Tombé du pont
Vu du pont, la pièce d'Arthur Miller donnée en français aux Ateliers Berthier de l'Odéon est un copié-collé de la version anglaise, créée au Young Vic de Londres le 4 avril 2014. Un mélodrame politico-sociologique, conçu comme une tragédie grecque, dont la version française frise le ridicule, avec des acteurs oscillant sans cesse entre premier et troisième degré, entre sitcom et Duras. (Lire la suite)
Diaghilev groupie
Il est difficile de croire que la première du Sacre du printemps, en 1913, a été contemporaine du travail d'élaboration des Femmes de bonne humeur, comédie de Carlo Goldoni muée en opéra-ballet par Serge Diaghilev en 1916. C'était à la fois le sacre de Stravinsky et celui de Scarlatti. Car Diaghilev, qui voulait une musique pré-romantique, était un inconditionnel de Domenico, dont il choisit 22 sonates qu'il fit, à sa façon habituelle, orchestrer. Curieuse idée que de “mélodiser” des sonates par nature “a-mélodiques” ! Mais il fallait bien que les danseurs aient du grain à moudre... (Lire l'article)
Une catastrophe bien singulière
La race humaine pourrait s’éteindre dans 20 ou 30 ans. Pas à cause des bouleversements climatiques mais des progrès en intelligence artificielle. Nous approcherions du point où les machines pourraient non seulement se passer de nous mais prendre la planète en main. Ce point a été baptisé “singularité technologique”. Dans un essai accessible et fluide, Jean-Gabriel Ganascia démonte pièce par pièce cette nouvelle grande peur. À la vision affolée de la Silicon Valley et à sa culture nourrie de mirages grandioses, il oppose un humanisme serein, rationnel et éclairé. (Lire l'article)
Un tatou inconnu
Ce curieux tatou à trompe est apparu si furtivement à son dessinateur que celui-ci a dû le représenter de mémoire. C'est, du moins, ce qu'il prétend, car d'aucuns sont convaincus que ce dasypus fantaisiste n'est autre qu'une mystification.
Frédéric Dard et le chibre du siècle
Le père fécond des San-Antonio vient d’avoir l’honneur d’une nouvelle thèse de doctorat, dans laquelle Aymar Brackmill dissèque les multiples façons dont Dard expose et met en scène les corps de ses personnages. Ayant eu accès à des archives inédites, le jeune docteur s’est aussi intéressé au processus de réécriture chez Frédéric Dard. Car cet écrivain à la plume infiniment déliée retravaillait beaucoup plus ses textes qu’on ne le pensait jusqu’à présent, et si les San-Antonio donnent souvent l’impression d’un premier jet, ils s’avèrent en fait être le fruit de multiples rewritings. (Lire l'article)
La possibilité d’un DeLillo
Encore un marathon organisé par Julien Gosselin, qui s'attaque cette fois à trois des romans majeurs de Don DeLillo. Inégal, moins maîtrisé que son adaptation du roman de Roberto Bolaño 2666, ce spectacle est aussi plus intéressant. C'est que les fils narratifs sont moins faciles à suivre, tant le style de DeLillo, riche en ellipses et surtout en silences suppose des lecteurs qui acceptent de s'égarer en chemin. La scénographie d'Hubert Colas est une boîte fermée – un grand livre au cœur duquel on se retrouve. On en retiendra de grands moments d'humour, de mélancolie, de cruauté, de complexité. (Lire l'article)
Les trois Grosses en fugue à Créteil
Le Ballet de l’Opéra national de Lyon, dirigé avec doigté par Yorgos Loukos, vient de présenter à Lyon un nouveau programme – Trois grandes fugues – qui réunit trois grandes dames de la danse contemporaine : Lucinda Childs, Anne Teresa De Keersmaeker et Maguy Marin. À voir à la Maison des Arts et de la Culture de Créteil, puis au Théâtre des Amandiers à Nanterre. (Lire l'article)
J20 – La parenthèse enchantée
Le mercato d’hiver est à la saison de football ce que l’Avent est à l’année liturgique : la période sacrée qui annonce le renouveau. Naissance du Christ dans un cas, résurrection des équipes moribondes par le miracle des transferts dans l’autre. Ce n’est pas pour rien que le mercato d’hiver débute le 1er janvier : nouvelle année, nouvelle équipe. Avec un mois de décalage, les clubs sacrifient à un rituel qui remonte aux temps païens : ils font peau neuve. Un monde de rumeurs s’est substitué provisoirement à la réalité, un beau conte de fée peuplé de lutins, de Rois mages et de stars du ballon rond, auquel tous font semblant de croire. L’esprit de Noël souffle sur la Ligue 1... et le Père Fouettard pendant ce temps ? (Lire l'article)
Et que se taisent les vagues
Dernier volet de la saga chilienne de Désirée et Alain Frappier, "Et que se taisent les vagues" suit au plus près Lucho et ses camarades, jeunes marins révoltés et réprimés tandis que le coup d'État se prépare.
