François Garde, pour ceux qui se lèvent, à Sarcelles ou même ailleurs
La haine, la peur, le rejet. Face à cela, des jeunes de Sarcelles ont décidé, à leur échelle, de réagir, avec courage et générosité. Ils ont vu les images de ces gens jetés sur les trottoirs parisiens, en plein XXIème siècle, affamés, bousculés, ignorés. Ils ont donné un peu de leur poche et ils se sont mis à cuisiner. Cent cinquante repas et sandwiches. Qu’ils sont allés distribués à Stalingrad et à Porte de la Chapelle. Avant de lancer un “défi” aux autres quartiers de banlieue pour qu’ils fassent de même. Ils se sont levés, comme le protagoniste du dernier roman de François Garde, L’Effroi. Et comme ceux qui les imiteront. (Lire l’article)
J23 – Les cas de conscience
La semaine dernière, l’ancien lyonnais Anthony Mounier a dû renoncer à son transfert à Saint-Étienne, dont il avait insulté les supporteurs. Grégory Sertic a été victime de la pression des supporteurs à Bordeaux, mais pas pour partir : pour rester. En Espagne, ce sont les aficionados du Rayo Vallecano qui ont manifesté contre le prêt par le Betis Séville de l’Ukrainien Roman Zozulya, à qui ils reprochent ses liens avec les milieux ultranationalistes. Trois cas relativement différents mais qui mettent en jeu la perception d’une identité propre mise en péril par le comportement d’autrui. (Lire l’article)
Droopy chez Bergson
Comprendre le rire chez Tex Avery, c’est d’abord revenir aux grands classiques. En l’occurrence Le Rire de Bergson (1900), ouvrage qui, malgré sa petite taille et son âge avancé, n’a pris d’autres rides que celles qu’impriment les zygomatiques. Bergson, qui n’est pas un rigolo, balance d’emblée une hypothèse fracassante : « Le rire, c’est du mécanique plaqué sur du vivant ». Ensuite, cela se gâte, car son sens moral lui inspire qu’au fond, le rire est peut-être un signal social adressé aux marginaux en situation irrégulière pour les inciter à rentrer dans le rang. La gravité d’un Buster Keaton, ou l’apathie de Droopy, seraient-elles les figures tragiques indiquant que le rire, au fond, n’est pas si drôle ? (Lire l’article)
Chaumont persiste et Signe
La préfecture de la Haute-Marne attendait ce Centre national de graphisme, elle qui depuis 1990 organise, obstinée et cahin-caha, un Festival international des affiches. Cet édifice, bien situé et bien nommé Le Signe, conçu par l’architecte Alain Moatti, hybride l’ancienne Banque de France et un nouveau bâtiment. La première exposition, “La Collection” de 276 affiches sélectionnées par le graphiste Vincent Perrottet, donne le ton. Entre passé riche d’un fonds de 50 000 oeuvres et futur plus prospectif, ce nouvel outil doit inventer la permanence du graphisme à Chaumont. (Lire l’article)
Canular ou « Landes Art » ?
Qui se cache derrière les mystérieux CAC40 (Comités Anti-Cléricaux des Landes) ?
Réchauffement climatique
La station des Trois Alpes prévoit d’installer des terrains de Beach Volley sur le glacier d’Argentière. Le sable, ainsi que tous les éléments nécessaires y seront acheminés par hélicoptère. On imagine aisément le succès que va rencontrer une telle initiative.
Constance Guisset, le tourbillon de la vie
En dix ans, Constance Guisset a déjà créé un ensemble impressionnant d’objets volants ou en mouvement, de la lampe Vertigo aux tables Ankara. Elle a scénographié les ballets d’Angelin Preljocaj et nombre d’expositions. Si cette designer n’impose pas un florilège de concepts, ou de références théoriques, elle raconte un design du côté du merveilleux. Le musée des Arts décoratifs de Paris lui consacre une exposition, aussi dense que facétieuse. (Lire l’article)
Top ten
Quelle est la sonate de Scarlatti la plus célèbre ? Et quelles sont les plus jouées ? Pour le savoir, il suffit de réunir un maximum d’enregistrements de Scarlatti et d’en extraire le top ten. Voici le résultat, les numéros de sonates se référant à la classification chronologique Kirkpatrick (“K”) : 87, 481, 9, etc. Deux surprises : la plupart de ces stars sont des sonates anciennes ; le Scarlatti improvisateur, plus tardif, en est quasi absent. Ensuite, à trois exceptions près (9, 141 et 492), ces sonates sont lentes et mélancoliques. Pourquoi ? La réponse est d’une déroutante simplicité. (Lire l’article)
Métaphores et métalepses
À la fin de son Mystère Tex Avery, Robert Benayoun propose en vrac un “lexique succinct des métaphores texaveriennes”, en d’autres termes ces “trucs” qui prouvent que l’on se trouve bien dans l’univers avéryen. On y trouve l’effritement, propension des personnages maltraités à se retrouver en morceaux façon puzzle, la folie lubrique, de l’érection des globes oculaires à la mâchoire qui tombe sur le sol, la folie définitive, à coups de marteau, les “accélérations insanes”, les aphorismes, tel le kangourou sautant dans sa propre poche, ou le “sur-commentaire”, façon “Long isn’it ?” apparaissant sur un panneau devant une très longue voiture. Mais Tex Avery est surtout le roi de la “métalepse narrative”, au sens que lui a donné Gérard Genette. (Lire l’article)
La Tour Eiffel va-t-elle bientôt s’effondrer ?
