Bob Parent, souvenirs de jazz
L’écrivain américain James Graham évoque quelques souvenirs de son ami Bob Parent (1923–1987), un des grands photographes du jazz.
Le Conte d’Hiver
La troisième (tragi)comédie illustrée au cours de l’année 1892 fut Le Conte d’Hiver. Après La...
Eugène Atget en zones libres
Dans son livre « Eugène Atget. La photographie des hommes libres » (éditions LOCO), Yannick Le Marec éclaire la dimension politique du travail réalisé par le photographe auprès des chiffonniers des « zones » en périphérie de Paris, à la veille de la Première Guerre mondiale.
Anaïs Charras, graveuse
Anaïs Charras développe un univers onirique que j’avais déjà beaucoup aimé dans ses dessins. La finesse de son trait l’a logiquement conduite à la gravure et je lui ai rendu visite dans son atelier.
Lapi-not dead at all
Après avoir été laissé pour mort dans le dernier album de la série des “Formidables aventures de Lapinot”, le héros éponyme de Lewis Trondheim est à présent ressuscité, pour le plus grand bonheur de ses fans. Ce n’est pas seulement le célèbre lapin que nous avons le plaisir de retrouver mais aussi ses amis, l’immature Richard, Titi ou Pierrot, dans une histoire où le fantastique se mêle à une lecture de notre société contemporaine et de ses dérives, qu’il s’agisse du terrorisme ou des sites de rencontre pour célibataires. C’est surtout l’occasion de découvrir, pour ceux qui ne le connaîtraient pas déjà, un des plus grand auteurs de la BD française contemporaine. (Lire l’article)
Leut und Viecher
Ultime feu d’artifice avant la guerre, la publication en 1912 de Leut und Viecher clôt la série...
Gio Ponti dans la nef, un prix pour Faloci et un guide des styles
Livres, films, expos, théâtre, danse, architecture, design… Chaque semaine, les choix de délibéré.
Un opéra, c’est une vie
L’opéra, c’est une vie, mais beaucoup plus vivante que notre banale vie, une vie en relief et en je ne sais combien de dimensions: sonore, visuelle, vocale, pneumatique –ça respire–, olfactive – votre voisin s’est parfumé–, tactile – la peau du chanteur dans sa voix, le mur de ce décor…
La der… d’André Walusinski (1915)
Ce 11 novembre 2018 marque un centenaire: cent ans pendant lesquels aucune autre trace que le document officiel de 1920 confirmant le décès d’André Walusinski “à l’ennemi” n’est parvenue, pas même une lettre de poilu qui aurait pu faire de lui quelqu’un d’autre qu’un soldat inconnu.
L’Autre de l’Arabe mis à nu
Jetant dans une revue confectionnée à la hâte et avec soin ses poèmes oniriques ou acides, un collectif d’émigrés sans foi ni loi, divines ou politiques, explore les potentialités poétiques de la langue arabe et s’en prend à l’héritage qu’il refuse. Ces auteurs revendiquent pour cela un autre legs, qu’on croyait taillé à la seule mesure d’un Occident traversé par ses propres crises, celui du surréalisme. Poèmes en vers ou en prose, pièces littéraires et contre-points théoriques de cette revue ont été traduits de l’arabe et rassemblés par Abdul Kader El Janabi dans un volume intitulé Le Désir libertaire. Le surréalisme arabe à Paris. 1973-1975, publié aux éditions L’Asymétrie. (Lire l’article)
Rambert, entre brouillard et feu sacré
Après le succès planétaire de sa pièce Clôture de l’amour (créée au festival d’Avignon 2011), et le demi plantage de Répétition (2014), Pascal Rambert présente à Gennevilliers son dernier texte, Argument : Annabelle et Louis viennent d’un temps – les années 1870 – que Rambert s’amuse à reconstituer en multipliant les références historiques et sociales. Une pièce improbable, une scène de ménage entre un sadique et une revenante sous le regard d’un enfant mort vivant, un moment de théâtre hors sol, à la fois gonflé et artificiel, un tableau kitsch avec des traits de talent et de grâce. (Lire la suite)
Chaumont, le graphisme en marchant
