La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Archives
Théâtre

Thomas Bernhard, version réduite

Clown lettré, intello au physique de gardien de but, Nicolas Bouchaud a un don de connivence, une façon d’interpeller les spectateurs qui met aussitôt en confiance. Toutes qualités présentes dans son adaptation de Maîtres anciens. Il a le coffre et la tête pour interpréter les monstres chers à Thomas Bernhard. Quelque chose pourtant ne fonctionne pas tout à fait, qui tient à la structure de l’original… (Lire l’article)

Théâtre

On a gagné !

Tous les soirs, une bonne cinquantaine de supporters du RC Lens mettent une sacrée ambiance au Théâtre national de la Colline à Paris. Banderoles, écharpes, maillots, tambours et trompettes, rien ne manque, pas même Chti Lens, la mascotte officielle du club avec sa tête de chien à longues oreilles. Cette irruption du foot au cœur du théâtre, qui plus est sous l’égide du Festival d’Automne, peut surprendre, tant les publics des deux disciplines semblent a priori éloignés. Dans son spectacle, intitulé Stadium, le metteur en scène Mohamed El Khatib prend des risques. Et réussit son pari. (Lire l’article)

Vue du plot N3, façade extérieure (Gigon/Guyer). ©Philippe Ruault
Architecture

L’entrepôt Macdonald, une ville décorative

Au Nord du XIXe arrondissement parisien, l’immense entrepôt Macdonald a été transformé en socle pour soutenir bureaux, logements, hôtel d’entreprises et bientôt des commerces. Est né un impressionnant nouveau morceau de ville en forme de parallélépipède dense, entre voies ferrées et canal saint Denis, déjà desservi par le tram et le RER. Mais les quinze architectes qui ont participé à cette méga opération de 23 projets n’ont pas pu casser les normes ni les programmes qui régissent l’habitat en France. Certains ont donc joué la décoration de façade. Et exploité toutes les vues vers ce nouveau Paris. (Lire l’article)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Islande-Hongrie : la baballe, je n’y connais pas grand-chose

La baballe, je n’y connais pas grand chose. Pour une bonne et belle raison : le foute est un sport où l’on n’a pas le droit de mettre la main, sauf le goal qui, du coup, est dans une cage. Sinistre métaphore. Le ballon, pour moi, c’est surtout quatorze centilitres d’un liquide immémorial. Mais, aujourd’hui, à propos d’une confrontation entre l’Islande et la Hongrie, des images puissantes et des tropes étincelants se bousculent à l’entrée (sécurisée à mort) de mon cerveau. (Lire l’article)

Boris Vian - Les joyeux bouchers
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Les Joyeux Bouchers

Le monde court à sa perte. Chacun de nous en a conscience, plus ou moins : réchauffement climatique, disparition accélérée des espèces animales et végétales, raréfaction des ressources naturelles, dissémination des matières fissiles, mort des utopies politiques, montée subséquente des populismes et des intégrismes, prise du pouvoir par l’intelligence artificielle dessinent un horizon que personne ne voit rose. “Signes précurseurs de la fin du monde” : chaque semaine, l’Apocalypse en cinquante leçons et chansons. Ou peut-être moins si elle survenait plus tôt que prévu. (Lire l’article)

Sébastien Érard clavecin piano Scarlatti rosace
Chroniques scarlattiennes, Musiques

L’or du Brésil

Dès le tout début du XVIIIe siècle, il est de notoriété publique, à Naples, que le fils d’Alessandro Scarlatti, Domenico, touche le clavecin mieux que personne. Alessandro le premier, qui écrit que son fils est un aigle qui doit déployer ses ailes. L’aiglon ira donc à Venise puis à Rome, où il servira la princesse de Pologne, puis au Vatican, qui a gardé trace de son passage en tant que maître de chapelle. Il se fait d’autres relations à l’académie d’Arcadie, hébergée par le cardinal Ottoboni, futur pape. L’un des membres de ce club très select est le roi Jean V de Portugal, immensément riche de l’or et des diamants du Brésil, qui désire s’attacher les services de Scarlatti junior, 34 ans, pour sa cour de Lisbonne qu’il veut la plus illuminée d’Europe. (Lire l’article)

Coloriage – La hyène hirsute © Philippe Mignon
Coloriage, Zoologie

La hyène hirsute

Si, en plein désert, au terme d’une longue marche nocturne, vous apercevez, au pied d’une dune, une sorte de talus herbeux, méfiez-vous… vous allez peut-être déchanter. Certains vous raconteront qu’ils ont vu le talus se disloquer et laisser place à un groupe de hyènes hirsutes.
Livres

Une pépite au bidonville

Rue des pâquerettes, le dernier livre de Mehdi Charef, est le récit de l’arrivée en France de l’auteur-réalisateur, de son enfance dans une baraque d’un bidonville à Nanterre. Les enfants immigrés portent en eux la blessure de l’arrachement au pays d’origine, qu’ils sont obligés de soigner comme ils peuvent, puisque « le retour est un mythe. On ne s’enrichit pas, quand on est ouvrier on le reste toute sa vie ». (Lire l’article)

