La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Chroniques
Le coin des traîtres, Traduction

So fraîche

“Allez, on y va mon pote, ça va te plaire, tu verras, les filles elles sont fraîches !” lance-t-il à son interlocuteur, sur son téléphone portable. “Fraîches” ? Il fut une époque – celle où “fraîche” s'écrivait systématiquement avec un accent circonflexe – où les filles attiraient les hommes parce qu'elles étaient “chaudes”. Autres temps, autres mœurs ? Ou autres temps, autres mots ? La traduction se loge partout. (Lire l'article)

2017 Année terrible

Travail

Intérieur nuit. Aurélie Filippetti vide le lave-vaisselle tandis que son compagnon Arnaud Montebourg déclame des vers devant le miroir de la cuisine. À la radio, un éditorialiste commente avec un soupçon d’ironie les derniers propos saillants du candidat à la primaire de la gauche. Lesquels furent, sur RTL : "Je suis un petit peu finalement comme Victor Hugo quand il exaltait 'le travail fier'. Moi, je crois à la société du travail parce que c'est l'outil de la dignité du citoyen." (Lire l'article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Alors, on sèche ?

Si l’une ou l’autre des petites énigmes posées il y a deux semaines vous ont laissée perplexe, vous trouverez ici de quoi vous rasséréner ; et si vous avez tout bon, vous y trouverez de quoi vous en féliciter et même, pourquoi pas, la motivation d'inventer d’autres énigmes sur le même thème. Pour résoudre ce type d’énigme, le plus simple (sinon le plus élégant) est... de lire cet article.

Pierre Bayard, Le Titanic fera naufrage, éditions de Minuit, 2016
Livres, Ordonnances littéraires

Pierre Bayard pour les instituts de sondage

Sondeurs, sondeuses, pythies aux augures sans cesse défaits, devins aux présages incertains, prophètes moqués et stigmatisés, oracles aberrants : vous vous sentez déprimés, rejetés, diminués ? Lisez donc Pierre Bayard. Les romanciers, explique-t-il dans Le Titanic fera naufrage, ont en effet un accès privilégié à des évènements qui ne se sont pas encore produits”. Contrairement aux dirigeants politiques et aux responsables d’instituts de sondages à travers le monde, qui, eux, se gardent bien de tirer parti de la capacité annonciatrice de la littérature”. (Lire l'article)

Hervé Vilard canta en español
Le coin des traîtres, Musiques, Traduction

Paroles et musique

Mémoires d'un traducteur de chansons (ou d'un homme à tout faire) : au début des années 1980, en pleine Movida, l’Espagne était à la mode et beaucoup s’imaginaient, en France, qu’il serait intéressant – et juteux – de conquérir ce marché. C’était à qui sortirait son disque en espagnol avec la french touch, de toute urgence. L'occasion de parler ici de musique, de métrique, de sémantique et de phonétique. (Lire l'article)

Choses revues, Détournements

Nettoyer le ciel

“Je veux défendre le droit d’admirer les nuages sans estafilades.” À la veille de la première manifestation pour l’interdiction des traces d’avions, entretien avec le fondateur d’ÉtherNu, qui nous raconte son combat.
Gustave Doré - La Génisse, la chèvre et la brebis en société avec le lion - "Zoologie", une chronique de l'année 2017 par Edouard Launet dans délibéré
2017 Année terrible

Zoologie

“Même une chèvre gagnerait contre Hollande. S’il se soumet à la primaire, ce sera le Salon de l’agriculture tous les jours !” C’est avec ce propos de Gérard Filoche, recueilli par Le Point il y a quelques semaines, que la campagne des présidentielles a vraiment débuté. Car enfin quelqu’un traçait une authentique perspective d’avenir. Soudain 2017 résonne de mille cris joyeux, braiements et barrissements, glougloutements et bêlements. Ce n’est plus l’année d’apocalypse que nous redoutions tant, c’est la ferme des animaux. C’est une mêlée joyeuse que Victor Hugo lui-même avait pressentie. (Lire l'article)

“Big Bad Wolf chez Ibn al-Haytham”: Une chronique avéryenne de Nicolas Witkowski
Chroniques avéryennes, Écrans

Big Bad Wolf chez Ibn al-Haytham

Le regard, chez Tex Avery, c'est toute une histoire... On a déjà vu les yeux du méchant loup palper Droopy pour s'assurer de sa présence. Bien plus souvent, ils vont palper le petit chaperon rouge ou Cendrillon avec des buts moins avouables. Grande est la variété graphique des représentations du regard — de l'œil exorbité et “sonnant et trébuchant” à l'onde impalpable mais transportant de l'énergie. Cette obsession visuelle est-elle un simple fantasme avéryen ? Pas du tout. La fixation pathologique de Tex Avery sur le regard a, comme son homoncule sensoriel, de très anciennes racines historiques. (Lire l'article)

Le coin des traîtres, Traduction

Question de choix

Traduire, c'est aussi se coltiner un certain nombre de contraintes au sein desquelles la traduction se réserve des choix, se ménage des espaces de liberté ou de jeu. À l'heure où les débats autour de l'écriture inclusive font l'actualité, quand certain⋅e⋅s évoquent (voire invoquent) les règles – grammaticales, syntaxiques, orthographiques– à respecter, les questions de traduction sont plus que jamais à l'ordre du jour. Nouveaux défis en perspective. (Lire l'article)

Una cosa mentale © Gilles Pétel
La branloire pérenne

« Una cosa mentale »

La joie n’est pas un refus du monde tel qu’il est, c’est-à-dire bien souvent pénible et quelquefois effroyable. Elle n’est pas le produit d’une illusion qui verrait, comme le dit la chanson, "la vie en rose". Elle n’est pas enfin un aveuglement. La joie au contraire s’éprouve en connaissance de cause. C’est en ce sens que Rosset peut écrire que la joie de vivre se laisse le mieux appréhender en "l’absence de tout motif raisonnable". Il n’y a en somme guère de motifs de se réjouir et nous sommes pourtant bien heureux de vivre. (Lire l'article)