Lignes d’empreinte – Julien Discrit à la galerie Ygrec
C’est d’abord une exposition où les images échappent. Peut-être est-ce surtout une exposition sur l’empreinte ? Ou une exposition sur la réversibilité des lignes ? Échappements, réversibilités, images, empreintes et lignes : c’est une exposition sur tout cela ; c’est une exposition de Julien Discrit à la galerie Ygrec (École Nationale Supérieure d’Arts de Paris Cergy) ; c’est une très belle exposition – enthousiasmante parce qu’infiniment complexe, mais sereine parce que cette complexité accepte d’être approchée simplement. Et ceci est une des formes de la beauté. (Lire la suite)
Maguy Marin ou l’urgence
Œuvre d’amour, d’admiration, Maguy Marin : l'urgence d'agir, le film de David Mambouch sur sa mère chorégraphe n’a rien de convenu. Le réalisateur travaille l’épaisseur et la densité du vécu, sait laisser parler, prend lui-même la parole. Et l’on sent qu’il y a, de son côté, une exploration des origines, que le ballet May B, conçu par Maguy Marin alors qu’elle était enceinte de lui, est pour lui un second ventre maternel.
9 – Dystopies
Il reste peu de monde pour prédire que l’avenir sera rose puisqu’il risque fort d’être chaud, affamé, effondré, triste, électroniquement surveillé et populiste. Ceci étant posé, il est utile de savoir précisément à quoi s’attendre. Les séries dystopiques nous y aident.
Traduire le flamenco
"Performer le flamenco traduit: danse, chant, et musique": un colloque consacré à la traduction du flamenco.
Un crime, mais lequel ?
En 1935 Georges Bernanos, auteur de Sous le soleil de Satan et Prix Femina en 1929, publie un polar. Et fait d’un travail alimentaire un monument qu’il camoufle discrètement, comme un délit, sous les aspects d’une histoire ordinaire. La construction est imparable, d’une grande modernité. Le contenu annonce les grandes thématiques du genre de la deuxième moitié du vingtième siècle : sexe, amour interdit, mensonge social, usurpation d’identité, schizophrénie peut-être… Bernanos, avec ce bijou, s’affirme en précurseur essentiel au même titre que Poe, Gaboriau ou Collins. Trop catholique pour être lu par les lecteurs rebelles, égaré dans la sous-littérature de gare pour les autres, Bernanos a vu son roman caviardé par les préjugés. Quel dommage. (Lire l'article)
Les frères Bouroullec, de la fontaine à la source
Le 21 mars, jour du printemps, l'eau des six fontaines taries du Rond-Point des Champs-Élysées – elles avaient été piétinées lors de la Coupe du monde de foot 98 – va jaillir à nouveau, quinze mètre au-dessus du sol. Elle s'écoulera du haut de six mâts, dans du cristal, vers les six bassins conservés, datant du XIXe siècle. Ces pièces exceptionnelles ont été redessinées, complètement réinventées par Ronan et Erwan Bouroullec, dans l'esprit de celles conçues par le verrier Lalique en 1930. Leurs mâts des Champs, projet précieux, fragile et onéreux, feront sans doute l'objet de critiques, au temps des gilets jaunes sur rond-point. En attendant, les deux frères font un pas de côté. Et exposent leur dessins personnels et respectifs, chez kreo, leur dixième monographie en cette galerie parisienne. (Lire l'article)
Le clan Nabokov
Chiara Montini rédigea pour la chronique Le coin des traîtres un article consacré au...
Dessiner sur le vif la Commune de Paris
De nombreuses photos ont été prises pendant la Commune de Paris. Elles sont toujours posées,...
Anne Nguyen, hip hip hop hourra !
