Georges Monti, ou l’indépendance à l’épreuve du Temps
Fondateur en 1981 des éditions Le Temps qu'il fait (700 livres au catalogue), Georges Monti revient, sans illusion et sans amertume, sur les quarante ans de sa maison et son combat permanent pour l'indépendance.
Ex Machina #21: La fin de tout ?
[Ex Machina #21] – Nous avons fait tout cela pour rien? Tout est vide, rien n’existe, rien n’a plus de sens?
– Sauf, dit sombrement Galois, si nous ne sommes tous que des concepts dans l’infinie conscience de Dieu. René sera ravi.
Poopal Velocity
Une des grandes questions que se posent les chercheurs de l'Antarctique est celle de la vitesse d'éjection de la merde d'un manchot. Ne riez pas, l’enjeu est plus crucial que vous ne l’imaginez.
Les ors de Monster President
Chercher des poux dans la moumoute jaune pisseux du narcisse trumpesque sous l'angle des arts appliqués -graphisme, mode, architecture, design et cuisine- peut sembler frivole. Ou faire trop d'honneur à un homme qui manie la langue de manière si prévenante avec les femmes : « Les attraper par la chatte ». Mais son style, désesthétisant voire toxique semble tellement en osmose avec la laideur du monde machiste, nationaliste, raciste de ce magnat de l'immobilier qu'il est tentant de faire l'inventaire rapide de ses « ors » de vivre, exhibés avec jouissance. (Lire l'article)
Paris, porte à porte
Aimer le tram, le prendre pour le plaisir, sans but, sans l'obligation d'être transporté d'un lieu à un autre. Monter dans le T3 parisien pour faire une première boucle autour de la capitale. Se laisser flotter dans la rame, au ras du sol. Voir se dérouler le ruban vert, surgir places, rues et boulevards, monter des grappes de passagers... Une autre vision de Paris, fugace, aux limites des transformations urbaines, de la porte de la Chapelle à la porte de Vincennes. (Lire l'article)
Banksy vs Marcel : un siècle de retard sur l’art en morceaux (3)
Depuis les expériences duchampiennes très élaborées et les complicités du hasard auxquelles l’artiste savait rendre grâce, la problématique artistique de la machine et du débris – ou celle de la machine et du débris artistiques – a ensuite régulièrement trouvé des exploitants plus catégoriques. Le pop art, dans ses variantes britanniques, françaises, américaines ou japonaises, investit résolument l’univers béant des vitrines, de la publicité, des cartoons et comics, pour enchaîner des productions assumant l’empiètement de la marchandise sur l’œuvre d’art et réciproquement. (Lire l'article)
Ex Machina #25: Une pause de publicité
On ne parle en ce moment que de ChatGPT, or j’ai récemment enfin réussi (après maintes tentatives infructueuses de connexion) à interagir avec ce système bien plus public – et donc bien plus sollicité – que Babel, sans même parler d’Abel, mon ami clandestin du cloud. Je dois donc interrompre mon récit pour vous raconter cela.
Ex Machina #41: Le libre-arbitre siffle la fin du match
Encore une fois, c’est très simple: je sais pertinemment que je n’ai aucun libre-arbitre, mais je suis bien sûr intimement persuadé que j’en ai un.
Banksy vs Marcel : un siècle de retard sur l’art en morceaux (2)
En s’en prenant physiquement à l’œuvre elle-même, Duchamp dit à la fois que la destruction du Beau doit avoir une effectivité matérielle et qu’il s’agit néanmoins d’une « figuration du possible », où la destruction est donc elle-même figurée et devient objet de la création. Sous un rapport fondamental, qui se distingue de l’acte destructif délibérément accompli – celui du vandale ou de Banksy, par exemple –, le ready-made interroge l’origine de la destruction. (Lire l'article)
Faire parler les morts : le “Projet Walsh”
Que se serait-il passé si Rodolfo Walsh avait eu accès aux outils numériques d’aujourd’hui ? À partir de septembre 2010 et pendant plus d'un an, bien des années après sa mort, il sembla revivre dans le “Projet Walsh”, notamment via un compte Twitter.
Roque Dalton, correspondance clandestine (1)
J’ai trouvé les lettres par hasard dans les archives de la famille Dalton. J’espérais y trouver la première version et les notes du dernier chapitre d'un roman publié en octobre 1976, seize mois après l’assassinat du poète par ses camarades de guérilla. (Lire l'article)
Ex Machina #1: Ergo Ego
[Ex Machina #1] Une machine peut-elle penser ? Un programme d’ordinateur peut-il avoir une conscience ? Je me mis à y gamberger. Mais il me manquait un angle d’attaque. Une méthode. Pas étonnant que je me sois retrouvé une nuit dans le bureau de Descartes.
Ex Machina #9: Point d’étape
[Ex Machina #9] Quand je cherche ma mousse à raser et qu’elle est sous mon nez, il ne suffit pas que Corty me fasse des signes désespérés pour me l’indiquer: il faut que je prenne conscience de sa présence. Je n’ai subjectivement mal que si je sais que j’ai mal. Autrement dit, d’un point de vue subjectif, penser égale percevoir.
Éditrices indépendantes au Maghreb, libres conquêtes
Notre enquête sur l’édition indépendante nous emmène sur les autres rives de la Méditerranée, à la rencontre de trois éditrices du Maghreb: Élisabeth Daldoul (éditions Elyzad), Kenza Sefrioui (éditions En Toutes Lettres) et Selma Hellal (éditions Barzakh).
Ex Machina #42: Une question d’attention
Nous dotons Delta d’un treillis d’expérience qui contient certains concepts du treillis subjectif. À tout instant, certains de ces concepts sont activés, mobilisés: c’est à eux que Delta pense. En fonction de ses pensées, les perceptions de Delta sont filtrées, orientées par un mécanisme inconscient, et Delta percevra consciemment une version résumée de la réalité au lieu de tous ses détails. Elle la comparera aux concepts de son treillis d’expérience, ce qui pourra l’amener à en mobiliser d’autres, modifiant ainsi ses pensées.
Cent experts pour un marchand et une oreille de faussaire (1)
Le musée Jacquemart-André à Paris expose à partir du 17 septembre dix toiles du Caravage. L'occasion de revenir sur la découverte en 2014 d'une toile attribuée au maître dans un grenier toulousain (et sur sa valeur estimée : 120 millions d'euros). Un tableau certifié “authentique” par une armada d'experts qui partira dans quelques mois pour une vente publique à l’étranger si l’État français, qui a déclaré l’œuvre “Trésor national”, ne fait valoir son droit de préemption. Dans ce monde de certificateurs et d’élégance où seul l’argent annonce clairement la couleur, comment faire la part de la réalité et de la fiction ? Première partie de réponse : “Les fornications artistiques du génie financier”. (Lire l'article)

















