Drelin-Drelin

Les mots de notre quotidien, anodins ou loufoques, parfois nous font de loin un petit clin d’œil, pour nous inviter à aller y voir de plus près. Mot à mot, une chronique pour suivre à la trace nos mots et leurs pérégrinations imaginaires.

Drelin-Drelin, ici et ailleurs

Drelin-Drelin ! c’est bientôt Noël !

Drelin-Drelin ! font les petites clochettes du traineau de Santa !

D’ailleurs non, pas Santa., pourquoi Santa ? Drelin Drelin ! font les petites clochettes de notre bon vieux Père Noël !

Mais, du coup, je suis prise d’un doute: comment tintinnabulent les grelots de Santa Klaus ? Chez nos amis d’outre Manche ou d’outre Atlantique, je veux dire, quel bruit fait Noël ?

Mais JINGLE, voyons !! Jingle bells, Jingle bells, la la la la la…

J’aime beaucoup Jingle, je le préfère d’ailleurs à Drelin, Jingle a ceci de bien qu’il fait mieux entendre son homophonie avec le bruit du tiroir caisse, les piécettes qui tombent : Schkling !

Schkling Schkling Schkling, Schkling Schkling Schkling, la la la la la…

À noter que Jingle est aussi ce petit motif musical que l’on place pour couper une émission, annoncer une publicité ou bien pour couper tout court et éviter un terme mal sonnant, du genre : va te faire (JINGLE)  !!

À côté de Drelin-Drelin, qui est joyeux, il y a Dong, qui l’est moins. Dong, c’est du sérieux, c’est la grosse cloche. Dong, dong, dong, ce n’est pas forcément le tocsin, c’est l’appel à la prière, du haut du clocher.

Vu que nous sommes dans les onomatopées, il y en a une que j’aime par dessus-tout, c’est Toc toc toc. On frappe à la porte.

Toc toc toc

Qui c’est?

C’est le plombier !

Le Toc indique que ça sonne creux, normal, la porte est en bois.

C’est sans doute pour ça que pour indiquer de quelqu’un qu’il est toqué, justement, on se frappe la tempe de l’index en disant : il est un peu toc toc.

Toc toc toc, y’a quelqu’un là-dedans ?

Le TOC, c’est aussi le Trouble obsessionnel compulsif. 

Quelle est donc l’obsession dont est saisi un spécimen de toqué bien gratiné, j’ai nommé Jair Bolsonaro ? De quoi a-t-il peur ? Pas de la mort, assurément. Ainsi, dans son discours du 10 novembre dernier, destiné à promouvoir le tourisme, il affirmait, face à la recrudescence des morts par Covid dans son pays : « Lamento os mortos, lamento, mas todos nós vamos morrer um dia. Aqui, todo mundo vai morrer » (Je déplore les morts, je les déplore, mais nous allons tous mourir un jour. Tout le monde ici va mourir.)

Certes.

Si ce n’est la mort, qu’est-ce donc qui effraie Jair Bolsonaro ? Continuons de l’écouter : « Não adianta fugir disso, fugir da realidade. Tem que deixar de ser um país de maricas » (Il ne sert à rien de fuir cela, de fuir la réalité. Cessons d’être un pays de pédés).

Voilà, nous y sommes. Jair Bolsonaro a peur des pédés.

Alors, pour revenir à notre sujet, les onomatopées, il y a une question qui me tarabuste. Puisque, comme tout le monde sait, les pédés meurent de tout et de rien, je me demande : quel était le bruit du pédé (juste lui, hein) qui mourait du sida dans les années 90 ? Et là tout de suite, quel est le bruit de tous ces pédés qui meurent du Covid dans les hôpitaux du Brésil et d’ailleurs ?

Mais surtout, et pour rester dans la veine bien trempée, qui ne mâche pas ses mots, de notre surhomme, quelle est, lui, l’onomatopée qui lui convient ?

J’hésite entre Dong (la grosse cloche) et Toc toc. J’aurais un petit penchant pour Toc toc. Mais c’est trop facile. Que diriez-vous de fils de (JINGLE) ?

Jacqueline Phocas Sabbah
Mot à mot