La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
Henri Bergson (1878)
Chroniques avéryennes, Écrans

Droopy chez Bergson

Comprendre le rire chez Tex Avery, c'est d'abord revenir aux grands classiques. En l'occurrence Le Rire de Bergson (1900), ouvrage qui, malgré sa petite taille et son âge avancé, n'a pris d'autres rides que celles qu'impriment les zygomatiques. Bergson, qui n'est pas un rigolo, balance d'emblée une hypothèse fracassante : "Le rire, c'est du mécanique plaqué sur du vivant". Ensuite, cela se gâte, car son sens moral lui inspire qu'au fond, le rire est peut-être un signal social adressé aux marginaux en situation irrégulière pour les inciter à rentrer dans le rang. La gravité d'un Buster Keaton, ou l'apathie de Droopy, seraient-elles les figures tragiques indiquant que le rire, au fond, n'est pas si drôle ? (Lire l'article)

Gérard Genette à l'honneur des chroniques avéryennes de Nicolas Witkowski
Chroniques avéryennes, Écrans

Métaphores et métalepses

À la fin de son Mystère Tex Avery, Robert Benayoun propose en vrac un “lexique succinct des métaphores texaveriennes”, en d'autres termes ces “trucs” qui prouvent que l'on se trouve bien dans l'univers avéryen. On y trouve l'effritement, propension des personnages maltraités à se retrouver en morceaux façon puzzle, la folie lubrique, de l'érection des globes oculaires à la mâchoire qui tombe sur le sol, la folie définitive, à coups de marteau, les “accélérations insanes”, les aphorismes, tel le kangourou sautant dans sa propre poche, ou le “sur-commentaire”, façon “Long isn'it ?” apparaissant sur un panneau devant une très longue voiture. Mais Tex Avery est surtout le roi de la “métalepse narrative”, au sens que lui a donné Gérard Genette. (Lire l'article)

Robert Benayoun
Chroniques avéryennes, Écrans

Tex Avery existe-t-il ?

Robert Benayoun (1926-1996), historien du cinéma, scribe de l'érotisme et du rire surréalistes, a vécu avec Tex Avery, et surtout sans lui, une étrange aventure. Fasciné par une oeuvre qu'il qualifie magnifiquement de “déculottage darwinien, tarte à la crème relativiste et kugelhof freudien”, il monte dans les années 1960, avec quelques amis de la revue Positif, un “Bureau de recherches texaveriennes” qu'il situe quelque part entre le CNRS et l'Oulipo. Surtout : il tente dès 1951 d'entrer en contact avec Tex Avery... (Lire l'article)

Sciences du fait-divers

Dernier train pour l’enfer

“Sud-Ouest : deux personnes se suicident en se jetant sous le même train.” Que deux personnes se jettent sous le même train, en l'occurrence le Corail Bordeaux-Marseille, à quelques kilomètres d’intervalle, est-ce là une mesure de l’état d’abattement de ce pays ou bien une dramatique coïncidence ? En France, plusieurs centaines de personnes se suicident chaque année sur les voies ferrées : plus de 500 en 2012, presque deux par jour. Cependant il y a ligne et ligne, et celle du Corail Intercité 4655 semble traverser des territoires particulièrement sinistrés. (Lire l'article)

Tex Avery fait-il (encore) rire? Nicolas Witkowski pose la question.
Chroniques avéryennes, Écrans

Tex Avery fait-il (encore) rire ?

Les dessins animés de Tex Avery ont fait rire dans les années 1940, 50 et 60. Et aujourd'hui ? Ont-ils rejoint l'humour 1900, qui ne passe plus, comme tant de comiques depuis, enfouis au cimetière de la rigolade ? Sur les 30 ans de création de Tex, bien des private jokes, des américanismes dont le sens s'est perdu, ainsi que nombre de vannes machistes ont mal vieilli. Tous les cartoons d'Avery ne sont pas excellents, loin de là. Pourtant, ils recèlent tous cette petite dose de piment indéfinissable qui fait son effet (explosif) à retardement. (Lire l'article)

Effondrement du marché Saint-Martin en 1879
Diogène en banlieue

Effondrement

Le lycée menaçait ruine depuis quelque temps déjà. Rien n’avait été entrepris pour empêcher l’eau des pluies, abondantes dans cette partie de la France, de s’infiltrer à l’intérieur des bâtiments. Le 10 janvier le plafond de ma classe s’effondra sous la pression de l’eau. (Lire l'article)

Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J19 – David, Goliath et les Philistins

Symboliquement, comme pour marquer la fin d’une anomalie, la dernière journée de la phase aller a vu la défaite des deux dauphins du Paris Saint-Germain, le SCO d’Angers (1-0 à Saint-Etienne) et le Stade Malherbe Caen (0-3 à domicile contre le leader), et l’AS Monaco leur passer devant au classement, rétablissant ainsi une forme de logique dans le championnat : la logique économique. Désormais, les deux premiers budgets de Ligue 1 occupent les deux premières places et le troisième, l’Olympique Lyonnais, n’est qu’à quatre points du podium. Une ligue 1 que les présidents des clubs professionnels aimeraient transformer en un club privé... (Lire l'article)

Le coin des traîtres, Traduction

Un métier de survivants

"Tout ce qu’une langue contient ne peut être transféré à une autre. Voilà pourquoi une traduction est un autre livre, la fidélité est impossible"... Mercredi 6 décembre 2017, l'écrivain et traducteur Miguel Ángel Petrecca, réunissait autour de lui à la librairie Cien Fuegos, à Paris, deux autres traducteurs argentins – Ariel Dilon et Edgardo Scott – et un traducteur français – Guillaume Contré – pour parler de traduction. Le thème de leur échange : traducteur, un métier de survivants ? (Lire l'article)

Chroniques avéryennes, Écrans

L’irréductible Gaulois du cartoon

L'empereur du dessin animé s'appelle Walt Disney. Mais à son empire de bambis pelucheux et de mièvres cendrillons qui en est venu à conquérir la planète, s'est vite adjoint un groupuscule d'irréductibles cartoonistes qui se sont choisi un roi : Tex Avery. Cet anti-Disney, ce Walt qui aurait fumé la moquette, est coopté à l'unanimité par Bob Clampett, Preston Blair, Chuck Jones ou Bob Cannon : Avery a géré une fine équipe d'animateurs dévoués, pour produire, à raison de 4 ou 5 cartoons par an pendant plus de 20 ans, une extraordinaire série de dessins animés. (Lire l'article)