J38 – La légende et l’oubli
La première saison de Footbologies dans Délibéré prend fin avec la 38ème et dernière journée du championnat. L’occasion de “saluer” le départ de Zlatan Ibrahimović. Le roi est mort, vive le roi : combien de stars du ballon rond se sont-elles crues indispensables qu’on a aussitôt remplacées ? Les voilà qui jouent les consultants sur les plateaux télé, s’ennuient dans leur retraites dorées et meurent dans l’indifférence. Courte est la durée de vie des légendes, de nos jours. Zlatan le sait, qui travaille d’arrache-pied à consolider la sienne avant que d’autres prennent sa place. Il fait comme chacun d’entre nous : il se bat contre l’oubli. (Lire l’article)
Vert Est La Couleur
Gregg Ellis, Séries Photographiques. Saison 1, épisode 6
Samuel Delmas, les murs en fuite
Le jeune architecte a exposé (trop brièvement) à la galerie de l’architecture parisienne. Mais il publie une monographie (durable) consacrée à seize projets. Et depuis décembre 2015, il livre un bâtiment, l’EHPAD Broussais dans le XIVe arrondissement de la capitale. Trois étapes pour découvrir une pensée précise et un dessein “Sensible”. Des réalisations à la fois ouvertes et intimes, riches de matière mais épurées. D’une maison privée dans la montagne à une Unité d’hospitalisation de psychiatrie infantile, le bois fait traversant, le blanc y rayonne particulièrement. Les bâtiments de l’agence a+samueldelmas créent de belles échappées vers l’extérieur. (Lire la suite)
La Grande Marche
Une présentatrice de show télévisé, une galerie de personnages célèbres et moins célèbres, un détournement du discours politique et des codes du théâtre, des indications scéniques absurdes : La Grande Marche, de Wolfram Lotz, une pièce traduite de l’allemand par Sofiane Boussahel et présentée à La Nuit de la traduction organisée par la Maison Antoine Vitez. (Lire le début de la pièce)
Deadpool, ou l’esthétique du bluff
Dans le nouvel Olympe marketté par Hollywood, Deadpool, énième comics passé sur grand écran, incarne le sale gosse de la famille mutante. À savoir, sous sa combinaison noire et rouge, un tueur à gages amoral et roublard, avec un visage de zombie, une puissance de surhomme et un don d’immortel. Mais son vrai super pouvoir, c’est le super second degré. Dès l’ouverture se déploient tous les vertiges de l’ironie et de la mise en abyme : voix off gouailleuse et regard caméra complice, gags parodiques. Dans ce kaléidoscope de clins d’œil et de reflets à l’infini, que reste-t-il du réel ? Rien, ou si peu. Fini le temps où des super héros sombres ou fragiles portaient doutes et traumas de l’après 11 septembre : nous voici revenus à l’ère du clinquant et du chiqué. (Lire l’article)
Ma Normandie
Madame, Monsieur, Votre revue a publié le 31 mars 2019, dans le cadre de la chronique Signes précurseurs de la fin du monde, un article titré I-Feel-Like-I’m-Fixin’-To-Die Rag dont le caractère humoristique ne nous a pas échappé mais qui fait état d’informations confidentielles dont la divulgation est de nature à nuire à l’ordre public. Nous vous prions en conséquence d’en cesser au plus tôt la publication en ligne. Pour votre information, sachez qu’un objet géocroiseur (2014 MF 18) sera effectivement au voisinage de la Terre au début du mois de juin. Cependant rien ne permet d’affirmer à ce jour que cet objet entrera en collision avec notre planète. Rien ne permet non plus d’évaluer les conséquences qu’aurait une éventuelle collision, le terme de « fin du monde » étant en tout cas grandement exagéré en l’état actuel de nos informations. (Lire l’article)
Après vous, je vous en prie…
Par temps d’inondation, vous vous rendez à un congrès mathématique important et n’êtes pas en avance. Mais voilà : avec toutes ces routes barrées, le trajet habituel vers l’université est impraticable. Vous devez prendre les petites routes, et traverser une détestable portion encaissée de chemin communal à une voie, habituellement peu fréquentée car elle s’entortille en épingles à cheveux, sans dégagement ni visibilité, sur cinq cents mètres. Manque de chance, les feux qui régulent normalement la circulation alternée sont en panne ! Pour tout arranger, au moment où vous arrivez à l’entrée de cette chicane, vous distinguez de loin un véhicule qui arrive de l’autre côté et se prépare lui aussi à s’y engager. Vous-même vous arrêtez un instant pour réfléchir… (Lire l’article)
Marathon Dylan
Il faut être sacrément fan pour s’avaler les six CD de Cutting Edge (1965-1966), le douzième volume des Bootleg Series de Bob Dylan. Un marathon studio qu’on aime ou qu’on déteste. En dehors des différentes versions d’un même titre que Dylan n’hésitera pas à reproduire lors de ses tournées, guidé par sa tendance à ne jamais vouloir jouer un morceau deux fois de la même façon, on assiste dans ce recueil – riche en documents et photos – à l’évolution, prises après prises, de compositions qui ont révolutionné le rock des années 60. (Lire la suite)
Ray Davies, un Kinks de retour
Americana était déjà le titre de son livre autobiographique publié en 2014. C’est aujourd’hui aussi le titre du dernier album solo du leader des Kinks, ce groupe britannique légendaire des années 60. A 73 ans, Ray Davies, n’a rien perdu de sa voix qui redevient vite familière dès qu’il entonne Americana, son ode à la mythique Amérique de sa jeunesse, véritable muse des compositions des Kinks. (Lire l’article)
Ex Machina #16: Quatre nuances de gris
[Ex Machina #16] Si tu ne distingues pas les concepts “bâtonnet 1 actif” et “bâtonnet 3 actif”, c’est sans doute que ce ne serait pas utile à ta survie. Du coup, ton cerveau a évolué pour te simplifier la vie et te présenter simplement un niveau de gris. En revanche, distinguer les couleurs les unes des autres doit être essentiel à la survie, et cela vaut le coup de conserver des concepts distincts pour chacune.