Brèves de mars
On a retrouvé les petites Astra et Zénéca saines et sauves, mais perdues en conjectures. À Lourdes, installation de canons à vierge. Nouvelles mesures en faveur (?) des théâtres. Interdiction de la drague à la glu...
Biodiversité
De nombreuses lectrices nous ayant demandé ce que pouvait bien produire l’alliance* de la carpe...
Park Plaza
Ce jour-là, j’étais avec Thelonious et Charlie dans la voiture de Nica. Elle avait un coupé Bentley gris argent décapotable avec intérieur et capote rouges : la grande classe. Nous étions partis de New York pour descendre à Baltimore...
Electroménager blanc, idées noires
Elle achète un congélateur et trouve un cadavre dedans.” Une Américaine de Caroline du nord rachète un congélateur à sa voisine qui s’apprête à déménager. Quelques jours plus tard, l’acheteuse ouvre l’appareil et découvre qu’il contient un cadavre, celui de la mère de la voisine. Ce sont des choses qui arrivent... En lisant le titre de cette dépêche de l'AFP, je me suis pris à rêver qu’il s’agissait d’un congélateur neuf, tout juste livré par un grand magasin d’électroménager. Il aurait été possible de tracer un parallèle avec le magnifique plan séquence qu’Alfred Hitchcock souhaitait glisser dans la Mort aux trousses. (Lire l'article)
On a gagné !
Tous les soirs, une bonne cinquantaine de supporters du RC Lens mettent une sacrée ambiance au Théâtre national de la Colline à Paris. Banderoles, écharpes, maillots, tambours et trompettes, rien ne manque, pas même Chti Lens, la mascotte officielle du club avec sa tête de chien à longues oreilles. Cette irruption du foot au cœur du théâtre, qui plus est sous l'égide du Festival d'Automne, peut surprendre, tant les publics des deux disciplines semblent a priori éloignés. Dans son spectacle, intitulé Stadium, le metteur en scène Mohamed El Khatib prend des risques. Et réussit son pari. (Lire l'article)
Jeu d’été #02
Faut-il réagir contre la paresse des voies ferrées entre deux passages de trains ?
Mastication passive
Qui, dans les salles, obscures, n'a jamais ressenti de violentes pulsions de meurtre et une irrépressible envie de passer à l'acte ? Débarrasser l'humanité de ce voisin fourrageant dans un véritable conteneur XXL débordant de ces infâmes pop-corns !
Rodolfo Walsh en 36 vignettes (1-16)
Une drôle de note, glissée entre les cahiers saisis par la dictature peu avant ta mort, dit ceci : “On m’appelle Rodolfo Walsh, quand j’étais enfant, je n’arrivais pas à trouver ce nom convaincant, je me disais par exemple qu’il ne m’aiderait pas si je voulais devenir président de la République.” (Lire)


















