J12 – La geste footballistique
À part peut-être la guerre, on peut sans trop de risques affirmer qu’aucun phénomène humain n’a produit au cours de l’histoire autant de discours que le football. En cause, son caractère planétaire et l’ère de la médiatisation au cours de laquelle il advient. Jésus avait ses évangélistes et les rois leurs chroniqueurs, la guerre a ses reporters et le football ses commentateurs. Or, évangélistes, chroniqueurs et reporters de guerre tiraient leur légitimité de leur statut de témoin. Mais à quoi sert un témoignage lorsqu’un évènement est vu (ou peut l’être) par des millions d’individus à travers le monde ? (Lire l’article)
J21 – La ligne Maginot au pouvoir
Cette saison, la Ligue 1 peut s’enorgueillir du meilleur dribbleur d’Europe, loin devant les Barcelonais Neymar et Lionel Messi : Hatem Ben Arfa. Seulement voilà, c’est un astre solitaire, une étoile filante sur un ciel immobile, et sa réaction après la difficile victoire de Nice face à Angers pourrait s’appliquer à l’ensemble du championnat : comment peut-on prendre du plaisir à jouer aussi défensif ? À l’heure où la Ligue prône le spectacle, on peut s’étonner de cette tendance défensive du football français, et y chercher des explications complexes. Pourtant, une seule suffit : les chiens ne font pas des chats. (Lire l’article)
L’incertitude nécessaire
Le gouvernement a très récemment décidé d’opérer une coupe dans le budget de la recherche publique, pour un montant de 256 millions d’euros (faut-il voir dans cette puissance de 2 un hommage involontaire aux informaticiens ?). Or la recherche se mène sur le long terme, et tenter d’infléchir sa course trop brutalement peut faire caler le moteur. Une coupe d’apparence minime peut entraîner par effet domino des conséquences bien plus importantes : c’est ce que l’on appelle une non-linéarité. Si je retire la touche ‘D’ de votre clavier, il vous en restera une grosse centaine mais vous perdrez beaucoup en productivité. (Lire l’article)
Salon du selfie
Le premier Salon international du Selfie, qui s’est tenu fin janvier à la porte de Versailles, à Paris, vient tout juste de s’achever. Petit tour des stands et sélection des innovations les plus étonnantes.
Covid’mag’ : tests comparatifs
Beaucoup de fausses informations circulent à propos de l’efficacité des masques face à la pandémie de covid-19. Il nous a paru utile de faire le point.
Midnight Spécial, de l’enfance comme consolation
Quand la SF tourne au road movie dépressif : un père s’enfuit avec son fils Aton, doué d’une aura paranormale, avant un mystérieux rendez-vous donné par des forces invisibles. Drame de la paternité, Midnight Special de Jeff Nichols met en scène “l’enfant prodige” comme un mystère – et d’abord pour ses parents –, ses transes spectaculaires et ses ressorts internes comme autant d’énigmes quantiques. C’est qu’ici notre univers tout entier est un mystère, une nuit noire où nos existences filent comme un bolide roulant tout phare éteint. Au milieu de tant d’obscurité, le regard d’Aton illumine les adultes, soudain touchés par la grâce d’une tendresse infinie… (Lire l’article)
Le chaland de Venise (4) : Chioggia
Les guides touristiques décrivent Chioggia comme une petite Venise, mais on peut y arriver en car, après avoir longé la bande de terre qui sépare la lagune de l’Adriatique.
Houellebecq dans les brumes écossaises
Gavin Bowd, écrivain, professeur de littérature française à l’université de St Andrews en Écosse, est le traducteur en langue anglaise de plusieurs ouvrages de Michel Houellebecq. Dans un entretien avec Agnès Villette, il se confie sur les difficultés que pose la traduction de cet auteur, ainsi que sur les relations chaotiques qu’il entretient avec lui, dont il était devenu l’ami avant que les deux hommes ne se brouillent. (Lire l’entretien)
Effets inattendus
Toujours à la pointe de l’actualité, nous diffusons en exclusivité mondiale un premier bilan très complet — daté du 31 janvier 2021 — de la vaccination massive effectuée en Grande-Bretagne.
Espagne-Putes : branlée espagnole
Après-midi gris et pluvieux à Paris. Le Stade de France fait le plein de spectateurs venus assister au duel Espagne-Putes. Vicente Del Bosque a reconduit les onze joueurs qui ont qualifié l’équipe espagnole pour les quarts de finale, à une nouveauté près : la titularisation d’Iker Muniain. La sélection adverse, emmenée par Torbe, ne présente pas non plus de surprise majeure : Mirta dans les cages ; Jenifer, La Negra, Rebeca et Chiki à l’arrière ; Bonbon, Lolo, Alyson et Gina Lynn au centre du terrain ; et à l’avant, Susy et La Grecque. Le match commence… (Lire l’article)
Le labo Dromesko
À qui n’a jamais assisté à un spectacle de la compagnie Dromesko, il ne faudrait rien dire sinon d’aller y voir, et pour les Parisiens ça tombe plutôt bien : la dernière création, Le jour du grand jour, est actuellement à l’affiche du Montfort avant d’être à celle du 104 en février. C’est parfois drôle, souvent émouvant, toujours juste. Chacune des scènes s’apparente au développement d’une photo. L’image reste longtemps dans le bain, car le temps de Dromesko prend son temps. Ce mélange de burlesque et de poésie fait monter progressivement chez le spectateur un mélange d’émotions dont il se demande laquelle est la bonne. La chute est rarement celle que l’on avait anticipée. Donc voilà, allez-y, vous ne le regretterez pas. (Lire la suite)
Les chiffres parlent d’eux mêmes, mais on leur fait dire ce qu’on veut !
