La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Archives
Design, Expo

Constance Guisset, le tourbillon de la vie

En dix ans, Constance Guisset a déjà créé un ensemble impressionnant d'objets volants ou en mouvement, de la lampe Vertigo aux tables Ankara. Elle a scénographié les ballets d'Angelin Preljocaj et nombre d'expositions. Si cette designer n'impose pas un florilège de concepts, ou de références théoriques, elle raconte un design du côté du merveilleux. Le musée des Arts décoratifs de Paris lui consacre une exposition, aussi dense que facétieuse. (Lire l'article)

Lucia Laguna, Paisagem n.111 (2018)
Arts plastiques, Expo

Lucia Laguna déploie ses pièges

La galerie Karsten Greve, à Paris, présente pour la première fois en France une exposition personnelle de l’artiste brésilienne Lucia Laguna. L’occasion de se plonger dans l’œuvre foisonnante d’une peintre qui bouscule les repères de la perception. Ce qui frappe d’emblée dans cette peinture, c’est son caractère de rébus. Pour une part, elle se déchiffre. Elle invite à un travail d’élucidation, de reconnaissance, d’identification. De compréhension. Mais ce travail pourrait être le prélude à une approche plus complexe, forçant le regard à cesser de vouloir savoir. (Lire l'article)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Jules Verne, au rayon X

Les lecteurs de Vingt mille lieues sous les mers ignoraient que la bibliothèque du Nautilus possédait un imposant rayon de livres érotiques. Ils l’ignoraient parce que Jean-Jules Hetzel, l’éditeur de Jules Verne, a coupé d’autorité les paragraphes où l’écrivain faisait un inventaire gourmand du rayon rose du capitaine Nemo. Fort heureusement, un éminent vernien a retrouvé une version du manuscrit où figure le passage manquant.

Joseph Conrad, Heart of Darkness
La branloire pérenne, Le coin des traîtres, Traduction

La traduction impossible

Shakespeare pensait que nous étions faits de"l’étoffe des songes", mais nos rêves sont eux-mêmes tissés dans la trame du langage. Nous ne pouvons nous rappeler nos songes qu’en les exprimant. Rien de ce qui existe ou plus exactement rien de ce que nous percevons de façon consciente n’échappe à la langue. Mais n’existe-t-il pas une réalité extérieure au langage, un quelque chose, interne ou externe, qui ne serait pas verbal ? Qu’y a-t-il avant les mots ? Peut-être une sorte de sauvagerie antérieure à la mise en forme du réel par les mots. Une réalité précisément innommable à laquelle pourrait faire écho le titre de la très belle nouvelle de Conrad : Heart of Darkness. (Lire la chronique)

Théâtre

Luc Bondy, mort d’un maître amoureux

De tous les amours de Luc Bondy, celui des acteurs était le plus remarquable. Séducteur, il avait dans la vie une attention en mouvement perpétuel, prompt à passer d'un sujet ou d'un interlocuteur à l'autre. Dans la salle de répétition, il était l'inverse, soudain capable d'extrême concentration, joignant le geste à la parole pour monter sur le plateau, saisir un bras, entourer une épaule, et donner au comédien la sensation d'être à cette seconde la personne la plus importante au monde, objet exclusif du désir de son metteur en scène. Luc Bondy est mort hier. Pour Paris et pour le théâtre européen, la perte est rude. (Lire la suite)

Design, Expo

Le design, Now et maintenant

De Bastille à Barbès, la Design Week parisienne a fermé ses boutiques. Après une semaine de présentations diversifiées, du meuble le plus léché classique aux bidouillages numériques de toutes sortes. Entre réfugiés sous la Cité de la mode et du design, rentrée économique maussade et questionnements sur l’avenir d’un métier qui se redéfinit, se re-cherche vers des démarches plus locales et mutualistes. Tour de piste, de fêtes en débats, de cette manifestation qui est un des reflets d’un design désarticulé. (Lire la suite)

Le nombre imaginaire, Sciences

Le pire des régimes…

Parmi les contributions de Condorcet aux mathématiques, il en est une d’actualité en cette période d’incertitude électorale : il fut le premier à constater l’impossibilité pour une société d’établir un classement cohérent entre plusieurs options – par exemple des candidats à la présidence – à partir des préférences individuelles de ses membres. Ce paradoxe n’est pas que théorique, puisque le scrutin uninominal majoritaire à deux tours peut en effet faire arriver en troisième position un candidat capable de battre en duel n’importe lequel des deux finalistes. Mais deux chercheurs de l’École Polytechnique ont proposé il y a quelques années un système dit du jugement majoritaire... (Lire l'article)

Le coin des traîtres, Traduction

Le syndrome de Sporgersi

Pendant longtemps mon atavisme marseillais m’a empêché de jouir des richesses des langues étrangères. Je pense que c’est dû à l’accent prononcé que nous nous trimballons. [...] Depuis, tentant comme je pouvais de combler ce retard, mais sans grand progrès à l’oral, je me suis mis pendant quelques années à traduire certains textes de théâtre et puis de fil en aiguille, je n’ai pu m’empêcher de traduire tout ce que je pouvais. Ma folie m’a donc amené ces derniers jours à tenter de traduire en français un tableau de Jean-Michel Basquiat intitulé All Colored Past Part III. (Lire l'article)

