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Les ongles de Picasso
« Tu as seize ans, me dit-il. Figure-toi que c’est l’âge qu’avait Duguay-Trouin lorsqu’il...
40 – Dimanche 9 juillet, 23 heures
Tu aimes cette position? La vue est belle de ton appartement. Cambre-toi davantage. Baisse un...
33 – Jeudi 22 juin, 20 heures
J’étais trop occupé hier pour passer à l’antenne. Ce sont les vicissitudes de mon métier. Je...
9 – Dimanche 7 mai, 13 heures
Les Brésiliens nous ont donné du fil à retordre le mois dernier. Vous allez comprendre pourquoi...
Henry James, en filigrane
Quels motifs cachés peut-on identifier dans l’œuvre de Henry James ? L’horrible blessure, “la plus entièrement personnelle”, dont il fut un jour victime serait-elle de nature à expliquer que l’auteur n’ait jamais eu de vie amoureuse ? La conjugaison de moyens informatiques et de l’analyse littéraire a permis de déchiffrer dans l’œuvre de James quelques messages en filigrane, levant le voile sur certain mystère de sa vie personnelle et confirmant l’humour désespéré de ce grand écrivain. (Lire l’article)
12 – Mardi 16 mai, 20 heures
L’enquête a pris du retard. Nous n’avons pu interroger les Brésiliens que ce matin. Leur...
Augustin et Monique
Où notre chroniqueur fait main basse sur une lettre dans laquelle saint Augustin confie son amour à sa mère, Monique : “Qui saura donner un nom au trouble que j’éprouve quand ma mémoire ravive l’image de mes premières années…”
Baisse des prix
« Et toc ! exulta Joseph Schumpeter John H. B. Oxymoron. Je vous l’avais bien dit que...
Jules Verne, au rayon X
Les lecteurs de Vingt mille lieues sous les mers ignoraient que la bibliothèque du Nautilus possédait un imposant rayon de livres érotiques. Ils l’ignoraient parce que Jean-Jules Hetzel, l’éditeur de Jules Verne, a coupé d’autorité les paragraphes où l’écrivain faisait un inventaire gourmand du rayon rose du capitaine Nemo. Fort heureusement, un éminent vernien a retrouvé une version du manuscrit où figure le passage manquant.
27 – Vendredi 9 juin, 20 heures
Bartier a été interpelé mardi alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour Jersey. Je pistais...
Fragment météorologique : l’averse
les bourrasques secouent
de larges draperies de pluie
sur les trottoirs torrentueux
ou cherchent leur équilibre
oblique et sautillant
les passants
XXIII. Sur la mauvaise pente
Tigrovich, tigre, prince et artiste aurait tout eu pour être heureux si la main de la fatalité n’avait frappé à la porte de sa merveilleuse carrière : ce fut l’accident, puis, bien pire, la mélancolie de l’artiste, étrange langueur dont on ne se remet jamais tout à fait. Notre artistique héros a tenté un grand retour sur la piste du chapiteau, mais un soir il fuit s’alcooliser dans un bouge : il se trouve moins bon. Autant dire qu’il n’est pas exactement sur une bonne pente. (Lire l’épisode)
Epicure et Léontion
Où Épicure écrit à la belle Léontion, courtisane et philosophe, et s’en prend vivement à Platon qui « a écrit tant d’inepties à propos de l’amour […] peut-être parce qu’il ne bandait pas assez pour remplir son tonneau des Danaïdes »…
2. Un taxi pour Tobrouk
J’ai rejoint l’équipe de Libération le 16 août 1994. Son directeur Serge July s’était mis en tête de faire un quotidien de plus de quatre-vingt pages, une cinquantaine de journalistes avaient été recrutés (dont moi), quelques fonds avaient été réunis (pas suffisamment, hélas), des idées grandioses avaient été jetées sur le papier (il s’agissait de faire une sorte de New York Times français, rien de moins). Au pied du mur, l’équipe doutait, rechignait, trépignait, et c’est dans cette mêlée confuse que je débarquai. (Lire la suite)
Victor Hugo, des vers et des pas mûres
On ne recense dans toute l’œuvre de Victor Hugo — qu’elle soit poétique, romanesque ou théâtrale — que très peu de lignes que l’on pourrait qualifier de grivoises, et aucune que l’on pourrait qualifier de licencieuse. Si l’auteur des Misérables est connu pour avoir eu une vie sexuelle plutôt débridée, ses écrits n’en gardent la trace que sous la forme d’une sublimation toute freudienne. Aussi fut-ce une énorme surprise de voir surgir un long poème inédit roulant comme un torrent impétueux pour décrire le désir sexuel et son aboutissement. Cette pièce singulière, absente de l’inventaire des collections, était enfouie dans le grenier de la maison Victor Hugo de la place des Vosges. (Lire l’article)
La jeune fille et le vieil homme
Je ne sais plus qui au journal m’avait envoyé voir cet homme, pas plus que je ne me souviens de la raison pour laquelle j’avais accepté de faire cet entretien. La curiosité peut-être, ou alors le désœuvrement.
Prologue : L’Équipée sauvage
J’aime les enterrements, on s’y sent tellement vivant. Il est possible que l’existence ne soit qu’une illusion, mais lorsqu’un proche arrive au terme de la sienne, nous sentons la nôtre devenir soudain plus palpable : il ou elle meurt, donc nous sommes. De ce point de vue, l’enterrement d’Ilona fut très réussi… (Lire la suite)
Dernière période
En peu de jours les passantes et les passants rentrèrent le cou dans les épaules, perdant quelques centimètres et de la visibilité sur l’avenir. On se prit bientôt à douter que ce qu’on projetait au-delà de quelques pas de soi pût réellement advenir, le froid resserra son emprise, et la peur.














