La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
Jennifer Clement, La Veuve Basquiat, traduit de l'anglais (États-Unis) par Michel Marny, Christian Bourgois éditeur, 2016. Une ordonnance littéraire d'Hélène Quanquin dans délibéré
Livres, Ordonnances littéraires

La Veuve Basquiat pour Chelsea Manning et les victimes de l’enfermement

Le 21 août 2013, Bradley Manning est condamné à trente-cinq ans de prison par un tribunal militaire pour avoir donné des documents classés secret défense à Wikileaks. Le lendemain de sa condamnation, Bradley Manning déclare sa transidentité et prend le nom de Chelsea. Son histoire entre en résonance avec La Veuve Basquiat. Une histoire d’amour de Jennifer Clement (traduit de l’anglais – États-Unis- par Michel Marny, Christian Bourgois éditeur), récit fragmenté, à plusieurs voix, de la relation entre Suzanne Mallouk et Jean-Michel Basquiat dans le New York des années 1980. (Lire l’article)

Danse

Silence, on danse

Hanté, propulsé par le silence, les silences de sa propre danse ou de celle de comédiens qui pourtant interprétaient un texte, comme Gérard Philipe ou Jean-Louis Barrault, le danseur et chorégraphe Dominique Dupuy a initié une année de Silence(s) avec la collaboration du Collège International de Philosophie, projet porté par le Théâtre National de Chaillot et de nombreux partenaires. Prochain rendez-vous en janvier au Théâtre national de la Colline à Paris avec une soirée consacrée à Alain Trutat, fondateur de France Culture. (Lire l’article)

École Le Blé en herbe © Matali Crasset (photo: Philippe Piron)
Architecture, Design, Expo

Premières fondations pour un Socialdesign en France

Un petit groupe de graphistes, designers, architectes, acteurs culturels et associatifs ont créé la Plateforme Socialdesign. Elle a tenu sa première réunion publique à Paris. Après avoir recensé des projets élaborés collectivement avec des usagers, ses concepteurs entendent populariser ces initiatives minoritaires, les développer, avec une méthodologie qui s’appuie sur des résidences de “recherches-actions”. Une initiative réjouissante face à un état d’urgence sociale en France, une redéfinition du design qui renoue avec ses origines. (Lire l’article)

scarlatti bion jésuite witkowski
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Un jésuite à éclipses

En 1725, Domenico Scarlatti se voit confier une mission par l’ambassadeur du Portugal à Paris : remettre au roi une lentille de lunette astronomique… L’instrument, lui explique da Cunha, a été livré à Lisbonne imperfeito, et Jean V est furieux de s’être fait rouler dans la farine par un artisan français pourtant réputé, Nicolas Bion. On sait le roi grand amateur de musique, d’art, de littérature et de sciences naturelles, mais il se passionnait aussi, comme tout honnête homme à l’époque, pour l’astronomie dont un certain Isaac Newton, président en exercice de l’académie des sciences anglaise, la Royal Society, venait de trouver le grand secret : l’attraction universelle. (Lire l’article)

Richard Guérineau, Henriquet. L'homme-reine, Delcourt/Mirages. Critique de Didier Ottaviani dans délibéré
Bande dessinée, S'il vous manque une case...

Henriquet ou la confusion des genres

Oui, c’est clair, notre modernité rejoue le XVIe siècle, ce que nous confirme la lecture de Henriquet, l’homme-reine de Richard Guérineau. Après son remarqué Charly 9, d’après celui de Jean Teulé, l’auteur nous plonge dans une peinture d’Henri III qui, déclinée en trois parties, présente les grands moments de son règne, de son couronnement en 1575 à sa mort en 1589. Insistant parfois sur des aspects anecdotiques et ne reculant pas devant les outrances, ce récit ne manquera pas de faire tiquer l’historien sourcilleux qui chercherait là une stricte biographie. (Lire l’article)

