La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Chroniques
“Instable comme une saillance”, une chronique de Nicolas Witkowski sur Tex Avery
Chroniques avéryennes, Écrans

Instable comme une saillance

La saillance : objet ou personnage émettant ou recevant des prégnances. Elle est d'une instabilité constitutive qui — acte fondateur du rire — tire le tapis sous nos certitudes les plus assurées. D'abord, un prédateur peut se transformer en proie, ou inversement, sans prévenir personne. Ensuite, une saillance peut se transformer en prégnance, ce qui pose une redoutable question, très voisine de celle que se sont posée les physiciens lors de la naissance de la physique quantique.
Le nombre imaginaire, Sciences

Au rythme des algos

Assurer sa sécurité informatique, c’est bien beau ; mais ce n’est pas cela qui vous préservera du marketing personnalisé intrusif, des bannières intempestives sur Internet ou du spam embarrassant dans votre boîte aux lettres – sans même parler, sauf pour les plus paranos d’entre nous, d’écoutes de la NSA. De tous les secrets, notre vie privée est le plus précieux ; c’est malheureusement également le plus difficile à préserver. D’une part parce que l’essentiel de nos interactions sur Internet ont précisément pour but, explicite ou non, de nous le faire révéler ; d’autre part, parce que les méthodes utilisées pour cela sont d’une diabolique ingéniosité. (Lire l'article)

“Ma destinée” (1867) Dessin de Victor Hugo Plume et lavis d'encre brune, gouache, sur papier vélin © Paris, Maison de Victor Hugo
2017 Année terrible

Navigation

“On ne fait pas rêver le peuple français avec des mesures techniques, des décrets. La France aujourd'hui doit se doter à nouveau d'un récit national.” Annonce quasi programmatique faite le 1er septembre par Emmanuel Macron lors de sa visite à la foire de Châlons-en-Champagne, où l’ancien ministre était venu dès le lendemain de son départ de Bercy pour “écouter la vraie vie des vrais gens”. On ne sait si cette enquête sociologique expresse à la foire a fourni à l’ex-banquier d’affaires suffisamment de matière pour nourrir son roman ; mais il est certain que le récit macronnien sera un fleuve allégorique charriant de grandioses métaphores. (Lire l'article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Des chiffres qui font peur

74%. C’est l’accroissement relatif, en un an, du nombre d’actes antisémites recensés par le ministère de l’Intérieur.  Encore ne parle-t-on que des actes graves ayant donné lieu à plainte ou poursuites ; la bêtise et la méchanceté ordinaires n’y sont pas comptabilisées. Pourtant, ce n’est pas vraiment ce chiffre-là qui devrait nous marquer : c’en sont d’autres, moins visibles et moins spectaculaires, mais qui reflètent une réalité peu reluisante dans laquelle nous vivons sans trop vouloir la regarder en face.
La branloire pérenne

Doit-on réécrire le passé ?

En mars dernier, à la Sorbonne, le CRAN (Conseil représentatif des associations noires) et l’UNEF s’opposaient par la force à la représentation des Suppliantes d’Eschyle au motif que certains acteurs blancs portaient un masque noir : le délit de "blackface" leur semblait établi. Or, il s'agit d’une pièce sur la tolérance et l’accueil de l’étranger et le masque noir vient seulement ici rendre visible la différence de l’autre. Sans compter que le port du masque est une constante de la tragédie grecque où les rôles féminins étaient joués par des hommes travestis. S'élever contre une mise en scène "racialiste" est donc absurde. La censure exercée par le CRAN et l’UNEF est caractéristique d’une tendance lourde de notre époque : le désir de réécrire le passé afin de le rendre conforme à notre sensibilité ou à nos mentalités. (Lire l'article)

Insultologie appliquée, Pandémie

Godwin, nom de Dieu !

Le chemin qui va du coronavirus à la Shoah est étroit, tortueux et improbable. Pourtant, la pandémie a vite atteint le point Godwin, ce moment où, dans tout débat, les adversaires finissent par s'injurier en se jetant à la figure des allusions à l'Allemagne nazie.
La branloire pérenne

La guerre sans nom

Une “intervention militaire”, “une frappe ciblée”, “une opération de protection des populations civiles” : ce sont autant d’expressions, d’euphémismes au fond employés par les gouvernements d’ici et d’ailleurs pour requalifier ce qu’on appelait autrefois la guerre. Mais pourquoi aucun État ne déclare-t-il plus officiellement la guerre ? La question peut surprendre à une époque où les conflits armés se multiplient aux quatre coins de la planète. (Lire l'article)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Espagne-Croatie : justice immanente et mauvaise foi

J’ai l’insigne honneur de faire partie d’une confrérie secrète et néanmoins joyeuse (dont il est, bien évidemment, hors de question que je révèle le nom ici) qui a pour habitude, voire pour principe, de se réunir virtuellement un nombre assez peu calculable de fois quotidiennes afin de deviser en désordre de l’état footballistique des choses, qu’il pleuve, vente, que l’heure soit grave ou ordinaire, que l’Euro galvanise les foules ou que Lyon reçoive Guingamp. (Lire l'article)

Le nombre imaginaire, Sciences

Choisissez au hasard…

Si vous êtes comme moi, voici un jeu auquel vous n’avez guère joué depuis vos (très) jeunes années : le papier enveloppe la pierre ; la pierre casse les ciseaux ; les ciseaux coupent le papier. Je me suis amusé, il y a de nombreuses années de cela, à coder un programme d’ordinateur jouant à pierre-papier-ciseaux contre un humain. Sans tricher, ce programme en vint rapidement à battre son adversaire humain dans 70% des parties. Un programme fort simple, gagnant de manière statistiquement très significative contre son concepteur ! (Lire l'article)