La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Fictions
Fictions, Les aventures de Tigrovich

XXX. Une surprise

Or les choses se télescopèrent. Comme Youssef s’approchait de la femme éplorée, l’assurant que nul ne la jetterait par-dessus bord, lui capitaine du Circus, et invitant chacun à se restaurer et à retenir ses larmes car il n’est pas bon, quand on partage le pain, de se laisser aller à des pleurs, le plus costaud des trois marins le poussa contre le grand mât et se rua vers la cantatrice, en brandissant bien haut une médaille qu’il portait à son cou : « Hélas, maman, ne reconnais-tu pas tes trois fils ? », mais il se heurta au dos de la cantatrice qui, s’étant retournée, fixait Tigrovich, les yeux secs, lequel tigre semblait troublé mais hésitant. (Lire l'épisode)

Fictions, Quelque chose là-haut

5. Gravity

Je me suis réveillé comme d’un mauvais rêve, à ceci près que le cauchemar continuait. Je n’avais rien d’autre que les vêtements que je portais, trempés de sueur, ainsi que dix dollars et vingt livres égyptiennes au fond d’une poche. Plus de passeport, d’ordinateur, de portable. La ligne de la chambre était coupée. La porte était ouverte, je suis sorti. Personne nulle part. (Lire  le chapitre)

Edward Hopper. Ground Swell, 1939 ( National Gallery of Art, Washington)
Nouvelles d'un monde ancien

À quoi penses-tu ?

Quand Marc se met à rêvasser, et cela lui arrive souvent ces temps-ci, Marie le regarde et lui demande : « À quoi penses-tu ? ». Il répond : « À toi, mon amour ». Ce qui est vrai puisque c’est à cause de Marie que Marc rêvasse.
Sept histoires de la mémoire

7. Eux (c’est-à-dire nous cinquante ans plus tard)

Ils s’étaient fabriqué des tee-shirts où l’on pouvait lire sur le devant : “Nés pour perdre”, et dans le dos : “Mais pas pour négocier”. Ils avaient appris qu’une chose telle que la “victoire finale” n’existe pas, que tout n’est qu’une succession de victoires et d’échecs qui nous obligent à accepter que la guerre contre l’État et ses démons doit se livrer à perpétuité. (Lire la nouvelle)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Antonin Artaud, jonc en folie

Jamais génie et folie ne furent si proches voisins que chez Antonin Artaud. Et jamais, dans l’œuvre de ce dernier, la frontière n’est si floue que lorsque la question du sexe y est abordée. Chez Artaud, le sexe est rarement affaire joyeuse, peut-être parce que sa première expérience sexuelle, en 1914 à l’âge de 17 ans, lui avait valu une dépression carabinée. Quoi qu’il en soit, une de ses toutes dernières œuvres fut un recueil d’une centaine de pages au recto de chacune desquelles il griffonna ces mots : “Mon jonc ! Mon jonc ! Mon jonc !…” etc. , et au verso : “Ton con ! Ton con ! Ton con !”, etc. Est-ce une célébration ou au contraire le cri d’horreur d’un homme devenu absolument fou ? (Lire l'article)