La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Archives
L'affaire Boudini. Le magicien qui coupa sa femme en deux morceaux
Choses revues, Détournements

L’affaire Boudini

Le soir du 16 mars, tout avait commencé comme à l’habitude. Madame Danuta était alors allongée dans sa caisse. N’apparaissait plus d’elle que sa tête aux yeux bandés à gauche et ses pieds à droite…
Choses revues, Détournements

Mort d’un consonantiste

Le monde de l’édition perd en la personne d’Aimé Oiseau un de ses représentants les plus singuliers. Toute sa vie, il aura défendu l’écriture consonantique, ne récoltant souvent que l’incompréhension, voire l’hostilité, de ses professeurs d’abord, puis de ses pairs. 
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

J’arrive où je suis étranger

Signe de la fin des haricots selon l’islam : “Les femmes seront dévêtues tout en étant habillées.” Ce qui promet une fin du monde assez haute en couleurs. D’ailleurs le Prophète a prévenu : “La Fin du Monde n’aura pas lieu tant que les gens ne s’accoupleront pas en public dans la rue comme le font les ânes”, ce qui revient à dire que l’ultime jour sera une partouze comme on en a peu vu. Hélas, ce sera la dernière. Pour les chrétiens, l’Apocalypse se présente beaucoup moins bien. Dès que le septième sceau sera brisé, s’abattront sur la Terre tonnerre, éclairs, tremblements de terre, grêle et feu mêlés de sang, tout cela sur fond de trompettes au son nettement moins mélodieux que celle de Chet Baker. (Lire l’article)

Entretiens, Le coin des traîtres, Traduction

Le choix de la langue

Les essais spirituels et les romans picaresques où le zen tient la place de choix sont rares. C’est à Paris que se situent les romans de M.C. Dalley, pseudonyme de Philippe Rei Ryu Coupey, maître zen américain, vivant et enseignant le zen à Paris. Car c’est à Paris que s’est déroulée la rencontre qui a déterminé sa vie, celle avec son maître japonais Taisen Deshimaru. Dans ses livres comme dans son enseignement, la traduction et la transmission sont au cœur d’une vision singulière du monde. Il s’en entretient ici avec Agnès Villette. (Lire l’entretien)

Frank Castorf, Die Kabale der Scheinheiligen. Das Leben des Hern de Molière © Just Loomis
Théâtre

Castorf dans le miroir de Molière

Derniers tours de roue pour Frank Castorf à la Volksbühne de Berlin. Dans ce contexte de fin de mandat – ou de fin de règne –, difficile de ne pas rechercher dans ses derniers spectacles une dimension testamentaire, voire crépusculaire. Créé en 2016, Die Kabale der Scheinheiligen. Das Leben des Herrn de Molière, laisse en tout cas une large place à l’introspection : c’est sûrement l’une des pièces les plus explicitement intimes jamais montées par le metteur en scène. Et c’est une pièce qui au delà de sa profusion, ne traite que d’un sujet : l’amour du théâtre. (Lire l’article)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Espagne-République Tchèque : euristocratie

Le sol était parsemé de talons de billets de tiercé. Une trentaine d’hommes – une bouffée d’angoisse me saisit, ils me paraissaient deux cents – avaient les yeux rivés sur un écran géant qui diffusait le match Espagne–République Tchèque auquel j’étais censé assister. Il me fallut braver les regards interrogateurs afin de venir m’installer au comptoir. Mon anxiété gagna quelques degrés supplémentaires. Je m’assis en affectant l’air détaché de l’habitué. Nous en étions à la neuvième minute, un joueur venait de renverser accidentellement l’arbitre. Je mis quelques instants à comprendre qui, des rouges et des blancs, était qui. (Lire l’article)

A regarder d’un œil (Marcel Duchamp) & Objet à Détruire (Man Ray)
Arts plastiques, Bansky vs Marcel

Banksy vs Marcel : un siècle de retard sur l’art en morceaux (2)

En s’en prenant physiquement à l’œuvre elle-même, Duchamp dit à la fois que la destruction du Beau doit avoir une effectivité matérielle et qu’il s’agit néanmoins d’une « figuration du possible », où la destruction est donc elle-même figurée et devient objet de la création. Sous un rapport fondamental, qui se distingue de l’acte destructif délibérément accompli – celui du vandale ou de Banksy, par exemple –, le ready-made interroge l’origine de la destruction. (Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Qu’importe le flocon !

Les concepts d’induction et de récursivité que nous avons explorés ces deux dernières semaines nous conduisent à un objet fascinant : la fractale. Ce joli mot, inventé dans les années 70 par le mathématicien franco-américain Benoît Mandelbrot, désigne une foisonnante classe d’objets mathématiques. De manière générale, un objet fractal présente une propriété d’auto-similarité : la partie ressemble au tout. Vue à différentes échelles, de très près ou de très loin, une fractale présente le même aspect général. La nature regorge de tels objets, du moins en approximation… (Lire l’article)

Aristote à Hollywood (2) ou Tex Avery par Nicolas Witkowski
Chroniques avéryennes, Écrans

Aristote à Hollywood (2)

Aux causes finales, explications commodes mais illusoires, Aristote adjoignait les causes “formelles”, celles qui sont censées expliquer la forme des choses, vivantes ou inanimées. Et c’est sans doute la partie de sa philosophie qui a le plus mal vieilli, puisque la forme, dans le cadre de la science moderne, s’explique entièrement par les propriétés de la matière, guidées par une éventuelle “information”, matérielle elle aussi. Pour les créatures vivantes, cette information est d’ordre génétique et codée chimiquement dans leur ADN. La forme d’Aristote, elle, était une “essence”, une “idée” venant d’un mystérieux monde extérieur pour informer la matière brute. Tex Avery, bien sûr, se saisit de cette notion surprenante. (Lire l’article)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Jules et Edmond de Goncourt : Dieu au bordel

“La religion est une partie du sexe de la femme. Voilà une des citations des frères Goncourt qui se colporte de page web en page web sans que l’on sache trop d’où elle vient ni ce qu’elle signifie vraiment. La source est assez simple à trouver : c’est une phrase extraite du Journal, inscrite à la date du 11 avril 1857. Notre aphorisme sibyllin pourrait bien être une condamnation simultanée du sexe, de la religion et de la femme. Certes, mais la question reste entière : cette phrase, que signifie-t-elle réellement ? (Lire l’article)