La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Fictions
Aux funérailles de 2020 - Photo © Frédéric Teillard
Microscopies

Aux funérailles de 2020

On colore les cimetières de chrysanthèmes On célèbre la seule armistice le dépôt pour de bon des armes c’est la mort On les envie un peu les reposés de n’avoir plus mal au ventre plus peur
Fictions, Quelque chose là-haut

10. Lettre d’une inconnue

Deux gros mois après mon retour à Paris, j’ai reçu au journal un colis enveloppé de papier kraft hâtivement ficelé. Il avait été déposé à l’accueil par une personne que personne n’avait vue. Rachid m’a dit qu’il était au téléphone et que, lorsqu’il s’était retourné, le colis était là, posé sur le comptoir. Il contenait un livre ainsi qu’une grosse liasse de feuillets en anglais. Avant d’en révéler le contenu, je tiens à affirmer ici que moi, Édouard Launet, né le 13 juillet 1957 à Beauvais, suis parfaitement sain d’esprit. Je ne jure pas de dire toute la vérité et rien que la vérité, car où est la vérité là-dedans, mais je jure de dire tout ce que je sais, aussi objectivement qu’une carte de presse le commande. (Lire le chapitre)

Fictions, Les aventures de Tigrovich

XLI. Tu parles tigre, à présent ?

C’était Auguste tel qu’en lui-même, n’eût été son costume local, mais différent cependant, imperceptiblement, la stature, peut-être, plus altière que de coutume, et dans l’attitude quelque chose de fluidement souple. Mais c’était bien Auguste, à n’en pas douter, ses bras forgés par la culture de l’huître et le port du fusil, sa voix haute et sonore, et ses mains énormes, promptes à frapper. Il est rare, pourtant, qu’un citoyen du village de P. se laisse aller aux charmes du voyage en Orient, où la chasse au sanglier n’est guère répandue. Tout cela était vraiment bien surprenant. (Lire l’épisode)

Les aventures de Tigrovich, tigre, prince et artiste, épisode 16: "La presse"
Fictions, Les aventures de Tigrovich

XVI. La presse (Patrick)

Comme elle est loin l’enfance douloureuse de Tigrovich, tigre, prince et artiste, arraché dès l’âge tendre à sa Taïga orientale native. Il a presque oublié le grand humain à la grosse moustache et son épouse, ces ostréiculteurs qui l’adoptèrent. Il se souvient à peine d’Emma la belle écuyère qui fut son premier amour. C’est qu’il est monté à Paris où il a rencontré le plus merveilleux des dompteurs et même des Dompteurs, Ali Ibn-El-Fahed et autres noms, a signé un contrat, moins malhonnête qu’il n’a semblé au lecteur distrait, a vécu l’émotion d’une première, et voici à présent que la presse s’en mêle. Oui, la presse. (Lire l’épisode)