La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Chroniques
2017 Année terrible

Travail

Intérieur nuit. Aurélie Filippetti vide le lave-vaisselle tandis que son compagnon Arnaud Montebourg déclame des vers devant le miroir de la cuisine. À la radio, un éditorialiste commente avec un soupçon d’ironie les derniers propos saillants du candidat à la primaire de la gauche. Lesquels furent, sur RTL : « Je suis un petit peu finalement comme Victor Hugo quand il exaltait ‘le travail fier’. Moi, je crois à la société du travail parce que c’est l’outil de la dignité du citoyen. » (Lire l’article)

Bruce Gray vu par Clo'e
Chanson de gestes

Tête basse

La rame de métro semble s’être figée sur une seule position, pétrifiée. Plus aucun regard. Tous ont la tête basse, les paupières baissées. Tous tiennent entre leurs mains recueillies un objet qui, de loin, nous paraît ressembler à un missel, en tout cas un livre sacré. L’heure est sans doute aux prières. La posture de chacun est celle de la dévotion, de la soumission à un ordre, une autorité supérieure, suprême. Personne ne bouge. (Lire la suite)

Courrier d'un lecteur de délibéré nommé Victor Hugo
2017 Année terrible

Courrier d’un lecteur

Victor Hugo nous écrit : “Les périodes électorales sont les pires moments pour se mettre à espérer (dites-vous bien que, même dans l’éventualité où votre candidat préféré serait élu, vous finiriez à coup sûr par être déçus), et ce ne sont pas les meilleurs pour commencer à paniquer (il eût fallu s’y prendre plus tôt). Ce ne sont finalement que des moments de transes, qu’il faut traverser avec philosophie.” (Lire la lettre)

La branloire pérenne

Les fleurs du mal

Une pétition circule à New York pour qu’une toile de Balthus soit retirée du Metropolitan. On y voit la culotte d’une petite fille. Cette anecdote nous ramène à la question maintes fois discutée : le beau doit-il être l’ami du bien ? L’art doit-il être moral  ? Le problème n’est pas nouveau. En 1857, à la suite de la parution des Fleurs du mal, Baudelaire et ses éditeurs étaient condamnés pour délit d’outrage à la morale publique. (Lire l’article)

Tex Avery, Cock-a-Doodle-Dog (analyse par Nicolas Witkowski)
Chroniques avéryennes, Écrans

Cock-a-Doodle-Dog

Le secret d’Avery, c’est la construction, l’enchaînement des gags. Beaucoup se trouvent dans la période Warner, mais à l’état d’éléments dispersés. Ce n’est qu’à la MGM, vers 1950, qu’ils s’assemblent. 
Saint Janvier © Gilles Pétel
La branloire pérenne

Saint Janvier

Nietzsche publie en 1882 le Gai savoir dont le livre IV s’intitule Saint Janvier. Ce livre compte un grand nombre de textes célèbres qui ont pour dénominateur commun d’affirmer la joie de vivre en toutes circonstances et malgré tout ce qui s’y oppose. Dans le premier texte du livre IV, « Pour le nouvel an », Nietzsche fait un rapide bilan des résolutions qu’il a prises pour la nouvelle année. Non pas ces résolutions badines dont nous abreuvent nos chaînes de télévision : arrêter de fumer, perdre du poids, aller à la gym, à la messe, à la mosquée, au temple ou à la synagogue de façon régulière… Non, Nietzsche y déclare simplement qu’il « ne veut plus, de ce jour, être jamais qu’un affirmateur ». (Lire l’article)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Pays de Galles-Irlande du Nord : Zizou président !

À l’écran, le stade est une cathédrale illuminée où les hommes rendent grâce au veau d’or. La caméra explore les gradins. Les bipèdes font de grands signes cabalistiques. Certains visages arborent d’étonnantes compositions colorées. Les bouches hurlent des chants guerriers. Une houle profonde agite la masse. Gros plan sur les joueurs suants qui se congratulent et s’étreignent. Les commentateurs, qui sont aussi pertinents que mon cousin Robert, reviennent pour la vingtième fois sur les moments forts de cette soirée historique. (Lire l’article)

Julien Cabocel, Bazaar, L'Iconoclaste, 2018
Ordonnances littéraires

Masques et cordon sanitaire : Bazaar pour celui dont il ne faut pas prononcer le nom

La médecine, fût-elle littéraire, a ses limites. Quand la maladie est trop noire, trop contagieuse, trop périlleuse pour le staff et les patients, il n’est pas question de soigner, mais de mettre en quarantaine. Où ? À Bazaar, par exemple, dans ce lieu loin de tout, imaginé par Julien Cabocel et conditionné par les laboratoires L’Iconoclaste. Non contente de protéger le service, la Dr R. n’hésite pas à modifier la composition du médicament pour le rendre plus efficace. Espérons que le patient terriblement contagieux et extrêmement dangereux qui s’est présenté aux Urgences littéraires ne reviendra jamais. Pour lire cette ordonnance, il est recommandé de s’équiper d’un masque protecteur et de consulter aux premiers symptômes qui se présenteraient dans les 48 heures suivant la lecture. (Lire l’ordonnance)

Le nombre imaginaire, Sciences

Les chiffres parlent d’eux mêmes, mais on leur fait dire ce qu’on veut !

Il est des moments où parler de mathématiques semble bien vain au regard de ce qui se passe dans le monde si peu platonicien qui est le nôtre. Alors de quoi parler ? De chiffres, pour une fois. Ces chiffres qui gouvernent notre vie et auxquels nous ne comprenons pourtant pas grand-chose. Commençons par une liste, qui s’appuie, sauf mention contraire, sur des données mensuelles datant de 2016. Nous y parlerons en particulier du niveau de vie d’une personne, terme qu’il convient de clarifier. (Lire l’article)