La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Fictions
Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

À poêle Landru !

Henri Désiré Landru fut un grand séducteur, un petit escroc et un auteur pas inintéressant. Cette dernière qualité reste méconnue. Il suffit pourtant de se pencher sur les carnets du tueur en série — conservés aux archives de la Préfecture de police de Paris et bizarrement peu consultés — pour s’apercevoir que cet homme avait un étonnant sens de l’humour servi par une belle plume. Dans le petit carnet noir où Landru a consigné les noms des 283 femmes qu'il a séduites durant sa "carrière" (il sera guillotiné en 1922 pour le meurtre de onze d’entre elles), on trouve quelques lignes charmantes sur les attraits de telle ou telle. (Lire l'article)

Fictions, Quelque chose là-haut

14. Matrix

L’imagination humaine est aussi vaste que le cosmos, mais concernant une éventuelle civilisation intelligente autre que la nôtre, elle reste d’une extrême indigence. Comment l’être humain pourrait-il concevoir une intelligence différente de la sienne ? Nous sommes donc condamnés à l’anthropomorphisme, faute de disposer d’un autre modèle. Nous pouvons au mieux aller le chercher dans l’intelligence animale : il serait plaisant d’imaginer des aliens avec une intelligence de dauphin. Peut-être finiraient-ils, après capture, dans quelque MarineLand californien. Une raison de plus pour eux de se méfier de nous, j'imagine. (Lire l'épisode)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Les frères Grimm et les nains lubriques

Blanche-Neige et les sept nains nourrit les cauchemars des enfants tout autant qu’il régale les psychanalystes qui en font mille interprétations cocasses: Oedipe d’une petite fille, apprentissage de la sexualité, etc. Il est vrai que cette histoire de jeune vierge et de nains (a priori) asexués ouvre presque à chaque minute des gouffres symboliques, en dépit des tonnes de sucre que les scénaristes et animateurs de Disney ont déversées sur le conte des frères Grimm. Ces derniers ont eux-mêmes beaucoup édulcoré la légende à partir de laquelle ils ont écrit leur texte...

Wellfleet Road, Edward Hopper, 1931 (Collection privée)
Nouvelles d'un monde ancien

Une rue sans issue

Les problèmes ont commencé le jour où Edmond Mortier, notre maire, a fini de lire Les Misérables. À 78 ans, il était temps qu’il finisse. À peine la dernière page tournée, il décrétait que notre village aurait une rue Victor-Hugo.
Fictions, Quelque chose là-haut

5. Gravity

Je me suis réveillé comme d’un mauvais rêve, à ceci près que le cauchemar continuait. Je n’avais rien d’autre que les vêtements que je portais, trempés de sueur, ainsi que dix dollars et vingt livres égyptiennes au fond d’une poche. Plus de passeport, d’ordinateur, de portable. La ligne de la chambre était coupée. La porte était ouverte, je suis sorti. Personne nulle part. (Lire  le chapitre)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Roland Barthes, le langage comme peau

Le 25 février 1980, vers 15h00, Roland Barthes sort d’un déjeuner avec François Mitterrand, candidat à l’élection présidentielle autour duquel Jack Lang a voulu réunir quelques intellectuels. A 15h45, le philosophe et sémiologue se fait renverser par une camionnette de blanchisserie devant le 44 rue des Écoles, tout près du Collège de France. Les secours le récupèrent inconscient, saignant du nez, et le transportent à la Salpêtrière. Il y meurt le lendemain, à l’âge de 64 ans. Tout a été dit sur cette mort, et même imaginé — voir La septième fonction du langage, de Laurent Binet. Tout sauf ceci : qu’est-il advenu du cartable en cuir noir que Barthes avait avec lui au moment de l’accident ? Et que contenait-il ? (Lire l'article)

Sept histoires de la mémoire

2. La petite fourmi

En me servant un coca glacé, j’ai découvert une petite fourmi qui flottait dans le verre. Deux options s’offraient à moi : la gastronomique, après tout, c’est des protéines, et hop j’avale ; ou la franciscaine : lui tendre un crayon pour l’aider à sortir. La deuxième option a pris le dessus et j’ai déposé le petit animal ivre sur le rebord de la fenêtre pour qu’il sèche au soleil, même s’il devait rester tout poisseux. J’ai lancé un regard aimable à la petite fourmi, qui était complètement bourrée au coca et j’ai bu une longue gorgée que j’ai savourée.
(Lire la nouvelle)

Fictions, Les aventures de Tigrovich

XXVIII. La traversée

Le moteur, dont Youssef et ses trois marins corses alimentaient les pistons de divers carburants (navets, graisse d’oie et de baleine, colza déshydraté, chocolat blanc, café en grain et autres produits laissés à bord par les précédents armateurs), fit jouer ses rouages et propulsa le Circus vers l’avant. Bientôt Marseille disparut. On ne vit plus, tout autour du bâtiment, que des vagues dont le gris rivalisait avec les couleurs de la coque qui les fendait. Le début du périple acheva de guérir Tigrovich de ses récents excès. Les trois premiers jours, il ne quittait guère l’avant du bateau et sous le vent, où une main prudente l’avait placé, vomissait sans discontinuer tripes, boyaux, substances psychotropes et graisse de pâtés de tête, sans oublier son désespoir et sa honte... (Lire l'épisode)

Fictions, Les aventures de Tigrovich

XVII. L’attente (et ses heureuses conséquences)

Comme elle est loin à présent l’enfance de Tigrovich, tigre, prince et artiste, dans sa native Taïga orientale, comme elle s’éloigne sa première jeunesse sur les rivages ostréicoles du bassin d’A et dans le petit cirque des Romanès-Volovitch où il avait connu la gloire et l’amour avec la belle Emma. Car maintenant notre héros est à Paris, sous la férule du plus grand des dompteurs et même des Dompteurs, Ali Ibn-El Fahed et autres noms, qui lui a fait signer un contrat, pas si malhonnête que ça, et a pris en main la promotion de sa carrière et le progrès de son art. Or, après un premier éclatant et succès, voici qu’Ali a décidé de faire attendre le public. Où l’on verra qu’il a bien raison… (Lire l'épisode)

Les complaisants - Photo © Frédéric Teillard
Microscopies

Les complaisants

les moins oublieux se souvenaient que des années plus tôt déjà l’hiver avait ainsi repris la mer en plein janvier et qu’on n’en pouvait donc tenir pour responsable celle que les pareils appelaient la folle