En guerre : corps à corps
Cette entreprise de démolition que mène une élite en sécession, Brizé choisit de nous y projeter comme le ferait un film de guerre au milieu de l’apocalypse. D’en faire le principe de sa dramaturgie, en racontant cette histoire de plan social et de grève syndicale, dans une usine automobile que veut bazarder un groupe allemand, à la manière d’une épopée âpre et amère. Chanson de geste d’aujourd’hui, où l’on ferraille dur pour reconquérir des territoires et franchir des frontières… (Lire l’article)
Fin de banlieue(s), une archive sentimentale
La peintre et plasticienne Isabelle Massenet présente un travail rigoureux et sensible sur nos banlieues en voie d’effacement par les travaux du Grand Paris. Ses gouaches sont exposées à l’écomusée du grand Orly Seine Bièvre de Fresnes jusqu’au 24 septembre.
Michel Butel, mort d’un poète
On annonce la mort de Michel Butel, à l’âge de 77 ans. C’est une très mauvaise nouvelle. La presse perd son dernier poète, et ses amis un type formidable. Il était malade depuis des mois, avait du mal à respirer, mais jusqu’à son dernier souffle il a défendu l’idée que l’on devait faire des journaux comme des œuvres d’art. Il est bien le seul à y être parvenu. Portrait rédigé en 2011 alors que Butel se préparait à lancer son tout dernier journal, L’Impossible, après avoir présenté sa candidature à la direction du Monde. (Lire le portrait)
But Beautiful
Une Américaine a gagné deux fois le jackpot à la loterie, à huit ans d’intervalle, en pariant sur les mêmes numéros. Quand les lois de la probabilité sont bafouées à ce point, tout peut arriver. Le pire, le meilleur et même la fin des haricots. Mais en beauté, s’il vous plaît. But Beautiful, comme l’ont chanté Billie Holiday et Nina Simone, comme l’ont joué Chet Baker, Charles McPherson et cent autres. (Lire l’article)
Fritz Zwicky (1898-1974)
Matière noire, étoiles à neutrons, supernovae… l’astrophysicien Fritz Zwicky (1898-1974) a tout imaginé et découvert avant tout le monde. Et changé notre façon de voir l’univers. Personnalité fantasque, il était aussi la terreur de ses étudiants et de ses collègues…
(sur quelque chose)
L’empreinte : s’il fallait ne choisir qu’un seul terme pour évoquer le travail de l’artiste brésilienne Maria Laet, ce serait celui-là. Maria Laet travaille par contact – tantôt sollicitant des techniques de gravure ou d’impression traditionnelles, tantôt les détournant (ainsi lorsqu’elle choisit d’exposer directement à la lumière le papier photosensible d’un polaroïd), tantôt inaugurant de nouvelles manières de faire empreinte (en se servant, par exemple, du souffle). Toutes ces techniques sont autant de protocoles destinés à révéler ce que la surface exprime, lorsqu’on y imprime. Le titre de l’exposition qui se tient en ce moment à la MdM Gallery, Com a Pele Fina (Avec la peau fine), condense ce parti pris : la peau entendue comme surface de contact. (Lire l’article)
Les jardins, ces passeurs
Le jardin, ce monument vivant, ce musée en plein air, cet Éden, peut-il s’exposer ? Avec la complicité de Dürer, Le Notre, Monet, Penone ou Gilles Clément, le commissaire Laurent le Bon invite, au Grand Palais parisien, à une réjouissante flânerie en ses « Jardins ». Pour faire vivre cet art à la fois fragile et construit. Mais en symbiose avec notre culture, tous nos sens. De la Renaissance où ils s’ouvrent au paysage, à nos jours où ils se font le miroir plus sauvage de la planète en danger, balade dans les différents bosquets, toujours artificiels, de la représentation du monde, du travail et du plaisir. (Lire l’article)
Frédéric Florian
Frédéric Florian (né à Gorgier en Suisse en 1858 et mort à Sucy-en-Brie en 1926) était l’un des...
