La Chanson du Jongleur
Il y a pire que la fin du monde : la non-fin du monde. Ce serait horrible ! Nous nous sommes peu à peu fait à l’idée que la planète allait vers un crash final, que l’humanité avait si bien préparé son suicide que plus rien ne l’empêchait, pas même un immense sursaut collectif (fort hypothétique il est vrai). Cette pensée lénifiante nous fait oublier tous nos autres soucis, l’anéantissement général est devenu notre unique horizon, notre désir ultime. En avant, calme et droit, vers le chaos terminal. Ainsi soit-il, et bonne chance à tous. (Lire l'article)
Vidéopoésie sur YouTube
L'offre poétique fleurit sur Internet et les jeunes poètes latino-américains se montrent particulièrement inventifs en la matière. On trouve même une playlist poétique sur YouTube. Attention, ça décoiffe...
Marathon Dylan
Il faut être sacrément fan pour s'avaler les six CD de Cutting Edge (1965-1966), le douzième volume des Bootleg Series de Bob Dylan. Un marathon studio qu'on aime ou qu'on déteste. En dehors des différentes versions d'un même titre que Dylan n'hésitera pas à reproduire lors de ses tournées, guidé par sa tendance à ne jamais vouloir jouer un morceau deux fois de la même façon, on assiste dans ce recueil – riche en documents et photos – à l'évolution, prises après prises, de compositions qui ont révolutionné le rock des années 60. (Lire la suite)
La femme aux masques de Phèdre
À l'Odéon, Isabelle Huppert incarne tour à tour une déesse antique, une star à la dérive dans un palace, une ménagère anglaise enfermée dans une banlieue glauque, une conférencière désabusée et l'héroïne de Racine. Autant de masques de Phèdre à la démesure d'une actrice qui excelle à souffler le chaud et le glacé et à livrer son corps à la contradiction. Sa performance exceptionnelle occulte en partie les failles du spectacle de Krzysztof Warlikowski, où les choix littéraires du metteur en scène (textes signés Wajdi Mouawad, Sarah Kane, J.M Coetzee) ne sont pas toujours à la hauteur de ses intuitions dramaturgiques. (Lire l'article)
Salle Musculation
Gregg Ellis, Séries Photographiques. Saison 1, épisode 7
La place du mort
Aux Rencontres de la photographie d'Arles, deux expositions s'articulent autour d'un convoi funéraire. D'une part, le voyage en train, de New York à Washington, de la dépouille de Bob Kennedy, le 8 juin 1968. Monté à bord, Paul Fusco avait photographié ceux et celles qui ont tenu à lui rendre un dernier hommage le long de la voie ferrée. Autre cortège funèbre, celui transportant les cendres de Fidel Castro de La Havane à Santiago de Cuba, en 2016. Monté dans une voiture, l'Américain Michael Christopher Brown a photographié les Cubains venus saluer le líder máximo armés de pancartes "Yo soy Fidel". Des morts qui en disent long sur les vivants.
Passengers, la SF lost in space
Dernier né de la nouvelle science-fiction hollywoodienne, Passengers, robinsonnade qui tourne à la rom-com entre le beau gosse et la star bombasse de service, s'avère-t-il à la hauteur de son genre, miroir déformant de notre condition humaine ? Que fait-il de sa situation de départ, aussi anxiogène que prometteuse : un colon du futur, sorti de son sommeil artificiel 90 ans avant destination, et condamné à vieillir et mourir seul dans un vaisseau dont il est le seul passager réveillé ? (Lire l'article)
Don’t believe in me
Une fête dans un bar, des jeunes gens dont on ne distingue pas les visages, un rituel filmé avec dérision et tendresse : Dont believe in me de Ana Esteve Reig, entre air du temps et déjà vu.
Le design, Now et maintenant
De Bastille à Barbès, la Design Week parisienne a fermé ses boutiques. Après une semaine de présentations diversifiées, du meuble le plus léché classique aux bidouillages numériques de toutes sortes. Entre réfugiés sous la Cité de la mode et du design, rentrée économique maussade et questionnements sur l’avenir d’un métier qui se redéfinit, se re-cherche vers des démarches plus locales et mutualistes. Tour de piste, de fêtes en débats, de cette manifestation qui est un des reflets d’un design désarticulé. (Lire la suite)
Frédéric Fiolof pour ceux qui nous font toucher (et dépasser) le fond
“Toucher le fond n’est pas toujours si simple. Il a pu le constater”, écrit Frédéric Fiolof dans La Magie dans les villes (Quidam éditeur). “Soudain, il a remarqué que son pied s’enfonçait encore. Le fond, c’était de la vase. Il s’est senti happé dans un monde plus bas et a pensé ça ne se peut pas”. Et pourtant...
