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Feu à volonté
“États-Unis : une fillette de 8 ans abattue par un garçon de 11 ans.” C’est peut-être une nouvelle forme de record, car en ajoutant l’âge de la victime à celle du tireur, on ne dépasse pas dix-neuf. Il ne s’agissait même pas ici d’un accident. La fillette jouait dehors lorsque son jeune voisin lui a demandé de voir son chiot. Elle a refusé, il a sorti une arme et tiré. Ça se passe comme ça dans le Tennessee. Chez nous, on attend généralement l’âge de la puberté avant d’arroser le voisinage à la kalachnikov. La vieille Europe n’est-elle pas le berceau de la civilisation ? (Lire la suite)
Pour le coup de blues des confiné·e·s: Disparaître
En ces temps de confinements, vous aurez besoin, pour faire face avec dignité, non pas de PQ mais de livres (à commander, télécharger). Alors lisez Evan Ratliff!
Sens des responsabilités
La Russie a dénoncé les bombardements irresponsables des États-Unis, tout en poursuivant ses...
Entretien avec un illustrateur
En marge du salon de Montreuil, nous avons rencontré lundi 4 décembre un illustrateur discret...
Le lit oui, mais en portefeuille
Un proche d’Emmanuel Macron – qui a souhaité garder l’anonymat – s’exprime: « On nous accuse de faire le lit du Rassemblement National. Peut-être, mais nous allons le faire EN PORTEFEUILLE ! » Dont acte. On ne sait pas si des soirées pyjama sont prévues.
Léda sans cygne
Parmi les personnages hauts en couleurs du XXe siècle, Gabriele d’Annunzio est le plus contradictoire. Poète et guerrier, séducteur et solitaire, amateur d’art et de moteurs V12, ce héros borgne (accident d’avion) du nationalisme italien vit un peu sur la fortune de son père, davantage sur celle de ses amies, et entretient une meute de barzoïs blancs. Grand prêtre du modernisme décadent, il traite le futuriste Marinetti de “crétin phosphorescent”, et c’est sans doute pour échapper à une injure aussi géniale que Mussolini le fait enfermer dans son kitchissime Vitoriale du lac de Garde, où il meurt en 1938. Trente ans plus tôt, à l’occasion d’un concert, il avait découvert Scarlatti. (Lire l’article)
Casse-couilles
Le populisme se porte de mieux en mieux, le climat se dégrade, les relations sociales se durcissent, la jeunesse désespère ou s’en fout, tandis que les mots se font de plus en plus violents. Pourquoi se priver ?
Travail
Intérieur nuit. Aurélie Filippetti vide le lave-vaisselle tandis que son compagnon Arnaud Montebourg déclame des vers devant le miroir de la cuisine. À la radio, un éditorialiste commente avec un soupçon d’ironie les derniers propos saillants du candidat à la primaire de la gauche. Lesquels furent, sur RTL : « Je suis un petit peu finalement comme Victor Hugo quand il exaltait ‘le travail fier’. Moi, je crois à la société du travail parce que c’est l’outil de la dignité du citoyen. » (Lire l’article)
Une leçon d’humilité
Bien, nous avons donc une nouvelle sorte de nombre, appelés nombres réels à l’encontre du bon sens, et qui ne tient pas dans l’hôtel Aleph. Que ce soit un souci pour Hilbert et Russel, on le comprend, mais pourquoi devrions-nous nous sentir concernés? D’autant qu’après tout l’infini de l’hôtel Aleph, que l’on appelle l’infini dénombrable, contient tout de même une quantité proprement incroyable de choses. Que l’hôtel puisse toujours accueillir un client de plus ne paraît pas très surprenant : sinon on ne parlerait pas d’infini. (Lire la suite)
Vers l’infini… et on s’arrête là
Dernière étape de notre voyage dimensionnel : celle des espaces à nombre infini de dimensions. Le premier que nous allons visiter est un espace de nombres. Chacune de ses dimensions correspond à un nombre premier – un nombre supérieur à 1 qui n’est divisible que par 1 ou par lui-même. Pour définir les points de cet espace, nous nous appuierons sur le fait bien connu que tout nombre entier supérieur à zéro peut s’exprimer d’une manière unique comme un produit de puissances entières de nombres premiers. Par exemple, 24 = 6×4 = 3×23. Nous pouvons alors assigner un point de notre espace au nombre 24, en utilisant la puissance de chaque nombre premier qui apparaît dans sa décomposition comme coordonnée sur la dimension correspondante. Ce qui peut donner quelques petites choses amusantes… (Lire la suite)
