J30 – Le supplice de Tantale
À la fin du XIXe siècle, un paysan roussillonnais exprimait le souhait de ne pas mourir avant d’avoir vu Carcassonne, dans un poème de Gustave Nadaud plus tard chanté par Georges Brassens. Moins prosaïque, Boris Vian écrivait en proie à la dépression : “Je voudrais pas crever / avant d’avoir connu / les chiens noirs du Mexique / qui dorment sans rêver”. Trente ans plus tard, c’était au tour de Georges Pérec d’énumérer à la radio “50 choses à ne pas oublier de faire avant de mourir” : prendre le bateau-mouche, passer le cercle polaire, voir les îles Kerguelen. Le supporteur, lui, ne veut qu’une chose : voir son club sacré champion. (Lire l'article)
J10 – “Et puis est retourné, plein d’usage et raison”
De Joachim du Bellay, le footballeur ne retient que le premier vers : “Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage”. Une carrière est une fuite en avant, une suite de départs vers de meilleurs championnats, de plus grands clubs, de plus hauts salaires, des trophées. La mondialisation n’a fait qu’accentuer le mercenariat. Jadis on achevait sa carrière dans son club formateur, on s’en va aujourd’hui au Qatar, s’assurer une retraite. Or c’est précisément à ce panorama qu’on doit l’apparition du mythe du retour. Le joueur qui revient, ce serpent de mer, ce monstre du Loch Ness, cette arlésienne. Une légende surgie du passé, au même titre que le joueur d’un seul club, parce que le retour est une des formes de la fidélité, cette valeur absolue du football. Drogba reviendra-t-il à l’OM ? Gourcuff à Bordeaux ? Ulysse à Ithaque ? Mystères du mythe ! (Lire l'article)
Le jaune est mis
L’histoire de l’art offre maints exemples d’une relation initiale "inspirante" avec les mouvements sociaux indisciplinés. Bien avant les complicités mondaines de l’art contemporain et de "tout ce qui compte" en banque à la FIAC, cette relation s’est fondée sur une dépense somptuaire où création et destruction sont étroitement nouées. Le vandalisme semble d’ailleurs la contrepartie politique récurrente de toute création qui accède à l’espace public. Récemment, une main criminelle mit le feu à la sculpture de l’artiste Francis Guyot, installée au beau milieu du rond-point du péage Châtellerault-nord. L’œuvre monumentale représentait une autre main, jaune celle-là, tendue vers le ciel, sur laquelle circulait un chapelet d’automobiles noires. (Lire l'article)
Belial
Devant sa maison, une femme cueille des herbes. Surgit un inconnu, qui commence à la questionner. En arrière-plan, une réflexion sur l’intoxication sécuritaire et ses mensonges : Belial, de Yànnis Mavritsàkis, une pièce traduite du grec par Michel Volkovitch et présentée à La Nuit de la traduction organisée par la Maison Antoine Vitez. (Lire le début de la pièce)
Désillusion
Sale temps pour les sœurs Rosio, qui sur Spotify n'ont comptabilisé que deux écoutes le mois dernier... À quoi bon prêcher dans un désert peuplé d'incultes?
Circulation apaisée
La ville de Cachan (94) vient d'adopter son projet de zone de circulation apaisée. Vitesse limitée à 10 kilomètres/heure, chaussée réservée en priorité aux piétons : une expérimentation courageuse.
H.G. Wells, inventeur de l’orgasmotron
L'orgasmotron est une machine qui a le pouvoir de déclencher des orgasmes quasi instantanés même chez les personnes à la libido la plus effondrée. Ce n’est malheureusement qu’une machine de fiction. L’orgasmotron est apparu la toute première fois sous ce nom en 1973 : c’était dans le film Woody et les Robots de Woody Allen. Mais c’est en réalité à un Français que l’on doit cette merveilleuse invention. L’orgasmotron est né en effet sous le crayon de Jean-Claude Forest, créateur de la BD Barbarella en 1962, et il consistait alors en un diabolique dispositif capable de provoquer des orgasmes de plus en plus violents jusqu’à mort du cobaye. Hélas, mille fois hélas, voici qu’à son tour l’Angleterre vient nous disputer la paternité de cette remarquable invention. Le véritable père de l’orgasmotron serait l’écrivain H.G. Wells.... (Lire l'article)
Alexandre Roccoli, de fil en fil
Le Weaver Quintet présenté récemment dans le Mois de la Danse aux Subsistances de Lyon, où Alexandre Roccoli a bénéficié d’une résidence et d’une production pour l’année 2016-2017, est tout autant une toile d’araignée qui emprisonne qu’une libération des corps par la transe. (Lire l'article)
Jean-Jacques et Maman
Les liens unissant Madame de Warens à Jean-Jacques Rousseau et Claude Anet, ses deux jeunes protégés partageant sa vie aux Charmettes, sont connus. Mais cette page inédite de l'auteur des Confessions les détaille avec une sincérité remarquablement explicite.
Ray Davies, un Kinks de retour
Americana était déjà le titre de son livre autobiographique publié en 2014. C'est aujourd'hui aussi le titre du dernier album solo du leader des Kinks, ce groupe britannique légendaire des années 60. A 73 ans, Ray Davies, n'a rien perdu de sa voix qui redevient vite familière dès qu'il entonne Americana, son ode à la mythique Amérique de sa jeunesse, véritable muse des compositions des Kinks. (Lire l'article)
Le bismuth sournois
Représenté par les plus grands artistes animaliers depuis le début du XVIe siècle, son existence est aujourd'hui mise en doute par certains scientifiques, en l'absence d'ossements ou de spécimens naturalisés. Qu'il soit pourtant permis de rêver de sa réapparition...
Marcus Malte pour la France vieillissante
La primaire de la droite, c’est fini mais ce n’est que le début. Le spectacle d’une France vieillissante, conservatrice, apeurée et fermée nous a bien occupés, mais elle nous occupera de nouveau bien souvent à l’avenir, n’en doutons pas. Le France se fait vieille. C’est un fait, écrit Marcus Malte dans son dernier roman, Le garçon (Zulma), “le monde se fait chaque jour un peu plus vieux”. Il y raconte l’histoire d’un drôle de gamin qui, un beau jour, surgit des bois. On est en 1908. “Il ignore tout du reste du monde et cela est réciproque". De nos jours le gars qui débarquerait ainsi de nulle part serait vite étiqueté : ce serait un “migrant”. (Lire l'article)
Une nuit au bord de la Durance
C'est l'histoire d'un jeune futur photographe qui rencontre un jeune futur cinéaste. Gilles Walusinski se souvient de Jean-François Stévenin, et d'un été qui a changé sa vie.
Vatnajökull (the sound of)
Allô? Le glacier fond-il? Londres, 2007. Les étudiants des Beaux-Arts présentent leur projet de fin d’études. Parmi eux, Katie Paterson présente une œuvre au titre énigmatique: “Vatnajökull (the sound of)”. Son principe est pourtant relativement simple, même si on ne peut pas en dire autant de sa réalisation.
L’influence de Rembrandt sur la gravure italienne de Castiglione aux Tiepolo
Rembrandt, sûrement le plus grand graveur du XVIIème siècle, a très tôt influencé bon nombre...
Lance-roquettes contre radars
Les routes d'Afghanistan sont parmi les plus dangereuses du monde. L'installation de radars règlera-t-elle le problème ?
Incompressible
Sept femmes accusent l’abbé Pierre d’aggressions sexuelles. S’il était reconnu coupable, l’abbé...


















