Avengers : Infinity War, memento mori
Voilà un film dont on peut sortir comme sidéré. Non pas soufflé par sa toute-puissance spectaculaire, mais plutôt en état de choc, dans ce tout premier vertige de la courbe du deuil où la mauvaise nouvelle ne nous paraît pas plus réelle encore qu’un rêve. Car si le blockbuster devient ici expérience scénaristique et esthétique, laboratoire d’un “vivre ensemble” de cinéma où cohabitent les styles et les registres des diverses franchises Marvel, il impose surtout une grâce mélancolique et tragique rare dans un tel produit marketé. (Lire l’article)
Live and Let Die
E pur si muove ! La Terre tourne et, mieux que Galilée, ce sont les chaînes d’info en continu qui nous le prouvent chaque premier janvier en diffusant des images des feux d’artifices successifs de Sydney, Dubaï, Paris, New York, Los Angeles (jamais celui de Bar-le-Duc, étrangement). L’humanité communie ainsi une fois par an dans les pétards, mais des pétards qui ne pètent pas tous en même temps. L’apocalypse, ce sera beaucoup mieux : le grand spectacle pyrotechnique aura lieu au même moment pour tout le monde. Quelle chanson pour accompagner la scène finale ? (Lire l’article)
Et que se taisent les vagues
Dernier volet de la saga chilienne de Désirée et Alain Frappier, « Et que se taisent les vagues » suit au plus près Lucho et ses camarades, jeunes marins révoltés et réprimés tandis que le coup d’État se prépare.
Espèce de pangolin !
Il y a au moins un événement culturel dont la pandémie n’a pas eu la peau : la Journée Mondiale du Pangolin. Elle se tient chaque année le troisième samedi de février. En 2020, sa neuvième édition est tout juste passée entre les gouttes.
Milo Rau ou les vertiges de la tragédie
La Reprise, spectacle du Suisse Milo Rau joué au festival d’Avignon puis repris du 22 septembre au 5 octobre au théâtre de Nanterre-Amandiers dans le cadre du Festival d’Automne, revient sur le meurtre homophobe et raciste d’Ihsane Jarfi. Ce n’est ni une enquête, ni une reconstitution, ni un mausolée à la mémoire de la victime. Ce que met en scène Milo Rau dans tous ses spectacles, c’est moins l’histoire que le rapport à cette histoire. Si l’horreur et le meurtre ne sont pas explicables, on peut du moins tenter de comprendre ce qu’ils éveillent en nous. Regarder la tragédie et non le fait divers, c’est ce qu’il propose ici. Il y a de la tristesse dans ce spectacle. Et de l’intelligence. (Lire l’article)
Le lama de Bashley
Profitant de l’anonymat que permettent les réseaux sociaux, quelqu’un s’est cru autorisé à poster sur une page Facebook un pastiche des animaux ici dessinés. Le faussaire est allé jusqu’à signer ses œuvres du nom de leur auteur.
Le sanglier à trompe de Java
Aujourd’hui disparu, il était doté d’un groin très développé que l’on a nommé à tort trompe. Son nom lui est resté. Un rare spécimen naturalisé était conservé dans les précieuses collections du Muséum d’Histoire naturelle de Paris. Hélas…
Traduire ses craintes
Avant l’instauration du couvre-feu en France, on a volontiers cité l’exemple allemand. Erreur de traduction ? On en serait presque à se demander si l’on n’a pas traduit une crainte (française) plus qu’une réalité (allemande).
Ex Machina #10: L’ordre règne
[Ex Machina #10] Les chats mangent des souris. Oui, mais le concept de chat ne mange pas le concept de souris. Un concept n’a pas d’estomac que je sache. Ce serait comme dire que le mot “chat” mange le mot “souris”.
Le sens de l’équilibre
En lisière des platanes de l’île Piot, des chapiteaux, petits et grands : c’est la Région Occitanie qui fait son cirque en Avignon et les deux formes dont il est question ici rappellent s’il est nécessaire qu’il ne faut pas confondre tourner rond et tourner en rond : Dad is Dead (Mathieu Ma Fille Foundation) et Un Soir chez Boris (solo de cirque sous yourte d’Olivier Debelhoir et Pierre Déaux), ça continue après Avignon… (Lire l’article)
Italie-Irlande : à la tienne, Roddy Doyle !
Le problème, c’est que l’Italie n’a pas l’habitude de certaines situations, voilà, disons-le clairement dès le départ. Se présenter au dernier match avec la qualification déjà en poche, et en tant que premier du groupe : a-t-on déjà vu ça ? Nous, les Italiens, on n’est vraiment pas à l’aise dans ce rôle de forts en thème, de premiers de la classe. Sans même un complot des puissants au pouvoir, juste une promenade de santé et ce classement triste, tout germanique, à carton plein… (Lire l’article)
L’imagination des créateurs n’est pas confinée
Coronabelt, canne à shake-hand, trottoir d’appartement… Plusieurs inventions nous prouvent que l’imagination des créateurs est loin d’être confinée.
De la main gauche
En 1881, Daniel Vierge était en train d’achever ses illustrations de Pablo de Ségovie, tout en...
Une leçon d’humilité
Bien, nous avons donc une nouvelle sorte de nombre, appelés nombres réels à l’encontre du bon sens, et qui ne tient pas dans l’hôtel Aleph. Que ce soit un souci pour Hilbert et Russel, on le comprend, mais pourquoi devrions-nous nous sentir concernés? D’autant qu’après tout l’infini de l’hôtel Aleph, que l’on appelle l’infini dénombrable, contient tout de même une quantité proprement incroyable de choses. Que l’hôtel puisse toujours accueillir un client de plus ne paraît pas très surprenant : sinon on ne parlerait pas d’infini. (Lire la suite)
Ordonnance pour le patient Jean-Vincent Placé
Cette année, Le Salon du Livre a été rebaptisé “Livre Paris”, il s’est tenu au moment où le gouvernement cherchait (il cherche d’ailleurs toujours) à imposer une “Loi travail” et après que l’Université de la Sorbonne Nouvelle est devenue “Université Sorbonne Nouvelle”. Regardez bien, ce ne sont que trois exemples parmi bien d’autres mais comment nier l’évidence : il manque des mots. On ampute, on élague. Pourquoi ? Eh bien c’est par souci de simplification. Le site du gouvernement nous apprend que la simplification est un projet porté par un Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé de la Réforme de l’État et de la Simplification, Jean-Vincent Placé. L’heure est venue de lui prescrire un ouvrage pas du tout simplifié, ce qui lui permettra sans doute de poursuivre avec plus d’acharnement encore sa noble tâche. (Lire l’article)
Dures négociations
D’après nos dernières informations (nous avons beaucoup d’informateurs*. NDLR), le nombre des...
Albanie-Suisse : diasporama
On attendait beaucoup de cette affiche mineure de l’Euro 2016 qui opposait l’Albanie, nouvelle venue dans la compétition, à la Suisse, équipe à tendance bi (binationale, avec dans ses rangs six joueurs helvético-albanais). Autant le dire tout de suite, dans ce mini-derby chargé d’affects politiques migratoires, que d’aucuns ont malicieusement nommé Albanie B vs Albanie A, on était quand même davantage supporteur de l’équipe officielle d’Albanie. (Lire l’article)

















