“La traduction est un autre livre”
Le moins que l’on puisse dire, c’est que lorsqu’il porte des jugements sur la traduction et les traducteurs, Thomas Bernhard n’y va pas avec le dos de la cuiller. “Une traduction est un autre livre », affirme-t-il. Et celui-ci n’a plus rien à voir avec l’original. C’est un livre de celui qui l’a traduit.” L’occasion de revenir sur le personnage du traducteur en spectre et en auteur. (Lire l’article)
Chalon dans la rue, revivre à 30 ans
Lors de sa 30e édition, du 20 au 24 juillet, le festival Chalon dans la rue qui va perdre son directeur Pedro Garcia (arrivée du successeur ou successeuse le 1er janvier 2017), défenseur sans faiblir de l’espace public, a réuni une fois de plus les artistes et la rue. Au menu, plus de 150 compagnies, in et off confondus, et 200 000 spectateurs pour plus de 1000 représentations en 5 jours. L’auteure de cet article y mettait les pieds pour la première fois. Expérience concluante malgré des erreurs de débutante dans l’appréhension de l’événement. (Lire l’article)
Tous les campements du monde
Parallèlement à une exposition consacrée aux architectes universalistes portugais, la Cité de l’architecture parisienne présente Habiter le campement. Pour effectuer cet état des lieux du “monde global des camps”, une savante collecte de 14 000 photographies de photojournalistes a été menée. Ont été identifiées six manières d’habiter : les nomades, les voyageurs, les infortunés, les exilés, les conquérants et les contestataires. Un panorama mondial des habitats éphémères, des yourtes nomades aux cahutes d’urgence, des bivouacs de voyageurs aux logistiques militaires, des centres de rétentions aux tentes des contestataires. Cette exposition n’est pas seulement un listing complet, esthétique ou tragique, des campements, elle nous incite à observer. (Lire l’article)
Famille, humour et patrimoine
Dans la série danoise Les Héritiers diffusée sur Arte, il est bien sûr question d’argent, de pas mal d’argent : un manoir de belle taille avec terres, et les œuvres de Veronika Grønnengaard, artiste contemporaine cotée au plus haut. Mais quand on parle d’argent, surtout en famille, on parle toujours d’autre chose.
Essais transformés à l’ENSATT
Ils ont entre 20 et 25 ans, charmants ils affrontent pour la première fois le plateau et le public à l’ENSATT (École nationale supérieur de arts et techniques du théâtre) de Lyon. À l’aube de leur troisième et dernière année d’études des techniques et arts du théâtre, les étudiants ont l’air plutôt sûrs d’eux mais sans insolence. Ce qui rassure car on ne sait ce que l’on va découvrir en quatre fois 25 minutes. Disons-le de suite, la 77e promotion placée sous la responsabilité de Joël Pommerat est de bon augure pour l’avenir du théâtre. (Lire l’article)
Angoulême, du coq à l’âne et vice versa
46e Festival de la bande dessinée à Angoulême. Nestor Burma y côtoie des pin-up, des pétroleuses, des guerrières sanglées de cuir échappées du polar, de l’heroic fantasy, des années 40, des jeux vidéos, des comic books américains : du fantasme à l’état pur…
Le termitier
Ouvrant une brèche de quelques coups de griffe rageurs, il introduit dans les termitières son interminable trompe et aspire bruyamment les pauvres isoptères sans défense. Tous y passent, du plus petit soldat jusqu’au couple royal.
Jules et Edmond de Goncourt : Dieu au bordel
“La religion est une partie du sexe de la femme.” Voilà une des citations des frères Goncourt qui se colporte de page web en page web sans que l’on sache trop d’où elle vient ni ce qu’elle signifie vraiment. La source est assez simple à trouver : c’est une phrase extraite du Journal, inscrite à la date du 11 avril 1857. Notre aphorisme sibyllin pourrait bien être une condamnation simultanée du sexe, de la religion et de la femme. Certes, mais la question reste entière : cette phrase, que signifie-t-elle réellement ? (Lire l’article)
Emmanuelle Richard, pour ceux qui traversent beaucoup la rue
À Emmanuel Macron, une success story enragée d’Emmanuelle Richard qui n’a pas attendu la présidentielle admonestation pour traverser les rues. Pas le choix, à vrai dire. Ainsi le premier magistrat de France pourra-t-il remédier à sa coupable désinvolture et apprendre qu’il faut toujours regarder à gauche avant de traverser.
