Les aventures de Tigrovich, tigre, prince et artiste
Jeunesse de Tigrovich

par Sophie Rabau
Arraché dès l’enfance aux douces griffes de sa mère, déplacé des steppes sauvages de la Taïga orientale vers les grossiers rivages ostréicoles de la France occidentale, tigre mais humain, mâle et femelle tout autant, le Prince Tigrovich suit sa vocation d’artiste de cirque, seule étoile brillante dans la nuit de son destin tourmenté. Entre sciure et gloire, passion torride et labeur acharné, espoir et désillusion, saura-t-il triompher des innombrables embûches qui guettent inévitablement l’artiste en chemin vers la beauté ? Pour le savoir, ne manquez pas un épisode des aventures de Tigrovich, tigre, prince et artiste, chaque semaine dans délibéré ! (Lire le deuxième épisode : « Jeunesse de Tigrovich »)

Festival d’Avignon
François Chaignaud, furieusement Orlando

par Marie-Christine Vernay
Romances inciertos : un autre Orlando, plus qu’une prouesse physique et technique, est un voyage au pays de la métamorphose et du travestissement. François Chaignaud passe d’un personnage à un autre tout en restant lui-même, sans rôle, sans incarnation. Il surgit, dans un douillet bien qu’inquiétant petit salon qui lui sert de scène de cabaret, en soldat casqué mais désarmé qui est en fait une femme, La Doncella guerrera. La guerrière sans épée se noiera pour ne pas démasquer son identité féminine. Une autre Jeanne d’Arc, comme le danseur soliste est ici un “autre Orlando”. Mais déjà nous voici ailleurs… San Miguel arrive dans un costume jaune-orangé pour interpréter un extrait d’une zarzuela baroque de José de Nebra. Cette pièce est un bouillonnement, un venin, une insurrection, une gâterie… (Lire l’article)

Festival d’Avignon
La possibilité d’un DeLillo

par René Solis
Joueurs, Mao II, Les noms. Texte: Don DeLillo, traduit par Marianne Véron et Adelaïde Pralon, adaptation et mise en scène Julien Gosselin. Photo © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'AvignonEncore un marathon organisé par Julien Gosselin, qui s’attaque cette fois à trois des romans majeurs de Don DeLillo. Inégal, moins maîtrisé que son adaptation du roman de Roberto Bolaño 2666, ce spectacle est aussi plus intéressant. C’est que les fils narratifs sont moins faciles à suivre, tant le style de DeLillo, riche en ellipses et surtout en silences suppose des lecteurs qui acceptent de s’égarer en chemin. La scénographie d’Hubert Colas est une boîte fermée – un grand livre au cœur duquel on se retrouve. On en retiendra de grands moments d’humour, de mélancolie, de cruauté, de complexité. (Lire l’article)

La branloire pérenne
En vacances

par Gilles Pétel
La peur que notre société éprouve à l’égard du chômeur, du migrant, du sans domicile fixe, du vagabond et du romanichel vient sans doute de ce que ces catégories échappent, au moins en partie, au contrôle de l’État. La grande question qui revient sans cesse à propos des chômeurs est de savoir ce qu’ils font tout au long de la journée. À quoi s’ajoute la question de savoir où ils vont. Se promènent-ils ? Les vacances devraient nous délivrer au moins une fois l’an des chaînes du travail. Elles devraient être un temps de liberté et de désordre. Éloigné des centres de contrôle (usine, entreprise, atelier, administration), l’homme devrait pouvoir souffler un peu et faire ce qui lui plaît, aller où ça lui chante, avec qui il l’entend ou bien seul s’il le préfère. Un rapide coup d’œil sur l’organisation des congés payés montre que nous sommes loin d’une pareille liberté. Nos vacances sont en effet très surveillées. (Lire l’article)

(No-)go zone
Yeehaw !

par Sébastien Rutés

No doubt, la Goutte d’Or, c’est la no-go-zone, les chiffres sont là, no trespassing, les statistiques, go away ! Mais, revers de la médaille, la zone de non-droit a justement cet avantage qu’on ne s’y embarrasse guère des lois. Goutte d’Or aux deux facettes : la liberté pour contrepartie de l’insécurité. Les Américains n’y sont pas sensibles ? Il est loin le temps de la conquête de l’Ouest… (Lire l’article)

