Les temps qui courent (2)
Le réel revient frapper à la porte des semblants avec lesquels tout le monde circule dans un rêve éveillé, et les agents de service de la domestication, les premiers. Les tentatives de dissimulation de l’absence massive de masques virent à la pantalonnade…
Tempête de danse sur Brest
Le festival DañsFabrik qui s’est achevé le 4 mars à Brest et qui était en partie consacré au Chili a confirmé ou révélé de fortes personnalités qui respirent à fond et regardent le public droit dans les yeux pour capter, capturer le monde. L’œil, la bouche et le reste, du chorégraphe brésilien Volmir Cordeiro, est de cette trempe. (Lire l’article)
Rimbaud et Verlaine autour d’un trou du cul
En 1869 était publié à Paris un court recueil, « L’Idole », dans lequel un poète Parnassien aujourd’hui quelque peu oublié, Albert Mérat, célébrait le corps féminin en dix-huit sonnets. Chacun était dédié une partie de l’anatomie féminine. N’y manquait que l’anus. Deux ans plus tard, Paul Verlaine et Arthur Rimbaud se sont employés à réparer cette lacune.
Au Manchot qui lit !
Pour des millions de lecteurs à travers le monde, le manchot est d’abord un logo. Celui de la vénérable maison d’édition britannique Penguins Book, fondée à Londres en 1935 et pionnière du livre de poche.
Roumaine humanité
Terre des affranchis de Liliana Lazar. Premier roman, écrit en français par une femme née au début des années 70 dans un village de Moldavie roumaine : “un récit policier aussi inquiétant qu’un conte” dit la quatrième de couverture. Un roman qui n’a rien à voir avec le contemporain, mais qui parle aussi de résistance et permet l’évasion. Atypique. Polar assurément. (Lire l’article)
Ex Machina #29: Vaste programme
– Mes amis, nous sommes plus qu’enchantés de votre enthousiasme et reconnaissants de vos excellentes suggestions. Il me semble cependant, au vu de leur richesse, que nous pourrions peut-être nous interrompre ici et reprendre un peu plus tard, quand l’équipe aura progressé sur ces différents sujets.
– Un peu plus tard, par exemple dans dix ans, écrivit Corty – mais je fus le seul à le lire.
Gériatrides de Nice : soupçons de dopage
Le vainqueur de l’épreuve reine des Gériatrides sera-t-il déchu de son triple titre ?
Un mystérieux accident
Grave accident la nuit dernière au péage de St-Arnoult-en-Yvelines. Le chauffard, grièvement blessé, a été hospitalisé dans un état critique. Il s’agirait du célèbre et très médiatique géodrilologue Elias Karys.
J15-16 – Les compagnons d’Ulysse
Le football est le plus individuel des sports collectifs. Les joueurs auraient-ils besoin de réitérer que “c’est la victoire de toute l’équipe” ou que “l’important, c’est le collectif” sinon ? Une équipe de football a besoin d’un leader. “Il faut que j’assume mon statut”, répètent parfois les joueurs comme un mantra, “le coach me demande de prendre mes responsabilités”. Disons les choses, ce mythe de l’homme providentiel n’affecte pas ces derniers temps que les footballeurs en mal de leadership. L’ambition est dans l’air du temps. En politique, d’autres se déclarent prêts à “prendre leurs responsabilités”… (Lire l’article)
Les mots face au désastre
« … ici on trompe la mort, on la sait inévitable, on parle depuis elle, on parle déjà mort, mais depuis trois-quatre mille ans qu’on sait l’extinction inévitable, on sait aussi la tromper, on sait lui faire face, on sait la déjouer, c’est presque devenu instinctif : on reforme des liens perdus ou imaginaires, on se met à plusieurs, comme alors et comme aujourd’hui, et on se raconte des histoires. » Trompe-la-Mort de Lionel Ruffel, est paru chez Verdier. (Lire le guide)
Pas au bout de la fin
On connaissait le pop-art, le op-art, le land-art… voici maintenant le PQ-art. Certaines œuvres s’arrachent à prix d’or. Pour éviter une contamination par contact des poignées, la mairie de Paris envisage d’imposer l’ouverture de toutes les portes…
J28 – “On est chez nous”
Le stade est pour le supporteur un foyer à son image, il se l’approprie, il s’y identifie, le stade lui appartient, il le définit. Lyon avait joué trois fois contre Paris cette saison : en championnat, en coupe de la Ligue et en coupe de France. Trois fois à l’extérieur, trois défaites, dix buts encaissés pour deux marqués. Mais dimanche, Lyon a infligé à Paris sa première défaite (2-1) au terme d’une performance exceptionnelle, à domicile, dans un nouveau stade qui a enfin un nom : le Parc Olympique Lyonnais. Le choix n’est pas anodin, qui établit le lien avec le Parc des Princes du rival parisien. (Lire l’article)
Ex Machina #1: Ergo Ego
[Ex Machina #1] Une machine peut-elle penser ? Un programme d’ordinateur peut-il avoir une conscience ? Je me mis à y gamberger. Mais il me manquait un angle d’attaque. Une méthode. Pas étonnant que je me sois retrouvé une nuit dans le bureau de Descartes.
