Traité de savoir-rire
Émission radio en direct au Cloître des Carmes : l’atmosphère renvoie aux années 1970 ; ça clope –des gitanes–, ça bricole –un tourne disque pour envoyer le générique–, ça enchaîne mais ça cafouille, on n’est pas chez des pros. Sur le fil de la dérision, Rumeur et petits jours, le spectacle de Raoul Collectif, puise aussi dans l’héritage politique ou philosophique de cette période. Le nom de leur compagnie fait référence à Raoul Vaneigem, l’une des figures de l’Internationale situationniste, auteur d’un Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations. Sous sa forme foutraque, Rumeur et petits jours poursuit aussi des obsessions de fond : de la remise en cause du néolibéralisme à la pensée magique des Indiens Huicholes du Mexique. Sans oublier la poésie. (Lire l’article)
Lazare frappe à la porte
Lazare est candidat à la direction du Centre dramatique national de Gennevilliers, pour succéder à Pascal Rambert. Dans une lettre adressée à Régine Hatchondo, Directrice générale de la création artistique au ministère de la Culture, il explique les raisons de sa candidature.
Traduire les Cantos de Ezra Pound
La maison d’édition madrilène Sexto Piso a publié récemment une nouvelle traduction en espagnol des Cantos de Ezra Pound. Entretien avec le traducteur, Jan de Jager, qui revient sur les raisons de cette nouvelle traduction, sur ses propres choix en tant que traducteur, et sur ce qui constitue l’élan poétique des Cantos.
Alain Platel, paysages pendant la bataille
Nicht Schlafen (Ne pas dormir), la nouvelle pièce d’Alain Platel, présentée à la 17ème Biennale de Lyon, s’ouvre sur un tableau dévasté. L’œuvre plastique de la plasticienne Berlinde De Bruyckere attire immédiatement l’attention : des chevaux morts sont entassés, tués dans des positions de crampes, de râles. Moulées dans du polyester, les bêtes sont accrochées aux cintres par des filins. Sur le plateau, la bataille fait rage. Les neuf danseurs, dont une seule femme, se cherchent, se provoquent, s’arrachent les vêtements, dans un conflit qui va crescendo. (Lire l’article)
Si tu ne viens pas au théâtre, le théâtre ira à toi
Une pièce jouée en direct depuis l’Argentine pour des spectateurs connectés via Internet : dans Un problema de distancia de Sebastián Villar Rojas, un écran peut en cacher un autre…
Les Oiseaux chanteurs de Christy Lefeteri, ou la disparition des invisibles
Un dimanche soir à Chypre, la travailleuse domestique Nisha, originaire du Sri Lanka où elle a dû laisser sa fille, sort de la maison et ne revient plus. Le lendemain, sa patronne Petra découvre son absence et commence à s’inquiéter
Une Belle Histoire
Au printemps 2017, Stephen Hawking déclarait à la BBC que les humains, s’ils voulaient survivre, devaient quitter la Terre d’ici 100 ans afin de coloniser une autre planète. En cause : une éventuelle guerre nucléaire, le changement climatique, une épidémie virale et/ou les progrès incontrôlables de l’intelligence artificielle. Un an plus tard, le célèbre physicien quittait lui-même la Terre, pas pour la planète Zorglub mais pour une tombe à l’abbaye de Westminster, aux côtés de celles de Newton et de Darwin. Ses cendres reposent désormais sous une pierre engravée de la formule T= hc³/ 8πGMk. C’est l’équation dite de Bekenstein-Hawking qui décrit l’entropie des trous noirs, en d’autres termes (très simplifiés) la quantité d’information qu’ils renferment. Et si cette inscription, choisie par le savant lui-même, était un ultime message ? (Lire la suite)
Co, le monde est “co”
De coworking à covoiturage, le préfixe “co” gagne du terrain. Illustration au Pavillon de l’Arsenal à Paris avec l’exposition Co-urbanisme. Quinze projets, de Notre Atelier commun à Rennes aux Ateliers inter-services à Lille, qui riment avec collaboratif. (Lire la suite)
Un baiser osé
