Sharon Eyal, du tac au toc
Dans OCD Love de la chorégraphe israélienne Sharon Eyal, les “personnages” sont comme électrocutés à la base, dès qu’ils entrent en scène. Puis, tout est question de doigté, dans la gestion des ensembles, comme dans celle de deux duos millimétrés, l’un masculin, l’autre féminin. Inutile de chercher un sens : les corps sont renversés au point que l’on ne sait plus s’ils se présentent de face ou de dos et offrent le tableau d’une société stressée sans issue de secours. C’est dans la sensualité, dans les cuisses qui se frôlent, ou dans les gestes réparateurs, comme les mains qui passent et lavent les visages que l’on quitte la noirceur. (Lire l'article)
Lights
Le film de Marie Menken (1909-1970), est un formidable cocktail d'expérimentation, de fantaisie, de fureur et d'enthousiasme graphiques, une écriture luminescente, un poème abstrait conçu à partir d'images de décorations lumineuses de Noël.
Pourquoi je suis devenu écrivain
Rescapé d’un long voyage d’exil depuis son Cameroun natal, Stephen Ngatcheu, 22 ans, auteur de Chez moi ou presque, revient sur son itinéraire et sur le sens de son témoignage.
Être ou ne pas être sur Amazon?
Les maisons d'édition indépendantes peuvent-elles se passer d'Amazon, cauchemar des librairies indépendantes ? Certaines s'y risquent, d'autres hésitent. Le "nouveau monde" est encore loin...
Un idiot utile
Les programmes de traduction automatique ne cessent de s'améliorer. Mais traiter la langue comme un objet statistique, sujet aux calculs de probabilité, ne permet toujours pas de dégager le sens des énoncés.
Molière : un point, c’est tout !
Après les espaces à deux, trois, quatre voire cinq dimensions, en voici un autre qui s’enorgueillit, lui, du nombre fort respectable de cent mille dimensions, à quelques dizaines de milliers près. Cet espace, c’est celui défini par les mots de la langue française. Chaque dimension de cet espace est un mot. Si chaque mot est une dimension, quels sont les points de cet espace ? Associons donc à un texte une coordonnée pour chaque mot, qui est tout simplement le nombre de fois où ce mot figure dans le texte. Les pièces de Molière, par exemple... (Lire l'article)
Anaïs Charras, graveuse
Anaïs Charras développe un univers onirique que j'avais déjà beaucoup aimé dans ses dessins. La finesse de son trait l'a logiquement conduite à la gravure et je lui ai rendu visite dans son atelier.
Le sponk des mers
Jadis très présent dans la mer de Chine méridionale, le sponk des mers doit son surnom aux cornes et la queue qui évoquent celles du castor cornutus terrestre.
Transcendance
Les maths entretiennent un rapport de toujours avec le transcendant – plus qu’avec le divin en soi, avec lequel il ne se confond pas. Il ne semble pas, en effet, que la philosophie aristotélicienne du Nombre ait beaucoup fait intervenir les dieux de l’Olympe, lesquels pour leur part ne sont guère férus de mathématiques, occupés qu’ils sont à leurs guerres et amours bien humaines. Ces dieux-là héritent de notre finitude, de notre médiocrité même, et c’est pourquoi ils ne posent guère de questions auxquelles nous ne puissions répondre sans maths. (Lire l'article)
Ordonnance pour les naufragés
Un homme se réveille nu, naufragé sur une plage. “Que lui était-il arrivé ? Une semaine plus tôt à peine (une semaine ! était-ce seulement possible ?), il rectifiait son nœud de cravate et présentait devant son équipe un plan d’action qui n’omettait aucune éventualité, dans lequel chaque risque avait été pallié, chaque heure prise en compte. Et maintenant ?”. Dans Sans oublier la baleine (traduit par Christine Barbaste, Stock, 2016), John Ironmonger raconte l'histoire d'un naufrage. D'où il ressort que si le pire est sûr, les conséquences ne sont pas toujours celles que l'on croit. Le récit prémonitoire de ce qui attend François Hollande l'année prochaine ? À lire dès maintenant, ou à garder sous la main pour 2017, dans votre kit d’urgence anti-gueule de bois.
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Publier de la poésie: pour l’amour des arts
Parmi les aventuriers et les aventurières de l’édition indépendante, il y a celles et ceux qui n’écoutant que leur passion se lancent dans la publication de poésie. Deux exemples en Nouvelle Aquitaine: les Editions de l'Attente et les Editions Exopotamie.
Arrivée à Stratford-upon-Avon
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Les combats du Siècle
Autrice et metteuse en scène, Carole Thibaut raconte, dans Un siècle, l'histoire d'une ville - Montluçon - et d'une famille. Son spectacle marie avec bonheur le goût de la politique, l'art du contraste et l'humour.
Jeunes schnocks
Nous avons reçu ce matin dans le courrier des lectrices cette curieuse offre d’emploi. Bien...
Le migrateur est un traducteur
Joies et surprises d'un atelier d'écriture avec des réfugiés de Calais. Pashto, ourdou, dari, arabe, tigrinya, persan, bengali, anglais, français : les murs linguistiques n'existent pas.
J22 – Le pouvoir de l’image (poétique)
Personne ne représente mieux la pensée cartésienne que ces commentateurs sportifs pour qui la raison se veut l’unique mode d’accès à un réel dont la description bannit tout recours à l’imagination au profit du seul prisme de la statistique. Leur discours sur le football se veut objectif, leur lexique lorgne du côté de la science jusqu’à l’hypercorrection (la « technicité » plutôt que la « technique ») et toute approche poétique de la réalité est bannie. Or, par la grâce d’un commentaire sportif imagé, le match peut se transformer en parabole ou en fable, avec la possibilité d’une morale. Le match au sommet entre le Paris Saint-Germain et l’AS Monaco offrait la possibilité d'une telle approche déréalisante. (Lire l'article)
Jules et Edmond de Goncourt : Dieu au bordel
“La religion est une partie du sexe de la femme.” Voilà une des citations des frères Goncourt qui se colporte de page web en page web sans que l’on sache trop d’où elle vient ni ce qu’elle signifie vraiment. La source est assez simple à trouver : c’est une phrase extraite du Journal, inscrite à la date du 11 avril 1857. Notre aphorisme sibyllin pourrait bien être une condamnation simultanée du sexe, de la religion et de la femme. Certes, mais la question reste entière : cette phrase, que signifie-t-elle réellement ? (Lire l'article)
Véronique Ellena, pose et vertige
L’œuvre de Véronique Ellena possède une étrange capacité à ouvrir au spectateur un espace mental peu exploré. Les scènes du quotidien qu’elle photographie sont pour la plupart « posées ». Leurs protagonistes se prêtent au jeu, se montrent dans des postures figées qui pourraient être emblématiques (d’un geste usuel, d’une action à réaliser…), mais sont bien plus que cela : des arrêts sur image qui échappent au quotidien pour devenir improbables, fruit d’un équilibre subtil entre le concret et la figuration d’une réalité qui, du coup, échappe. (Lire l'article)
