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R.I.P. Tom Petty, humblement vôtre
1979 : lorsque l'album Damn the Torpedoes sort en France, Tom Petty, rocker sudiste américain, est encore un illustre inconnu dans les bacs des disquaires de l'époque. 2017 : Petty, 66 ans, fêtait son quarantième anniversaire de carrière et venait de terminer une tournée marathon de 53 dates en moins de six mois. Victime d'une crise cardiaque, il s'est éteint à l'hôpital de Santa Monica en Californie. Keep on rocking Tom ! (Lire l'article)
Nos ennemies les bêtes
Jacques Rebotier a écrit Contre les bêtes il y a quinze ans. Un texte drôle et en colère, interprété pour la première fois en 2004, au festival d'Avignon, par le comédien Alain Fromager. Un poème-manifeste égrenant quelques propositions pour éradiquer de la surface, et même des profondeurs du globe, les quelque 6 800 000 autres espèces qui encombrent l’horizon des (h)ommes. Au festival "off" d'Avignon, c'est la version lue-jouée par Rebotier lui-même, qui est donnée. (Lire l'article)
Marie Redonnet pour vous, les femmes
La Femme au colt 45 pourrait être prescrit à tous ceux qui – en politique, en religion, en vie quotidienne ou autre – prennent à cœur le bien des femmes. Mais non, ce livre est pour vous, vous les femmes, mesure salutaire de prophylaxie face à l’épidémie de domestication et de discrimination qui sévit actuellement, épidémie qui se propage à droite et à gauche, dans la rue, les foyers, les institutions, épidémie ancienne et que l’on pensait largement jugulée, mais non, la maladie est endémique et résistante. Le roman de Marie Redonnet est à déguster lentement, posologie ajustable selon les caractères. Si vous travaillez au secrétariat d’État ou à la Commission famille du conseil régional d’Île-de-France, doublez la dose. (Lire l'article)
À Bagnolet, elle conte, elle conte la banlieue
Si l'effet frontière se dissipait entre Petit Paris et Grand Paris ? Comme à Bagnolet. Si on s'y promenait, dans le sillage de l'association Cités m'étaient contées ? A la Maison du Parc, elle déroule l'exposition La ville à l'épreuve du paysage. 600 photographies prises par des habitants de deux quartiers de la ville représentent leurs lieux de valeur. Magnifiant une banalité regardée et appréciée, entre passé et quotidien, où l'on mate Paris d'en haut. (Lire l'article)
Muhammad Ali, le tape dancer
Cassius Clay était déjà mort. Vécut donc Muhammad Ali, le tape dancer. On lui a mis des gants sur ses mains pourtant faites pour caresser l’air. Sur le ring, sa garde était toujours en alerte. Les bras semblaient ballants comme chez Cunningham mais c’est dans cette fausse insouciance qu’il prenait la force et l’élan pour frapper. Net, direct, cash. Sur ses demi-pointes, il promenait l’adversaire. On aurait dû lui donner des gants blancs de smurfer. Mais le smurf n’existait pas encore. Il était noir, on lui dit de frapper. Il frappa donc. La jambe était déliée, les bras libres. Il était porté par l’élan populaire. Le visage était le même, ne bronchait pas : trop de coups dans la gueule. Nous n’avons vu que rarement un tel danseur. (Lire l'article)
Gyula
J'ai rencontré Brassaï pour la première fois en 1976. Nous étions membres de la même association de photographes qu'on disait alors illustrateurs, ceux qui ne pouvaient prétendre au statut de journaliste, maintenant nommé photojournaliste. Brassaï n'était pas très à l'aise avec les règlements administratifs et l'association l'avait aidé à s'inscrire à la sécurité sociale des auteurs qui venait d'être officiellement créée. L'amitié née de l'entraide associative m'a permis de mieux connaître Brassaï. Le 24 décembre 1978, il m'a offert une photographie dont voici l'histoire... (Lire l'article)
Nathalie Béasse en forêt habitée
Ils sont quatre qui tirent les ficelles aux quatre coins d'une immense bâche noire, comme s'ils jouaient à y faire rebondir un pantin qui n'existe pas. Cette longue séquence, qui ouvre Le bruit des arbres qui tombent, le spectacle que Nathalie Béasse présente au théâtre de la Bastille, est la première d'une série d'images énigmatiques dont le sens importe moins que la sensation qu'elles provoquent, chez les spectateurs comme chez les acteurs. (Lire l'article)
L’affaire de l’Île de la Cité
Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux, et l’architecte Dominique Perrault ont remis à François Hollande leur rapport Mission Île de la Cité, le cœur du cœur. Ils proposent de réenchanter ce site, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, mais en plein déclin démographique et délaissé par les Parisiens. Le Palais de justice va déménager à Clichy-Batignolles. Le commissaire Maigret fulmine en apprenant que « son » 36, quai des Orfèvres sera déplacé dans la foulée. Va-t-on en plus lui changer « son » Île, sa brasserie Dauphine ? Pour en avoir le cœur net, il visite l'exposition qui présente ce réaménagement futuriste, à la Conciergerie. Sans trop rien dire, en observant, en écoutant, il mène sa petite enquête. (Lire l'enquête)


















