(No)-go zone

par Sébastien Rutés et Thomas Gayrard
Goutte d’Or–Barbès, quartier-monde, oxymore urbaine, marge au cœur de Paris. Capitale du Maghreb et d’Afrique Noire, ouverte à tous les flux, aux trafics de tout et de partout, mais aussi “cité interdite” où nombre de Parisiens n’entrent pas. Escale pour les migrants en route vers l’ailleurs et terminus pour naufragés de la vie. Quartier d’Histoire, patrimoine au bulldozer, images du vieux Paris à l’opposé du cliché d’une population jeune et dépourvue de racines. Enclave en mutation, phobie du “grand remplacement” et fantasme de boboïsation, exclusion et gentrification sur le même trottoir. Jamais aussi attractif que depuis qu’il a été déclaré “no-go zone”. Des paradoxes pour identité, le métissage, la constante et nécessaire réinvention de soi comme culture. Un quartier où s’expérimente ce que nous sommes destinés à devenir, à l’échelle d’une ville et d’un pays. Vu au quotidien par deux de ses habitants. (Lire la chronique)

(No)-go zone
Corée du Nord

par Sébastien Rutés
 La Goutte d’Or, c’est un peu comme la Corée du Nord. En général, on n’y pense pas. Mais, de temps en temps, un missile en part, qui va s’abîmer au milieu de l’océan. Alors, le monde se sent menacé et regarde vers la Corée du Nord, le temps d’une petite crise diplomatique. Et puis les choses se calment, le monde se lasse et les Coréens retournent à leur isolement. Périodiquement, on redécouvre la Goutte d’Or. La première fois, ce fut un feuilleton d’Émile Zola qui fit frémir les bourgeois. Un demi-siècle plus tard, les émeutes des Algériens faisaient le bonheur de la presse à sensation. Récemment, un vieux fou qui attaque le commissariat armé d’un hachoir ou un jeune fou qui fait brûler un immeuble rue Myrha par amour des camions de pompiers. À croire qu’il y a ici plus de fous qu’ailleurs… (Lire l’article)

Chefs-d’œuvre retrouvés de la littérature érotique
Svetlana Savitskaïa, journal de débords

par Édouard Launet
Voilà plus d’un demi-siècle que l’homme et la femme voyagent dans l’espace, et voilà plus d’un demi-siècle qu’ils en reviennent vierges : officiellement, aucun rapport sexuel n’a jamais eu lieu à bord d’un vaisseau spatial. Oui, mais officieusement ? Une rumeur insistante prétend que, lors d’un séjour en 1982 sur la station Saliout-7, la cosmonaute russe Svetlana Savitskaïa a atteint le septième ciel avec un de ses collègues. L’intéressée a toujours nié. Mais, l’an dernier, elle a entrepris d’écrire ses mémoires et, stupeur !, des galipettes spatiales s’y trouvent bel et bien évoquées. (Lire l’article)

Théâtre
Au fond du trou, l’Europe

par René Solis
1993, le spectacle que met en scène Julien Gosselin avec des acteurs tout juste sortis de l’École du Théâtre national de Strasbourg, interroge les racines d’un malaise européen, à partir de deux symboles : le tunnel sous la Manche et l’accélérateur de particules du CERN à la frontière franco-suisse. Le texte du spectacle, signé Aurélien Bellanger, reprend aussi des extraits de La Fin de l’histoire, l’essai de Francis Fukuyama. (Lire l’article)

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Le coin des traîtres
Un métier de survivants

par Miguel Ángel Petrecca, Guillaume Contré, Ariel Dilon, Edgardo Scott
Le mercredi 6 décembre 2017, l’écrivain et traducteur Miguel Ángel Petrecca, réunissait autour de lui à la librairie Cien Fuegos, à Paris, deux autres traducteurs argentins – Ariel Dilon et Edgardo Scott – et un traducteur français – Guillaume Contré – pour parler de traduction. Le thème de leur échange : traducteur, un métier de survivants ? “Le traducteur survit à ses propres incertitudes, à la sensation de ne jamais en faire assez même s’il fait de son mieux. Tout ce qu’une langue contient ne peut être transféré à une autre. Voilà pourquoi une traduction est un autre livre, la fidélité est impossible. Mais il y a aussi du plaisir à trembler, à vibrer au rythme d’une musique que l’on sent proche”… (Lire l’article)

Guide
Les choix de délibéré

Un tunnel de lumière, un cabinet d’alchimiste, des aiguilles aimantées, une plaque vibrante, etc.: toutes ces œuvres d’art numérique ont en commun de faire intervenir dans leur conception un hasard maîtrisé. Le résultat est une exposition époustouflante. Un homme, un chien et un cheval blanc au milieu d’une friche entourée de hautes tours méritent également le coup d’œil. Et puis aussi la révolte de ceux qui n’ont fait ni la guerre, ni la révolution, ni rien du tout. Un réalisateur qui ne prend pas son spectateur pour un idiot. Un photographe qui célèbre la liberté. Des architectes qui vous ouvrent les portes de l’élégance au-delà des apparences. Allez voir, vous verrez bien… Suivez le guide !

Expos
10 diptyques

par Gregg Ellis

Gregg Ellis est né aux États-Unis et vit depuis longtemps à Toulouse. Une fois par mois, délibéré expose une série de ses photographies. Ce mois-ci, pas de texte, rien que des images, vingt photos, deux par deux.
Voir l’expo

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