Oona Doherty, gestes recueillis
Après un solo entre performance et écriture ciselée au-delà des genres, la danseuse et chorégraphe irlandaise propose à la Biennale de la danse de Lyon une création en quatre mouvements que l’on peine à relier entre eux. Artiste associée cette saison 2018-2019 à la Maison de la danse de Lyon, Oona Doherty devrait avoir l’occasion d’imposer sa signature, même si l’on comprend son attention pour les gestes et les propos recueillis. (Lire l’article)
Antonin Artaud, jonc en folie
Jamais génie et folie ne furent si proches voisins que chez Antonin Artaud. Et jamais, dans l’œuvre de ce dernier, la frontière n’est si floue que lorsque la question du sexe y est abordée. Chez Artaud, le sexe est rarement affaire joyeuse, peut-être parce que sa première expérience sexuelle, en 1914 à l’âge de 17 ans, lui avait valu une dépression carabinée. Quoi qu’il en soit, une de ses toutes dernières œuvres fut un recueil d’une centaine de pages au recto de chacune desquelles il griffonna ces mots : “Mon jonc ! Mon jonc ! Mon jonc !…” etc. , et au verso : “Ton con ! Ton con ! Ton con !”, etc. Est-ce une célébration ou au contraire le cri d’horreur d’un homme devenu absolument fou ? (Lire l’article)
J11 – Le mythe de Troie
Dans L’or des tigres (1972), Jorge Luis Borges affirmait qu’il n’y a que quatre histoires à raconter, quatre “cycles” que nous ne cessons de réinterpréter depuis la plus haute Antiquité, quatre mythes qui nourrissent la littérature ainsi que –Borges n’en parle pas– le storytelling politique et la chronique sportive. Du plus ancien – l’histoire d’une “ville fortifiée qu’assiègent et défendent des hommes valeureux”–, la Ligue 1 a offert ce week-end une singulière version. La ville de Troie tombe à la fin, le supporteur le sait, comme tout un chacun. (Lire l’article)
Avignon-69 peine à jouir
Bilan médiocre pour la 69e édition du festival d’Avignon, qui s’achève ce samedi 25 juillet. Sur une quarantaine de propositions à l’affiche du in, les spectacles mémorables ne sont pas franchement des découvertes et se comptent sur les doigts d’une main: trois spectacles de haut niveau plutôt seuls dans une forêt clairsemée. (Lire l’article)
Les erreurs d’une nuit
L’action de la comédie d'Oliver Goldsmith She stoops to conquer, d’abord titrée Les Erreurs d’une...
El Farru, pile et face
Le festival Arte Flamenco de Mont-de-Marsan attire des amateurs du monde entier et réserve de drôles de surprises. Ce fut le cas avec ces deux prestations d’El Farru. Côté pile, Flamenconcierto : spectacle de son cru, super show bling-bling où ne manquait qu’un feu d’artifice final. Côté face, le spectacle &dentidades de Pastora Galván, où il a rendu un hommage à son grand-père El Farruco, complètement habité par son fantôme. (Lire la suite)
Poor Cinderella, still ironing her husband shirt
Poor Cindarella, still ironing her husband shirt est un loop infini. Une ritournelle qui repose sur le principe de la cassure, sur les coupes et la manipulation du négatif.
De la main gauche
En 1881, Daniel Vierge était en train d’achever ses illustrations de Pablo de Ségovie, tout en...
Nuisances sonores (suite et fin)
À la campagne comme à la ville, les conflits se multiplient. En cause, des nuisances sonores à n’en plus finir. Pourtant, des solutions sont possibles. Quelques bricoleurs ingénieux l’ont prouvé.
Dingo moderato
Dans Aucune idée, le spectacle de Christoph Marthaler qui sera joué à Lausanne après avoir été présenté à Paris, ils ne sont que deux acteurs (plus des voix enregistrées). La dinguerie clownesque est là. La musique, la douceur et le cafard aussi.
