Guide
Les choix de délibéré

Fêter l’année du chien avec les grosses têtes de Benoît+Bo, c’est possible à Paris. À Avignon, c’est grimpette et plongeons, en équilibre malgré les gamelles. Pour passer des gestes ouvriers au mouvement low cost, des bêtes de scène un peu ridées à un opéra chorégraphique, c’est à Dijon qu’il faut aller. Pour en finir avec les diktats de la soi-disant féminité, il y a Ovidie et Diglee. Pour vivre vieux, mieux vaut éviter de se prendre au sérieux. Un tunnel de lumière, un cabinet d’alchimiste, des aiguilles aimantées, une plaque vibrante : de l’art numérique au service d’un hasard maîtrisé. Et des séries 100% addictives. Il a encore de quoi faire et voir cette semaine… Suivez le guide !

Le nombre imaginaire
Le livre
qui parlait chinois
et autres contes

par Yannick Cras
Existe-t-il, à l’heure actuelle et où que ce soit sur Terre, ne fût-ce que l’embryon d’une conscience au plus profond d’un programme d’intelligence artificielle ? Une conscience « artificielle », est-ce possible ? Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Et si c’est possible, pourrions-nous la créer ou l’éradiquer selon notre bon vouloir ? Deux camps s’affrontent sur ce sujet, depuis des siècles si l’on remonte sa filiation aux controverses quant à la nature de l’âme. À l’heure actuelle, nous trouverons à un extrême les prophètes de la singularité, et à l’autre les héritiers de John Searle et de sa chambre chinoise. Au milieu, nous trouverons Douglas Hofstadter et Daniel Dennet, aux côtés desquels je me range. (Lire l’article)

Chefs-d’œuvre retrouvés de la littérature érotique
À poêle Landru !

par Édouard Launet
Henri Désiré Landru fut un grand séducteur, un petit escroc et un auteur pas inintéressant. Cette dernière qualité reste méconnue. Il suffit pourtant de se pencher sur les carnets du tueur en série — conservés aux archives de la Préfecture de police de Paris — pour s’apercevoir que cet homme avait un étonnant sens de l’humour servi par une belle plume. Dans le petit carnet noir où Landru a consigné les noms des 283 femmes qu’il a séduites durant sa « carrière », on trouve quelques lignes charmantes sur les attraits de telle ou telle. À l’humour, il ajoutait l’imagination du romancier. Tout au long de sa carrière d’escroc, il se présenta à ses victimes sous plus de quatre-vingt-dix pseudonymes différents ; les femmes qu’il séduisit le connurent sous le nom de Diard, de Cuchet, de Frémyet, de Petit, de Forest, de Barzieux, de Guillet, et l’on en passe. Ces perpétuels changements d’identité le contraignirent à jongler avec des vies fictives et de fausses pièces d’état civil : ainsi commence toute carrière d’écrivain. (Lire l’article)

Le coin des traîtres
Traduire n’est pas / ne doit pas être
autre chose que créer

par Luz Pichel
Et l’inattendu est survenu, la surprise qui te saisit toujours quand la poésie surgit : je pouvais inventer n’importe quel mot, j’étais libre, il n’y avait pas de normes, j’habitais la frontière de tous les croisements où les mots résonnent de toutes les couleurs imaginables. Ma vengeance était enfin venue : le castrapo, cette langue misérable, cette chose inutilisable, pouvait me servir à écrire l’un de mes meilleurs livres. (Lire l’article)

Danse
Paysages de danse à Liège

par Marie-Christine Vernay
Pour sa 7e édition, le festival Pays de danses proposé par le Théâtre de Liège (Belgique) éclaire plein feux l’Afrique du Sud post apartheid. La manifestation collabore pour cette occasion avec les centres culturels voisins et n’oublie pas les créations de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Une opportunité pour visiter le nouveau théâtre (si ce n’est déjà fait) inauguré en 2013, une merveille architecturale en plein centre ville. Au programme du festival notamment : Essensure, de la compagnie Be Fries, un trio en devenir. (Lire l’article)

(No-)go zone
Franciade

par Sébastien Rutés
À l’angle des rues Saint-Bruno et Saint-Luc, juste en face de l’école maternelle où s’alignent les trois mots de la République, on a tagué à l’encre noire : “La France est annulée jusqu’à nouvel ordre”. Je vais prendre ma photo, un monsieur fait de même avec son téléphone portable. En me montrant une voiture de la mairie stationnée le long de l’église, il confesse : “Moi, c’est pour le faire effacer”. Il a l’air un peu gêné. “Moi, c’est pour m’en souvenir.” Il sourit, l’air complice. Si ça ne tenait qu’à lui… (Lire l’article)

Expos
10 diptyques

par Gregg Ellis

Gregg Ellis est né aux États-Unis et vit depuis longtemps à Toulouse. Une fois par mois, délibéré expose une série de ses photographies. Ce mois-ci, pas de texte, rien que des images, vingt photos, deux par deux.
Voir l’expo

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