ses personnages, la langue de Fosse est en retrait, en grève du brouhaha et de l'agitation du monde.

Théâtre

Le labo Dromesko

À qui n’a jamais assisté à un spectacle de la compagnie Dromesko, il ne faudrait rien dire sinon d’aller y voir, et pour les Parisiens ça tombe plutôt bien : la dernière création, Le jour du grand jour, est actuellement à l’affiche du Montfort avant d’être à celle du 104 en février. C’est parfois drôle, souvent émouvant, toujours juste. Chacune des scènes s’apparente au développement d’une photo. L’image reste longtemps dans le bain, car le temps de Dromesko prend son temps. Ce mélange de burlesque et de poésie fait monter progressivement chez le spectateur un mélange d’émotions dont il se demande laquelle est la bonne. La chute est rarement celle que l’on avait anticipée. Donc voilà, allez-y, vous ne le regretterez pas. (Lire la suite)

Les filles, de Salimata Togora
Théâtre

Ca va, ça va le monde !

Rendez-vous traditionnel du festival d'Avignon, le cycle de lectures organisé par RFI, a été cette année enregistré au Théâtre de la Tempête à Paris et sera diffusé sur les ondes du 25 juillet au 29 août. 
Festival d'Aurillac 2016 - une critique de René Solis dans délibéré
Théâtre

Aurillac en pleine forme

Soit, d'un côté, un festival dont le désordre public est la raison d'être, et de l'autre un contexte politique –l'état d'urgence– à la philosophie radicalement contraire. Le festival des arts de la rue d'Aurillac, qui s'est terminé samedi 20 août, a bien surmonté le dilemme, et ce n'est pas l'état d'urgence qui a gagné. Trente ans après sa fondation, en 1986, la manifestation se porte bien. Ce n'est pas qu'une question de chiffres –vingt compagnies dans la programmation officielle et plus de six-cents autres dites “de passage” dans le off. C'est aussi que les arts de la rue continuent d'inventer et de frapper fort, toutes générations confondues. (Lire l'article)