Je me tais et je vais vous dire pourquoi
James Franco, salaud, le peuple aura ta peau

par Stéphanie Estournet
À l’un de mes amis qui envisage James Franco comme “le nouveau Travolta”, je dis tout le bien que je pense de cet acteur-réalisateur. Plus précisément, je “commente” : nous sommes en effet sur Facebook, à l’heure des échanges légers de fin de journée. Sa réponse : “En janvier 2018, dans le cadre des révélations qui suivent l’affaire Harvey Weinstein et à la suite de sa victoire aux Golden Globes, (…) James Franco est accusé par cinq femmes d’avoir eu un comportement inapproprié à leur égard et/ou de les avoir harcelées sexuellement.” Depuis la case cinéma, nous avons atterri directement à la case #MeToo. Il n’est pas question ici de défendre James Franco des accusations de harcèlement dont il fait l’objet. Mais peut-on éviter les “je condamne donc je suis”, voire “je fais plus de bruit que vous donc je vous enterre tous” ? Par exemple faire un truc fou comme discuter de certains sujets en privé et choisir de ne pas les aborder sur les réseaux. (Lire l’article)

Ordonnances littéraires
Elsa Dorlin pour Antigone

par Sophie Rabau
En butte à l’obstination d’une direction servilement docile aux consignes ministérielles, le service de médecine littéraire a voté à l’unanimité l’occupation de son lieu de son travail. Mais voici qu’arrive une jeune activiste antique, Antigone, dont la délicate pathologie (soumission dans l’insoumission) requiert tous les soins de la Dr R. Le traitement choisi (Elsa Dorlin, Se défendre. Une philosophie de la violence, La Découverte, 2018) fera-t-il son effet ? La Dr R. gagnera-t-elle par le fait le cœur de Gladys du service de chirurgie poétique et l’estime de ses consœurs ? Et surtout le service parviendra-t-il à tenir l’occupation tout en dégustant ses merguez syndicales ? (Lire l’article)

La branloire pérenne
Sens dessus dessous

par Gilles Pétel
Le tableau d’un déclin du pouvoir politique en matière économique et financière s’accompagne d’un second tableau tout aussi inquiétant : le regain du rôle de l’État cette fois-ci en matière de vie privée et de libertés individuelles (abaissement de l’âge de la détention provisoire et de la majorité pénale, fichage génétique créé d’abord pour lutter contre les crimes sexuels puis étendu à d’autres délits, vidéo-surveillance, prise en nasse des manifestants par les forces de l’ordre…). Nos démocraties nous donnent le spectacle d’États faibles face aux grands groupes financiers ou face aux entreprises géantes comme Google mais puissants face à des individus de plus en plus démunis : on ne saurait rien imaginer de pire, écrit à quelques mots près Tocqueville à propos du nouveau despotisme qu’il voit surgir à l’horizon des démocraties modernes. (Lire l’article)

Design
Martin Szekely, la constance de l’essentiel

par Anne-Marie Fèvre

Le designer français expose “Construction” au Musée des arts décoratifs et de design de Bordeaux, dans les salles de l’ancienne prison. Il a trouvé là le lieu idoine pour faire dialoguer quelque 40 pièces limpides et les pierres brutes des murs. Un éloge de la simplicité des meubles, née d’une complexité technologique équilibriste et invisible, menée avec artisans et petites entreprises. Le minimum face aux excès, le silence loin du vacarme. (Lire l’article)

Portraits de voix lyriques
La voix de Romain Dayez, baryton

par Sophie Rabau
Un chanteur ou une chanteuse lyrique ne dit pas ma voix mais la voix. D’un chanteur ou d’une chanteuse lyrique on ne dit pas que sa voix est belle, mais que la voix est belle. La voix qu’ils travaillent et laissent venir est toujours unique, d’un corps à l’autre, d’un jour à l’autre. Mais elle n’est jamais possédée. À la voix qui se prête à leurs corps, ils prêtent leurs noms. Cette semaine, portrait de la voix de Romain Dayez, baryton : fleuve large comme un champ de coton, granit, ardoise… (Lire le portrait)

Musique
Johnny Cash dans le texte

par Dino Di Meo
L’homme en noir n’est plus depuis quinze ans mais une poignée de musiciens de renom vient de le faire revivre. John Carter Cash, fils de John Cash et June Carter, dévoile une série de poèmes et de lettres écrites par l’auteur de Folsom Prison Blues. Ces textes extraits de The Unknown Poems, volume non publié des écrits de Big John, mis en musique et interprétés par plusieurs de ses plus talentueux disciples, forment la matière de Johnny Cash Forever Words, disque de toute beauté. (Lire l’article)

Chefs-d’œuvre retrouvés de la littérature érotique
Serge Gainsbourg, l’amour complexe

par Édouard Launet
Avant de devenir Serge Gainsbourg, Lucien Ginsburg fut pianiste de bar. Il travaillait l’été dans les station chic, en particulier au Touquet où, à la fin des années 50, il a tenu les ivoires du Flavio, un restaurant qui, aujourd’hui encore, chérit les quelques reliques que l’homme à la tête de chou y a abandonnées derrière lui. La plus précieuse est une partition griffonnée à la hâte (un calypso) avec au dos le texte d’une chanson intitulée L’Amour complexe. En voici le début… et les suites. (Lire l’article)

Guide
Les choix de délibéré

Qu’on se le dise : les libraires ne se cachent plus pour mourir. Mais il est encore temps d’en sauver. Le métier de vivre, c’est à Notre-Dame-des-Landes qu’on le pratique. Grâce et gaieté chez Christophe Honoré. À la BNF, l’architecte Dominique Perrault sonde l’épiderme du sol. Architecture encore :  qui n’est pas l’auteur du viaduc de Millau mais des dragons de Niort ? Mai 68, c’est l’architecture aussi. La traduction théâtrale, ça se fête. La poésie, c’est pour sortir de l’abîme. La littérature aussi. Et l’humour n’en parlons pas…
Suivez le guide !

 

Expos
Eighty Two Hundred One

par Gregg Ellis

Gregg Ellis est né aux États-Unis et vit depuis longtemps à Toulouse. Une fois par mois, délibéré expose une série de ses photographies.
Certaines maisons aux États-Unis épèlent en toutes lettres le numéro de leur adresse. “Eighty Two Hundred One”, qui veut dire “Quatre-Vingt Deux Cent Un”, est une drôle de manière d’écrire “8201”, que le photographe décline cette semaine en huit diptyques qui sont autant de variations en images sur ces lettres chiffrées, cette adresse insolite à laquelle tous les chemins semblent mener.    
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