La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
Fabrice Caro, Le Discours, Gallimard, 2018
Ordonnances littéraires

Le Discours de Fabrice Caro, pour aider Nosferatu à lutter contre sa sinistrose

Une étrange apparition cette semaine au service de médecine littéraire. Le Nosferatu de Murnau s’est imposé à la consultation car il souffre beaucoup de sa condition de créature filmique muette en noir et blanc. Comme toujours, nous avons la pharmacopée adaptée : Le Discours de Fabrice Caro (Gallimard, 2018), qui nous est apparu tout indiqué pour le cas présent à divers égards. Le patient réagira-t-il positivement à ce traitement anachronique ? (Lire l’article)

Footbologies. Un chronique de la Ligue 1 par Sébastien Rutés
Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J27 – Les méritants

Aucun doute possible : dans le football, on croit au mérite. Une pierre dans le jardin de ceux qui lui nient toute valeur morale, car mériter, c’est précisément posséder un droit moral. Certaines équipes bâties à coups de millions ont pour elles le pouvoir de l’argent. D’autres, machines à gagner, se prévalent de leur expérience, leur technique ou leur tactique. Et pourtant, du point de vue du football, elles ne méritent pas forcément leurs victoires. Jean Rostand l’avait dit : “le mérite envie le succès, et le succès se prend pour le mérite”. La revanche des perdants, c’est d’avoir pour eux le mérite. La supériorité morale console de l’infériorité au score… (Lire l’article)

Chroniques scarlattiennes, Musiques

Merveilleux

En mai 1723 sur les quais de Lisbonne débarque de L’Alexandre, vaisseau de la compagnie des Indes en provenance de la Louisiane et des îles Sous-le-vent, Charles-Frédéric de Merveilleux, officier d’un régiment suisse au service de la France. Il s’installe à Lisbonne, s’introduit à la cour et se voit confier une mission par le roi Jean V qui rêve d’une académie des sciences et des arts : écrire l’histoire naturelle du Portugal. Merveilleux n’est pas plus naturaliste que vous et moi mais il n’était pas rare, à l’époque, qu’un aventurier se mue en explorateur. En tant que soldat, il devait en revanche exceller aux cartes, et il y a tout à parier qu’il rencontra, à la cour et dans le petit cercle des étrangers résidant à Lisbonne, Domenico Scarlatti, très joueur lui aussi. (Lire l’article)

L'Amérique de Bob Dylan, par Hélène Quanquin
L'Amérique de..., Livres, Musiques

Bob Dylan

Enfant, Bob Dylan était toujours en train de courir. Il fugue pour la première fois quand il a 10 ans, part de la maison définitivement à l’âge de 18 ans pour s’installer à New York. “C’était comme si j’avais toujours été à la poursuite de quelque chose, quelque chose en mouvement – une voiture, un oiseau, une feuille qui s’envole – quelque chose qui pourrait m’amener vers un endroit mieux éclairé, une terre inconnue en aval”, écrit-il dans le premier volume de ses Chroniques, publiées en 2004. Lorsque l’un de ses profs lui dit que son fils a “la nature d’un artiste”, son père demande : “Un artiste, c’est pas un gars qui peint ?” Soixante ans plus tard, Bob Dylan est prix Nobel de Littérature. (Lire l’article)

La branloire pérenne

Une sale histoire

Vendredi 26 janvier, le parlement polonais a voté une loi qui condamne quiconque mettrait en cause la responsabilité des Polonais dans les crimes commis par l’Allemagne nazie.  Ironie de l’histoire, la chaîne Arte diffusait au même moment le documentaire de Claude Lanzmann Quatre sœurs où le rôle actif joué par certains Polonais dans la politique d’extermination des Juifs menée par les Nazis est souligné à plusieurs reprises. L’histoire est plus sale que la légende que tente de promouvoir le parlement polonais. Mais n’en va-t-il pas de même pour tous les États ? L’histoire officielle n’est-elle pas le spectre qui hante tout État désireux de conforter sa légitimité ? (Lire l’article)

Arnold Turboust, Les Envahisseurs
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Les Envahisseurs

Il y a tout juste cinquante ans, le réseau américain ABC achevait la diffusion de The Invaders, alias Les Envahisseurs. La série n’a connu que deux saisons mais elle a durablement marqué les esprits, tout particulièrement en France. Souvenez-vous de l’accroche : « Les envahisseurs : ces êtres étranges venus d’une autre planète. Leur destination : la Terre. Leur but : en faire leur univers. David Vincent les a vus. Pour lui, tout a commencé par une nuit sombre, le long d’une route solitaire de campagne, alors qu’il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva… ». Que jamais il ne trouva : cet usage du passé simple annonçait à lui seul de l’exceptionnel. (Lire l’article)

visage villages france airbnb
Courrier du corps

L’un des plus beaux visages de France

Autant la location de soi sur Internet demande d’être nature, cheveux gras et yeux pochés, dans le simple appareil d’une beauté qu’on vient d’arracher au sommeil, autant la prostitution de sa propre maison demande d’être un peu apprêté. Sur les sites d’hébergement tels que Airbnb, celui qui loue son foyer est supposé afficher son portrait, afin qu’on sache si l’on va finir chez les bons Samaritains ou chez Gilles de Rais. Le “host” devra donc tenter d’apparaître comme le “bon père de famille” des baux de jadis, habitant “bourgeoisement” son domicile. Exemples. (Lire la suite)

Wendell Phillips © Hélène Quanquin, une chronique de l'Amérique à l'heure des élections présidentielles
Donald Trump, L'Amérique de...

Donald Trump (eh oui)

Le 23 octobre dernier, le New York Times publiait la liste des “282 personnes, lieux et choses que Donald Trump a insultés sur Twitter”, depuis Barack Obama et Hillary Clinton jusqu’à l’opérateur de télécommunications T-Mobile et le Super Bowl, en passant par le Parti républicain. Le 8 novembre, Donald Trump recueille la majorité des grands électeurs et devient “President-elect” des États-Unis, le titre qu’il portera jusqu’au jour de son investiture. C’est ça, l’Amérique de Donald Trump. (Lire l’article)

Le coin des traîtres, Traduction

Zorro

Un cavalier, qui surgit hors de la nuit
Court vers l’aventure au galop
Son nom, il le signe à la pointe de l’épée
D’un Z qui veut dire Zorro…
À un détail près : ça veut dire quoi, Zorro ?

Zorro, Zorro… Renard rusé qui fait sa loi… Ah, merci. Il faut dire que Zorro, ça a de la gueule. Imaginez un peu : Son nom, il le signe, à la pointe de l’épée d‘un R qui veut dire Renard… Mais qui a eu la bonne idée de ne pas traduire ? Et y a-t-il une règle (à enfreindre, forcément) en matière de traduction des noms propres ? (Lire l’article)