Nos ennemies les bêtes
Jacques Rebotier a écrit Contre les bêtes il y a quinze ans. Un texte drôle et en colère, interprété pour la première fois en 2004, au festival d'Avignon, par le comédien Alain Fromager. Un poème-manifeste égrenant quelques propositions pour éradiquer de la surface, et même des profondeurs du globe, les quelque 6 800 000 autres espèces qui encombrent l’horizon des (h)ommes. Au festival "off" d'Avignon, c'est la version lue-jouée par Rebotier lui-même, qui est donnée. (Lire l'article)
Clics diaboliques
Qui n'a pas été sur le point de jeter par la fenêtre la souris d'un fils jouant frénétiquement à Animal Crossing sur son ordinateur? C'est ce que vient de faire un père excédé par ces "clics diaboliques". Et il ne s'est pas contenté de défénestrer la souris...
Vers l’infini… et on s’arrête là
Dernière étape de notre voyage dimensionnel : celle des espaces à nombre infini de dimensions. Le premier que nous allons visiter est un espace de nombres. Chacune de ses dimensions correspond à un nombre premier – un nombre supérieur à 1 qui n’est divisible que par 1 ou par lui-même. Pour définir les points de cet espace, nous nous appuierons sur le fait bien connu que tout nombre entier supérieur à zéro peut s’exprimer d’une manière unique comme un produit de puissances entières de nombres premiers. Par exemple, 24 = 6x4 = 3x23. Nous pouvons alors assigner un point de notre espace au nombre 24, en utilisant la puissance de chaque nombre premier qui apparaît dans sa décomposition comme coordonnée sur la dimension correspondante. Ce qui peut donner quelques petites choses amusantes... (Lire la suite)
Roumanie-Albanie : pourquoi aimes-tu le foot, Shpend ?
Shpend, 23 ans, est né à Maqellarë Dibër, un modeste village du Nord-Est de l'Albanie, tout près de la frontière macédonienne. Il vit à Turin depuis quinze ans et est désormais citoyen italien. Son équipe favorite est le Milan qui, depuis quelque temps, ne lui donne guère de satisfactions. Quand jouent les équipes nationales, il supporte aussi bien l'Italie que l'Albanie, mais l'équipe que dirige Gianni De Biasi a réveillé en lui la fierté de ses origines. La qualification à l'Euro “a prouvé au monde entier que l'Albanie se redresse”. (Lire l'article)
Islande-Hongrie : la baballe, je n’y connais pas grand-chose
La baballe, je n’y connais pas grand chose. Pour une bonne et belle raison : le foute est un sport où l’on n’a pas le droit de mettre la main, sauf le goal qui, du coup, est dans une cage. Sinistre métaphore. Le ballon, pour moi, c’est surtout quatorze centilitres d’un liquide immémorial. Mais, aujourd’hui, à propos d’une confrontation entre l’Islande et la Hongrie, des images puissantes et des tropes étincelants se bousculent à l’entrée (sécurisée à mort) de mon cerveau. (Lire l'article)
Mario Benedetti pour les crédules
Dimanche 4 septembre 2016 : Mère Teresa est déclarée sainte par le Pape. Magnifique ? Scandaleux ? Le premier roman de l'écrivain uruguayen Mario Benedetti, enfin traduit en français, s'intitule justement Qui de nous peut juger. Car toute vérité est relative, certes, mais gare tout de même à ceux qui n'essaient pas de la regarder en face. Chacun ses saints, chacun ses traîtres. À chacun, bien sûr, de choisir son camp, à moins de vouloir se retrouver, comme Miguel, l'un des personnages du roman,“cocu à une seule corne”... (Lire l'article)
La position du baiser cloacal
Le cloaque est aux piafs ce que serait, chez l’humain, l’anus, l’urètre, le phallus ou le vagin, réunis en un: une sorte de presque-tout-en-un aberrant qui justifie à lui seul l'intérêt qu'on lui portera dans ce court billet.
(N.d.T.)
