Bernardines, suite et pas fin
Directeur du théâtre des Bernardines à Marseille de 1987 à 2015, Alain Fourneau travaille à la réalisation d'un "livre-outil" à partir de l'histoire d'un lieu majeur pour le théâtre d'essai en Europe.
Empathy for the Evil (Traduire Horacio Castellanos Moya)
Le vieux policier malade, ancien catcheur, loser solitaire méprisé par ses collègues, avait toute l'allure d’un personnage très attachant. Dix pages plus loin, il n'est plus qu’un être répugnant, tortionnaire, violeur, sadique, une bête immonde. Pourtant... Le don d'empathie pour le pire est inséparable de l’art narratif de Horacio Castellanos Moya. Un art diabolique.
Castellucci et la face sombre de l’Amérique
Mais de quoi ça parle ? Une partie du public de la MC 93 s'est posé la question, pendant et à l'issue de Democracy in America, le nouveau spectacle de Romeo Castellucci. Une perplexité souvent doublée d'agacement, tant certains ont l'impression d'être exclus du champ des initiés. Pas sûr que Castellucci mérite ces réactions épidermiques. (Lire l'article)
Marco Layera, à gauche prout
Dans La Imaginación del futuro, présenté au festival d'Avignon 2014, le metteur en scène chilien Marco Layera s'amusait à déboulonner l'icône de gauche Salvador Allende, représenté en vieille baderne gâteuse responsable des exactions de la dictature à venir. Plutôt réussie dans la forme, la satire laissait perplexe quant au fond, même sous couvert d'humour et de second degré. Dans La Dictadura de lo cool, son nouveau spectacle, on retrouve les mêmes ingrédients : farce politique déjantée et fond de sauce réactionnaire, même si Layera prétend se donner un vernis radical d'ultra gauche.
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L’Autre de l’Arabe mis à nu
Jetant dans une revue confectionnée à la hâte et avec soin ses poèmes oniriques ou acides, un collectif d’émigrés sans foi ni loi, divines ou politiques, explore les potentialités poétiques de la langue arabe et s’en prend à l’héritage qu’il refuse. Ces auteurs revendiquent pour cela un autre legs, qu’on croyait taillé à la seule mesure d’un Occident traversé par ses propres crises, celui du surréalisme. Poèmes en vers ou en prose, pièces littéraires et contre-points théoriques de cette revue ont été traduits de l’arabe et rassemblés par Abdul Kader El Janabi dans un volume intitulé Le Désir libertaire. Le surréalisme arabe à Paris. 1973-1975, publié aux éditions L’Asymétrie. (Lire l'article)
Le haka smoothie de Daniel Linehan
Pourtant fort bien composée, comme les précédentes, la dernière pièce de Daniel Linehan dbddbb qui s’appuie sur la marche et la poésie sonore dada, ne parvient pas à nous entraîner plus loin que dans le bel exercice de style. Doucereux. (Lire la suite)
Romance
Des mains féminines repassent une chemise d'homme: Romance de Helen Grace, épouse la durée et le rythme d'un mouvement célèbre de Chostakovitch. Sept minutes simplement vertigineuses.
Le Vin
Il est 11 heures au bar-tabac de la Poste, à Saint-Pair-sur-Mer (Manche). Au comptoir, deux hommes discutent devant un verre de calvados, qui n’est apparemment pas le premier que le patron leur ait servi. Le moins éméché des deux attrape un journal dont la manchette interroge en lettres rouges : "Faut-il croire à la fin du monde ?". Il le met sous le nez de l’autre, qui s’emporte : "Putain, ils commencent à nous faire sérieusement chier avec leur fin du monde. Un coup c’est le Brexit, un coup c’est l’apocalypse. Qu’est-ce qu’y vont nous servir, après ?" (Lire la suite)
Soudain la vérité
Jardin d’Éden ou jungle menaçante ? Sur la scène de l’Odéon, troncs, lianes, plantes carnivores et fleurs vénéneuses se disputent un enclos tropical à l’abandon, projection organique du chaos régnant dans la tête de Sébastien, le poète improductif dont la mort, soudain l’été dernier, obsède les personnages de Tennessee Williams dont Stéphane Braunschweig signe la mise en scène. (Lire l'article)
Scènes de rue maintient la flamme
Scènes de rue, festival des arts de la rue de Mulhouse, se tient les 17 et 18 octobre. Une éclaircie pour un secteur sinistré, après l'annulation de la plupart des manifestations dédiées aux artistes de la rue.
