Simon McBurney et les fantômes de l’Amazonie
À l'étiquette de metteur en scène, Simon McBurney a toujours préféré celle de “conteur”. À l'Odéon, seul en scène, il adapte Amazon Beaming, récit halluciné d'un photographe américain égaré dans la jungle. C'est bien au chevet des spectateurs que se place McBurney tout au long d'une soirée où sa voix berce, surprend, fascine, et où, bien plus que les images et les lumières, les sons ouvrent les portes de l'imaginaire. (Lire l'article)
Amer et Colette, d’amour et d’exil
Dans Amer M. et Colette B., un diptyque écrit et mis en scène par Joséphine Serre au théâtre de la Colline, deux vies se déploient entre Paris et Alger et entre grande et petite histoire, sur tous les tons et à tous les temps.
La conteuse aux pieds nus
"Une nuit à travers la neige" est adaptée de "L'Homme qui rit" de Victor Hugo par Ariane Pawin. Du conte, du théâtre-récit, du mime, de la peinture aussi grâce aux lumière de Marien Tillet. Et une petite forme qui n'a rien de mineure.
Trappe téléologique au Spitzberg
Où l'on apprend qu'en matière de pelleterie, l’apparat est à la tuerie ce que la philo est aux trappeurs, ou l'inverse.
Castellucci et la face sombre de l’Amérique
Mais de quoi ça parle ? Une partie du public de la MC 93 s'est posé la question, pendant et à l'issue de Democracy in America, le nouveau spectacle de Romeo Castellucci. Une perplexité souvent doublée d'agacement, tant certains ont l'impression d'être exclus du champ des initiés. Pas sûr que Castellucci mérite ces réactions épidermiques. (Lire l'article)
À ceux que la chienlit offusque
Les hommes et les femmes politiques ne lisent pas beaucoup, on le sait bien, et c’est une des raisons pour lesquelles cette chronique, largement subventionnée, vous vous en doutez, par le ministère de la Culture, a été mise en place. Ils ne lisent que bien peu mais ils causent. Beaucoup. À droite, la mode en ce moment est à la “chienlit”, terme qui n’est officiellement plus vulgaire ni même familier depuis le 19 mai 1968. Les responsables politiques ont visiblement très peur de la chienlit, et cette peur est devenue, ces derniers temps, très nettement obsessionnelle. En 2015 est paru un ouvrage de Frédéric Pagès, Botul au bordel, qui semble pouvoir s’intégrer dans le traitement cognitif de ce type de pensée obsessionnelle. (Lire l'article)
Des manchots pour fêter le cinéma
Membre de l'expédition Scott au pôle Sud en 1911, Herbert Ponting en est revenu avec assez d'images pour réaliser deux documentaires à succès...
Sonate pour Leibniz
L'arithmétique est un de ses outils de composition favoris : Scarlatti adore compter, remplaçant un motif de 13 éléments par un de 6 et un de 7, en divisant un autre par deux, soumettant la patience de l'auditeur à l'épreuve d'écouter 32 fois de suite le même élément, et pas 33, ou compensant, tel un apothicaire à sa balance, le déséquilibre de deux parties voisines. Cette conception arithmétique de la musique rejoint de toute évidence celle de Leibniz, qui était de la génération précédente et mourut peu avant que Scarlatti ne s'installe à Lisbonne, mais dont les œuvres étaient dans toutes les bibliothèques. (Lire l'article)
Marie Darrieussecq ou le slalom de l’insomniaque
« Je carbure aux barbituriques depuis près de trente ans. Je savoure les soporifiques, je...