Au Théâtre National de Chaillot, avec la complicité de vingt-sept danseurs et d'un vidéaste, Anne Nguyen propose à tous les spectateurs volontaires de devenir danseurs hip hop. Performances cataloguées “pour la jeunesse”, peur de (mal) danser : les réticences éventuelles avant de pénétrer dans la salle Maurice Béjart sont vite envolées. Le parcours très ludique et participatif permet de mieux saisir ce qui motive le danseur hip hop, tout en se faisant très plaisir. Avec, pour finir, le jam, une rencontre avec les danseurs grâce à un casque de réalité virtuelle pour une immersion à 360° parmi eux. (Lire l'article)
Coup d’État, mode d’emploi
De l’art du coup d’État comme une nécessité. Porté à sa perfection, il n’en porte même plus le nom. Plus magnifique encore, il devient permanent. Éric Ambler, injustement méconnu, est un autre John Le Carré et son Docteur Frigo reçut en son temps le Grand Prix de littérature policière. Soulever un coin de la couverture et faire la connaissance d’El Lobo, du Père Bartolomé ou du commandant Delvert, ne peut pas faire du mal. (Lire l'article)
Pavillon circulaire, ne circulez pas!
Sur la place de l’hôtel de ville de Paris, un petit bâtiment en bois, uniquement bâti avec des matériaux de réemploi, nargue le monument imposant. Face au gâchis provoqué par le BTP, les architectes de l’atelier Encore Heureux prônent la récupération soignée. Sans se tourner vers le passé ni vers une écologie usine à gaz. Ce lieu démonstratif de rencontres est aussi un café solidaire, ouvert aux débats, particulièrement pendant la COP 21, pour défendre l’économie circulaire et une architecture respectueuse de la planète. (Lire la suite)
Les découvertes d’Atlantide
Une cinquantaine d'écrivains du monde entier, quatre-vingt dix rencontres: du 2 au 5 mars, le festival Atlantide de Nantes fête sa onzième édition et permet de découvrir de nombreux auteurs peu connus.
Clichés et contre-clichés (lieu commun)
Chaque nouvelle édition du festival d'Aix-en-Provence apporte dans son sillage une nouvelle rhétorique de la note d'intention. Cette année, le cliché est à la mode, ou plutôt la chasse aux clichés. Mais que penser des contre-clichés du Moïse et Pharaon de Tobias Kratzer?
Saramago pour ceux qui passent leurs Nuits debout, ou couchés
Ce qui est arrivé a surpris tout le monde. Pas de signe avant-coureur, aucune annonce, aucune menace, voilée ou pas. La ville avait l’air tout à fait calme en ce jour d’élection. Quelle stupeur, du coup, à l’annonce des résultats. Impensable. Mais qu’à cela ne tienne, pas de panique, on reprend tout et on recommence : on organise de nouvelles élections (c’est une astuce parfois utilisée lorsque les suffrages ne vont pas dans le bon sens). D’où de nouveaux résultats. Et là, rebelote : quatre-vingt-trois pour cent de votes blancs. Dans La Lucidité, l'écrivain portugais José Saramago raconte la démocratie en crise et la refondation d'un espoir. Un récit pour ceux qui passent leurs nuits les yeux ouverts, que l'on prescrira aussi aux mauvais coucheurs. (Lire l'article)
Trop de chants pour un cantique
Abou Lagraa, chorégraphe dont le style s’est forgé à l’étude de la danse classique, contemporaine et hip hop, a toujours voulu faire bien, trop bien. C’est le cas avec sa récente création à la Maison de la danse de Lyon où il est artiste associé en 2015 avant de regagner sa ville natale, Annonay en Ardèche. En s’attaquant au Cantique des Cantiques, il a vu grand. Retour sur cette création et sur la polémique qui oppose le chorégraphe français à la conseillère municipale FN d’Annonay. (Lire la suite)
Le menuet des sens
La 17e édition du festival Actoral (arts et écritures contemporaines) fondé par Hubert Colas s’est ouverte le mardi 26 septembre au Théâtre du Gymnase à Marseille avec une création lumineuse, rigoureuse et emblématique de ce pourquoi le festival existe : faire parler les corps avec et sans les mots. Interprété par trois danseurs et une comédienne, Ensemble Ensemble de Vincent Thomasset, spectacle total et euphorisant sera repris en octobre au Théâtre de la Bastille à Paris, dans le cadre du Festival d'Automne. (Lire l'article)


















