La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Fictions
Fictions, Les aventures de Tigrovich

XLI. Tu parles tigre, à présent ?

C’était Auguste tel qu’en lui-même, n’eût été son costume local, mais différent cependant, imperceptiblement, la stature, peut-être, plus altière que de coutume, et dans l’attitude quelque chose de fluidement souple. Mais c’était bien Auguste, à n’en pas douter, ses bras forgés par la culture de l’huître et le port du fusil, sa voix haute et sonore, et ses mains énormes, promptes à frapper. Il est rare, pourtant, qu’un citoyen du village de P. se laisse aller aux charmes du voyage en Orient, où la chasse au sanglier n’est guère répandue. Tout cela était vraiment bien surprenant. (Lire l'épisode)

Sept histoires de la mémoire

4. L’amour, le vrai

C’est devenu un lieu commun de dire qu’on est relié à cette ville comme par un cordon ombilical, attrapé dans un mélange d’amour et de haine. Je relis mes propres mots. Je me sens comme le dernier des Mohicans. Je constate, je confirme. Il n’y a pas de haine. Seulement un énorme, un infini sentiment d’amour pour la ville mutante où j’habite et qui m’habite, dont je rêve et qui me rêve. (Lire la nouvelle)

Photo Circuit court © Frédéric Teillard
Microscopies

Circuit court

fondu les plombs
trouver la lumière dans la chair
d’une courge dans
l’aveu que font à demi
les pétales des renoncules
dans ce qu’il reste à découvert
des visages
Fictions, Les aventures de Tigrovich

XXXVII. La belle dame brune de la banque

Ils marchèrent longtemps dans ce qui se révéla être une ville construite au bord du rivage et au-delà vers les montagnes. Et dans leur marche ils doublaient des maisons neuves et des maisons vieilles, des maisons tout écroulées et d’autres toutes pimpantes, des ruines et des chantiers, des chantiers et des gratte-ciels, des murs lépreux et d’autres rutilants, empruntant tantôt des ruelles, tantôt des avenues, se perdant plus que de raison, mais se retrouvant sans cesse, à en juger par la main ferme du petit qui savait bien où il allait. Tandis qu’ils progressaient, les sucs digestifs faisaient leur office et dissipaient l’engourdissement du tigre. (Lire l'épisode)

Fictions, Quelque chose là-haut

9. La Grande Illusion

J’avais déjà navigué au large de l’Afrique, il y a des années. Je n’en gardais pas un bon souvenir, quoique les mésaventures que j’ai connues à cette occasion n'ont eu que peu de choses à côté de celles que je traversais maintenant. Y repensant aujourd’hui, il m'apparaît cependant que cette première croisière m'en avait donné un bel avant-goût. C'est pourquoi je me permets d’ouvrir ici une assez longue parenthèse. (Lire la suite)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Victor Hugo, des vers et des pas mûres

On ne recense dans toute l’œuvre de Victor Hugo — qu’elle soit poétique, romanesque ou théâtrale — que très peu de lignes que l’on pourrait qualifier de grivoises, et aucune que l’on pourrait qualifier de licencieuse. Si l’auteur des Misérables est connu pour avoir eu une vie sexuelle plutôt débridée, ses écrits n’en gardent la trace que sous la forme d’une sublimation toute freudienne. Aussi fut-ce une énorme surprise de voir surgir un long poème inédit roulant comme un torrent impétueux pour décrire le désir sexuel et son aboutissement. Cette pièce singulière, absente de l’inventaire des collections, était enfouie dans le grenier de la maison Victor Hugo de la place des Vosges. (Lire l'article)

Je t'aime, je t'aime (affiche du film)
Fictions, Quelque chose là-haut

12. Je t’aime, je t’aime

"À quoi se rend-on compte que l’on vieillit ?" avait lancé un mathématicien en ouvrant une conférence à laquelle j’assistais je ne sais plus où, pas plus d’ailleurs que je ne me souviens de son sujet. Eh bien, à deux choses, avait poursuivi l’orateur. La première, c’est que l’on perd la mémoire. "Et la seconde, euh… la seconde je ne m’en souviens plus." Cette classique opening joke m’avait fait rire à l’époque. Aujourd’hui elle peine à me faire sourire. J’ai encore assez de mémoire pour me rappeler la blague, mais c’est l’exposé qui a suivi dont j’aimerais me souvenir. Quelque chose autour du chaos je crois, cette théorie tissée de phénomènes imprédictibles, d’attracteurs étranges et de papillons dont un simple battement d’aile finit par soulever une tempête à l’autre bout du monde. (Lire la suite)