La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Archives
Arts plastiques, Expo

Minerarium

Il est des œuvres qui vous engourdissent. Des œuvres froides, silencieuses, comme les mondes désertés de Giorgio De Chirico. Les grandes peintures que Maude Maris présente à la galerie Isabelle Gounod sont de cette famille. Elle construit des scènes infinies, où aucune ligne d’horizon n’interrompt la modulation des couleurs, où le temps comme l’espace semblent avoir disparu. La verticalité prime, elle encadre les épanchements et structure ce rêve de pierre. (…)

Deadpool
Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Deadpool, ou l’esthétique du bluff

Dans le nouvel Olympe marketté par Hollywood, Deadpool, énième comics passé sur grand écran, incarne le sale gosse de la famille mutante. À savoir, sous sa combinaison noire et rouge, un tueur à gages amoral et roublard, avec un visage de zombie, une puissance de surhomme et un don d’immortel. Mais son vrai super pouvoir, c’est le super second degré. Dès l’ouverture se déploient tous les vertiges de l’ironie et de la mise en abyme : voix off gouailleuse et regard caméra complice, gags parodiques. Dans ce kaléidoscope de clins d’œil et de reflets à l’infini, que reste-t-il du réel ? Rien, ou si peu. Fini le temps où des super héros sombres ou fragiles portaient doutes et traumas de l’après 11 septembre : nous voici revenus à l’ère du clinquant et du chiqué. (Lire l’article)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Pays de Galles-Portugal : c’est quoi un dragon ?

À Cardigan, petite ville à environ cinq kilomètres de la propriété, l’atmosphère est électrique, comme dirait un commentateur de football. Depuis neuf cents ans, la ville mène une vie paisible, sur les rives de la rivière Teifi, et conserve une vibrante quoique tremblante présence de la langue et la culture galloise. Une identité qui les distingue des Anglais. A-t-elle pour autant été prétexte à rejeter l’autre, l’envahisseur chassé d’Orient par une guerre en grande partie provoquée par les Britanniques eux-mêmes ? Pourquoi ce qui nous définit devrait-il servir de caution aux pires bassesses de l’humanité ? (Lire l’article)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X, Le coin des traîtres, Traduction

Sade lost in translation

Partant du principe que les langues charrient de manière souvent clandestine des éléments profonds des cultures qui leur sont associées, Julia Vagrot et Bernard Mongin ont eu l’idée de soumettre des textes érotiques à la moulinette de la traduction automatique, afin de voir ce qui passait ou ne passait pas à travers ce filtre. Ainsi, la traduction de Sade en tamoul, puis sa retraduction en français déborde de surprises édifiantes… (Lire l’article)

Homunculus averyensis
Chroniques avéryennes, Écrans

Homunculus averyensis

Les personnages d’Avery, comme ceux des autres dessins animés, possèdent cette merveilleuse plasticité qui assure leur survie, même après s’être fait aplatir ou enfoncer dans le sol. Mais chez Avery, on peut aussi se fragmenter, clignoter, s’effriter. Chaque partie du corps acquiert son autonomie, reprend sa liberté. En opposition catégorique avec la notion d’“individu”, le corps avéryen est décidément du genre “dividu”. Un simple coup de marteau suffit à montrer que, loin d’être un assemblage visqueux de choses molles, le corps avéryen est un béton (mal) armé mais bien structuré en couches concentriques se fragmentant l’une après l’autre. On meurt pour de bon mais, à la mort violente, Avery préfère l’émotion pure, dont les effets sont bien plus spectaculaires.

Judith et Holopherne, huile sur toile
Arts plastiques, Caravage

Cent experts pour un marchand et une oreille de faussaire (1)

Le musée Jacquemart-André à Paris expose à partir du 17 septembre dix toiles du Caravage. L’occasion de revenir sur la découverte en 2014 d’une toile attribuée au maître dans un grenier toulousain (et sur sa valeur estimée : 120 millions d’euros). Un tableau certifié “authentique” par une armada d’experts qui partira dans quelques mois pour une vente publique à l’étranger si l’État français, qui a déclaré l’œuvre “Trésor national”, ne fait valoir son droit de préemption. Dans ce monde de certificateurs et d’élégance où seul l’argent annonce clairement la couleur, comment faire la part de la réalité et de la fiction ? Première partie de réponse : “Les fornications artistiques du génie financier”. (Lire l’article)

All My Life (1966) de Bruce Baillie
Écrans, Machines à voir

All My Life

Bruce Baillie est l’un des pionniers du cinéma d’avant-garde tourné sur la côte ouest des États-Unis à la fin des années soixante. Ce court-métrage de 1966 fait correspondre en un plan-séquence la voix d’Ella Fitzgerald et la lumière d’été sur la côte californienne.

