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Allemagne-Ukraine : fantômes
D’abord les joueurs entrent sur le terrain. Ils sont en ligne. Immobiles. C’est blanc, c’est jaune et sur la pelouse verte, on dira ce qu’on voudra, c’est moche. Il y a de la musique. Officielle. Des hymnes. La moitié du stade chante. Puis l’autre moitié. On s’ennuie déjà. Ça commence quand ? demande quelqu’un. Après la pub, lui répond un autre. Pub, donc. Et puis coup d’envoi. Sans surprise, le ballon passe d’une paire de pieds à une autre. On s’ennuie toujours mais après tout, c’était prévu. (Lire l’article)
« Una cosa mentale »
La joie n’est pas un refus du monde tel qu’il est, c’est-à-dire bien souvent pénible et quelquefois effroyable. Elle n’est pas le produit d’une illusion qui verrait, comme le dit la chanson, « la vie en rose ». Elle n’est pas enfin un aveuglement. La joie au contraire s’éprouve en connaissance de cause. C’est en ce sens que Rosset peut écrire que la joie de vivre se laisse le mieux appréhender en « l’absence de tout motif raisonnable ». Il n’y a en somme guère de motifs de se réjouir et nous sommes pourtant bien heureux de vivre. (Lire l’article)
Comment ne pas faire de statistiques
“Statistiques” à l’appui, l’État du Texas a tenté de faire annuler l’élection de Biden dans quatre États clés. Problème : l’analyse de l’expert sur laquelle s’appuyait la demande est d’une imbécilité rare.
Le Ministère des sentiments blessés pour Gilles Le Gendre, député trop subtil
Il est des patients qui découragent les meilleures volontés médicales. Monsieur Gilles Le Gendre, président du groupe La république en marche à l’Assemblée nationale, en fait partie. Après avoir affirmé, voici quelques semaines, que le seul tort de la majorité présidentielle était d’avoir été trop intelligente, subtile et technique, il a été admis en urgence par le Dr R. qui, depuis, rechigne à le soigner tant elle le trouve antipathique. Le sens du devoir médical finit par l’emporter et elle lui prescrit non sans subtilité quelques extraits d’un long poème d’Altaf Tyrewala, Le Ministère des sentiments blessés, récemment conditionné en français aux éditions Actes Sud. La lumineuse clarté de cette subtile poésie aidera-t-elle notre patient… dont le Dr R. pourra enfin se débarrasser ? Espérons-le. (Lire l’ordonnance)
Compas dans l’œil
Dans nos banlieues, les rues, déjà fort étroites, sont de plus en plus envahies par des...
Les trempettes de la renommée
Nous avons rencontré le patron d’une petite entreprise de la région parisienne, Écol’EAU, qui...
Descartes à la plage
Ah, les plaisirs de la plage ! Vous étiez en train de jouer entre copains au beach volley quand la combinaison d’une passe puissante mais maladroite et d’une bourrasque soudaine fait voler le ballon dans l’eau, à quelque distance du rivage. L’émulation s’empare des deux équipes : celle qui récupèrera le ballon aura le prochain service, à moins d’ailleurs que la partie ne se transforme en match de water-polo. En tout cas c’est clair : il faut aller récupérer ce ballon avant les autres ! Les capitaines des deux équipes s’élancent. Alice, pour les Bleus, est fluette mais rapide à la course. Basile, pour les rouges, est lourd mais nage comme un dauphin. Lequel des deux arrivera le premier au ballon ? (Lire l’article)
Un conte de Noël en Val-de-Marne
Clément Ledoux est un retraité bien tranquille. Depuis six ans qu’il a cessé toute activité...
