La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Chroniques
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

La Fille de Londres

La fin du monde ne ressemblera pas à la fin du monde. Pas de gros nuages noirs annonciateurs d’orage terminal, pas de raz de marée de cauchemar balayant les cités, pas de champignon nucléaire s’élevant au loin comme une mauvaise blague. Vous saurez que la fin du monde approche lorsque vous décrocherez votre téléphone et qu’une voix synthétique vous répondra : si ceci tapez 1, si cela tapez 2, sinon tapez étoile pour revenir au sommaire. Tout indique (en particulier les services d’assistance de ces entreprises connues sous le nom de “fournisseurs d’accès”) que nous en sommes déjà là. (Lire l'article)

Babar, "un mot pour un autre" (une chronique de Christilla Vasserot)
Le coin des traîtres, Traduction

Un mot pour un autre

On a coutume de considérer la traduction comme le transfert d’un message d’une langue à une autre. Mais elle peut aussi être manipulation du message et s'exercer, parfois, au sein d'une même langue. La campagne présidentielle, entre autres, nous en fournit chaque jour bien des exemples. Il arrive même que le message initial ne soit plus repérable dans la traduction qui en est fournie. Certains se sont pris à ce jeu. La preuve par Borges, George Clooney, Jean Dujardin, Babar, La Sorbonne Nouvelle et Barack Obama. (Lire l'article)

Le coin des traîtres, Traduction

Zorro

Un cavalier, qui surgit hors de la nuit
Court vers l'aventure au galop
Son nom, il le signe à la pointe de l'épée
D'un Z qui veut dire Zorro...
À un détail près : ça veut dire quoi, Zorro ?

Zorro, Zorro... Renard rusé qui fait sa loi... Ah, merci. Il faut dire que Zorro, ça a de la gueule. Imaginez un peu : Son nom, il le signe, à la pointe de l'épée d'un R qui veut dire Renard... Mais qui a eu la bonne idée de ne pas traduire ? Et y a-t-il une règle (à enfreindre, forcément) en matière de traduction des noms propres ? (Lire l'article)

football ligue 1 sébastien Rutés Footbologies
Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J7 / J8 – Manifeste de critique sportive

L’époque est au retour à la morale. Miracle du populisme, nos hommes politiques font pénitence, se flagellent en public et portent le cilice en soirée, sur le frac. On veut faire l’ange après la bête, et pour faire bonne mesure, convertir autrui à sa récente vertu. Alors, on rétablit les cours de morale à l’école, on prêche à la tribune et l’on décrète ici ou là des devoirs d’exemplarité, dont les footballeurs sont les dernières victimes à la mode. Les joueurs doivent être des modèles pour la jeunesse, proclament ministres des sports et dirigeants du football qui n’ignorent pas que les investissements des annonceurs et des diffuseurs en dépendent. Un sport plus propre pour plus de profit : voilà de quoi encourager à la vertu ! (Lire l'article)

Paul Delaroche - Napoléon à Fontainebleau le 31 mars 1814 (1840) - Musée de l'Armée
Sciences du fait-divers

Anaphores, désillusions et constitutionnalité

“‘À quoi sert François Hollande ?’ : L'étrange intitulé d'un examen de droit.” (20 Minutes). C’est jour de partiel de droit constitutionnel à la faculté de la Couronne, à Angoulême. Deux questions, au choix, sont proposées aux étudiants. La première porte sur le rôle du Conseil constitutionnel dans la formation du bloc de constitutionnalité. Pffff ... La seconde : “À quoi sert François Hollande ?”. Ainsi posée, la question porte en elle sa réponse (“à rien !”) tant elle ressemble au titre de couverture d’un hebdomadaire qui aurait décidé de se farcir méthodiquement le Président. Après avoir fait rire l’amphithéâtre, la question a fait glousser les réseaux sociaux. (Lire l'article)

Emil Ferris, “Moi, ce que j'aime, c'est les monstres”, Monsieur Toussaint Louverture, 2018
Ordonnances littéraires

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres pour Angela Merkel

L’été qui se prolonge invite à la torpeur et pourtant, le service de médecine littéraire a vu arriver cette semaine une patiente de tout premier plan en la personne de la chancelière allemande Angela Merkel. Victime du mandat de trop, elle évolue depuis quelque temps dans un milieu à risques qui pourrait voir survenir une nouvelle épidémie de peste brune. Pour la préserver des piqûres de nuisibles, nous avons sorti les grands moyens et lui avons prescrit l’époustouflante première œuvre d’Emil Ferris, Moi ce que j’aime c’est les Monstres (Monsieur Toussaint Louverture, 2018). Attention, traitement addictif. (Lire l'article)

Chroniques scarlattiennes / Ramón Casas, Jeune décadente (1899), Musée de Montserrat
Chroniques scarlattiennes, Musiques

L’annuaire de Kirkpatrick

L'Américain Ralph Kirkpatrick, élève de Wanda et musicologue à Yale, est le principal biographe de Scarlatti. Son Domenico Scarlatti de 1953 est cependant à prendre avec des pincettes. La biographie est remarquable, mais la musicologie a souvent été remise en question. Non, toutes les sonates ne vont pas par paires, non, le point d'orgue de la sonate n'est pas la “crux” qu'il avait inventée, non Scarlatti n'a pas composé toutes ses sonates pendant les cinq dernières années de sa vie. Mais tout défricheur prend et assume le risque de faire fausse route. Son jugement sur l'évolution des sonates est parfois un peu énigmatique mais toujours d'une grande justesse. Il est l'auteur d'une classification “scientifique” des sonates. Mais la “vraie” classification chronologique reste à faire. (Lire l'article)

2017 Année terrible

Suffrage

Si, au Panthéon, le caveau de Victor Hugo est vide depuis près d’un mois, c’est parce que son locataire est parti à Guernesey. Si Hugo s’en est allé à Guernesey, c’est parce qu’il voulait retourner sur les lieux de son dernier exil. S’il voulait retrouver l’exil insulaire, c’est parce qu’il brûlait de contempler la mer à nouveau. (Lire l'article)