La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Danse

Le temps d’aimer Biarritz

Depuis 25 ans, chaque mois de septembre, le festival le Temps d’Aimer (la danse) vole la vedette aux surfeurs. Sous la direction artistique de Thierry Malandain, par ailleurs directeur du Centre chorégraphique national Ballet Biarritz, ce curieux festival réserve toujours de bonnes (et moins bonnes) surprises. Le public très diversifié est au rendez-vous de cette programmation touffue. Cela suffit-il à construire une vraie culture chorégraphique ? (Lire la suite) 

Footbologies, J15-16
Foot, Footbologies 2016-2017

J15-16 – Les compagnons d’Ulysse

Le football est le plus individuel des sports collectifs. Les joueurs auraient-ils besoin de réitérer que “c’est la victoire de toute l’équipe” ou que “l’important, c’est le collectif” sinon ? Une équipe de football a besoin d’un leader. “Il faut que j’assume mon statut”, répètent parfois les joueurs comme un mantra, “le coach me demande de prendre mes responsabilités”. Disons les choses, ce mythe de l’homme providentiel n’affecte pas ces derniers temps que les footballeurs en mal de leadership. L’ambition est dans l’air du temps. En politique, d’autres se déclarent prêts à “prendre leurs responsabilités”… (Lire l’article)

Bouchra Ouizgen
Danse

Montpellier Danse, édition spéciale female (1)

La 35e édition du festival Montpellier Danse est féminine et parfois féministe. Le festival s’est ouvert avec Ottof de la chorégraphe marocaine Bouchra Ouizguen. Voilà un moment qu’on la surveille, parce qu’on se doutait qu’un jour, on se retrouverait devant une énigme jamais levée et devant un choc esthétique qui n’a pas fini de nous faire frémir.

El Jaleo, de John Singer Sargent, 1882
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Olé !

Il paraît que la musique de Scarlatti est dans le goût espagnol. Les musicologues s’ingénient à y distinguer les jotas des fandangos et des séguidilles. À quoi bon ? Ayant vécu en Espagne, Scarlatti a certes utilisé le matériau local, d’autant que le clavecin se prête mieux que tout autre instrument à l’imitation. Dans les sonates, on entend l’Espagne du XVIIIe siècle comme si on y était, ses cris de rues, ses guitares, ses jets d’eau et ses fanfares, mais on entend surtout une musique qui transcende tous les régionalismes. C’est elle qui compte. (Lire l’article)

Arts plastiques, Expo

Dans le détail

La Bibliothèque François Mitterrand expose actuellement les photographes récompensés par la Bourse du Talent. Parmi les lauréats, Laurent Kronental présente une série intitulée Souvenir d’un futur. Le traitement de la couleur y est superbe, la précision de l’image  impressionnante. En plan large, il photographie les grands ensembles de la région parisienne. Les constructions sont immenses et folles – comme les architectures dessinées par Paul Grimault dans Le Roi et l’oiseau. Elles sont vides – comme les places désertées de Chirico. Vides ? Pas tout-à-fait. (Lire l’article)

footbologies être debout
Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J14 – Être debout

Des trois vagues d’attentats terroristes qui ont frappé Paris, celle qui visait le stade de France peut être considérée comme un échec. Pourquoi les trois terroristes ont-ils actionné leur ceinture d’explosifs à l’extérieur, dans des zones isolées ? L’argument des contrôles de sécurité ne satisfait pas. L’hypothèse des remords de dernière minute peine à convaincre. Un mystère demeure, où l’on peut trouver un symbole. Un stade de football est une hétérotopie, au sens que Michel Foucault donne à ce néologisme : un lieu qui réalise effectivement l’utopie dans le réel, avec des règles propres et une fonction particulière. Dans cet espace de “contestation mythique” et de liberté supérieure, on brise les codes sociaux, on hurle, on se déchaîne, on se peint le visage, on insulte parfois, mais surtout on prend du plaisir. Espace sous surveillance, dernier carré, village gaulois, le stade de football a tout de la forteresse assiégée. Ne l’appelle-t-on pas une “enceinte” ?  (Lire l’article)