Montévidéo dans l’impasse
Drôle de dernière semaine au festival Actoral fondé par Hubert Colas en 2001 à Marseille. Dans la salle de Montévidéo, la performance de Grand Magasin, programmée samedi 14 octobre à 21h et intitulée “Comment commencer”, pourrait bien se transformer en “Comment finir”.
Le chaland de Venise (3)
En quittant le marché, juste à côté du Rialto d’où le regard plonge sur les étals, je gardais en tête l’image du marchand de poulets, l’image de Venise, théâtre offert au photographe. Troisième volet d’une déambulation dans un album de souvenirs.
Le songe d’une nuit d’été
Le Songe d’une Nuit d’Été achève en 1894 la série des comédies commencée six ans auparavant. ...
Rodolfo Walsh en 36 vignettes (1-16)
Une drôle de note, glissée entre les cahiers saisis par la dictature peu avant ta mort, dit ceci : “On m’appelle Rodolfo Walsh, quand j’étais enfant, je n’arrivais pas à trouver ce nom convaincant, je me disais par exemple qu’il ne m’aiderait pas si je voulais devenir président de la République.” (Lire)
Patrice Kirchhofer, mort d’un cinéaste radical
Patrice Kirchhofer, un des cinéastes français les plus singuliers, réalisateur d’une vingtaine de films expérimentaux depuis les années 1970, est mort le 20 août dernier. Un hommage lui sera rendu le 10 septembre. Y seront projetés trois films rarissimes.
Extravagantes machines
Avant de revenir sur ses premiers essais d’illustration de livres qui ont précédé la grande...
Giovanni Domenico Tiepolo: “La Fuite en Égypte”
À qui se rendrait pour la première fois à Venise et serait en quête de lieux plus secrets que...
Fixer une existence
Venant de sa Suisse natale, Philippe S. arrive à Berlin à la fin de l’été 1967 pour entrer à l’Académie du film. Il a 20 ans, Ulrike Edschmid en a 27, elle vient de se séparer du père de son jeune fils et, parce qu’elle utilise le téléphone mural de l’Académie, croise Philip S. et en tombe amoureuse. La Disparition de Philip S., récit d’un amour qui s’évanouit avec la disparition volontaire d’un homme, tué en mai 1975 par un policier sur un parking d’une banlieue de Cologne, est construit comme un scénario de film alternant le récit de leur aventure commune et les flash-back sur la mort de Philip S., dévoilée dès la première page. Un homme qui écrivait “ne pas vouloir filmer les gens et le monde pour étayer une théorie, ni pour former et défendre une opinion, mais seulement pour fixer leur existence.” (Lire l’article)
Bibliothèque de Caen, la croix et la manière
Premier bâtiment livré depuis vingt ans en France par le Néerlandais Rem Koolhaas et son agence prestigieuse, la bibliothèque Alexis de Toqueville adopte la forme d’une croix de Saint André, en figure de proue de la presqu’île postindustrielle de la ville. C’est au premier étage que se concentre le génie du lieu : tout l’espace laissé vide, libre de structure, qui regarde la ville tout en se concentrant sur les livres, dans une grande clarté. Où se révèlent aussi les beaux effets des immenses vitrages bombés. Sur trois niveaux publics, la mise en scène alterne vides et pleins bien rangés, pour un belvédère de culture, nouvel atout pour la ville . (Lire l’article)
Il était dix-huit négatifs…
Pendant plus de quarante ans, Gilles Walusinski a conservé la pochette que lui avait remise son père et qui contenait dix-huit négatifs représentant Trotsky et ses proches au Mexique. Pour lui, ces photos ne sont pas seulement des documents historiques mais une clé qui ouvre sur sa propre histoire, sur celle de son père, Gilbert Walusinski, et de toute une génération de militants révolutionnaires anti-staliniens, regroupés autour du journal La Révolution prolétarienne, animé par Pierre Monatte et Alfred Rosmer. Vieil ami de Trotsky, Rosmer avait prêté en novembre 1938 sa maison de Périgny en région parisienne pour la réunion de fondation de la IVe Internationale. Une maison où Gilles Walusinski enfant a souvent séjourné dans les années cinquante.


















