La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
Hélène Delprat, “Peinture pourrie”, 2014, pigments, acrylique et paillettes argent sur toile, 200 x 295 cm. © ADAGP, Paris 2017. Courtesy Collection Antoine de Galbert
Arts plastiques, Expo

Hélène Delprat, angoisse ludique à la Maison rouge

Un couloir argenté, psychédélique avec son chenillard de lumières arc-en-ciel. Une voix qui pourrait être celle de Hal 9000, l’intelligence artificielle badass de 2001 l’Odyssée de l’espace, enjoint, en boucle, à ne pas avoir peur : “C’est l’inconnu qui fait peur.” Il y a des poignées de porte qu’il faudrait peut-être tirer, et au bout du couloir, la voix, forte : celle d’Hélène Delprat, artiste plasticienne, qui investit la Maison rouge à Paris, jusqu’au 17 septembre. (Lire l’article)

Théâtre

Bernardines, suite et pas fin

Directeur du théâtre des Bernardines à Marseille de 1987 à 2015, Alain Fourneau travaille à la réalisation d’un « livre-outil » à partir de l’histoire d’un lieu majeur pour le théâtre d’essai en Europe.

Scott Ross avec son chat, mais sans son poisson
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Poisson d’avril

À force de jouer des sonates de Scarlatti, on finit par être capable d’en écrire. Trois grands interprètes ont ainsi laissé de “vraies fausses” sonates : un Caprice à la Scarlatti du pianiste polonais (et Premier ministre en 1919) Ignace Paderewski, une superbe sonate por el señor Escarlate du claveciniste colombien Rafael Puyana… Scott Ross s’est quant à lui offert, lors de la diffusion de son intégrale Scarlatti sur France Musique, le 1er avril 1985, il y a 31 ans exactement, un poisson d’avril scarlattien : une magnifique sonate que l’auteur de ces lignes est allé pêcher dans les archives de l’INA, et qui dévoile un Scott Ross plus scarlattien que Scarlatti… (Lire l’article)

design dordogne Stefania di Petrillo
Design, Expo

Le design reprend sa source en Dordogne

À l’agence culturelle départementale de Périgueux, l’exposition “Le design, c’est ?” redéfinit une fois de plus cette discipline tournée vers nos objets. De la notion de progrès liée à l’industrie classique à la mutation numérique avec l’imprimante 3D, cette présentation pédagogique cerne le rôle et la position du designer dans notre univers domestique. Des téléphones aux poêles Tefal, des poignées de portes aux chaises Panton, on baigne dans le bien être. (Lire la suite)

Photographie

So What?!

Le 20 novembre, on a célébré la journée mondiale des victimes de transphobie. Dans une brochure aussi élégante que dérangeante, le photographe Marc Martin montre le corps de Jona James, une femme devenue un homme.

Tisser les racines, détail © Ana Maria Lozano
Arts plastiques, Expo

Figures du continu, Ana Maria Lozano – Les Voyageurs, épisode 3

L’installation de Ana Maria Lozano Rivera, présente aux Beaux-Arts pour l’exposition Les Voyageurs, est de celles qui met en échec le principe du face-à-face muséal. Elle n’est pas un objet proposé au regard, mais un intérieur que l’on investit. Située dans l’entrée du Palais des Beaux-arts, Tisser les racines est une pièce à trois murs, un refuge, un pli fait dans la trame de l’exposition avant même qu’elle ne se déploie. (Lire la suite)

Architecture

Les jardins, ces passeurs

Le jardin, ce monument vivant, ce musée en plein air, cet Éden, peut-il s’exposer ? Avec la complicité de Dürer, Le Notre, Monet, Penone ou Gilles Clément, le commissaire Laurent le Bon invite, au Grand Palais parisien, à une réjouissante flânerie en ses « Jardins ». Pour faire vivre cet art à la fois fragile et construit. Mais en symbiose avec notre culture, tous nos sens. De la Renaissance où ils s’ouvrent au paysage, à nos jours où ils se font le miroir plus sauvage de la planète en danger, balade dans les différents bosquets, toujours artificiels, de la représentation du monde, du travail et du plaisir. (Lire l’article)

