La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Le nombre imaginaire, Sciences

Une page de nostalgie

L’un des enjeux qui se posait au chercheur en Intelligence Artificielle des années 1980 était celui du langage informatique à utiliser dans ses expérimentations avec les ordinateurs. Le top du top, c’était d’inventer son propre langage. Que reste-t-il de toute cela ? Bien peu peut-être, mais pourtant cela compte. Le travail mené à l’époque par toute une génération de jeunes chercheurs et ingénieurs se retrouve encore en fondation pour la suite de l’aventure – qui reste toujours aussi excitante. (Lire l’article)

Annie Ernaux, Regarde les lumières mon amour, Folio, 2016. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne
Livres, Ordonnances littéraires

Annie Ernaux pour Serge Dassault

Le nécessiteux qui vient de m’être adressé s’appelle Serge Dassault, il a 91 ans et vit à Corbeil-Essonnes, dans une banlieue dite “sensible”. Alors que se passe-t-il avec ce monsieur ? Eh bien, il souffre d’une sorte d’inadaptation au réel, le diagnostic a été posé sans appel, l’été dernier, lorsque, en visite dans un hypermarché de sa ville, il s’est tourné soudain vers un caddie proche pour exclamer : “On n’a pas pris de petit véhicule ? On prend un truc comme ça ?”. Il se trouve que vient de paraître en poche l’ouvrage d’Annie Ernaux, Regarde les lumières mon amour qui, à défaut de traiter toutes les pathologies qui affectent l’honorable vieillard, pourra peut-être le remettre sur la voie d’un certain réel, celui de l’hypermarché, de ses clients, de ses lumières, de ses marchandises entassées, de ses promos, de ses queues à la caisse…. (Lire l’article)

Honoré, Petite anthologie du dessin politique (1995-2015), Éditions de La Martinière, 2016, 25€. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne
Livres, Ordonnances littéraires

Ordonnance pour nos amis biterrois

Dans la Petite anthologie du dessin politique qui vient d’être publiée aux éditions de La Martinière, en hommage au dessinateur Honoré assassiné avec ses collègues de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, les puissants de ce monde se bousculent, épinglés par un trait précis et épuré, dans des dessins en noir et blanc parfois agrémentés de rares touches de couleur : tâches de sang sur les mains du couple Pinochet, tapis rouge qui engloutit une Bernadette Chirac recevant Elisabeth II, drapeau américain tenu par un membre du Ku Klux Klan… Au fil des pages, les puissants parlent, Honoré leur répond. On recommandera à nos chers amis biterrois la lecture de cet ouvrage, qui les changera du Journal de Béziers auquel ils sont abonnés d’office. (Lire l’article)

délib'euro – l'Euro 2016 des écrivains, vu par Clo'e dans délibéré
délib'euro, Foot

Roumanie-Suisse : des femmes qui jouent

Je pense alors au superbe documentaire de la réalisatrice Carmen Butta. Des femmes qui jouent au foot à 4000 mètres d’altitude. Dans les Andes péruviennes, des femmes quechuas du village Churubamba allaitent leur bébé à la mi-temps puis retournent courir après le ballon sandalettes aux pieds. Elles dribblent avec une habileté réjouissante pendant que des lamas grappillent quelques rares pousses vertes dans la terre brune. Gagner le match c’est la possibilité de rapporter au village des cochons d’Inde ou des sacs de semence de pomme de terre que les maris espèrent avec fébrilité. (Lire l’article)

Livres

Sœurs de Chaos

Une femme dite folle, ceux qui l’approchent s’accordent à la trouver belle. Elle a une sœur jumelle, une artiste peintre qui porte le même prénom qu’elle, celui de la mère, mais qui vit loin, dans l’Autre Ville. La Folle est détenue depuis dix ans à l’asile, et comme le font les fous, se cogne la tête contre la porte de sa chambre d’hôpital au numéro troublant : 2666. Écrit dans une langue magnifique, Chaos de Mathieu Brosseau est un roman de l’après catastrophe, celle de la perte irrémédiable du sens. (Lire l’article)

Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Kung Fu Panda / The Assassin… en quête du “chi-néma”

À l’affiche, deux films que tout semble opposer tentent de se réapproprier le film d’arts martiaux chinois. D’un côté, Assassin, le wu xia pian  de l’auteur Hou Hsiao-hsien, Sifu d’une modernité esthète et intimiste… De l’autre, Kung Fu Panda 3, la franchise la plus populaire de sa Seigneurie Dreamworks, dans la lignée des Jackie Chan… A priori, pas plus à voir entre ces deux là qu’entre un moine en tunique et un colosse en armure qu’on mettrait face à face.Mais l’un et l’autre parviennent-ils à saisir le “Chi”, ce principe de l’énergie vitale cher à la cosmologie bouddhiste ? (Lire l’article)

Rachid Ouramdane, CCN2 - Centre chorégraphique national de Grenoble, “Franchir la nuit”. Photo © Patrick Imbert
Danse

Rachid Ouramdane contre vents et marées

Pour aborder la question brûlante et désolante des migrants et plus largement des laissés pour compte, des cahotés par la vie, Rachid Ouramdane et les cinq magiques danseurs de sa compagnie ont travaillé avec vingt enfants de l’école Le Verderet de Grenoble et treize mineurs isolés, migrants d’Afrique et d’Europe accueillis par le département de l’Isère. Le spectacle est aussi simple que la présence d’un enfant se tenant seul en scène hagard mais plus jamais seul. Les danseurs transportent les corps. Rachid Ouramdane berce la peine. (Lire l’article)

Le centre social Soleil Saint-Blaise ©Nicolas Borel
Architecture

Soleil Saint-Blaise, lueurs sur dalle

Dans le quartier Saint-Blaise de Paris (XXe), l’architecte Bruno Rollet vient de transformer un ancien local commercial ingrat en centre social, lumineux et coloré. Il est devenu un petit repère vivant de cet ilot sur dalle. Cet équipement, en plus des services qu’il offre, sert de lien entre les immeubles alentours et le boulevard Davout. Une opération élémentaire mais qui a nécessité d’autant plus de recherches ingénieuses. Pour que le soleil puisse l’éclairer aux yeux des habitants. (Lire la suite)

Le nombre imaginaire, Sciences

Les pourcentages du ministre

Les maths sont intimement liées à notre vie quotidienne, sociale, économique et citoyenne. La méconnaissance parfois clairement assumée, sinon même encouragée, de raisonnements mathématiques simples conduit nos décideurs et nous-mêmes à proférer et accepter de monumentales âneries qui peuvent provoquer beaucoup de dégâts. Les calculs, franchement, on s’en fiche : il y a des ordinateurs pour ça. Mais comprendre ce que les chiffres signifient, comment on les obtient, et quand les croire ou non, cela peut s’apprendre, assez simplement, et c’est indispensable si nous voulons conserver notre rôle de citoyen actif. (Lire l’article)