Rien de tel qu’une apocalypse pour faire dérailler le train-train quotidien. Les factures en souffrance s’envolent au vent mauvais comme des feuilles d’automne, les problèmes de couple ne valent même plus que l’on casse la plus petite des assiettes à dessert. La perspective de la table rase balaye tous les soucis, sauf un : on va tous mourir, les amis. Last Night, du Canadien Don McKellar, est mon film apocalyptique préféré. Qui finit sur un baiser. Un premier baiser, n’est-ce pas le début d’un nouveau monde ? Ce n’est pas Alain Souchon qui me contredira. (Lire l’article)
Selvskudd (auto-infligé)
En matière de chasse à l’ours, comme pour toutes les bestioles convoitées pour leur fourrure, le point crucial de la mise à mort de l’animal consiste à ne surtout pas endommager la dépouille. Des pièges aux mécanismes toujours plus sophistiqués ont été élaborés au fil des ans pour occire la bête sans désespérer la pelleterie. Au Svalbard, l’un des plus aboutis est le Selvskudd…
Le sabre et le bouclier, comme un goût de guerre froide
C’est un passage d’une minute à peine, qui figure dans le troisième volet du documentaire prochainement diffusé par Arte, consacré au KGB en ses divers états. On y voit Vladimir Poutine, alors en passe de devenir président pour la première fois, s’adresser à un parterre de Kgbistes réunis à la Loubianka. « Chers camarades, je vous informe que le groupe d’agents que vous avez chargé d’infiltrer le gouvernement a accompli la première partie de sa mission… »
Petits meurtres entre parents
Dans la course au spectacle long, le projet présenté par Antonio Latella est hors concours : 16h30 de représentation, en italien surtitré, avec des morceaux en grec ancien et en latin. Une plongée dans l’intimité agitée des Atrides qui insuffle aux vieilles histoires une vérité des corps, un amour des personnages, une élégance dont on ne se lasse pas. (Lire l’article)
Des pleurotes à Frédégonde
Tout l’été à Paris, les Docks, Cité de la mode et du design proposent le festival Ensemble, un rendez-vous amusant et actif. Une sorte de ville en modèle réduit, où l’on peut voir pousser des champignons, tester des architectures éphémères dont une bibliothèque, grignoter des curiosités culinaires. Et admirer d’intrigantes robes de reines françaises, élaborées avec des habitantes de Saint-Denis. (Lire l’article)
Céline le Narratéen et L’école des caves (3/3)
Si l’on dépasse les appréciations de psychologie littéraire, on trouve chez l’auteur du Voyage et de Bagatelles les éléments d’une théologie qui aux premiers temps de son invention fut l’expression d’une protestation que seuls quelques esprits libres surent affirmer.
François Garde, pour ceux qui se lèvent, à Sarcelles ou même ailleurs
La haine, la peur, le rejet. Face à cela, des jeunes de Sarcelles ont décidé, à leur échelle, de réagir, avec courage et générosité. Ils ont vu les images de ces gens jetés sur les trottoirs parisiens, en plein XXIème siècle, affamés, bousculés, ignorés. Ils ont donné un peu de leur poche et ils se sont mis à cuisiner. Cent cinquante repas et sandwiches. Qu’ils sont allés distribués à Stalingrad et à Porte de la Chapelle. Avant de lancer un “défi” aux autres quartiers de banlieue pour qu’ils fassent de même. Ils se sont levés, comme le protagoniste du dernier roman de François Garde, L’Effroi. Et comme ceux qui les imiteront. (Lire l’article)
Le livre d’artiste ou la passion des deux arts
Poète et imprimeur, Roland Chopard a fondé sa maison en 1978. Les éditions Æncrages & co ont depuis publié plusieurs centaines de titres, tous cousus main. Explications.
Loin des courants de son temps
Nous terminerons notre série d’articles consacrés à Heinrich Kley par une dernière sélection de...
Le Souci de souffrir
Pourquoi vouloir souffrir ? Mais peut-on seulement vouloir souffrir ? Telles sont les principales questions qui rythment le dernier livre du philosophe Bertrand Binoche.

