1685
Händel, Bach, Scarlatti : tel est l’ordre (février, mars, octobre) dans lequel sont apparus ces trois bébés prometteurs en l’an de grâce 1685. Une bonne année : ils eurent tous trois ce pouvoir magique de nous envoyer en l’air — ou de nous réduire à l’état de serpillère — avec trois notes ! S’il fallait les résumer d’un mot, le premier serait un musicien de cour, le deuxième un musicien d’église et le troisième un anarchiste. Mais derrière le Water Music de Händel et ses multiples opéras se cachent d’admirables Suites pour clavier, comme veillent, derrière les cantates et les grandioses Passions de Bach, les fascinantes variations Goldberg. (Lire l’article)
J31 – Internationaux et binationaux
Décidément, les binationaux posent problème. Abandonné cette semaine par François Hollande, le projet de loi sur la déchéance de nationalité du gouvernement Valls avait commencé par les cibler, comme s’ils n’étaient que ces “demi-Français” depuis longtemps objets du mépris de Jean-Marie Le Pen. Précurseur comme souvent, le football met en lumière le phénomène binational et participe de son acceptation, dans un climat de stigmatisation. Pacifiste et internationaliste par nature, le football affirme désormais que l’avenir est à la binationalité, à la trinationalité, et plus encore. (Lire l’article)
Finissons-en avec le braconnage !
Une pétition exigeant la fin du braconnage préconise l’éradication des espèces concernées.
Gaëlle Bourges divague sur Lascaux
Invitée du festival les Inaccoutumés de la Ménagerie de Verre, la chorégraphe Gaëlle Bourges entraîne le spectateur dans une de ses grottes secrètes en divaguant sur celle de Lascaux fermée au public depuis 1963. Un texte instructif nous renseigne sur l’art pariétal qui sent l’animal. On est curieux comme les quatre adolescents qui découvrirent la grotte en 1940 et on s’amuse. (Lire la suite)
Ex Machina #10: L’ordre règne
[Ex Machina #10] Les chats mangent des souris. Oui, mais le concept de chat ne mange pas le concept de souris. Un concept n’a pas d’estomac que je sache. Ce serait comme dire que le mot “chat” mange le mot “souris”.
Eros Hugo
Baigneuses au lac : ce daguerréotype, et quelques autres, valurent au sieur Félix-Jacques Moulin (1802-1879) de passer un mois en prison pour outrage aux bonnes moeurs. En tout cas, à peine née, la photo s’intéressait déjà au corps de la femme. On eût été surpris qu’il en fût autrement. Il est amusant de noter que Moulin est né la même année que Victor Hugo, lequel s’y intéressait aussi beaucoup, aux corps des femmes. Il n’est donc pas absurde de retrouver quatre images du photographe précurseur de l’érotisme dans l’exposition “Eros Hugo” qui vient d’ouvrir à la maison Victor Hugo de la place des Vosges. (Lire la suite)
Aboiements d’en France
Jusque dans vos bras, nouvelle création des Chiens de Navarre, reprend des procédés chers au collectif, à commencer par une construction au fil de saynètes ou de numéros où les situations de départ (souvent une réunion amicale ou de famille) dégénèrent. C’est d’abord un enterrement très officiel qui se termine en pugilat sanglant autour du cadavre renversé. C’est ensuite un déjeuner sur l’herbe entre trentenaires parisiens qui vire au déballage abject – racisme, homophobie – dans une surenchère outrancière pas du tout rassurante. (Lire l’article)
Ailleurs l’herbe est plus jaune
Depuis quelques mois, on ne parle que des à-côtés du mondial du Qatar. Pots-de-vin, esclavage, chantiers mortels, catastrophe écologique à tous les étages et diverses autres broutilles collatérales que nous passerons sous silence. Bizarrement, on a peu souligné le fait que tous les matchs se joueront… sur du sable.


















