La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Archives
Boris Ignatovitch, Le métro (Grand Palais)
Arts plastiques, Expo

Rouge, deux fois

« Que les balles crépitent dans les musées ! » Dixit Maïakovski. Ce n’est pas vraiment l’ambiance au Grand Palais, même s’il faut longer les Champs Elysées, un peu calcinés, un peu bunkérisés, pour arriver devant les premières images qui attendent le visiteur : la prise du Palais. D’Hiver, s’entend, et filmé en 1928 par Eiseinstein. Mais ça crépite, et Maïakovski est bien là, qui déploya une folle énergie pendant ces quelques années de liberté créatrice où s’inventèrent l’agit-prop, et l’agitatsia, le design industriel et quotidien (presqu’au même moment que le Bauhaus), le suprématisme, le constructivisme, le théâtre moderne, de folles architectures. (Lire la suite)

Couple de manchots papous (Pygoscelis papua) dans la position du baiser cloacal. Photo récupérée de https://twitter.com/horniestpenguin?lang=fr
Manchots, Zoologie

La position du baiser cloacal

Le cloaque est aux piafs ce que serait, chez l’humain, l’anus, l’urètre, le phallus ou le vagin, réunis en un: une sorte de presque-tout-en-un aberrant qui justifie à lui seul l’intérêt qu’on lui portera dans ce court billet.

Primer encuentro de Malinalli con Hernán Cortés. Códice de Diego Durán. Siglo XVI. Biblioteca Nacional, Madrid.
Le coin des traîtres, Traduction

Changer de camp

Traduttore traditore… Quels que soient l’effort, la fidélité, le talent qu’il y met, une traduction est donc toujours une “trahison” du texte original, dont il serait impossible de rendre toute la richesse… Une fois ce constat dressé, tout semble dit ou presque. Sauf si l’on entend l’expression différemment. Un traître trahit sa famille, ses amis, son amour, ses idées, son parti, sa patrie ; il change de camp. Si le traducteur est un traître, n’est-ce pas d’abord à sa propre langue ? (Lire l’article)

Gérard Genette à l'honneur des chroniques avéryennes de Nicolas Witkowski
Chroniques avéryennes, Écrans

Métaphores et métalepses

À la fin de son Mystère Tex Avery, Robert Benayoun propose en vrac un “lexique succinct des métaphores texaveriennes”, en d’autres termes ces “trucs” qui prouvent que l’on se trouve bien dans l’univers avéryen. On y trouve l’effritement, propension des personnages maltraités à se retrouver en morceaux façon puzzle, la folie lubrique, de l’érection des globes oculaires à la mâchoire qui tombe sur le sol, la folie définitive, à coups de marteau, les “accélérations insanes”, les aphorismes, tel le kangourou sautant dans sa propre poche, ou le “sur-commentaire”, façon “Long isn’it ?” apparaissant sur un panneau devant une très longue voiture. Mais Tex Avery est surtout le roi de la “métalepse narrative”, au sens que lui a donné Gérard Genette. (Lire l’article)

Joseph Conrad, Heart of Darkness
La branloire pérenne, Le coin des traîtres, Traduction

La traduction impossible

Shakespeare pensait que nous étions faits de« l’étoffe des songes », mais nos rêves sont eux-mêmes tissés dans la trame du langage. Nous ne pouvons nous rappeler nos songes qu’en les exprimant. Rien de ce qui existe ou plus exactement rien de ce que nous percevons de façon consciente n’échappe à la langue. Mais n’existe-t-il pas une réalité extérieure au langage, un quelque chose, interne ou externe, qui ne serait pas verbal ? Qu’y a-t-il avant les mots ? Peut-être une sorte de sauvagerie antérieure à la mise en forme du réel par les mots. Une réalité précisément innommable à laquelle pourrait faire écho le titre de la très belle nouvelle de Conrad : Heart of Darkness. (Lire la chronique)

Cinéma, Écrans, Guide

Chili, cinéma obstiné

Jusqu’au 18 décembre, la Cinémathèque du documentaire à Paris présente une rétrospective du cinéma documentaire chilien. Une manifestation exceptionnelle par son ampleur et sa qualité.
Bande dessinée, S'il vous manque une case..., Zoologie

Les animaux politiques

Les réflexions politiques utilisent souvent les figures animalières, qu’il s’agisse de fables ou de récits utopiques, afin de porter un regard différent sur les sociétés humaines. Parce qu’il reste naturel, l’animal peut être considéré comme un modèle de l’homme dans son état originel, avant qu’il ne soit corrompu par les pratiques ou les passions sociales, ce qui en fait le symbole d’une nature non pervertie. Mettant souvent en scène des animaux, la BD cherche aussi par ce biais à mener une lecture critique de la politique, se plaçant ainsi au coeur d’une tradition qui remonte à l’Antiquité. (Lire l’article)

