François Rabelais débraguetté
À l’époque de la Renaissance, la braguette ne se résumait pas à une simple et commode fermeture Éclair mais se présentait sous la forme d’une pièce de tissu de proportions impressionnantes, rembourrée qui plus est par divers objets, des oranges par exemple, et constituait ainsi un élément central de la parure masculine. Elle est un motif récurrent dans l’œuvre de François Rabelais, peut-être même son point nodal. Ses personnages en parlent beaucoup, au point de vouloir consacrer de doctes essais au sujet. D’après certains exégètes inspirés, elle serait même une clé susceptible d’ouvrir l’ensemble de l’œuvre rabelaisienne. (Lire l’article)
Théophanie
Nous avons lu qu’Heinrich Kley dessinait sans modèles. C’est possible après tout, il n’avait...
Heinrich Kley
Le peintre et illustrateur allemand Heinrich Kley (1863 Karlsruhe - 1945 Berlin) serait-il connu...
Chassez le naturel, il s’en va en courant
Qui d’autre que Néron peut chanter comme une soprano? Mais alors quand, comment et pourquoi s’est-on avisé qu’en fin de compte les rois, dictateurs et pères cruels devaient chanter très bas comme des barytons, des basses, à l’extrême rigueur, des ténors?
Jalousie tropicale
Florian Viel travaille sur un thème unique: les tropiques et la manière dont le regard occidental les perçoit. C’est en même temps qu’il lisait La Jalousie qu’il a conçu la Sculpture pour fenêtre ou sculpture pour observer discrètement la piscine de ses voisins.
Éric Vuillard pour les enragés du réel
L’époque est pragmatique. On aime aujourd’hui plus que tout l’efficacité pratique, on veut que les choses soient d’une utilité palpable et évidente. C’est pourquoi on a tendance à vouloir mettre au rancard ce qu’autrefois on arborait fièrement dès qu’on le pouvait : les idées, les théories. Qui maintenant sont perçues comme des pertes de temps : c’est avec le réel qu’il faut interagir, le bon gros réel, celui qui abrite les vrais gens. Le dernier ouvrage d’Éric Vuillard pourrait permettre à certains de ces de ces enragés du réel de retrouver le chemin de la fiction, de ses fulgurances, de ses beautés, de ses vérités cachées sous la surface des faits. (Lire l’article)
Empathy for the Evil (Traduire Horacio Castellanos Moya)
Le vieux policier malade, ancien catcheur, loser solitaire méprisé par ses collègues, avait toute l’allure d’un personnage très attachant. Dix pages plus loin, il n’est plus qu’un être répugnant, tortionnaire, violeur, sadique, une bête immonde. Pourtant… Le don d’empathie pour le pire est inséparable de l’art narratif de Horacio Castellanos Moya. Un art diabolique.
Un jésuite à éclipses
En 1725, Domenico Scarlatti se voit confier une mission par l’ambassadeur du Portugal à Paris : remettre au roi une lentille de lunette astronomique… L’instrument, lui explique da Cunha, a été livré à Lisbonne imperfeito, et Jean V est furieux de s’être fait rouler dans la farine par un artisan français pourtant réputé, Nicolas Bion. On sait le roi grand amateur de musique, d’art, de littérature et de sciences naturelles, mais il se passionnait aussi, comme tout honnête homme à l’époque, pour l’astronomie dont un certain Isaac Newton, président en exercice de l’académie des sciences anglaise, la Royal Society, venait de trouver le grand secret : l’attraction universelle. (Lire l’article)
Urgences hospitalières, vers une planification ?
Grèves et démissions. La contestation s’étend dans le milieu hospitalier. Dans ce contexte, le gouvernement envisage de prendre une mesure de bon sens…
Mi declaración
Hommage à France Gall qui dans les années 60 chanta, entre autres, l’Amérique. Oui, mais quelle Amérique ? Et d’abord, c’est quoi, l’Amérique ? Un pays ? Un continent ? Un rêve ? Et comment la traduire ? Tout dépend de qui en parle. Tout dépend d’où on la regarde. Tout dépend de la façon dont on la fantasme. (Lire l’article)
La lupée changeante
Ce crustacé d’une longévité exceptionnelle s’allonge de mue en mue, à la manière d’une anamorphose optique. Au fil des ans, la carapace des lupées s’assombrit et s’orne de motifs toujours plus nombreux. Dommage que sa chair soit si fade.
Dugenou en Antartique
Pas la peine de se moquer de la démarche des manchots, raides comme des piquets et oscillant comme des bateaux ivres. C’est juste qu’on les croit debout alors qu’anatomie oblige, ils sont accroupis.
Les animaux politiques
Les réflexions politiques utilisent souvent les figures animalières, qu’il s’agisse de fables ou de récits utopiques, afin de porter un regard différent sur les sociétés humaines. Parce qu’il reste naturel, l’animal peut être considéré comme un modèle de l’homme dans son état originel, avant qu’il ne soit corrompu par les pratiques ou les passions sociales, ce qui en fait le symbole d’une nature non pervertie. Mettant souvent en scène des animaux, la BD cherche aussi par ce biais à mener une lecture critique de la politique, se plaçant ainsi au coeur d’une tradition qui remonte à l’Antiquité. (Lire l’article)
L’incertitude nécessaire
Le gouvernement a très récemment décidé d’opérer une coupe dans le budget de la recherche publique, pour un montant de 256 millions d’euros (faut-il voir dans cette puissance de 2 un hommage involontaire aux informaticiens ?). Or la recherche se mène sur le long terme, et tenter d’infléchir sa course trop brutalement peut faire caler le moteur. Une coupe d’apparence minime peut entraîner par effet domino des conséquences bien plus importantes : c’est ce que l’on appelle une non-linéarité. Si je retire la touche ‘D’ de votre clavier, il vous en restera une grosse centaine mais vous perdrez beaucoup en productivité. (Lire l’article)
Un chariot de ménage qui dit bonjour
Pour les employés d’entretien d’Habitat Sud Atlantic, les designers de Normal Studio ont créé un chariot de ménage. Une opération menée avec les Nouveaux Commanditaires de la Fondation de France. Cet « objet de métier », roulant, pratique et élégant comme un beau vélo, est aussi un « Messager » qui redonne grâce aux travailleurs du ménage. Qui ne sont pas rien ! (Lire l’article)
Roumaine humanité
Terre des affranchis de Liliana Lazar. Premier roman, écrit en français par une femme née au début des années 70 dans un village de Moldavie roumaine : “un récit policier aussi inquiétant qu’un conte” dit la quatrième de couverture. Un roman qui n’a rien à voir avec le contemporain, mais qui parle aussi de résistance et permet l’évasion. Atypique. Polar assurément. (Lire l’article)
Nicolas Théral, gaucher
On vient d’apprendre la disparition de l’inventeur Nicolas Théral, “des suites d’une longue contrariété”.
Métaphores
Longtemps, j’ai lu de la littérature étrangère en me couchant de bonne heure, sans jamais trop me soucier de la manière dont elle avait été traduite. Puis un jour, me réveillant tard, l’envie m’a pris de relire Au-dessous du Volcan. Cependant ma bibliothèque est un tel foutoir que je n’ai pas été capable de remettre la main sur mon vieil exemplaire. J’en ai donc racheté un neuf qui, aussitôt ouvert, m’a interloqué : je n’y retrouvais pas le même roman ou, plus exactement, les images qu’il faisait surgir étaient très différentes de celles que j’avais gardées en tête… (Lire l’article)

