Ordonnances littéraires
“Gros” n’est pas un gros mot pour Babar

par Sophie Rabau
Il est vert, il est gras, mais ce n’est pas une des plantes que le Dr P. entretient soigneusement dans les couloirs du service de médecine littéraire. C’est Babar l’éléphant dans son costume vert. Babar croit souffrir d’obésité. Il souffre en fait de grossophobie et nous en souffrons tous. Ce mal a la particularité d’être aggravé parfois par les médecins eux-mêmes, lorsqu’ils prescrivent une chirurgie mutilante ou des régimes inefficaces voire dangereux. Mais la Dr R., toujours au fait des dernières avancées de la médecine littéraire, préconise un nouveau protocole mis au point Daria Marx et Eva Perez-Bello et intitulé “Gros” n’est pas un gros mot. Si vous n’êtes pas encore vacciné contre ce mal terrible et invisible, lisez vite cette ordonnance : un remède peut vous sauver de la haine contre soi et contre autrui. (Lire l’article)

Festival d’Avignon
Milo Rau ou les vertiges de la tragédie

par René Solis
La Reprise, spectacle joué jusqu’au 14 juillet 2018 au festival d’Avignon, revient sur le meurtre homophobe et raciste d’Ihsane Jarfi. Ce n’est ni une enquête, ni une reconstitution, ni un mausolée à la mémoire de la victime. Ce que met en scène Milo Rau, c’est moins l’histoire que le rapport à cette histoire. Regarder la tragédie et non le fait divers, voilà ce qu’il propose. Il y a de la tristesse dans ce spectacle. Et de l’intelligence. (Lire l’article)

Entomologie photographique
Daniel

par Gilles Walusinski
Tu ne t’appelles certainement pas Daniel, toi le marchand de balais de Mendoza. Daniel c’est ton photographe, que j’ai rencontré chez Agathe Gaillard, l’amie qui tenait la première galerie réservée à la photographie, ouverte à Paris en 1975. Daniel Barraco est né le 23 janvier 1956 à Mendoza, en Argentine. Le premier travail important, qu’il montre en arrivant à Paris, il l’a baptisé Le truc de perdre l’enfance. Il est retourné vivre à Mendoza dans les années 2000. Il s’est remis à dessiner et surtout à écrire. Et il est devenu éditeur.
(Lire le portrait de Daniel Barraco)

Livres
Parler vraiment, c’est mettre le monde à l’envers

par Juliette Keating
Dans ses romans comme dans ses récits, Leslie Kaplan place la parole au centre de toute création. L’action vraie est d’abord et avant tout langage, et pas seulement dans la fiction. La parole et son rapport à la Révolution, c’est le sujet de la conférence interrompue qu’elle a donnée au Centre international de Cerisy-la-Salle en septembre 2017, publiée récemment aux éditions P.O.L sous le titre Mai 68, le chaos peut être un chantier. “L’empêchement de penser est caractéristique du silence d’aujourd’hui”, dit Leslie Kaplan. Dès lors, comment peut-on encore parler et se parler quand la puissance des mots s’épuise dans le contrôle total du sens ? (Lire l’article)

Danse
Ladies and gentlemen and all the others

par Aurore Braconnier

La lumière éclaire doucement la pièce et une femme apparaît. À moins qu’il ne s’agisse d’un homme ? Au Festival Montpellier Danse qui s’est récemment achevé, plusieurs chorégraphes – Paula Pi, Sorour Darabi et Sylvain Huc – exploraient à leur manière la question du genre et de l’identité, retournant et détournant les clichés. (Lire l’article)

Gay Pride
Vive la République !

par Gilles De Coninck
“Transgenres, travestis, gays, lesbiennes, fétichistes de tous poils, la République est heureuse de pouvoir vous accueillir en son sein. Les temps où vous étiez pourchassés tels des pestiférés sont maintenant révolus et c’est au nom de citoyennes et de citoyens de plein droit que je m’adresse à vous. Vous êtes la dignité de la République. Grâce à vous, le pays a retrouvé le goût de l’insurrection qui présida à notre grande Révolution. Quoi de plus beau, de plus élevé que vos chars paradant dans les rues de Paris animées par une foule en liesse. Votre Gay Pride, qui est aussi notre fierté, ressuscite cet idéal de liberté morale qui veut que chacun voit en l’autre son prochain. Vous méritez notre respect. Vous méritez votre bonheur. Et maintenant place à la fête ! Que tout le monde s’embrasse !” Dont acte. (Lire le texte)

Reprises d’Alain Robbe-Grillet
Jalousie tropicale

Entretien avec Lison Noël et Julie Mendez
Membre fondateur de la Tropicool Company, Florian Viel travaille, à travers de nombreux médiums, sur un thème unique : les tropiques et la manière dont le regard occidental les perçoit. Jusqu’au 8 juillet, il présente une fresque intitulée Aperçu du sous-bois, dans le cadre de l’exposition « Sous les pavés, les arbres », au café Le Palmier d’Aubervilliers. (Lire l’article)
Expos
Assurance Divine

par Gregg Ellis

Pour le 9e et dernier épisode de la saison 1 des séries photographiques de Gregg Ellis, offrez-vous un abonnement pour l’éternel, une assurance divine.

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