L’Amazonie de Sebastião Salgado
Les photographies de forêt amazonienne de Sebastião Salgado exposées à la Philharmonie de Paris sont sublimes. Trop? L’accrochage et les partis pris posent en tout cas plusieurs problèmes.
Le pectindon
Ce phasianidé dodu au plumage chatoyant ressemble beaucoup à notre dindon domestique. Il s’en distingue toutefois par sa large queue rigide, toujours déployée, et par son cou vrillé qui prend un tour supplémentaire chaque année.
L’AENA ou comment défendre la bibliodiversité
200 maisons d’édition ont leur siège en Nouvelle Aquitaine. Pour défendre la bibliodiversité, une cinquantaine d’entre elles se sont regroupées en 2020 en une association. Esther Merino, qui a repris en 2019 les éditions Les Monédières à Limoges, revient sur le sens de leur action.
UNTEL, L’art d’être touriste
Le touriste est de masse et il est anonyme, il est un consommateur et un pur produit du capitalisme mondialisé, il est une figure économique et certainement pas une figure poétique, bref, il est tout ce que l’artiste ne doit pas être. Sauf si l’artiste est un groupe d’artistes, intervenant dans la deuxième moitié des années 1970, adepte de la performance et de la mise à distance rieuse, et que son nom est UNTEL. Alors, l’artiste peut choisir de revêtir le costume du touriste et en faire matière à performance : c’est ce que l’on découvre actuellement à la galerie mfc-michèle didier. (Lire l’article)
Bordeaux… ô verre, suspends ton vol !
À la Cité du vin de Bordeaux, bâtiment élevé à la gloire des vins du monde entier, l’exposition « Renversant » est une présentation de verres contemporains, bouteilles, carafes… au carrefour du design et de l’art. La designer Matali Crasset y a été invitée pour créer un nouvel objet pour la dégustation, Vino sospeso (Vin suspendu). Elle démontre là, une fois de plus, sa manière de regarder nos usages familiers avec un autre œil et d’autres doigts. (Lire l’article)
Agrippine vs canicule
“Et ne connais-tu pas l’implacable Agrippine ?”, “J’embrasse mon rival, mais c’est pour l’étouffer”, c’est dans Britannicus de Racine, la pièce dont le héros n’a jamais été Britannicus, mais Néron qui en est le centre, le metteur en scène et le moteur. Et s’il en était l’unique personnage ? Britannicus, de Racine, mise en scène de Christine Joly, avec Philippe Lebas, à l’Artistic Théâtre (Paris), jusqu’au 31 juillet 2019. (Lire l’article)
Il Miracolo, une histoire du trouble
Dieu, ces derniers temps, visite souvent Arte et c’est tant mieux. Après Au nom du père, co-production avec le Danemark, et son ravageur pasteur, voici Il Miracolo, co-production avec l’Italie, avec sa vierge en plastoc qui pleure des litres de sang. Serait-ce un rien passéiste ? Parce que l’Italie, là, semble moins habitée par les miracles de la madone que par de bons vieux démons. Erreur. (Lire le guide)
Pablo de cinq à sept
En salle, le sixième et le septième longs-métrages du Chilien Pablo Larraín : Neruda et Jackie sont des films jumeaux, nés de regards nouveaux et audacieux sur deux figures célèbres – et peut-être mineures – de la guerre froide. Deux reconstitutions historiques suscitant des émotions contraires : alors que la fuite du poète et sénateur communiste chilien déçoit rapidement, l’intensité de l’entrée en veuvage de l’ex-first lady américaine émeut et fascine durablement. (Lire l’article)


















