ypsilon à l’honneur
Ypsilon est une maison d’édition étonnante née en 2007 d’un projet précis : publier Un coup de Dés d’après les épreuves conservées à la Bibliothèque nationale de France et corrigées par Mallarmé, qui en avait prévu chaque détail : le format, les caractères et les illustrations d’Odilon Redon. Depuis, le catalogue s’est étoffé, des collections ont été créées… La Maison de la poésie lui consacre toute une soirée.
Roumaine humanité
Terre des affranchis de Liliana Lazar. Premier roman, écrit en français par une femme née au début des années 70 dans un village de Moldavie roumaine : “un récit policier aussi inquiétant qu’un conte” dit la quatrième de couverture. Un roman qui n’a rien à voir avec le contemporain, mais qui parle aussi de résistance et permet l’évasion. Atypique. Polar assurément. (Lire l’article)
Ilotopie, escale à Calais
Un labyrinthe qui permet aux enfants d’échapper à leurs parents, des oreilles géantes qui parlent, une salle de spectacle-balançoire, des cages pour humains… pendant cinq jours Ilotopie a occupé la place d’Armes de Calais et des lieux plus inattendus. La compagnie basée à Port-Saint-Louis du Rhône a fêté il y a peu ses trente ans. Et est l’une des rares troupes des arts de la rue qui fonctionne avec un vrai répertoire. Plusieurs des spectacles présentés à Calais ont plus de vingt ans d’âge. Et conservent leur impact perturbateur. (Lire l’article)
Céline le Narratéen et L’école des caves (3/3)
Si l’on dépasse les appréciations de psychologie littéraire, on trouve chez l’auteur du Voyage et de Bagatelles les éléments d’une théologie qui aux premiers temps de son invention fut l’expression d’une protestation que seuls quelques esprits libres surent affirmer.
Combats de rue
Collaborateurs de délibéré, Juliette Keating (texte) et Gilles Walusinski (photos) publient chez L’Ire des marges À la rue, livre-enquête engagé dont le point de départ est l’expulsion à l’été 2016, de treize familles roms de leur lieu de vie de Montreuil, en Seine-Saint-Denis.
Hart attaque
Beth Hart est une interprète tout en finesse, en puissance et en justesse. Pour son dernier album, Fire on the Floor, la chanteuse californienne s’est entourée des plus grands (Michael Landau, Waddy Wachtel, Jim Cox, Ivan Neville, Dean Parks…). Elle attaque dès le mois prochain une tournée en France, qui se conclura à l’Olympia le 13 décembre. À ne pas rater. (Lire l’article)
Martin Veyron, pour les obsédés du parpaing
Ce conseil est pour toi, le promoteur, l’homme pressé, l’obsédé du parpaing, de la bétonnière, de la brique alvéolaire. Lis, s’il te plaît, cette très belle BD de Martin Veyron, Ce qu’il faut de terre à l’homme (Dargaud), adaptée de la nouvelle de Léon Tolstoï, parue en 1886. Indémodable. Édifiante, crois-moi. “Si seulement j’avais plus de terre”, c’est le leitmotiv qui obsède, tout comme toi, Pacôme, ce paysan et père de famille. Nous sommes à la fin du XIXe siècle en Sibérie, et si la vie est un labeur harassant, elle lui sourit pourtant. Les efforts payent, la réussite et le gain le grisent, justifient trahisons et fuites en avant jusqu’à l’absurde. Plus dure sera la chute. (Lire l’article)
Trajal Harrell, gentleman cambrioleur
Le chorégraphe et danseur new-yorkais n’a que des idées saugrenues (de celles qui font progresser l’art). Dans Le Fantôme de Montpellier rencontre le samouraï, ce gentleman cambrioleur n’hésite pas à voler chez les autres pour construire son propre langage. Et il touche à la personne la plus sacrée, Dominique Bagouet, figure emblématique de la ville où il créa l’un des premiers centres chorégraphique nationaux. (Lire la suite)
Les Animaux fantastiques : ombre de la jeunesse, retour du refoulé
Écrit par J.K. Rowling, produit par la Warner et réalisé par David Yates, Les Animaux fantastiques repeuple le monde de Harry Potter, cet univers qui nous a vus / que nous avons vu passer de jeunesse à maturité…. Pour y libérer l’Obscurus, ombre vivante et entité destructrice qui incarne le concept-clef de tout horror movie : le retour du refoulé. Plus encore qu’une anthologie du Merveilleux, avec son bestiaire de griffon, loup-garou, dragon…, ce long récit initiatique fait du surnaturel la meilleure matrice métaphorique pour raconter ombres et lumières de la jeunesse, de l’enfance à l’adolescence. (Lire l’article)
