Catherine Poulain, pour ceux qui rêvent de départ
L’année va être terrible, une présidentielle qui s’annonce morose, on prend les mêmes et on recommence, des thèmes de débat rances et hors-sujets, les menaces d’attentats, le sort ignoble fait aux réfugiés, les progrès du repli sur soi, les dictateurs triomphants, les invectives de Trump. Des fois on voudrait bien partir loin. Et puis on prend un livre. Il y a la littérature qui rapetisse, regarde par le petit bout de la lorgnette, met la tête sous l’eau, et puis il y a des romans qui ouvrent des horizons. À ceux qui ont envie de prendre le large : Le Grand marin de Catherine Poulain. (Lire l'article)
J16/17 – La dictature du spectaculaire
C’est une idée communément admise que la qualité d’un match de football se mesure à l’aune du spectacle proposé. Il n’en a pas toujours été ainsi. Inutile de remonter au vieil hurling over country anglais qui opposait des équipes de plusieurs dizaines de joueurs sur des terrains de campagne de trois ou quatre kilomètres, forme archaïque de ce sport, à l’opposé de la notion même de spectacle : lorsqu’on inventa terrain et stade, ce ne fut pas le spectaculaire qu’y vinrent chercher les premiers fans, mais des émotions. La différence entre le spectacle et l’émotion, c’est celle qui sépare le spectateur du supporteur. (Lire l'article)
Essais transformés à l’ENSATT
Ils ont entre 20 et 25 ans, charmants ils affrontent pour la première fois le plateau et le public à l’ENSATT (École nationale supérieur de arts et techniques du théâtre) de Lyon. À l’aube de leur troisième et dernière année d’études des techniques et arts du théâtre, les étudiants ont l’air plutôt sûrs d’eux mais sans insolence. Ce qui rassure car on ne sait ce que l’on va découvrir en quatre fois 25 minutes. Disons-le de suite, la 77e promotion placée sous la responsabilité de Joël Pommerat est de bon augure pour l’avenir du théâtre. (Lire l'article)
Trotsky, photos inédites
Trotsky, photos inédites Les histoires de négatifs égarés puis retrouvés émaillent la grande...
Jean-Pierre Vincent, révélation
Le metteur en scène Jean-Pierre Vincent, militant du théâtre public, mort le 4 novembre à l'âge de 78 ans, aura marqué cinquante ans d'histoire du théâtre. En gardant jusqu'au bout une énergie qui faisait du bien.
Grands classiques
Entre 1910 et 1930, parallèlement à ses publications dans les revues déjà citées, Heinrich Kley...
Don Quichotte, roman picard
Le coup du manuscrit retrouvé au fond d'une malle marche toujours. En l'occurrence, le scénario inédit – et improbable – d'un film sur don Quichotte que Métilde Weyergans et Samuel Hercule assurent avoir déniché dans un vide-grenier alors qu'ils étaient en panne d'inspiration pour un nouveau projet. De ce scénario, ils ont fait un film qui est au cœur d'un spectacle étonnant intitulé Dans la peau de don Quichotte, construit autour d'une fable simple mais pas simpliste, volontairement artisanal et bien loin de l'asepsie des images numériques. (Lire l'article)
Allemagne-Pologne : et à la fin, l’Allemagne n’a pas gagné
Nous revoilà embourbés dans la logorrhée habituelle : “les joueurs de foot doivent être exemplaires, un exemple pour la jeunesse” et autres variantes. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi les joueurs de foot, eux et eux seuls, devraient être exemplaires. Nous acceptons sans broncher qu’un célèbre escroc préside notre Conseil Constitutionnel pendant cinq ans, nous réélisons sans faiblesse des députés connus pour détourner l’argent public et frauder le fisc... mais nos footballeurs devraient être exemplaires ? Mystère. (Lire l'article)
Masters of Sex
Nous sommes à la fin des années 1950, Bill Masters est un gynécologue obstétricien connu pour ses travaux sur la fertilité, et applaudi par la bonne société qui lui doit quelques bébés. Virginia Johnson est une borderline sociale très à l'aise avec sa sexualité et son indépendance économique et affective...
