Bror Gunnar Jansson : troublants personnages
Le jeune bluesman suédois, sorte de réincarnation de John Lee Hooker et de Skip James, est en tournée en France, où sa carrière internationale est née, pour présenter son troisième album, And The Great Unknown Part II. Avec des clins d'œil aux work songs des champs de coton et au son cubano, et des chansons à thèmes politique et écologique. Et une passion intacte pour l'Amérique, réelle et imaginaire, terre d'amours et de colères. (Lire l'article)
Banksy vs Marcel : un siècle de retard sur l’art en morceaux (3)
Depuis les expériences duchampiennes très élaborées et les complicités du hasard auxquelles l’artiste savait rendre grâce, la problématique artistique de la machine et du débris – ou celle de la machine et du débris artistiques – a ensuite régulièrement trouvé des exploitants plus catégoriques. Le pop art, dans ses variantes britanniques, françaises, américaines ou japonaises, investit résolument l’univers béant des vitrines, de la publicité, des cartoons et comics, pour enchaîner des productions assumant l’empiètement de la marchandise sur l’œuvre d’art et réciproquement. (Lire l'article)
Fragments de terre et d’eau
Depuis six ans, au début du mois de septembre, le Festival Terraqué pose la musique vocale et instrumentale à Carnac et ses environs. Son directeur artistique, Clément Mao-Takacs, fait de chaque concert un exercice d’hospitalité accueillant aux artistes, aux publics et à la musique. Le mot Terraqué, emprunté à Guillevic, signifie "de terre et d’eau".
Les mots de l’année
Le dictionnaire de la Real Academia española a mis en ligne sa mise à jour de l'année 2020. La liste des nouveaux mots offre une lecture passionnante. Sans rire. Et certains d'entre eux témoignent de l'un des enjeux de la traduction : l'intraduisible.
Deadpool, ou l’esthétique du bluff
Dans le nouvel Olympe marketté par Hollywood, Deadpool, énième comics passé sur grand écran, incarne le sale gosse de la famille mutante. À savoir, sous sa combinaison noire et rouge, un tueur à gages amoral et roublard, avec un visage de zombie, une puissance de surhomme et un don d’immortel. Mais son vrai super pouvoir, c'est le super second degré. Dès l’ouverture se déploient tous les vertiges de l’ironie et de la mise en abyme : voix off gouailleuse et regard caméra complice, gags parodiques. Dans ce kaléidoscope de clins d’œil et de reflets à l’infini, que reste-t-il du réel ? Rien, ou si peu. Fini le temps où des super héros sombres ou fragiles portaient doutes et traumas de l’après 11 septembre : nous voici revenus à l’ère du clinquant et du chiqué. (Lire l'article)
Une décision qui ne pas(tis)se pas
De nombreuses décisions ont été prises afin de réduire le gaspillage de l’eau dans les régions touchées par la sécheresse. La plupart d’entre elles ont été acceptées sans trop de résistance. Il y en a toutefois une qui ne passe pas...
Hors d’œuvres – Les Voyageurs, épisode 1
Chaque année, quelques vingt étudiants des Beaux-arts de Paris obtiennent leur diplôme national supérieur d’arts plastiques avec les félicitations du jury. Et chaque année, le travail de ces félicités est exposé au Palais des Beaux-arts. L’exposition 2015 vient d’ouvrir sous le titre Les Voyageurs. Un titre simple. Étrange pourtant. Car plutôt que de qualifier les œuvres, il qualifie les artistes exposants. Parce qu'il s'agit de jeunes artistes, devraient-ils d'abord justifier d'une personnalité pour pouvoir ensuite se prévaloir d'une œuvre et, finalement, être reconnus comme artistes ? (Lire la suite)
Le virus des objets
Martine Bedin et Claude Eveno se sont rencontrés en 2000, ont beaucoup correspondu. Au fil de leur amitié, à travers textes et lettres, ils retracent leurs souvenirs respectifs, leurs initiations croisées, leurs constats actuels. Se répondent leurs relations aux lieux, à l'espace, aux voyages, aux maisons, à l'art, à l'architecture, à la photographie... Au design finalement, dans Objets, nos amis. Une conversation, un livre où ils dressent un état du monde des choses subjectif, joyeux et désenchanté. (Lire le guide)
Olivia Ruiz, la “Zizi” de Jean-Claude Gallotta
Dans Volver, leur nouvelle création révélée à la 17ème Biennale de la danse de Lyon, la chanteuse et le chorégraphe font bon ménage. Tout à la fois portrait de la chanteuse et faux biopic, la pièce évoque plus largement la question épineuse des migrants actuels et de leur accueil. Dans une chorégraphie aérée, mettant souvent en scène des couples comme des doubles du couple vedette, le spectacle n’est que rythme, envolées, tendresse. (Lire l'article)
Les “Singer Notes” de Mel Bochner
Il y a presque cinquante ans, Mel Bochner entrait en résidence au Singer Central Research Laboratory, dit Singer Lab. Il y avait candidaté avec un projet intitulé Numerical Photographic Translation : il voulait traduire photographiquement une configuration numérique, c’est-à-dire, littéralement, produire une image digitale. Les ressources du Singer Lab. devaient l’y aider. Mais, quelque temps après, les ingénieurs du laboratoire conclurent que les technologies n’étaient pas assez avancées et Bochner dut renoncer au projet. La résidence se changea en une conversation sans but précis et Bochner décida que les notes prises par les participants à ces échanges en seraient le seul résultat. Ces Singer Notes sont aujourd'hui exposées à la galerie mfc michèle didier. (Lire l'article)
Bonne année des Beatles !