Sur les traces de l’ancien festival d’affiches, le Signe, nouveau Centre national du graphisme, a lancé sa première biennale de design graphique. Concours de posters internationaux, prospections d’étudiants, prémices de la recherche, ateliers participatifs, débats et médiations animent pendant quatre mois cette manifestation, encore ouverte, qui se réinvente doucement. Pour rendre plus visibles et actifs en France tous les champs très diversifiés de la discipline. (Lire l’article)
Maguy Marin, sans commune mesure
Encore une fois, Maguy Marin frappe fort. Elle a ouvert avec fracas la 18e Biennale de la danse de Lyon. Dans Ligne de crête, Elle dénonce les manquements des politiques actuelles. Elle joue sur l’accumulation et la saturation, ménageant toutefois des chemins labyrinthiques pour les six interprètes qui s’emparent d’une partition chorégraphique millimétrée à devenir complètement dingues. Et réveille dans le fracas le désir de liberté. Un vrai bazar. (Lire l’article)
La grève
Contre la fin du monde, la grève ! Lycéens, étudiants, profs, chercheurs, travailleuses, travailleurs, ils feront tous grève le 15 mars pour le climat, contre le changement climatique. Pour que la Normandie ne ressemble pas à la Côte d’Azur (il reste un peu de marge), pour que février ne ressemble pas au mois d’août (c’est foutu), pour que Dunkerque ne se convertisse pas à la culture de l’ananas et Stockholm à celle de la vigne. On se prend naturellement à rêver d’une grève générale, mondiale, illimitée qui paralyserait les transports, les usines, les centrales, les open spaces et leurs scintillants écrans… (Lire la suite)
Bob Dylan
Enfant, Bob Dylan était toujours en train de courir. Il fugue pour la première fois quand il a 10 ans, part de la maison définitivement à l’âge de 18 ans pour s’installer à New York. “C’était comme si j’avais toujours été à la poursuite de quelque chose, quelque chose en mouvement – une voiture, un oiseau, une feuille qui s’envole – quelque chose qui pourrait m’amener vers un endroit mieux éclairé, une terre inconnue en aval”, écrit-il dans le premier volume de ses Chroniques, publiées en 2004. Lorsque l’un de ses profs lui dit que son fils a “la nature d’un artiste”, son père demande : “Un artiste, c’est pas un gars qui peint ?” Soixante ans plus tard, Bob Dylan est prix Nobel de Littérature. (Lire l’article)
Jon Fosse ou la musique du silence
Si Shakespeare utilise dans son oeuvre un vocabulaire de 20.000 mots là où Racine n’en a que 2000, Fosse, lui, tournerait plutôt autour de 200. Une décroissance qui n’est pas un appauvrissement: comme ses personnages, la langue de Fosse est en retrait, en grève du brouhaha et de l’agitation du monde.
Soins de fin de gauche
Ces dernières années, l’allongement de l’espérance de vie politique, la chronicité de pathologies autrefois mortelles (trahison, déloyauté, infidélité, parjure, reniement…), ainsi que les progrès du cynisme et de l’ambition personnelle ont généré une augmentation sans précédent des personnes se trouvant en situation de fin de gauche à domicile ou, le plus souvent, dans des établissements publics. La prise en charge des fins de gauche est donc un défi majeur pour la médecine littéraire. À cet égard, Les Métamorphoses d’Ovide constitue un cocktail thérapeutique intéressant. (Lire l’article)
Cyrano de Bergerac pour nos responsables politiques au verbe bas
L’insulte en politique est une arme banale mais redoutable. La manier avec habileté et brio permet dans bien des cas de prendre l’avantage, de pousser l’adversaire à la faute, de porter l’estocade. Chères et chers compatriotes, n’allons pas jusqu’à exiger l’usage de l’alexandrin dans le débat politique, mais demandons au moins à nos candidats un peu d’agilité verbale. Un peu d’esprit (cyranesque), aussi. (Lire l’article)


















