Jean d’Ormesson au-delà des Thermopyles
Confidence glissée par notre Jean d’O national dans une interview donnée à Vogue Paris quelques mois avant sa mort : “J’aurais beaucoup aimé écrire des livres érotiques sous pseudonyme mais c’est impossible : on me reconnaîtrait immédiatement.” Il y avait dans cette phrase un demi-mensonge ainsi qu’une vérité et demie. Le demi-mensonge : Jean Bruno Wladimir François de Paule Lefèvre d’Ormesson se trouve être l’auteur de quelques pages, jamais publiées, sur ses amours homosexuelles – réelles ou fantasmées, on ne sait. La vérité et demie : chaque phrase de ce texte est à ce point frappée du sceau d’ormessonnien que la foule de ses lecteurs ne s’y serait pas trompée une seule seconde. Le style Jean d’O, c’est comme le Chanel n°5, vaguement écœurant mais reconnaissable à cent mètres. La preuve… (Lire l’article)
Beaux livres : coups de cœur de la rédaction
Trois beaux livres recommandés par la rédaction de délibéré.
Cheval de paix
Il arrive que l’on aime une photo pour de mauvaises raisons, par exemple parce que l’on y voit des choses qui n’y sont pas. J’ai aimé cette image, en l’apercevant de loin, parce que j’y voyais la mer. Une mer des côtes africaines. Puis je me suis approché. Ce n’était pas l’Afrique, et encore moins la mer. C’était l’Afghanistan. L’image fait partie d’une série – intitulée La Vie en temps de guerre – actuellement exposée à Saint-Brieuc dans le cadre du festival Photoreporter. Elle a été captée par le photographe iranien Majid Saeedi (…)
Thomas Bernhard, version réduite
Clown lettré, intello au physique de gardien de but, Nicolas Bouchaud a un don de connivence, une façon d’interpeller les spectateurs qui met aussitôt en confiance. Toutes qualités présentes dans son adaptation de Maîtres anciens. Il a le coffre et la tête pour interpréter les monstres chers à Thomas Bernhard. Quelque chose pourtant ne fonctionne pas tout à fait, qui tient à la structure de l’original… (Lire l’article)
Diffuser l’indépendance
Pour exister face aux grands groupes éditoriaux, l’édition indépendante a besoin des intermédiaires que sont les distributeurs-diffuseurs. Mais comment s’en sortir quand les logiques diffèrent ?
Le diabolin
Un nouveau coloriage pour enfants – et adultes – confinés. Aujourd’hui, le diabolin, ou manis longispinis, probablement le seul mammifère pholidote à ne pas être menacé d’extinction. Il est le seul manidé dont les écailles changent de couleur en fonction des milieux dans lesquels il évolue.
Noël, la Trinité et la Photographie
Gregg Ellis, Séries Photographiques. Saison 1, épisode 4
ForEverGreen
Lorsque Franck Medrano a franchi le seuil du Consortium, douze ans plus tôt, sous l’œil narquois des hôtesses sublimes, le boss a rugi : “Bienvenue dans la vraie vie !”. Tempêtes électroniques, matières premières et krachs. Que le Marché caracole dans l’azur pour le bien-être des masses et ses guerriers en costumes seront les nouveaux apôtres, sympathiques crapules. Que tout s’effondre et ils voleront la vedette en prime time aux violeurs d’enfants. (Lire l’article)
Clichés et contre-clichés (lieu commun)
Chaque nouvelle édition du festival d’Aix-en-Provence apporte dans son sillage une nouvelle rhétorique de la note d’intention. Cette année, le cliché est à la mode, ou plutôt la chasse aux clichés. Mais que penser des contre-clichés du Moïse et Pharaon de Tobias Kratzer?
Silence, on danse
Hanté, propulsé par le silence, les silences de sa propre danse ou de celle de comédiens qui pourtant interprétaient un texte, comme Gérard Philipe ou Jean-Louis Barrault, le danseur et chorégraphe Dominique Dupuy a initié une année de Silence(s) avec la collaboration du Collège International de Philosophie, projet porté par le Théâtre National de Chaillot et de nombreux partenaires. Prochain rendez-vous en janvier au Théâtre national de la Colline à Paris avec une soirée consacrée à Alain Trutat, fondateur de France Culture. (Lire l’article)
[Disparition] Raoul Ventarières, crépitophile
L’auteur du mémorable ouvrage Le pet dans l’art aura passé la majeure partie de son existence à redonner leurs lettres de noblesse aux instruments à vent.
Fourscore et les oiseaux
De tous les algorithmes de traduction automatique, ceux à base de réseaux de neurones sont sans doute les plus performants. Mais pas fiables à tous les coups. La preuve par un discours d’Abraham Lincoln…
Offre d’emploi
URGENT OFFRE D’EMPLOI EN PRÉVISION DE PROCHAINES NÉGOCIATIONS ENTRE PARTENAIRES AYANT BEAUCOUP...
J32 – Les fils de Samson
Contre Lille, Mario Balotelli a inscrit un doublé. L’efficacité retrouvée de la plus célèbre crête de Ligue 1 offre l’opportunité de s’interroger sur les rapports complexes des footballeurs à leur coiffure. À première vue, la coupe de cheveux participe de la mise en valeur du corps, au même titre que le tatouage. Le corps est un instrument de travail dont on prend soin. Son efficacité suscite une fierté qui mérite d’être rendue publique. On se souvient du même Balotelli, torse nu, immobile, tous muscles bandés après son chef-d’œuvre contre l’Allemagne à l’Euro 2012 : le rapport amoureux de l’artisan à ses outils. (Lire l’article)
Gio Ponti dans la nef, un prix pour Faloci et un guide des styles
Livres, films, expos, théâtre, danse, architecture, design… Chaque semaine, les choix de délibéré.
Vers l’infini… et on s’arrête là
Dernière étape de notre voyage dimensionnel : celle des espaces à nombre infini de dimensions. Le premier que nous allons visiter est un espace de nombres. Chacune de ses dimensions correspond à un nombre premier – un nombre supérieur à 1 qui n’est divisible que par 1 ou par lui-même. Pour définir les points de cet espace, nous nous appuierons sur le fait bien connu que tout nombre entier supérieur à zéro peut s’exprimer d’une manière unique comme un produit de puissances entières de nombres premiers. Par exemple, 24 = 6×4 = 3×23. Nous pouvons alors assigner un point de notre espace au nombre 24, en utilisant la puissance de chaque nombre premier qui apparaît dans sa décomposition comme coordonnée sur la dimension correspondante. Ce qui peut donner quelques petites choses amusantes… (Lire la suite)
Les arts du possible (1)
Bismarck (ou Gambetta) disait que “la politique est l’art du possible”, or une telle formule pourrait aussi s’appliquer à d’autres arts, comme la bande dessinée. Les deux cherchent à proposer des mondes possibles, c’est-à-dire des univers cohérents qui possèdent toutes les caractéristiques de l’existence. Si elles ne sont pas toujours probables, les réalités parallèles que met en place la BD constituent des extrapolations possibles, permettant de mettre en lumière certains des aspects les plus obscurs de notre monde. (Lire l’article)
Un nouveau siècle des Lumières
Emmanuel Macron a pris la décision de dissoudre l’Assemblée car “les défis exigent la clarté...


















