La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Fictions
Nouvelles d'un monde ancien

Hamlet à Venise

Je viens de fourrer les vêtements et sous-vêtements de Catherine dans mon sac et  je m’apprête à quitter la chambre. Elle va se retrouver à poil dans cet hôtel comme une idiote. Cette perspective me rend euphorique...
Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Jean Cocteau en enfer

Comme la BNF, la belle bibliothèque de l’Institut de France possède un "enfer", c’est-à-dire un rayon regroupant des ouvrages naguère jugés licencieux ou contraires aux bonnes mœurs. La chose peut sembler étonnante pour une institution aussi policée que celle du quai Conti, mais elle ne surprendra que ceux qui ignorent que l’Académie française a vu défiler sur ses fauteuils bon nombre de polissons — occasionnellement de polissonnes. L’accès à cet enfer est strictement réservé aux Immortels, et pour cause : il renferme pour l’essentiel des textes écrits par les académiciens eux-mêmes. Des textes légèrement égrillards, dont certains ont une histoire cocasse. (Lire l'article)

Fictions, Les aventures de Tigrovich

XXVII. À bord du Circus

Sortit de la cabine de pilotage un petit homme à la chevelure bouclée dont les mains graisseuses qu’il venait, selon toute apparence, de plonger dans un moteur, n’enlevaient rien à l’élégance naturelle. C’était un petit corse qui savait naviguer. Il se nommait Joseph et se faisait appeler Youssef, ou parfois, selon l’humeur, Pepe. Youssef installa clowns et tigre sur le gaillard d’avant du coursier et, lançant quelques ordres en corse, fit se mouvoir le bâtiment. Le large lança son appel. Le Circus fit entendre le hululement d’une corne de brume. Enfin ils mirent à la voile. (Lire l'épisode)

Chefs-d'œuvre retrouvés de la littérature érotique, Classé X

Roland Barthes, le langage comme peau

Le 25 février 1980, vers 15h00, Roland Barthes sort d’un déjeuner avec François Mitterrand, candidat à l’élection présidentielle autour duquel Jack Lang a voulu réunir quelques intellectuels. A 15h45, le philosophe et sémiologue se fait renverser par une camionnette de blanchisserie devant le 44 rue des Écoles, tout près du Collège de France. Les secours le récupèrent inconscient, saignant du nez, et le transportent à la Salpêtrière. Il y meurt le lendemain, à l’âge de 64 ans. Tout a été dit sur cette mort, et même imaginé — voir La septième fonction du langage, de Laurent Binet. Tout sauf ceci : qu’est-il advenu du cartable en cuir noir que Barthes avait avec lui au moment de l’accident ? Et que contenait-il ? (Lire l'article)

Fictions, Les aventures de Tigrovich

III. Vocation de Tigrovich

Tigre, prince et artiste, Tigrovich a dû abandonner sa native Taïga pour vivre en France occidentale avec le couple d'humains ostréiculteurs originaires qui l'a adopté. Tout semble s'opposer à son artistique destin car il faut travailler l'huître et, pire, affronter l'école dure aux tigres sensibles… Mais la Beauté n'est jamais loin quand on est noble, tigre et artiste… (Lire l'épisode)

Sept histoires de la mémoire

2. La petite fourmi

En me servant un coca glacé, j’ai découvert une petite fourmi qui flottait dans le verre. Deux options s’offraient à moi : la gastronomique, après tout, c’est des protéines, et hop j’avale ; ou la franciscaine : lui tendre un crayon pour l’aider à sortir. La deuxième option a pris le dessus et j’ai déposé le petit animal ivre sur le rebord de la fenêtre pour qu’il sèche au soleil, même s’il devait rester tout poisseux. J’ai lancé un regard aimable à la petite fourmi, qui était complètement bourrée au coca et j’ai bu une longue gorgée que j’ai savourée.
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Sept histoires de la mémoire

1. Eux (c’est-à-dire nous il y a 45 ans)

Eux, bien sûr, se croyaient immortels. Absolument convaincus que le passé, le présent et le futur étaient des éléments interchangeables dans un cycle de 24 heures. Ils avaient l’intuition que rien n’était vraiment impossible. La faute peut-être au climat, à l’atmosphère irréelle régnant à Mexico dans les années 1960, aux pluies pernicieuses de ce mois de septembre. C’étaient des jours où les illusions s’évanouissaient sans laisser l’amertume de la défaite, parce qu’elles avaient été rapidement remplacées par d’autres illusions nouvelles, tout aussi attirantes. (Lire la nouvelle)