Bror Gunnar Jansson, gentleman bricoleur
Gentleman bluesman, bricoleur ingénieux, mais aussi homme orchestre, Bror Gunnar Jansson est l'un des rares musiciens suédois à s'être fait connaître au-delà du pont de Malmö. Rien que le nom est une énigme : Bror pour frère, comme le fameux compagnon de Robin des Bois, puis “Gugges”, soit le diminutif de Gunnar en suédois, et enfin “Enmanna”, signifiant One Man Band. Tout cela dans un seul personnage. Un an après avoir enregistré son deuxième album Moan Snake Moan, le dandy de 28 ans est en concert ce mois-ci en France. (Lire la suite)
Irving Penn à l’œil nu
Voici Irving Penn (1917-2009) consacré en France à l’occasion du centième anniversaire de sa naissance. Le Grand Palais lui consacre à Paris une exposition. L'occasion d'un retour sur une riche histoire qui débute à l’âge de 21 ans, quand Penn acquiert son premier Rolleiflex – appareil crucial à l’instar du Leica apparu sensiblement au même moment, vers la fin des années 20. Ce choix d’outil est un indice pour la compréhension de l’écriture d’un maître à la fois classique et singulier. (Lire l'article)
Le menuet des sens
La 17e édition du festival Actoral (arts et écritures contemporaines) fondé par Hubert Colas s’est ouverte le mardi 26 septembre au Théâtre du Gymnase à Marseille avec une création lumineuse, rigoureuse et emblématique de ce pourquoi le festival existe : faire parler les corps avec et sans les mots. Interprété par trois danseurs et une comédienne, Ensemble Ensemble de Vincent Thomasset, spectacle total et euphorisant sera repris en octobre au Théâtre de la Bastille à Paris, dans le cadre du Festival d'Automne. (Lire l'article)
Anne Nguyen, hip hip hop hourra !
Au Théâtre National de Chaillot, avec la complicité de vingt-sept danseurs et d'un vidéaste, Anne Nguyen propose à tous les spectateurs volontaires de devenir danseurs hip hop. Performances cataloguées “pour la jeunesse”, peur de (mal) danser : les réticences éventuelles avant de pénétrer dans la salle Maurice Béjart sont vite envolées. Le parcours très ludique et participatif permet de mieux saisir ce qui motive le danseur hip hop, tout en se faisant très plaisir. Avec, pour finir, le jam, une rencontre avec les danseurs grâce à un casque de réalité virtuelle pour une immersion à 360° parmi eux. (Lire l'article)
Jérôme Bosch à la loupe
Les éditions Hazan republient, en version “compacte”, l’ouvrage de l’historien de l’art Till-Holger Borchert consacré au peintre qui a transformé “la terre en antichambre de l’enfer”.
“Un morceau de terre, un morceau de toile, une place”
Dans le troisième livre de la série “Des îles”, Mer d’Alborán 2022-2023, Marie Cosnay enquête sur ces lieux à part que sont ceux où “logent les morts”. Dans leur voyage périlleux entre les rives algérienne et espagnole, des hommes et des femmes disparaissent, engloutis par les eaux. Qu’en est-il des corps qui reviennent? Œuvre majeure pour crier l’inacceptable, mais avec bien plus qu’un cri: l’amour.
Robert Delaunay aux sources du pop
Pascal Rousseau publie chez Hazan un ouvrage de 300 pages, richement illustré : Robert Delaunay, L’Invention du pop. Et rend hommage à l'originalité d'un précurseur passionnément moderne.
Jeunesse
Au moment où Heinrich Kley commença ses études d’art, les relations avec ses parents étaient...
Rafael Chirbes, la belle écriture
L’écrivain espagnol Rafael Chirbes est mort. Denise Laroutis, sa traductrice en français, revient sur son œuvre, ses livres qui sont des fleuves de mémoire, de savoir, de raffinement. Atteindre à l’émotion par la précision, l’exactitude, jusqu’à la surprise du détail qui vous sabre. Faire le récit de ce qui se passe, narrer son temps, le faire surgir d’un texte-corps, souvent massif. Assumer la complexité de la vie sans feintes, sans effets, mais en soulevant chaque pierre pour observer ce qu’elle cache. Aucune économie, une efflorescence d’écriture, une abondance nécessaire. Son labeur, toute sa vie : celui d’un façonneur du réel ; le résultat : une œuvre d’art, majeure, dans les hauteurs. (Lire la suite)


