Marcel jouant une sonate à une petite fille que cela fait bien rigoler.
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Chauffe Marcel

L'unique mention de Scarlatti dans La Recherche se trouve dans le récit d'une partie de musique (Sodome et Gomorrhe), où le pianiste joue quelques morceaux à la demande des invités : Mme de Cambremer “venait de découvrir un cahier de Scarlatti et elle s'était jetée dessus avec une impulsion d'hystérique. [...] Et pourtant de cet auteur longtemps dédaigné, promu depuis peu aux plus grands honneurs, ce qu'elle élisait, dans son impatience fébrile, c'était un de ces morceaux qui vous ont si souvent empêché de dormir et qu'une élève sans pitié recommence indéfiniment à l'étage contigu au vôtre.” Proust serait-il passé à côté de Scarlatti ? Au fond, ce n'est pas lorsque Proust évoque Scarlatti qu'il est le plus scarlattien. (Lire l'article)

Théâtre

La femme aux masques de Phèdre

À l'Odéon, Isabelle Huppert incarne tour à tour une déesse antique, une star à la dérive dans un palace, une ménagère anglaise enfermée dans une banlieue glauque, une conférencière désabusée et l'héroïne de Racine. Autant de masques de Phèdre à la démesure d'une actrice qui excelle à souffler le chaud et le glacé et à livrer son corps à la contradiction. Sa performance exceptionnelle occulte en partie les failles du spectacle de Krzysztof Warlikowski, où les choix littéraires du metteur en scène (textes signés Wajdi Mouawad, Sarah Kane, J.M Coetzee) ne sont pas toujours à la hauteur de ses intuitions dramaturgiques. (Lire l'article)

Théâtre

Petits meurtres entre parents

Dans la course au spectacle long, le projet présenté par Antonio Latella est hors concours : 16h30 de représentation, en italien surtitré, avec des morceaux en grec ancien et en latin. Une plongée dans l'intimité agitée des Atrides qui insuffle aux vieilles histoires une vérité des corps, un amour des personnages, une élégance dont on ne se lasse pas. (Lire l'article)

Ex Machina, Sciences

Ex Machina #46: J’y pense et puis j’oublie

Bien entendu, une conscience doit éliminer des concepts, à court terme en arrêtant d’y penser et même à long terme en les oubliant. Sinon elle pensera à tout en même temps, ce qui revient à ne penser à rien. Mais la cause en est simple et c’est toujours la même : les concepts et la pensée qui les active sont coûteux.

L'éland drapé (le mâle dominant) © Philippe Mignon
Coloriage, Zoologie

L’éland drapé

Il se distingue de l'éland du Cap par sa spectaculaire encolure, qui évolue avec le temps : avec un nouveau pli chaque année, celle-ci s'allonge et blanchit au fil du temps, contrastant chez les plus vieux mâles avec la couleur sable de son poil ras. 
Théâtre

2666, même pas mal

On saluera bien sûr la performance sportive. Enfermés ensemble durant une douzaine d'heures à la Fabrica, acteurs et spectateurs ont toutes les raisons, vers 2 heures du matin, de se féliciter mutuellement. Julien Gosselin a relevé le défi : son adaptation de 2666, le roman fleuve posthume du Chilien Roberto Bolaño, tient la route, fidèle à la structure du roman, restituant l'histoire et les principaux personnages, se baladant d'Europe au Mexique sans lâcher le fil de la narration, et révélant à de nombreux spectateurs un auteur majeur de la littérature du XXIe siècle. Pari réussi donc ? Tout dépend de ce que l'on entend par là. (Lire l'article)

Boris Vian - Les joyeux bouchers
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Les Joyeux Bouchers

Le monde court à sa perte. Chacun de nous en a conscience, plus ou moins : réchauffement climatique, disparition accélérée des espèces animales et végétales, raréfaction des ressources naturelles, dissémination des matières fissiles, mort des utopies politiques, montée subséquente des populismes et des intégrismes, prise du pouvoir par l’intelligence artificielle dessinent un horizon que personne ne voit rose. “Signes précurseurs de la fin du monde” : chaque semaine, l’Apocalypse en cinquante leçons et chansons. Ou peut-être moins si elle survenait plus tôt que prévu. (Lire l'article)

Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

The Pusher

Cinq petits mois après le début de l’année, l’Europe a déjà pêché plus de poissons et coupé plus d'arbres que ce que les océans et les forêts sont capables de produire en un an, et elle a émis plus de carbone que ce que la nature est capable d'absorber. Si le monde entier vivait comme les Européens, il faudrait quasiment trois planètes pour subvenir aux besoins de l'humanité... (Lire l'article)