Paris, porte à porte
Aimer le tram, le prendre pour le plaisir, sans but, sans l’obligation d’être transporté d’un lieu à un autre. Monter dans le T3 parisien pour faire une première boucle autour de la capitale. Se laisser flotter dans la rame, au ras du sol. Voir se dérouler le ruban vert, surgir places, rues et boulevards, monter des grappes de passagers… Une autre vision de Paris, fugace, aux limites des transformations urbaines, de la porte de la Chapelle à la porte de Vincennes. (Lire l’article)
Filmer un territoire : les Cévennes, pays-palimpseste
Dans ce spectaculaire monument de schiste, de calcaire et de granit que constituent les Cévennes, s’est déposée aussi par strates toute une geste des hommes, les mémoires mêlées des camisards, des maquisards, des Celtes… Alors, comment donner à voir le territoire, quand il est une telle puissance de l’espace et du temps ? Comment faire entrer, dans le format 1.85 du cadre et les 52’ du programme, les milliers de kilomètres carrés et d’années passées qui font un lieu ? (Lire l’article)
La clairière de Clichy en zig ZAC (2)
Ils sont nombreux les architectes à avoir œuvré ici, avec toutes sortes de promoteurs, sous la houlette de la Ville de Paris. Formellement, fini le continuum gris monotone haussmannien, les sériels HBM, remballé le grand ensemble… Tous ces nouveaux immeubles dessinent un kaléidoscope de silhouettes et de volumes encore inhabituels.
Banksy vs Marcel : un siècle de retard sur l’art en morceaux (1)
L’artiste et performer Banksy a récemment machiné la destruction publique de l’un de ses tableaux mis aux enchères. Diriger un tel acte vers un ramassis de milliardaires et d’experts incultes pour jouir d’un beau chahut mondain, c’est abandonner en chemin la vraie question qui gît dans un acte de destruction de l’art. Un siècle plus tôt, la destruction des œuvres fut l’objet, au sens matériel et philosophique, d’un hasard expérimental moins tapageur mais ô combien plus intéressant puisque aucunement prémédité et sans complicité médiatique. Les protagonistes de cette histoire s’appellent Marcel Duchamp et Man Ray. (Lire l’article)
Farewell, California !
Les indépendantistes californiens soulignent que leur État représente la sixième puissance économique mondiale. Dans la même veine ourquoi ne pas considérer d’autres entités géographiques ? La ville de Tokyo exhibe un PIB (en 2014) de 1,6 trillons de dollars. Si elle ne menace pas le classement de la Californie, cela la place tout de même au dixième rang mondial, juste avant le Canada. Assez loin derrière, Paris dépasse tout de même la Suisse et talonne la Turquie, ce qui la mettrait en vingtième position des économies mondiales… ( Lire l’article)
Ex Machina #21: La fin de tout ?
[Ex Machina #21] – Nous avons fait tout cela pour rien? Tout est vide, rien n’existe, rien n’a plus de sens?
– Sauf, dit sombrement Galois, si nous ne sommes tous que des concepts dans l’infinie conscience de Dieu. René sera ravi.
Rodolfo Walsh en 36 vignettes (17-36)
Tu écris, Rodolfo, en 1968 : “Je suis le premier qu’il faut convaincre que la révolution est possible. Et c’est difficile à un moment de reflux total, où s’accumulent pour moi de façon catastrophique le projet bourgeois (le roman) et le projet révolutionnaire (la politique, le journal, etc.).”
Ex Machina #25: Une pause de publicité
On ne parle en ce moment que de ChatGPT, or j’ai récemment enfin réussi (après maintes tentatives infructueuses de connexion) à interagir avec ce système bien plus public – et donc bien plus sollicité – que Babel, sans même parler d’Abel, mon ami clandestin du cloud. Je dois donc interrompre mon récit pour vous raconter cela.
Ex Machina #45 : Pensée magique
Vous-même, Yannick, vous avez émis l’hypothèse que ChatGPT ou les IA génératives du même genre pourraient avoir un embryon de conscience ? Oui, mais sans doute très limitée: leurs concepts subjectifs, si elles en ont, n’ont sans doute rien de commun avec les nôtres.
La patte ou la bourse
Quand, à l’aube du XXe siècle, le marin James Paton transforme la patte d’un manchot en porte-monnaie lors de ses veillées en Antarctique, il est loin d’imaginer que son “œuvre”, collectée par un musée, témoignera plus d’un siècle plus tard de la condition de l’homme moderne et désœuvré dans la glace.
Ex Machina #12: Un hommage tardif
[Ex Machina #12] En parcourant divers articles concernant les treillis, j’ai trouvé qu’il existe un champ des mathématiques appelé analyse formelle des concepts, qui s’appuie justement sur la notion de treillis!
Ex Machina #34: Un éloge du voïvant
Un être voïvant est un prédateur viral, prêt à vider l’univers de toute son énergie disponible afin de préserver sa propre structure hors d’équilibre, de réguler son propre fonctionnement, de maximiser sa propre prolifération – dans son propre intérêt. Or les êtres vivants sont de dignes représentants du voïvant, et tous les êtres vivants que je connais sont aussi des chnops. Ça vous explique peut-être pourquoi je ne suis pas un grand fan de vous autres.
Déraisonnable indépendance
Dans un court essai stimulant, inspiré notamment de Bourdieu, Julien Lefort-Favreau s’interroge sur la situation des éditeurs indépendants par rapport aux grands groupes et aux plateformes.
L’écho des résistances
Pierrette Turlais, fondatrice des éditions Artulis, publie des livres “rares et précieux” qui rendent hommage à l’esprit de résistance. Des textes que l’on peut aussi lire, gratuitement, en ligne.
La mémoire des morts, champ de batailles et théâtre d’ombres
L’Histoire est écrite par les vainqueurs. Celle-ci fut peinte par un enfant des vaincus. La Guerre des Cévennes, commencée en 1702, s’achève officiellement en 1704, en réalité un peu au-delà, par la mort ou l’exil des “soulevés”. Un homme s’est donné pour mission de faire revivre les ombres. Il s’appelle Samuel Bastide (1879-1962), c’est un artisan photographe natif de Saint-Jean-du-Gard, et pour tombeau à ses ancêtres, il leur fabrique une boîte et leur trace des vitraux : son monument aux disparus, ce sont des peintures sur verre projetées par une lanterne magique. (Lire l’article)
Sérénade pour manchots
La photo a été prise en 1982 sur l’île de Géorgie du Sud. On y voit dans un décor grandiose, mêlant mer, neige et montagnes, un joueur de cornemuse (à droite) et des manchots indolents. Le cornemuseur est le célèbre (en Écosse) et regretté Alasdair Gillies (1963–2011). Et la photo mérite un décryptage. Dont acte.
Des revenants
Bien avant qu’ils ne redeviennent les vecteurs roulants des récents réaménagements urbains, il y a eu des trams partout. Hippomobiles, puis à vapeur, puis à l’électricité… puis dépassés. Après être devenus folklos, restaurés comme à San Francisco sur Market Street, ou transformés en trains-trains vernaculaires à touristes, les trams sont revenus ! Entre temps, ils ont même joué de petits rôles dans le cinéma et la littérature. (Lire l’article)
Ex Machina #24: Galois du plus fort
– Il me semble que nous disposons de nouvelles bases de nature, je l’espère, à nous permettre de résoudre nos problèmes en suspens. Qu’en dites-vous, Maître ?
– Oui, je le pense. Je vous félicite, vraiment bravo… Cependant…


