Jolly Jumper ne répond plus © Bouzard – Dargaud 2017. Une chronique de Didier Ottaviani
Bande dessinée, S'il vous manque une case...

Une lecture ’pataphysique de Lucky Luke

La bande dessinée peu être assimilée à une forme de ’pataphysique, discipline inventée par Alfred Jarry et définie comme “science des solutions imaginaires”, nous invitant à adopter sur les choses un nouveau point de vue et casser nos attentes habituelles. C’est aussi ce que nous propose Bouzard dans Jolly Jumper ne répond plus, en nous faisant découvrir une interprétation hilarante et très personnelle du personnage de Lucky Luke, qui modifiera complètement la vision que vous aviez du Lonesome cowboy. (Lire l’article)

Théâtre

Le labo Dromesko

À qui n’a jamais assisté à un spectacle de la compagnie Dromesko, il ne faudrait rien dire sinon d’aller y voir, et pour les Parisiens ça tombe plutôt bien : la dernière création, Le jour du grand jour, est actuellement à l’affiche du Montfort avant d’être à celle du 104 en février. C’est parfois drôle, souvent émouvant, toujours juste. Chacune des scènes s’apparente au développement d’une photo. L’image reste longtemps dans le bain, car le temps de Dromesko prend son temps. Ce mélange de burlesque et de poésie fait monter progressivement chez le spectateur un mélange d’émotions dont il se demande laquelle est la bonne. La chute est rarement celle que l’on avait anticipée. Donc voilà, allez-y, vous ne le regretterez pas. (Lire la suite)

Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J34 – Être unis (la démission de Frédéric Thiriez)

Le football, c’est l’universel, la quête commune du même but. Le gosse qui passe des heures au téléphone pour réunir au moins six copains le dimanche sur le terrain en béton du quartier ; l’adolescent qui invite ses potes pour une soirée FIFA à la console ; le cadre qui sort plus tôt du travail pour ne pas manquer le match de Champion’s League au pub d’en bas ; le papa qui emmène ses mômes au stade ; tous ceux-là le savent très bien : le football, c’est la communion. Le seul qui l’ignore, le seul qui n’a rien compris à cette philosophie-là, c’est le président de la Ligue Professionnelle de Football (LFP), Frédéric Thiriez, qui vient de démissionner. (Lire l’article)

Théâtre

Essais transformés à l’ENSATT

Ils ont entre 20 et 25 ans, charmants ils affrontent pour la première fois le plateau et le public à l’ENSATT (École nationale supérieur de arts et techniques du théâtre) de Lyon. À l’aube de leur troisième et dernière année d’études des techniques et arts du théâtre, les étudiants ont l’air plutôt sûrs d’eux mais sans insolence. Ce qui rassure car on ne sait ce que l’on va découvrir en quatre fois 25 minutes. Disons-le de suite, la 77promotion placée sous la responsabilité de Joël Pommerat est de bon augure pour l’avenir du théâtre. (Lire l’article)

David Lefebvre, “Montagne III”, huile et acrylique sur toile, 73x92 cm, 2015. Courtesy Galerie Zürcher, Paris - New York
Arts plastiques, Expo

Parce que la peinture

Les paysages de David Lefebvre exposés à la galerie Zürcher sont des mondes miniatures, des maquettes où le réalisme aurait ménagé une place pour une science-fiction plausible, nichée au creux des rochers, dans les replis des collines ou dans le bleu du ciel. Des paysages interrompus par un signe qui brise les réalismes. Sans rien cacher, ses peintures demeurent mystérieuses. Rien ne semble échapper quand on les regarde, et pourtant, elles diffusent une secrète étrangeté. Quelque chose se trame, dans le calme le plus grand et dans l’immobilité la plus parfaite. (Lire la suite)

Coloriage - Le flagelet © Philippe Mignon
Coloriage, Zoologie

Le flagelet

Méfiez-vous si ce poisson mord à l’hameçon. Il est un pêcheur aguerri qui ne se méfia guère et fut piqué par un de ses deux aiguillons vénéneux. Leur piqûre peut être mortelle et l’on aura beau désinfecter la plaie ou aspirer le venin, rien n’y fera. Notre homme s’en tira avec une bonne frayeur.
Ex Machina, Sciences

Ex Machina #45 : Pensée magique

Vous-même, Yannick, vous avez émis l’hypothèse que ChatGPT ou les IA génératives du même genre pourraient avoir un embryon de conscience ? Oui, mais sans doute très limitée: leurs concepts subjectifs, si elles en ont, n’ont sans doute rien de commun avec les nôtres.