La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
Livres, Théâtre, Un marcheur à Paris

Jon Fosse ou la musique du silence

Si Shakespeare utilise dans son oeuvre un vocabulaire de 20.000 mots là où Racine n’en a que 2000, Fosse, lui, tournerait plutôt autour de 200. Une décroissance qui n’est pas un appauvrissement: comme ses personnages, la langue de Fosse est en retrait, en grève du brouhaha et de l’agitation du monde.

Bande dessinée, S'il vous manque une case...

Wesh wesh, bande de bolos

Intéressé par la peinture de la vie des jeunes générations et la manière dont ils expriment leurs ressentis, Riad Sattouf propose avec Histoires de mes 11 ans le second volume de sa série Les Cahiers d’Esther. L’auteur y suit la fille d’un couple d’amis, qu’il nomme Esther pour préserver son anonymat, l’écoutant régulièrement faire le récit de sa vie, qu’elle soit scolaire ou familiale, ce qui donne l’occasion de découvrir une vision de l’existence au travers des yeux d’une petite fille, à présent en CM2. (Lire l’article)

Journées musicales Marcel Proust à Cabourg, 2016
Livres, Musiques

Fin de saison à Cabourg

Les lieux de pèlerinages proustiens n’offrent que ce qu’on y apporte, principalement des souvenirs de lecture. S’en aller à Cabourg (ou à Illiers-Combray, ou au 102 boulevard Haussmann) afin d’y retrouver les traces de Marcel Proust est une entreprise vouée à l’échec, tout comme serait illusoire d’aller chercher Homère sur les quais encombrés du Pirée contemporain. À Cabourg, seuls subsistent la belle lumière de la Manche, les mouettes, les cris d’enfants sur la plage et les “petits nuages roses au teint d’oeillet ou d’hydrangea”, ce qui n’est pas rien. Tous les deux ans, quelques notes de musique et conférences viennent enrichir cette polychromie : ce sont les Journées musicales Marcel Proust. (Lire l’article)

Bande dessinée

Là où se termine la terre

Premier tome de la trilogie sur le Chili de Désirée et Alain Frappier, publié en 2017, « Là où se termine la terre » retrace la vie d’un militant de gauche, de sa naissance en 1968 à l’élection de Salvador Allende en 1970.

Livres

Du Lambeau, de Philippe Lançon

Comment trouver l’envie et la force d’écrire lorsque votre corps vous trahit et que l’angoisse vous ronge ? Comment, à l’hôpital, avoir encore l’humour, la poésie, l’élégance et la lucidité que nécessite un travail d’écriture ? Très peu d’auteurs sont parvenus à nous renseigner vraiment sur le monde depuis leur lit de souffrance et d’inquiétude, sous les néons tristes, parmi les infirmières pressées ou empressées. Et bien moins encore ont réussi à faire de cette expérience le catalyseur d’une littérature plus puissante, une littérature des limites. Avec Le Lambeau, Philippe Lançon vient d’entrer dans ce club terrible dont les membres ne se comptent probablement que sur les doigts d’une ou deux mains. (Lire l’article)

periscope
Courrier du corps

Periscope ou les enfants au pouvoir

D’abord, le nom est bien trouvé. Le périscope est ce qui permet littéralement d’embrasser tout l’horizon, de le circonscrire d’un coup d’oeil rotatif. Totalitaire, il possède en outre de super pouvoirs : avec lui, nous dit le dictionnaire, on observe “par-dessus un obstacle des objets inaccessibles à la vision directe”. Deuxio, l’imaginaire du périscope est un peu celui du sous-marin. Planqué dans une boîte en fer, on peut se livrer aux délices du voyeurisme comme dans les dessins animés de la Warner, sans parler de la forme phallique de l’engin : la pulsion scopique est de sortie. Periscope permet à chacun de diffuser en direct les images que capte la caméra de son smartphone, c’est-à-dire d’être une télé. (Lire la suite)

Cinéma, Guide

Trenque Lauquen, magique pampa

Ce film au long cours de l’Argentine Laura Citarella, nous entraîne en eaux troubles, au coeur d’une pampa fantasque et fantastique, sur les traces d’une botaniste, d’une écrivaine disparue et d’une créature étrange… Fascinant.