Dans un texte consacré à la la traduction vue comme “un autre livre”, selon les mots de Thomas Bernhard, Olivier Mannoni brossait il y a quelques semaines un tableau du “traducteur en spectre et en auteur”, en “écrivain de l'ombre”. Mais dans quel recoin obscur, cave ou placard ce fantôme est-il tapi ? Il existe un espace réservé au traducteur, un territoire où il règne en maître : la note du traducteur, dite (N.d.T.). Un espace investi voire réinventé de façon parfois surprenante par certains. Exemples avec André Markowicz et Brice Matthieussent. (Lire l'article)
Annie Ernaux pour Serge Dassault
Le nécessiteux qui vient de m’être adressé s’appelle Serge Dassault, il a 91 ans et vit à Corbeil-Essonnes, dans une banlieue dite “sensible”. Alors que se passe-t-il avec ce monsieur ? Eh bien, il souffre d’une sorte d’inadaptation au réel, le diagnostic a été posé sans appel, l’été dernier, lorsque, en visite dans un hypermarché de sa ville, il s’est tourné soudain vers un caddie proche pour exclamer : “On n’a pas pris de petit véhicule ? On prend un truc comme ça ?”. Il se trouve que vient de paraître en poche l’ouvrage d’Annie Ernaux, Regarde les lumières mon amour qui, à défaut de traiter toutes les pathologies qui affectent l’honorable vieillard, pourra peut-être le remettre sur la voie d’un certain réel, celui de l’hypermarché, de ses clients, de ses lumières, de ses marchandises entassées, de ses promos, de ses queues à la caisse.... (Lire l'article)
L’hippocampe resplendissant
Sa capacité à luire dans l’obscurité a valu le surnom de “luciole des mers” à cette espèce aujourd’hui éteinte, mais a peut-être contribué à sa disparition en signalant sa présence à ses prédateurs. Une fois sorti de l’eau, en revanche, il devenait noir comme l’ébène.
Ma Normandie
Madame, Monsieur, Votre revue a publié le 31 mars 2019, dans le cadre de la chronique Signes précurseurs de la fin du monde, un article titré I-Feel-Like-I’m-Fixin’-To-Die Rag dont le caractère humoristique ne nous a pas échappé mais qui fait état d’informations confidentielles dont la divulgation est de nature à nuire à l’ordre public. Nous vous prions en conséquence d’en cesser au plus tôt la publication en ligne. Pour votre information, sachez qu’un objet géocroiseur (2014 MF 18) sera effectivement au voisinage de la Terre au début du mois de juin. Cependant rien ne permet d’affirmer à ce jour que cet objet entrera en collision avec notre planète. Rien ne permet non plus d’évaluer les conséquences qu’aurait une éventuelle collision, le terme de "fin du monde" étant en tout cas grandement exagéré en l’état actuel de nos informations. (Lire l'article)
L’Escargot de notre vie (Puy ta Cuxlejaltic)
Le festival de cinéma Puy ta Cuxlejaltic (L'escargot de notre vie) s'est tenu durant les premiers jours de novembre à Oventik, l'un des cinq Caracoles zapatistes, dans les montagnes du Haut-Chiapas. Joani Hocquenghem a assisté à ce drôle de mariage, conjonction inédite des Indiens et du cinéma. Au programme, une cinquantaine de fictions, documentaires, dessins animés, longs, courts et micro métrages : pièces d'un puzzle en désordre, pans d'histoire, portions de géographie, pêle-mêle l'ailleurs et l'ici, les épisodes du passé et l'avalanche du présent. (Lire l'article)
Les enfants de la guerre
Les photographies d'Yvonne Kerdudo sauvées le l'oubli par Pascale Laronze: un choix commenté et publié par Françoise Morvan pour les Éditions Mesures qu'elle a fondées avec André Markowicz.
Kant et son valet Lampe
"Il faut donc admettre que les relations entre hommes sont préférables à la masturbation et considérer que la sodomie reste le premier impératif catégorique": un texte inédit et sulfureux de l'auteur des Fondements de la métaphysique des mœurs.
Brèves de confinement
Claquemuré depuis quinze jours, il tire dans son miroir... Rentrant chez lui avec une montagne de pâtes et de papier hygiénique, il découvre que l'eau est coupée pour une durée indéterminée.
Descartes et la princesse Élisabeth
“Ne m'en voulez point si j'ai failli...” Une lettre inédite de Descartes à la princesse Élisabeth met quelque peu à mal l’image vertueuse de l’auteur des Méditations.
J24 – Memento mori
Dijon, un samedi soir de février. Il neige à gros flocons sur le stade Gaston Gérard. Le DFCO reçoit le Stade Malherbe de Caen. Les arbitres ont maintenu le match. La pelouse est recouverte de neige. On a sorti le ballon orange, qui roule en traçant d’éphémères sillages verts, comme un brise-glace derrière lequel la banquise se referme sur l’océan. En vain, le ballon orange lutte pour préserver la couleur. Avec ses airs de fruit doré, il rappelle la possibilité de l’été, et que la terre dort sous le gel… (Lire l'article)
Un opéra, c’est une vie
L’opéra, c’est une vie, mais beaucoup plus vivante que notre banale vie, une vie en relief et en je ne sais combien de dimensions: sonore, visuelle, vocale, pneumatique –ça respire–, olfactive – votre voisin s’est parfumé–, tactile – la peau du chanteur dans sa voix, le mur de ce décor...

















