3, 2, 1, 0, all engines running, lift off !
Certains artistes se passionnent pour l’espace et son imagerie : cratères, explosions solaires, nuages d’étoiles... ils poétisent le matériau scientifique, exploitent ses ressources plastiques. Les artistes présentés dans l'exposition “Space Age”, à la galerie Thaddeus Ropac, à Pantin, s’intéressent à l’étape qui précède la production de ces images : plutôt que de regarder vers l’espace, ils se passionnent pour les technologies et les gestes mythiques qui permirent de le conquérir. À voir jusqu’au 23 décembre 2015. (...)
Parler vraiment, c’est mettre le monde à l’envers
Dans ses romans comme dans ses récits, Leslie Kaplan place la parole au centre de toute création, au cœur du drame. La parole et son rapport à la Révolution, c’est le sujet de la conférence interrompue que l’autrice a donnée au Centre international de Cerisy-la-Salle en septembre 2017, publiée récemment aux éditions P.O.L sous le titre Mai 68, le chaos peut être un chantier. “L’empêchement de penser est caractéristique du silence d’aujourd’hui”, dit Leslie Kaplan. Dès lors, comment peut-on encore parler et se parler quand la puissance des mots s’épuise dans le contrôle total du sens ? (Lire l'article)
Nouvelle épreuve et renaissance
Daniel Vierge étant à présent incapable de lire, c’est souvent Clara qui lui lit les textes...
Samuel Delmas, les murs en fuite
Le jeune architecte a exposé (trop brièvement) à la galerie de l’architecture parisienne. Mais il publie une monographie (durable) consacrée à seize projets. Et depuis décembre 2015, il livre un bâtiment, l’EHPAD Broussais dans le XIVe arrondissement de la capitale. Trois étapes pour découvrir une pensée précise et un dessein “Sensible”. Des réalisations à la fois ouvertes et intimes, riches de matière mais épurées. D’une maison privée dans la montagne à une Unité d’hospitalisation de psychiatrie infantile, le bois fait traversant, le blanc y rayonne particulièrement. Les bâtiments de l’agence a+samueldelmas créent de belles échappées vers l’extérieur. (Lire la suite)
Musique, amour et vacheries
Dans Sans Tambour, Samuel Achache poursuit avec brio son pas de deux entre théâtre et musique, cette fois à partir de lieder de Schumann. Au programme, gags et quiproquos, images et temps forts, même si le propos n'est pas toujours à la hauteur de son habillage...
Irving Penn à l’œil nu
Voici Irving Penn (1917-2009) consacré en France à l’occasion du centième anniversaire de sa naissance. Le Grand Palais lui consacre à Paris une exposition. L'occasion d'un retour sur une riche histoire qui débute à l’âge de 21 ans, quand Penn acquiert son premier Rolleiflex – appareil crucial à l’instar du Leica apparu sensiblement au même moment, vers la fin des années 20. Ce choix d’outil est un indice pour la compréhension de l’écriture d’un maître à la fois classique et singulier. (Lire l'article)
Jonathan Capdevielle en construction
Au Festival d'automne, Jonathan Capdevielle a présenté deux spectacles. Après À nous deux maintenant, adaptation du roman de Georges Bernanos Un crime, l'acteur-danseur-chanteur-metteur en scène reprend au Théâtre du Rond-Point à Paris Adishatz/Adieu, un solo créé en 2009. Une heure étonnante, où l'interprète retourne en adolescence pour convoquer sur scène les voix et les fantômes de plusieurs de ses proches et raconter un pan de son histoire. (Lire l'article)
Amer et Colette, d’amour et d’exil
Dans Amer M. et Colette B., un diptyque écrit et mis en scène par Joséphine Serre au théâtre de la Colline, deux vies se déploient entre Paris et Alger et entre grande et petite histoire, sur tous les tons et à tous les temps.