Docteur Frigo de Éric Ambler, traduit de l’anglais par Éric Diacon, Rivages/Noir. Une chronique de Lionel Besnier
Le genre idéal, Livres

Coup d’État, mode d’emploi

De l’art du coup d’État comme une nécessité. Porté à sa perfection, il n’en porte même plus le nom. Plus magnifique encore, il devient permanent. Éric Ambler, injustement méconnu, est un autre John Le Carré et son Docteur Frigo reçut en son temps le Grand Prix de littérature policière. Soulever un coin de la couverture et faire la connaissance d’El Lobo, du Père Bartolomé ou du commandant Delvert, ne peut pas faire du mal. (Lire l’article)

L'affiche du film "Money Monster". Une critique cinéma de Thomas Gayrard dans Délibéré
Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Money Monster, du dollar ou du cochon

Il en est de l’œuvre réalisée par Foster comme de certaines rencontres amoureuses : elle a tout pour plaire, mais la magie ne prend pas. Fable moderne sur la finance prédatrice, ce thriller sophistiqué, projeté dans le faux temps direct d’un live, a le mérite pourtant de mettre en scène l’obscénité de notre époque, révélée par la crise financière de 2007, quand le cash fait le show – mais on ne sait plus sur quel pied danser ici… (Lire l’article)

Coloriage - La lupée changeante © Philippe Mignon
Coloriage, Zoologie

La lupée changeante

Ce crustacé d’une longévité exceptionnelle s’allonge de mue en mue, à la manière d’une anamorphose optique. Au fil des ans, la carapace des lupées s’assombrit et s’orne de motifs toujours plus nombreux. Dommage que sa chair soit si fade.
Coloriage - Le chétodon martinet © Philippe Mignon
Coloriage, Zoologie

Le chétodon martinet

On peut apercevoir sa silhouette dentelée sur l’île volcanique de Peuouprou, où la chair de sa queue est particulièrement appréciée, bien plus encore que celle de la langouste. Le goûter, c’est l’adopter !
Cinéma, Écrans

Quand Bruce Lee était un petit con

Sorti aux États-Unis, Birth of the Dragon, de l’Américain George Nolfi, se construit autour d’un axe inattendu : diluer une image peu flatteuse du champion en arts martiaux. Un postulat étrange pour un film qui se pose en biopic de la star. Bruce Lee y est présenté comme un petit con arrogant, qui enseigne “l’art de botter des culs”. On est loin du néo-philosophe citant Confucius en faisant des pompes sur deux doigts… (Lire l’article)

Douglas Adams, Le Guide du Voyageur Galactique, traduit de l'anglais par Jean Bonnefoy, Gallimard, coll. Folio SF, 2010. Le nombre imaginaire, chronique mathématique de Yannick Cras dans délibéré
Le nombre imaginaire, Sciences

Devoirs de vacances

Plaisirs de farniente et de lecture… une fois n’est pas coutume, cette (courte) chronique offre quelques suggestions pour occuper votre esprit s’il en est besoin. D’abord, la toujours intéressante chronique de Jean-Paul Delahaye dans Pour la Science, intitulée Logique et Calcul. Au programme de ce mois de juillet, on trouve un problème dit “des 50 prisonniers”. Dans le même numéro de cet excellent magazine, une réflexion passionnante de Christian Walter sur la finance dite éthique, et en particulier sur le caractère performatif des algorithmes qu’elle utilise. Enfin, on pourra lire ou relire avec profit l’hilarante et autoproclamée unique trilogie en cinq volumes de Douglas Adams, Le Guide du Voyageur Galactique. (Lire l’article)

Sciences du fait-divers, Zoologie

Hélicozoologie

“Gers : soixante pintades meurent paniquées par un survol d’hélicoptères de combat.” C’était dans le village de Mormès, entre Auch et Mont-de-Marsan. Les hélicoptères venaient de la base de Pau. Ils n’ont pas eu à tirer un seul missile puisque le bruit a suffi à neutraliser l’ennemi. Les pintades, effrayées, se sont ruées contre le grillage où beaucoup ont péri étouffées. L’éleveur a porté plainte. L’affaire nous en rappelle une autre : une histoire de manchots tombant à la renverse lorsque des avions les survolent. (Lire la suite)