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Pousse encore hier
peser aussi les mots
que l’on adresse aux morts
— ils sont un peu de notre poussière et
les entendent chacun le sait
ou tout au moins s’émeuvent
à leur manière
Lexique
et face à la maison, de l’autre côté de la route, s’étendait un vaste cimetière qui remplaça, pour ma promenade matinale, les ruelles de mon ancien quartier.
XXVII. À bord du Circus
Sortit de la cabine de pilotage un petit homme à la chevelure bouclée dont les mains graisseuses qu’il venait, selon toute apparence, de plonger dans un moteur, n’enlevaient rien à l’élégance naturelle. C’était un petit corse qui savait naviguer. Il se nommait Joseph et se faisait appeler Youssef, ou parfois, selon l’humeur, Pepe. Youssef installa clowns et tigre sur le gaillard d’avant du coursier et, lançant quelques ordres en corse, fit se mouvoir le bâtiment. Le large lança son appel. Le Circus fit entendre le hululement d’une corne de brume. Enfin ils mirent à la voile. (Lire l'épisode)
XXXVIII. Rêve de Tigrovich
Il lui sembla qu’il était à nouveau au cirque, perché sur un trapèze. Ali, le cher dompteur, était là, mais il avait les traits d’Emma, la belle écuyère, et conjointement ceux d’Auguste, le grand humain à la moustache. Le regretté Démétrios, aimable clown, cabriolait, voletant autour du trapèze, et le petit garçon aux boucles châtain applaudissait à tout rompre. Tigrovich voulut faire un salto, mais ses membres étaient de marbre et tout son corps glacé. Sur son costume rose apparaissaient mille étoiles dont il ignorait le sens, et le noir tombant dans le chapiteau, les mille étoiles en occupaient les cintres et en couvraient la toile, comme en un planétarium. (Lire l'épisode)
33 – Jeudi 22 juin, 20 heures
J’étais trop occupé hier pour passer à l’antenne. Ce sont les vicissitudes de mon métier. Je...
25 – Dimanche 4 juin, 13 heures
Mohamed s’est suicidé. Nous ne connaissons pas encore les raisons qui l’ont poussé à un tel...
4. L’amour, le vrai
C’est devenu un lieu commun de dire qu’on est relié à cette ville comme par un cordon ombilical, attrapé dans un mélange d’amour et de haine. Je relis mes propres mots. Je me sens comme le dernier des Mohicans. Je constate, je confirme. Il n’y a pas de haine. Seulement un énorme, un infini sentiment d’amour pour la ville mutante où j’habite et qui m’habite, dont je rêve et qui me rêve. (Lire la nouvelle)
À ceux qui résistent
des feuilles nous avons pris la lumière bleutée qui fait aux arbres leur robe d'ombre
et du ciel le roulement d'un coup de dés sur le tapis de l'infini
aux bouches emprunté les poissons et l'argent des paroles
14. Matrix
L’imagination humaine est aussi vaste que le cosmos, mais concernant une éventuelle civilisation intelligente autre que la nôtre, elle reste d’une extrême indigence. Comment l’être humain pourrait-il concevoir une intelligence différente de la sienne ? Nous sommes donc condamnés à l’anthropomorphisme, faute de disposer d’un autre modèle. Nous pouvons au mieux aller le chercher dans l’intelligence animale : il serait plaisant d’imaginer des aliens avec une intelligence de dauphin. Peut-être finiraient-ils, après capture, dans quelque MarineLand californien. Une raison de plus pour eux de se méfier de nous, j'imagine. (Lire l'épisode)
Jean Cocteau en enfer
Comme la BNF, la belle bibliothèque de l’Institut de France possède un "enfer", c’est-à-dire un rayon regroupant des ouvrages naguère jugés licencieux ou contraires aux bonnes mœurs. La chose peut sembler étonnante pour une institution aussi policée que celle du quai Conti, mais elle ne surprendra que ceux qui ignorent que l’Académie française a vu défiler sur ses fauteuils bon nombre de polissons — occasionnellement de polissonnes. L’accès à cet enfer est strictement réservé aux Immortels, et pour cause : il renferme pour l’essentiel des textes écrits par les académiciens eux-mêmes. Des textes légèrement égrillards, dont certains ont une histoire cocasse. (Lire l'article)
Piétons
Certains piétons ne sont peut-être pas verts, mais pourquoi leur conseiller la collision? se...
XL. Dans la ville de D.
Le tigre est un animal fier. Les déconvenues le renfrognent. Tigrovich boudait, quand il suivit la rue rectiligne qui le menait au cœur de la cité. Bougon, il ne regardait pas les mille étals chatoyants, où des soieries se mêlaient aux pyramides d’épices et aux fontaines d’eau de rose, vanille, myrte et encens. Refusant de se laisser esbaudir par ces merveilles, il se frottait les yeux d’une patte agacée, pour calmer les effets d’une conjonctivite naissante. C’est bien trop tard qu’il avait revêtu ses lunettes noires à monture rayée et le soleil de la route avait brûlé ses yeux de feu. Bref, il n’y voyait goutte. (Lire l'épisode)
XXII. Le retour de Tigrovich
Au début tout alla bien. On y crut, et Tigrovich le premier, tandis que s’amassait la foule des spectateurs devant la guérite où se négociaient billets nouvellement frappés et quelques babioles orientales, reliques du stock d’Ali. À peine extrait de la brume désolée qui l’avait entouré d’un halo indistinct durant le temps de sa langueur, l’artiste en lui trop longtemps négligé piaffait, sentant l’appel de la Beauté en son âme et en ses membres ankylosés l’instinct de la cabriole. Oui, Tigrovich y crut. Et Ali ne manqua pas d’y croire. (Lire l'article)
Les frères Grimm et les nains lubriques
Blanche-Neige et les sept nains nourrit les cauchemars des enfants tout autant qu’il régale les psychanalystes qui en font mille interprétations cocasses: Oedipe d’une petite fille, apprentissage de la sexualité, etc. Il est vrai que cette histoire de jeune vierge et de nains (a priori) asexués ouvre presque à chaque minute des gouffres symboliques, en dépit des tonnes de sucre que les scénaristes et animateurs de Disney ont déversées sur le conte des frères Grimm. Ces derniers ont eux-mêmes beaucoup édulcoré la légende à partir de laquelle ils ont écrit leur texte...
Compte à rebours
Apparemment, c’était dans la nuit du mardi au mercredi que les affiches étaient collées. Mais par qui et pourquoi ? Cela ressemblait vaguement à un compte à rebours...
Kant et son valet Lampe
"Il faut donc admettre que les relations entre hommes sont préférables à la masturbation et considérer que la sodomie reste le premier impératif catégorique": un texte inédit et sulfureux de l'auteur des Fondements de la métaphysique des mœurs.
Mise au point
n’oublier pas que le migrant de l’homme est le semblable et le sédentaire le différent ...
XXXII. Prisonniers des pirates
Bientôt, tremblant de froid, de douleur et de faim (le tigre), ils se retrouvèrent, fers aux pieds, dans une cale humide et sombre, d’autant plus sombre qu’à tous les deux on avait, selon l’usage, recouvert les yeux d’un bandeau. D’abord, les sanglots de l’un répondant aux sanglots de l’autre, ils pleurèrent le sort du pauvre Demetrios, fidèle ami qui les avait réunis, avant de payer de sa vie l’accomplissement de son devoir. Or, comme ils pleuraient, des sanglots tiers se firent entendre dans l’obscurité. Le tigre et son dompteur se turent, oreilles dressées. (Lire la suite)

















