La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Chroniques
Una cosa mentale © Gilles Pétel
La branloire pérenne

« Una cosa mentale »

La joie n’est pas un refus du monde tel qu’il est, c’est-à-dire bien souvent pénible et quelquefois effroyable. Elle n’est pas le produit d’une illusion qui verrait, comme le dit la chanson, "la vie en rose". Elle n’est pas enfin un aveuglement. La joie au contraire s’éprouve en connaissance de cause. C’est en ce sens que Rosset peut écrire que la joie de vivre se laisse le mieux appréhender en "l’absence de tout motif raisonnable". Il n’y a en somme guère de motifs de se réjouir et nous sommes pourtant bien heureux de vivre. (Lire l'article)

Diogène en banlieue: heurs et malheurs d'un prof de philo aux confins du système scolaire. Chapitre 18: “Canons”. Par Gilles Pétel
Diogène en banlieue

Canons

Mes élèves avaient l’esprit ailleurs et le corps excité. Ils sortaient presque de trois semaines de vacances. Bien sûr, personne n’avait eu le temps de faire la dissertation sur l'art. Le sujet lui-même avait été oublié. J’eus un moment de découragement, quand Louis lança une plaisanterie qui remit malgré lui la machine en marche. (Lire l'article)

Caricature de Victor Hugo, représenté assis sur le Théâtre français et l'Académie française. Dessin de Benjamin paru dans le Panthéon charivarique en 1841.
2017 Année terrible

Trahison

Au Panthéon, la semaine dernière. Une voix : Hugo, le saviez-vous, on parle encore de vous dehors. / Hugo : Qui va là ? / La voix : Jacques-Germain Soufflot, pour vous servir. / Hugo : On vous a casé là, vous aussi ? Eh bien Soufflot laissez-moi vous dire que votre bâtiment est bien mal foutu et que l’on y gèle. / Soufflot : J’avais fait les plans d’une église, pas d’une nécropole. Je n’y suis pour rien. / Hugo : Je vous pardonne. Vous disiez qu’on parlait de moi ? (Lire l'article)

Fabrice Caro, Le Discours, Gallimard, 2018
Ordonnances littéraires

Le Discours de Fabrice Caro, pour aider Nosferatu à lutter contre sa sinistrose

Une étrange apparition cette semaine au service de médecine littéraire. Le Nosferatu de Murnau s’est imposé à la consultation car il souffre beaucoup de sa condition de créature filmique muette en noir et blanc. Comme toujours, nous avons la pharmacopée adaptée : Le Discours de Fabrice Caro (Gallimard, 2018), qui nous est apparu tout indiqué pour le cas présent à divers égards. Le patient réagira-t-il positivement à ce traitement anachronique ? (Lire l'article)

Footbologies J18. Une chronique de Sébastien Rutés
Foot, Footbologies 2016-2017

J18 – Retour à la nature

Un match décalé d’un jour, un autre reporté et deux qui se sont joués dans la purée de pois : le brouillard a sévi ce week-end sur les pelouses de Ligue 1. L’occasion de se souvenir que la nature existe. Les origines du football sont rurales. Héritiers du harpastum romain, la soule française et le hurling over country anglais mettaient aux prises des villages entiers rivalisant les jours de fête pour porter une balle dans des camps distants de plusieurs kilomètres. On franchissait des haies, on sautait des fossés, on traversait des rivières, on pataugeait dans la boue. On luttait contre l’adversaire autant que contre la nature. Désormais, le football n'est plus que le combat de l’homme contre l’homme. (Lire l'article)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Allemagne-Irlande du Nord : dribbler à perdre la raison

Oh Toi ! le prolétaire intact, gladiateur moderne / Qui remontes l’arène et évite le tacle / Si Tu savais comment des tribunes mon cœur / Palpite et tend vers Toi des ondes de bonheur.
Si Tu savais mes rêves quand je me fais ballon / Entre tes pieds, docile, sur ta cuisse d’Apollon / Mais Tu ne me vois pas qui grelotte d’espoir / Et jamais Tu ne lèves le regard de Ton match. 
(Lire)

Brèves pour musiciens-parlants

Le sable de l’oubli

Brève n°112 pour trio à cordes, interprétée par Amaryllis Billet, Hélène Desaint, Sarah Givelet. Une des pièces écrites pour la lecture-concert du 9 décembre 2012 aux Bouffes du nord du texte de Jacques Roubaud, l'Ode à la ligne 29 des Autobus parisiens.

Chroniques scarlattiennes / Ramón Casas, Jeune décadente (1899), Musée de Montserrat
Chroniques scarlattiennes, Musiques

L’annuaire de Kirkpatrick

L'Américain Ralph Kirkpatrick, élève de Wanda et musicologue à Yale, est le principal biographe de Scarlatti. Son Domenico Scarlatti de 1953 est cependant à prendre avec des pincettes. La biographie est remarquable, mais la musicologie a souvent été remise en question. Non, toutes les sonates ne vont pas par paires, non, le point d'orgue de la sonate n'est pas la “crux” qu'il avait inventée, non Scarlatti n'a pas composé toutes ses sonates pendant les cinq dernières années de sa vie. Mais tout défricheur prend et assume le risque de faire fausse route. Son jugement sur l'évolution des sonates est parfois un peu énigmatique mais toujours d'une grande justesse. Il est l'auteur d'une classification “scientifique” des sonates. Mais la “vraie” classification chronologique reste à faire. (Lire l'article)