La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
Arnold Turboust, Les Envahisseurs
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Les Envahisseurs

Il y a tout juste cinquante ans, le réseau américain ABC achevait la diffusion de The Invaders, alias Les Envahisseurs. La série n’a connu que deux saisons mais elle a durablement marqué les esprits, tout particulièrement en France. Souvenez-vous de l’accroche : « Les envahisseurs : ces êtres étranges venus d’une autre planète. Leur destination : la Terre. Leur but : en faire leur univers. David Vincent les a vus. Pour lui, tout a commencé par une nuit sombre, le long d’une route solitaire de campagne, alors qu’il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva… ». Que jamais il ne trouva : cet usage du passé simple annonçait à lui seul de l’exceptionnel. (Lire l’article)

La branloire pérenne

Où allons-nous ?

Peut-on donc encore croire au progrès à une époque où beaucoup ont le sentiment d’une régression générale ? S’il nous est difficile de nous représenter ce que serait “le meilleur des mondes possibles”, il est aisé de connaître quel est le pire pour la simple raison qu’il s’est déjà produit et qu’il continue de se produire sous nos yeux avec par exemple les massacres de la Ghouta en Syrie. Comment résister ? C’est sans doute la question essentielle qui se pose aujourd’hui. (Lire l’article)

Le CITL (Collège international des traducteurs littéraires) installé dans l'Espace Van Gogh à Arles. Photo © CITL
Le coin des traîtres, Traduction

Triangulation

À Arles, la Fabrique des Traducteurs a pour objectif de donner à de jeunes traducteurs en début de carrière l’occasion de travailler avec des traducteurs expérimentés et de mieux connaître le paysage de la traduction et de l’édition. Exemple de problème auquel fut confronté un traducteur mexicain lorsqu’un éditeur lui demanda de traduire The Lost City of the Monkey God, de Douglas Preston, en espagnol “neutre”. (Lire l’article)

Mayra Santos-Febres, La Maîtresse de Carlos Gardel, traduit de l'espagnol (Porto Rico) par François-Michel Durazzo, Zulma, 2019
Livres, Ordonnances littéraires

Mayra Santos-Febres pour les sorcières

L’époque marque le grand retour des sorcières. Elles sont partout, aux États-Unis comme en France, sur la scène politique, sociale et littéraire. Mais leur récent retour en force ne leur épargne pas certains tourments. Elles souffrent en effet d’un dramatique problème de discontinuité. Pour elles, donc, le Dr P. prescrit cette semaine La Maîtresse de Carlos Gardel de Mayra Santos-Febres, paru chez Zulma, traduit de l’espagnol (Porto Rico) par François-Michel Durazzo. (Lire l’article)

Le coin des traîtres, Traduction

Mi declaración

Hommage à France Gall qui dans les années 60 chanta, entre autres, l’Amérique. Oui, mais quelle Amérique ? Et d’abord, c’est quoi, l’Amérique ? Un pays ? Un continent ? Un rêve ? Et comment la traduire ? Tout dépend de qui en parle. Tout dépend d’où on la regarde. Tout dépend de la façon dont on la fantasme. (Lire l’article)

Courrier du corps

Le pout-pout bien tempéré, vol. 2 (tuto Kylie Jenner)

Mettre sa bouche dans un petit récipient et faire le vide en aspirant l’air. Si l’on persiste assez longtemps, on obtient une belle augmentation du volume des lèvres. Cela marche aussi avec le pénis, mais aspirer l’air par le méat est un peu plus compliqué. Quoi qu’il en soit, l’effet ne dure pas, sauf à y être allé comme un barbare et s’être niqué des vaisseaux sanguins. Mais l’idée de persister au delà du temps réglementaire dans ses jeux d’enfant est riche de possibilités. (Lire la suite)  

Berlinische Monatsschift
Diogène en banlieue

Évaluation

Ce jour-là, j’arrivai en cours avec cinq bonnes minutes de retard. Les élèves m’attendaient dans le couloir, agités et bruyants. En classe il me fallut encore cinq minutes pour rétablir le calme. Les élèves ne paraissaient guère disponibles, la faute à mon retard sans doute, à leur jeunesse peut-être, à la philosophie aussi. C’est ce que j’imaginais quand je me rappelai soudain que je leur avais demandé de me rendre un devoir. (Lire l’article)

L’Outil et les papillons, de Dmitri Lipskerov, traduit du russe par Raphaëlle Pache, publié chez Nadège Agullo
Ordonnances littéraires

Pour le Dr B. et pour tous les convalescents : Zola et Lipskerov

Le service de médecine littéraire est sens dessus-dessous : le Dr B. a en effet été victime d’un accident et se trouve pour le moment sans traitement littéraire. Ni une ni deux : les Dr R. et Dr P. décident en urgence d’un protocole pour leur consœur et amie. La prescription vaut bien entendu pour tout convalescent ou, plus globalement, pour tout individu souffrant, en cette fin d’hiver grisailleux, d’asthénie et/ou de manque d’évasion radieuse. Principes actifs de cette double posologie de choc : l’intégrale des Rougon-Macquart d’Émile Zola et L’Outil et les papillons de Dmitri Lipskerov (traduit du russe par Raphaëlle Pache), publié chez Nadège Agullo. (Lire l’article)