Lear accable Py
La liste des spectacles ratés dans la Cour d’honneur du festival d’Avignon est très longue. Acteurs et metteurs en scène de talent s’y sont souvent cassé les dents, au point qu’il n’est pas abusif de prétendre que l’échec y est la règle. Choisissant de monter Le Roi Lear, Olivier Py a-t-il voulu signifier que la charge du pouvoir l’accablait déjà ? (Lire l’article)
Obstinée comme une prégnance
Une fois la question de la saillance réglée, la prégnance est émise. Parfois, la prégnance s’avère impossible à arrêter. Parfois, elle s’arrête juste avant d’investir son récepteur, laissant le spectateur dans un état de frustration avancé. En fait, la seule façon d’arrêter une prégnance est de lui en opposer une autre.
De Broadway à Venise
Edwin Austin Abbey quitte l’ambiance des campagnes anglaises pour celle de la Sérénissime. Une...
Saisir de Jean-Christophe Bailly, lecture aérée
Quatre aventures galloises. Plus une. Courant continu de l’écriture et de l’empathie avec des artistes, elle est celle des déplacements intérieurs et tout à fait réels de Jean-Christophe Bailly au pays de Galles, en grande compagnie. (Lire l’article)
L’imagination des créateurs n’est pas confinée
Coronabelt, canne à shake-hand, trottoir d’appartement… Plusieurs inventions nous prouvent que l’imagination des créateurs est loin d’être confinée.
Un musicien mécaniste
Le Scarlatti astronome n’est jamais évoqué en musicologie, pas davantage que le philosophe naturel ou l’amateur d’art. Or, l’énigme de la lentille de télescope rapportée par Scarlatti a trouvé sa solution dans les travaux d’une historienne d’art sur la collection d’estampes rassemblée par Jean V, et il est certain que notre musicien était au courant des derniers développements de la science dont les progrès étaient alors stupéfiants et passionnaient tout “honnête homme”. Comment douter que Scarlatti – dont les sonates sont des petits mécanismes musicaux ajustés comme des horloges de précision – se soit passionné pour la nouvelle science qui allait générer la révolution industrielle et profondément modifier nos modes de vie ? (Lire l’article)
Entretien reporté
Nous avions prévu de rencontrer Marc Desposez, l’écrivain à succès, pour lancer notre grande...
L’Odyssée, chant XII, pour les électeurs de Mélenchon coincés entre Charybde et Scylla
Comme vous, comme Ulysse, écrit le Dr Rabau, je suis un peu affolée. Comme vous, comme Ulysse, je vais tenter de passer dimanche par la route des deux monstres et de perdre le moins de femmes et d’hommes possible avec mon bulletin si petit quand je le compare à l’aboyeuse et à l’engloutisseur. Ce médicament commence au moment où Circé donne des consignes de vote à Ulysse, sous couvert de lui indiquer la route à prendre pour rentrer à Ithaque. (Lire l’article)
Caracoladas annulées au Mexique
Les annulations d’événements sportifs et culturels pleuvent depuis deux mois. Et pas seulement en France ou en Europe. Sur la côte ouest du Mexique, la fermeture des fameuses caracoladas prive les aficionados de leur compétition favorite.
Les corps des monstres
Quel rapport entre Richard III de Thomas Ostermeier, production très réussie et applaudie de la Schaubühne de Berlin, et El Syndrome, spectacle à peu près incompréhensible de l’auteur-metteur en scène argentin Sergio Boris? Aucun, en apparence. Quelque chose les relie pourtant, qui tient aux acteurs ou, plus précisément, aux corps des acteurs. (Lire l’article)
The Pusher
Cinq petits mois après le début de l’année, l’Europe a déjà pêché plus de poissons et coupé plus d’arbres que ce que les océans et les forêts sont capables de produire en un an, et elle a émis plus de carbone que ce que la nature est capable d’absorber. Si le monde entier vivait comme les Européens, il faudrait quasiment trois planètes pour subvenir aux besoins de l’humanité… (Lire l’article)
Maïa Mazaurette, à trous les coups
Sortir du trou. Lever la tête: le dernier essai de Maïa Mazaurette défend l’idée d’une sexualité moins obsédée par la pénétration. Ce qui lui vaut des tombereaux d’insultes sur les réseaux sociaux.
Homunculus averyensis
Les personnages d’Avery, comme ceux des autres dessins animés, possèdent cette merveilleuse plasticité qui assure leur survie, même après s’être fait aplatir ou enfoncer dans le sol. Mais chez Avery, on peut aussi se fragmenter, clignoter, s’effriter. Chaque partie du corps acquiert son autonomie, reprend sa liberté. En opposition catégorique avec la notion d’“individu”, le corps avéryen est décidément du genre “dividu”. Un simple coup de marteau suffit à montrer que, loin d’être un assemblage visqueux de choses molles, le corps avéryen est un béton (mal) armé mais bien structuré en couches concentriques se fragmentant l’une après l’autre. On meurt pour de bon mais, à la mort violente, Avery préfère l’émotion pure, dont les effets sont bien plus spectaculaires.
Le retro-running une nouvelle discipline
Le retro-running, ou course à reculons, sera-t-il rajouté in extremis au programme des Jeux de Tokyo ? La discipline, très populaire en Chine, connait en tout cas un succès croissant.
Ex Machina #10: L’ordre règne
[Ex Machina #10] Les chats mangent des souris. Oui, mais le concept de chat ne mange pas le concept de souris. Un concept n’a pas d’estomac que je sache. Ce serait comme dire que le mot “chat” mange le mot “souris”.
Un chantier abyssal
Vrai ou fake ? Depuis plusieurs semaines, toutes les rédactions bruissent de rumeurs annonçant l’imminence d’une conférence de presse où devrait être dévoilé un projet pharaonique censé régler pour longtemps les principaux problèmes causés par le réchauffement climatique…
Antonin Artaud, jonc en folie
Jamais génie et folie ne furent si proches voisins que chez Antonin Artaud. Et jamais, dans l’œuvre de ce dernier, la frontière n’est si floue que lorsque la question du sexe y est abordée. Chez Artaud, le sexe est rarement affaire joyeuse, peut-être parce que sa première expérience sexuelle, en 1914 à l’âge de 17 ans, lui avait valu une dépression carabinée. Quoi qu’il en soit, une de ses toutes dernières œuvres fut un recueil d’une centaine de pages au recto de chacune desquelles il griffonna ces mots : “Mon jonc ! Mon jonc ! Mon jonc !…” etc. , et au verso : “Ton con ! Ton con ! Ton con !”, etc. Est-ce une célébration ou au contraire le cri d’horreur d’un homme devenu absolument fou ? (Lire l’article)
Slovaquie-Angleterre : le droit de saigner
Le mercredi précédent, peu avant onze heures du soir, c’était une clameur qui l’avait fait sortir de son trou. Il avait posé ses livres et ses fiches, avait enfilé ses baskets et était sorti sur le port. Il faisait doux. Du match qui se jouait ce soir-là, il ne savait rien mais se douta, à la ferveur générale, que la France était sur le terrain. Le bar était comble et bruissant, un but venait d’être marqué. Ils étaient ensemble, eux, cent jeunes autour de cent bières, réjouis, emplis de vibrations semblables. Cent visages inconnus. (Lire l’article)


















