Haute surveillance
Après le scandale provoqué par l’organisation (sic) au stade de France de la finale de la ligue...
Aristote à Hollywood (2)
Aux causes finales, explications commodes mais illusoires, Aristote adjoignait les causes “formelles”, celles qui sont censées expliquer la forme des choses, vivantes ou inanimées. Et c’est sans doute la partie de sa philosophie qui a le plus mal vieilli, puisque la forme, dans le cadre de la science moderne, s’explique entièrement par les propriétés de la matière, guidées par une éventuelle “information”, matérielle elle aussi. Pour les créatures vivantes, cette information est d’ordre génétique et codée chimiquement dans leur ADN. La forme d’Aristote, elle, était une “essence”, une “idée” venant d’un mystérieux monde extérieur pour informer la matière brute. Tex Avery, bien sûr, se saisit de cette notion surprenante. (Lire l’article)
Urgences hospitalières, vers une planification ?
Grèves et démissions. La contestation s’étend dans le milieu hospitalier. Dans ce contexte, le gouvernement envisage de prendre une mesure de bon sens…
Détournement : un choix pas comme un autre
Les logiciels de traduction automatique n’ont pas remplacé les traducteurs. Mais les humains sauront-il défier l’intelligence artificielle ? Il est un art qui donne à ces logiciels controversés un intérêt nouveau : le détournement. Ainsi en est-il de la traduction de Hamlet imprimée par L’Indéprimeuse, “imprimerie spécialisée dans l’imprimé inutile et le livre illisible”. Son Jambonlaissé est à inscrire sur la longue liste des pastiches, parodies et autres détournements littéraires, auxquels la traduction n’est pas étrangère parfois. (Lire l’article)
Fourscore et les oiseaux
De tous les algorithmes de traduction automatique, ceux à base de réseaux de neurones sont sans doute les plus performants. Mais pas fiables à tous les coups. La preuve par un discours d’Abraham Lincoln…
Wesh wesh, bande de bolos
Intéressé par la peinture de la vie des jeunes générations et la manière dont ils expriment leurs ressentis, Riad Sattouf propose avec Histoires de mes 11 ans le second volume de sa série Les Cahiers d’Esther. L’auteur y suit la fille d’un couple d’amis, qu’il nomme Esther pour préserver son anonymat, l’écoutant régulièrement faire le récit de sa vie, qu’elle soit scolaire ou familiale, ce qui donne l’occasion de découvrir une vision de l’existence au travers des yeux d’une petite fille, à présent en CM2. (Lire l’article)
Les cocus de Bagdad
L’histoire des cocus de Bagdad ne figure pas dans Les Mille et une nuits. Mais elle est un classique des problèmes de logique dont la solution repose sur un mode de raisonnement central dans les mathématiques, que l’on appelle raisonnement par récurrence ou, plus classieux, par induction. Sommés par le Vizir d’acquitter un impôt sur leur infortune conjugale, les cocus de Bagdad mettent quarante jours avant de se présenter au Palais. Combien y en a-t-il, et pourquoi ont-ils attendu si longtemps pour se manifester ? Sachant qu’à Bagdad comme ailleurs, si vous êtes cocu, tout le monde le sait sauf vous… (Lire l’article)
Une passion mexicaine
Les courses d’escargots sont un sport si populaire au Mexique que certains champions sont devenus de véritables stars. Mais ce sport, populaire bien que d’origine aristocratique, a aussi connu son lot de scandales et d’affaires….
