X-Men – Apocalypse
Le vide et le trop plein

par Thomas Gayrard

De quelle apocalypse ce film est-il le nom ? D’une catastrophe de l’art et du récit, tant la saga qui avait si bien ouvert la voie à d’autres, Bryan Singer aux commandes, explose ici en plein vol… Ou comment l’imagerie numérique mainstream se révèle le kitsch du XXIème siècle, saturé de flux cosmiques colorés. Nous voici embarqués pour un voyage dans l’Invisible, à travers le temps et la psyché des hommes, entre tunnels dimensionnels et paysages mentaux. Mondes parallèles si surchargés de stimuli mais déserts d’enjeux qu’ils nous semblent des néants qu’on aurait remplis en vain, overdose du vide. Trop c’est trop, c’est-à-dire plus rien… (Lire l’article)

X-Men – Apocalypse. Une critique de Thomas Gayrard dans Délibéré.

L’incertitude nécessaire

par Yannick Cras

Le gouvernement a décidé d’opérer une coupe de 256 millions d’euros dans le budget de la recherche publique (faut-il voir dans cette puissance de 2 un hommage involontaire aux informaticiens ?). Cette baisse aura des répercussions partout où la science se fait en France. Car la recherche se mène sur le long terme et tenter d’infléchir sa course trop brutalement peut faire caler le moteur. Une coupe d’apparence minime peut entraîner par effet domino des conséquences bien plus importantes : c’est ce que l’on appelle une non-linéarité. Si je retire la touche ‘D’ de votre clavier, il vous en restera une grosse centaine mais vous perdrez beaucoup en productivité. (Lire l’article)

Les marcheurs de l’impossible

par Marie-Christine Vernay

Nous les avons vus arriver de loin. Ils étaient plutôt âgés, du moins à la retraite, et ils ont envahi les rues et le métro parisiens. L’allure fière, comme s’ils venaient de gagner la face nord d‘une montagne encore inconnue, ils allaient le pas sûr avec un équipement complet, des chaussures à la gourde, du sac à dos au podomètre. Renseignements pris sur ces marcheurs de l’impossible, notre considération bienveillante est retombée comme un soufflé servi trop tard. Ils sont de plus en plus nombreux et munis d’un vieux piolet retrouvé dans la cave et d’une paire de chaussures vaguement montagnardes. Nous avons décidé de les pister. Mal nous en a pris. (Lire l’article)

Comment Pierre Paulin 
est devenu Paulin

par Anne-Marie Fèvre

De ses sièges suaves et colorés à ses intérieurs en forme de tentes ou de cocons, le designer français Pierre Paulin (1927-2009) a conçu un monde de mobilier et de mini-architectures organiques qui ne renient pas le confort mais s’épanouissent comme des fleurs ou des igloos. Ce pragmatique si inventif n’a pas été reconnu en France avant les années 2000. Le Centre Pompidou lui consacre enfin une exposition qui retrace le parcours de celui qui ne revendiquait qu’un titre, celui de “dessinateur industriel”. (Lire l’article)

Délices de l’hypnose

par Édouard Launet

“Un homme hypnotisé sur son canapé par une émission de télé !” (France Bleu Gascogne). Ce soir-là, TF1 diffusait “Stars sous hypnose”, émission dont le titre résume à peu près l’ambition. À Parentis-en-Born, dans les Landes, un homme de 51 ans et sa femme regardaient s’agiter sur leur écran l’hypnotiseur de foire connu sous le nom de Messmer ainsi que diverses personnalités connues pour leur célébrité. Soudain la femme s’aperçoit que son mari a l’air ailleurs, il semble comme endormi les yeux ouverts. Coup de téléphone affolé au SAMU. Les secours arrivent et constatent ceci : la victime a été hypnotisée par le téléviseur. Quelques heures plus tard, le fait divers régale toute la presse. L’hypnotisé du canapé finit par reprendre ses esprits, sans séquelle apparente, et la presse repart fouetter d’autres chats. C’est dommage, il y avait encore beaucoup à dire sur le sujet. 
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Marie B. Schneider, Dans l'air, le fond, 2013, photographie, dim variables © Marie B Schneider

Faire salon

par Nina Leger

Changement de direction au Salon de Montrouge. Ami Barak, le nouveau commissaire, déclare son intérêt pour “le concept de scène émergente” et le traduit dans la scénographie de cette 61ème édition qui entretisse les travaux exposés. Résultat : des airs de famille apparaissent, qui rassemblent des œuvres dont on découvre avec surprise qu’elles ne sont pas de la même main. À mesure qu’on avance dans le parcours, celui-ci s’enrichit rétrospectivement : un type de forme revient, un nom déjà aperçu fait retour… Ce qui permet de relever, chez des artistes d’une même génération, des points de cristallisation communs. (Lire l’article)