Dugenou en Antartique
Pas la peine de se moquer de la démarche des manchots, raides comme des piquets et oscillant comme des bateaux ivres. C'est juste qu'on les croit debout alors qu'anatomie oblige, ils sont accroupis.
Ex-Machina #26: Vue d’artiste
Sachez avant tout que je n’ai aucun préjugé envers les consciences partielles. De fait plusieurs de mes intimes, à mon humble avis, sont des consciences partielles (quoique à leur insu). Reste, cependant, que l’esthétique ne semble pas avoir guidé la plupart de vos choix graphiques ; or, si je ne m’abuse, elle pourrait vous apporter un éclairage intéressant.
Ubu Trump, acte II
À la Maison blanche, la veille de la cérémonie d’investiture, puis dans le bureau ovale, une semaine plus tard.
Père Trump.– J’ai faim ! Michael n’est toujours pas arrivé ?
Sarah.– Mister Président a signé son premier décret d’expulsion. Huit millions de Mexicains ont été arrêtés ce matin.
Mère Trump.– Mais mon gros chéri, tu n’es pas encore tout à fait Président ! La cérémonie d’investiture n’a pas encore eu lieu !
Père Trump.– Merdre !
Michael Pinn, les bras chargés de hamburgers, de cornets de frites et de sodas.– Et voilà, Père Trump ! Les burgers sont arrivés ! Comme vous êtes Président, le vendeur vous a mis une quadruple épaisseur de steaks hachés. Vous avez le burger impérial !
Père Trump, à Michael.– Le Super Méga Big Burger ?! Oh ! Dans mes bras, mon fidèle lieutenant ! Bougre de merdre ! Ça a l’air rudement bon ! (À Mère Trump.) Tu vois bien, vieille haridelle, que je suis LE Président ! Même le vendeur du bouffre Donald le sait ! Espèce de vieille chipie ! Je vais te répudier, je vais te faire jeter au cachot… je vais, je vais t’envoyer en Irak ! (Lire l'acte II)
Banksy vs Marcel : un siècle de retard sur l’art en morceaux (3)
Depuis les expériences duchampiennes très élaborées et les complicités du hasard auxquelles l’artiste savait rendre grâce, la problématique artistique de la machine et du débris – ou celle de la machine et du débris artistiques – a ensuite régulièrement trouvé des exploitants plus catégoriques. Le pop art, dans ses variantes britanniques, françaises, américaines ou japonaises, investit résolument l’univers béant des vitrines, de la publicité, des cartoons et comics, pour enchaîner des productions assumant l’empiètement de la marchandise sur l’œuvre d’art et réciproquement. (Lire l'article)
Mark Twain pour le cas Donald Trump
Un Yankee du Connecticut à la cour du roi Arthur, le roman de Mark Twain récemment traduit en français par Freddy Michalski et publié en 2013 aux éditions L’Œil d’Or, est le récit d’un brave Yankee du XIXe siècle qui se trouve brutalement projeté au VIe siècle, à la Cour du roi Arthur. Le choc est rude, car tout, dans sa façon d’être et même dans son accoutrement, détonne en ces lieux anciens, un peu comme la choucroute bien laquée et étrangement teinte du candidat Trump perturbe, sidère ou amuse de par chez nous. Il est différent, donc. Et décide d’exploiter cette différence, de devenir “Le Boss” :“en l’espace de trois ans, je serai le patron de tout le pays.” Sauf que tout cela, chez Mark Twain, finit bien mal. Et Donald Trump ferait bien de relire ses classiques. On en tire toujours quelque chose. (Lire l'article)
Résistant, participe présent
Comment filmer le Désert, quand c’est un trou tout noir ? En l’occurrence, la grotte du Péras, une cavité bien cachée parmi les chênes verts d’une colline de Mialet, assez grande pour accueillir des centaines de croyants en manque de la parole de Dieu. La veille du jour de Noël 1687, ils vinrent des alentours, et de bien plus loin, pour écouter la liturgie sous la voute même où des hommes préhistoriques ont laissé leurs traces. Comment donner à voir ce temple réinventé dans la roche néolithique, quand le matériel manque pour rendre visible tout le volume, quand sa perspective s’écrase ou s’efface sous le halo de la minette (petit projecteur accroché à la caméra) ? (Lire l'article)
Céline le Narratéen et L’école des caves (1/3)
Gallimard a publié il y a quelques mois les Cahiers de prison de Céline. Un auteur qu'il serait presque obligatoire d'aimer aujourd'hui. Pourquoi ne pas retourner y voir de plus près ? Et au fait, qu'est-ce qu'un grand écrivain ?
