La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
Ross Lovegrove, Generator House
Design, Expo

Ross Lovegrove, impressions mutantes

Le designer britannique modélise les silhouettes évolutives de la nature. « Imprimer le monde » présente les objets mutants réalisés en 3D. Voici deux expositions qui s'hybrident bien au Centre Pompidou. Dans ce nouveau programme « Mutations/Créations », le design est placé au croisement de l'art et de l'architecture, en symbiose avec les technologies numériques, les sciences des matériaux, la biologie. Des recherches qui illustrent la grande bascule du mécanique au digital. Dans un esprit optimiste positiviste. (Lire l'article)

Théâtre

Au fond du trou, l’Europe

1993, le spectacle que met en scène Julien Gosselin avec des acteurs tout juste sortis de l'École du Théâtre national de Strasbourg, interroge les racines d'un malaise européen, à partir de deux symboles de la construction européenne dans les années 1990 : le tunnel sous la Manche, l'accélérateur de particules conçu par le CERN à la frontière franco-suisse. Signé Aurélien Bellanger, le texte du spectacle reprend aussi aussi plusieurs extraits de La Fin de l'histoire et le dernier homme, l'essai polémique de Francis Fukuyama. (Lire l'article)

Drago Jancar, Des bruits dans la tête, traduit du slovène par Andrée Lück-Gaye, Éditions Passage du Nord Ouest et Libretto, 2015
Le genre idéal, Livres

Murs

Des bruits dans la tête, de Drago Jancar. L’histoire d’une prison. L’allégorie de la servitude. Un homme qui se révolte, d’autres qui ne veulent que suivre ou profiter en oubliant que, si la richesse de l’autre lui est ôtée – liberté, rêves, famille, maison, argent – jamais elle ne sera partagée. La puissance de l’ordre partout. Vies, rêves et poumons piétinés dans le sable. Et pourtant. Toujours, l’homme revient. L’absence de perspectives communes dit-on ? Idée fausse ! Cette défaite supposée est une chimère à repousser comme une araignée noire. (Lire l'article)

Alain Barrière - Une autre vie
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Une autre vie

Supposons que la date et l’heure de la fin du monde soit connue et qu’il n’y ait plus rien d’autre à faire que de s’y préparer. Dès lors, la grande question serait : avec qui vais-je passer mes ultimes minutes ? Avec ma chère épouse ou mon cher époux ? Avec mes enfants, s'ils ne préfèrent une fête entre copains ? Avec mon chat, mon chien, mon poisson rouge, mon iPhone ? Avec personne, puisque dans le fond chacun vit seul et meurt seul ? Ou avec une ou un ami(e) ayant assez d’humour pour transformer ces derniers instants en vaste blague. Ce type d’individu ne court pas les rues. À quoi ressemble-t-il ? À Deborah Mitford, alias la duchesse de Devonshire ? À Richard Gere ? À Alain Robbe-Grillet ? Et Alain Barrière, dans tout ça ? (Lire l'article)

Musiques

The Tree of Forgiveness

En avril 2018, à 71 ans, John Prine sort son 24e album, The Tree of Forgiveness, un peu sous le manteau. Treize ans qu'il n'avait rien produit. Résultat bluffant. “J'espère qu'on ne va pas se rendre compte que c'est la dernière fois qu'on se dit au revoir.”
Courrier du corps, Musiques

L’oreille regarde (Thylacine + Rhodes Tennis Court)

Comment filmer un musicien populaire contemporain ? Prenons deux exemples : un qui filme et un qui joue, David Ctiborsky et Rhodes Tennis Court, respectivement. Le premier a suivi pendant deux semaines le musicien electro Thylacine dans le transsibérien, parti à la rencontre de musiciens locaux et d'inspiration. Le second, ce sont les musiciens de Rhodes Tennis Court, Marin Esteban et Benjamin Efrati, qui se décrivent comme “jouant face à face, comme à un jeu de raquettes, la compétition en moins”. Où l'on voit que c'est avec les yeux aussi qu'on fait de la musique. (Lire la suite)

Palais Métro, Montréal, 1967. Architecte : François Dallegret. Collage. Courtesy François Dallegret
Architecture

La discothèque, architecture des flux

Voom Voom de Saint-Trop, Piper de Turin, Club 54 de New York, Palace parisien, Hacienda de Manchester... Et bien d'autres lieux mythiques qui ont mené les corps yéyé, jerk ou disco jusqu'au bout de la nuit. Lumière, son, drogues ont sculpté les espaces de ces discothèques nées dans les années 60. L'exposition La Boîte de nuit, à la Villa Noailles (Hyères), s'immerge dans ces architectures intangibles. Des bulles métaphoriques d'innovations sociales, artistiques et technologiques, imaginées par des architectes expérimentaux, d'ambiance plutôt que d'intérieur. Éclate phénoménologique, entre boules à facettes, décibels et utopies. (Lire l'article)

Livres

Quo vadis, Nicanor ?

