J38 – Ecce homo
En cette dernière journée de la saison, une question demeure : pourquoi une telle popularité du football ? Parce que le supporteur s’y reconnaît mieux que dans n’importe quel autre sport. Assurément, le football est le sport le plus humain. Trop humain. Le football est un miroir où le supporteur contemple son propre portrait. Le spectateur se regarde lui-même. Pas comme Méduse qui se pétrifie elle-même à la vue de son reflet dans le bouclier que lui tend Persée. Au contraire, c’est Narcisse tombé amoureux de son propre visage à la surface de l’eau. (Lire l’article)
Tofu, saké et autres gourmandises
Livres, films, expos, danse, théâtre… Chaque semaine, les choix de délibéré. Cette semaine La Cantine de minuit, BD de Yarô Abe publiée chez Le Lézard Noir, où chaque histoire se déroule dans un petit restaurant de quartier et se noue autour d’une nuit et d’un plat
Le savoureux théorème du juge Brann
Les 37 pages du jugement rendu par le juge fédéral de Pennsylvanie pour rejeter les plaintes déposées par des électeurs républicains ou les avocats de Trump constituent un petit bijou d’argumentation logique. L’humour en prime.
Dimitris Papaioannou, rolling stone
On l’avait raté au Théâtre de la Ville en octobre 2015, on s’est précipité à Montpellier Danse pour redécouvrir avec bonheur le Grec Dimitris Panaioannou. On avait gardé un souvenir clair de sa mise en scène, en images et en danse de sa Medea en 1998 à la Biennale de la Danse de Lyon, laquelle s’ébattait dans une pataugeoire. Car, ce n’est pas la première fois qu’il vient en France, même si on voudrait le voir plus souvent. L’occasion se présentant, on l’a retrouvé avec une autre figure de la mythologie grecque : Sisyphe. Still Life (Nature morte) est une allégorie de la Grèce, du peuple grec qui reconstruit sur les ruines, les désastres économiques. (Lire l’article)
Irlande-Suède : la chance des Irlandais, mon cul !
Et puis quelque chose d’étrange advient. Je n’oublierai jamais l’heure. 18h05. Putain ! L’Irlande a marqué ! Je crie comme un dingue. Goallllllllllllllllllllllllllllllllll ! Ma femme déboule en courant dans la pièce en pensant que quelqu’un à tiré un coup de feu par la fenêtre (à Belfast, c’est très courant). J’ai mal à la gorge d’avoir hurlé comme un dément, mais j’en ai rien à faire. Le Stade de France explose ; on peut entendre le ballon toucher le filet jusqu’au fin fond de l’Irlande. Wes Hoolahan a marqué une beauté de but. Les Suédois sont sous le choc, figés sur place. Les Irlandais sont maintenant des géants et les Suédois des nains de Games of Thrones ! (Lire l’article)
Une Belle Histoire
Au printemps 2017, Stephen Hawking déclarait à la BBC que les humains, s’ils voulaient survivre, devaient quitter la Terre d’ici 100 ans afin de coloniser une autre planète. En cause : une éventuelle guerre nucléaire, le changement climatique, une épidémie virale et/ou les progrès incontrôlables de l’intelligence artificielle. Un an plus tard, le célèbre physicien quittait lui-même la Terre, pas pour la planète Zorglub mais pour une tombe à l’abbaye de Westminster, aux côtés de celles de Newton et de Darwin. Ses cendres reposent désormais sous une pierre engravée de la formule T= hc³/ 8πGMk. C’est l’équation dite de Bekenstein-Hawking qui décrit l’entropie des trous noirs, en d’autres termes (très simplifiés) la quantité d’information qu’ils renferment. Et si cette inscription, choisie par le savant lui-même, était un ultime message ? (Lire la suite)
“Le théâtre, ça se lit aussi” Entretien avec Pierre Banos
Les éditions Théâtrales ont fêté l’année dernière leurs quarante ans. Pierre Banos, directeur de la maison, revient sur les difficultés du secteur, sur ses choix éditoriaux et sur les évolutions de l’écriture dramatique.
Jérôme Baschet pour un gouvernement victime d’hyperactivisme frénétique et d’étouffement présentiste
Parce qu’une “sortie du présentisme” est possible, parce que “sortir du présentisme, c’est aussi et avant tout rouvrir le futur”, nous recommandons l’ingurgitation par tous les adhérents à La République en Marche ainsi qu’à ceux qui, d’une façon ou d’une autre, s’y sont frottés, l’ingestion complète de l’ouvrage de Jérôme Baschet, Défaire la tyrannie du présent. Temporalités émergentes et futurs inédits, qui, nous l’espérons, pourra percer une brèche, fût-elle modeste, fût-elle lointaine, dans notre avenir un peu bouché. (Lire l’article)
Ben Shahn non conforme
Dessinateur, peintre, photographe et artiste engagé, Ben Shahn (1898-1969) fait l’objet d’une formidable rétrospective au musée Reina Sofia de Madrid. Né en Lituanie, mort à New York, il fut un grand témoin des combats essentiels du XXe siècle.