France-Allemagne : il est écrit que tout serait à l’envers
C’était hier soir donc. La France a battu l’Allemagne 2-0. Je me suis réveillé ce matin et c’était toujours vrai. Il semblerait que cela reste vrai pour toujours, cette chose qui n’arrive jamais. Les Anglais le savent, les Brésiliens le savent, les Français le savent : le football est un sport qui se joue à onze et à la fin… etc, etc. Sauf cette fois. Hier soir et ce matin encore : cette année, il est écrit que tout serait à l’envers. (Lire l’article)
Pour Bernard Cazeneuve, ministre de la sécurité intérieure
Longtemps je me suis couché de bonne heure pour raisons de sécurité : un ouvrage à la fois succinct, d’une grande qualité littéraire et en accord avec les circonstances dramatiques qui – nous sommes priés de le croire – justifient l’inscription de l’état d’urgence dans un horizon indéfini. Pour Bernard Cazeneuve, homme d’État d’urgence. (Lire l’article)
Les histoires communes de Valérie Mréjen
Le lieu commun, bien sûr, c’est le banal, c’est ce qu’on dit trop et sans y penser, une expression prête à l’emploi et que, pour cette raison, on croit souvent vide de sens : celui qui parle par lieux communs est alors considéré comme celui qui parle “pour ne rien dire”. Rien n’est plus faux. Parce qu’il est partagé, parce qu’il est un terrain connu, parce qu’il tait l’essentiel mais le laisse deviner, le lieu commun parle souvent bien mieux que tous les “lieux propres”. Et Valérie Mréjen a le génie de réhabiliter les lieux communs et l’exposition qu’elle présente actuellement à la galerie Anne-Sarah Bénichou le démontre une fois encore. (Lire l’article)
Einstein et l’affaire Marilyn
Un collectionneur américain affirme détenir trois lettres qu’Albert Einstein – un homme à la vie plus mouvementée qu’il n’y paraît – aurait envoyées à Marilyn Monroe. Selon cet homme, le physicien et la starlette auraient entretenu une correspondance de 1949 à 1951. Il prétend même qu’ils se seraient rencontrés. C’est Marilyn qui aurait entamé cet échange en écrivant un jour au savant pour lui demander une photo dédicacée. (Lire l’article)
Street Fighting Man
23 mars 2029. Il fait un temps pourri depuis des semaines mais, coup de chance, nous venons de trouver une bâche en plastique dans les décombres d’une zone commerciale. On est vaguement à l’abri là-dessous, et puis cela permet de récupérer un peu d’eau de pluie. Les types qui ont installé leur campement de l’autre côté du bois ont l’air calme depuis quelques jours, mais comme ils ont égorgé Jean-Philippe la semaine dernière, nous nous méfions. J’ai instauré un tour de garde, surtout pour le principe car nous n’avons pas vraiment d’armes pour nous défendre. Les cartouches que nous avions récupérées dans l’armurerie de Coutances sont épuisées depuis belle lurette, et la crosse du fusil, seul morceau de bois sec qui nous restait, est passée dans le feu… (Lire la suite)
Sonate pour Leibniz
L’arithmétique est un de ses outils de composition favoris : Scarlatti adore compter, remplaçant un motif de 13 éléments par un de 6 et un de 7, en divisant un autre par deux, soumettant la patience de l’auditeur à l’épreuve d’écouter 32 fois de suite le même élément, et pas 33, ou compensant, tel un apothicaire à sa balance, le déséquilibre de deux parties voisines. Cette conception arithmétique de la musique rejoint de toute évidence celle de Leibniz, qui était de la génération précédente et mourut peu avant que Scarlatti ne s’installe à Lisbonne, mais dont les œuvres étaient dans toutes les bibliothèques. (Lire l’article)
Flaubert et Houellebecq, fouette cocher !
Il n’y a guère de raisons de rapprocher la littérature de Michel Houellebecq de celle de Gustave Flaubert, si ce n’est celle-ci : les romans du premier mis en regard avec ceux du second permettent de mesurer l’évolution considérable des mœurs en un siècle et demi. (Lire l’article)
Espagne-Putes : branlée espagnole
Après-midi gris et pluvieux à Paris. Le Stade de France fait le plein de spectateurs venus assister au duel Espagne-Putes. Vicente Del Bosque a reconduit les onze joueurs qui ont qualifié l’équipe espagnole pour les quarts de finale, à une nouveauté près : la titularisation d’Iker Muniain. La sélection adverse, emmenée par Torbe, ne présente pas non plus de surprise majeure : Mirta dans les cages ; Jenifer, La Negra, Rebeca et Chiki à l’arrière ; Bonbon, Lolo, Alyson et Gina Lynn au centre du terrain ; et à l’avant, Susy et La Grecque. Le match commence… (Lire l’article)
Autriche-Hongrie : contre qui ?
Je le vois venir de loin ce 14 juin qui sent la poudre. Pas seulement à cause des fumigènes de la manif contre la loi travail et le 49-3 (qui est davantage un score de rugby que de foot). Autriche-Hongrie, je l’ai choisi pour son côté pittoresque sinon historique, pour cette anecdote inoubliable qui risque d’avoir traîné dans toutes les gazettes aujourd’hui. À la fin du XXème siècle, un journaliste avait demandé au prince archiduc Otto von Habsbourg ce qu’il pensait de la rencontre Autriche-Hongrie qui avait lieu le soir-même. Sa réponse avait été laconique et réjouissante. Contre qui ? (Lire l’article)
La place du mort
Aux Rencontres de la photographie d’Arles, deux expositions s’articulent autour d’un convoi funéraire. D’une part, le voyage en train, de New York à Washington, de la dépouille de Bob Kennedy, le 8 juin 1968. Monté à bord, Paul Fusco avait photographié ceux et celles qui ont tenu à lui rendre un dernier hommage le long de la voie ferrée. Autre cortège funèbre, celui transportant les cendres de Fidel Castro de La Havane à Santiago de Cuba, en 2016. Monté dans une voiture, l’Américain Michael Christopher Brown a photographié les Cubains venus saluer le líder máximo armés de pancartes « Yo soy Fidel ». Des morts qui en disent long sur les vivants.
