Ce qui reste
Gregg Ellis, Séries Photographiques. Saison 2, épisode 7
Rock’n roll à Grenoble
Alors qu’il vient d’apprendre qui devra quitter le Centre chorégraphique national de Grenoble qu’il dirigeait depuis 1984, Jean-Claude Gallotta recrée My Rock, une pièce bourrée d’énergie qui annonce le retour du groupe Émile Dubois, la compagnie que le chorégraphe créa en 1979 avec Mathilde Altaraz. (Lire la suite)
Les soupirs de Diderot
Diderot avait bien des raisons de s'intéresser à la musique, ne serait-ce que pour faire travailler sa fille Marie-Angélique : “Si je reste à la maison, je fais répéter à l’enfant ses leçons de clavecin. Les jolis doigts qu’elle aura ! et de l’aisance, et de la mollesse et des grâces !” Mais avec le clavecin, et avec Scarlatti, les sentiments se brouillent vite. Dans son Journal, à la date du 15 septembre 1760, il entend dans un salon une jeune fille tentant de déchiffrer une sonate de Scarlatti. La musique elle-même semble le laisser indifférent ; ce qui trouble Diderot, c'est le décalage entre la musique et son interprète, “un ange” dont les grâces et l'innocence le fascinent. (Lire l'article)
Georges Monti, ou l’indépendance à l’épreuve du Temps
Fondateur en 1981 des éditions Le Temps qu'il fait (700 livres au catalogue), Georges Monti revient, sans illusion et sans amertume, sur les quarante ans de sa maison et son combat permanent pour l'indépendance.
L’arme chimique comme œuvre d’art
“Un gaz potentiellement dangereux s'échappait d'œuvres de Damien Hirst.” En 2013, près d’un demi-million de personnes ont visité la rétrospective Damien Hirst à la Tate Modern de Londres. J’en faisais partie, et je me suis demandé en sortant pourquoi je me sentais vaguement écœuré. Or voilà qu’un article tout juste publié dans la revue Analytical Methods suggère une piste : ses auteurs ont testé lors de la rétrospective londonienne un nouveau type de capteurs grâce auxquels ils ont repéré dans l’air un taux de formol dix fois supérieur à la norme autorisée. La faute aux œuvres croquignolettes de Hirst comme Away from the Flock et Mother and Child (Divided) exhibant des animaux plongés dans du formol. (Lire l'article)
Grâce à Dieu et la confusion des genres
Dans trois jours, Mgr Barbarin, archevêque de Lyon, sera fixé sur son sort judiciaire. Cité à comparaître avec cinq autres responsables ou proches du diocèse pour "non dénonciation d’atteintes sexuelles", il sera probablement relaxé. La condamnation, elle, est dans les 414 salles, où l’on projette le film de François Ozon, Grâce à Dieu. Intéressant chassé-croisé, qui voit un cinéaste filmer comme une partie civile et précéder la justice, tandis que des magistrats se font plus de souci pour le manque à gagner éventuel des producteurs que pour la présomption d’innocence. (Lire l'article)
Miroirs et cérémonies
Un intérêt commun pour le couple Robbe-Grillet en guise de point de départ d’une discussion foisonnante entre deux curatrices qui pensent l’écriture autant que l’exposition, font un usage jubilatoire de la référence interdisciplinaire, interrogent l’autorité du curateur, la dictature du white cube comme la démocratie dans l’exposition.
Cristallisation
Et si la vérité du monde était géométrique ? On pourrait imaginer une histoire de l’art écrite sous l’angle des polyèdres. Elle commencerait sûrement à la Renaissance, avec les illustrations que Léonard de Vinci donne à Luca Pacioli pour son traité De Divina Proportione. Elle se poursuivrait jusqu’à aujourd’hui. On y croiserait le maniérisme allemand du XVIème siècle, quelques Italiens du début du XXème, des Américains des années 1960 et, poursuivant notre route, on se retrouverait dans une ancienne brasserie de Montreuil, transformée en lieu d’exposition depuis 2004 sous le beau nom d’Instants chavirés. Deux artistes et amis, Christian Hidaka et Raphaël Zarka, y présentent une exposition commune intitulée La Famille Schoenflies. (Lire l'article)
Les Joyeux Bouchers
Le monde court à sa perte. Chacun de nous en a conscience, plus ou moins : réchauffement climatique, disparition accélérée des espèces animales et végétales, raréfaction des ressources naturelles, dissémination des matières fissiles, mort des utopies politiques, montée subséquente des populismes et des intégrismes, prise du pouvoir par l’intelligence artificielle dessinent un horizon que personne ne voit rose. “Signes précurseurs de la fin du monde” : chaque semaine, l’Apocalypse en cinquante leçons et chansons. Ou peut-être moins si elle survenait plus tôt que prévu. (Lire l'article)
Les Hivernales, entre heures sup et licenciement
Alors qu’Emmanuel Serafini, directeur du Centre de développement chorégraphique d’Avignon, organisateur de la manifestation, vient d’être licencié, la 38è édition des Hivernales aborde justement le thème du travail, de ses enjeux futurs, de ses effets directs sur les corps, pour certains épuisés.


















