Le monde est devenu fou, chronique littéraire
L’homme de miel

par Nathalie Peyrebonne
« Mon cancer s’écrit myélome et je ne peux m’empêcher de penser “miel-homme”. Il me paraît plus doux, du coup, moins agressif. Grâce à lui, je me sens comme un héros Marvel. Je suis l’Homme de miel ». Vous l’aurez compris, c’est là l’histoire d’un combat contre la maladie. Mais ne fuyez pas. L’ouvrage est fait de textes aux allures de chroniques, ce sont celles du temps qui passe à une vitesse accélérée quand la mort se profile d’un coup assez nettement à l’horizon : « Ce qui ne te tue pas te rend plus fort, paraît-il. Je n’en suis pas persuadé […] Ce qui ne m’a pas tué m’a seulement rendu plus pressé ». L’Homme de miel, d’Olivier Martinelli (Christophe Lucquin éditeur) : un journal de bord qui se lit avec bonheur, celui d’un héros banal et déterminé qui, tranquillement, écrit, malgré la “tuile” qui lui est tombée dessus, parce que lui aussi a pris sa décision, celle de continuer : “Je courais avec ma tempête intime au cœur de mes os. Et j’avais pleine confiance”. (Lire l’article)

Théâtre
Dom Juan ou l’éloge de la lenteur

par René Solis
Marie-José Malis présente au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers un Dom Juan de Molière qui dure près de cinq heures sans entracte. Drôle d’idée que de ralentir à ce point les choses, comme si des vérités nouvelles devaient en surgir. Elle en est coutumière. La dilatation du temps fonctionnait bien dans Le Prince de Hombourg, qu’elle a monté en 2009 : la dimension somnambulique de la pièce et de son personnage principal s’y prêtaient. Pari réussi encore avec On ne sait comment de Pirandello, en 2011, traitée à la façon d’un cauchemar philosophique. Mais cela ne fonctionne pas à tous les coups… (Lire l’article)

Chefs-d’œuvre retrouvés de la littérature érotique
Chrétien de Troyes, Sodome et Gomorrhe

par Édouard Launet
Du Perceval de Chrétien de Troyes, œuvre de neuf mille vers écrite vers 1180 et restée inachevée, on ne connaît en général que son (excellente) adaptation à l’écran par Éric Rohmer, et/ou sa version en français moderne. On perd ainsi le sel de la langue originelle, et parfois même son sens. Le retour à la source réserve parfois quelques surprises. (Lire l’article) 

Théâtre
L’adieu aux FARC

par René Solis
Si la révolution n’est pas un dîner de gala, elle peut être une pièce de musée. En Colombie, l’un des principaux campements des FARC a été transformé par l’armée, après les accords de paix, en lieu de mémoire. Des soldats y jouent le rôle des guérilleros ou celui des otages. C’est le point de départ de La Despedida, le dernier spectacle du Mapa Teatro, qui clôt une trilogie consacrée à la violence en Colombie. (Lire l’article)

La branloire pérenne
Gaîté lyrique

par Gilles Pétel
Le 15 novembre 2017, les Australiens ont massivement voté en faveur du mariage pour tous. Hélas, le même jour, sous nos latitudes, la présidente par intérim de Sens commun, Madeleine de Jessey, déclarait sur les ondes de RTL que son groupuscule “ne renonce pas à être opposé à la loi” sur le mariage pour tous votée en 2013. Mais pourquoi la loi qui autorise les couples du même sexe à convoler en justes noces serait-elle une infamie ? Y aurait-il une bonne et une mauvaise sexualité ? Existe-t-il seulement une sexualité naturelle ?
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Expos
IKEA

par Gregg Ellis

Gregg Ellis est né aux États-Unis et vit depuis longtemps à Toulouse. Une fois par mois, délibéré expose une série de ses photographies. Ce mois-ci, tout commence par un coup de fil à Copenhague, histoire de proposer une série de photos à la marque suédoise. Mais d’abord, qu’est-ce qu’une photo IKEA ? Et puis pourquoi chez IKEA n’ont-ils pas voulu de celles-ci ? (Voir l’expo)

Gregg Ellis, série IKEA, #08