Footbologies J24-25, par Sébastien Rutés
Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J24/25 – Tragédie en trois actes

Dimanche, le stade Vélodrome fut pendant quatre-vingt-quatorze minutes le théâtre d’une tragédie des plus classiques, respectant unité de lieu, unité de temps, et l’unité d’action d’une intrigue simple : la vaine lutte d’un club aspirant à retrouver sa gloire passée contre des forces implacables incarnées par un club rival, plus talentueux et plus expérimenté. Rien ne manque à la tragédie : le héros refusant d’abdiquer face au destin (Cabella), le chœur (les supporters), le titan (Zlatan), le deus ex machina (une erreur d’arbitrage) et les dieux du stade (le PSG). Le tout en trois actes. (Lire l’article)

Footbologies - J11 - Une chronique de la Ligue 1 par Sébastien Rutés
Foot, Footbologies 2016-2017

J11 – Le mythe de Troie

Dans L’or des tigres (1972), Jorge Luis Borges affirmait qu’il n’y a que quatre histoires à raconter, quatre “cycles” que nous ne cessons de réinterpréter depuis la plus haute Antiquité, quatre mythes qui nourrissent la littérature ainsi que –Borges n’en parle pas– le storytelling politique et la chronique sportive. Du plus ancien – l’histoire d’une “ville fortifiée qu’assiègent et défendent des hommes valeureux”–, la Ligue 1 a offert ce week-end une singulière version. La ville de Troie tombe à la fin, le supporteur le sait, comme tout un chacun. (Lire l’article)

“Yung Jake, jeune rappeur américain dont est donné en lien un clip vidéo étonnant, Embedded. Yung Jake est aussi un artiste digital sorti de CalArts, qui au lieu de glorifier la bimbeloterie technologique la rend pitoyable, la renvoie à son ineptie.” (Eric Loret - délibéré)
Courrier du corps, Musiques

Yung Jake, interactif passif

C’était au printemps dernier, consultant le site redshoes (“red shoes | SOME SHOES est une structure de production et de diffusion d’oeuvres contemporaines”) : les “news” de l’automne 2014 y étaient encore affichées. Rétrovision. Ne lisant pas plus loin que la première photo, on s’arrête sur celle de Yung Jake, jeune rappeur américain dont est donné en lien un clip vidéo étonnant, Embedded. Yung Jake est aussi un artiste digital sorti de CalArts, qui au lieu de glorifier la bimbeloterie technologique la rend pitoyable, la renvoie à son ineptie. (Lire la suite)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Giscard, la princesse et la promesse

En 2009 fut publié un curieux roman intitulé La Princesse et le Président, dont l’auteur n’était autre que Valéry Giscard d’Estaing. La chose contait la passion amoureuse d’un président de la République et d’une princesse britannique, personnages derrière lesquels il n’était pas difficile de reconnaître Giscard et Lady Diana. On sait aujourd’hui qu’un passage particulièrement torride a été supprimé de l’ouvrage au moment de sa publication.

Danse

Muhammad Ali, le tape dancer

Cassius Clay était déjà mort. Vécut donc Muhammad Ali, le tape dancer.  On lui a mis des gants sur ses mains pourtant faites pour caresser l’air. Sur le ring, sa garde était toujours en alerte. Les bras semblaient ballants comme chez Cunningham mais c’est dans cette fausse insouciance qu’il prenait la force et l’élan pour frapper. Net, direct, cash. Sur ses demi-pointes, il promenait l’adversaire. On aurait dû lui donner des gants blancs de smurfer. Mais le smurf n’existait pas encore. Il était noir, on lui dit de frapper. Il frappa donc. La jambe était déliée, les bras libres. Il était porté par l’élan populaire. Le visage était le même, ne bronchait pas : trop de coups dans la gueule. Nous n’avons vu que rarement un tel danseur. (Lire l’article)

Théâtre

Kyoto forever 2 : la COP est vaine

Frédéric Ferrer a installé sa compagnie Vertical Détour dans les cuisines désaffectées de l’hôpital psychiatrique de Ville-Évrard, en Seine-Saint-Denis, où depuis 2004 il poursuit un travail qui tourne autour du thème du dérèglement, envisagé du point de vue psychique – les figures de la paranoïa – et climatique – le réchauffement planétaire. Ferrer affectionne une forme théâtrale : la conférence scientifique qui dégénère. Kyoto forever 2, le spectacle qu’il présente à la Maison des Métallos à Paris, est de ce point de vue particulièrement réussi. (Lire la suite)

Théâtre

Sister : spectacle fêlé en mal de scène

Les Subsistances aiment à brasser des idées, à mêler les genres et les styles. À l’occasion du festival Mode d’Emploi, la metteure en scène, auteure et comédienne Hélène Mathon proposait un spectacle sur la schizophrénie : Sister, sur un texte d’Eugène Savitzkaya qui nous met directement en relation avec le malade et son entourage, ne parlant pas de la maladie en tant que telle mais de sa perception à travers la fratrie. Sister est une plongée vertigineuse dans un monde délirant, trouble, douloureux mais peuplé. Sister a été déprogrammé par les Théâtres Sorano-Jules Julien à Toulouse. Dommage. (Lire la suite)