La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
Stéphane Mallarmé, Poésies, édition de Bertrand Marchal, préface d'Yves Bonnefoy, coll. Poésie/Gallimard, 1992. Une ordonnance littéraire de Sophie Rabau dans délibéré
Livres, Ordonnances littéraires

Mallarmé pour Emmanuel M.

Monsieur Emmanuel M., âgé de 45 ans, marié, ministre des Finances, se présente à la consultation du service de chronobibliopathologie, adressé par son médecin traitant suite à une histoire d’insomnie, retards, pertes de montres et agenda. À l’anamnèse, on retrouve des événements déclencheurs idiopathiques : désintérêt pour la lecture dès la puberté, tentative, au début de l’âge adulte, de faire entrer “26 heures dans une journée” selon l’expression du patient. Après réunion du staff, on propose un traitement allopathique à raison d’un voyage en bus sur le trajet Paris-Marseille avec lecture d’un sonnet tiré de la pharmacopée classique. (Lire l’article)

Ordonnances littéraires

À la ligne. Feuillets d’usine de Joseph Ponthus pour le MEDEF

Le Medef veut « Attribuer automatiquement un numéro Siret à chaque jeune Français pour son 16e anniversaire ». Très bien. Un retour à la réalité s’impose pour ces pragmatiques auto-proclamés, et ce sera par la lecture de À la ligne. Feuillets d’usine de Joseph Ponthus (La Table Ronde). L’auteur raconte son histoire. Celle d’un gars qui a fait des études littéraires, a commencé à travailler dans le social puis a tout quitté pour suivre celle qu’il aime, en Bretagne. Et, parce qu’il faut bien bosser, il se retrouve à l’usine, ouvrier intérimaire. Et c’est cela qu’il raconte, la réalité de la vie dans une usine de poissons (crevettes, bulots…) ou dans un abattoir. Pour rapporter un peu de sous… (Lire l’article)

Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J10 – “Et puis est retourné, plein d’usage et raison”

De Joachim du Bellay, le footballeur ne retient que le premier vers : “Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage”. Une carrière est une fuite en avant, une suite de départs vers de meilleurs championnats, de plus grands clubs, de plus hauts salaires, des trophées. La mondialisation n’a fait qu’accentuer le mercenariat. Jadis on achevait sa carrière dans son club formateur, on s’en va aujourd’hui au Qatar, s’assurer une retraite. Or c’est précisément à ce panorama qu’on doit l’apparition du mythe du retour. Le joueur qui revient, ce serpent de mer, ce monstre du Loch Ness, cette arlésienne. Une légende surgie du passé, au même titre que le joueur d’un seul club, parce que le retour est une des formes de la fidélité, cette valeur absolue du football. Drogba reviendra-t-il à l’OM ? Gourcuff à Bordeaux ? Ulysse à Ithaque ? Mystères du mythe ! (Lire l’article)

Scarlatti manuscrit biblioteca marciana
Chroniques scarlattiennes, Musiques

La sonate comme Ovni

Un mystère des sonates tient à l’emploi de l’improvisation. On a vu Scarlatti l’utiliser pour ajuster leur proportion et ainsi en finir avec les règles, dites ou non-dites, qui structurent sa musique. Du coup, les nombreux jazzmen qui swinguent sur Scarlatti courent le risque d’improviser… sur de l’improvisation. Le pianiste David Greilsammer rapproche les sonates de Scarlatti de celles, pour piano préparé, de John Cage. Quel lien entre les deux hommes ? “Ils partagent la même conception, dit Greilsammer, de la sonate comme Ovni fugitif, solitaire et lointain, messager d’un monde futur où tout serait possible”. (Lire l’article)

Sciences du fait-divers

Saison 2, épisode 1: Albertine n’a pas la chatte en feu

“Jaloux, il met le feu au chat de sa compagne et le jette par la fenêtre.” Il était jaloux, donc suspicieux et même franchement inquisiteur. Elle a refusé de lui laisser consulter les appels qu’elle avait passés et reçus sur son téléphone portable. Il s’est énervé… La jalousie et ses développements sont le carburant d’un nombre incalculable de romans. Ah si les portables avaient existé à l’époque de Marcel Proust, que de raffinements supplémentaires il eût pu apporter à son oeuvre ! (Lire la suite)

Violet Gordon Woodhouse par Alvin Langdon Cobürn - vignette
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Violet et ses amis

Violet Gordon Woodhouse, riche et fantaisiste Anglaise, est une autre figure marquante de la résurrection du baroque au début du XXe siècle. Au piano, au clavecin et au clavicorde, elle joue Bach, Purcell et Scarlatti. De la même génération que Wanda, elle est bien éloignée des milieux saphiques parisiens, même si elle rencontra la jeune Virginia Woolf et si la poétesse Radclyffe Hall, alias John, lui dédicaça des poèmes érotiques. Elle vit avec un mari très gentil (mais handicapé par un accident de chasse) et, sous le même toit, avec trois amants officiels. Quand elle n’est ni au jardin ni à cheval, Violet fait de la musique… (Lire l’article)