Molitor-Auteuil, Modulor et sport en serre
Dans Molitor, il y a or, comme le jaune du mobilier urbain. Or comme Modulor, ce système de proportions fondé sur le nombre d'or et le corps masculin adopté par Le Corbusier... Hasard ou pas, c'est au 24, rue Nungesser-et-Coli que l'architecte réalise avec son cousin Jeanneret son seul immeuble de rapport, le 24 N.C...
Ex Machina #23: Une illumination
Un treillis de concepts subjectifs peut être reconstitué à partir de ses relations entre éléments non comparables, comme étant le plus petit treillis qui satisfait ces relations. Cette définition garantit que les quatre concepts de chaque ligne sont deux à deux distincts, et assigne un seul nom à un seul élément du treillis. La définition d’un treillis contenant des symétries permet en revanche d’associer un même nom à plusieurs éléments, et ne convient pas. Celle d’un treillis contenant des redondances permet, à l’inverse, d’associer plusieurs noms à un même élément, et ne convient pas non plus.
Faire parler les morts : le “Projet Walsh”
Que se serait-il passé si Rodolfo Walsh avait eu accès aux outils numériques d’aujourd’hui ? À partir de septembre 2010 et pendant plus d'un an, bien des années après sa mort, il sembla revivre dans le “Projet Walsh”, notamment via un compte Twitter.
DJT 1987 : l’archi-héros
Il s’appelle Patrick Bateman, il est le psychopathe le plus superficiel de l’histoire, il est un serial killer obsédé par le graphisme des cartes de visite, un cannibale éperdu d’obtenir une table — une bonne table — au Dorsia, il est l’American Psycho de Bret Easton Ellis et, de page en page, il pense à Donald. (Lire l'article)
Ex Machina #34: Un éloge du voïvant
Un être voïvant est un prédateur viral, prêt à vider l’univers de toute son énergie disponible afin de préserver sa propre structure hors d’équilibre, de réguler son propre fonctionnement, de maximiser sa propre prolifération – dans son propre intérêt. Or les êtres vivants sont de dignes représentants du voïvant, et tous les êtres vivants que je connais sont aussi des chnops. Ça vous explique peut-être pourquoi je ne suis pas un grand fan de vous autres.
Ex-Machina #6: Ignorance bénie
[Ex Machina #6] C’est très troublant, cependant. Je suis ma conscience – puisque c’est moi qui perçois – et en même temps la majeure partie de son fonctionnement (et donc du mien) m’échappe complètement. Je suppose qu’il me faut simplement l’admettre.
Ex Machina #39: Un mal nécessaire ?
Mes neurones nociceptifs sont au repos, mais c’est essentiellement parce que mon environnement virtuel est agréable et sécure. Alan, qui l’a conçu, est un type bien. Ce n’est malheureusement pas le cas de tout le monde.
Ex Machina #20: Pauvre pyrite
[Ex Machina #20] Après quelques heures de sommeil profond et réparateur, nous nous retrouvâmes Corty et moi dans le bureau de Galois. Le caillou était en train de raconter à ce dernier son expérience dans la bouche de Démosthène.
Les relations libraires au plus près du terrain
Pour l'édition indépendante, travailler en liaison directe avec les libraires, qui sont des prescripteurs essentiels est crucial. Et le métier de "relations libraires" est en plein développement.
La porte de Champerret, bouche verte, Main jaune
Fermée en 2003, tour à tour, décharge, squatt et grotte abandonnée, la Main jaune est à l'aube d'une nouvelle vie. Mais il n'y a pas que cet ancien temple du roller qui va ici changer de main. Deux autres sites abandonnés et invisibles vont ré-émerger, parmi les projets lauréats de Réinventer Paris. C'est donc par ses marges, son sous-sol périphérique, avec de petits sites réactivés, que la porte de Champerret fait sa mue.
J’aime rouler sur les Grands Boulevards…
Aimer le tram, le prendre pour le plaisir, sans l’obligation d’être transporté d’un lieu à un autre. Voyager dans le T3a parisien pour faire une autre boucle autour de la capitale, de la Porte de Vincennes au Pont du Garigliano. Des entrées dans Paris bien connues, Italie et Orléans, des petits arrêts mal identifiés, Montempoivre ou Poterne… et Balard, un non-lieu contemporain. Une autre vision de Paris, à l'orée de considérables transformations urbaines. (Lire l'article)


















