La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Fictions
Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Pierre Choderlos de Laclos et ses gros ciseaux

Comment est-il possible que Pierre Choderlos de Laclos  — homme rangé à la “conversation froide et méthodique”, époux fidèle, professionnel rigoureux, en rien un séducteur aux moeurs dissolues — ait réussi à produire un roman aussi dépravé que Les Liaisons dangereuses  ? Réponse d’une universitaire : Choderlos n’est tout simplement pas l’auteur du livre. Et toutes les lettres qu’échangent la marquise Merteuil, le vicomte de Valmont, Cécile de Volanges et les autres seraient de vraies lettres, que Laclos s’est permis d’“élaguer”, supprimant notamment les passages où les correspondants évoquent l’anatomie féminine. (Lire l’article)

Combat d'un taureau et d'un tigre dans la Plaza de Toros d'Aranjuez - par Gustave Doré
Fictions, Les aventures de Tigrovich

XVIII. De quelques numéros mémorables réalisés par Tigrovich et son dompteur (prose hardiment descriptive)

Tigrovich est devenu artiste de cirque à Paris. Sous la conduite du plus grand des dompteurs et même des Dompteurs, Ali Ibn-El Fahed et autres noms, sa carrière et son arts touchent des sommets jamais atteints dans l’histoire mondiale du cirque. De ses numéros qui ont marqué à jamais la mémoire circassienne on va donc à présent toucher un mot. C’est à un chercheur suisse de l’université de Zurich que revient l’idée d’un classement de ces numéros devant lesquels, à l’époque, le monde entier hurlait d’admiration : acrobatiques, mythologiques, théologiques, queer, folkloriques, aquatiques, classiques. On n’aurait pas dit mieux. Seule une profonde imprégnation de la pratique spectaculaire d’Ali et de son tigre avait permis d’en arriver à une telle fermeté dans la taxinomie. (Lire l’épisode)

Encore toujours - Microscopies © Frédéric Teillard
Microscopies

Encore toujours

on avait répudié de longtemps
les cinq sens légitimes
on s’épilait avec des précautions félines
les poils des yeux
on en tressait des nids minuscules
aux mouches de l’entendement
Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Jean d’Ormesson au-delà des Thermopyles

Confidence glissée par notre Jean d’O national dans une interview donnée à Vogue Paris quelques mois avant sa mort : “J’aurais beaucoup aimé écrire des livres érotiques sous pseudonyme mais c’est impossible : on me reconnaîtrait immédiatement.” Il y avait dans cette phrase un demi-mensonge ainsi qu’une vérité et demie. Le demi-mensonge : Jean Bruno Wladimir François de Paule Lefèvre d’Ormesson se trouve être l’auteur de quelques pages, jamais publiées, sur ses amours homosexuelles – réelles ou fantasmées, on ne sait. La vérité et demie : chaque phrase de ce texte est à ce point frappée du sceau d’ormessonnien que la foule de ses lecteurs ne s’y serait pas trompée une seule seconde. Le style Jean d’O, c’est comme le Chanel n°5, vaguement écœurant mais reconnaissable à cent mètres. La preuve… (Lire l’article)

Fictions, Les aventures de Tigrovich

XLIV. Heureux événements

Interloqué, le Prince Tigrovich von Tigrovich dressa l’oreille et tourna ses yeux jaunes vers le soleil couchant, orbe rouge, couronne sur minaret. Alors il la vit, qui marchait  vers lui, voilée d’un beau tissu moirée et velouté, reconnaissable entre mille à ses yeux d’un vert bleu qui le disputait aux derniers éclats de l’astre et tenant à la main une cavale que l’on avait laissée entrer dans la mosquée, Emma Volkovitch-Romanès, qui marchait dans la lumière du Couchant. Herself. Le Prince von Tigrovich alla vers elle, tremblant… (Lire le dernier épisode)

Fictions, Les aventures de Tigrovich

XL. Dans la ville de D.

Le tigre est un animal fier. Les déconvenues le renfrognent. Tigrovich boudait, quand il suivit la rue rectiligne qui le menait au cœur de la cité. Bougon, il ne regardait pas les mille étals chatoyants, où des soieries se mêlaient aux pyramides d’épices et aux fontaines d’eau de rose, vanille, myrte et encens. Refusant de se laisser esbaudir par ces merveilles, il se frottait les yeux d’une patte agacée, pour calmer les effets d’une conjonctivite naissante. C’est bien trop tard qu’il avait revêtu ses lunettes noires à monture rayée et le soleil de la route avait brûlé ses yeux de feu. Bref, il n’y voyait goutte. (Lire l’épisode)