Toots Thielemans, dernière note

par Édouard Launet

L’harmoniciste belge Toots Thielemans est décédé dans son sommeil à 94 ans, le lundi 22 août 2016. On s’en remettra. On s’en remettra parce qu’il nous reste ses disques, avec dessus quelques unes des plus belles notes de l’histoire du jazz. Il n’est pas trop tard pour découvrir cet OVNI, né à Bruxelles sous le nom de Jean-Baptiste Frédéric Isidore. Ce musicien infiniment sensible et doué a joué avec Charlie Parker, Chet Baker, Miles Davis, Charlie Haden, Bill Evans, Ray Charles, Oscar Peterson, Joe Pass, Pepper Adams, Philip Catherine, Dizzy Gillespie, Ella Fitzgerald, Frank Sinatra, Elis Regina, et l’on en passe. Toots avait posé son harmonica il y a deux ans, se disant trop fatigué pour continuer à se produire sur scène. (Lire l’article)

Zur, Prochainement © Christophe Raynaud De Lage - Festival d'Aurillac 2016 - Une critique de René Solis dans délibéré

Aurillac en pleine forme

par René Solis

Soit, d’un côté, un festival dont le désordre public est la raison d’être, et de l’autre un contexte politique –l’état d’urgence– à la philosophie radicalement contraire. Le festival des arts de la rue d’Aurillac, qui s’est terminé samedi 20 août, a bien surmonté le dilemme, et ce n’est pas l’état d’urgence qui a gagné. Trente ans après sa fondation, en 1986, la manifestation se porte bien. C’est que les arts de la rue continuent d’inventer et de frapper fort, toutes générations confondues. (Lire l’article)

“Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change”

Footbologies, saison 2
par Sébastien Rutés

Le football est pure nostalgie. Pour le supporteur, il est lié à l’enfance. Le football, c’est la part du père, un souvenir heureux que ne démentent ni les malheurs ni les échecs ni la vieillesse. C’est la raison pour laquelle le temps s’y écoule différemment qu’ailleurs : de la même façon qu’on se sent toujours plus jeune que son âge, qu’on a toujours l’impression d’avoir vingt ans, le football du passé reste toujours présent. (Lire l’article)

Les cocus
de Bagdad

Une chronique mathématique
de Yannick Cras

L’histoire des cocus de Bagdad ne figure pas dans Les Mille et Une Nuits. Mais elle est un classique des problèmes de logique dont la solution repose sur un mode de raisonnement central dans les mathématiques, dit raisonnement par induction. Sommés par le Vizir d’acquitter un impôt sur leur infortune conjugale, les cocus de Bagdad mettent quarante jours avant de se présenter au Palais. Combien y en a-t-il, et pourquoi ont-ils attendu si longtemps pour se manifester ? Sachant qu’à Bagdad comme ailleurs, si vous êtes cocu, tout le monde le sait sauf vous… (Lire l’article)

Sous la vague pour Bernard Arnault

Une ordonnance littéraire
de Nathalie Peyrebonne

Tout ne va pas pour le mieux dans le royaume de Bernard Arnault car, c’est officiel, l’homme n’est plus le plus riche de France. De quoi envisager une sévère déprime pour celui qui, en 2014, gagnait 1 million d’euros par heure. Bon moment, sans doute, pour se mettre à la lecture : les éditions du Rouergue publient en ce mois d’août un roman d’Anne Percin, Sous la vague, dans lequel un milliardaire, Bertrand Berger-Lafitte, héritier et directeur des cognacs du même nom, s’en tape une, de déprime. (Lire l’article)

calavera

Sept histoires de la mémoire

par Paco Ignacio Taibo II

2. La petite fourmi

En me servant un coca glacé, j’ai découvert une petite fourmi qui flottait dans le verre. Deux options s’offraient à moi : la gastronomique, après tout, c’est des protéines, et hop j’avale ; ou la franciscaine : lui tendre un crayon pour l’aider à sortir. La deuxième option a pris le dessus et j’ai déposé le petit animal ivre sur le rebord de la fenêtre pour qu’il sèche au soleil, même s’il devait rester tout poisseux. J’ai lancé un regard aimable à la petite fourmi, qui était complètement bourrée au coca et j’ai bu une longue gorgée que j’ai savourée. (Lire la nouvelle)