Angleterre-Russie : no beauty in the beautiful game
Comment penser à un match alors qu’un homme se bat pour sa vie à l’hôpital, victime d’un malaise cardiaque après avoir été roué de coups par des voyous russes ? L’excitation et l’espoir de ce qu’accomplirait cette équipe d’Angleterre, et plus encore la manière – parce qu’il vaut mieux perdre avec style que gagner sans – s’en sont allés. Ce n’est que le deuxième jour de l’Euro 2016 et les autorités ont déjà perdu le contrôle. Elles doivent apprendre de leurs erreurs et réagir rapidement, avant que la situation n’empire. (Lire l’article)
Mort d’un consonantiste
Le monde de l’édition perd en la personne d’Aimé Oiseau un de ses représentants les plus singuliers. Toute sa vie, il aura défendu l’écriture consonantique, ne récoltant souvent que l’incompréhension, voire l’hostilité, de ses professeurs d’abord, puis de ses pairs.
Visions aveugles
Il est une chose superbe dans le fonctionnement de l’œil, c’est qu’au beau milieu de la surface sensible qu’est la rétine se trouve un point aveugle. L’approche dominante postule la totale transparence du monde – la formule consacrée veut qu’à l’heure d’internet, des réseaux et des technologies de pointe, rien ne puisse plus échapper à l’œil inquisiteur d’un Big Brother menaçant. À moins, précisément, que la possibilité d’échapper à la vue ne se trouve dans la vision même ? C’est une des questions que pose le projet Staring at You Staring at Me, qui se déploie dans cinq lieux (deux à Séoul, trois à Paris et en région parisienne) et rassemble sans distinction le travail d’étudiants et d’artistes confirmés vivant en France ou en Corée. (Lire la suite)
3, 2, 1, 0, all engines running, lift off !
Certains artistes se passionnent pour l’espace et son imagerie : cratères, explosions solaires, nuages d’étoiles… ils poétisent le matériau scientifique, exploitent ses ressources plastiques. Les artistes présentés dans l’exposition “Space Age”, à la galerie Thaddeus Ropac, à Pantin, s’intéressent à l’étape qui précède la production de ces images : plutôt que de regarder vers l’espace, ils se passionnent pour les technologies et les gestes mythiques qui permirent de le conquérir. À voir jusqu’au 23 décembre 2015. (…)
Italie-Suède : ou comment consoler le supporteur lorsqu’il est suédois
Vous vous souvenez de qui a gagné la coupe d’Europe en 1984 ? Ou de qui a pris la troisième place de la Coupe du monde en 1991 ? Eh bien, la Suède ! Si vous ne le saviez pas c’est parce que, dans votre ignorance, vous n’avez pas pris en compte l’équipe des dames. Il est là, l’espoir du pays ! Sans cela, nos mâles vont sombrer dans une dépression chronique consécutive à des déceptions sans cesse renouvelées. (Lire l’article)
Hongrie-Portugal : les garder sous contrôle…
Si je peux regarder le match avec mon fils, c’est grâce aux sites de streaming vidéo. Il suffit de cliquer, de fermer la fenêtre de pub qui vous offre soit de devenir millionnaire en deux semaines, soit de rencontrer des femmes russes près de chez vous, puis de trouver un lien qui fonctionne, en français si possible. Le meilleur lien qu’on a trouvé diffusait le direct de TV3 Ireland. On a donc commencé par regarder Hongrie-Portugal en anglais. (Lire l’article)
Peines d’amour perdues
On ne saura jamais si Abbey a illustré Peines d’amour perdues juste après Tout est bien qui...
Les sponks aux portes de Paris !
Après les moustiques tigres, les frelons asiatiques, les punaises diaboliques… c’est au tour des sponks d’envahir nos contrées.
Bowie, la vieillesse comme avatar
Rétrovision II. David Bowie a 68 ans, le cinquième âge à l’aune du rock. La refonte par James Murphy de son morceau Love is Lost, intitulée Hello Steve Reich mix, n’arrive à nos oreilles que deux ans après sa sortie. L’album The Next Day s’usait assez vite, mais le laminage métallique de l’ex-LCD Soundsystem, culminant en un sample de Ashes to ashes apparié avec la rythmique de Fashion, font de ce Love is Lost une fusée qui donne délicieusement envie de mourir. (Lire la suite)
















