La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Fictions
Je t'aime, je t'aime (affiche du film)
Fictions, Quelque chose là-haut

12. Je t’aime, je t’aime

"À quoi se rend-on compte que l’on vieillit ?" avait lancé un mathématicien en ouvrant une conférence à laquelle j’assistais je ne sais plus où, pas plus d’ailleurs que je ne me souviens de son sujet. Eh bien, à deux choses, avait poursuivi l’orateur. La première, c’est que l’on perd la mémoire. "Et la seconde, euh… la seconde je ne m’en souviens plus." Cette classique opening joke m’avait fait rire à l’époque. Aujourd’hui elle peine à me faire sourire. J’ai encore assez de mémoire pour me rappeler la blague, mais c’est l’exposé qui a suivi dont j’aimerais me souvenir. Quelque chose autour du chaos je crois, cette théorie tissée de phénomènes imprédictibles, d’attracteurs étranges et de papillons dont un simple battement d’aile finit par soulever une tempête à l’autre bout du monde. (Lire la suite)

Sept histoires de la mémoire

1. Eux (c’est-à-dire nous il y a 45 ans)

Eux, bien sûr, se croyaient immortels. Absolument convaincus que le passé, le présent et le futur étaient des éléments interchangeables dans un cycle de 24 heures. Ils avaient l’intuition que rien n’était vraiment impossible. La faute peut-être au climat, à l’atmosphère irréelle régnant à Mexico dans les années 1960, aux pluies pernicieuses de ce mois de septembre. C’étaient des jours où les illusions s’évanouissaient sans laisser l’amertume de la défaite, parce qu’elles avaient été rapidement remplacées par d’autres illusions nouvelles, tout aussi attirantes. (Lire la nouvelle)

Microscopies : Trois destins du beau © Frédéric Teillard
Microscopies

Trois destins du beau

que dire de ce qui sitôt saisi s’évanouit et du panier où le parfum puissant des roses mures se mêlait à l’odeur tenue du poisson montaient une haleine de massacre et des cris de couleur on ne voulait pas le manger on désirait seulement que cela fût

D'épitaphes

Lecture

mais sans soute avais-je pensé impensable qu’on privât une femme de son prénom, le seul mot qui ne fût pas amarré à la bite d’un homme, son père ou son mari...

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Alphonse Allais, ah fonce, allez !

Parmi les choses qui foutent le camp, il y a l’art des vers holorimes. Ce divertissement en vogue au XIXe et XXe siècles consistait à se faire succéder des vers parfaitement homophones, c’est-à-dire se prononçant de la même manière mais racontant des choses fort différentes. Un des distiques holorimes les plus célèbres est dû à la plume d’Alphonse Allais, lequel fut un grand spécialiste du genre... mais pas le seul. (Lire l'article)

Résistances © Frédéric Teillard - Microscopies
Microscopies

Résistances

si rien ne se dit plus pas un mot qui ne soit poursuivi traqué frappé d’opprobre de censure et que la langue penche désolée sur son squelette le poème alors est un plaisir de bouche qu’on le mâche le bave le crache le morsure suçotement se le passe avec la langue entre les dents