La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
“Qu’elle soit enchaînée ou couronnée la liberté est toujours victorieuse.” Wendell Phillips © Hélène Quanquin
L'Amérique de...

Wendell Phillips

Le 5 juillet 1915, plus de 5000 personnes se massent dans le jardin public de Boston pour assister à l’inauguration de la statue en bronze de Wendell Phillips, œuvre du célèbre sculpteur Daniel Chester French, qui, quelques années plus tard, sera l’auteur de la statue imposante d’Abraham Lincoln à Washington, D.C. L’ouvrage, qui a coûté 20 000 dollars, a été commandé par la ville en novembre 1911, à l’issue des cérémonies du centenaire de la naissance de Wendell Phillips. Une citation de celui-ci surplombe la statue : “Qu’elle soit enchaînée ou couronnée la liberté est toujours victorieuse”. (Lire l'article)

Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J10 – “Et puis est retourné, plein d’usage et raison”

De Joachim du Bellay, le footballeur ne retient que le premier vers : “Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage”. Une carrière est une fuite en avant, une suite de départs vers de meilleurs championnats, de plus grands clubs, de plus hauts salaires, des trophées. La mondialisation n’a fait qu’accentuer le mercenariat. Jadis on achevait sa carrière dans son club formateur, on s’en va aujourd’hui au Qatar, s’assurer une retraite. Or c’est précisément à ce panorama qu’on doit l’apparition du mythe du retour. Le joueur qui revient, ce serpent de mer, ce monstre du Loch Ness, cette arlésienne. Une légende surgie du passé, au même titre que le joueur d’un seul club, parce que le retour est une des formes de la fidélité, cette valeur absolue du football. Drogba reviendra-t-il à l’OM ? Gourcuff à Bordeaux ? Ulysse à Ithaque ? Mystères du mythe ! (Lire l'article)

Degré zéro, Un marcheur à Paris

Le chant des sirènes

Est-ce l’arrogance politique décomplexée, le réflexe garçon “Je-fais-du-bruit” au sein de la gente policière, la cote d’alerte anti-terroriste à son maximum, ou encore la démultiplication des présidents étrangers en visite, toujours est-il que les convois sirène hurlante qui traversent certains quartiers de la capitale ne m’ont jamais paru aussi nombreux. Va-t-on vers une “new-yorkisation” de Paris ? La ville vit dans un état de tension proche de la paranoïa et chacun est sidéré, médusé par sa propre acceptation passive de tant de martialité. La sirène dit un État qui se rêve de plus en plus ouvertement policier.
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Antonio Sarabia, La femme de tes rêves, traduit de l'espagnol par René Solis, ed. Anne-Marie-Métailié, 2017
Le coin des traîtres, Livres, Traduction

Antonio Sarabia au-dessus du volcan

L'écrivain mexicain Antonio Sarabia est mort samedi 3 juin à Lisbonne. Du roman historique au roman noir, en passant par le fantastique, Sarabia aura traversé plusieurs genres sans s’y enfermer. Avec, en toile de fond de plusieurs de ses livres, un volcan. René Solis, qui a traduit en français La Femme de tes rêves, revient sur cette intimité singulière qui lie un traducteur à un écrivain et sur son immersion dans ce qui aura été le dernier livre d'Antonio Sarabia. (Lire l'article)

Rare représentation d'un Peekaboo (Psittacurvirostris atelerix) provenant de la collection de vélins du Muséum d'Histoire Naturelle
Choses revues, Détournements

Nuit agitée à Paris

“Il faut tuer cette femme !” Samedi, vers 2 heures du matin, les habitants d'un immeuble du XIVe arrondissement de Paris ont été réveillés par un grand bruit de vaisselle brisée, bientôt suivi par des "répliques" et un appel lugubre.
Nijinsky dans La Péri de Paul Dukas, en 1911, vu par Bakst
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Diaghilev groupie

Il est difficile de croire que la première du Sacre du printemps, en 1913, a été contemporaine du travail d'élaboration des Femmes de bonne humeur, comédie de Carlo Goldoni muée en opéra-ballet par Serge Diaghilev en 1916. C'était à la fois le sacre de Stravinsky et celui de Scarlatti. Car Diaghilev, qui voulait une musique pré-romantique, était un inconditionnel de Domenico, dont il choisit 22 sonates qu'il fit, à sa façon habituelle, orchestrer. Curieuse idée que de “mélodiser” des sonates par nature “a-mélodiques” ! Mais il fallait bien que les danseurs aient du grain à moudre... (Lire l'article)

Le coin des traîtres, Traduction

Des mots, des mots, des maux

Et puis un jour, travaillant à la traduction d'une pièce dont l’écriture présente de beaux défis, je m’aperçois que non, je n’y arrive pas, tout résiste, il y a un hic. Serait-ce un nouvel épisode d’overdose de mots ? J’en ai déjà connu, comme, j’imagine, bon nombre de traducteurs. Dans ces cas-là, une fois le mal reconnu, le remède est simple : trois jours sans mots, trois jours de peinture, d’expositions, de broderie, de promenades en forêt ou ailleurs, de vélo le long du canal, trois jours sans lectures, bref, une pause sans mots et rapidement tout rentre dans l’ordre. Mais non. Ce n’est pas ça... (Lire l'article)

Choses revues, Détournements

Nettoyer le ciel

“Je veux défendre le droit d’admirer les nuages sans estafilades.” À la veille de la première manifestation pour l’interdiction des traces d’avions, entretien avec le fondateur d’ÉtherNu, qui nous raconte son combat.
Robert Benayoun
Chroniques avéryennes, Écrans

Tex Avery existe-t-il ?

Robert Benayoun (1926-1996), historien du cinéma, scribe de l'érotisme et du rire surréalistes, a vécu avec Tex Avery, et surtout sans lui, une étrange aventure. Fasciné par une oeuvre qu'il qualifie magnifiquement de “déculottage darwinien, tarte à la crème relativiste et kugelhof freudien”, il monte dans les années 1960, avec quelques amis de la revue Positif, un “Bureau de recherches texaveriennes” qu'il situe quelque part entre le CNRS et l'Oulipo. Surtout : il tente dès 1951 d'entrer en contact avec Tex Avery... (Lire l'article)

Francisco De Goya y Lucientes, Le sommeil de la raison engendre les monstres, série “Caprichos” nº43
Mot à mot

Antonyme

“Le sommeil de la raison engendre des monstres” est le titre d'une gravure de Goya. Le dessin autant que son titre sont d'actualité. Ils sont aussi le point de départ d’un Mot à mot qui commence par un exercice délicat : dire un mot pour un autre.
La branloire pérenne

Oxygène

France 2 a diffusé mardi 25 septembre la première partie d’un long documentaire consacré à l’histoire de l’immigration en France, intitulé Histoires d’une nation. Ce documentaire est une véritable bouffée d’oxygène dans l’atmosphère délétère que certains esprits obtus s’acharnent à faire régner dans l’hexagone, en agitant sans cesse le fantasme d’une identité française menacée par les vagues successives d’immigrations. Le film montre au contraire comment la France s’est construite et développée grâce à l’apport des différentes générations d’immigrés. L'occasion d'interroger la notion d’identité, qu’elle soit personnelle ou collective. Un individu possède-t-il réellement un moi bien défini, une nation a-t-elle une identité claire ? Qu’est-ce que l’identité ? (Lire l'article)