Faire la vie
Dans Faire la vie, carnet de notes et livre de photos, Arno Bertina revient sur ses séjours au Congo et la gestation de L’Âge de la première passe, son ouvrage paru en début d’année. Des images sans artifices, au cœur de son questionnement d’écrivain.
Le lézard autophage
On sait que beaucoup de lacertidae, face à un prédateur, se coupent une partie de la queue, au lieu de perdre la vie. Leur queue repousse alors. On appelle ce phénomène l’autotomie. Chez les lacerta devorator, le mâle se nourrit exclusivement de sa propre queue.
Pirandello, plein cœur
Championne des spectacles longs, Marie-José Malis récidive au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers qu’elle dirige. Après le Dom Juan de Molière présenté à l’automne (près de cinq heures de représentation), elle étire sur une durée équivalente Vêtir ceux qui sont nus, de Pirandello, au risque de mettre à mal la patience des spectateurs. Sauf que cette fois, le parti pris de la lenteur fonctionne : le calvaire d’Ersilia, l’héroïne de la pièce, est restitué avec une intensité qui questionne et bouleverse. (Lire l’article)
Renaissance de la Bièvre
Le point sur la prochaine réouverture de la Bièvre sur tout son cours, depuis sa source jusqu’à la Seine. Une mesure courageuse et radicale ou un délire bobo-écolo ?
Le foutriquet royal
Aussi bête qu’un sponk, plus prétentieux qu’un lamagal, il mérite les attributs qui lui sont couramment consacrés : faraud, poseur, fat, crâneur, outrecuidant… Regardez-le donc parader sur la banquise avec cet air hautain qui ne le quitte jamais, déclenchant l’hilarité des pons-pons.
Musées : une révolution
C’est dans l’indifférence générale que Roselyne Bachelot a reçu rue de Valois quelques journalistes égarés afin de présenter le projet de transformation des musées sur lequel elle travaille depuis des mois.
Didier Eribon, comptes de Noël et de la nouvelle année
Après l’apnée des fêtes, les gilets jaunes descendent lentement en Une des journaux. Bon moment pour ouvrir ou rouvrir un livre paru il y a dix ans pile, Retour à Reims, de Didier Eribon. Ou aller au théâtre : la pièce adaptée du texte par Thomas Ostermeier va être jouée pour la première fois en France. (Lire l’article)
555
Les plus numérologues parmi les superstitieux que nous sommes tous savent que 333 est le nombre de la divinité, 666 celui du diable et 444 le nombre des deux à la fois : il semble qu’avec le code a = 6 ; b = 12, etc., Jésus et Lucifer donnent tous deux 444 ! On n’arrête pas le progrès. Quant à 555, c’est bien sûr le nombre de sonates de Scarlatti. Que Scarlatti se retrouve numériquement quelque part entre Dieu et le diable n’est peut-être pas un hasard : plusieurs critiques l’ont aussi mis dans cette situation. Proust parle du “divin” Scarlatti tandis que d’Annunzio lui trouve quelque chose de maléfique. Cela participe sans aucun doute du charme indéfinissable des sonates. (Lire l’article)
Alhierd Bacharevič face au fascisme
L’art d’être Bègue est un recueil de cinq textes de l’auteur biélorussien en exil qui nous alerte sur le danger fasciste. Soyons vigilants, en espérant qu’il ne soit pas trop tard.
Évolution
Face au réchauffement climatique et à la fonte de la banquise, la mutation de certaines espèces...
Si tu ne viens pas au théâtre, le théâtre ira à toi
Une pièce jouée en direct depuis l’Argentine pour des spectateurs connectés via Internet : dans Un problema de distancia de Sebastián Villar Rojas, un écran peut en cacher un autre…
Le chaland de Venise (1)
En ce début d’hiver 1978 à Venise, le froid glacial et la pluie étaient de nature à décourager les ardeurs photographiques. Restées depuis si longtemps dans leur boîte, ces photographies prennent l’air aujourd’hui pour nous aider à mesurer l’empreinte du temps.
Des chiffres qui font peur
74%. C’est l’accroissement relatif, en un an, du nombre d’actes antisémites recensés par le ministère de l’Intérieur. Encore ne parle-t-on que des actes graves ayant donné lieu à plainte ou poursuites ; la bêtise et la méchanceté ordinaires n’y sont pas comptabilisées. Pourtant, ce n’est pas vraiment ce chiffre-là qui devrait nous marquer : c’en sont d’autres, moins visibles et moins spectaculaires, mais qui reflètent une réalité peu reluisante dans laquelle nous vivons sans trop vouloir la regarder en face.
Nous n’avons pas besoin que justice soit faite
Une jeune femme est morte massacrée dans sa chambre. Tout le monde s’en fiche. Fouiller dans le quotidien des gens de peu n’est pas rentable. Face à des vivants morts debout, murés dans le silence, le journaliste enquêteur va se concentrer sur la victime. Son intuition lui hurle de ne pas lâcher le morceau. Se profilent alors les années Mitterrand et les nôtres dans la foulée. Le scandale est énorme et banal. Les Insatiables, le roman de Gila Lustiger est une réussite qui, en 2017, éclaire par le noir la campagne électorale française. (Lire l’article)
Un faussaire pris en flagrant délit
Le faussaire qui écoulait depuis des lustres des (mauvais) pastiches de l’illustrateur Gilles Bachelet a été appréhendé alors qu’il essayait de fourguer une navrante image de licornes siamoises.
Tania Bruguera dans le cercle de l’enfer
Pour assister à Fin de partie de Beckett dans la mise en scène de Tania Bruguera, mieux vaut ne pas avoir le vertige. Son spectacle se déroule dans un haut cylindre de toile blanche entouré d’un échafaudage et de plateformes sur plusieurs niveaux où les spectateurs prennent place avant de passer la tête par un des trous percés dans le tissu pour regarder vers le bas. Les spectateurs sont entraînés au sein d’une expérience collective à la lisière entre l’enfermement et la liberté, dans un dispositif qui s’avère être un panoptique « ouvert » : tout le monde est sous le regard de tout le monde. Un spectacle d’une pertinence rare. (Lire l’article)
Wesh wesh, bande de bolos
Intéressé par la peinture de la vie des jeunes générations et la manière dont ils expriment leurs ressentis, Riad Sattouf propose avec Histoires de mes 11 ans le second volume de sa série Les Cahiers d’Esther. L’auteur y suit la fille d’un couple d’amis, qu’il nomme Esther pour préserver son anonymat, l’écoutant régulièrement faire le récit de sa vie, qu’elle soit scolaire ou familiale, ce qui donne l’occasion de découvrir une vision de l’existence au travers des yeux d’une petite fille, à présent en CM2. (Lire l’article)
La vache imaginaire
Nous en sommes restés à ces drôles de questions qui se posent quand on considère rien comme quelque chose… et en voici justement une qui se détache comme un agio sur un relevé bancaire : zéro moins dix, ça fait quoi ? La réponse est vieille comme le commerce, comme la dette ; mais c’est pourtant encore un nombre imaginaire, et comme tel magique et fertile en rêve. (Lire la suite)

