Un étrange individu a été appréhendé aux abords de la Tour Eiffel. En fouillant son sac, les policiers sont allés de surprise en surprise.
Musées : une révolution
C’est dans l’indifférence générale que Roselyne Bachelot a reçu rue de Valois quelques journalistes égarés afin de présenter le projet de transformation des musées sur lequel elle travaille depuis des mois.
J13 – Le désert des Tartares
Alors qu’il suscite chaque jour des tombereaux de discours souvent redondants et vains, le football se prête mal au récit littéraire. D’excellents romans ont pris pour sujet le supportariat ou le hooliganisme, d’autres les biographies réelles ou fictives de joueurs ou d’entraîneurs, tandis que le monde interlope des agents et du dopage, des intérêts mafieux et de la corruption a fait les délices du roman noir. Mais si l’on met de côté la chronique sportive, le match en lui-même a rarement fait l’objet d’un traitement romanesque. Pourquoi un tel phénomène planétaire résiste-t-il ainsi au fait littéraire ? (Lire l’article)
Pays de Galles-Belgique : la barbe des Gallois
Les joueurs montent et s’alignent, et la Brabançonne retentit. Des visages belges fermés. Concentrés. Courtois marmonne les paroles, peut-être un peu Meunier. Les autres fixent un point quelque part et la ferment. 20h58, Hen Wlad fy Nhadau, l’hymne gallois. Tous, Nedley, Ramsey, Williams, Bale, Robson-Kanu, ils chantent sans se retenir. Ça gueule, ça monte, ça rejoint quelques-unes des sources de la pluie très au-dessus des projecteurs du stade, très au-dessus des Hauts de France ! C’est très chaud ! Ce chant-là, il a été écrit par un barde au XIXème siècle, ça parle de la terre des pères. (Lire l’article)
L’aura de Goutelas
Dans les années 1960, une extraordinaire aventure bénévole a permis de rénover ce château Renaissance en ruines. Devenu Centre culturel en pays rural du Forez, il continue sa mission de rencontres et de culture, d’abris de fortune en expositions autour des savoir-faire locaux. Àl’ombre de légendes passées – le roman L’Astrée ou une symphonie de Duke Ellington. Et à l’orée d’un nouvel élan à retrouver, dans l’esprit humaniste de Goutelas. (Lire l’article)
Allemagne-Irlande du Nord : dribbler à perdre la raison
Oh Toi ! le prolétaire intact, gladiateur moderne / Qui remontes l’arène et évite le tacle / Si Tu savais comment des tribunes mon cœur / Palpite et tend vers Toi des ondes de bonheur.
Si Tu savais mes rêves quand je me fais ballon / Entre tes pieds, docile, sur ta cuisse d’Apollon / Mais Tu ne me vois pas qui grelotte d’espoir / Et jamais Tu ne lèves le regard de Ton match.
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Dans le détail
La Bibliothèque François Mitterrand expose actuellement les photographes récompensés par la Bourse du Talent. Parmi les lauréats, Laurent Kronental présente une série intitulée Souvenir d’un futur. Le traitement de la couleur y est superbe, la précision de l’image impressionnante. En plan large, il photographie les grands ensembles de la région parisienne. Les constructions sont immenses et folles – comme les architectures dessinées par Paul Grimault dans Le Roi et l’oiseau. Elles sont vides – comme les places désertées de Chirico. Vides ? Pas tout-à-fait. (Lire l’article)
No(rma) means No
Adalgisa (une prêtresse, une Gauloise) dit non à Pollione (un Romain, un ennemi, un salaud ou à peu près). Non, elle ne le suivra pas à Rome. Sauf que Pollione insiste, tellement qu’elle finit par dire oui, ou peut-être. Et de ce oui arraché naît tout un opéra.

















