La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Dunkerque : profondeurs du champ de bataille

À l’heure où l’usine à rêves se confronte aux limites de son hyper-puissance spectaculaire – synthèse, 3D & franchises de super héros comme autant de bulles spéculatives prêtes d’imploser –, certains préfèrent nous proposer de nouvelles expériences mentales. Des dispositifs de montage en réalité, narrations décalées, entrecroisées, retournées, qui déjouent nos réflexes de publics contemporains. Dunkerque de Christopher Nolan en est un bon exemple. Sur le fond, en revanche, pas grand chose de neuf, sinon le sempiternel refrain patriotique sur le beau courage sacrificiel des uns et des autres… (Lire l’article)

Le Gouffre aux Séries, Séries

10 – Pour lendemains de cuite

Mal écrites, mal jouées, mal réalisées: ce sont les séries nanars. Il faut en voir quelques-unes pour mieux apprécier les autres. On ne va pas nécessairement jusqu’au bout de la première saison, ni même du premier épisode parfois, mais il est possible d’y prendre un plaisir pervers un lendemain de cuite…

Bande dessinée

Et que se taisent les vagues

Dernier volet de la saga chilienne de Désirée et Alain Frappier, « Et que se taisent les vagues » suit au plus près Lucho et ses camarades, jeunes marins révoltés et réprimés tandis que le coup d’État se prépare.

Georges Bernanos, Un Crime. Une chronique de Lionel Besnier dans délibéré
Le genre idéal, Livres

Un crime, mais lequel ?

En 1935 Georges Bernanos, auteur de Sous le soleil de Satan et Prix Femina en 1929, publie un polar. Et fait d’un travail alimentaire un monument qu’il camoufle discrètement, comme un délit, sous les aspects d’une histoire ordinaire. La construction est imparable, d’une grande modernité. Le contenu annonce les grandes thématiques du genre de la deuxième moitié du vingtième siècle : sexe, amour interdit, mensonge social, usurpation d’identité, schizophrénie peut-être… Bernanos, avec ce bijou, s’affirme en précurseur essentiel au même titre que Poe, Gaboriau ou Collins. Trop catholique pour être lu par les lecteurs rebelles, égaré dans la sous-littérature de gare pour les autres, Bernanos a vu son roman caviardé par les préjugés. Quel dommage. (Lire l’article)

Histoires, Musiques

La bande sauvage

Où sont ces mystérieux cavaliers, ces Rimbaud de la roue, l’haleine chargée de haschich et les yeux clignotants comme s’ils venaient de traverser le désert avec un savoir secret, où sont-ils maintenant ? Les poètes d’antan ou de demain, où sont-ils passés ?

Théâtre

Dom Juan ou l’éloge de la lenteur

Marie-José Malis présente au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers un Dom Juan de Molière qui dure près de cinq heures sans entracte. Drôle d’idée que de ralentir à ce point les choses, comme si des vérités nouvelles devaient en surgir. Elle en est coutumière. La dilatation du temps fonctionnait bien dans Le Prince de Hombourg, qu’elle a monté en 2009 : la dimension somnambulique de la pièce et de son personnage principal s’y prêtaient. Pari réussi encore avec On ne sait comment de Pirandello, en 2011, traitée à la façon d’un cauchemar philosophique. Mais cela ne fonctionne pas à tous les coups… (Lire l’article)

Livres

Les Filles du loir présidentes!

Le jeudi 9 juin, l’association Les Filles du loir vous invite à rencontrer Leslie Kaplan autour de son dernier livre, Un fou (P.O.L). Un texte poétique et politique, plein d’humour, sur les rapports du pouvoir et du langage. Attention: un président peut en cacher plus d’un autre.

Théâtre

Antoine et Cléopâtre, passion parfaite

Tiago Rodrigues a baptisé sa compagnie Mundo Perfeito. Son spectacle Antoine et Cléopâtre est en harmonie avec ce nom : il est rare de sortir d’un théâtre avec la sensation que ce qui est montré est la traduction parfaite du projet initial. Faire vivre l’âme de l’un dans le corps de l’autre, c’est très exactement ce que réalisent sur scène Sofia Dias et Vítor Roriz. (Lire l’article)

Notre-Dame de Paris par Edith Piaf
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Notre-Dame de Paris

L’incendie de Notre-Dame, est-ce le début ou la fin de quelque chose ? Aujourd’hui les grandes transes collectives – celle qu’a provoquée l’incendie en était une de belle magnitude – sont des enterrements plus que des résurrections. Souvenez-vous : les grandes grèves de 1995 pour le service public, qui n’ont finalement été qu’un adieu. La belle unité nationale après l’attentat à Charlie, en janvier 2015 : elle s’est fissurée depuis comme jamais. En avril 2019, on nous dit que la reconstruction de la cathédrale sera le nouveau ciment de la Nation, quand tout porte à croire qu’elle n’en sera que le chant du cygne. (Lire l’article)