La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
Portrait de jeune fille par Émile Vernon
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Les romantiques n’aiment pas les cerises

Il est une éclipse que l'astronome jésuite Carbone ne put étudier : celle de Scarlatti durant la période romantique. Certes, il ne fut pas le seul musicien baroque à en être victime, mais son occultation, parsemée de fugitifs éclats, dura près d'un siècle. Il est vrai que les préoccupations théoriques et distanciées de Scarlatti sont très éloignées de l'exaltation romantique du moi. À cette époque, seul Muzio Clementi, qui fut londonien avant d'être viennois, écrivit quelques sonates dans le goût de Scarlatti. D'autres se permirent de faire subir aux sonates les pires outrages... (Lire la suite)

S'il vous manque une case...

Engagez-vous, rengagez-vous…

La bande dessinée a souvent été engagée au cours de son histoire, soit en présentant des récits qui prenaient ouvertement parti dans les événements contemporains, soit en cherchant à apporter une lecture critique de son époque. Mais l’engagement est une notion plus large, chaque individu étant embarqué malgré lui dans l’aventure qu’il partage avec ses semblables. Les traces de l’engagement actif ou passif sont ainsi sensibles dans les grandes œuvres dessinées, tout auteur se trouvant, consciemment ou non, immergé dans une situation qui le dépasse et avec laquelle il doit composer. (Lire l'article)

Andy Warhol, Electric Chair. Vue d’exposition, Warhol Unlimited, au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 2015 © The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / ADAGP, Paris 2015 © Pierre Antoine
Arts plastiques, Expo

Warhol, année 2015

Andy Warhol… Le nom a beaucoup résonné en 2015. Il a surgi à Metz d’abord, au Centre Pompidou, avec l'exposition “Warhol Underground”, dans laquelle le Warhol peintre s’effaçait pour laisser passer sur le devant de la scène le Warhol de la Factory, celui qui créa et filma les “Superstars”, produisit le Velvet Underground, et scénographia pour eux les concerts-happenings du Exploding Plastic Inevitable. Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris propose jusqu'au 7 février 2016 “Warhol Unlimited”, une exposition plus sage mais tout aussi finement conçue. Le Warhol 2015 est un Warhol formidable, qui échappe aux réductions qui cantonnent son œuvre à une imagerie bien sentie. (Lire la suite)

visage villages france airbnb
Courrier du corps

L’un des plus beaux visages de France

Autant la location de soi sur Internet demande d'être nature, cheveux gras et yeux pochés, dans le simple appareil d'une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil, autant la prostitution de sa propre maison demande d'être un peu apprêté. Sur les sites d'hébergement tels que Airbnb, celui qui loue son foyer est supposé afficher son portrait, afin qu'on sache si l'on va finir chez les bons Samaritains ou chez Gilles de Rais. Le “host” devra donc tenter d'apparaître comme le “bon père de famille” des baux de jadis, habitant “bourgeoisement” son domicile. Exemples. (Lire la suite)

Luis Sepúlveda, Daniel Mordzinski, “Dernières nouvelles du sud”, éditions Métailié, 2012
Livres, Ordonnances littéraires

Voyager en résistance

Du rêve, de la détente, de l'aventure, de la culture, de l'extrême, du zen, du pittoresque, des amis, des rencontres... dans le grand continent du tourisme, tout est possible. Éco-tourisme, durable, responsable, tourisme éthique, tourisme sexuel, tour operator, tour de la terre. Que vous soyez luxe, roots ou amateur de glamping (mélange de glam attitude et de camping), il y a forcément une offre pour vous ! Bientôt la Lune, Mars... La soif de découverte – ou d'impérialisme – est sans limite. Le voyage est devenu tourisme et a tenu Salon cette fin de semaine. On pouvait même y voir des “start-up qui révolutionnent” les vacances ! Alors si pour vous vacances=tourisme=voyage organisé, banalisé et balisé, une lecture s'impose pour découvrir Le voyage en roue libre : Dernières nouvelles du Sud de Luis Sepúlveda avec des photos de Daniel Mordzinski. (Lire l'article)

Entomologie photographique, Photographie

Léonie

Léonie, c'est le prénom que je t'ai donné, toi qui avais cessé ton commerce, "l'épicerie générale" sur la place de Monpazier. C'est la photographie de ta maison qui est accrochée sur mon mur et voisine avec une image parente réalisée à la même période, en octobre 1979, par Willy Ronis. Nous avions répondu à une commande publique baptisée 10 photographes pour le Patrimoine. L'histoire de la commande est emblématique d'une politique et d'une époque. (Lire l'article)

El Jaleo, de John Singer Sargent, 1882
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Olé !

