S’il vous manque une case
“On n’est pas couché” dehors…

par Didier Ottaviani
À coucher dehors © Aurélien Ducoudray et Anlor – Bamboo Édition 2016-2017Prie-Dieu, La Mergez et Amédée, sont des clochards établis sur les quais de Seine, jusqu’au jour où ce dernier apprend qu’il est l’héritier de sa tante Adélaïde, qui lui lègue son pavillon en banlieue. Mais il ne pourra occuper ce domicile fixe que s’il prend en charge son neveu Nicolas, un jeune trisomique fasciné par Gagarine et les étoiles. Les fugues de de Nicolas ou les frasques des amis plus ou moins honnêtes des SDF seront les moteurs d’une odyssée citadine où s’accumulent les rencontres de personnages hauts en couleur, sans jamais tomber ni dans le pathos larmoyant ni dans la glorification idéalisée de la marginalité. (Lire l’article)

La branloire pérenne
L’imbroglio catalan

par Gilles Pétel
Ce qui se passe en Catalogne paraît sans doute surréaliste aux yeux de nombreux Européens habitués à vivre en paix au sein de leurs frontières. Or voici que de l’autre côté des Pyrénées se produit l’inimaginable : un peuple ou une région ou encore une communauté réclame le droit à l’autodétermination et menace de faire bientôt sécession. La violence a déjà commencé, le spectre de la guerre civile est invoqué par certains. Mais ce que revendiquent les Catalans est- il légitime ? “Respect du principe de l’égalité des droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes”, précise l’article 1 de la Charte des Nations Unies. Cette règle de droit n’est évidente qu’en apparence. Qu’est-ce qu’un peuple en effet ? (Lire l’article)

Le coin des traîtres
Barouf pour nibe !

par Serge Valletti
Je ne sais plus pourquoi je m’étais mis en tête de traduire la pièce de Shakespeare Much Ado for Nothing, je crois me souvenir qu’il y avait un projet de représentation possible au Festival de Grignan et je me suis plongé dans ce travail avec le plus grand bonheur. Je m’étais souvent demandé comment le fils de Victor Hugo, François-Victor, avait pu avoir le courage et l’énergie de traduire toutes les pièces de Shakespeare, il y en a tout de même environ trente-cinq. Ça me semblait un travail colossal. Mais en fait, au-delà du travail lui-même et des heures passées à son bureau, j’ai touché du doigt l’endroit exact où il avait puisé son énergie pour accomplir cette immense tâche. (Lire l’article)

 

Théâtre
Nathalie Béasse en forêt habitée

par René Solis
“Le Bruit des arbres qui tombent”, compagnie Nathalie Béasse. Photo © Pierre GrosboisIls sont quatre qui tirent les ficelles aux quatre coins d’une immense bâche noire, comme s’ils jouaient à y faire rebondir un pantin qui n’existe pas. Cette longue séquence, qui ouvre Le bruit des arbres qui tombent, le spectacle que Nathalie Béasse présente au théâtre de la Bastille, est la première d’une série d’images énigmatiques dont le sens importe moins que la sensation qu’elles provoquent, chez les spectateurs comme chez les acteurs. (Lire l’article)

Le monde est devenu fou, chronique littéraire
Encore vivant

par Nathalie Peyrebonne
Le monde est devenu fou. Mon voisin l’est aussi, un peu, je crois. Je le croise parfois dans l’escalier, à peu près nu, en maillot de bain. Le gars déconcertant. Mon voisin est sans doute un peu fêlé, mais il est aussi très intelligent et très savant. L’autre jour, il s’est laissé un peu déborder. Il a tout cassé dans le Franprix du coin. Une histoire bête de clope qu’il fallait éteindre, de parole un peu brusque, peut-être. Depuis, il est interné. Et il me manque. Le monde est devenu fou… Pas de panique, il nous reste les livres. Alors le bonheur, l’autre jour, de tomber sur un livre magnifique : Encore vivant, de Pierre Souchon, aux éditions du Rouergue. Voilà un excellent titre pour inaugurer une nouvelle chronique littéraire. Car, n’en doutez pas, la littérature sauvera le monde.
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Musique
Lucky Peterson, en souvenir de Jimmy Smith

par Dino Di Meo
Pour les nostalgiques de Jimmy Smith, voici un album hommage qu’un de ses élèves s’était promis d’enregistrer depuis la disparition de son maître il y a douze ans. Lucky Peterson célèbre fidèlement son mentor, jusqu’au graphisme de la pochette qui rappelle clairement les classiques de Jazz “Blue Note”. (Lire l’article)

Chanson de gestes
La chasse aux ballerines

par Marie-Christine Vernay
Comme chaque vendredi, nous nous rendons au marché place de la mairie. À la recherche d’une paire de chaussures pas trop chères et souples, nous avisons des ballerines à 5 euros. C’est alors qu’une mère de famille nous prévient : Oh ! Non, c’est complètement démodé et vous risquez de recevoir des tomates ou des œufs. C’est la consigne sur les réseaux sociaux.” Stupeur. Comment ces charmants chaussons conçus à Londres en 1932 par Jacob Bloch pour améliorer le confort des danseuses et si élégamment portés par Audrey Hepburn ou Brigitte Bardot ont-ils pu devenir une cible à abattre ? Roland Petit, pour qui sa mère Rose Repetto avait inventé une nouvelle technique de confection en cousant la semelle du chausson à l’envers, doit se retourner dans sa tombe. (Lire l’article)

Chefs-d’œuvre retrouvés de la littérature érotique
Les frères Grimm et les nains lubriques

par Édouard Launet
Blanche-Neige et les sept nains nourrit les cauchemars des enfants depuis 1937, année de la sortie du film d’animation de Disney, tout autant qu’il régale les psychanalystes qui en font mille interprétations cocasses : Oedipe d’une petite fille, apprentissage de la sexualité, etc. Il est vrai que cette histoire de jeune vierge et de nains (a priori) asexués ouvre presque à chaque minute des gouffres symboliques, en dépit des tonnes de sucre que les scénaristes et animateurs de Disney ont déversées sur le conte des frères Grimm. Ces derniers ont eux-mêmes beaucoup édulcoré la légende à partir de laquelle ils ont écrit leur texte. Derrière Blanche-Neige se cacherait en effet une certaine Margaretha Von Waldeck, dont l’histoire est plus sordide que ce que les frères Grimm ont bien voulu laisser entendre…
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Expos
Séries photographiques

par Gregg Ellis

Gregg Ellis est né aux États-Unis et vit depuis longtemps à Toulouse. Une fois par mois, délibéré expose une série de ses photographies. Première série cette semaine : La thèse. Photos extraites de sa première exposition, sujets centrés, formalisme… La thèse comme « une étape par laquelle on doit passer pour parvenir à autre chose ». 
(Voir l’expo)

© Gregg Ellis, La thèse #10