La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Archives
Choses revues, Détournements

Le projet Soubirous 2020

Grâce à la technique de l’hologramme, la ville de Lourdes s’apprêtait à revivre une fois par an, au mois de février, l’apparition de la vierge. Le projet était lancé et plutôt en bonne voie, mais des rumeurs ont mis fin à la vague d’enthousiasme qu’il avait soulevée.

Théâtre

Milo Rau, compassion pour un massacre

Adepte d’un théâtre documentaire radical, le metteur en scène suisse Milo Rau, fondateur de L’International Institute of Political Murder, aborde l’actualité politique de front, du génocide rwandais à la tuerie d’Utoya, en passant par le procès des Pussy Riots ou les derniers jours des Ceausescu. Avec à chaque fois, un sidérant travail de reconstitution historique et de télescopage entre fiction et réalité. The Dark Ages, deuxième volet de sa trilogie européenne, suit le double fil de la guerre et de la mort du père, plaçant l’action dans un champ de bataille récent : la guerre des Balkans. (Lire la suite)

Eko Supriyanto, Balabala @ Widhi Cahya, Salihara 2016
Danse

World in Marseille

Un chorégraphe indonésien, Eko Supriyanto, pour démarrer, avec notamment un solo dédié à l’Océan, une danseuse belge, Lisbeth Gruwez, Pénélope en robe noire tournant rageusement face au vent, une ouverture confirmée sur l’Afrique (Serge Aimé Coulibaly, Rokia Taoré…) : sous l’impulsion de son directeur Jan Goossens, le Festival de Marseille est un appel d’air, où l’on trouve de plus en plus de créations. Et qui gagnerait encore si la municipalité décidait de lui octroyer la Vieille Charité, magnifique lieu dominant toute la ville. (Lire l’article)

 

Expo

Hugo Comics

Victor Hugo résiste à tout, même aux traits les plus fielleux. Ce sont ses adversaires qui ont pris un sacré coup de vieux. Exposition “Caricatures&nbsp: Hugo à la Une” à la Maison Victor Hugo, place des Vosges à Paris.

Le nombre imaginaire, Sciences

Le livre qui parlait chinois et autres contes

Une conscience « artificielle », est-ce possible ? Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Et si c’est possible, pourrions-nous la créer ou l’éradiquer selon notre bon vouloir ? Deux camps s’affrontent sur ce sujet, depuis des siècles si l’on remonte sa filiation aux controverses quant à la nature de l’âme. À l’heure actuelle, nous trouverons à un extrême les prophètes de la singularité, et à l’autre les héritiers de John Searle et de sa chambre chinoise. Au milieu, nous trouverons Douglas Hofstadter et Daniel Dennet, aux côtés desquels je me range. (Lire l’article)

Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J13 – Esse est percipi per arbitrum

“J’l’ai pas touché !” s’indigne le joueur qui vient de découper un adversaire en deux. “C’était l’épaule !” proteste un autre qui vient de marquer de la main… Pourquoi les footballeurs nient-ils l’évidence, au risque de conforter leur réputation de menteurs ? Tout simplement parce qu’il n’y a pas d’évidence, pas de réel dans le football : seulement, des perceptions du réel qui entrent en concurrence. Or, l’une a force de loi sur les autres : celle de l’arbitre. Pour le joueur, le réel objectif compte moins que la perception subjective qu’en a l’arbitre. Sur le terrain, ce que l’arbitre ne voit pas n’existe pas. Esse est percipi aut percipere” : sport idéaliste par excellence, le football illustre la formule de Berkeley : n’existe que ce qui est perçu ou perçoit. Et va même plus loin : esse est percipere per arbitrum. Ce n’est pas dans la réalité que se joue un match, mais dans l’esprit d’un arbitre. (Lire l’article)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Jean Cocteau en enfer

