La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Fictions
Sept histoires de la mémoire

7. Eux (c’est-à-dire nous cinquante ans plus tard)

Ils s’étaient fabriqué des tee-shirts où l’on pouvait lire sur le devant : “Nés pour perdre”, et dans le dos : “Mais pas pour négocier”. Ils avaient appris qu’une chose telle que la “victoire finale” n’existe pas, que tout n’est qu’une succession de victoires et d’échecs qui nous obligent à accepter que la guerre contre l’État et ses démons doit se livrer à perpétuité. (Lire la nouvelle)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Pierre Choderlos de Laclos et ses gros ciseaux

Comment est-il possible que Pierre Choderlos de Laclos  — homme rangé à la “conversation froide et méthodique”, époux fidèle, professionnel rigoureux, en rien un séducteur aux moeurs dissolues — ait réussi à produire un roman aussi dépravé que Les Liaisons dangereuses  ? Réponse d’une universitaire : Choderlos n’est tout simplement pas l’auteur du livre. Et toutes les lettres qu’échangent la marquise Merteuil, le vicomte de Valmont, Cécile de Volanges et les autres seraient de vraies lettres, que Laclos s’est permis d’“élaguer”, supprimant notamment les passages où les correspondants évoquent l’anatomie féminine. (Lire l’article)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

À poêle Landru !

Henri Désiré Landru fut un grand séducteur, un petit escroc et un auteur pas inintéressant. Cette dernière qualité reste méconnue. Il suffit pourtant de se pencher sur les carnets du tueur en série — conservés aux archives de la Préfecture de police de Paris et bizarrement peu consultés — pour s’apercevoir que cet homme avait un étonnant sens de l’humour servi par une belle plume. Dans le petit carnet noir où Landru a consigné les noms des 283 femmes qu’il a séduites durant sa « carrière » (il sera guillotiné en 1922 pour le meurtre de onze d’entre elles), on trouve quelques lignes charmantes sur les attraits de telle ou telle. (Lire l’article)

Tigre et Arc de Triomphe (Christopher Wood 1930)
Fictions, Les aventures de Tigrovich

VIII. C’est à Paris qu’il faut aller (méditation d’un tigre)

Enlevé à sa vie d’art et de débauche dans la ville de B. par un faux impresario, en fait un vrai détective, notre héros a été enfermé, pour son bien, dans une baraque à huîtres par le grand humain moustachu, son père adoptif et ostréiculteur. Mais il en a été libéré par sa belle amante Emma Volkovitch et ses frères, surtout un. Il se retrouve donc à faire la sieste sur un trapèze au-dessus de la piste du cirque Romanès-Volkovitch. (Lire l’épisode)

Récit, prière - Photo © Frédéric Teillard
Microscopies

Récit, prière

les nuages qu’on disait
les troupeaux du ciel
et qu’on savait les vents
mener par-dessus les têtes
à pâturer les horizons
passèrent un jour les fenêtres
Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Victor Hugo, des vers et des pas mûres

On ne recense dans toute l’œuvre de Victor Hugo — qu’elle soit poétique, romanesque ou théâtrale — que très peu de lignes que l’on pourrait qualifier de grivoises, et aucune que l’on pourrait qualifier de licencieuse. Si l’auteur des Misérables est connu pour avoir eu une vie sexuelle plutôt débridée, ses écrits n’en gardent la trace que sous la forme d’une sublimation toute freudienne. Aussi fut-ce une énorme surprise de voir surgir un long poème inédit roulant comme un torrent impétueux pour décrire le désir sexuel et son aboutissement. Cette pièce singulière, absente de l’inventaire des collections, était enfouie dans le grenier de la maison Victor Hugo de la place des Vosges. (Lire l’article)

L'Odyssée de Pi
Fictions, Les aventures de Tigrovich

XXXIV. La tempête

Or ce nuage n’était rien, simple et modeste avertissement, amuse-gueule de tornade. Bientôt le vent, puis les vents, se levèrent, suivis de peu par une houle déchaînée qui tantôt couchait sur le flanc la frégate pirate, tantôt la redressait poupe sur proue, proue sur poupe, le tout à l’avenant. La mer furieuse se faisait trombe, montagne, volcan, puis, dans sa rage renouvelée, abîme, crevasse, canyon d’écume, défilé rugissant. Fanfare elle bruissait d’un tintamarre infâme, orchestre désaccordé que ne dirigeait plus qu’une main affolante, sortie tout droit des profondeurs de l’Enfer pour faire jouer sur les flots une partition démoniaque. Les flots, quant à eux (c’était vraiment une tempête réglementaire), se brisaient et battaient l’air comme les mille bras d’un monstre décapité qui cherche en tous sens sa proie. (Lire le chapitre)