La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Archives
La statue de Felix Dzerjinski, fondateur de la Tcheka, abattue en 1991. Mais replacée depuis dans sa ville natale (source: orthodoxie.com)
Écrans, Séries

Le sabre et le bouclier, comme un goût de guerre froide

C’est un passage d’une minute à peine, qui figure dans le troisième volet du documentaire prochainement diffusé par Arte, consacré au KGB en ses divers états. On y voit Vladimir Poutine, alors en passe de devenir président pour la première fois, s’adresser à un parterre de Kgbistes réunis à la Loubianka. « Chers camarades, je vous informe que le groupe d’agents que vous avez chargé d’infiltrer le gouvernement a accompli la première partie de sa mission… »
Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J5 – Porter sa croix

Il faut s’être comporté bien mal dans une vie antérieure pour se réincarner en supporteur de certains petits clubs destinés à ne jamais rien gagner. Une malédiction qui se transmet d’une vie à l’autre et à travers les générations, car on hérite de la passion de son père, comme de sa fortune ou ses dettes, comme d’une maladie congénitale. On vient au monde avec, on n’y peut rien. Le supporteur de petit club, c’est Sisyphe qui pousse chaque semaine son rocher vers le sommet de la colline, et le voit dévaler chaque samedi dans l’avalanche de ses espoirs. C’est Tantale, plongé dans un fleuve de gloire où il ne peut boire, sous un arbre chargé des fruits de la victoire qu’il ne peut atteindre. (Lire l’article)

Geneviève Brisac, Sisyphe est une femme. La Marche du cavalier, éditions de l'Olivier, 2019
Livres

Geneviève Brisac s’obstine

Il y a dix-sept ans, Geneviève Brisac publiait La Marche du cavalier, pour « faire entendre plus haut, plus fort, et mieux, les voix d’écrivaines, mes aînées ». Aujourd’hui, elle reprend l’ouvrage. Sisyphe est une femme vient de sortir aux éditions de l’Olivier.
Jean Tardieu, Monsieur, Monsieur, Gallimard. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne
Livres, Ordonnances littéraires

Jean Tardieu pour mon banquier

La “gamification”, vous connaissez ? Ce concept à la mode dans les entreprises, les universités ou la communication gouvernementale est une version modernisée du pain et du cirque, avec peu de pain et beaucoup de cirque. Concrètement, on applique au citoyen, au client, au collaborateur – disons au “peuple” – des méthodes qui sont celles que l’on utilise par ailleurs avec les enfants de maternelle : des activités incessantes encadrées par des consignes régulièrement répétées, très simples et très claires, de la pédagogie, le tout sous une forme qui doit toujours être ludique. Illustration à partir des techniques bancaires actuelles, et avec Jean Tardieu. (Lire l’article)

Dorothy Dix © Yanick Macdonald
Guide

Les dix commandements de Dorothy Dix

Dans un beau monologue en dix séquences, Stéphanie Jasmin fait entendre “une voix plus sombre et profonde”, celle d’une femme “qui déroule le film de sa vie comme un trop-plein qui déferle, en désordre et en un souffle”.

Barbarella (Jane Fonda) dans l'Excessive Machine
Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

H.G. Wells, inventeur de l’orgasmotron

L’orgasmotron est une machine qui a le pouvoir de déclencher des orgasmes quasi instantanés même chez les personnes à la libido la plus effondrée. Ce n’est malheureusement qu’une machine de fiction. L’orgasmotron est apparu la toute première fois sous ce nom en 1973 : c’était dans le film Woody et les Robots de Woody Allen. Mais c’est en réalité à un Français que l’on doit cette merveilleuse invention. L’orgasmotron est né en effet sous le crayon de Jean-Claude Forest, créateur de la BD Barbarella en 1962, et il consistait alors en un diabolique dispositif capable de provoquer des orgasmes de plus en plus violents jusqu’à mort du cobaye. Hélas, mille fois hélas, voici qu’à son tour l’Angleterre vient nous disputer la paternité de cette remarquable invention. Le véritable père de l’orgasmotron serait l’écrivain H.G. Wells…. (Lire l’article)

Livres

Quo vadis, Nicanor ?

Nicanor Parra vient de nous quitter. En 103 ans de vie, il aura eu le temps d’être mathématicien et physicien, d’appartenir à une illustre famille d’artistes qui compte aussi parmi ses rangs la chanteuse folklorique Violeta Parra, sœur cadette de Nicanor, mais, surtout, d’être un énorme poète, ou plutôt anti-poète, ainsi qu’il aimait se définir. (Lire l’article)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Johnny Hallyday, lourd comme un cheval mort

La chanson la plus torride du répertoire français a été composée en 1969, comme il se doit : c’est la célébrissime “Que je t’aime”. Les paroles équivoques de cet énorme succès de Johnny Hallyday ont affolé une ou deux générations d’adolescents ; elles sont dues à Gilles Thibaut, pseudonyme de Lucien Thibaut, mort en 2002 sans livrer tous ses secrets. Toutefois cet excellent parolier a eu le temps de confier, dans une interview au magazine Je Chante, que la version initiale de “Que je t’aime” ne comprenait pas quatre couplets — ceux qu’a chantés notre Johnny national — mais six. Pourquoi deux couplets ont-ils donc été censurés ? (Lire l’article)

El Jaleo, de John Singer Sargent, 1882
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Olé !

Il paraît que la musique de Scarlatti est dans le goût espagnol. Les musicologues s’ingénient à y distinguer les jotas des fandangos et des séguidilles. À quoi bon ? Ayant vécu en Espagne, Scarlatti a certes utilisé le matériau local, d’autant que le clavecin se prête mieux que tout autre instrument à l’imitation. Dans les sonates, on entend l’Espagne du XVIIIe siècle comme si on y était, ses cris de rues, ses guitares, ses jets d’eau et ses fanfares, mais on entend surtout une musique qui transcende tous les régionalismes. C’est elle qui compte. (Lire l’article)

Salon international du Selfie
Choses revues, Détournements

Salon du selfie

Le premier Salon international du Selfie, qui s’est tenu fin janvier à la porte de Versailles, à Paris, vient tout juste de s’achever. Petit tour des stands et sélection des innovations les plus étonnantes. 
Jean Restout: La Mort de sainte Scolastique (détail)
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Les soupirs de Diderot

Diderot avait bien des raisons de s’intéresser à la musique, ne serait-ce que pour faire travailler sa fille Marie-Angélique : “Si je reste à la maison, je fais répéter à l’enfant ses leçons de clavecin. Les jolis doigts qu’elle aura ! et de l’aisance, et de la mollesse et des grâces !” Mais avec le clavecin, et avec Scarlatti, les sentiments se brouillent vite. Dans son Journal, à la date du 15 septembre 1760, il entend dans un salon une jeune fille tentant de déchiffrer une sonate de Scarlatti. La musique elle-même semble le laisser indifférent ; ce qui trouble Diderot, c’est le décalage entre la musique et son interprète, “un ange” dont les grâces et l’innocence le fascinent. (Lire l’article)

Choses revues, Détournements

Pas de sots métiers

Qui n’a eu l’envie au cours d’un voyage de prendre la photo – la milliardième, mais pour vous la seule, l’ultime – d’un site célèbre débarrassé de toute présence importune ? Pour cela, vous vous êtes même levé à l’aube, pour arriver sur les lieux avant les hordes de touristes…