La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Fictions
Combat d'un taureau et d'un tigre dans la Plaza de Toros d'Aranjuez - par Gustave Doré
Fictions, Les aventures de Tigrovich

XVIII. De quelques numéros mémorables réalisés par Tigrovich et son dompteur (prose hardiment descriptive)

Tigrovich est devenu artiste de cirque à Paris. Sous la conduite du plus grand des dompteurs et même des Dompteurs, Ali Ibn-El Fahed et autres noms, sa carrière et son arts touchent des sommets jamais atteints dans l’histoire mondiale du cirque. De ses numéros qui ont marqué à jamais la mémoire circassienne on va donc à présent toucher un mot. C’est à un chercheur suisse de l’université de Zurich que revient l’idée d’un classement de ces numéros devant lesquels, à l’époque, le monde entier hurlait d’admiration : acrobatiques, mythologiques, théologiques, queer, folkloriques, aquatiques, classiques. On n’aurait pas dit mieux. Seule une profonde imprégnation de la pratique spectaculaire d’Ali et de son tigre avait permis d’en arriver à une telle fermeté dans la taxinomie. (Lire l’épisode)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Jean d’Ormesson au-delà des Thermopyles

Confidence glissée par notre Jean d’O national dans une interview donnée à Vogue Paris quelques mois avant sa mort : “J’aurais beaucoup aimé écrire des livres érotiques sous pseudonyme mais c’est impossible : on me reconnaîtrait immédiatement.” Il y avait dans cette phrase un demi-mensonge ainsi qu’une vérité et demie. Le demi-mensonge : Jean Bruno Wladimir François de Paule Lefèvre d’Ormesson se trouve être l’auteur de quelques pages, jamais publiées, sur ses amours homosexuelles – réelles ou fantasmées, on ne sait. La vérité et demie : chaque phrase de ce texte est à ce point frappée du sceau d’ormessonnien que la foule de ses lecteurs ne s’y serait pas trompée une seule seconde. Le style Jean d’O, c’est comme le Chanel n°5, vaguement écœurant mais reconnaissable à cent mètres. La preuve… (Lire l’article)

Fictions, Quelque chose là-haut

5. Gravity

Je me suis réveillé comme d’un mauvais rêve, à ceci près que le cauchemar continuait. Je n’avais rien d’autre que les vêtements que je portais, trempés de sueur, ainsi que dix dollars et vingt livres égyptiennes au fond d’une poche. Plus de passeport, d’ordinateur, de portable. La ligne de la chambre était coupée. La porte était ouverte, je suis sorti. Personne nulle part. (Lire  le chapitre)

Fictions, Les aventures de Tigrovich

XXXVII. La belle dame brune de la banque

Ils marchèrent longtemps dans ce qui se révéla être une ville construite au bord du rivage et au-delà vers les montagnes. Et dans leur marche ils doublaient des maisons neuves et des maisons vieilles, des maisons tout écroulées et d’autres toutes pimpantes, des ruines et des chantiers, des chantiers et des gratte-ciels, des murs lépreux et d’autres rutilants, empruntant tantôt des ruelles, tantôt des avenues, se perdant plus que de raison, mais se retrouvant sans cesse, à en juger par la main ferme du petit qui savait bien où il allait. Tandis qu’ils progressaient, les sucs digestifs faisaient leur office et dissipaient l’engourdissement du tigre. (Lire l’épisode)