La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
2017 Année terrible

Suffrage

Si, au Panthéon, le caveau de Victor Hugo est vide depuis près d’un mois, c’est parce que son locataire est parti à Guernesey. Si Hugo s’en est allé à Guernesey, c’est parce qu’il voulait retourner sur les lieux de son dernier exil. S’il voulait retrouver l’exil insulaire, c’est parce qu’il brûlait de contempler la mer à nouveau. (Lire l'article)

Insultologie appliquée

Je t’encule

Je t’encule, tu m’encules, nous nous enculons en rond, au point que cela en devient vertigineux. Hier nous avions Racine et Corneille, aujourd’hui nous avons des enculés, des trous du cul et si peu d’alexandrins. Il faut dire que le débat politique est vif.
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Sciences du fait-divers

Physique expérimentale

“Le présumé violeur se défend : ‘J'ai trébuché et je l'ai pénétrée par accident’.” À Londres, un riche promoteur immobilier saoudien passait la soirée avec des nymphettes lorsque soudain, c’est idiot, il a perdu l’équilibre et pénétré l’une d’elles en tombant. C’est du moins sa version, qu’il a soutenue mordicus. L’autre version, celle de la victime (et du sens commun), était qu’il s’agissait d’un viol pur et simple. Inutile de dire que l’affaire a régalé la presse britannique. Qu'en dit la science ? (Lire la suite)

La branloire pérenne

Une ombre qui passe

Quel rapport entre Macbeth et l'affaire libyenne où Nicolas Sarkozy est mis en cause ? Aucun ? Voire... Tous les ingrédients d'une tragédie shakespearienne sont en tout cas présents : des personnalités hautes en couleur, des morts, le tout situé sur des scènes nombreuses et variées – Paris, Tripoli, Londres, l’île Moustique. Enfin cette affaire est une histoire de pouvoir : comment l’acquérir et comment le conserver. En faisant rentrer l’histoire qui se déroule sous nos yeux dans la trame du drame élisabéthain, on retrouve la folie qui accompagne souvent la possession du pouvoir. (Lire l'article)

2017, Année terrible, une chronique d'Edouard Launet dans délibéré. Cette semaine: "Poireaux"
2017 Année terrible

Poireaux

Hugo : Savez-vous quel est mon souhait le plus cher, mon vieux Dumas ? / Alexandre Dumas : Sortir de cette crypte ? / Hugo : Non. Manger des poireaux. / Dumas : Là où nous sommes, c’est par la racine qu’il faudra les manger. Mais je m’étonne que vous me parliez de poireaux quand, dehors, le chaos et le populisme semblent s’installer partout. (Lire l'article)

Livres, Ordonnances littéraires

Soins de fin de gauche

Ces dernières années, l’allongement de l’espérance de vie politique, la chronicité de pathologies autrefois mortelles (trahison, déloyauté, infidélité, parjure, reniement...), ainsi que les progrès du cynisme et de l’ambition personnelle ont généré une augmentation sans précédent des personnes se trouvant en situation de fin de gauche à domicile ou, le plus souvent, dans des établissements publics. La prise en charge des fins de gauche est donc un défi majeur pour la médecine littéraire. À cet égard, Les Métamorphoses d’Ovide constitue un cocktail thérapeutique intéressant. (Lire l'article)

“Big Bad Wolf chez Ibn al-Haytham”: Une chronique avéryenne de Nicolas Witkowski
Chroniques avéryennes, Écrans

Big Bad Wolf chez Ibn al-Haytham

Le regard, chez Tex Avery, c'est toute une histoire... On a déjà vu les yeux du méchant loup palper Droopy pour s'assurer de sa présence. Bien plus souvent, ils vont palper le petit chaperon rouge ou Cendrillon avec des buts moins avouables. Grande est la variété graphique des représentations du regard — de l'œil exorbité et “sonnant et trébuchant” à l'onde impalpable mais transportant de l'énergie. Cette obsession visuelle est-elle un simple fantasme avéryen ? Pas du tout. La fixation pathologique de Tex Avery sur le regard a, comme son homoncule sensoriel, de très anciennes racines historiques. (Lire l'article)

Saint Janvier © Gilles Pétel
La branloire pérenne

Saint Janvier

Nietzsche publie en 1882 le Gai savoir dont le livre IV s’intitule Saint Janvier. Ce livre compte un grand nombre de textes célèbres qui ont pour dénominateur commun d’affirmer la joie de vivre en toutes circonstances et malgré tout ce qui s’y oppose. Dans le premier texte du livre IV, "Pour le nouvel an", Nietzsche fait un rapide bilan des résolutions qu’il a prises pour la nouvelle année. Non pas ces résolutions badines dont nous abreuvent nos chaînes de télévision : arrêter de fumer, perdre du poids, aller à la gym, à la messe, à la mosquée, au temple ou à la synagogue de façon régulière... Non, Nietzsche y déclare simplement qu’il "ne veut plus, de ce jour, être jamais qu’un affirmateur". (Lire l'article)