Les mots de l’année
Le dictionnaire de la Real Academia española a mis en ligne sa mise à jour de l’année 2020. La liste des nouveaux mots offre une lecture passionnante. Sans rire. Et certains d’entre eux témoignent de l’un des enjeux de la traduction : l’intraduisible.
L’incertitude nécessaire
Le gouvernement a très récemment décidé d’opérer une coupe dans le budget de la recherche publique, pour un montant de 256 millions d’euros (faut-il voir dans cette puissance de 2 un hommage involontaire aux informaticiens ?). Or la recherche se mène sur le long terme, et tenter d’infléchir sa course trop brutalement peut faire caler le moteur. Une coupe d’apparence minime peut entraîner par effet domino des conséquences bien plus importantes : c’est ce que l’on appelle une non-linéarité. Si je retire la touche ‘D’ de votre clavier, il vous en restera une grosse centaine mais vous perdrez beaucoup en productivité. (Lire l’article)
Redresseur de torts ?
Comment savoir a priori qu’un échantillon est représentatif ? Et d‘ailleurs, que recouvre cette notion ? Nous savons tous ce qu’en est l’opposé, à savoir un échantillon biaisé. Si vous faites un sondage d’opinion sur l’adoption homoparentale à la sortie de la messe de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, une étude épidémiologique sur le tabac dans la file d’attente du buraliste de la Place de Clichy ou une enquête de popularité pour Mélenchon dans les tribunes de l’hippodrome de Saint-Cloud, il y a fort à parier que vous obtiendrez des chiffres pour le moins faisandés… (Lire l’article)
“Une voix qui revient parmi les vivants”: entretien avec Julie Le Breton
Julie Le Breton, seule en scène dans Les dix commandements de Dorothée Dix, croyait, comme nous, que le théâtre, ça commençait quand on était au moins deux. Il fallait la rencontrer pour revenir sur cette croyance commune, peut-être erronée. Et parler du théâtre tel qu’il se vit et se pratique au Québec.
Une émouvante cérémonie
La maire de Paris a inauguré au Jardin des Plantes une sculpture en verre à la gloire d’Élias Karys, le célèbre géodrilologue disparu l’an dernier.
La Cerisaie, grand format et chemins de traverse
Grand décor, grande actrice -Isabelle Huppert dans le rôle de Lioubov- échappées baroques, la mise en scène de la pièce de Tchekhov par Tiago Rodrigues ne manque pas d’idées tout en restant (trop ?) sage.
Jeu d’été #01
La règle stoïque de subvenir à nos besoins en supprimant nos désirs équivaut à se couper les pieds pour ne plus avoir de chaussures.
Flore de ballast : Maria Thereza Alves et la botanique de la colonisation
Depuis 1999, l’artiste brésilienne Maria Thereza Alves investit des villes portuaires qui furent des points cruciaux de la cartographie coloniale — Marseille, Liverpool, Dunkerque, Bristol — et observe comment les échanges coloniaux furent doublés d’une circulation de semences végétales. On connaît l’histoire migratoire de certains fruits et légumes — on sait la pomme de terre ou la tomate fameusement introduites en Europe à la fin du XVIe siècle. Maria Thereza Alves s’intéresse au contraire à des plantes dont la circulation fut accidentelle et souvent inaperçue : la flore de ballast. (Lire l’article)
La Bible entre les lignes
La Bible peut difficilement passer pour un manuel d’éducation sexuelle, même si l’on y trouve un certain nombre d’injonctions qui, au fil des âges, ont plus ou moins régi la sexualité des croyants. Ainsi, dans l’Ancien testament, le Deutéronome ne fait pas de l’adultère une simple bricole puisqu’on y lit : “Si l’on trouve un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux”. Heureusement le Deutéronome n’est plus vraiment pris au pied la lettre, et cela se comprend d’autant mieux qu’on y lit des choses aussi exotiques que “Tu ne laboureras point avec un bœuf et un âne attelés ensemble” ou “Tu ne porteras point un vêtement tissé de diverses espèces de fils, de laine et de lin réunis ensemble”. C’était avant les tracteurs, le Nylon et Tinder. (Lire l’article)
La der… d’André Walusinski (1915)
Ce 11 novembre 2018 marque un centenaire: cent ans pendant lesquels aucune autre trace que le document officiel de 1920 confirmant le décès d’André Walusinski “à l’ennemi” n’est parvenue, pas même une lettre de poilu qui aurait pu faire de lui quelqu’un d’autre qu’un soldat inconnu.
Déraisonnable indépendance
Dans un court essai stimulant, inspiré notamment de Bourdieu, Julien Lefort-Favreau s’interroge sur la situation des éditeurs indépendants par rapport aux grands groupes et aux plateformes.
Aphorismes et pensées
Pour fêter le 250e anniversaire de la naissance d’Iphigénin Plomp, nous publions régulièrement dans nos pages des pensées et aphorismes de ce grand esprit si français.
Jeunes schnocks
Nous avons reçu ce matin dans le courrier des lectrices cette curieuse offre d’emploi. Bien...
Arnaud Meunier ou le théâtre optimiste
Arnaud Meunier met en scène un Candide pimpant, à la fois près du texte et inventif, proche de la comédie musicale. Dans un entretien, le metteur en scène revient sur ce spectacle et sur sa conception du théâtre.
Dom Juan ou l’éloge de la lenteur
Marie-José Malis présente au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers un Dom Juan de Molière qui dure près de cinq heures sans entracte. Drôle d’idée que de ralentir à ce point les choses, comme si des vérités nouvelles devaient en surgir. Elle en est coutumière. La dilatation du temps fonctionnait bien dans Le Prince de Hombourg, qu’elle a monté en 2009 : la dimension somnambulique de la pièce et de son personnage principal s’y prêtaient. Pari réussi encore avec On ne sait comment de Pirandello, en 2011, traitée à la façon d’un cauchemar philosophique. Mais cela ne fonctionne pas à tous les coups… (Lire l’article)
Espagne-Croatie : justice immanente et mauvaise foi
J’ai l’insigne honneur de faire partie d’une confrérie secrète et néanmoins joyeuse (dont il est, bien évidemment, hors de question que je révèle le nom ici) qui a pour habitude, voire pour principe, de se réunir virtuellement un nombre assez peu calculable de fois quotidiennes afin de deviser en désordre de l’état footballistique des choses, qu’il pleuve, vente, que l’heure soit grave ou ordinaire, que l’Euro galvanise les foules ou que Lyon reçoive Guingamp. (Lire l’article)
Retour à la case départ
On ne parle que de leur fin. Aussi, il nous a semblé, à la rédaction, qu’il était grand temps de revenir au début** des haricots. En l’absence de la page 12, le dossier complet est à retrouver – sans fils – en page 13.
Minerarium
Il est des œuvres qui vous engourdissent. Des œuvres froides, silencieuses, comme les mondes désertés de Giorgio De Chirico. Les grandes peintures que Maude Maris présente à la galerie Isabelle Gounod sont de cette famille. Elle construit des scènes infinies, où aucune ligne d’horizon n’interrompt la modulation des couleurs, où le temps comme l’espace semblent avoir disparu. La verticalité prime, elle encadre les épanchements et structure ce rêve de pierre. (…)

