17ème Biennale de la danse de Lyon : chemins de traverse
Ils n’ont franchement rien à voir l’un avec l’autre. Les uns du collectif Petit Travers proposent un jonglage scénique où la trajectoire de la balle est plus visible que le jongleur. Les autres de la compagnie Roy Assaf Dance mêlent les danses religieuses, militaires ou de couple. Leur vocabulaire intrigue dans cette 17ème Biennale de la danse de Lyon très touffue. (Lire l’article)
Didier Eribon, comptes de Noël et de la nouvelle année
Après l’apnée des fêtes, les gilets jaunes descendent lentement en Une des journaux. Bon moment pour ouvrir ou rouvrir un livre paru il y a dix ans pile, Retour à Reims, de Didier Eribon. Ou aller au théâtre : la pièce adaptée du texte par Thomas Ostermeier va être jouée pour la première fois en France. (Lire l’article)
2018 en séries
De toutes les addictions qui nous minent, celle aux séries TV est sans doute la plus bénigne. Elle peut même être bénéfique quand ces séries nous embarquent vers le côté face de décors dont nous n’aurions même pas songé à explorer le côté pile. Si le contour des nouveautés 2018 reste un peu nébuleux, on peut déjà recommander les prochaines saisons de séries qui ont fait leur preuves tant par leurs qualités que leur capacité d’accoutumance. (Lire l’article)
L’Alpha, livre grand ouvert sur Angoulême
Non, la nouvelle médiathèque de la ville de la BD n’est pas en forme de bulle ! Conçue par l’architecte Françoise Raynaud, de l’agence parisienne Loci Anima, c’est un empilement de boîtes en porte à faux, avec des façades en lames d’aluminium, dont l’agencement forme le A d’Angoulême. Situé derrière la gare, le bâtiment regarde la haute cité historique. Avec ses 130 000 documents, cet équipement culturel démultiplie la bibliothèque traditionnelle, entre numérique, papier, expositions et rencontres. Et entend revivifier l’ancien faubourg industriel de l’Houmeau en mutation. (Lire la suite)
Clément-Édouard Bellenger
Clément-Édouard Bellenger (1851-1898) fut un graveur sur bois régulier de Daniel Vierge, dont...
Ross Lovegrove, impressions mutantes
Le designer britannique modélise les silhouettes évolutives de la nature. « Imprimer le monde » présente les objets mutants réalisés en 3D. Voici deux expositions qui s’hybrident bien au Centre Pompidou. Dans ce nouveau programme « Mutations/Créations », le design est placé au croisement de l’art et de l’architecture, en symbiose avec les technologies numériques, les sciences des matériaux, la biologie. Des recherches qui illustrent la grande bascule du mécanique au digital. Dans un esprit optimiste positiviste. (Lire l’article)
Le design, Now et maintenant
De Bastille à Barbès, la Design Week parisienne a fermé ses boutiques. Après une semaine de présentations diversifiées, du meuble le plus léché classique aux bidouillages numériques de toutes sortes. Entre réfugiés sous la Cité de la mode et du design, rentrée économique maussade et questionnements sur l’avenir d’un métier qui se redéfinit, se re-cherche vers des démarches plus locales et mutualistes. Tour de piste, de fêtes en débats, de cette manifestation qui est un des reflets d’un design désarticulé. (Lire la suite)
La Somme en quarantaine
Trois cas d’accidents mortels en un seul jour dans le département de la Somme ont poussé le gouvernement à prendre des mesures drastiques. En application stricte du principe de précaution, tous les véhicules ont été placés en quarantaine.
Street Fighting Man
23 mars 2029. Il fait un temps pourri depuis des semaines mais, coup de chance, nous venons de trouver une bâche en plastique dans les décombres d’une zone commerciale. On est vaguement à l’abri là-dessous, et puis cela permet de récupérer un peu d’eau de pluie. Les types qui ont installé leur campement de l’autre côté du bois ont l’air calme depuis quelques jours, mais comme ils ont égorgé Jean-Philippe la semaine dernière, nous nous méfions. J’ai instauré un tour de garde, surtout pour le principe car nous n’avons pas vraiment d’armes pour nous défendre. Les cartouches que nous avions récupérées dans l’armurerie de Coutances sont épuisées depuis belle lurette, et la crosse du fusil, seul morceau de bois sec qui nous restait, est passée dans le feu… (Lire la suite)


















