Car si pitié de nous pauvres avez

  

 

 

qui perd son toit est sans abri
mais qui jusqu’à son sans abri
plus n’a de nom

sa cabane tout un décor de meubles fatigués et de bibelots joyeux arrangés avec soin autour d’une banquette dans un renfoncement de la rue de Clignancourt
sa cabane sans toit ni murs son intérieur dehors qui disait aux regards des passants au soleil à la pluie et au vent autant de dénuement que de poésie
sa cabane la nôtre a été saccagée cette nuit
renversées les jardinières les fauteuils brisés
la banquette crevée ternies les couleurs
les trésors pillés
lui disparu

Métro © Frédéric Teillard

Frédéric Teillard
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