Comme la BNF, la belle bibliothèque de l’Institut de France possède un « enfer », c’est-à-dire un rayon regroupant des ouvrages naguère jugés licencieux ou contraires aux bonnes mœurs. La chose peut sembler étonnante pour une institution aussi policée que celle du quai Conti, mais elle ne surprendra que ceux qui ignorent que l’Académie française a vu défiler sur ses fauteuils bon nombre de polissons — occasionnellement de polissonnes. L’accès à cet enfer est strictement réservé aux Immortels, et pour cause : il renferme pour l’essentiel des textes écrits par les académiciens eux-mêmes. Des textes légèrement égrillards, dont certains ont une histoire cocasse. (Lire l’article)

Mission Ile de la Cité, Philippe Bélaval, Dominique Perrault - Exposition à la Conciergerie, Paris
Architecture

L’affaire de l’Île de la Cité

Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux, et l’architecte Dominique Perrault ont remis à François Hollande leur rapport Mission Île de la Cité, le cœur du cœur. Ils proposent de réenchanter ce site, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, mais en plein déclin démographique et délaissé par les Parisiens. Le Palais de justice va déménager à Clichy-Batignolles. Le commissaire Maigret fulmine en apprenant que « son » 36, quai des Orfèvres sera déplacé dans la foulée. Va-t-on en plus lui changer « son » Île, sa brasserie Dauphine ? Pour en avoir le cœur net, il visite l’exposition qui présente ce réaménagement futuriste, à la Conciergerie. Sans trop rien dire, en observant, en écoutant, il mène sa petite enquête. (Lire l’enquête)

Danse

Aux Hivernales, une mécanique bien huilée

En ouverture du Festival Les Hivernales d’Avignon, 39e édition, le spectacle La Mécanique des ombres de NaïF Production s’est imposé par sa troublante beauté et son étrangeté. Dans une autre tonalité, les Fragments mobiles d’Yvan Alexandre, d’abord dispersés, se rassemblent dans une fresque étirée. Et dans De(s)genération, du danseur et chorégraphe hip hop Amala Dianor, la new school rivalise joyeusement avec la old school. (Lire l’article)

Coloriage – Le camélogne © Philippe Mignon
Coloriage, Zoologie

Le camélogne

De la même famille que le caméluche. Comme lui, il laisse les femelles s’occuper de leur progéniture et de la recherche de nourriture. Il ne fait rien de ses journées. Son sourire laisse penser qu’il n’est pas mécontent de son sort.
Arts plastiques

La Halle Saint-Pierre, l’art brut japonais couramment

À l’occasion du Tandem Paris-Tokyo 2018, la Halle Saint-Pierre à Paris propose, jusqu’au 10 mars 2019, “Art brut japonais II” : les œuvres d’une cinquantaine de créateurs comme autant de signes d’un langage universel. Comme toujours avec l’art brut, il est d’abord question pour le spectateur d’observation, de ressenti, et d’empathie – ces mêmes qualités qui permettent d’entrer en communication avec autrui. On y voit des œuvres de laine, d’émail, d’argile ou de feuilles d’arbre, qui construisent des villes, des camions, des vélos – autant de matière et de thèmes familiers à ceux qui s’intéressent à l’art brut. (Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Le trou dans le zéro

Tout comme la nature, les mathématiciens ont horreur du vide, du trou, de la pièce manquante. L’esthétique, la morale presque, commandent une théorie complète, sans surprise, sans hiatus. Si un formalisme mathématique permet de poser une question, elle devrait avoir une réponse ; toute opération devrait fournir un résultat. Sinon il manque quelque chose, et ce manque vous gratte jusqu’au sang ; il faut absolument compléter la théorie pour le combler. Il ne s’agit pas ici d’un principe ni d’une vérité : simplement d’un réflexe, d’un tropisme, d’une compulsion. (Lire l’article)

Claude Régy en 2001 © Pascal Victor
Théâtre

Claude Régy prend le large

Il n’a jamais été vieux. Sans doute parce qu’il n’y avait aucune nostalgie dans sa colère contre le présent. Transgresseur, il n’aura cessé de se radicaliser tout au long de sa vie, politiquement, esthétiquement, éternelle figure de rebelle.