La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
Drago Jancar, Des bruits dans la tête, traduit du slovène par Andrée Lück-Gaye, Éditions Passage du Nord Ouest et Libretto, 2015
Le genre idéal, Livres

Murs

Des bruits dans la tête, de Drago Jancar. L’histoire d’une prison. L’allégorie de la servitude. Un homme qui se révolte, d’autres qui ne veulent que suivre ou profiter en oubliant que, si la richesse de l’autre lui est ôtée – liberté, rêves, famille, maison, argent – jamais elle ne sera partagée. La puissance de l’ordre partout. Vies, rêves et poumons piétinés dans le sable. Et pourtant. Toujours, l’homme revient. L’absence de perspectives communes dit-on ? Idée fausse ! Cette défaite supposée est une chimère à repousser comme une araignée noire. (Lire l'article)

Numéro personnel du Jökulsárlón í Breiðamerkurjökul. Photo Katie Paterson. https://katiepaterson.org/artwork/vatnajokull-the-sound-of/
Arts froids, Expo

Vatnajökull (the sound of)

Allô? Le glacier fond-il? Londres, 2007. Les étudiants des Beaux-Arts présentent leur projet de fin d’études. Parmi eux, Katie Paterson présente une œuvre au titre énigmatique: “Vatnajökull (the sound of)”. Son principe est pourtant relativement simple, même si on ne peut pas en dire autant de sa réalisation.

Architecture

Trois Espagnols pour le prix d’un Pritzker

C'est l'agence RCR Arquitectes (Rafael Aranda, Carme Pigem et Ramón Vialta) qui remporte le prix international d'architecture  2017. Les concepteurs en 2014 du musée Soulages à Rodez sont installés depuis 1988 dans leur petite ville catalane d'Olot. Ils y développent une architecture minimale mais d'inspiration locale, en osmose avec matériaux et paysages, entre tradition et contemporaneité. Ce qui leur vaut cette récompense. (Lire l'article)

Bande dessinée

Le temps des humbles

Les mille jours de l'Unité Populaire au Chili racontés par Soledad, une narratrice de quinze ans : "le Temps des humbles", deuxième volet de la saga chilienne de Désirée et Alain Frappier, publiée en 2020.

Eugenia Almeida, L'Échange, traduit de l'espagnol par François Gaudry, éd. Métailié, 2016
Le genre idéal, Livres

Les habits d’ombre

Une jeune femme sans passé et sans famille, après avoir braqué un homme à la sortie d’un bar, retourne son arme contre elle et se tire une balle entre les deux seins. Sa cible lui a tourné le dos sans se retourner, ni même accélérer au bruit de la détonation. Personne ne sait. Personne ne parlera. L’Argentine Eugenia Almeida pose son récit à l’heure de la convalescence crépusculaire d’un pays martyrisé. Cela pourrait être partout où, de l’histoire des dictatures et des coups tordus, remontent des créatures à la gueule grand ouverte. (Lire l'article)

Revues de photographie (sélection)
Photographie

Ma vie en revues (1)

L'apparition en 2017 de la revue Transbordeur. Photographie, histoire, société m'a rappelé que ma vie de photographe avait été jalonnée par les revues. C'est cette histoire que je compte raconter.
Nicolas Machiavel, Le Prince, traduit de l'italien par Jacques Gohory, préface de Paul Veyne, suivi d'extraits des Œuvres politiques et des Lettres familières, Gallimard, coll. Folio classique (n° 1173), nouvelle édition en 2007. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne dans délibéré
Livres, Ordonnances littéraires

Machiavel pour les neutres

Facebook a récemment fait une annonce surprenante : ses employés vont devoir suivre des cours de “neutralité politique”. Parce qu’aujourd’hui, il est de mauvais ton d’être engagé. La respectabilité implique la neutralité, l’objectivité, réelles ou supposées. Ainsi, le gouvernement n’a plus vraiment d’idées politiques, il est “pragmatique”, il est neutre, comme le Medef, que Pierre Gattaz veut “apolitique”, ou le mouvement lancé par Emmanuel Macron, “pas à droite, pas à gauche”. Ceux qui dirigent, de plus en plus, déclarent être indépendants, impartiaux, sans engagements, ils aiment tout le monde et leur cœur ne penche ni vers les uns, ni vers les autres. Promis, juré. À tous les apôtres de la neutralité politique, et aux dirigeants de Facebook en particulier, je recommande fermement la lecture du Prince de Machiavel...  (Lire l'article)

Valérie Zenatti, Dans le faisceau des vivants, éditions de l'Olivier, 2019
Le coin des traîtres, Livres, Traduction

Valérie Zenatti : le voyage à Czernowitz

Il suffisait de les avoir croisés ensemble une fois : ce qui unissait Aharon Appelfeld et Valérie Zenatti dépassait la complicité qui existe parfois entre écrivain et traducteur. Comme s’ils veillaient l’un sur l’autre. Comme s’ils étaient de la même famille. Après la mort d’Appelfeld, Valérie Zenatti était la seule à pouvoir écrire ce livre, de filiation et tendresse autant que de deuil. Dans le faisceau des vivants, aux éditions de l'Olivier. (Lire l'article)

Écrans, Séries

2018 en séries

De toutes les addictions qui nous minent, celle aux séries TV est sans doute la plus bénigne. Elle peut même être bénéfique quand ces séries nous embarquent vers le côté face de décors dont nous n’aurions même pas songé à explorer le côté pile. Si le contour des nouveautés 2018 reste un peu nébuleux, on peut déjà recommander les prochaines saisons de séries qui ont fait leur preuves tant par leurs qualités que leur capacité d'accoutumance. (Lire l'article)

