La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
#JWIITMTESDSA? (Just what is it that makes today´s exhibitions so different, so appealing?), Cristina Garrido, 2015
Arts plastiques, Écrans, Machines à voir

#JWIITMTESDSA?

Installation, collage, vidéo… #JWIITMTESDSA? est à la fois une référence à un classique de Richard Hamilton et une réflexion sur le statut des images, sur une certaine culture visuelle à l’œuvre dans le monde de l’art contemporain tel qu’Internet et les réseaux sociaux en rendent compte. 
Frédéric Pagès, Botul au bordel, Buchet-Chastel, 2015. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne dans délibéré
Livres, Ordonnances littéraires

À ceux que la chienlit offusque

Les hommes et les femmes politiques ne lisent pas beaucoup, on le sait bien, et c’est une des raisons pour lesquelles cette chronique, largement subventionnée, vous vous en doutez, par le ministère de la Culture, a été mise en place. Ils ne lisent que bien peu mais ils causent. Beaucoup. À droite, la mode en ce moment est à la chienlit”, terme qui n’est officiellement plus vulgaire ni même familier depuis le 19 mai 1968. Les responsables politiques ont visiblement très peur de la chienlit, et cette peur est devenue, ces derniers temps, très nettement obsessionnelle. En 2015 est paru un ouvrage de Frédéric Pagès, Botul au bordel, qui semble pouvoir s’intégrer dans le traitement cognitif de ce type de pensée obsessionnelle.  (Lire l’article)

Rosa Montero, Le poids du cœur, éditions Métailié
Le genre idéal, Livres

Trois ans, dix mois et quatorze jours

C’est demain et c’est hier. Bruna, crâne rasé, tatouages et yeux de tigre, au passé fabriqué par un mémoriste, accepte des boulots de misère payés par des pauvres. Détective privé. Moins d’État, plus de libertés, zéro recours. Tous responsables. Contrairement aux humains qui l’ont fabriquée et qui vieillissent indéfiniment en étirant les années à coups de chimie et d’opérations, Bruna se fout des vertus de l’apprentissage, de la vénération de l’acquis par l’expérience, de la valorisation de la patience sur l’action. (Lire l’article)

Christian Hidaka et Raphaël Zarka, Vue de l'exposition La Famille Schoenflies. Photographies : Aurélien Mole © Christian Hidaka/Raphaël Zarka, 2016 Courtesy galerie Michel Rein
Arts plastiques, Expo

Cristallisation

Et si la vérité du monde était géométrique ? On pourrait imaginer une histoire de l’art écrite sous l’angle des polyèdres. Elle commencerait sûrement à la Renaissance, avec les illustrations que Léonard de Vinci donne à Luca Pacioli pour son traité De Divina Proportione. Elle se poursuivrait jusqu’à aujourd’hui. On y croiserait le maniérisme allemand du XVIème siècle, quelques Italiens du début du XXème, des Américains des années 1960 et, poursuivant notre route, on se retrouverait dans une ancienne brasserie de Montreuil, transformée en lieu d’exposition depuis 2004 sous le beau nom d’Instants chavirés. Deux artistes et amis, Christian Hidaka et Raphaël Zarka, y présentent une exposition commune intitulée La Famille Schoenflies. (Lire l’article) 

Item, Théâtre du Radeau, ms François Tanguy © Jean-Pierre-Estournet
Théâtre

Et le Radeau va

Tout spectacle du Théâtre du Radeau tient du rêve plus ou moins éveillé. Inutile de suivre le fil, le sens échappe dès qu’il affleure, reste la sensation, une mélancolie certaine. Approche en désordre de l’idée d’harmonie, Item est particulièrement réussi. 
Expo

Hugo Comics

Victor Hugo résiste à tout, même aux traits les plus fielleux. Ce sont ses adversaires qui ont pris un sacré coup de vieux. Exposition “Caricatures&nbsp: Hugo à la Une” à la Maison Victor Hugo, place des Vosges à Paris.

Danse

Rocío Molina, la divine comédienne

Dans un solo couillu, Caída del Cielo, Rocío Molina, danseuse et chorégraphe espagnole de 32 ans, tombe de l’Olympe pour rejoindre les mortels afin de mener une vraie sarabande avec quatre compagnons musiciens. Du flamenco au rock, de la lumière à l’obscurité, de la stature debout à la reptation.
(Lire l’article)

Arts froids

Lilliehöökbreen

Et puis on entend des craquements dans la glace, des détonations qui nous font tous sursauter. C’est le glacier qui vêle. Inexorablement, sous la pression de la terrible masse accumulée derrière lui…

L'incoronazione di Poppea, de Claudio Monteverdi - Direction musicale: Leonardo García Alarcón, Mise en scène: Ted Huffman – Festival d’Aix-en-Provence 2022 © Ruth Walz
Musiques, Opéra

Chassez le naturel, il s’en va en courant

Qui d’autre que Néron peut chanter comme une soprano? Mais alors quand, comment et pourquoi s’est-on avisé qu’en fin de compte les rois, dictateurs et pères cruels devaient chanter très bas comme des barytons, des basses, à l’extrême rigueur, des ténors?

