La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Chroniques
Léonor de Recondo, Manifesto, Sabine Wespieser, 2019
Ordonnances littéraires

Manifesto de Léonor de Récondo pour les “acteurs” (vous, moi, etc.)

Soyons sérieux. Ou soyons fous. Lisons. Manifesto, de Léonor de Récondo (publié chez Sabine Wespieser). Pour redonner du sens, se rappeler que l’on peut vivre pour de vrai. Et mourir, aussi. Et que la vie n’est pas « qu’un récit conté par un idiot, plein de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien », comme certains discours pourraient le suggérer. Oui, certaines lectures sont comme un remède à l’inconsistance… (Lire l’article)

2017 Année terrible

Géométrie

Crypte du Panthéon, 2 octobre 2016, vers 23 heures. Très agité, Victor Hugo fait irruption dans le caveau où repose Gaspard Monge. Hugo : “Dites donc Monge, vous qui êtes un peu mathématicien, pourriez-vous me dire quel genre d’algèbre se joue dans la primaire de la droite ?” Monge : “Non, mon cher Victor, il ne s’agit pas d’algèbre mais de géométrie. C’est même une géométrie assez simple puisque cantonnée à une seule dimension, celle de la droite.” (Lire l’article)

Chroniques scarlattiennes, Musiques

Un musicien en or

On trouve étrangement peu de plasticiens inspirés par l’œuvre de Scarlatti. Mais les sonates sont elles-mêmes des œuvres plastiques, puisque Scarlatti se pose toujours la question du lien entre l’œil et l’oreille. À cet égard, une étude fine de leur structure montre que leur constituant principal, le grand motif double symétrique dont il a beaucoup été question ici, n’a pas de position précise au début du corpus. Peu à peu, cependant, il migre vers une position bien particulière, aux deux-tiers de la sonate. À y regarder de plus près, c’est à mi-chemin entre la moitié (4/8) et les trois-quarts (6/8), soit à 5/8, à quelques millièmes près de ce qu’il est convenu d’appeler le “nombre d’or” : 0,618… (Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Sans décoder ?

En ces temps joyeux de hacking présidentiel et de logiciels rançonneurs, il n’est pas sans intérêt de se demander ce que peuvent apporter les maths en termes de sécurité informatique. La réponse est : beaucoup. Au-delà de la complexité assez affolante des algorithmes en jeu, il existe quelques principes de bon sens peu connus et pourtant fort éclairants, qui si nous les appliquions tous pourraient nous aider à gagner un peu de confiance en ces systèmes dont nous dépendons tellement et dont nous ignorons trop. (Lire l’article)

2017 Année terrible

Union

“Victor Hugo nous montre le chemin de la nouvelle France.” Le 21 août dernier à Frangy-en-Bresse, au terme de la grosse heure de discours qui formait l’écrin magnifique de sa candidature à l’élection présidentielle, Arnaud Montebourg s’est rangé sous la bannière du poète national. On s’attendait plutôt à l’entendre invoquer Jeanne d’Arc. Depuis que l’Archange saint Michel, sainte Catherine et sainte Marguerite réunis lui ont annoncé qu’il avait un destin national, il laboure la Saône-et-Loire du Mont Beuvray jusqu’à Frangy-en-Bresse, levant des troupes pour bouter roidement la mondialisation hors du Royaume de France. (Lire l’article)

Caricature de Victor Hugo, représenté assis sur le Théâtre français et l'Académie française. Dessin de Benjamin paru dans le Panthéon charivarique en 1841.
2017 Année terrible

Trahison

Au Panthéon, la semaine dernière. Une voix : Hugo, le saviez-vous, on parle encore de vous dehors. / Hugo : Qui va là ? / La voix : Jacques-Germain Soufflot, pour vous servir. / Hugo : On vous a casé là, vous aussi ? Eh bien Soufflot laissez-moi vous dire que votre bâtiment est bien mal foutu et que l’on y gèle. / Soufflot : J’avais fait les plans d’une église, pas d’une nécropole. Je n’y suis pour rien. / Hugo : Je vous pardonne. Vous disiez qu’on parlait de moi ? (Lire l’article)

Jean-Clément Martin, Les Echos de la Terreur, Belin, 2018
Livres, Ordonnances littéraires

Les Échos de la Terreur de Jean-Clément Martin pour le corps enseignant

Une grosse tête et surtout, un corps en souffrance. Le service de médecine littéraire est cette semaine confronté à un patient hors norme, éreinté et agressé de toute part. Cela tombe bien, nous venons de recevoir un médicament à usage complexe, Les Échos de la Terreur de Jean-Clément Martin (Belin, 2018) qui va néanmoins nous imposer un dilemme : envisageons-nous une posologie radicale avec effets secondaires importants ou un traitement plus léger mais au long cours, dont l’efficacité n’est pas garantie ? (Lire l’ordonnance)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

France-Suisse : un peu de légereté dans un monde sans pitié

… Et autant le dire tout de suite, je pensais me positionner clairement dans ce débat du côté des pisse-vinaigre. Me draper dans une posture intellectuelle. Grave. Ou juste un truc d’écrivain. Je pensais commencer cet article en vous parlant du roman que je suis en train de lire, GB 84 de David Peace, et des propos qu’il reprend de Margareth Thatcher pendant les grèves du SNM cette année-là, propos qui ne peuvent que frapper aujourd’hui. Et cependant — ou peut-être à cause de cela, de ce climat de merde dans lequel mes enfants grandissent — j’aimerais plaider ce soir pour un peu de légèreté. (Lire l’article)

2017 Année terrible

Sapin

François Hollande et Bernard Cazeneuve sont au pied du grand sapin de Noël qui vient d’être érigé dans la cour du palais de l’Elysée. Le président semble extatique, le Premier ministre soucieux. La nouvelle de la profanation du caveau de Victor Hugo ne va pas tarder à atterrir dans les médias. (Lire l’article)

“Big Bad Wolf chez Ibn al-Haytham”: Une chronique avéryenne de Nicolas Witkowski
Chroniques avéryennes, Écrans

Big Bad Wolf chez Ibn al-Haytham

Le regard, chez Tex Avery, c’est toute une histoire… On a déjà vu les yeux du méchant loup palper Droopy pour s’assurer de sa présence. Bien plus souvent, ils vont palper le petit chaperon rouge ou Cendrillon avec des buts moins avouables. Grande est la variété graphique des représentations du regard — de l’œil exorbité et “sonnant et trébuchant” à l’onde impalpable mais transportant de l’énergie. Cette obsession visuelle est-elle un simple fantasme avéryen ? Pas du tout. La fixation pathologique de Tex Avery sur le regard a, comme son homoncule sensoriel, de très anciennes racines historiques. (Lire l’article)