Tyler devient hardeur
Il fera à son corps tout ce qu’on lui demande. C’est le paysan perverti par lui-même, et qui se présente comme tel sur sa page : “Je suis d’Alabama, j’ai donc ce charme particulier dont vous avez tous entendu parler et j’aime m’exhiber comme vous pouvez le voir ici !” Celui qui se présente sur XTube comme Tyler Camp (pseudo 1bamaboy19) a un tel accent sudiste qu’on ne comprend à peu près rien à ce qu’il raconte. Et il parle beaucoup, tout en se masturbant, la plupart du temps, et en éjaculant à la fin : le garçon n’est pas avare. Il pratique le plan-séquence, ses films durent 20 ou 40 minutes, montage interdit, Bazin se serait joui dessus de bonheur esthétique. (Lire la suite)
La forêt de Debussy
Dans ses épatantes chroniques musicales intitulées Monsieur Croche, Debussy s’élève contre une interprétation de Beethoven trop imitative et ne laissant aucun champ à l’imagination : “Rend-on le mystère d’une forêt en mesurant la hauteur de ses arbres ?” demande-t-il. Que faire devant la forêt Scarlatti aux 555 arbres, la jungle faudrait-il dire, remarquablement impénétrable aux techniques habituelles de la musicologie, laquelle s’interroge toujours, entre autres, sur la chronologie des sonates ? Et si l’on mesurait la longueur des sonates ? Ou plutôt le rapport des deux parties, qui permet de comparer des sonates de longueurs différentes. De façon totalement inattendue, il apparaît que ce nombre varie de façon cohérente d’un bout à l’autre du corpus, et que cette variation reflète l’évolution des stratégies de composition utilisées par Scarlatti… (Lire l’article)
Ça dégomme à Uzès
Julian Hetzel, performeur, musicien et artiste visuel né en Allemagne, actuellement basé à Utrecht (Pays-Bas) et associé au CAMPO de Gand en Belgique, présente The Automated Sniper, un spectacle qui tire sur tout ce qui ose encore bouger. Dans cette chasse à l’homme, les interprètes vont vite réaliser qu’ils sont des cibles, tandis que deux spectateurs deviennent des tueurs. Un jeu terrible et sacrément bien foutu. (Lire l’article)
Brest 1982 : la ville, les pauvres, le port (4)
L’été se terminait. Le soleil avait contredit la grisaille, cliché bien installé dans les mémoires brestoises. Parler des pauvres qu’on baptisait nouveaux pour désigner ceux qui restaient au bord du chemin, nous amena à penser qu’il fallait aussi parler de leurs rêves, de ce qui les extrait de ces quotidiens besogneux. Quoi de mieux qu’un match de foot…
Altamura
Je ne suis pas en colère contre vous, qui êtes la norme, je suis en colère contre moi, parce que j’ai accepté de venir ici. Et ça ne me fait pas plaisir, en effet. (Jean Genet)
Kelly Rivière remonte à la source
À partir d’un secret de famille (un grand-père irlandais disparu dont personne ne veut parler), Kelly Rivière, seule en scène, offre une hilarante pièce intime solidement construite. Dans sa quête des origines, elle passe sans cesse d’une langue à l’autre, jusqu’à brouiller les repères, comme si les barrières linguistiques étaient emportées par le flux de son histoire. Une incertitude linguistique qui fait écho aux incertitudes d’un final qui laisse beaucoup plus de questions que de réponses.
Les débuts
Né le 15 avril 1863 à Karlsruhe, Heinrich Kley étudie de 1880 à 1885 – à part un bref détour...
Jean-Pierre Vincent, révélation
Le metteur en scène Jean-Pierre Vincent, militant du théâtre public, mort le 4 novembre à l’âge de 78 ans, aura marqué cinquante ans d’histoire du théâtre. En gardant jusqu’au bout une énergie qui faisait du bien.
Manuel
Si l’entomologiste se doit de n’oublier aucun des coléoptères d’une famille pour compléter sa boîte de merveilles, le photographe qui fait de son mur une entomologie photographique se complait à associer les auteurs qu’il aime, qui l’inspirent, dans le choix des tirages accrochés. Quand, en mai 1980, Agathe Gaillard exposait Manuel Álvarez Bravo et son épouse Colette Urbajtel, elle revenait depuis peu de New York où elle était allée rendre visite à André Kertész pour préparer la biographie qu’elle avait décidée d’écrire. En 1978, Manuel et André s’étaient retrouvés aux rencontres d’Arles. Ce n’est donc pas un hasard si Manuel suit André dans les colonnes de délibéré. (Lire l’article)


















