Il était dix-huit négatifs…
Pendant plus de quarante ans, Gilles Walusinski a conservé la pochette que lui avait remise son père et qui contenait dix-huit négatifs représentant Trotsky et ses proches au Mexique. Pour lui, ces photos ne sont pas seulement des documents historiques mais une clé qui ouvre sur sa propre histoire, sur celle de son père, Gilbert Walusinski, et de toute une génération de militants révolutionnaires anti-staliniens, regroupés autour du journal La Révolution prolétarienne, animé par Pierre Monatte et Alfred Rosmer. Vieil ami de Trotsky, Rosmer avait prêté en novembre 1938 sa maison de Périgny en région parisienne pour la réunion de fondation de la IVe Internationale. Une maison où Gilles Walusinski enfant a souvent séjourné dans les années cinquante.
Top ten
Quelle est la sonate de Scarlatti la plus célèbre ? Et quelles sont les plus jouées ? Pour le savoir, il suffit de réunir un maximum d’enregistrements de Scarlatti et d’en extraire le top ten. Voici le résultat, les numéros de sonates se référant à la classification chronologique Kirkpatrick (“K”) : 87, 481, 9, etc. Deux surprises : la plupart de ces stars sont des sonates anciennes ; le Scarlatti improvisateur, plus tardif, en est quasi absent. Ensuite, à trois exceptions près (9, 141 et 492), ces sonates sont lentes et mélancoliques. Pourquoi ? La réponse est d’une déroutante simplicité. (Lire l’article)
Pays de Galles-Belgique : la barbe des Gallois
Les joueurs montent et s’alignent, et la Brabançonne retentit. Des visages belges fermés. Concentrés. Courtois marmonne les paroles, peut-être un peu Meunier. Les autres fixent un point quelque part et la ferment. 20h58, Hen Wlad fy Nhadau, l’hymne gallois. Tous, Nedley, Ramsey, Williams, Bale, Robson-Kanu, ils chantent sans se retenir. Ça gueule, ça monte, ça rejoint quelques-unes des sources de la pluie très au-dessus des projecteurs du stade, très au-dessus des Hauts de France ! C’est très chaud ! Ce chant-là, il a été écrit par un barde au XIXème siècle, ça parle de la terre des pères. (Lire l’article)
Le Livre de la Jungle, d’une hypnose à l’autre
Welcome to the jungle – et dans un paradoxe de la création : parmi tous nos récits classiques, celui qui raconte combien difficile il est pour le “petit d’homme” de s’extirper de la Nature sauvage s’est incarné dans les formes les plus artificielles du 7ème art, le plus artificiel de tous. De la grâce que nous a laissé le dessin animé de 1967, merveille de notre enfance dont l’hypnose n’a jamais cessé, que reste-t-il dans le reboot de Jon Favrau – dessin animé aussi, mais tout en synthèse hyperréaliste, puisque de live action ici, il n’y a de fait que son héros Mowgli ? (Lire l’article)
Vers un postiche universel ?
Entretien avec le célèbre capilliculteur-paysagiste et chapelier connecté Horace Gratys, qui nous parle de l’impact de la pandémie sur son activité.
Raymond Queneau et le 100ème exercice de style
Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi Raymond Queneau avait publié 99 et non 100 Exercices de style? La réponse à cette question a surgi des archives de Gallimard soixante-dix ans après la publication du livre (1947). Elle se résume à ceci : l’éditeur a tout simplement jugé inopportun de publier la centième, laquelle existait bel et bien.
On a gagné !
Tous les soirs, une bonne cinquantaine de supporters du RC Lens mettent une sacrée ambiance au Théâtre national de la Colline à Paris. Banderoles, écharpes, maillots, tambours et trompettes, rien ne manque, pas même Chti Lens, la mascotte officielle du club avec sa tête de chien à longues oreilles. Cette irruption du foot au cœur du théâtre, qui plus est sous l’égide du Festival d’Automne, peut surprendre, tant les publics des deux disciplines semblent a priori éloignés. Dans son spectacle, intitulé Stadium, le metteur en scène Mohamed El Khatib prend des risques. Et réussit son pari. (Lire l’article)
Les enfants de la guerre
Les photographies d’Yvonne Kerdudo sauvées le l’oubli par Pascale Laronze: un choix commenté et publié par Françoise Morvan pour les Éditions Mesures qu’elle a fondées avec André Markowicz.
Arrivée à Stratford-upon-Avon
Edwin Austin Abbey. Paysage dessiné l’été qui a précédé son départ pour...
Égalité hommes/femmes: une avancée décisive
Entretien avec André Cessif, généticien, dont les recherches sont porteuses d’espoir et ouvrent la voie à de nouvelles perspectives pour l’humanité en matière d’égalité hommes/femmes.
J14 – L’art de la simulation
Contre Rennes vendredi, l’entraîneur de Toulouse a reçu un avion en papier sur la tête. Interloqué, Pascal Dupraz observe un instant l’objet volant non identifié avant de porter les mains à sa tête et de tomber à genoux pour le plus grand affolement de ses adjoints, plus habitués à ce genre de saynète de la part des joueurs que d’un entraîneur qui se fait par ailleurs le chantre de la sincérité. Un des plus grands paradoxes du football moderne est de prétendre promouvoir le spectacle tout en bannissant la simulation. Or, qui peut nier qu’ils soient liés ? La simulation relève de la performance. Pas la performance physique chère aux sportifs ; la performance artistique. Le geste de Pascal Dupraz est un happening au sens strict. (Lire l’article)
Guus Grappenmaker roule toujours
Une révolution se prépare dans le domaine de la mobilité urbaine. Guus Grappenmaker, inventeur infatigable, nous en dit un peu plus sur son nouveau projet…
Montaigne et La Boétie
Dans un manuscrit longtemps inédit, Montaigne se risque à quelques confidences sur l’amitié d’homme à homme. On y voit un esprit audacieux évoquer librement les amours interdites, mais aussi un homme prudent.
La nudité selon Ren Hang, Luigi Ghirri et le sens de la ligne
Dans le guide de délibéré, la nudité selon Ren Hang à la Maison européenne de la photographie. Et Luigi Ghirri au Jeu de Paume. (Lire le guide)
Grand amour et illustre parrainage
Après la tourmente de la Commune, Daniel Vierge s’installe au n°15 de la rue de Richelieu, avec...
Valérie Zenatti : le voyage à Czernowitz
Il suffisait de les avoir croisés ensemble une fois : ce qui unissait Aharon Appelfeld et Valérie Zenatti dépassait la complicité qui existe parfois entre écrivain et traducteur. Comme s’ils veillaient l’un sur l’autre. Comme s’ils étaient de la même famille. Après la mort d’Appelfeld, Valérie Zenatti était la seule à pouvoir écrire ce livre, de filiation et tendresse autant que de deuil. Dans le faisceau des vivants, aux éditions de l’Olivier. (Lire l’article)
Ex Machina #7: Les pensées de Mr Cross
[Ex Machina #7]– Euh… qui êtes-vous, exactement?
– La bonne formule serait “Qu’êtes-vous”. Je ne suis pas quelqu’un, je suis un programme informatique. Je suis la preuve que Turing ne disait que des bêtises et que l’Intelligence Artificielle ne peut pas exister.
Romance
Des mains féminines repassent une chemise d’homme: Romance de Helen Grace, épouse la durée et le rythme d’un mouvement célèbre de Chostakovitch. Sept minutes simplement vertigineuses.


















