Quelque chose là-haut
La passion de Jeanne d’Arc

par Édouard Launet
Les faits que je vais relater, qui ne doivent pas être considérés comme des faits, se sont produits entre le 4 avril 2011 et le 15 juillet 2018. Impossible d’en donner une chronologie exacte car, entre ces deux dates, je n’ai pas toujours disposé de l’ensemble de mes facultés. La drogue, les cachets, la peur, parfois même la terreur. Il me faut tout d’abord remonter à l’année 1957 pour présenter l’un des principaux protagonistes de ces événements : moi. (Lire la suite)

La branloire pérenne
Des hommes sans qualités

par Gilles Pétel
La démocratie, répète inlassablement Tocqueville, c’est d’abord et surtout “l’égalité des conditions”. Il ne s’agit pas d’une égalité de richesse, à laquelle Tocqueville ne croit pas, mais d’une égalité en droits, telle qu’elle se trouve proclamée dans l’article 1 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : ”Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.” Il n’y a désormais, en théorie tout au moins, plus de privilèges, plus de classes ou de castes sociales détentrices de prérogatives qui seraient, en droit, refusées aux plus humbles. Chacun peut désormais aspirer aux fonctions les plus élevées. Il n’y a plus d’abîme entre le paysan et l’aristocrate. Il n’y a plus d’aristocratie. Une des conséquences de cette nouveauté inouïe est le développement des ambitions personnelles. (Lire l’article)

Danse
Maguy Marin, sans commune mesure

par Marie-Christine Vernay
Maguy Marin, Ligne de crête, 18e Biennale de la Danse de LyonEncore une fois, Maguy Marin frappe fort. Elle a ouvert avec fracas la 18e Biennale de la danse de Lyon. Dans Ligne de crête, Elle dénonce les manquements des politiques actuelles. Elle joue sur l’accumulation et la saturation, ménageant toutefois des chemins labyrinthiques pour les six interprètes qui s’emparent d’une partition chorégraphique millimétrée à devenir complètement dingues. Et réveille dans le fracas le désir de liberté. Un vrai bazar. (Lire l’article)

Signes précurseurs de la fin du monde
J’arrive où je suis étranger

par Édouard Launet
Signe de la fin des haricots selon l’islam : “Les femmes seront dévêtues tout en étant habillées.” Ce qui promet une fin du monde assez haute en couleurs. D’ailleurs le Prophète a prévenu : “La Fin du Monde n’aura pas lieu tant que les gens ne s’accoupleront pas en public dans la rue comme le font les ânes”, ce qui revient à dire que l’ultime jour sera une partouze comme on en a peu vu. Hélas, ce sera la dernière. Pour les chrétiens, l’Apocalypse se présente beaucoup moins bien. Dès que le septième sceau sera brisé, s’abattront sur la Terre tonnerre, éclairs, tremblements de terre, grêle et feu mêlés de sang, tout cela sur fond de trompettes au son nettement moins mélodieux que celle de Chet Baker. Mais sachez que l’Apocalypse est dans nos têtes… Chaque semaine dans délibéré, l’Apocalypse se décline en chansons. Cette semaine, c’est Jean Ferrat qui chante Aragon. (Lire l’article)

Ordonnances littéraires
Moi, ce que j’aime, c’est les monstres
pour Angela Merkel

par Katell Brestic
Emil Ferris, Moi, ce que j'aime, c'est les monstres (Monsieur Toussaint Louverture)L’été qui se prolonge invite à la torpeur et pourtant, le service de médecine littéraire a vu arriver cette semaine une patiente de tout premier plan en la personne de la chancelière allemande Angela Merkel. Victime du mandat de trop, elle évolue dans un milieu à risques qui pourrait voir survenir une nouvelle épidémie de peste brune. Pour la préserver des piqûres de nuisibles, nous lui avons prescrit l’époustouflante première œuvre d’Emil Ferris, Moi ce que j’aime c’est les Monstres. Attention, traitement addictif. (Lire l’article)

Les aventures de Tigrovich
Épiphanie d’un dompteur

par Sophie Rabau
Entre sciure et gloire, passion torride et labeur acharné, espoir et désillusion, satin rose et mer bleue, le Prince Tigrovich, tigre, prince et artiste, saura-t-il triompher des innombrables embûches qui guettent inévitablement l’artiste en chemin vers la beauté ? Chaque semaine dans délibéré, un nouvel épisode des aventures de notre héros. Il y a eu la tendre enfance en sa Taïga orientale native, le dur travail de l’huître chez les gentils humains qui l’avaient adopté.e en France occidentale, l’art, l’amour et la débauche au cirque Volkovitch-Romanès. Bref, Tigrovich se cherche, mais il a récemment trouvé sa voie et la solution à tous ses problèmes : il lui faut un dompteur et un dompteur ça se rencontre à Paris. Pour l’instant, l’artiste a chu en descendant du train. Il se remet au buffet de la gare… (Lire l’épisode)

Chroniques scarlattiennes
L’or du Brésil

par Nicolas Witkowski
Rosace d'un clavecin de Sébastien ErardDès le tout début du XVIIIe siècle, il est de notoriété publique, à Naples, que le fils d’Alessandro Scarlatti, Domenico, touche le clavecin mieux que personne. Alessandro le premier, qui écrit que son fils est un aigle qui doit déployer ses ailes. L’aiglon ira donc à Venise, puis à Rome, puis au Vatican. À l’académie d’Arcadie, il fait la connaissance du roi Jean V de Portugal, immensément riche de l’or et des diamants du Brésil, qui désire s’attacher les services de Scarlatti junior, 34 ans, pour sa cour de Lisbonne qu’il veut la plus illuminée d’Europe.
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