Il paraît que la musique de Scarlatti est dans le goût espagnol. Les musicologues s'ingénient à y distinguer les jotas des fandangos et des séguidilles. À quoi bon ? Ayant vécu en Espagne, Scarlatti a certes utilisé le matériau local, d'autant que le clavecin se prête mieux que tout autre instrument à l'imitation. Dans les sonates, on entend l'Espagne du XVIIIe siècle comme si on y était, ses cris de rues, ses guitares, ses jets d'eau et ses fanfares, mais on entend surtout une musique qui transcende tous les régionalismes. C'est elle qui compte. (Lire l'article)

UNTEL, Fashion show, 1978
Arts plastiques, Expo, Photographie

UNTEL, L’art d’être touriste

Le touriste est de masse et il est anonyme, il est un consommateur et un pur produit du capitalisme mondialisé, il est une figure économique et certainement pas une figure poétique, bref, il est tout ce que l’artiste ne doit pas être. Sauf si l’artiste est un groupe d’artistes, intervenant dans la deuxième moitié des années 1970, adepte de la performance et de la mise à distance rieuse, et que son nom est UNTEL. Alors, l’artiste peut choisir de revêtir le costume du touriste et en faire matière à performance : c’est ce que l’on découvre actuellement à la galerie mfc-michèle didier(Lire l'article)

Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

J’arrive où je suis étranger

Signe de la fin des haricots selon l’islam : “Les femmes seront dévêtues tout en étant habillées.” Ce qui promet une fin du monde assez haute en couleurs. D’ailleurs le Prophète a prévenu : “La Fin du Monde n'aura pas lieu tant que les gens ne s'accoupleront pas en public dans la rue comme le font les ânes”, ce qui revient à dire que l’ultime jour sera une partouze comme on en a peu vu. Hélas, ce sera la dernière. Pour les chrétiens, l’Apocalypse se présente beaucoup moins bien. Dès que le septième sceau sera brisé, s’abattront sur la Terre tonnerre, éclairs, tremblements de terre, grêle et feu mêlés de sang, tout cela sur fond de trompettes au son nettement moins mélodieux que celle de Chet Baker. (Lire l'article)

Patrick Bouchain, l'architecture comme relation, sous la direction d'Abdelkader Damani, texte de Pierre Frey, 288 p., 400 illustrations, coédition Frac Centre-Val-de-Loire / Actes Sud, 2018
Architecture

Patrick Bouchain, l’art d’être passeur

Pour construire, Patrick Bouchain, architecte, scénographe et enseignant n'a de cesse de regarder, rechercher, capter, fédérer, transmettre... Il a su inventer un réseau complice, affectif, imaginatif, politique, pour lutter contre ses propres découragements et fait aujourd'hui figure d'animateur d'une jeune architecture française. 

Théâtre

Milo Rau, compassion pour un massacre

Adepte d’un théâtre documentaire radical, le metteur en scène suisse Milo Rau, fondateur de L’International Institute of Political Murder, aborde l'actualité politique de front, du génocide rwandais à la tuerie d’Utoya, en passant par le procès des Pussy Riots ou les derniers jours des Ceausescu. Avec à chaque fois, un sidérant travail de reconstitution historique et de télescopage entre fiction et réalité. The Dark Ages, deuxième volet de sa trilogie européenne, suit le double fil de la guerre et de la mort du père, plaçant l'action dans un champ de bataille récent : la guerre des Balkans. (Lire la suite)

Black is Black - Los Bravos
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Black is Black

Ceux qui sont nés dans les années 80 ont intégré dès le berceau le concept de crise. Ils ont vu le jour dans la crise, ils ont appris très vite que la crise serait leur unique horizon, ils ont été des enfants puis des adultes de la crise. Mais aujourd'hui c’est pire. Maintenant les maternités grouillent d’enfants de la fin du monde. Ces poupons-là viennent de débarquer sur une planète qui court à sa fin, ils sont programmés pour l’autodestruction, la fin du monde est leur unique horizon. (Lire l'article)

© Julien Devaux, Into the pool
Écrans, Machines à voir

Into the pool

Une piscine, un paysage presque vide avec la mer en ligne de fond. Dans Into the pool, le cinéaste Julien Devaux se jette à l'eau, au propre comme au figuré. Et rend hommage avec humour à l'artiste néerlandais Bas Jan Ader.