[Disparition] Raoul Ventarières, crépitophile
L’auteur du mémorable ouvrage Le pet dans l’art aura passé la majeure partie de son existence à redonner leurs lettres de noblesse aux instruments à vent.
Parc de Sceaux : fin de traque
Depuis plus de deux semaines, une octogénaire solitaire rôdait dans le parc de Sceaux, troublant la tranquillité des visiteurs.
J1 – La fontaine de Canathe
Dans l’ombre de championnats plus fortunés et plus renommés qui attirent sans cesse les nouveaux talents étrangers, la Ligue 1 a pris depuis quelques saisons l’habitude de faire du neuf avec du vieux. On recycle. Voilà qui tombe bien, l’époque est à la chasse au gaspillage. Fini les emballages jetables, les sacs sont désormais réutilisables : les joueurs et les entraîneurs aussi. Crise oblige, les Français se mettent à la récup’ et les présidents de club au système D. Après tout, pourquoi jeter un vieux footballeur qui peut encore servir ? (lire l'article)
3 x 3 = Les Oiseaux
Gregg Ellis, Séries Photographiques. Saison 2, épisode 2
De quoi le manchot papou est-il le nom?
Sa double “papouité”, vernaculaire (manchot papou) et taxonomique (Pygoscelis papua), est problématique: elle télescope dans le corps d’un petit animal incapable de voler deux mondes a priori aux antipodes l’un de l’autre : la froidure polaire et la touffeur équatoriale...
Métaphores et métalepses
À la fin de son Mystère Tex Avery, Robert Benayoun propose en vrac un “lexique succinct des métaphores texaveriennes”, en d'autres termes ces “trucs” qui prouvent que l'on se trouve bien dans l'univers avéryen. On y trouve l'effritement, propension des personnages maltraités à se retrouver en morceaux façon puzzle, la folie lubrique, de l'érection des globes oculaires à la mâchoire qui tombe sur le sol, la folie définitive, à coups de marteau, les “accélérations insanes”, les aphorismes, tel le kangourou sautant dans sa propre poche, ou le “sur-commentaire”, façon “Long isn'it ?” apparaissant sur un panneau devant une très longue voiture. Mais Tex Avery est surtout le roi de la “métalepse narrative”, au sens que lui a donné Gérard Genette. (Lire l'article)
La possibilité d’un DeLillo
Encore un marathon organisé par Julien Gosselin, qui s'attaque cette fois à trois des romans majeurs de Don DeLillo. Inégal, moins maîtrisé que son adaptation du roman de Roberto Bolaño 2666, ce spectacle est aussi plus intéressant. C'est que les fils narratifs sont moins faciles à suivre, tant le style de DeLillo, riche en ellipses et surtout en silences suppose des lecteurs qui acceptent de s'égarer en chemin. La scénographie d'Hubert Colas est une boîte fermée – un grand livre au cœur duquel on se retrouve. On en retiendra de grands moments d'humour, de mélancolie, de cruauté, de complexité. (Lire l'article)
Wesh wesh, bande de bolos
Intéressé par la peinture de la vie des jeunes générations et la manière dont ils expriment leurs ressentis, Riad Sattouf propose avec Histoires de mes 11 ans le second volume de sa série Les Cahiers d’Esther. L’auteur y suit la fille d’un couple d’amis, qu’il nomme Esther pour préserver son anonymat, l’écoutant régulièrement faire le récit de sa vie, qu’elle soit scolaire ou familiale, ce qui donne l’occasion de découvrir une vision de l’existence au travers des yeux d’une petite fille, à présent en CM2. (Lire l'article)
Masters of Sex
Nous sommes à la fin des années 1950, Bill Masters est un gynécologue obstétricien connu pour ses travaux sur la fertilité, et applaudi par la bonne société qui lui doit quelques bébés. Virginia Johnson est une borderline sociale très à l'aise avec sa sexualité et son indépendance économique et affective...
À la dérive
Quel rapport entre Méduse et Arctique, deux des spectacles donnés en clôture du Festival d’Avignon ? Tous deux relatent des histoires de naufrages en pleine mer, sans pour autant prétendre faire le lien avec l’actualité. Sans doute est-ce mieux ainsi. Reste pourtant un léger malaise : à force de tenir à distance toute référence à la réalité, les deux spectacles donnent le sentiment de tourner sur eux-mêmes, comme s’ils étaient, chacun à sa façon, sourds au monde, seulement préoccupés de leur propre survie. (Lire l'article)
Cannibalisme et traduction : Dmitri Nabokov traducteur de Vladimir Nabokov
Dmitri Nabokov fut l’un des traducteurs les plus assidus de l’œuvre de Vladimir Nabokov. Il fut également un exécuteur testamentaire inspiré. Inspiré par son père qui, à ses dires, l’accompagna toujours, en lui soufflant les bonnes décisions à prendre. L'occasion d'aborder sous l'angle des rapports père-fils la question du cannibalisme en traduction.
Désillusion
Sale temps pour les sœurs Rosio, qui sur Spotify n'ont comptabilisé que deux écoutes le mois dernier... À quoi bon prêcher dans un désert peuplé d'incultes?
Massacre des innocents pour le Président de la République
Grâce à son sang froid et à son flair médical, le docteur Rabau a pu diagnostiquer et prendre en charge M. Macon, président de la République, bien connu au service de Médecine littéraire, alors qu’il traversait un épisode aigu de diabète politique sucré. Après une intervention en urgence au palais de l’Élysée, le patient a été admis au service de Médecine littéraire et un traitement de fond a été mis en place avec la prescription du Massacre des Innocents de Marc Biancarelli (Actes Sud, 2018). Les résultats sont encourageants et l’acidité du patient a pu être révélée. La vigilance et des soins réguliers restent toutefois nécessaires. (Lire l'article)
Edogawa Ranpo ou la fascination de Méduse
Une jeune fille naïve qui épouse un homme à la réputation inquiétante. Un homme trompé qu’un regain de vie conduit à un sort terrible. Une curieuse épidémie de suicides. Un crime parfait. Autant de récits ciselés par ce maître du fantastique japonais et publiés sous le titre Un amour inhumain par les Nouvelles Éditions Wombat.
Le cacophonès
Contrairement à ce que son nom pourrait laisser entendre, le cacophonès a l'oreille absolue. Grand imitateur des voix humaines, il possède un talent exceptionnel pour le chant et une mémoire confondante. Son registre semble infini. Son cou également.
Deserted Village
De plus en plus occupé par ses prestigieuses commandes de peintures murales – la frise de la...
Ex Machina #39: Un mal nécessaire ?
Mes neurones nociceptifs sont au repos, mais c’est essentiellement parce que mon environnement virtuel est agréable et sécure. Alan, qui l’a conçu, est un type bien. Ce n’est malheureusement pas le cas de tout le monde.
Hommage à un idiot sublime
S’il est un résultat récent de l’Intelligence Artificielle qui a de quoi faire rêver – sans préjudice d’un éventuel cauchemar –, c’est bien le logiciel AlphaGo Zero de Google. Il s’agit du dernier né d’une impressionnante et toute nouvelle dynastie de programmes champions dans un jeu, le Go, que la plupart des spécialistes considéraient encore il y a peu comme inaccessible aux ordinateurs, tant est grande la combinatoire de ses positions possibles : comparés au Go, les échecs font presque mine de morpion. (Lire l'article)


















