Avengers : Infinity War, memento mori
Voilà un film dont on peut sortir comme sidéré. Non pas soufflé par sa toute-puissance spectaculaire, mais plutôt en état de choc, dans ce tout premier vertige de la courbe du deuil où la mauvaise nouvelle ne nous paraît pas plus réelle encore qu’un rêve. Car si le blockbuster devient ici expérience scénaristique et esthétique, laboratoire d’un “vivre ensemble” de cinéma où cohabitent les styles et les registres des diverses franchises Marvel, il impose surtout une grâce mélancolique et tragique rare dans un tel produit marketé. (Lire l'article)
Obstinée comme une prégnance
Une fois la question de la saillance réglée, la prégnance est émise. Parfois, la prégnance s'avère impossible à arrêter. Parfois, elle s'arrête juste avant d'investir son récepteur, laissant le spectateur dans un état de frustration avancé. En fait, la seule façon d'arrêter une prégnance est de lui en opposer une autre.
The Paper, l’Adriatique noire
Netflix le dit, The Paper (Novine) est la première série slave. Si l’on excepte toutefois l’indigeste The Teach polonais sur Canal+, qui ne raflera pas le prix du scénario. Mais The Paper, dont la saison 2 vient d’arriver est certainement la première série croate et la seule à être diffusée dans 190 pays. En faisant un tabac en Amérique latine. Peu ou pas de critiques en France à ce jour où l’œil se porte vers l’ouest, toujours : dommage, The Paper a les qualités des vrais romans noirs, atmosphère, personnages, envers du décor, plus un rien de baroque. (Lire la suite)
Alibaba dans les pas du dragon
Et si étendre son champ d’action business passait par les arts martiaux… C’est en tout cas l’idée du patron d’Alibaba qui veut faire d’une forme de tai chi une discipline olympique. Première étape : la réalisation d’un film d’arts martiaux dont il est le héros. (Lire l'article)
Pour la fin du monde
Pour la fin du monde prends ta valise / Et va là-haut sur la montagne on t'attend / Mets dans ta valise une simple chemise / Pour la fin du monde pas de vêtements. Bon, rien de dramatique jusque-là. Derrière l’apocalypse annoncée se cache un retour à la terre, assez dans l’air du temps — on serait plus volontiers parti avec un sac à dos qu’une valise, mais ça n’aurait pas rimé avec chemise. En tout cas, il est déjà clair que le titre Pour la fin du monde n’est pas celui d’un manifeste mais d’une invitation. (Lire l'article)
La place du mort
Aux Rencontres de la photographie d'Arles, deux expositions s'articulent autour d'un convoi funéraire. D'une part, le voyage en train, de New York à Washington, de la dépouille de Bob Kennedy, le 8 juin 1968. Monté à bord, Paul Fusco avait photographié ceux et celles qui ont tenu à lui rendre un dernier hommage le long de la voie ferrée. Autre cortège funèbre, celui transportant les cendres de Fidel Castro de La Havane à Santiago de Cuba, en 2016. Monté dans une voiture, l'Américain Michael Christopher Brown a photographié les Cubains venus saluer le líder máximo armés de pancartes "Yo soy Fidel". Des morts qui en disent long sur les vivants.
Costumes
Edwin Austin Abbey ne s’est pas contenté d’illustrer les comédies et les tragédies de...
Les erreurs d’une nuit
L’action de la comédie d'Oliver Goldsmith She stoops to conquer, d’abord titrée Les Erreurs...
Déraisonnable indépendance
Dans un court essai stimulant, inspiré notamment de Bourdieu, Julien Lefort-Favreau s'interroge sur la situation des éditeurs indépendants par rapport aux grands groupes et aux plateformes.
Brest 1992 : le port et la ville (1)
En 1992 le Ministère de l'Équipement lança une "commande publique" dont le titre Le port et la ville correspondait à la préoccupation politique du développement – difficile – des ports en France comparé aux grands ports européens. Je décidai alors de revenir à Brest et d'y partir au mois d'août.
Le pout-pout bien tempéré, vol.1 (tuto Lana Del Rey)
Pour fêter la sortie du nouvel album de Lana Del Rey le 18 septembre, on s'est redemandé, comme déjà à chacun de ses singles, si ses lèvres étaient vraies ou fausses. Ce n'est pas curiosité malsaine. Au contraire. La question est scientifique, d'ordre musicologique, voire esthétique. La voix, le corps, tout l'art de Lana Del Rey ressortissent au pouting, à la bouderie. Il est donc hyper-important de savoir si le pout de Lana est naturel ou synthétique. Si c'est l'organe qui crée la fonction ou si la fonction a poussé l'artiste à réviser les volumes de son organe à coups d'acide hyaluronique. (Lire la suite)
Des pleurotes à Frédégonde
Tout l'été à Paris, les Docks, Cité de la mode et du design proposent le festival Ensemble, un rendez-vous amusant et actif. Une sorte de ville en modèle réduit, où l'on peut voir pousser des champignons, tester des architectures éphémères dont une bibliothèque, grignoter des curiosités culinaires. Et admirer d'intrigantes robes de reines françaises, élaborées avec des habitantes de Saint-Denis. (Lire l'article)
Guanajuato, musiques en tous genres
À Guanajuato, ancienne ville minière du centre du Mexique, le festival Cervantino fête sa 43e édition. Dirigée par le romancier Jorge Volpi, la manifestation, l'une des plus importantes d'Amérique latine (3000 artistes invités en provenance de 27 pays), fait la part belle à la danse et au théâtre, mais aussi à la musique. De la flûte andine au répertoire contemporain en passant par le bel canto et les bandas de villages, l'envoyé spécial de délibéré, qui est aussi musicien dans un orchestre symphonique, livre ici le résultat de ses écoutes. (Lire la suite)
Si Dali m’était conté
Une exposition à Monaco, un livre-catalogue aux éditions Hazan : "Dalí, une histoire de la peinture" est l'occasion de revisiter le parcours esthétique du peintre catalan, du classicisme au pop art en passant par le surréalisme, en éludant les questions qui fâchent.
Mont-de-Marsan, terra flamenca
Avec la création il y a 29 ans du festival Arte Flamenco, Mont-de-Marsan est devenue la deuxième patrie du flamenco. C'est pour les artistes un lieu de rendez-vous car ils ne font pas qu’y passer mais sont invités à y séjourner, à participer à des rencontres publiques, à y donner des stages et des master classes. La programmation équilibrée n’oublie rien des maîtres du genre tout en s’ouvrant aux nouveaux talents. Et pas des moindres. La jeune Patricia Guerrero a ébranlé le Café Cantante avec son spectacle Catedral. (Lire l'article)
Être ou ne pas être sur Amazon?
Les maisons d'édition indépendantes peuvent-elles se passer d'Amazon, cauchemar des librairies indépendantes ? Certaines s'y risquent, d'autres hésitent. Le "nouveau monde" est encore loin...
L’État libre de Bavière
En 1913, Franz Joseph Brakl inaugure une nouvelle galerie avec une grande exposition d’environ...
Tombé du pont
Vu du pont, la pièce d'Arthur Miller donnée en français aux Ateliers Berthier de l'Odéon est un copié-collé de la version anglaise, créée au Young Vic de Londres le 4 avril 2014. Un mélodrame politico-sociologique, conçu comme une tragédie grecque, dont la version française frise le ridicule, avec des acteurs oscillant sans cesse entre premier et troisième degré, entre sitcom et Duras. (Lire la suite)


















