La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
chroniques scarlattiennes domenico scarlatti
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Sonate pour Leibniz

L’arithmétique est un de ses outils de composition favoris : Scarlatti adore compter, remplaçant un motif de 13 éléments par un de 6 et un de 7, en divisant un autre par deux, soumettant la patience de l’auditeur à l’épreuve d’écouter 32 fois de suite le même élément, et pas 33, ou compensant, tel un apothicaire à sa balance, le déséquilibre de deux parties voisines. Cette conception arithmétique de la musique rejoint de toute évidence celle de Leibniz, qui était de la génération précédente et mourut peu avant que Scarlatti ne s’installe à Lisbonne, mais dont les œuvres étaient dans toutes les bibliothèques. (Lire l’article)

La sémiophysique pour les nuls
Chroniques avéryennes, Écrans

La sémiophysique pour les nuls

À force de regarder de près, on remarque dans les cartoons d’Avery l’omniprésence d’une structure particulière, qui revient inchangée sous des aspects toujours différents : un personnage ou un objet émet un “influx” (un son, une onde, une parole, une pulsion) qui est capté par un autre personnage, ou objet, dont le comportement ou la forme est soudain modifié(e).
Le coin des traîtres, Traduction

Mi declaración

Hommage à France Gall qui dans les années 60 chanta, entre autres, l’Amérique. Oui, mais quelle Amérique ? Et d’abord, c’est quoi, l’Amérique ? Un pays ? Un continent ? Un rêve ? Et comment la traduire ? Tout dépend de qui en parle. Tout dépend d’où on la regarde. Tout dépend de la façon dont on la fantasme. (Lire l’article)

Francisco José de Goya y Lucientes, Nature morte à la tête de mouton © Musée du Louvre. Une chronique d'Edouard Launet
Sciences du fait-divers

Scène de ménage avec freezer

Une femme frappe son compagnon avec un steak.” C’est un dimanche après-midi morose en Louisiane, le ventilateur tourne, les marais grouillent de bruits étranges, Edith picole. Lorsqu’elle ouvre la porte du freezer pour y enfourner une nouvelle bouteille de Tequila Rose, cette femme de 47 ans s’aperçoit que son compagnon Jerry a rempli le frigo jusqu’à la gueule, au point que même une bouteille n’y entrera pas. En conséquence de quoi, Edith attrape un steak congelé et le lance de toutes ses forces sur Jerry. Il aura fallu plus d’un demi-siècle pour que l’attaque à la viande congelée passe de la fiction à la réalité. (Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Sommes-nous civilisés ?

Il y a quelques années la NASA a publié une petite étude basée sur un modèle de civilisation simplifié. Le modèle s’appelle Handy. Ils ont observé des effondrements civilisationnels. En faisant varier les paramètres, on obtient différents effondrements. Quelques paramètres très bien ajustés peuvent donner une civilisation stable. Mais le plus souvent elle s’effondre. Ce modèle simpliste, dit la publication, est en accord avec des données historiques : l’empire romain, la civilisation mycénienne, sumérienne, mésopotamienne, l’empire khmer, les Hans, les Mayas, etc. Tous ces empires se sont effondrés. L’étude explique que la stratification en classes sociales est un élément clé des effondrements. (Lire l’article)

La branloire pérenne

Nouvel an

En ce début d’année où la coutume veut que nous nous souhaitions une bonne et heureuse année, il n’est peut-être pas inutile de s’interroger sur la nature du bonheur. Une question qui, de nos jours, apparaît indissociable de celle de l’individualisme. Cette dernière notion est cependant aussi confuse que la précédente. Qu’est-ce qu’un individu ? Qu’est-ce que le bonheur ? Existe-t-il, au moins ? (Lire l’article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Molière : un point, c’est tout !

Après les espaces à deux, trois, quatre voire cinq dimensions, en voici un autre qui s’enorgueillit, lui, du nombre fort respectable de cent mille dimensions, à quelques dizaines de milliers près. Cet espace, c’est celui défini par les mots de la langue française. Chaque dimension de cet espace est un mot. Si chaque mot est une dimension, quels sont les points de cet espace ? Associons donc à un texte une coordonnée pour chaque mot, qui est tout simplement le nombre de fois où ce mot figure dans le texte. Les pièces de Molière, par exemple… (Lire l’article)

Simpson & Apocalypse
Insultologie appliquée

Branleur

Les températures battent record sur record, un nouveau virus menace la planète, le populisme trumpien prospère, l’Europe part en morceaux, mais depuis quelques jours tout le monde s’en branle : il n’y en a plus que pour l’affaire Griveaux.
Rachel Elliott, Murmures dans un mégaphone, traduit de l'anglais par Mathilde Bach, Rivages, 2016. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne dans délibéré
Livres, Ordonnances littéraires

Rachel Elliott pour Christine Boutin

Christine Boutin twitte beaucoup. Trop. Madame Boutin, il va falloir penser à lâcher votre téléphone, à réfléchir un peu avant avant de réagir à tout et à n’importe quoi tout le temps. Prenez du recul. Passez donc à la lecture, la lecture de livres. Aérez-vous l’esprit, lisez un roman, comme celui de Rachel Elliott, paru récemment en France, Murmures dans un mégaphone (Rivages, traduit par Mathilde Bach). C’est un roman anglais : les personnages boivent, avec application et constance, du thé, beaucoup de thé, à tout âge et à tout moment de la journée. Et ils passent leur vie les yeux rivés sur leur portable. (Lire l’article)