Danse

Trisha Brown tire son irrévérence

La danseuse et chorégraphe américaine Trisha Brown est décédée. Elle avait 80 ans et c’est sa compagnie qui a annoncé la nouvelle ce lundi dans un twitt qui nous a immédiatement renvoyés à cette belle dame que nous n’avions jamais quittée, même si elle se déplaçait moins dernièrement. D’une parfaite élégance décalée, à l’américaine, robe longue et baskets pour des cocktails d’après-première, elle savait aussi se souiller au sol en dessinant des trajectoires sur un papier blanc. Elle était peintre. Elle traçait. (Lire l’article)

Block, chambre d'appoint, de Gilles Belley © VIA 2016 - Colombe Clier
Design, Expo

Gilles Belley, trois voyages autour de ma chambre

Comme chaque année, le VIA (Valorisation de l’innovation dans l’ameublement), expose ses aides à la création de design. Mais plus au salon Maison & Objet de janvier, uniquement dans sa nouvelle galerie du XIe arrondissement à Paris. S’y distinguent d’abord la carte blanche offerte à Gilles Belley, trois habitacles qui redessinent l’espace d’un appartement. Et les délicates lampes de Sébastien Cordoleani, fabriquées avec un luthier. (Lire la suite)

Livres

Perrault creuse partout

« Dominique Perrault, la Bibliothèque nationale de France, portrait d’un projet 1988-1998 ». Une exposition est consacrée jusqu’au 22 juillet 2018 à cet architecte qui sonde « l’épiderme du sol » pour en extraire la « substance urbaine », ne cesse d’approfondir son architecture souterraine.

Le Désir libertaire. Le surréalisme arabe à Paris. 1973-1975, éditions de L’Asymétrie, 2018
Livres

L’Autre de l’Arabe mis à nu

Jetant dans une revue confectionnée à la hâte et avec soin ses poèmes oniriques ou acides, un collectif d’émigrés sans foi ni loi, divines ou politiques, explore les potentialités poétiques de la langue arabe et s’en prend à l’héritage qu’il refuse. Ces auteurs revendiquent pour cela un autre legs, qu’on croyait taillé à la seule mesure d’un Occident traversé par ses propres crises, celui du surréalisme. Poèmes en vers ou en prose, pièces littéraires et contre-points théoriques de cette revue ont été traduits de l’arabe et rassemblés par Abdul Kader El Janabi dans un volume intitulé Le Désir libertaire. Le surréalisme arabe à Paris. 1973-1975, publié aux éditions L’Asymétrie. (Lire l’article)

Danse

Coucou la Suisse

Les Journées de danse contemporaine suisses se sont déroulées à Genève et ont réuni programmateurs et public. Bilan mitigé des premiers jours malgré le respect pour le travail entrepris. Reste La Ribot, somptueuse, le regard fixé dans les yeux de ses partenaires. Sur la scène que le public peut contourner, le parc d’attraction est fermé sous une bâche noire. La fête est finie. Il ne reste que des individus qui cherchent encore un peu de chaleur. (Lire l’article)

Dario Fo
Théâtre

Ainsi fit Dario Fo

Lui et sa compagne Franca Rame, morte il y a trois ans , adoraient se lancer des piques à l’insu du public quand ils étaient ensemble sur scène. “Tu es sûre que tu as fermé le gaz?” lui glissait-il à l’oreille. “Tu as encore la braguette ouverte”, lui répondait-elle. Irréductible à la solennité, Dario Fo détestait les acteurs et les metteurs en scène qui se prennent au sérieux. “Ce n’est pas grave, ce n’est que du théâtre”, répétait-il.

Martine Bedin et Claude Eveno, Objets, nos amis. Une conversation, éditions éoliennes
Design

Le virus des objets

Martine Bedin et Claude Eveno se sont rencontrés en 2000, ont beaucoup correspondu. Au fil de leur amitié, à travers textes et lettres, ils retracent leurs souvenirs respectifs, leurs initiations croisées, leurs constats actuels. Se répondent leurs relations aux lieux, à l’espace, aux voyages, aux maisons, à l’art, à l’architecture, à la photographie… Au design finalement, dans Objets, nos amis. Une conversation, un livre où ils dressent un état du monde des choses subjectif, joyeux et désenchanté. (Lire le guide)