La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Chroniques
Marjorie Taylor Greene
Mot à mot

Pro Pro Pro

Le PRO, rien à dire, est à la mode. Combattif, individualiste, il se projette en avant, et vise l’excellence. Il nous pousse, c’est bien ça, à avancer et, tant qu’à faire, nous incite même à être en avance. Sur quoi ? Sur tout. C’est peut-être bien là le problème. 
La branloire pérenne, Non classé

Le sens de la vie

Quand le président de la République, en s’adressant à une assemblée d’évêques, déclare que « la laïcité n’a pas pour fonction de déraciner de nos sociétés la spiritualité qui nourrit tant de nos concitoyens », il remet sur le devant de la scène une vieille idée dénoncée par Nietzsche. La spiritualité, dans le contexte particulier du discours du président, ne peut en effet que renvoyer à la recherche d’une présence divine, garante d’un sens et de valeurs supérieures.Mais n’existe-t-il pas d’autre spiritualité que religieuse ? Le simple fait de penser n’est-il pas en lui-même déjà quelque chose de très spirituel ? (Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Le pire des régimes…

Parmi les contributions de Condorcet aux mathématiques, il en est une d’actualité en cette période d’incertitude électorale : il fut le premier à constater l’impossibilité pour une société d’établir un classement cohérent entre plusieurs options – par exemple des candidats à la présidence – à partir des préférences individuelles de ses membres. Ce paradoxe n’est pas que théorique, puisque le scrutin uninominal majoritaire à deux tours peut en effet faire arriver en troisième position un candidat capable de battre en duel n’importe lequel des deux finalistes. Mais deux chercheurs de l’École Polytechnique ont proposé il y a quelques années un système dit du jugement majoritaire… (Lire l’article)

Adriaen van Utrecht - Nature morte (1644) - Rijksmuseum Amsterdam
Sciences du fait-divers

Essai d’anthropologie structurale autour d’un réveillon stéphanois

Saint-­Etienne : elle part avec les cendres du chien, il l’agresse à la fourchette.” Nous tenons ici un spécimen exceptionnel de fait divers du type “X fait ceci, Y fait cela”, où cela est censé être une forme de réponse à ceci, et X un individu peu susceptible de passer ses prochaines vacances avec Y. Dans le cas présent, c’est un réveillon de Noël qui tourne mal. (Lire la suite)

Valérie Zenatti, Dans le faisceau des vivants, éditions de l'Olivier, 2019
Le coin des traîtres, Livres, Traduction

Valérie Zenatti : le voyage à Czernowitz

Il suffisait de les avoir croisés ensemble une fois : ce qui unissait Aharon Appelfeld et Valérie Zenatti dépassait la complicité qui existe parfois entre écrivain et traducteur. Comme s’ils veillaient l’un sur l’autre. Comme s’ils étaient de la même famille. Après la mort d’Appelfeld, Valérie Zenatti était la seule à pouvoir écrire ce livre, de filiation et tendresse autant que de deuil. Dans le faisceau des vivants, aux éditions de l’Olivier. (Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Le trou dans le zéro

Tout comme la nature, les mathématiciens ont horreur du vide, du trou, de la pièce manquante. L’esthétique, la morale presque, commandent une théorie complète, sans surprise, sans hiatus. Si un formalisme mathématique permet de poser une question, elle devrait avoir une réponse ; toute opération devrait fournir un résultat. Sinon il manque quelque chose, et ce manque vous gratte jusqu’au sang ; il faut absolument compléter la théorie pour le combler. Il ne s’agit pas ici d’un principe ni d’une vérité : simplement d’un réflexe, d’un tropisme, d’une compulsion. (Lire l’article)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Allemagne-Irlande du Nord : dribbler à perdre la raison

Oh Toi ! le prolétaire intact, gladiateur moderne / Qui remontes l’arène et évite le tacle / Si Tu savais comment des tribunes mon cœur / Palpite et tend vers Toi des ondes de bonheur.
Si Tu savais mes rêves quand je me fais ballon / Entre tes pieds, docile, sur ta cuisse d’Apollon / Mais Tu ne me vois pas qui grelotte d’espoir / Et jamais Tu ne lèves le regard de Ton match. 
(Lire)

L'Amérique de Bob Dylan, par Hélène Quanquin
L'Amérique de..., Livres, Musiques

Bob Dylan

Enfant, Bob Dylan était toujours en train de courir. Il fugue pour la première fois quand il a 10 ans, part de la maison définitivement à l’âge de 18 ans pour s’installer à New York. “C’était comme si j’avais toujours été à la poursuite de quelque chose, quelque chose en mouvement – une voiture, un oiseau, une feuille qui s’envole – quelque chose qui pourrait m’amener vers un endroit mieux éclairé, une terre inconnue en aval”, écrit-il dans le premier volume de ses Chroniques, publiées en 2004. Lorsque l’un de ses profs lui dit que son fils a “la nature d’un artiste”, son père demande : “Un artiste, c’est pas un gars qui peint ?” Soixante ans plus tard, Bob Dylan est prix Nobel de Littérature. (Lire l’article)