La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
Choses revues

Lutte des casses

Les premiers signes de la révolte à venir ont fait leur apparition il y a quelques semaines, personne n’aurait pensé alors qu’ils seraient annonciateurs d’une véritable révolution.

Jacques-Louis David, La mort de Marat (1793)
La branloire pérenne

Fragments d’un discours politique

Dans les Fragments d’un discours amoureux, Barthes constate que “le discours amoureux est aujourd’hui d’une extrême solitude. Ce discours est peut-être parlé par des milliers de sujets (qui le sait ?) mais il n’est soutenu par personne; il est […] ignoré, ou déprécié, ou moqué…” Un peu plus loin, Barthes note que le discours amoureux est devenu inactuel. Le livre paraît en 1977. Les choses n’ont cependant guère changé. Peut-être en va-t-il de même du discours politique. Nos hommes d’État et leurs ministres donnent souvent l’impression de parler dans le vide, non qu’il n’y ait personne en face d’eux pour les applaudir mais parce que personne ne les prend plus vraiment au sérieux. Le discours politique est pourtant un des nerfs de la démocratie. Doit-on alors conclure qu’avec le déclin de la parole politique s’amorce celui de nos régimes ? (Lire l'article)

Footbologies - J11 - Une chronique de la Ligue 1 par Sébastien Rutés
Foot, Footbologies 2016-2017

J11 – Le mythe de Troie

Dans L’or des tigres (1972), Jorge Luis Borges affirmait qu’il n’y a que quatre histoires à raconter, quatre “cycles” que nous ne cessons de réinterpréter depuis la plus haute Antiquité, quatre mythes qui nourrissent la littérature ainsi que –Borges n’en parle pas– le storytelling politique et la chronique sportive. Du plus ancien – l’histoire d’une “ville fortifiée qu’assiègent et défendent des hommes valeureux”–, la Ligue 1 a offert ce week-end une singulière version. La ville de Troie tombe à la fin, le supporteur le sait, comme tout un chacun. (Lire l'article)

Insultologie appliquée

Grand Satan !

Entre les États-Unis et l’Iran, les insultes volaient bien avant les drones et les missiles. L’échange de mots doux remonte à la crise de 1979. Les États-Unis "Grand Satan", comme disait alors l'ayatollah Khomeiny. L’arrivée au pouvoir de Donald Trump n’a rien arrangé à l’affaire.
Aristote à Hollywood (2) ou Tex Avery par Nicolas Witkowski
Chroniques avéryennes, Écrans

Aristote à Hollywood (2)

Aux causes finales, explications commodes mais illusoires, Aristote adjoignait les causes “formelles”, celles qui sont censées expliquer la forme des choses, vivantes ou inanimées. Et c'est sans doute la partie de sa philosophie qui a le plus mal vieilli, puisque la forme, dans le cadre de la science moderne, s'explique entièrement par les propriétés de la matière, guidées par une éventuelle “information”, matérielle elle aussi. Pour les créatures vivantes, cette information est d'ordre génétique et codée chimiquement dans leur ADN. La forme d'Aristote, elle, était une “essence”, une “idée” venant d'un mystérieux monde extérieur pour informer la matière brute. Tex Avery, bien sûr, se saisit de cette notion surprenante. (Lire l'article)

La branlette du stabylo (une chanson de gestes de Marie-Christine Vernay)
Chanson de gestes

La branlette du Stabilo

Le geste était en tout point pareil, répétitif, allant de de gauche à droite. La main de notre voisine de train, pendant les deux heures que dura le voyage de Paris à Lyon, s’accrochait au marqueur. Elle soulignait comme elle effaçait. Les pages les unes après les autres devenaient jaune vif. Le noir disparaissait. 

Le nombre imaginaire, Sciences

De l’art d’être banal

Il existe une catégorie essentielle de secrets pour chacun de nous : ceux qui nous permettent de prouver notre identité sur Internet – mots de passe, codes confidentiels, réponses à des questions secrètes. Si nous laissons échapper ces secrets, alors n’importe qui peut se faire passer pour nous. Il existe des recommandations de bon sens : utiliser des mots de passe complexes, jamais deux fois le même, ne jamais les confier à un tiers, utiliser un “coffre-fort à mots de passe”. Force est de reconnaître que nous n’appliquons que rarement ces recommandations, dont certaines sont d’ailleurs contre-productives. Parlons-en un peu. (Lire l'article)

Sciences du fait-divers

Le pont, les brutes et le traînant

“Saute, on n'a pas que ça à faire.” Deux automobilistes turques se sont retrouvées devant un tribunal d’Istanbul pour avoir houspillé un candidat au suicide trop hésitant. L’homme menaçait de sauter depuis l’un des deux ponts qui, à Istanbul, enjambent le détroit du Bosphore. Toutefois, comme ce genre de décision se réfléchit longuement, surtout quand on a 64 mètres de vide sous les pieds, la menace s’est faite de plus en plus vague et un embouteillage a fini par se former sur le pont. Si bien que les conductrices sont sorties de leur véhicule en hurlant : “On n’a pas que ça à faire. Mais saute à la fin !” L’injonction semble avoir été décisive puisque l’homme a plongé peu après. (Lire l'article)