Sérotonine pour le Cardinal Barbarin (et tous les autres salauds qui restent impunis)
Quand un cardinal bien coupable se présente en robe violette de pénitence aux urgences de médecine littéraire, quand la moitié de l’équipe démissionne devant tant de puanteur en soutane, il ne reste que la Dre R. pour traiter le cas. Le cardinal Barbarin n’a pas dénoncé les sévices sexuels perpétrés au sein de la Sainte Église et aspire à être puni. Abandonné par la justice des hommes qui ne lui accordé que quelques mois de prison avec sursis et par le Pape qui refuse sa démission, il supplie qu’on lui fasse l’aumône d’un traitement-punition. Unissons-nous dans la prière pour que le Cardinal supporte l’administration de Sérotonine de Michel Houellebecq, mis sur le marché par les laboratoires Flammarion, sans l’autorisation de l’agence du médicament littéraire et des produits linguistiques. (Lire l’article)
Sociologie avec chat et bougies
“Pau : une fête de famille finit en bagarre générale à cause du chat.” C’est l’anniversaire d’une jeune fille, la famille est réunie, l’alcool coule comme un torrent. Le chat du foyer monte sur la table. Le père de la jeune fille l’en fait prestement descendre. Ça ne plaît pas à l’oncle, qui frappe le père. La mère intervient, elle se fait gifler. Dans la mêlée, la grand-mère se retrouve avec un oeil poché. La nièce attrape une bouteille et la fracasse sur la tête de l’oncle. À 22h45, les policiers débarquent pour siffler la fin de partie. Tout est mal qui finit mal, mais ç’aurait être pu être bien pire. (Lire la suite)
Le trou dans le zéro
Tout comme la nature, les mathématiciens ont horreur du vide, du trou, de la pièce manquante. L’esthétique, la morale presque, commandent une théorie complète, sans surprise, sans hiatus. Si un formalisme mathématique permet de poser une question, elle devrait avoir une réponse ; toute opération devrait fournir un résultat. Sinon il manque quelque chose, et ce manque vous gratte jusqu’au sang ; il faut absolument compléter la théorie pour le combler. Il ne s’agit pas ici d’un principe ni d’une vérité : simplement d’un réflexe, d’un tropisme, d’une compulsion. (Lire l’article)
Éparse pour Nadine Morano
En ce début d’année 2018, le service de médecine littéraire rouvre ses portes après quelques mois d’inactivité, et force est de constater que le cas de celle qui a été notre première patiente est loin d’être réglé. Morano, c’est du lourd, de l’épais, du sérieux. N’empêche, nous n’avons pas vocation à ne soigner que les petits bobos, la médecine de confort n’est pas forcément à dénigrer mais les pathologies lourdes exigent toute notre attention. Nous avons donc décidé de reprendre le cas de cette patiente bien connue de nos lecteurs. (Lire l’article)
J3 – La fin de l’ère “glacière”
Le football n’est pas qu’un spectacle, il est aussi un discours, ou plutôt une superposition de discours qui investissent leur objet de significations multiples. Effet de la surmédiatisation, ces discours prolifèrent et tendent à se reproduire les uns les autres, à se citer, se copier, et cette spécularité favorise la production de mythes : des plateaux télé au café du commerce, tout le monde parle de la même chose, laquelle chose devient un référent collectif dont la signification évolue. Un exemple à l’Olympique de Marseille, avec la glacière de Marcelo Bielsa. (Lire l’article)
L’Amour après, pour les trois filles du Docteur Ferry
Luc Ferry a décidé de donner son avis, sans qu’on le lui demande, sur une affaire judiciaire en cours impliquant un ministre du gouvernement. Il en a profité pour distiller publiquement un conseil éclairé, pour ne pas écrire illuminé, à ses trois filles. Pour notre part, nous leur recommandons la lecture immédiate de L’Amour après, de Marceline Loridan-Ivens (écrit avec Judith Perrignon), rescapée de Birkenau devenue cinéaste et femme libre. Plongée dans les souvenirs épars et épistolaires contenus dans une valise, l’auteure témoigne d’une farouche envie d’apprendre le corps, de savoir la sensualité et de saisir la liberté, sans comptes à rendre, à personne. (Lire l’article)
















