La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Fictions
Fictions, Les aventures de Tigrovich

XXXVI. Lamentations d’un tigre

Ah, se lamentait donc Tigrovich, malheureux que je suis. N’ai-je donc quitté la Capitale, fuyant les mains visqueuses de la débauche, que pour tomber dans celles des pirates qui, devenus mes amis et futurs associés, se virent arrachés par un sort cruel à mon affection naissante ? N’ai-je donc parcouru les flots, bravant tous les dangers, que pour voir mon dompteur, prunelle de mes griffes, objets de tous mes désirs, guide et lumière de ma vie d’artiste, de prince et de tigre aussi, me revenir puis m’échapper vers les rivages de l’Égypte, que cette terre soit maudite de mille vols de sauterelles, car elle m’a pris Ali, cruelle et avide rivale... (Lire l'épisode)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Jean Cocteau en enfer

Comme la BNF, la belle bibliothèque de l’Institut de France possède un "enfer", c’est-à-dire un rayon regroupant des ouvrages naguère jugés licencieux ou contraires aux bonnes mœurs. La chose peut sembler étonnante pour une institution aussi policée que celle du quai Conti, mais elle ne surprendra que ceux qui ignorent que l’Académie française a vu défiler sur ses fauteuils bon nombre de polissons — occasionnellement de polissonnes. L’accès à cet enfer est strictement réservé aux Immortels, et pour cause : il renferme pour l’essentiel des textes écrits par les académiciens eux-mêmes. Des textes légèrement égrillards, dont certains ont une histoire cocasse. (Lire l'article)

Edward Hopper. Ground Swell, 1939 ( National Gallery of Art, Washington)
Nouvelles d'un monde ancien

À quoi penses-tu ?

Quand Marc se met à rêvasser, et cela lui arrive souvent ces temps-ci, Marie le regarde et lui demande : « À quoi penses-tu ? ». Il répond : « À toi, mon amour ». Ce qui est vrai puisque c’est à cause de Marie que Marc rêvasse.
Nouvelles d'un monde ancien

Page blanche

“Sur une page blanche tout est possible”. Cette phrase de Mao, Paul l’avait trouvée merveilleuse la première fois qu’il l’avait lue. Il avait alors dix-sept ans. Il ignorait que ces mots avaient coûté la vie à plusieurs millions de Chinois. C'est ainsi que naquit chez lui une vocation d'écrivain.

D'épitaphes

Saint Léger

et je me souviens très bien de ses paroles, ce jour-là, où il a parlé de son projet de livre. C’est resté un projet. On entendait par le conduit de cheminée les voisins crier. Ça je n’en veux plus ! On ne comprenait pas tout.

Je t'aime, je t'aime (affiche du film)
Fictions, Quelque chose là-haut

12. Je t’aime, je t’aime

"À quoi se rend-on compte que l’on vieillit ?" avait lancé un mathématicien en ouvrant une conférence à laquelle j’assistais je ne sais plus où, pas plus d’ailleurs que je ne me souviens de son sujet. Eh bien, à deux choses, avait poursuivi l’orateur. La première, c’est que l’on perd la mémoire. "Et la seconde, euh… la seconde je ne m’en souviens plus." Cette classique opening joke m’avait fait rire à l’époque. Aujourd’hui elle peine à me faire sourire. J’ai encore assez de mémoire pour me rappeler la blague, mais c’est l’exposé qui a suivi dont j’aimerais me souvenir. Quelque chose autour du chaos je crois, cette théorie tissée de phénomènes imprédictibles, d’attracteurs étranges et de papillons dont un simple battement d’aile finit par soulever une tempête à l’autre bout du monde. (Lire la suite)

Sept histoires de la mémoire

6. Toute histoire est personnelle

J’entretiens une relation affective forte avec L’Internationale. C’est une des chansons que l’on chante habituellement dans ma famille pour le réveillon du Nouvel An, même si le chœur est plutôt discordant. J’ai songé à laisser un petit papier avec des consignes pour qu’on la joue à mon enterrement, une version que je crois avoir écoutée, la mémoire me joue peut-être des tours, interprétée par Édith Piaf avec les chœurs de l’Armée rouge... (Lire l'article)