Violet et ses amis
Violet Gordon Woodhouse, riche et fantaisiste Anglaise, est une autre figure marquante de la résurrection du baroque au début du XXe siècle. Au piano, au clavecin et au clavicorde, elle joue Bach, Purcell et Scarlatti. De la même génération que Wanda, elle est bien éloignée des milieux saphiques parisiens, même si elle rencontra la jeune Virginia Woolf et si la poétesse Radclyffe Hall, alias John, lui dédicaça des poèmes érotiques. Elle vit avec un mari très gentil (mais handicapé par un accident de chasse) et, sous le même toit, avec trois amants officiels. Quand elle n’est ni au jardin ni à cheval, Violet fait de la musique… (Lire l’article)
Wait Until Tomorrow
Quelle musique pour la fin du monde ? Jean-Sébastien Bach ou Jimi Hendrix ? Te Deum ou Machine Gun ? Concert live ou MP3 ? L’orchestre du Titanic est réputé avoir joué jusqu’au bout. La légende prétend que son dernier morceau fut My God, To Thee (Plus près de toi mon Dieu). Rescapé du naufrage, un des deux opérateurs radio du bord affirme, lui, avoir entendu les huit musiciens interpréter le cantique Autumn. Certains érudits penchent plutôt pour Songe d’Automne, une valse composée par Archibald Joyce. D’autres enfin assurent que tout cela n’est qu’une belle histoire : en réalité, les musiciens auraient tenté de sauver leur peau comme tout le monde. (Lire la suite)
Au bout de la Nationale 7
Les mathématiciens détestent les nombres imposés arbitrairement, et parmi eux le nombre de dimensions de l’espace : trois. Hauteur, largeur, épaisseur (ou bien : latitude, longitude, altitude). Ce diktat de trois dimensions, pas plus pas moins, est insupportable au matheux, qui va immédiatement se faire un plaisir d’imaginer autre chose. Pourquoi pas deux dimensions, ou quatre ? pourquoi pas une infinité ? Pourquoi pas, même, 3/2 ou Pi ? Et un espace à zéro dimension ? Pas très excitant, on s’y sent vite à l’étroit. Et un espace de dimension un ? Tout point y est identifié par une seule coordonnée, par exemple un nombre. C’est ce qui se passe sur la mythique Nationale 7. (Lire l’article)
Disparition inquiétante
La rédaction, responsable, qui ne circule qu’en transports en commun, à pied ou à vélo (vélo...
Copulation redirigée
“Il meurt en plein acte sexuel avec un épouvantail”. Le drame s’est produit dans la campagne...
Alchimie amusante
“Ils vendaient une ‘potion magique’ pour changer du papier en dollars.” La police russe a arrêté deux Centrafricains qui tentaient d’écouler une “potion magique” présentée comme capable de transformer du simple papier en billets de 100 dollars. Pour faire croire à cette alchimie fiduciaire, les escrocs versaient devant les badauds un liquide sur une feuille de papier noir puis, avec une habilité de maîtres de bonneteau, substituaient à la feuille un vrai billet. Ils proposaient ensuite aux gens d’aller vérifier son authenticité auprès d’une banque. Miracle ! (Lire l’article)
Ukraine-Pologne : dans la ville électrique
Les deux Albanais étaient plus jolis que des Italiens. On a parlé encore jusqu’à épuiser notre vocabulaire international. Et puis on a regardé nos verres et nos mains. J’ai croisé les jambes, ils ont souri, ils appréciaient. Si Marco arrivait maintenant, ça m’éviterait d’aller plus loin, je me sais beaucoup trop gourmande quand ces regards-là me frôlent. (Lire l’article)
Un pécheur blâmable
Un individu louche qui rôdait hier à proximité de l’église Saint-Séverin a été interpellé alors...
Le retour du refoulé
Dans les conversations de cafés, les manifestations, les révoltes des « bonnets rouges » hier, des « gilets jaunes » aujourd’hui, nous assistons à ce que Freud avait génialement appelé « retour du refoulé ». Nos démocraties sont malades : nous n’y croyons plus, nous nous interrogeons, nous n’en finissons pas de nous poser des questions sur notre santé, notre avenir… Nous ruminons nos pensées « politiques » à la façon d’une névrose obsessionnelle. Nous nourrissons de nombreux doutes. Mais qu’avons-nous refoulé ? (Lire l’article)