“Baigneuses au lac”, de Félix-Jacques Moulin, daguerréotype, pose directe sur cuivre argenté, de Félix-Jacques Moulin
Arts plastiques, Expo, Photographie

Eros Hugo

Baigneuses au lac : ce daguerréotype, et quelques autres, valurent au sieur Félix-Jacques Moulin (1802-1879) de passer un mois en prison pour outrage aux bonnes moeurs. En tout cas, à peine née, la photo s’intéressait déjà au corps de la femme. On eût été surpris qu’il en fût autrement. Il est amusant de noter que Moulin est né la même année que Victor Hugo, lequel s’y intéressait aussi beaucoup, aux corps des femmes. Il n’est donc pas absurde de retrouver quatre images du photographe précurseur de l’érotisme dans l’exposition “Eros Hugo” qui vient d’ouvrir à la maison Victor Hugo de la place des Vosges. (Lire la suite)

Rafael Chirbes, Sur le rivage, traduit de l'espagnol par Denise Laroutis, éditions Rivage, 2015
Livres

Rafael Chirbes, la belle écriture

L’écrivain espagnol Rafael Chirbes est mort. Denise Laroutis, sa traductrice en français, revient sur son œuvre, ses livres qui sont des fleuves de mémoire, de savoir, de raffinement. Atteindre à l’émotion par la précision, l’exactitude, jusqu’à la surprise du détail qui vous sabre. Faire le récit de ce qui se passe, narrer son temps, le faire surgir d’un texte-corps, souvent massif. Assumer la complexité de la vie sans feintes, sans effets, mais en soulevant chaque pierre pour observer ce qu’elle cache. Aucune économie, une efflorescence d’écriture, une abondance nécessaire. Son labeur, toute sa vie : celui d’un façonneur du réel ; le résultat : une œuvre d’art, majeure, dans les hauteurs. (Lire la suite)

Luis Sepúlveda, Daniel Mordzinski, “Dernières nouvelles du sud”, éditions Métailié, 2012
Livres, Ordonnances littéraires

Voyager en résistance

Du rêve, de la détente, de l'aventure, de la culture, de l'extrême, du zen, du pittoresque, des amis, des rencontres... dans le grand continent du tourisme, tout est possible. Éco-tourisme, durable, responsable, tourisme éthique, tourisme sexuel, tour operator, tour de la terre. Que vous soyez luxe, roots ou amateur de glamping (mélange de glam attitude et de camping), il y a forcément une offre pour vous ! Bientôt la Lune, Mars... La soif de découverte – ou d'impérialisme – est sans limite. Le voyage est devenu tourisme et a tenu Salon cette fin de semaine. On pouvait même y voir des “start-up qui révolutionnent” les vacances ! Alors si pour vous vacances=tourisme=voyage organisé, banalisé et balisé, une lecture s'impose pour découvrir Le voyage en roue libre : Dernières nouvelles du Sud de Luis Sepúlveda avec des photos de Daniel Mordzinski. (Lire l'article)

Canapé Redoute Super Bold
Design

Patapoufs et avatars

Vous avez dit sobriété? Au sortir du confinement, les meubles aussi semblent avoir pris du poids. L'heure est aux canapés maousses, tout en rondeurs rembourrées. C'est le triomphe de l'encombrant douillet, du style patapouf. Pour mieux se vautrer dans le métavers?

Maguy Marin, Ligne de crête, 18e Biennale de la Danse de Lyon
Danse

Maguy Marin, sans commune mesure

Encore une fois, Maguy Marin frappe fort. Elle a ouvert avec fracas la 18e Biennale de la danse de Lyon. Dans Ligne de crête, Elle dénonce les manquements des politiques actuelles. Elle joue sur l’accumulation et la saturation, ménageant toutefois des chemins labyrinthiques pour les six interprètes qui s’emparent d’une partition chorégraphique millimétrée à devenir complètement dingues. Et réveille dans le fracas le désir de liberté. Un vrai bazar. (Lire l'article)

Tosca de Puccini – mise en scène Christophe Honoré – direction musicale Daniele Rustioni – Festival d’Aix-en-Provence 2019 © Jean Louis Fernandez
Musiques

Lyrique maintenant

Quelques très bonnes raisons d'assister au Festival international d'art lyrique d'Aix-en-Provence, dont l'édition 2019, sous l'impulsion de Pierre Audi, son nouveau directeur, est en route vers l'avenir...
Livres

Inscriptions et immersion

Dans Enfants de Paris, 1939-1945, le graphiste Philippe Apeloig met en page les photographies de 1200 plaques commémoratives de l'Occupation qu'il traque depuis longtemps. Dans Demain, le vaisseau chimère, les deux designers Gaëlle Gabillet et Stéphane Villard mènent une recherche sur l’illusion et l’écologie à travers le medium des fresques, questionnant le monde à venir. 

L'incoronazione di Poppea, de Claudio Monteverdi - Direction musicale: Leonardo García Alarcón, Mise en scène: Ted Huffman – Festival d’Aix-en-Provence 2022 © Ruth Walz
Musiques, Opéra

Chassez le naturel, il s’en va en courant

Qui d'autre que Néron peut chanter comme une soprano? Mais alors quand, comment et pourquoi s'est-on avisé qu'en fin de compte les rois, dictateurs et pères cruels devaient chanter très bas comme des barytons, des basses, à l'extrême rigueur, des ténors?