La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Archives
Wycinka Holzfällen - Krystian Lupa - photo © Natalia Kabanow
Théâtre

Lupa, forêt magique

Le metteur en scène polonais Krystian Lupa retrouve avec Wycinka Holzfällen, inspiré des Arbres à abattre de Thomas Bernhard, une ferveur et une rigueur dignes de ses spectacles les plus mémorables. Du théâtre de Lupa, on voudrait ne plus jamais ressortir parce qu’il touche à l’éternité et qu’il est infiniment supérieur à la vie. (Lire l’article)

Cinéma, Écrans

Quand Bruce Lee était un petit con

Sorti aux États-Unis, Birth of the Dragon, de l’Américain George Nolfi, se construit autour d’un axe inattendu : diluer une image peu flatteuse du champion en arts martiaux. Un postulat étrange pour un film qui se pose en biopic de la star. Bruce Lee y est présenté comme un petit con arrogant, qui enseigne “l’art de botter des culs”. On est loin du néo-philosophe citant Confucius en faisant des pompes sur deux doigts… (Lire l’article)

Danse

Contre-histoire dansée de l’art

Le critique Philippe Verrièle et le photographe Laurent Paillier ont pris le contre-pied de ceux qui pensent que danse et arts plastiques sont intimement liés. Leur livre Danser la peinture renvoie Degas à ses danseuses – lui qui ne s’intéressa pas à la danse – et invite de jeunes chorégraphes à composer avec des peintres, de Kandinsky à Velickovic. Chacun des invités, majoritairement des jeunes pas forcément connus et reconnus, a planché sur un peintre. Il aura fallu quatre ans de travail pour que le livre sorte enfin, accompagné d’une exposition que l’on a pu voir au dernier festival Uzès Danse. À lire et à regarder. (Lire l’article)

Livres

Du Lambeau, de Philippe Lançon

Comment trouver l’envie et la force d’écrire lorsque votre corps vous trahit et que l’angoisse vous ronge ? Comment, à l’hôpital, avoir encore l’humour, la poésie, l’élégance et la lucidité que nécessite un travail d’écriture ? Très peu d’auteurs sont parvenus à nous renseigner vraiment sur le monde depuis leur lit de souffrance et d’inquiétude, sous les néons tristes, parmi les infirmières pressées ou empressées. Et bien moins encore ont réussi à faire de cette expérience le catalyseur d’une littérature plus puissante, une littérature des limites. Avec Le Lambeau, Philippe Lançon vient d’entrer dans ce club terrible dont les membres ne se comptent probablement que sur les doigts d’une ou deux mains. (Lire l’article)

Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Captain America – Civil War, Renaissance de la Tragédie

Décidément, il y a quelque chose de pourri au royaume d’Amérique… Car du dernier né Marvel à celui de son éternel rival DC Comics  (Superman vs Batman), on retrouve non seulement le même dispositif mythologique – un duel entre frères et ennemis et icônes pop –, mais surtout la même question morale : celle du dommage collatéral, dans un monde toujours plus complexe, obsédé par le deuil et la culpabilité… (Lire l’article)

Ex Machina, Sciences

Ex Machina #16: Quatre nuances de gris

[Ex Machina #16] Si tu ne distingues pas les concepts “bâtonnet 1 actif” et “bâtonnet 3 actif”, c’est sans doute que ce ne serait pas utile à ta survie. Du coup, ton cerveau a évolué pour te simplifier la vie et te présenter simplement un niveau de gris. En revanche, distinguer les couleurs les unes des autres doit être essentiel à la survie, et cela vaut le coup de conserver des concepts distincts pour chacune.

Le nombre imaginaire, Sciences

Éloge de l’approximatif

Le lecteur de ma génération a peut-être gardé un souvenir confus, voire post-traumatique, de l’infâme preuve par neuf si mal nommée. Le plus jeune pourrait exprimer une certaine incrédulité à l’idée que nous dussions non seulement apprendre à multiplier de grands nombres à la main, mais aussi appliquer une procédure proche de l’incantation magique pour en vérifier le résultat. Il n’est pourtant pas sans intérêt de regarder de plus près ces trucs et astuces divers, mis au point par des générations de mathématiciens et de physiciens, pour nous simplifier la vie et nous éviter les erreurs les plus grossières – car c’est de cela qu’il s’agit. (Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Citius, Altius, Fortius : Terminus ?