Daniel Lang, Stockholm 73 (traduit de l’anglais par Julien Besse), Allia
Livres

Retour à Stockholm

Livres, films, séries, expos, archi, design, théâtre, danse… Chaque semaine, les choix de délibéré. Cette semaine, Stockolm 73, le reportage haletant du journaliste Daniel Lang sur un événement célèbre, mêlant récit factuel et témoignages des ravisseurs, des policiers, des psychiatres et des otages. (Lire le guide)

Non classé, Photographie

Paris photo : déambulation féminine

Le salon Paris photo, qui est certes une foire, est aussi l’occasion d’admirer des travaux exceptionnels, ou de découvrir de nouveaux talents. Cette année, déambulation féminine qui ne prétend pas retracer toute l’histoire de la photographie mais organise un parcours depuis les pionnières aux dernières arrivantes, en passant par les battantes des années 70.

Théâtre

Ivo van Hove, miroirs troubles

Coup de vieux dans la cour du Lycée Saint-Joseph à Avignon. Le metteur en scène Ivo van Hove adapte Vieilles gens et choses qui passent, un roman de Louis Couperus (1863-1923), figure des lettres néerlandaises. Costumes noirs et lumières sombres, l’obscurité règne sur les cœurs et les consciences, comme si le trio de vieillards qui mène cette drôle de danse avait contaminé les générations suivantes, les entraînant avec eux, quel que soit leur âge, aux portes de la mort. Vies malheureuses, gâchées, ralenties, le temps qui passe est du temps qui pèse et l’horloge qui bat au centre de la scène évoque moins le compte à rebours que la malédiction éternelle. (Lire l’article)

Tex Avery: le langage est-il une chose?
Chroniques avéryennes, Écrans

Le langage est-il une chose ?

Il arrive que les bébés tentent de saisir les paroles qui sortent de la bouche de leur mère comme s’il s’agissait d’objets localisés. Cette prégnance pas comme les autres qu’est le langage a fasciné Tex Avery, dont les cartoons regorgent de panneaux et de dispositifs visant à matérialiser le langage.
Livres, Ordonnances littéraires

Le Bruit du monde pour Madame Bovary

Madame Bovary existe, elle est venue nous consulter. Malheureuse dans sa vie étriquée de petite bourgeoise de province bien sous tous rapports, elle a des rêves et des envies. Elle s’ennuie dans son malheur qu’elle cultive pourtant avec tant de soin. Madame Bovary souffre d’une carence en courage qui touche au Nord de la Loire autant de femmes que celle en vitamine D. Nous lui recommandons la lecture du dernier roman de Stéphanie Chaillou, Le Bruit du monde. Elle y trouvera une héroïne qui comme elle subit une existence qui l’empêche de vivre réellement. Elle y trouvera surtout une dose de courage pour changer les choses. (Lire l’article)

Danse

17ème Biennale de la danse de Lyon : chemins de traverse

Ils n’ont franchement rien à voir l’un avec l’autre. Les uns du collectif Petit Travers proposent un jonglage scénique où la trajectoire de la balle est plus visible que le jongleur. Les autres de la compagnie Roy Assaf Dance mêlent les danses religieuses, militaires ou de couple. Leur vocabulaire intrigue dans cette 17ème Biennale de la danse de Lyon très touffue. (Lire l’article)

Théâtre

Angélica Liddel, lumières dans la nuit

Les trois actes du dernier spectacle de l’Espagnole Angélica Liddell vont et viennent entre Paris et Tokyo et entre deux événements sanglants : le meurtre, en 1981 à Paris, d’une étudiante hollandaise, dépecée et mangée par Issei Sagawa, le “Japonais cannibale”, et la tuerie du Bataclan, le 13 novembre 2015. L’horreur et la douleur du monde, c’est ce qui nourrit l’écriture de Liddell et son engagement physique sur le plateau. Ce qu’elle y fait de son corps tient de la performance – et de l’offrande, dans un rituel où la beauté est le contrepoint de la souffrance. (Lire l’article)