La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Fictions
Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Victor Hugo, des vers et des pas mûres

On ne recense dans toute l’œuvre de Victor Hugo — qu’elle soit poétique, romanesque ou théâtrale — que très peu de lignes que l’on pourrait qualifier de grivoises, et aucune que l’on pourrait qualifier de licencieuse. Si l’auteur des Misérables est connu pour avoir eu une vie sexuelle plutôt débridée, ses écrits n’en gardent la trace que sous la forme d’une sublimation toute freudienne. Aussi fut-ce une énorme surprise de voir surgir un long poème inédit roulant comme un torrent impétueux pour décrire le désir sexuel et son aboutissement. Cette pièce singulière, absente de l’inventaire des collections, était enfouie dans le grenier de la maison Victor Hugo de la place des Vosges. (Lire l'article)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Marcel Proust, d’une main

La découverte d’un inédit de Proust, c’est un événement. Et quand en sus cet inédit est un texte érotique, l’affaire devient tout à fait considérable. Un tel joyau a été déniché par l’universitaire américaine Kathryn Salmann-Bagels, qui s’est empressée de faire publier sa découverte aux éditions Illinois University Press en l’accompagnant d’un imposant appareil de notes et d’une longue introduction. Titre (contestable) choisi par la découvreuse : Praise of Masturbation (Éloge de la masturbation). (Lire l'article)

Fictions, Les aventures de Tigrovich

XX. La Main de la Fatalité

C’est une redingote bleu pâle qu’il avait choisi de revêtir le jour où elle frappa. Il s’en souvint et, plus tard, rechigna à s’en parer, allant même jusqu’à la céder, pour rien, à un vagabond qu’il croisa de nuit. Il s’en était paré le matin, et aux petites heures du jour avait parcouru les boulevards. Il riait sous ses moustaches et ses lunettes fumées, lorsque les quidams laborieux ralentissaient leur pas à sa vue. La journée avait été banale. Et ce n’est qu’après coup que l’on tenta d’y voir, ou de chercher dans les jours qui précédèrent, quelque incident exceptionnel qui expliquât la tragédie. (Lire l'épisode)

Sept histoires de la mémoire

4. L’amour, le vrai

C’est devenu un lieu commun de dire qu’on est relié à cette ville comme par un cordon ombilical, attrapé dans un mélange d’amour et de haine. Je relis mes propres mots. Je me sens comme le dernier des Mohicans. Je constate, je confirme. Il n’y a pas de haine. Seulement un énorme, un infini sentiment d’amour pour la ville mutante où j’habite et qui m’habite, dont je rêve et qui me rêve. (Lire la nouvelle)

Fictions, Quelque chose là-haut

13. La Guerre des Mondes

J’aime les maths, elles ont un pouvoir incroyable. Il y a quelques années, j’ai calculé mes chances de trouver la femme de ma vie en utilisant une équation relativement simple, nourrie de paramètres comme l’âge, les goûts, l’apparence physique, etc. Résultat : douze partenaires potentielles dans tout le pays. Puis j’ai évalué la probabilité de rencontrer l’une de celles-ci. Eh bien elle était à peu près nulle, inférieure à un sur dix mille. Pourtant, deux petites années après avoir démontré scientifiquement que je ne trouverai jamais l’âme-sœur, j’ai convolé en justes noces. Depuis, je me dis que les statistiques sont pessimistes, ou que j’ai bien mal estimé les paramètres. (Lire la suite)

Derrick Plant. Epitaph
D'épitaphes

Trahir

et le 17 novembre 1925, pensant peut-être par-là attirer sur son fils nouveau-né la gloire dont il avait rêvé pour lui-même, Thomas Shelley, hôtelier londonien enrichi, convainquit sa jeune épouse, Ann Godwin, de donner à l’enfant les mêmes prénoms que le fameux poète Shelley, Percy Bysshe.

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

L’étrange cas du Dr Enid Blyton

La Britannique Enid Blyton (1897-1968) a écrit plus de 600 livres pour enfants, dont les célèbres séries des Oui-Oui et du Club des Cinq. L’auteur le plus prolifique de la littérature jeunesse a laissé derrière lui un héritage qui continue de fructifier. Pour ses lecteurs, Blyton règne sur un monde enchanté, joyeux et lumineux, simple et touchant. L’envers de la médaille est plus sombre. Un chercheur a même exhumé une vingtaine de versions extrêmement scabreuses des aventures de Oui-Oui, assurément issues de la machine à écrire de Blyton, bien que signées d'un pseudonyme. (Lire l'article)

Fictions, Les aventures de Tigrovich

XII. Y compris l’URSS (contrat liant les parties)

Tigrovich – tigre, prince et artiste – est monté à Paris pour trouver l’art, la beauté et un dompteur. D’abord chu sur le quai de la gare, il a rencontré non pas un dompteur, mais le Dompteur de sa vie. Ils ont trinqué au champagne, se sont rendus au cirque où Tigrovich exercerait son art, quand il l’aurait convenablement appris sous la houlette de son Maître et dompteur. Maintenant ils vont signer un contrat. Que voici. (Lire l'épisode)

Sept histoires de la mémoire

2. La petite fourmi

En me servant un coca glacé, j’ai découvert une petite fourmi qui flottait dans le verre. Deux options s’offraient à moi : la gastronomique, après tout, c’est des protéines, et hop j’avale ; ou la franciscaine : lui tendre un crayon pour l’aider à sortir. La deuxième option a pris le dessus et j’ai déposé le petit animal ivre sur le rebord de la fenêtre pour qu’il sèche au soleil, même s’il devait rester tout poisseux. J’ai lancé un regard aimable à la petite fourmi, qui était complètement bourrée au coca et j’ai bu une longue gorgée que j’ai savourée.
(Lire la nouvelle)

Fictions, Les aventures de Tigrovich

XXXIX. Sur la route de D.

D’abord, allègre, il marcha vite, se réjouissant, rasséréné, de ce que ses aventures aient pris une ferme direction dont la destination, certes incertaine, présentait l’avantage de l’éloigner de Beyrouth où il laissait, avec quelques dettes, un compte vide au Crédit helvète, branche de Beyrouth. Bientôt il quitta la ville, suivant toujours la même voie rectiligne, il traversa une plaine fertile, monta et descendit quelques montages, puis avança en une vallée qu’entouraient des montagnes pelées. Chaque jour il marchait et la nuit il dormait, veillé par ces étoiles où il avait mis le peu d’espoir qui lui restait. (Lire l'épisode)