Une revue culturelle indépendante qui s’intéresse à tous les champs de la création et privilégie les choix tranchés, les chemins de traverse, explore les créations méconnues, les angles morts, pour dénicher l’improbable, voire le créer…
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Architecture
Si l’archi m’était contée

par Anne-Marie Fèvre
Escalier “Révolution” de Michel de BrouinDans la fastueuse « ville nouvelle » créée par Louis XIV trônent les futures gares du Grand Paris, des parcours historiques, de nouveaux bâtiments locaux, et des expositions menées par les écoles d’architecture et du paysage de Versailles. La première Biennale d’architecture et de paysage d’Île de France balance sur deux pieds, entre ville et nature. Des plus politiques et polémiques aménagements, aux projections plus rêveuses de jeunes concepteurs et artistes. (Lire l’article)

Audio / Podcasts
Le potes-cast next door,
ou quand le podcast met des mots simples sur la sexualité

par Stéphanie Estournet
Avec l’avènement du porn sur le Net, on avait vu la « girl next door » – cette fille qui ressemble à notre voisine de palier – passer devant les pros. Aujourd’hui, tout aussi innocemment, c’est au tour du podcast qui parle de sexe de s’emparer de ce concept de proximité. Vaste terrain d’expérimentation, le podcast autour des sexualités vit une jeunesse éclatante dans des formes et des thématiques plurielles. Un potes-cast next door qui entend porter une parole simple et bienveillante via des témoignages de quidams. Parmi les objectifs affichés : comprendre et se sentir compris, se débarrasser de la gêne, de la honte, des préjugés. Le tout dans une ambiance apéro intime. (Lire l’article)

Théâtre
Kelly Rivière remonte à la source

par René Solis
An irish story, spectacle de Kelly Rivière au théâtre de BellevilleÀ partir d’un secret de famille – un grand-père irlandais disparu dont personne ne veut parler –, Kelly Rivière, seule en scène, offre une hilarante pièce intime solidement construite. Dans sa quête des origines, elle passe sans cesse d’une langue (l’anglais) à l’autre (le français), jusqu’à brouiller les repères, comme si les barrières linguistiques étaient emportées par le flux de son histoire. (Lire l’article)

Ordonnances littéraires
L’École des soignantes pour ma dentiste
et toutes mes consœurs de médecine extralittéraire

par Sophie Rabau
La dentiste du Dr R. voit tout en noir quand elle pense au futur de la médecine extralittéraire et elle n’est pas la seule. Fort heureusement, la médecine littéraire a sous la main ce qu’il faut pour soigner ce malaise : L’École des soignantes, un traitement magistralement élaboré, aux laboratoires P.O.L., par le Dr Martin Winckler. Ce praticien complet, qui pratique la médecine extralittéraire et littéraire, a inventé un monde où soignantes et soignées se portent vraiment mieux. Utopie ? Par exactement : ce remède pourrait bien avoir une action directe sur notre présent médical.
(Lire l’article)

Les aventures de Tigrovich
Tu parles tigre, à présent ?

par Sophie Rabau
C’était Auguste tel qu’en lui-même, n’eût été son costume local, mais différent cependant, imperceptiblement, la stature, peut-être, plus altière que de coutume, et dans l’attitude quelque chose de fluidement souple. Mais c’était bien Auguste, à n’en pas douter, ses bras forgés par la culture de l’huître et le port du fusil, sa voix haute et sonore, et ses mains énormes, promptes à frapper. Il est rare, pourtant, qu’un citoyen du village de P. se laisse aller aux charmes du voyage en Orient, où la chasse au sanglier n’est guère répandue. Il est plus rare encore qu’un ressortissant de la France occidentale quitte le logis sans son épouse, habile à porter les casse-croûtes. Tout cela était vraiment bien surprenant. (Lire l’épisode)

Chroniques avéryennes
Droopy chez Bergson

par Nicolas Witkowski
Comprendre le rire chez Tex Avery, c’est d’abord revenir aux grands classiques. En l’occurrence Le Rire de Bergson (1900), ouvrage qui, malgré sa petite taille et son âge avancé, n’a pris d’autres rides que celles qu’impriment les zygomatiques. Bergson, qui n’est pas un rigolo, balance d'emblée une hypothèse fracassante : « Le rire, c’est du mécanique plaqué sur du vivant ». Ensuite, cela se gâte, car son sens moral lui inspire qu’au fond, le rire est peut-être un signal social adressé aux marginaux en situation irrégulière pour les inciter à rentrer dans le rang. La gravité d’un Buster Keaton, ou l’apathie de Droopy, seraient-elles les figures tragiques indiquant que le rire, au fond, n’est pas si drôle ? (Lire l’article)

Signes précurseurs de la fin du monde
The Pusher

par Édouard Launet
Il est 17 heures au bar-tabac de la Poste, à Saint-Pair-sur-Mer (Manche). Deux hommes entrent, la mine renfrognée. Ils s’avancent vers le comptoir en balayant la salle vide d’un regard torve.
– C’est vraiment terrible, les fins d’après-midi. Trop tôt pour l’apéro, trop tard pour tout le reste.
– C’est quoi tout le reste ?
– Tu ne comprendrais pas, René …
– Vas-y, dis-moi que je suis un con !
– Tu es un con.
– Merci. Et toi, Doudou, tu n’es qu’un vieux connard dépressif.
– Tu n’as probablement pas tort, René.
– Patron ! Deux blancs pour deux connards au bout du rouleau !
Le patron lève les yeux de son Paris Turf, se lève et se dirige lentement vers une bouteille de sauvignon. Il se ravise et sort pisser. (Lire la suite)

Choses revues
Les déboires d’Émile Dillout

par Pierre Hideux-Duchoult
Émile Dillout, 82 ans, viticulteur retraité vivant à Bussy-le-Repos dans l’Yonne (89), est un bricoleur de génie. Ses inventions font depuis longtemps la fierté de sa famille et suscitent la joie et l’émerveillement de tout le voisinage. Sa dernière marotte a pourtant bien failli lui coûter la vie. Depuis deux mois – dans son garage et dans le plus grand secret – il s’affairait sur un des tracteurs de l’exploitation familiale. Aux questions posées par sa femme et ses enfants, il ne répondait que : « Vous allez voir ce que vous allez voir ! ». (Lire l’article)

Guide
Les choix de délibéré

Toute vérité est-elle bonne à dire ? Lorsqu’un médecin découvre que les eaux curatrices de sa ville sont gravement polluées, il ne se pose pas la question, dénonce le scandale et se retrouve cloué au pilori par l’ensemble de la population, qui craint la ruine économique. Un ennemi du peuple est à l’affiche du théâtre de l’Odéon et aux catalogue des éditions Actes Sud dans la traduction d’Éloi Recoing. Théâtre également : dans les trois dernières pièces de Marie NDiaye, publiées chez Gallimard, le malentendu fonctionne comme ressort dramatique puissant, et face à la trivialité des situations, l’élégance de la langue se méfie des facilités du parler. Suivez le guide !