Gregg Ellis, Séries Photographiques. Saison 2, épisode 4
Michel Butel, mort d’un poète
On annonce la mort de Michel Butel, à l'âge de 77 ans. C'est une très mauvaise nouvelle. La presse perd son dernier poète, et ses amis un type formidable. Il était malade depuis des mois, avait du mal à respirer, mais jusqu'à son dernier souffle il a défendu l'idée que l'on devait faire des journaux comme des œuvres d'art. Il est bien le seul à y être parvenu. Portrait rédigé en 2011 alors que Butel se préparait à lancer son tout dernier journal, L'Impossible, après avoir présenté sa candidature à la direction du Monde. (Lire le portrait)
L’étrange cas du Dr Enid Blyton
La Britannique Enid Blyton (1897-1968) a écrit plus de 600 livres pour enfants, dont les célèbres séries des Oui-Oui et du Club des Cinq. L’auteur le plus prolifique de la littérature jeunesse a laissé derrière lui un héritage qui continue de fructifier. Pour ses lecteurs, Blyton règne sur un monde enchanté, joyeux et lumineux, simple et touchant. L’envers de la médaille est plus sombre. Un chercheur a même exhumé une vingtaine de versions extrêmement scabreuses des aventures de Oui-Oui, assurément issues de la machine à écrire de Blyton, bien que signées d'un pseudonyme. (Lire l'article)
Curieuse volèrution
Sur les immeubles de nos villes, disparus les volets battants pleins, à barres et écharpes, les volets provençaux ou dauphinois, les volets persiennés, simples, mixtes ou niçois! Quelle que soit la région où vous vous trouvez, depuis des années, les volets ne sont plus que roulants ou coulissants... voire postiches.
Kung Fu Panda / The Assassin… en quête du “chi-néma”
À l’affiche, deux films que tout semble opposer tentent de se réapproprier le film d’arts martiaux chinois. D’un côté, Assassin, le wu xia pian de l’auteur Hou Hsiao-hsien, Sifu d’une modernité esthète et intimiste... De l’autre, Kung Fu Panda 3, la franchise la plus populaire de sa Seigneurie Dreamworks, dans la lignée des Jackie Chan... A priori, pas plus à voir entre ces deux là qu’entre un moine en tunique et un colosse en armure qu’on mettrait face à face.Mais l'un et l'autre parviennent-ils à saisir le “Chi”, ce principe de l’énergie vitale cher à la cosmologie bouddhiste ? (Lire l'article)
Jules et Edmond de Goncourt : Dieu au bordel
“La religion est une partie du sexe de la femme.” Voilà une des citations des frères Goncourt qui se colporte de page web en page web sans que l’on sache trop d’où elle vient ni ce qu’elle signifie vraiment. La source est assez simple à trouver : c’est une phrase extraite du Journal, inscrite à la date du 11 avril 1857. Notre aphorisme sibyllin pourrait bien être une condamnation simultanée du sexe, de la religion et de la femme. Certes, mais la question reste entière : cette phrase, que signifie-t-elle réellement ? (Lire l'article)
Le Pingouin ou la révolution avortée
En 1907, Apollinaire et Picasso projetaient de réaliser ensemble un bestiaire, avec des poèmes du premier en regard de dessins du second. Il en reste une sérigraphie, un Pingouin tracé d'un seul trait. Si le projet avait abouti, l'histoire de l'art n'aurait peut-être pas été la même...
Rouge, deux fois
« Que les balles crépitent dans les musées ! » Dixit Maïakovski. Ce n’est pas vraiment l’ambiance au Grand Palais, même s’il faut longer les Champs Elysées, un peu calcinés, un peu bunkérisés, pour arriver devant les premières images qui attendent le visiteur : la prise du Palais. D’Hiver, s’entend, et filmé en 1928 par Eiseinstein. Mais ça crépite, et Maïakovski est bien là, qui déploya une folle énergie pendant ces quelques années de liberté créatrice où s’inventèrent l’agit-prop, et l’agitatsia, le design industriel et quotidien (presqu’au même moment que le Bauhaus), le suprématisme, le constructivisme, le théâtre moderne, de folles architectures. (Lire la suite)


