Danse

L’Afrique ne danse pas pour rien

Le festival Instances, qui s’est tenu en novembre à Chalon-sur-Saône, le confirme : les chorégraphes africains ne baissent pas les bras. La preuve par trois spectacles, dont Via Kanana, des Sud-Africains Via Katlehong et Gregory Maqoma, présenté cette semaine à la Grande Halle de la Villette à Paris. (Lire l’article)

Danse

L’envol des utoPistes

Le trampoliniste Mathurin Bolze, concepteur du festival de arts du cirque “utoPistes”,  a réuni autour de lui les inventeurs du cirque d’aujourd’hui, plein de promesses pour le futur.  Le festival, qui s’est achevé ce samedi à Lyon, aura été le lieu de toutes les audaces circassiennes. Le cirque actuel qui a fait alliance avec les arts visuels et la danse manie avec élégance et virtuosité le mouvement pur, l’acrobatie, les concepts, tout en restant populaire, au bon sens du terme. On le pressentait, mais pas à ce point, le cirque est l’art vibrant d’aujourd’hui, captant les secousses de la société et lui rendant un équilibre perdu, tout en développant de nouvelles formes artistiques. (Lire l’article)

Nijinsky dans La Péri de Paul Dukas, en 1911, vu par Bakst
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Diaghilev groupie

Il est difficile de croire que la première du Sacre du printemps, en 1913, a été contemporaine du travail d’élaboration des Femmes de bonne humeur, comédie de Carlo Goldoni muée en opéra-ballet par Serge Diaghilev en 1916. C’était à la fois le sacre de Stravinsky et celui de Scarlatti. Car Diaghilev, qui voulait une musique pré-romantique, était un inconditionnel de Domenico, dont il choisit 22 sonates qu’il fit, à sa façon habituelle, orchestrer. Curieuse idée que de “mélodiser” des sonates par nature “a-mélodiques” ! Mais il fallait bien que les danseurs aient du grain à moudre… (Lire l’article)

American cars © Philippe Mignon - Choses revues - délibéré
Choses revues, Détournements

American Cars

Pied de nez supplémentaire aux défenseurs de la planète, une nouvelle marque d’automobiles vient de voir le jour aux États-Unis. Immédiatement saluée par un tweet présidentiel : Make AMERICAN CARS great again!, cette marque ne fabriquera que des hummers.
François Garde, L'Effroi, Gallimard, 2016
Livres, Ordonnances littéraires

François Garde, pour ceux qui se lèvent, à Sarcelles ou même ailleurs

La haine, la peur, le rejet. Face à cela, des jeunes de Sarcelles ont décidé, à leur échelle, de réagir, avec courage et générosité. Ils ont vu les images de ces gens jetés sur les trottoirs parisiens, en plein XXIème siècle, affamés, bousculés, ignorés. Ils ont donné un peu de leur poche et ils se sont mis à cuisiner. Cent cinquante repas et sandwiches. Qu’ils sont allés distribués à Stalingrad et à Porte de la Chapelle. Avant de lancer un “défi” aux autres quartiers de banlieue pour qu’ils fassent de même. Ils se sont levés, comme le protagoniste du dernier roman de François Garde, L’Effroi. Et comme ceux qui les imiteront. (Lire l’article)

Foot, Footbologies 2016-2017

J3 – “Jésus revient, Jésus revient”

Le football aime les retours. Le supporteur y voit renforcée sa foi dans le club et la fidélité comme vertu théologale de son rapport au monde. Que d’anciens joueurs ou entraîneurs y reviennent confirme que le club est l’alma mater, la maison de famille, le cimetière des éléphants où le supporteur aussi aura droit au repos un jour, parmi les siens. Pareils à Ulysse après l’odyssée d’une carrière itinérante, certains joueurs retrouvent Ithaque, comme Rod Fanni qui vient de résilier son contrat avec la formation qatarie d’Al Arabi pour s’engager avec Marseille, où il a joué de 2010 à 2015. Cependant, il en est un qui ne revient jamais : le messie. (Lire l’article)