Pays de Galles-Portugal : c’est quoi un dragon ?
À Cardigan, petite ville à environ cinq kilomètres de la propriété, l’atmosphère est électrique, comme dirait un commentateur de football. Depuis neuf cents ans, la ville mène une vie paisible, sur les rives de la rivière Teifi, et conserve une vibrante quoique tremblante présence de la langue et la culture galloise. Une identité qui les distingue des Anglais. A-t-elle pour autant été prétexte à rejeter l’autre, l’envahisseur chassé d’Orient par une guerre en grande partie provoquée par les Britanniques eux-mêmes ? Pourquoi ce qui nous définit devrait-il servir de caution aux pires bassesses de l’humanité ? (Lire l’article)
Ex Machina #24: Galois du plus fort
– Il me semble que nous disposons de nouvelles bases de nature, je l’espère, à nous permettre de résoudre nos problèmes en suspens. Qu’en dites-vous, Maître ?
– Oui, je le pense. Je vous félicite, vraiment bravo… Cependant…
La petite sonate en fa majeur
La flambée Scarlatti des années folles s’éteint lentement avec deux textes très différents. Un roman d’un académicien aujourd’hui bien oublié, Edmond Jaloux, et une déclaration d’amour de Jean Giono. Les Barricades mystérieuses, en 1919, montraient déjà à l’œuvre le très habile (et très démonstratif) Jaloux. Huit ans plus tard, Sur un air de Scarlatti est dédié à Wanda, “qui a tant fait pour Scarlatti”. Cela commence comme Mort à Venise, et finit tout aussi mal. Jean Giono, trente ans plus tard, qualifie les sonates de “comprimés de magie”. Deux siècles exactement après la mort du maître, Sur quelques sonates de Scarlatti (1957) est une touchante évocation d’un souvenir d’enfance. (Lire l’article)
Pologne-Portugal : ce n’est pas très scientifique, mais ça marche
Pour un peuple accoutumé à la virtuosité de ses meilleurs joueurs et aux victoires morales obtenues par le passé, il est difficile de saisir les avantages d’un style soporifique qui nous permet, au bout du compte, de gagner. Nous qui sommes habitués à bien jouer et à perdre, cette idée de jouer mal et de gagner éveille notre suspicion. Triomphalistes face aux défaites, nous ne savons qu’être défaitistes face à ces victoires. (Lire l’article)
Homunculus averyensis
Les personnages d’Avery, comme ceux des autres dessins animés, possèdent cette merveilleuse plasticité qui assure leur survie, même après s’être fait aplatir ou enfoncer dans le sol. Mais chez Avery, on peut aussi se fragmenter, clignoter, s’effriter. Chaque partie du corps acquiert son autonomie, reprend sa liberté. En opposition catégorique avec la notion d’“individu”, le corps avéryen est décidément du genre “dividu”. Un simple coup de marteau suffit à montrer que, loin d’être un assemblage visqueux de choses molles, le corps avéryen est un béton (mal) armé mais bien structuré en couches concentriques se fragmentant l’une après l’autre. On meurt pour de bon mais, à la mort violente, Avery préfère l’émotion pure, dont les effets sont bien plus spectaculaires.

