Nicanor Parra vient de nous quitter. En 103 ans de vie, il aura eu le temps d’être mathématicien et physicien, d’appartenir à une illustre famille d’artistes qui compte aussi parmi ses rangs la chanteuse folklorique Violeta Parra, sœur cadette de Nicanor, mais, surtout, d’être un énorme poète, ou plutôt anti-poète, ainsi qu’il aimait se définir. (Lire l'article)

François Garde, L'Effroi, Gallimard, 2016
Livres, Ordonnances littéraires

François Garde, pour ceux qui se lèvent, à Sarcelles ou même ailleurs

La haine, la peur, le rejet. Face à cela, des jeunes de Sarcelles ont décidé, à leur échelle, de réagir, avec courage et générosité. Ils ont vu les images de ces gens jetés sur les trottoirs parisiens, en plein XXIème siècle, affamés, bousculés, ignorés. Ils ont donné un peu de leur poche et ils se sont mis à cuisiner. Cent cinquante repas et sandwiches. Qu'ils sont allés distribués à Stalingrad et à Porte de la Chapelle. Avant de lancer un “défi” aux autres quartiers de banlieue pour qu'ils fassent de même. Ils se sont levés, comme le protagoniste du dernier roman de François Garde, L'Effroi. Et comme ceux qui les imiteront. (Lire l'article)

Docteur Frigo de Éric Ambler, traduit de l’anglais par Éric Diacon, Rivages/Noir. Une chronique de Lionel Besnier
Le genre idéal, Livres

Coup d’État, mode d’emploi

De l’art du coup d’État comme une nécessité. Porté à sa perfection, il n’en porte même plus le nom. Plus magnifique encore, il devient permanent. Éric Ambler, injustement méconnu, est un autre John Le Carré et son Docteur Frigo reçut en son temps le Grand Prix de littérature policière. Soulever un coin de la couverture et faire la connaissance d’El Lobo, du Père Bartolomé ou du commandant Delvert, ne peut pas faire du mal. (Lire l'article)

De l'humour en traduction: 36e assises de la traduction littéraire, ATLAS, Arles 2019
Guide, Traduction

Et vous trouvez ça drôle ?

36e Assises de la traduction littéraire à Arles, sur le thème : l'humour en traduction. Au programme, des conférences, des lectures, des débats, des ateliers, des spectacles et des conversations. “Et vous trouvez ça drôle ?”
Claudine Brécourt-Villars, Du couvent au bordel (mots du joli monde), La Table Ronde. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne
Livres, Ordonnances littéraires

Fin de campagne électorale : du couvent au bordel

La campagne des présidentielles est terminée. Elle vous a mis à l'épreuve et, désormais, vous le savez: vous êtes pauvre en jurons. C’est à pleurer, comme si tout le reste ne suffisait pas, voilà que cette fichue période vous a mis le nez devant ce que vous refusiez jusqu’à présent de reconnaître : votre indigence affligeante en terme de grossièretés. Jetez-vous donc, avant les législatives, sur l'ouvrage de Claudine Brécourt-Villars : Du couvent au bordel, mots du joli monde (La Table Ronde). (Lire l'article)

Angelus novus, AntiFaust, mise en scène de Sylvain Creuzevault. Une critique de René Solis dans délibéré
Théâtre

Folies Faust

Les manifs mènent à tout, même à Sainte-Anne. C’est dans le jardin de l’hôpital de l’hôpital psychiatrique parisien que Marguerite Martin, Prix Nobel de biologie et quadragénaire érotomane, trouve asile juste avant l’entracte. Dans le Faust revu et refusé par Sylvain Creuzevault, comme dans Le Maître et Marguerite de Boulgakov, la folie est un cadeau du diable, une façon d’échapper au contrôle d’identité et à l’ordre établi. Avis aux spectateurs, les trois heures trente que dure Angelus novus ne sont ni raisonnables ni bien léchées. (Lire l'article)

Rachid Ouramdane, CCN2 - Centre chorégraphique national de Grenoble, “Franchir la nuit”. Photo © Patrick Imbert
Danse

Rachid Ouramdane contre vents et marées

Pour aborder la question brûlante et désolante des migrants et plus largement des laissés pour compte, des cahotés par la vie, Rachid Ouramdane et les cinq magiques danseurs de sa compagnie ont travaillé avec vingt enfants de l’école Le Verderet de Grenoble et treize mineurs isolés, migrants d’Afrique et d’Europe accueillis par le département de l’Isère. Le spectacle est aussi simple que la présence d’un enfant se tenant seul en scène hagard mais plus jamais seul. Les danseurs transportent les corps. Rachid Ouramdane berce la peine. (Lire l'article)