Design, Expo

Des pleurotes à Frédégonde

Tout l’été à Paris, les Docks, Cité de la mode et du design proposent le festival Ensemble, un rendez-vous amusant et actif. Une sorte de ville en modèle réduit, où l’on peut voir pousser des champignons, tester des architectures éphémères dont une bibliothèque, grignoter des curiosités culinaires. Et admirer d’intrigantes robes de reines françaises, élaborées avec des habitantes de Saint-Denis. (Lire l’article)

Le coin des traîtres, Théâtre, Traduction

Dingues d’Onéguine

De sa traduction d’Eugène Onéguine, parue en 2005 chez Actes Sud, André Markowicz déclarait aux Assises de la traduction littéraire d’Arles en 2011, que c’était « ce qu’il a fait de mieux dans [sa] vie ». Les 5 523 vers du roman de Pouchkine lui auront demandé plus de vingt ans de travail. Au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, Jean Bellorini orchestre une version théâtrale du roman de Pouchkine dans la traduction de Markowicz avec cinq acteurs murmurant aux oreilles des spectateurs munis d’un casque. Cela pourrait être monotone, ronronnant, c’est magnifique, rayonnant d’humour et de finesse. (Lire l’article)

Photographie

So What?!

Le 20 novembre, on a célébré la journée mondiale des victimes de transphobie. Dans une brochure aussi élégante que dérangeante, le photographe Marc Martin montre le corps de Jona James, une femme devenue un homme.

Tex Avery fait-il (encore) rire? Nicolas Witkowski pose la question.
Chroniques avéryennes, Écrans

Tex Avery fait-il (encore) rire ?

Les dessins animés de Tex Avery ont fait rire dans les années 1940, 50 et 60. Et aujourd’hui ? Ont-ils rejoint l’humour 1900, qui ne passe plus, comme tant de comiques depuis, enfouis au cimetière de la rigolade ? Sur les 30 ans de création de Tex, bien des private jokes, des américanismes dont le sens s’est perdu, ainsi que nombre de vannes machistes ont mal vieilli. Tous les cartoons d’Avery ne sont pas excellents, loin de là. Pourtant, ils recèlent tous cette petite dose de piment indéfinissable qui fait son effet (explosif) à retardement. (Lire l’article)

periscope
Courrier du corps

Periscope ou les enfants au pouvoir

D’abord, le nom est bien trouvé. Le périscope est ce qui permet littéralement d’embrasser tout l’horizon, de le circonscrire d’un coup d’oeil rotatif. Totalitaire, il possède en outre de super pouvoirs : avec lui, nous dit le dictionnaire, on observe “par-dessus un obstacle des objets inaccessibles à la vision directe”. Deuxio, l’imaginaire du périscope est un peu celui du sous-marin. Planqué dans une boîte en fer, on peut se livrer aux délices du voyeurisme comme dans les dessins animés de la Warner, sans parler de la forme phallique de l’engin : la pulsion scopique est de sortie. Periscope permet à chacun de diffuser en direct les images que capte la caméra de son smartphone, c’est-à-dire d’être une télé. (Lire la suite)

“La Collection“ au Signe de Chaumont © Martin Ferrer
Architecture, Arts plastiques, Expo

Chaumont persiste et Signe

 La préfecture de la Haute-Marne attendait ce Centre national de graphisme, elle qui depuis 1990 organise, obstinée et cahin-caha, un Festival international des affiches. Cet édifice, bien situé et bien nommé Le Signe, conçu par l’architecte Alain Moatti, hybride l’ancienne Banque de France et un nouveau bâtiment. La première exposition, “La Collection” de 276 affiches sélectionnées par le graphiste Vincent Perrottet, donne le ton. Entre passé riche d’un fonds de 50 000 oeuvres et futur plus prospectif, ce nouvel outil doit inventer la permanence du graphisme à Chaumont. (Lire l’article)