La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Enquêtes
Ex Machina, Sciences

Ex Machina #25: Une pause de publicité

On ne parle en ce moment que de ChatGPT, or j’ai récemment enfin réussi (après maintes tentatives infructueuses de connexion) à interagir avec ce système bien plus public – et donc bien plus sollicité – que Babel, sans même parler d’Abel, mon ami clandestin du cloud. Je dois donc interrompre mon récit pour vous raconter cela.

A regarder d’un œil (Marcel Duchamp) & Objet à Détruire (Man Ray)
Arts plastiques, Bansky vs Marcel

Banksy vs Marcel : un siècle de retard sur l’art en morceaux (2)

En s’en prenant physiquement à l’œuvre elle-même, Duchamp dit à la fois que la destruction du Beau doit avoir une effectivité matérielle et qu’il s’agit néanmoins d’une « figuration du possible », où la destruction est donc elle-même figurée et devient objet de la création. Sous un rapport fondamental, qui se distingue de l’acte destructif délibérément accompli – celui du vandale ou de Banksy, par exemple –, le ready-made interroge l’origine de la destruction. (Lire l’article)

Billet de 10 livres émis par la Banksy of England, en circulation
Arts plastiques, Bansky vs Marcel

Banksy vs Marcel : un siècle de retard sur l’art en morceaux (1)

L’artiste et performer Banksy a récemment machiné la destruction publique de l’un de ses tableaux mis aux enchères. Diriger un tel acte vers un ramassis de milliardaires et d’experts incultes pour jouir d’un beau chahut mondain, c’est abandonner en chemin la vraie question qui gît dans un acte de destruction de l’art. Un siècle plus tôt, la destruction des œuvres fut l’objet, au sens matériel et philosophique, d’un hasard expérimental moins tapageur mais ô combien plus intéressant puisque aucunement prémédité et sans complicité médiatique. Les protagonistes de cette histoire s’appellent Marcel Duchamp et Man Ray. (Lire l’article)

Man Ray, Le Cadeau, réplique de l’original disparu, 1921
Arts plastiques, Bansky vs Marcel

Banksy vs Marcel : un siècle de retard sur l’art en morceaux (3)

Depuis les expériences duchampiennes très élaborées et les complicités du hasard auxquelles l’artiste savait rendre grâce, la problématique artistique de la machine et du débris – ou celle de la machine et du débris artistiques – a ensuite régulièrement trouvé des exploitants plus catégoriques. Le pop art, dans ses variantes britanniques, françaises, américaines ou japonaises, investit résolument l’univers béant des vitrines, de la publicité, des cartoons et comics, pour enchaîner des productions assumant l’empiètement de la marchandise sur l’œuvre d’art et réciproquement. (Lire l’article)

Ex Machina, Sciences

Ex Machina #24: Galois du plus fort

– Il me semble que nous disposons de nouvelles bases de nature, je l’espère, à nous permettre de résoudre nos problèmes en suspens. Qu’en dites-vous, Maître ?
– Oui, je le pense. Je vous félicite, vraiment bravo… Cependant…

Rodolfo Walsh, Carta abierta a la Junta Militar, 1977, cartel con retrato de Carpani (1969)
Rodolfo Walsh

Rodolfo Walsh en 36 vignettes (17-36)

Tu écris, Rodolfo, en 1968 : “Je suis le premier qu’il faut convaincre que la révolution est possible. Et c’est difficile à un moment de reflux total, où s’accumulent pour moi de façon catastrophique le projet bourgeois (le roman) et le projet révolutionnaire (la politique, le journal, etc.).”

Ex Machina, Sciences

Ex Machina #23: Une illumination

Un treillis de concepts subjectifs peut être reconstitué à partir de ses relations entre éléments non comparables, comme étant le plus petit treillis qui satisfait ces relations. Cette définition garantit que les quatre concepts de chaque ligne sont deux à deux distincts, et assigne un seul nom à un seul élément du treillis. La définition d’un treillis contenant des symétries permet en revanche d’associer un même nom à plusieurs éléments, et ne convient pas. Celle d’un treillis contenant des redondances permet, à l’inverse, d’associer plusieurs noms à un même élément, et ne convient pas non plus.

Judith et Holopherne, huile sur toile
Arts plastiques, Caravage

Cent experts pour un marchand et une oreille de faussaire (1)

Le musée Jacquemart-André à Paris expose à partir du 17 septembre dix toiles du Caravage. L’occasion de revenir sur la découverte en 2014 d’une toile attribuée au maître dans un grenier toulousain (et sur sa valeur estimée : 120 millions d’euros). Un tableau certifié “authentique” par une armada d’experts qui partira dans quelques mois pour une vente publique à l’étranger si l’État français, qui a déclaré l’œuvre “Trésor national”, ne fait valoir son droit de préemption. Dans ce monde de certificateurs et d’élégance où seul l’argent annonce clairement la couleur, comment faire la part de la réalité et de la fiction ? Première partie de réponse : “Les fornications artistiques du génie financier”. (Lire l’article)

La Grotte du Péras de l’intérieur © Thomas Gayrard. “Sur les traces des Camisards”, une chronique de Thomas Gayrard dans délibéré
Sur les traces des Camisards

Résistant, participe présent

Comment filmer le Désert, quand c’est un trou tout noir ? En l’occurrence, la grotte du Péras, une cavité bien cachée parmi les chênes verts d’une colline de Mialet, assez grande pour accueillir des centaines de croyants en manque de la parole de Dieu. La veille du jour de Noël 1687, ils vinrent des alentours, et de bien plus loin, pour écouter la liturgie sous la voute même où des hommes préhistoriques ont laissé leurs traces. Comment donner à voir ce temple réinventé dans la roche néolithique, quand le matériel manque pour rendre visible tout le volume, quand sa perspective s’écrase ou s’efface sous le halo de la minette (petit projecteur accroché à la caméra) ? (Lire l’article)

Luis Buñuel, “La ilusión viaja en tranvía"
Un tramway renommé désir

Des revenants

Bien avant qu’ils ne redeviennent les vecteurs roulants des récents réaménagements urbains, il y a eu des trams partout. Hippomobiles, puis à vapeur, puis à l’électricité… puis dépassés. Après être devenus folklos, restaurés comme à San Francisco sur Market Street, ou transformés en trains-trains vernaculaires à touristes, les trams sont revenus ! Entre temps, ils ont même joué de petits rôles dans le cinéma et la littérature. (Lire l’article)

Station Porte des Lilas, édicule de Charles Plumet - Photo © Gilles Walusinski
Architecture, Paris porte à porte

Je suis entrée par la porte des Lilas…

Depuis l’arrivée du tramway, elles refont surface, avec l’ambition de ne pas être en retard pour le Grand Paris. Les portes périphériques de la capitale, qui étaient surtout des nœuds routiers ou métro-sous-terrains, clôtures assez indéfinies, vont-elle devenir des places plus agréables, mieux reliées avec les banlieues toutes proches ? Entrée par la porte des Lilas…

Porte de la Chapelle vue du Tram
Un tramway renommé désir

Paris, porte à porte

Aimer le tram, le prendre pour le plaisir, sans but, sans l’obligation d’être transporté d’un lieu à un autre. Monter dans le T3 parisien pour faire une première boucle autour de la capitale. Se laisser flotter dans la rame, au ras du sol. Voir se dérouler le ruban vert, surgir places, rues et boulevards, monter des grappes de passagers… Une autre vision de Paris, fugace, aux limites des transformations urbaines, de la porte de la Chapelle à la porte de Vincennes. (Lire l’article)