La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Critiques
Guide, Livres

Les livres et le capital

Dans Brève histoire de la concentration dans le monde du livre (Libertalia), Jean-Yves Mollier montre que la récente tentative de fusion entre Hachette et Editis n'est que le nouvel avatar d'une longue histoire.

Théâtre

Histoires sans paroles

Samuel Achache au Cloître des Célestins et Marguerite Bordat et Pierre Meunier au Tinel de la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon proposent deux formes de théâtre musical. Pour Fugue, Achache a puisé dans un répertoire essentiellement baroque. Forbidden di sporgersi est une tentative d'inventer une correspondance visuelle et sonore à l'œuvre de la poétesse Hélène Nicolas, dite Babouillec, “autiste sans paroles”. (Lire l'article)

Architecture

Orléans, un désir d’architecture

La première biennale d'architecture animée par Abdelkader Damani, nouveau directeur du Frac Centre-Val de Loire, propose de “Marcher dans le rêve d'un autre”. En s'appuyant sur les visions de trois architectes, Guy Rottier, Demas Nwoko et surtout Patrick Bouchain.

Danse

Histoire d’Elle

Adapté du  roman d’Anne-James Chaton, Elle regarde passer les gens, sous la forme d'un quatuor où se mêlent théâtre, danse, cabaret, musique, poésie sonore, Icônes passe en revue sans hiérarchie les vies et œuvres de femmes qui ont marqué l’histoire et/ou nourri les magazines people. Auteur du texte et de l'adaptation, Anne-James Chaton est aussi sur scène aux côtés de François Chaignaud, Phia Ménard et Nosfell. Un enchantement dont le “Elle” qui revient comme un appel donne le ton mais également le rythme et la sonorité. Donné deux soirs à Chambéry, Icônes est programmé en mai à Mulhouse et Grenoble, avant une représentation à Avignon en juillet. (Lire l'article)

Pierre Patrolin, J'ai décidé d'arrêter d'écrire, P.O.L., 2018
Livres

Patrolin : J’ai décidé d’arrêter d’écrire

On ne se méfie jamais assez des écrivains à la langue fluide. C’est beaucoup de travail ingrat. Ainsi Patrolin, l’auteur, décide-t-il de cesser. Vivre le monde, sans se balader avec des trucs notés sur des facturettes, des courriers du gaz, la marge du journal, avec cette ambition, mettre en mot l’instant, le bruissement des feuilles, l’idée traversante, la rue. Laisser vivre le monde. J’ai décidé d’arrêter d’écrire serait donc l’histoire d’une désintoxication. Il y a double bind romanesque : l’écrivain se tait, tandis que le narrateur rapporte le détail du renoncement. Mais ils ne font qu'un. (Lire l'article)

Pierre Bayard, Le Titanic fera naufrage, éditions de Minuit, 2016
Livres, Ordonnances littéraires

Pierre Bayard pour les instituts de sondage

Sondeurs, sondeuses, pythies aux augures sans cesse défaits, devins aux présages incertains, prophètes moqués et stigmatisés, oracles aberrants : vous vous sentez déprimés, rejetés, diminués ? Lisez donc Pierre Bayard. Les romanciers, explique-t-il dans Le Titanic fera naufrage, ont en effet un accès privilégié à des évènements qui ne se sont pas encore produits”. Contrairement aux dirigeants politiques et aux responsables d’instituts de sondages à travers le monde, qui, eux, se gardent bien de tirer parti de la capacité annonciatrice de la littérature”. (Lire l'article)

Photographie

So What?!

Le 20 novembre, on a célébré la journée mondiale des victimes de transphobie. Dans une brochure aussi élégante que dérangeante, le photographe Marc Martin montre le corps de Jona James, une femme devenue un homme.

Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Avengers : Infinity War, memento mori

Voilà un film dont on peut sortir comme sidéré. Non pas soufflé par sa toute-puissance spectaculaire, mais plutôt en état de choc, dans ce tout premier vertige de la courbe du deuil où la mauvaise nouvelle ne nous paraît pas plus réelle encore qu’un rêve. Car si le blockbuster devient ici expérience scénaristique et esthétique, laboratoire d’un “vivre ensemble” de cinéma où cohabitent les styles et les registres des diverses franchises Marvel, il impose surtout une grâce mélancolique et tragique rare dans un tel produit marketé. (Lire l'article)

Danse

Sharon Eyal, du tac au toc

Dans OCD Love de la chorégraphe israélienne Sharon Eyal, les “personnages” sont comme électrocutés à la base, dès qu’ils entrent en scène. Puis, tout est question de doigté, dans la gestion des ensembles, comme dans celle de deux duos millimétrés, l’un masculin, l’autre féminin. Inutile de chercher un sens : les corps sont renversés au point que l’on ne sait plus s’ils se présentent de face ou de dos et offrent le tableau d’une société stressée sans issue de secours. C’est dans la sensualité, dans les cuisses qui se frôlent, ou dans les gestes réparateurs, comme les mains qui passent et lavent les visages que l’on quitte la noirceur. (Lire l'article)

Théâtre

De Bruits et de Fureurs

Le metteur en scène Joris Lacoste, artiste associé au Théâtre de Gennevilliers et membre du collectif  l’Encyclopédie de la parole, propose dans sa nouvelle création Suite n°2 un concert pour mieux entendre la fureur du monde. Avec cinq acteurs et en seize langues (surtitrées en anglais ou en français), il orchestre des paroles qui font acte. (Lire la suite)

Instagram
Courrier du corps

De l’instagrammatologie

Réussir son compte Instagram, ce n'est pas si facile. Parce que comme avec tous les instruments de création 2.0, le risque du “trop” n'est jamais loin. Vous avez dix mille filtres à dispo, des outils de recadrage, de réglage, etc. pour rendre une photo ratée acceptable. En général, une petite retouche suffit. Mais le syndrome “open bar” frappe régulièrement : on sature les couleurs, on ajoute un cadre vintage, et puis aussi un effet “vignette” qui fait trop mystérieux, tel un trait de kohl sous les yeux. Résultat : c'est plus un cliché, c'est un camion volé. À part ça, que montrer sur Instagram ? C'est en principe l'endroit où s'exprime votre créativité, votre voyeurisme s'exerçant quant à lui sur Facebook et votre sens du café du commerce sur Twitter. Comment accumuler les likes ou, au contraire, rater sa vie sur Instagram ? (Lire la suite)