La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
À la Une, Choses revues, Détournements, Foot

Ailleurs l’herbe est plus jaune

Depuis quelques mois, on ne parle que des à-côtés du mondial du Qatar. Pots-de-vin, esclavage, chantiers mortels, catastrophe écologique à tous les étages  et diverses autres broutilles collatérales que nous passerons sous silence. Bizarrement, on a peu souligné le fait que tous les matchs se joueront… sur du sable.

Le nombre imaginaire, Sciences

Neuf sur dix

Qu’on envisage mollement d’arrêter de fumer, ou qu’on cherche à limiter sa consommation, il faut se donner de bonnes raisons pour le faire, et ce n’est pas gagné. Heureusement, nos autorités de santé ont résolu de prendre les choses en main, à coups de photos et messages chocs. Exemple : 9 cancers du poumon sur 10 sont causés par le tabac. Ce message s’appuie sur un fait avéré… mais il joue tout de même sur notre incompréhension naturelle des pourcentages.
“Ma destinée” (1867) Dessin de Victor Hugo Plume et lavis d'encre brune, gouache, sur papier vélin © Paris, Maison de Victor Hugo
2017 Année terrible

Navigation

“On ne fait pas rêver le peuple français avec des mesures techniques, des décrets. La France aujourd’hui doit se doter à nouveau d’un récit national.” Annonce quasi programmatique faite le 1er septembre par Emmanuel Macron lors de sa visite à la foire de Châlons-en-Champagne, où l’ancien ministre était venu dès le lendemain de son départ de Bercy pour “écouter la vraie vie des vrais gens”. On ne sait si cette enquête sociologique expresse à la foire a fourni à l’ex-banquier d’affaires suffisamment de matière pour nourrir son roman ; mais il est certain que le récit macronnien sera un fleuve allégorique charriant de grandioses métaphores. (Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

La flèche immobile

La clientèle de l’hôtel Aleph est exigeante, et nulle considération absconse quant à la possibilité ou non de faire tenir des clubs dans des chambres ne saurait lui tenir lieu d’excuse valable. Pour résumer l’opinion générale : quand on veut on peut, et au prix où se paye la nuitée la direction ne devrait pas regarder à la dépense, ou bien on ira voir ailleurs. Comme l’un des résidents les plus vindicatifs ne se priva pas de le dire à Hilbert, “vous savez remplir ℵ0 chambres d’un coup, nous pourrions bien vous montrer comment les vider tout aussi rapidement”. Bref, la crise. (Lire la suite)

Foot, Footbologies 2016-2017, présidentielle 2017

J34 – L’opium du peuple

Devant son écran, le supporteur hésite. Soirée électorale ou Lyon-Monaco ? Voire, le clásico Madrid-Barcelone ? Il se sent coupable, la voix de la raison martèle ses arguments. À la différence des précédents, le scrutin est serré, quatre candidats pourraient passer au second tour. D’accord, mais après quatre saisons dominées par le Paris Saint-Germain, la Ligue 1 offre enfin un peu de suspense… Dilemme. Alors, le supporteur décide de zapper d’une chaîne à l’autre, un peu honteux. Le football est l’opium du peuple, et il se sait dépendant… (Lire l’article)

BlaKkKlansman - Un film de Spike Lee
La branloire pérenne

Mon semblable

BlaKkKlansman, le dernier film de Spike Lee, sorti en salles le 22 août, traite sur le mode de la comédie du racisme purulent aux États-Unis. Adapté d’une histoire vraie, le film raconte comment un policier noir réussit à infiltrer le Ku Klux Klan à l’aide d’une ruse qui vaut bien celles d’Ulysse. L’action se situe dans les années 1970, époque du Black Power, époque aussi où le Ku Klux Klan, bien qu’il n’ait plus d’existence légale, continue de mener des actions d’intimidation à l’égard des Noirs. Pourtant au-delà du portrait féroce et burlesque des hommes de cette organisation raciste, suprémaciste et identitaire, c’est l’Amérique de Trump qui est directement visée par Spike Lee comme en témoignent les quelques “great America” que se lancent régulièrement les adeptes du Klan. L’occasion de s’interroger sur ce que nous appelons “mon semblable”. (Lire l’article)

2017 Année terrible

Interview

Le 7 février, au lendemain de son acte de contrition et de ses « excuses », François Fillon partait à Troyes pour tenter de reprendre une campagne « normale ». Las ! Il y fut accueilli par des militants communistes agitant une banderole sur laquelle on pouvait lire : « C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches. » Une formule extraite de l’Homme qui rit. Victor Hugo est décidément omniprésent dans cette présidentielle. Nous sommes allés au Panthéon recueillir les commentaires du grand homme, mort et sans cesse déterré. (Lire l’article)