Avec ou sans Russes, les Jeux Olympiques vont commencer et occuper les écrans pour deux semaines. Nous pouvons y trouver nous aussi notre moisson non de médailles mais de réflexions mathématiques, à commencer par celle-ci : l’athlétisme aux JO, c’est jusqu’à quand ? Car, s’il sera toujours possible en 2100 de jouer au foot et de gagner un match de boxe, d’autres disciplines pourraient bien se heurter à ce petit obstacle mathématique que l’on appelle une limite. Il y a ainsi grand risque que cette discipline reine qu’est le cent mètres masculin, un jour pas si éloigné que ça, perde tout intérêt – et ce même sans dopage. Tout d’abord, lors de chaque compétition à haut niveau règne l’espoir de voir tomber un record du monde. Mais que pouvons-nous en espérer, à Rio ou après ? (Lire l’article)

Design, Expo

Tout le talent de Tallon

 Du rouge, du noir, du blanc, de l’arrondi et de l’effilé, une montre Lip et le TGV, un téléviseur portatif et un escalier hélicoïdal, des cuillères et des machines à écrire Japy, la chaise WIMPY, le premier fastfood américain en France, et la maquette de la revue Art Press… Toutes ces réalisations, à petites et grandes échelles, racontent particulièrement les années 50 à 80. Elles dressent surtout le portrait de Roger Tallon (1929-2011), ingénieur et créateur industriel, qui a su imposer le mot “design” en France. Le musée des Arts décoratifs parisien lui rend hommage. (Lire l’article)

Antoine Brea, Récit d'un avocat, Le Quartanier, 2016
Le genre idéal, Livres

L’avocat et les assassins

En 1996, deux immigrants kurdes sont condamnés par la cour d’assises du Jura pour le meurtre sauvage d’une femme de vingt-cinq ans laissée pour morte après avoir été violée. Peu de choses ensuite, dans ce roman aux faux airs de récit pénal, sont entièrement imaginaires. Un avocat en proie à des phobies et bien loin du prestige des joutes oratoires, se retrouve malgré lui dans les coulisses de ce drame. Souvent, les romans de genre exposent l’indicible et décrivent le chaos avant de ramener l’ordre. Conservateurs et rassurants. Après la peur et le frisson triomphe la normalité. La morale est rappelée. Parfois aussi un texte est tout simplement bon et décale les règles. (Lire l’article)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Albanie-Suisse : diasporama

On attendait beaucoup de cette affiche mineure de l’Euro 2016 qui opposait l’Albanie, nouvelle venue dans la compétition, à la Suisse, équipe à tendance bi (binationale, avec dans ses rangs six joueurs helvético-albanais). Autant le dire tout de suite, dans ce mini-derby chargé d’affects politiques migratoires, que d’aucuns ont malicieusement nommé Albanie B vs Albanie A, on était quand même davantage supporteur de l’équipe officielle d’Albanie. (Lire l’article)

footbologies psg ligue 1
Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J15 – Dramaturgie du grand méchant

Pour écrire une bonne histoire, il faut un bon méchant. Attribuée parfois à Alfred Hitchcock, la sentence vaut-elle pour le football ? La dramaturgie de l’actuelle saison de Ligue 1 réunit toutes les conditions pour le savoir, tant le méchant n’a jamais été aussi fort… ni aussi méchant. Au vu des treize points d’avance du Paris Saint-Germain sur son premier poursuivant, de ses treize victoires en quinze matchs pour aucune défaite, de ses trente-sept buts marqués, la première de ces affirmations ne se discute pas ; quant à la seconde, le statut de club le plus détesté de France selon les sondages suffirait à la justifier. Bien avant de régner sans partage sur le championnat de France, il suscitait déjà les animosités. Avec les bons résultats vint la jalousie. Et pour couronner le tout, il y a le Qatar. Bref, le méchant de la Ligue 1 n’a jamais été aussi méchant.  (Lire l’article)

Claude Régy en 2001 © Pascal Victor
Théâtre

Claude Régy prend le large

Il n’a jamais été vieux. Sans doute parce qu’il n’y avait aucune nostalgie dans sa colère contre le présent. Transgresseur, il n’aura cessé de se radicaliser tout au long de sa vie, politiquement, esthétiquement, éternelle figure de rebelle.