La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
La branloire pérenne

Heumpty Deumpty

– La question, dit Alice, est de savoir si vous avez le pouvoir de faire que les mots signifient autre chose que ce qu’ils veulent dire.
– La question, riposta Heumpty Deumpty, est de savoir qui sera le maître… un point, c’est tout.
Les débats autour de l’écriture inclusive me rappellent cet étrange échange entre Alice et Heumpty Deumpty. La question est en effet de savoir qui est le maître, du langage ou de l’homme. (Lire l'article)

Sciences du fait-divers

Travaux à prévoir

“Découverte de trois nouvelles planètes ’potentiellement habitables’ .” Cet intitulé semble relever des pages Sciences plus que de celles des faits divers. Erreur ! Le“potentiellement habitables” fait toute la différence. Car que nous annonce cette formule spectaculaire ? Qu’une fois que nous aurons fini de cochonner la Terre, nous pourrons toujours aller nous replier sur une de ces trois patries de rechange, lesquelles semblent déjà disposer du téléphone et de l’eau courante. On a hâte. Sauf qu'elles gravitent à 39 années-lumière de chez nous. En embarquant sur une sonde interplanétaire voyageant à 17 km par seconde, il faudrait environ 700 000 ans pour couvrir la distance. Cela rend ces astres déjà nettement moins habitables... (Lire l'article)

La branloire pérenne

En vacances

La peur que notre société éprouve à l’égard du chômeur, du migrant, du sans domicile fixe, du vagabond et du romanichel vient sans doute de ce que ces catégories échappent, au moins en partie, au contrôle de l'État. La grande question qui revient sans cesse à propos des chômeurs est de savoir ce qu’ils font tout au long de la journée. À quoi s’ajoute la question de savoir où ils vont. Se promènent-ils ? Les vacances devraient nous délivrer au moins une fois l’an des chaînes du travail. Elles devraient être un temps de liberté et de désordre. Éloigné des centres de contrôle (usine, entreprise, atelier, administration), l’homme devrait pouvoir souffler un peu et faire ce qui lui plaît, aller où ça lui chante, avec qui il l’entend ou bien seul s’il le préfère. Un rapide coup d’œil sur l’organisation des congés payés montre que nous sommes loin d’une pareille liberté. (Lire l'article)

Léonor de Recondo, Manifesto, Sabine Wespieser, 2019
Ordonnances littéraires

Manifesto de Léonor de Récondo pour les “acteurs” (vous, moi, etc.)

Soyons sérieux. Ou soyons fous. Lisons. Manifesto, de Léonor de Récondo (publié chez Sabine Wespieser). Pour redonner du sens, se rappeler que l’on peut vivre pour de vrai. Et mourir, aussi. Et que la vie n’est pas "qu’un récit conté par un idiot, plein de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien", comme certains discours pourraient le suggérer. Oui, certaines lectures sont comme un remède à l’inconsistance… (Lire l'article)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

France-Albanie : crampons sur canapé

Parfois, il est bon de se surprendre soi-même. En acceptant de regarder un match de foot, par exemple. Jusqu’au bout. Et d’en faire une chronique. L’Homme-de-la-maison a validé ma présence sur le canapé. Une seule condition : ne pas poser les deux questions dont je suis coutumière, c’est qui contre qui ? et Qui c’est qui gagne ? sans en écouter les réponses. Va pour France-Albanie. Préparation du plateau télé, chiffonnade de Parme, roquette, tomates cerises, fromages. L’Homme ouvre une bouteille de Rioja en l’honneur de mon exceptionnelle présence à ses côtés pour ce genre d’événement. (Lire l'article)

Michel Houellebecq, Unreconciled / Non réconcilié, traduit par Gavin Bowd
Entretiens, Le coin des traîtres, Traduction

Houellebecq dans les brumes écossaises

Gavin Bowd, écrivain, professeur de littérature française à l’université de St Andrews en Écosse, est le traducteur en langue anglaise de plusieurs ouvrages de Michel Houellebecq. Dans un entretien avec Agnès Villette, il se confie sur les difficultés que pose la traduction de cet auteur, ainsi que sur les relations chaotiques qu’il entretient avec lui, dont il était devenu l'ami avant que les deux hommes ne se brouillent. (Lire l'entretien)

Le nombre imaginaire, Sciences

J’en suis tout retourné

Solution de la petite énigme posée la semaine dernière... Rappelons les faits : j’ai préparé un jeu de 52 cartes dont j’ai retourné un certain nombre face visible, avant de vous laisser mélanger le paquet. Après m’être bandé les yeux, j’ai alors pris une partie de ce paquet, je vous ai laissé compter – sans me le dire – le nombre de cartes face visible qu'il vous restait, je l’ai lu dans vos pensées, je vous ai tourné le dos et grâce à mes pouvoirs psychiques j’ai moi-même retourné dans mon paquet ce qu’il fallait de cartes pour avoir exactement le même nombre de cartes face visibles que vous. Comment ai-je fait ? (Lire l'article)

domenico scarlatti chroniques scarlattiennes
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Un musicien mécaniste

Le Scarlatti astronome n'est jamais évoqué en musicologie, pas davantage que le philosophe naturel ou l'amateur d'art. Or, l'énigme de la lentille de télescope rapportée par Scarlatti a trouvé sa solution dans les travaux d'une historienne d'art sur la collection d'estampes rassemblée par Jean V, et il est certain que notre musicien était au courant des derniers développements de la science dont les progrès étaient alors stupéfiants et passionnaient tout “honnête homme”. Comment douter que Scarlatti – dont les sonates sont des petits mécanismes musicaux ajustés comme des horloges de précision – se soit passionné pour la nouvelle science qui allait générer la révolution industrielle et profondément modifier nos modes de vie ? (Lire l'article)

Degré zéro, Un marcheur à Paris

Maisons de Noël

Elles ont fait leur apparition en bas des Champs-Élysées, de jolies maisonnettes blanches en bois, avec des toits gris du plus bel effet, sagement alignées sur plusieurs dizaines de mètres au pied de la plus célèbre avenue du monde. C’est une bonne idée du gouvernement pour loger les sans-abris alors que les premières déferlantes du froid s’annoncent… Confort rustique, mais les pieds au chaud, enfin un beau geste social ? Marcheur badaud, j’ai été brutalement sorti de ma rêverie sociale et utopique, quasi fouriériste, par les coups de marteau qui, devant moi, révélèrent par pancarte interposée la véritable destination de ces maisonnettes : “Marché de Noël”. (Lire l'article)

John Ironmonger, Sans oublier la baleine, traduit de l’anglais par Christine Barbaste, Stock, 2016, coll. La Cosmopolite. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne
Livres, Ordonnances littéraires

Ordonnance pour les naufragés

Un homme se réveille nu, naufragé sur une plage. “Que lui était-il arrivé ? Une semaine plus tôt à peine (une semaine ! était-ce seulement possible ?), il rectifiait son nœud de cravate et présentait devant son équipe un plan d’action qui n’omettait aucune éventualité, dans lequel chaque risque avait été pallié, chaque heure prise en compte. Et maintenant ?”. Dans Sans oublier la baleine (traduit par Christine Barbaste, Stock, 2016), John Ironmonger raconte l'histoire d'un naufrage. D'où il ressort que si le pire est sûr, les conséquences ne sont pas toujours celles que l'on croit. Le récit prémonitoire de ce qui attend François Hollande l'année prochaine ? À lire dès maintenant, ou à garder sous la main pour 2017, dans votre kit d’urgence anti-gueule de bois.
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