Chefs-d’œuvre retrouvés de la littérature érotique
Jules Verne, au rayon X

par Édouard Launet
Chaque semaine, Edouard Launet révèle et analyse un inédit grivois ou licencieux, voire obscène, surgi de la plume d’un grand écrivain. Au programme : Proust, Hugo, Guitry, Jane Austen, Henry James, les frères Grimm et des dizaines d’autres auteurs que l’on n’attendait pas dans ce registre. C’est Jules Verne qui ouvre le feu. Les lecteurs de Vingt mille lieues sous les mers ignoraient que la bibliothèque du Nautilus possédait un imposant rayon de livres érotiques. Ils l’ignoraient parce que Jean-Jules Hetzel, l’éditeur de Jules Verne, faisait la chasse dans les manuscrits de son ami à tout ce qui avait trait à la sensualité et même à l’amour, et qu’il a coupé d’autorité les paragraphes où l’écrivain faisait un inventaire gourmand du rayon rose du capitaine Nemo. Fort heureusement, un éminent vernien est parvenu à retrouver une version du manuscrit où figure le passage manquant. (Lire l’article)

Le coin des traîtres
Cannibalisme et traduction :
Nabokov traducteur
de Nabokov

par Chiara Montini
Dmitri Nabokov : un traducteur dont la fidélité allait jusqu’à l’homonymie. Sa ressemblance physique à son père était, elle aussi, frappante. Tout le monde ne sait pas – les traducteurs sont invisibles – que Dmitri Nabokov (1934-2012) fut l’un des traducteurs les plus assidus de l’œuvre de Vladimir Nabokov (1899-1977). Et cela non seulement du vivant de l’auteur : Dmitri sera un exécuteur testamentaire inspiré. Inspiré par son père lui-même qui, à ses dires, l’accompagna toujours, en lui soufflant les bonnes décisions à prendre. L’occasion d’aborder sous l’angle des rapports père-fils la question de la traduction ou, plus précisément, du cannibalisme en traduction. (Lire l’article)

Danse
La leçon de danse de Jérôme Bel
à l’Opéra de Lyon

par Marie-Christine Vernay
Une pièce de William Forsythe, une autre de Trisha Brown et une création de son cru : le chorégraphe Jérôme Bel revisite avec le Ballet de Lyon un pan de l’histoire de la danse contemporaine. Une création pour le moins déconcertante. Pour les spectateurs, comme pour les danseurs… (Lire l’article)

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Ordonnances littéraires
Deux livres pour
être moins seul·e·s dans le bourbier

Gilda Fiermonte
De nos jours, les femmes bossent, les hommes aussi, ou ils chôment mais provisoirement, les logis sont petits, les humains sont mobiles par choix ou par implication professionnelle subie, et, éloignés, les vieux parents trinquent. Ils n’ont pas même, du moins en France, le droit de choisir de mourir dignement. Si ce fardeau prévisible vous échoit, vous trouverez réconfort et idées concrètes pour tenir, dans deux ouvrages parus récemment: Le Sas de l’absence de Claude Pujade-Renaud (Actes Sud/Babel) et Est-ce qu’on pourrait parler d’autre chose ? de Roz Chast (traduction d’Alice Marchand, Gallimard Jeunesse). (Lire l’article)

Musique
Van Morrison,
encore plus bleu

par Dino Di Meo
Roll with the punches : et de 37 albums pour Van Morrison. Le chanteur de Belfast, âgé de 72 ans, caresse encore les classiques du blues et de la soul avec la même passion. Il n’a plus la voix de ”Gloria” bien sûr mais, Stetson vissé sur la tête, il chante comme si les années l’avaient épargné, déformant les syllabes comme on tend une corde de guitare. Son album Roll on with the punches sort dans les bacs le 22 septembre. (Lire l’article)

S’il vous manque une case…
Lapi-not dead at all

par Didier Ottaviani

Après avoir été laissé pour mort dans le dernier album de la série des “Formidables aventures de Lapinot”, le héros éponyme de Lewis Trondheim est à présent ressuscité, pour le plus grand bonheur de ses fans. Ce n’est pas seulement le célèbre lapin que nous avons le plaisir de retrouver mais aussi ses amis, l’immature Richard, Titi ou Pierrot, dans une histoire où le fantastique se mêle à une lecture de notre société contemporaine et de ses dérives, qu’il s’agisse du terrorisme ou des sites de rencontre pour célibataires. C’est surtout l’occasion de découvrir, pour ceux qui ne le connaîtraient pas déjà, un des plus grand auteurs de la BD française contemporaine. (Lire l’article)

Histoires
L’espion aux sept maisons

par Paco Ignacio Taibo II
Je découvre en lisant le livre de Louise Michel La Commune. Histoires et souvenirs une remarque intrigante : « Vaysset qui pour mieux conspirer avait sept domiciles à Paris ». Je n’ai jamais entendu parler du dénommé Vaysset, mais le fait qu’il ait eu sept domiciles me semble une exagération, même pour un espion versaillais et anti-communard. Je me dis qu’il doit s’agir d’une métaphore sortie de la plume merveilleuse de Louise Michel. Piqué quand même par la curiosité, je me rends au garage où se trouve l’étagère de ma bibliothèque contenant les livres sur la Commune et j’y recherche le nom de Vaysset… (Lire l’article)

Expos
Séries photographiques

par Gregg Ellis

Gregg Ellis est né aux États-Unis et vit depuis longtemps à Toulouse. Une fois par mois, délibéré expose une série de ses photographies. Première série cette semaine : La thèse. Photos extraites de sa première exposition, sujets centrés, formalisme… La thèse comme « une étape par laquelle on doit passer pour parvenir à autre chose ». 
(Voir l’expo)

© Gregg Ellis, La thèse #10