La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Archives
Álvaro Enrigue, “Mort subite”, traduit de l'espagnol par Serge Mestre, Buchet-Chastel, 2016
Livres, Ordonnances littéraires

Álvaro Enrigue, pour les joueurs et fans de tennis déprimés

Aux joueur et spectateurs de tennis abattus par les scandales de dopage et de matchs truqués, il convient de prescrire la lecture de l’ouvrage du Mexicain Álvaro Enrigue, Mort subite, récemment publié en France aux éditions Buchet-Castel et traduit en français par Serge Mestre. Il y est question d’un curieux match de tennis opposant, le 4 octobre 1599, un poète espagnol à un jeune artiste de Rome : Francisco de Quevedo et Le Caravage, excusez du peu, assommés l’un comme l’autre par une gueule de bois monstrueuse qui ne les empêchera pas de jouer leurs trois sets. Quevedo à Rome face au Caravage ? Parfaitement.
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Danse

Contre-histoire dansée de l’art

Le critique Philippe Verrièle et le photographe Laurent Paillier ont pris le contre-pied de ceux qui pensent que danse et arts plastiques sont intimement liés. Leur livre Danser la peinture renvoie Degas à ses danseuses – lui qui ne s’intéressa pas à la danse – et invite de jeunes chorégraphes à composer avec des peintres, de Kandinsky à Velickovic. Chacun des invités, majoritairement des jeunes pas forcément connus et reconnus, a planché sur un peintre. Il aura fallu quatre ans de travail pour que le livre sorte enfin, accompagné d’une exposition que l’on a pu voir au dernier festival Uzès Danse. À lire et à regarder. (Lire l’article)

Frédéric Fiolof, La Magie dans les villes (Quidam éditeur). Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne
Livres, Ordonnances littéraires

Frédéric Fiolof pour ceux qui nous font toucher (et dépasser) le fond

 “Toucher le fond n’est pas toujours si simple. Il a pu le constater”, écrit Frédéric Fiolof dans La Magie dans les villes (Quidam éditeur). “Soudain, il a remarqué que son pied s’enfonçait encore. Le fond, c’était de la vase. Il s’est senti happé dans un monde plus bas et a pensé ça ne se peut pas”. Et pourtant… 
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Las putas insistimos en que los políticos no son nuestros hijos
Le coin des traîtres, Traduction

Hijo de puta

Il y a quelques années, des pancartes ont fait leur apparition dans des manifestations organisées en Espagne, demandant à ce que l’on cesse d’attribuer à des prostituées la maternité des pires salauds de la terre, plus particulièrement celle des hommes politiques. La traduction de l’argot, des insultes, des grossièretés nous invite aussi à réfléchir au sens des mots, à leur emploi, aux sous-entendus véhiculés, à ce qu’ils disent de la société qui les galvaude ou les bannit. Alors comment traduire « hijo de puta » ?  (Lire l’article)

Théâtre

À la dérive

Quel rapport entre Méduse et Arctique, deux des spectacles donnés en clôture du Festival d’Avignon ? Tous deux relatent des histoires de naufrages en pleine mer, sans pour autant prétendre faire le lien avec l’actualité. Sans doute est-ce mieux ainsi. Reste pourtant un léger malaise : à force de tenir à distance toute référence à la réalité, les deux spectacles donnent le sentiment de tourner sur eux-mêmes, comme s’ils étaient, chacun à sa façon, sourds au monde, seulement préoccupés de leur propre survie. (Lire l’article)

Arts plastiques, Expo

Dans le détail

La Bibliothèque François Mitterrand expose actuellement les photographes récompensés par la Bourse du Talent. Parmi les lauréats, Laurent Kronental présente une série intitulée Souvenir d’un futur. Le traitement de la couleur y est superbe, la précision de l’image  impressionnante. En plan large, il photographie les grands ensembles de la région parisienne. Les constructions sont immenses et folles – comme les architectures dessinées par Paul Grimault dans Le Roi et l’oiseau. Elles sont vides – comme les places désertées de Chirico. Vides ? Pas tout-à-fait. (Lire l’article)

Henri Bergson (1878)
Chroniques avéryennes, Écrans

Droopy chez Bergson

Comprendre le rire chez Tex Avery, c’est d’abord revenir aux grands classiques. En l’occurrence Le Rire de Bergson (1900), ouvrage qui, malgré sa petite taille et son âge avancé, n’a pris d’autres rides que celles qu’impriment les zygomatiques. Bergson, qui n’est pas un rigolo, balance d’emblée une hypothèse fracassante : « Le rire, c’est du mécanique plaqué sur du vivant ». Ensuite, cela se gâte, car son sens moral lui inspire qu’au fond, le rire est peut-être un signal social adressé aux marginaux en situation irrégulière pour les inciter à rentrer dans le rang. La gravité d’un Buster Keaton, ou l’apathie de Droopy, seraient-elles les figures tragiques indiquant que le rire, au fond, n’est pas si drôle ? (Lire l’article)

COLORIAGE - Le lama de Bashley © Philippe Mignon
Coloriage, Zoologie

Le lama de Bashley

Profitant de l’anonymat que permettent les réseaux sociaux, quelqu’un s’est cru autorisé à poster sur une page Facebook un pastiche des animaux ici dessinés. Le faussaire est allé jusqu’à signer ses œuvres du nom de leur auteur.
Musiques

The Tree of Forgiveness

En avril 2018, à 71 ans, John Prine sort son 24e album, The Tree of Forgiveness, un peu sous le manteau. Treize ans qu’il n’avait rien produit. Résultat bluffant. “J’espère qu’on ne va pas se rendre compte que c’est la dernière fois qu’on se dit au revoir.”
Coloriage - Le floroquet © Philippe Mignon
Coloriage, Zoologie

Le floroquet

Cet oiseau n’a qu’un partenaire durant toute son existence et c’est Madame qui dépose dans les minuscules alvéoles du chef de son conjoint le précieux humus destiné à l’embellir. La suite est un bel et triste exemple d’amour conjugal…
Footbologies, une chronique de la Ligue 1 de Football, par Sébastien Rutés
Foot, Footbologies, Footbologies 2015-2016

J26 – Le déni de réalité

Le latéral du Paris Saint-Germain Serge Aurier a insulté ses coéquipiers et son entraîneur au cours d’un vidéo-chat public. Le lendemain, sa première ligne de défense fut de crier à la manipulation : la vidéo aurait été truquée. Plus tard, il a accepté les faits et présenté ses excuses. Ce qui frappe, c’est la similitude entre sa réaction initiale et celles qui sont la norme sur un terrain : le déni de réalité. On entend souvent dire que les footballeurs ne vivent pas dans la réalité. L’argent en serait la cause, qui les enfermerait dans une tour d’ivoire. Mais ne serait-ce pas tout simplement la société du spectacle qui le voudrait ? (Lire l’article)

Chroniques avéryennes, Écrans

L’irréductible Gaulois du cartoon

L’empereur du dessin animé s’appelle Walt Disney. Mais à son empire de bambis pelucheux et de mièvres cendrillons qui en est venu à conquérir la planète, s’est vite adjoint un groupuscule d’irréductibles cartoonistes qui se sont choisi un roi : Tex Avery. Cet anti-Disney, ce Walt qui aurait fumé la moquette, est coopté à l’unanimité par Bob Clampett, Preston Blair, Chuck Jones ou Bob Cannon : Avery a géré une fine équipe d’animateurs dévoués, pour produire, à raison de 4 ou 5 cartoons par an pendant plus de 20 ans, une extraordinaire série de dessins animés. (Lire l’article)