Débats lyriques (où le naturel revient au galop)
À l'opéra comme ailleurs, les débats font rage: on se dispute, on s'affronte, on s'écharpe. Et voici que revient sur l'avant-scène la très sérieuse question du black face, qui est une autre manière de parler de nature et d'artifice.
Horoscope littéraire de la rentrée
En cette rentrée 2018, la revue délibéré et le service de médecine littéraire qu’elle héberge ont décidé de fournir aux lecteurs exigeants un horoscope digne de ce nom, un horoscope littéraire pour commencer d’un pied serein et assuré l’année, des livres plein les poches. Douze signes astrologiques, douze livres recommandés, tous choisis au sein de la pléthorique rentrée littéraire 2018. Car il ne s’agit pas de lire n’importe quoi, il s’agit de lire ce qui vous convient : le capricorne n’a pas les mêmes besoins de lecture que le lion, le sagittaire que la balance, cela tombe sous le sens mais cela, trop souvent, on l'oublie. (Lire l'horoscope complet)
Le design, Now et maintenant
De Bastille à Barbès, la Design Week parisienne a fermé ses boutiques. Après une semaine de présentations diversifiées, du meuble le plus léché classique aux bidouillages numériques de toutes sortes. Entre réfugiés sous la Cité de la mode et du design, rentrée économique maussade et questionnements sur l’avenir d’un métier qui se redéfinit, se re-cherche vers des démarches plus locales et mutualistes. Tour de piste, de fêtes en débats, de cette manifestation qui est un des reflets d’un design désarticulé. (Lire la suite)
Lights
Le film de Marie Menken (1909-1970), est un formidable cocktail d'expérimentation, de fantaisie, de fureur et d'enthousiasme graphiques, une écriture luminescente, un poème abstrait conçu à partir d'images de décorations lumineuses de Noël.
Lazare frappe à la porte
Lazare est candidat à la direction du Centre dramatique national de Gennevilliers, pour succéder à Pascal Rambert. Dans une lettre adressée à Régine Hatchondo, Directrice générale de la création artistique au ministère de la Culture, il explique les raisons de sa candidature.
Des effets figuratifs
Si l'on suppose un émetteur (à peu près) stable, et une prégnance qui atteint sa cible, qu'advient-il du récepteur, troisième élément de la chaîne sémiophysique, et dernier élément de la syntaxe avéryenne ? Il subit des "effets figuratifs" d'une grande variété...
Cache toi, objet !
Regarder Mai 68 du côté du mode de vie, de l'architecture intérieure, du design (même si ce mot n'est pas encore utilisé en France à l'époque), n'est pas anecdotique. “On veut changer toute la vie !” Le designer italien Ettorre Sottsass est tout à fait dans le coup quand il affirme : “Faire du design, ce n’est pas donner forme à un produit plus ou moins stupide pour une industrie plus ou moins luxueuse. Pour moi le design est une façon de débattre de la vie.” Le design, né et systématisé avec la révolution industrielle du XIXe siècle, a été immédiatement placé en responsabilité politique et sociale. Pas étonnant qu'il ait été prêt à faire les barricades. (Lire l'article)
Les romantiques n’aiment pas les cerises
Il est une éclipse que l'astronome jésuite Carbone ne put étudier : celle de Scarlatti durant la période romantique. Certes, il ne fut pas le seul musicien baroque à en être victime, mais son occultation, parsemée de fugitifs éclats, dura près d'un siècle. Il est vrai que les préoccupations théoriques et distanciées de Scarlatti sont très éloignées de l'exaltation romantique du moi. À cette époque, seul Muzio Clementi, qui fut londonien avant d'être viennois, écrivit quelques sonates dans le goût de Scarlatti. D'autres se permirent de faire subir aux sonates les pires outrages... (Lire la suite)


















