La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Fictions
Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Sacha Guitry, enfin raide

Un jour, Sacha Guitry et sa femme de l'époque, Yvonne Printemps, se promènent dans un cimetière. Soudain Sacha dit à sa femme : “Tu sais, un jour on écrira sur ta tombe Yvonne Guitry, enfin froide.” Et l'intéressée de répondre aussi sec : "Sur la tienne, on mettra Sacha Guitry, enfin raide". Les troubles de la fonction érectile nourrissent rarement les épitaphes mais ils peuvent être un joli sujet de théâtre. La preuve... (Lire l'article)

L'Odyssée de Pi
Fictions, Les aventures de Tigrovich

XXXIV. La tempête

Or ce nuage n’était rien, simple et modeste avertissement, amuse-gueule de tornade. Bientôt le vent, puis les vents, se levèrent, suivis de peu par une houle déchaînée qui tantôt couchait sur le flanc la frégate pirate, tantôt la redressait poupe sur proue, proue sur poupe, le tout à l’avenant. La mer furieuse se faisait trombe, montagne, volcan, puis, dans sa rage renouvelée, abîme, crevasse, canyon d’écume, défilé rugissant. Fanfare elle bruissait d’un tintamarre infâme, orchestre désaccordé que ne dirigeait plus qu’une main affolante, sortie tout droit des profondeurs de l’Enfer pour faire jouer sur les flots une partition démoniaque. Les flots, quant à eux (c’était vraiment une tempête réglementaire), se brisaient et battaient l’air comme les mille bras d’un monstre décapité qui cherche en tous sens sa proie. (Lire le chapitre)

Je t'aime, je t'aime (affiche du film)
Fictions, Quelque chose là-haut

12. Je t’aime, je t’aime

"À quoi se rend-on compte que l’on vieillit ?" avait lancé un mathématicien en ouvrant une conférence à laquelle j’assistais je ne sais plus où, pas plus d’ailleurs que je ne me souviens de son sujet. Eh bien, à deux choses, avait poursuivi l’orateur. La première, c’est que l’on perd la mémoire. "Et la seconde, euh… la seconde je ne m’en souviens plus." Cette classique opening joke m’avait fait rire à l’époque. Aujourd’hui elle peine à me faire sourire. J’ai encore assez de mémoire pour me rappeler la blague, mais c’est l’exposé qui a suivi dont j’aimerais me souvenir. Quelque chose autour du chaos je crois, cette théorie tissée de phénomènes imprédictibles, d’attracteurs étranges et de papillons dont un simple battement d’aile finit par soulever une tempête à l’autre bout du monde. (Lire la suite)

Fictions, Les aventures de Tigrovich

XXXVIII. Rêve de Tigrovich

Il lui sembla qu’il était à nouveau au cirque, perché sur un trapèze. Ali, le cher dompteur, était là, mais il avait les traits d’Emma, la belle écuyère, et conjointement ceux d’Auguste, le grand humain à la moustache. Le regretté Démétrios, aimable clown,  cabriolait, voletant autour du trapèze, et le petit garçon aux boucles châtain applaudissait à tout rompre. Tigrovich voulut faire un salto, mais ses membres étaient de marbre et tout son corps glacé. Sur son costume rose apparaissaient mille étoiles dont il ignorait le sens, et le noir tombant dans le chapiteau, les mille étoiles en occupaient les cintres et en couvraient la toile, comme en un planétarium. (Lire l'épisode)

Fictions, Les aventures de Tigrovich

XXXV. Un tigre atterrit

La mystérieuse passagère clandestine du Circus n'était donc autre qu'Ali le dompteur lui-même, indeed ! À bord, tout le monde se réjouit de ces retrouvailles. Si ce n’est que qu’à l’horizon des pirates les abordent. Tigrovich et son dompteur se retrouvent prisonniers des pirates, en compagnie de deux otages occidentaux. Ingénieux autant qu’artistes, ils parviennent à séduire les pirates par un époustouflant numéro de cirque maritime. Hélas, une tempête vient ruiner leurs efforts. Ils se retrouvent à l’eau en pleine mer et en fâcheuse posture. (Lire l'épisode)

Fictions, Les aventures de Tigrovich

XXI. Pathologie du tigre

Que faire au sommet de la gloire, sinon dégringoler ? Est-ce donc ce qui va arriver à notre héros ? Après une enfance difficile en Taïga occidentale, Tigrovich, tigre, prince et artiste, a connu la débauche et un premier amour, et enfin, sous le fouet et les caresses du plus grands des dompteurs du monde, la gloire internationale. Hélas, la main de la fatalité a frappé et nous l’avons laissé.e à terre après une chute terrible qui l’a conduit.e du trapèze à la sciure de la piste. "Comment va Tigrovich ?" se demande la presse internationale. (Lire l'épisode)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Victor Hugo, des vers et des pas mûres

On ne recense dans toute l’œuvre de Victor Hugo — qu’elle soit poétique, romanesque ou théâtrale — que très peu de lignes que l’on pourrait qualifier de grivoises, et aucune que l’on pourrait qualifier de licencieuse. Si l’auteur des Misérables est connu pour avoir eu une vie sexuelle plutôt débridée, ses écrits n’en gardent la trace que sous la forme d’une sublimation toute freudienne. Aussi fut-ce une énorme surprise de voir surgir un long poème inédit roulant comme un torrent impétueux pour décrire le désir sexuel et son aboutissement. Cette pièce singulière, absente de l’inventaire des collections, était enfouie dans le grenier de la maison Victor Hugo de la place des Vosges. (Lire l'article)

Edward Hopper. Ground Swell, 1939 ( National Gallery of Art, Washington)
Nouvelles d'un monde ancien

À quoi penses-tu ?

Quand Marc se met à rêvasser, et cela lui arrive souvent ces temps-ci, Marie le regarde et lui demande : « À quoi penses-tu ? ». Il répond : « À toi, mon amour ». Ce qui est vrai puisque c’est à cause de Marie que Marc rêvasse.
Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

François-René de Chateaubriand, vie sexuelle

La vie sexuelle de Chateaubriand est le titre d’un ouvrage qui reste à écrire. À Combourg, le jeune Chateaubriand fut probablement la source d’un écoulement considérable de semence. C’est du moins la thèse développée par la chercheuse Aline Mapain en s’appuyant sur les divers manuscrits préparatoires aux Mémoires. Les plaisirs solitaires du jeune Chateaubriand ne vaudraient pas qu’on s’y arrête si longuement, admet-elle, s’ils ne permettaient de porter un regard nouveau sur l’égotisme d’un auteur que Jules Lemaître qualifiait en 1912 d’“écrivain le plus vaniteux de la littérature française, et probablement de toutes les littératures”. (Lire l'article)