Il est des moments où parler de mathématiques semble bien vain au regard de ce qui se passe dans le monde si peu platonicien qui est le nôtre. Alors de quoi parler ? De chiffres, pour une fois. Ces chiffres qui gouvernent notre vie et auxquels nous ne comprenons pourtant pas grand-chose. Commençons par une liste, qui s’appuie, sauf mention contraire, sur des données mensuelles datant de 2016. Nous y parlerons en particulier du niveau de vie d’une personne, terme qu’il convient de clarifier. (Lire l’article)
Trois Espagnols pour le prix d’un Pritzker
C’est l’agence RCR Arquitectes (Rafael Aranda, Carme Pigem et Ramón Vialta) qui remporte le prix international d’architecture 2017. Les concepteurs en 2014 du musée Soulages à Rodez sont installés depuis 1988 dans leur petite ville catalane d’Olot. Ils y développent une architecture minimale mais d’inspiration locale, en osmose avec matériaux et paysages, entre tradition et contemporaneité. Ce qui leur vaut cette récompense. (Lire l’article)
Ça dégomme à Uzès
Julian Hetzel, performeur, musicien et artiste visuel né en Allemagne, actuellement basé à Utrecht (Pays-Bas) et associé au CAMPO de Gand en Belgique, présente The Automated Sniper, un spectacle qui tire sur tout ce qui ose encore bouger. Dans cette chasse à l’homme, les interprètes vont vite réaliser qu’ils sont des cibles, tandis que deux spectateurs deviennent des tueurs. Un jeu terrible et sacrément bien foutu. (Lire l’article)
Les “Singer Notes” de Mel Bochner
Il y a presque cinquante ans, Mel Bochner entrait en résidence au Singer Central Research Laboratory, dit Singer Lab. Il y avait candidaté avec un projet intitulé Numerical Photographic Translation : il voulait traduire photographiquement une configuration numérique, c’est-à-dire, littéralement, produire une image digitale. Les ressources du Singer Lab. devaient l’y aider. Mais, quelque temps après, les ingénieurs du laboratoire conclurent que les technologies n’étaient pas assez avancées et Bochner dut renoncer au projet. La résidence se changea en une conversation sans but précis et Bochner décida que les notes prises par les participants à ces échanges en seraient le seul résultat. Ces Singer Notes sont aujourd’hui exposées à la galerie mfc michèle didier. (Lire l’article)
Ex Machina #17: Symétrie m’était contée
[Ex Machina #17] Où l’on retrouve Evariste Galois sur une piste particulièrement prometteuse… « Votre treillis de concepts subjectifs ne contient aucune symétrie et n’a en fait pas besoin d’être explicitement calculé pour exister; pour vous, il est pourtant la seule chose qui existe ».
Sharon Eyal, du tac au toc
Dans OCD Love de la chorégraphe israélienne Sharon Eyal, les “personnages” sont comme électrocutés à la base, dès qu’ils entrent en scène. Puis, tout est question de doigté, dans la gestion des ensembles, comme dans celle de deux duos millimétrés, l’un masculin, l’autre féminin. Inutile de chercher un sens : les corps sont renversés au point que l’on ne sait plus s’ils se présentent de face ou de dos et offrent le tableau d’une société stressée sans issue de secours. C’est dans la sensualité, dans les cuisses qui se frôlent, ou dans les gestes réparateurs, comme les mains qui passent et lavent les visages que l’on quitte la noirceur. (Lire l’article)
J24/25 – Tragédie en trois actes
Dimanche, le stade Vélodrome fut pendant quatre-vingt-quatorze minutes le théâtre d’une tragédie des plus classiques, respectant unité de lieu, unité de temps, et l’unité d’action d’une intrigue simple : la vaine lutte d’un club aspirant à retrouver sa gloire passée contre des forces implacables incarnées par un club rival, plus talentueux et plus expérimenté. Rien ne manque à la tragédie : le héros refusant d’abdiquer face au destin (Cabella), le chœur (les supporters), le titan (Zlatan), le deus ex machina (une erreur d’arbitrage) et les dieux du stade (le PSG). Le tout en trois actes. (Lire l’article)

