“Big Bad Wolf chez Ibn al-Haytham”: Une chronique avéryenne de Nicolas Witkowski
Chroniques avéryennes, Écrans

Big Bad Wolf chez Ibn al-Haytham

Le regard, chez Tex Avery, c’est toute une histoire… On a déjà vu les yeux du méchant loup palper Droopy pour s’assurer de sa présence. Bien plus souvent, ils vont palper le petit chaperon rouge ou Cendrillon avec des buts moins avouables. Grande est la variété graphique des représentations du regard — de l’œil exorbité et “sonnant et trébuchant” à l’onde impalpable mais transportant de l’énergie. Cette obsession visuelle est-elle un simple fantasme avéryen ? Pas du tout. La fixation pathologique de Tex Avery sur le regard a, comme son homoncule sensoriel, de très anciennes racines historiques. (Lire l’article)

Hugo Boris, "Police", Grasset, 2016
Le genre idéal, Livres

Flics debout ?

Mais que fait cette police, place de la République, habillée en racaille ? Comme les profs, les infirmiers, les jeunes, les chômeurs, les ouvriers… elle fatigue et tape les pavés qu’elle se prenait dans la gueule quand elle ne les lançait pas elle-même dans les vitrines pour décrédibiliser et faire des images. Mai 68 en 2016. Une guerre des pauvres contre les pauvres. Derrière le sarcasme affleure l’inquiétude. Demeure une réalité profonde et partagée par tant de gens : celle de la souffrance au travail dont Hugo Boris parle dans Police, son dernier roman. Le manque de perspective. Le besoin de s’inscrire dans le collectif. (Lire l’article)

La Cire moderne © Cuvellier et Radiguès - Casterman 2017
Bande dessinée, S'il vous manque une case...

Credo fide esse veram…

Après avoir hérité de son oncle d’un stock de cierges, Manu, accompagné de sa copine Sam et de Jordan, le frère pénible de celle-ci, prennent le volant d’un van afin de les vendre et se faire de la « thune ». Au travers d’un road trip qui les conduit dans différents lieux de culte des provinces françaises, ils vont découvrir un autre monde, celui des religieux et des croyants, aux pratiques de vies très éloignées des leurs. Et ce périple sera aussi spirituel pour Manu : sous la conduite d’un étrange prêtre débonnaire, il va se remettre en question et découvrir la foi. (Lire l’article)

Écrans, Machines à voir

Romance

Des mains féminines repassent une chemise d’homme: Romance de Helen Grace, épouse la durée et le rythme d’un mouvement célèbre de Chostakovitch. Sept minutes simplement vertigineuses.

Le Désir libertaire. Le surréalisme arabe à Paris. 1973-1975, éditions de L’Asymétrie, 2018
Livres

L’Autre de l’Arabe mis à nu

Jetant dans une revue confectionnée à la hâte et avec soin ses poèmes oniriques ou acides, un collectif d’émigrés sans foi ni loi, divines ou politiques, explore les potentialités poétiques de la langue arabe et s’en prend à l’héritage qu’il refuse. Ces auteurs revendiquent pour cela un autre legs, qu’on croyait taillé à la seule mesure d’un Occident traversé par ses propres crises, celui du surréalisme. Poèmes en vers ou en prose, pièces littéraires et contre-points théoriques de cette revue ont été traduits de l’arabe et rassemblés par Abdul Kader El Janabi dans un volume intitulé Le Désir libertaire. Le surréalisme arabe à Paris. 1973-1975, publié aux éditions L’Asymétrie. (Lire l’article)

Une Télévision française, texte et mise en scène Thomas Quillardet. Photo © Pierre Grobois
Entretiens, Théâtre

Le théâtre explore la télé

Inégal mais au bout du compte réjouissant, Une télévision française de Thomas Quillardet, à l’affiche du théâtre des Abbesses à Paris, revient à travers la privatisation de TF1, sur neuf ans d’histoire déformés par le petit écran.