La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Archives
Casper ou la (N.d.T.) Une chronique de Christilla Vasserot.
Le coin des traîtres, Traduction

(N.d.T.)

Dans un texte consacré à la la traduction vue comme “un autre livre”, selon les mots de Thomas Bernhard, Olivier Mannoni brossait il y a quelques semaines un tableau du “traducteur en spectre et en auteur”, en “écrivain de l'ombre”. Mais dans quel recoin obscur, cave ou placard ce fantôme est-il tapi ? Il existe un espace réservé au traducteur, un territoire où il règne en maître : la note du traducteur, dite (N.d.T.). Un espace investi voire réinventé de façon parfois surprenante par certains. Exemples avec André Markowicz et Brice Matthieussent. (Lire l'article)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

L’étrange cas du Dr Enid Blyton

La Britannique Enid Blyton (1897-1968) a écrit plus de 600 livres pour enfants, dont les célèbres séries des Oui-Oui et du Club des Cinq. L’auteur le plus prolifique de la littérature jeunesse a laissé derrière lui un héritage qui continue de fructifier. Pour ses lecteurs, Blyton règne sur un monde enchanté, joyeux et lumineux, simple et touchant. L’envers de la médaille est plus sombre. Un chercheur a même exhumé une vingtaine de versions extrêmement scabreuses des aventures de Oui-Oui, assurément issues de la machine à écrire de Blyton, bien que signées d'un pseudonyme. (Lire l'article)

An irish story, spectacle de Kelly Rivière au théâtre de Belleville
Le coin des traîtres, Théâtre, Traduction

Kelly Rivière remonte à la source

À partir d'un secret de famille (un grand-père irlandais disparu dont personne ne veut parler), Kelly Rivière, seule en scène, offre une hilarante pièce intime solidement construite. Dans sa quête des origines, elle passe sans cesse d'une langue à l'autre, jusqu'à brouiller les repères, comme si les barrières linguistiques étaient emportées par le flux de son histoire. Une incertitude linguistique qui fait écho aux incertitudes d'un final qui laisse beaucoup plus de questions que de réponses.

Musiques

Blue Janis délavée

Cap sur la nostalgie avec les images d'archives délavées de Little Girl Blue, le documentaire que Amy J. Berg consacre à Janis Joplin, 45 ans après la mort de la chanteuse d'une overdose, dans une chambre d'hôtel d'Hollywood. La collecte et le montage des témoignages (parents, frère et sœur, amis proches, copains d'école, Country Joe McDonald et Big Brother, ses compagnons de route musiciens...) ont nécessité huit ans de travail. Fragilité du personnage et puissance de la voix, les frissons sont toujours là. (Lire la suite)

Joan Miró, Bleu II
Arts plastiques, Expo

Joan Miró, du coq à l’âne et vice versa

Vient de s'achever, au Grand Palais, une rétrospective consacrée à Joan Miró. Mais par quel bout le prendre, ce catalan impossible ? Lui qui, comme Dalí, comme Picasso, finit par ressembler à ses tableaux. La peinture déteindrait-elle sur nous ? À bien regarder cette exposition – les tableaux et leur public – il semblerait que oui. C'est l'effet Miró... Ça déteint, la peinture coule sur nous. Et l’art nous aide à respirer. (Lire l'article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Citius, Altius, Fortius : Terminus ?

Avec ou sans Russes, les Jeux Olympiques vont commencer et occuper les écrans pour deux semaines. Nous pouvons y trouver nous aussi notre moisson non de médailles mais de réflexions mathématiques, à commencer par celle-ci : l’athlétisme aux JO, c’est jusqu’à quand ? Car, s’il sera toujours possible en 2100 de jouer au foot et de gagner un match de boxe, d’autres disciplines pourraient bien se heurter à ce petit obstacle mathématique que l’on appelle une limite. Il y a ainsi grand risque que cette discipline reine qu'est le cent mètres masculin, un jour pas si éloigné que ça, perde tout intérêt – et ce même sans dopage. Tout d’abord, lors de chaque compétition à haut niveau règne l’espoir de voir tomber un record du monde. Mais que pouvons-nous en espérer, à Rio ou après ? (Lire l'article)

"Nous" Hervé Lassïnce
Livres, Photographie

Nudité Humanité

"Je suis devenu photographe par amour": actuellement exposé à la Nue Galerie à Paris, Hervé Lassïnce publie une série de portraits qui en témoignent dans un ouvrage intitulé "Nous"

