La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Fictions
Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Antonin Artaud, jonc en folie

Jamais génie et folie ne furent si proches voisins que chez Antonin Artaud. Et jamais, dans l’œuvre de ce dernier, la frontière n’est si floue que lorsque la question du sexe y est abordée. Chez Artaud, le sexe est rarement affaire joyeuse, peut-être parce que sa première expérience sexuelle, en 1914 à l’âge de 17 ans, lui avait valu une dépression carabinée. Quoi qu’il en soit, une de ses toutes dernières œuvres fut un recueil d’une centaine de pages au recto de chacune desquelles il griffonna ces mots : “Mon jonc ! Mon jonc ! Mon jonc !…” etc. , et au verso : “Ton con ! Ton con ! Ton con !”, etc. Est-ce une célébration ou au contraire le cri d’horreur d’un homme devenu absolument fou ? (Lire l’article)

Derrick Plant. Epitaph
D'épitaphes

Trahir

et le 17 novembre 1925, pensant peut-être par-là attirer sur son fils nouveau-né la gloire dont il avait rêvé pour lui-même, Thomas Shelley, hôtelier londonien enrichi, convainquit sa jeune épouse, Ann Godwin, de donner à l’enfant les mêmes prénoms que le fameux poète Shelley, Percy Bysshe.

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Jules Verne, au rayon X

Les lecteurs de Vingt mille lieues sous les mers ignoraient que la bibliothèque du Nautilus possédait un imposant rayon de livres érotiques. Ils l’ignoraient parce que Jean-Jules Hetzel, l’éditeur de Jules Verne, a coupé d’autorité les paragraphes où l’écrivain faisait un inventaire gourmand du rayon rose du capitaine Nemo. Fort heureusement, un éminent vernien a retrouvé une version du manuscrit où figure le passage manquant.

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Jean Cocteau en enfer

Comme la BNF, la belle bibliothèque de l’Institut de France possède un « enfer », c’est-à-dire un rayon regroupant des ouvrages naguère jugés licencieux ou contraires aux bonnes mœurs. La chose peut sembler étonnante pour une institution aussi policée que celle du quai Conti, mais elle ne surprendra que ceux qui ignorent que l’Académie française a vu défiler sur ses fauteuils bon nombre de polissons — occasionnellement de polissonnes. L’accès à cet enfer est strictement réservé aux Immortels, et pour cause : il renferme pour l’essentiel des textes écrits par les académiciens eux-mêmes. Des textes légèrement égrillards, dont certains ont une histoire cocasse. (Lire l’article)

Fictions, Les aventures de Tigrovich

XXIII. Sur la mauvaise pente

Tigrovich, tigre, prince et artiste aurait tout eu pour être heureux si la main de la fatalité n’avait frappé à la porte de sa merveilleuse carrière : ce fut l’accident, puis, bien pire, la mélancolie de l’artiste, étrange langueur dont on ne se remet jamais tout à fait. Notre artistique héros a tenté un grand retour sur la piste du chapiteau, mais un soir il fuit s’alcooliser dans un bouge : il se trouve moins bon. Autant dire qu’il n’est pas exactement sur une bonne pente. (Lire l’épisode)

Sept histoires de la mémoire

1. Eux (c’est-à-dire nous il y a 45 ans)

Eux, bien sûr, se croyaient immortels. Absolument convaincus que le passé, le présent et le futur étaient des éléments interchangeables dans un cycle de 24 heures. Ils avaient l’intuition que rien n’était vraiment impossible. La faute peut-être au climat, à l’atmosphère irréelle régnant à Mexico dans les années 1960, aux pluies pernicieuses de ce mois de septembre. C’étaient des jours où les illusions s’évanouissaient sans laisser l’amertume de la défaite, parce qu’elles avaient été rapidement remplacées par d’autres illusions nouvelles, tout aussi attirantes. (Lire la nouvelle)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Victor Hugo, des vers et des pas mûres

On ne recense dans toute l’œuvre de Victor Hugo — qu’elle soit poétique, romanesque ou théâtrale — que très peu de lignes que l’on pourrait qualifier de grivoises, et aucune que l’on pourrait qualifier de licencieuse. Si l’auteur des Misérables est connu pour avoir eu une vie sexuelle plutôt débridée, ses écrits n’en gardent la trace que sous la forme d’une sublimation toute freudienne. Aussi fut-ce une énorme surprise de voir surgir un long poème inédit roulant comme un torrent impétueux pour décrire le désir sexuel et son aboutissement. Cette pièce singulière, absente de l’inventaire des collections, était enfouie dans le grenier de la maison Victor Hugo de la place des Vosges. (Lire l’article)

Fictions, Les aventures de Tigrovich

XXXI. Les pirates

Et pas n’importe quels pirates. Youssef et Ali échangèrent un triste regard. Ils avaient reconnu, à ses voiles dorées, le skif rapide de Malo ibn Malich, le célèbre voleur d’artistes. En voulait-il à Tigrovich dont il aurait appris l’embarquement par l’un des nombreux espions qu’il égrenait, tel un fléau, de Babylone à Massilia ? Avait-il plutôt eu vent de la clandestine présence à bord d’une cantatrice égyptienne, fausse mais il l’aurait ignoré, dont il tirerait bon prix, pensait-il, dans ces infâmes bouges du Caire où se revendent les artistes ? Venait-il plutôt au hasard, confiant à sa bonne étoile le soin de le mener à quelques nouveaux forfaits cruels autant que lucratifs ? Qu’importe… Il venait, menaçant, effarouchant, batailleur et querelleur, pirate de la pire espèce. (Lire l’épisode)