Avengers : Infinity War, memento mori
Voilà un film dont on peut sortir comme sidéré. Non pas soufflé par sa toute-puissance spectaculaire, mais plutôt en état de choc, dans ce tout premier vertige de la courbe du deuil où la mauvaise nouvelle ne nous paraît pas plus réelle encore qu’un rêve. Car si le blockbuster devient ici expérience scénaristique et esthétique, laboratoire d’un “vivre ensemble” de cinéma où cohabitent les styles et les registres des diverses franchises Marvel, il impose surtout une grâce mélancolique et tragique rare dans un tel produit marketé. (Lire l'article)
Jalousie tropicale
Florian Viel travaille sur un thème unique: les tropiques et la manière dont le regard occidental les perçoit. C’est en même temps qu’il lisait La Jalousie qu’il a conçu la Sculpture pour fenêtre ou sculpture pour observer discrètement la piscine de ses voisins.
Vers l’apaisement ?
L’idée belle et généreuse proposée par Joe Biden à l’intention de son malheureux prédécesseur devrait satisfaire les deux parties et apaiser la tension toujours très vive outre-Atlantique. Idée doublée d’une prouesse technique extraordinaire qu'il convient de saluer.
Hospitalière Chartreuse
Du 20 au 23 juillet, la Chartreuse de Villeneuve-Lès-Avignon (Centre National des Écritures du Spectacle) accueille avec la Maison Antoine Vitez un cycle de lectures et de rencontres intitulées "De l'urgence de l'hospitalité".
La femme aux masques de Phèdre
À l'Odéon, Isabelle Huppert incarne tour à tour une déesse antique, une star à la dérive dans un palace, une ménagère anglaise enfermée dans une banlieue glauque, une conférencière désabusée et l'héroïne de Racine. Autant de masques de Phèdre à la démesure d'une actrice qui excelle à souffler le chaud et le glacé et à livrer son corps à la contradiction. Sa performance exceptionnelle occulte en partie les failles du spectacle de Krzysztof Warlikowski, où les choix littéraires du metteur en scène (textes signés Wajdi Mouawad, Sarah Kane, J.M Coetzee) ne sont pas toujours à la hauteur de ses intuitions dramaturgiques. (Lire l'article)
Italie-Irlande : à la tienne, Roddy Doyle !
Le problème, c'est que l'Italie n'a pas l'habitude de certaines situations, voilà, disons-le clairement dès le départ. Se présenter au dernier match avec la qualification déjà en poche, et en tant que premier du groupe : a-t-on déjà vu ça ? Nous, les Italiens, on n'est vraiment pas à l'aise dans ce rôle de forts en thème, de premiers de la classe. Sans même un complot des puissants au pouvoir, juste une promenade de santé et ce classement triste, tout germanique, à carton plein… (Lire l'article)
Visions aveugles
Il est une chose superbe dans le fonctionnement de l’œil, c’est qu’au beau milieu de la surface sensible qu’est la rétine se trouve un point aveugle. L’approche dominante postule la totale transparence du monde – la formule consacrée veut qu’à l’heure d’internet, des réseaux et des technologies de pointe, rien ne puisse plus échapper à l’œil inquisiteur d’un Big Brother menaçant. À moins, précisément, que la possibilité d’échapper à la vue ne se trouve dans la vision même ? C’est une des questions que pose le projet Staring at You Staring at Me, qui se déploie dans cinq lieux (deux à Séoul, trois à Paris et en région parisienne) et rassemble sans distinction le travail d’étudiants et d’artistes confirmés vivant en France ou en Corée. (Lire la suite)
Oscar Wilde in the right place
À l'expo Oscar Wilde au Petit Palais, on s'attend à voir de touchantes lettres d'amour, des photos sépia de jeunes lords efféminés, les merveilleux dessins érotiques d'Aubrey Beardsley, et ces grandes toiles préraphaélites, hideuses et risibles aujourd'hui, qui faisaient les délices de la gentry anglaise et qu'Oscar portait au pinacle. On s'attend moins à y trouver André Gide, camarade de débauche, et Robert Badinter, qui revient en vidéo sur l'inique procès qui condamna Wilde à deux ans de travaux forcés pour homosexualité et incitation de mineurs à la débauche... (Lire l'article)
Mises à l’épreuve, Martin Monchicourt – Les Voyageurs, épisode 2
Béton, dalle en bois aggloméré, bâche d’ensilage, MDF (pour médium density fiberboard, dit “médium”)… voici quelques-uns des matériaux qui composent Escalier et Scanner, les deux œuvres que Martin Monchicourt présente dans le cadre de l’exposition Les Voyageurs, réunissant les diplômés félicités des Beaux-arts de Paris. Du matériau à sa destination, aucune sublimation ni métaphorisation n’est mise en scène. Le geste de Martin Monchicourt relève de l’artisanat, du savoir-faire et du protocole technique. (Lire la suite)

