Ray Davies © Alex Lake
Musiques

Ray Davies, un Kinks de retour

Americana était déjà le titre de son livre autobiographique publié en 2014. C'est aujourd'hui aussi le titre du dernier album solo du leader des Kinks, ce groupe britannique légendaire des années 60. A 73 ans, Ray Davies, n'a rien perdu de sa voix qui redevient vite familière dès qu'il entonne Americana, son ode à la mythique Amérique de sa jeunesse, véritable muse des compositions des Kinks. (Lire l'article)

Théâtre

Ivo van Hove, miroirs troubles

Coup de vieux dans la cour du Lycée Saint-Joseph à Avignon. Le metteur en scène Ivo van Hove adapte Vieilles gens et choses qui passent, un roman de Louis Couperus (1863-1923), figure des lettres néerlandaises. Costumes noirs et lumières sombres, l'obscurité règne sur les cœurs et les consciences, comme si le trio de vieillards qui mène cette drôle de danse avait contaminé les générations suivantes, les entraînant avec eux, quel que soit leur âge, aux portes de la mort. Vies malheureuses, gâchées, ralenties, le temps qui passe est du temps qui pèse et l'horloge qui bat au centre de la scène évoque moins le compte à rebours que la malédiction éternelle. (Lire l'article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Le livre qui parlait chinois et autres contes

Une conscience « artificielle », est-ce possible ? Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Et si c’est possible, pourrions-nous la créer ou l’éradiquer selon notre bon vouloir ? Deux camps s’affrontent sur ce sujet, depuis des siècles si l’on remonte sa filiation aux controverses quant à la nature de l’âme. À l’heure actuelle, nous trouverons à un extrême les prophètes de la singularité, et à l’autre les héritiers de John Searle et de sa chambre chinoise. Au milieu, nous trouverons Douglas Hofstadter et Daniel Dennet, aux côtés desquels je me range. (Lire l'article)

Fantactic Adventures - Queen Of The Ice Men (Robert Gibson Jones)
Arts froids, Livres

Queen of the Ice Men

Au commencement était l’image, et l’image était reine. Retour sur la Reine de glace, la vraie, celle dessinée par l'illustrateur Robert Gibson Jones en 1949 en couverture du pulp magazine "Fantastic Adventures".

Théâtre

Aboiements d’en France

Jusque dans vos bras, nouvelle création des Chiens de Navarre, reprend des procédés chers au collectif, à commencer par une construction au fil de saynètes ou de numéros où les situations de départ (souvent une réunion amicale ou de famille) dégénèrent. C'est d'abord un enterrement très officiel qui se termine en pugilat sanglant autour du cadavre renversé. C'est ensuite un déjeuner sur l'herbe entre trentenaires parisiens qui vire au déballage abject – racisme, homophobie – dans une surenchère outrancière pas du tout rassurante. (Lire l'article)

Primer encuentro de Malinalli con Hernán Cortés. Códice de Diego Durán. Siglo XVI. Biblioteca Nacional, Madrid.
Le coin des traîtres, Traduction

Changer de camp

Traduttore traditore... Quels que soient l’effort, la fidélité, le talent qu’il y met, une traduction est donc toujours une “trahison” du texte original, dont il serait impossible de rendre toute la richesse… Une fois ce constat dressé, tout semble dit ou presque. Sauf si l’on entend l’expression différemment. Un traître trahit sa famille, ses amis, son amour, ses idées, son parti, sa patrie ; il change de camp. Si le traducteur est un traître, n’est-ce pas d’abord à sa propre langue ? (Lire l'article)

Danse

Sharon Eyal, du tac au toc

Dans OCD Love de la chorégraphe israélienne Sharon Eyal, les “personnages” sont comme électrocutés à la base, dès qu’ils entrent en scène. Puis, tout est question de doigté, dans la gestion des ensembles, comme dans celle de deux duos millimétrés, l’un masculin, l’autre féminin. Inutile de chercher un sens : les corps sont renversés au point que l’on ne sait plus s’ils se présentent de face ou de dos et offrent le tableau d’une société stressée sans issue de secours. C’est dans la sensualité, dans les cuisses qui se frôlent, ou dans les gestes réparateurs, comme les mains qui passent et lavent les visages que l’on quitte la noirceur. (Lire l'article)