La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
Patrice de Moncan, Les Passages couverts de Paris, éditions du Mécène, 2018.
Architecture

Au bonheur des passages

De la galerie Véro-Dodat aux Arcades des Champs-Élysées, combien y a-t-il eu de passages à Paris ? 305. Il y en avait encore plus d’une cinquantaine au XIXe siècle, il y en survit 18 aujourd’hui, raconte Patrice de Moncan, dans son ouvrage Les passages couverts de Paris : un livre d’histoire illustré publié aux éditions du Mécène,  pour redécouvrir les passages couverts de Paris. (Lire le guide)

Écrans, Séries

Il Miracolo, une histoire du trouble

Dieu, ces derniers temps, visite souvent Arte et c’est tant mieux. Après Au nom du père, co-production avec le Danemark, et son ravageur pasteur, voici Il Miracolo, co-production avec l’Italie, avec sa vierge en plastoc qui pleure des litres de sang. Serait-ce un rien passéiste ? Parce que l’Italie, là, semble moins habitée par les miracles de la madone que par de bons vieux démons. Erreur. (Lire le guide)

Colette B. de Joséphine Serre ©Véronique Caye
Théâtre

Amer et Colette, d’amour et d’exil

Dans Amer M. et Colette B., un diptyque écrit et mis en scène par Joséphine Serre au théâtre de la Colline, deux vies se déploient entre Paris et Alger et entre grande et petite histoire, sur tous les tons et à tous les temps. 
Bagdad, la grande évasion !, de Saad Z. Hossain, traduit de l’anglais (Bangladesh) par Jean-François Le Ruyet, Agullo éditions.
Le genre idéal, Livres

Irak, le monde, hier et demain

En 1258, les Mongols pillent Bagdad, massacrent un million de personnes, détruisent bibliothèques et universités, mettant ainsi fin à l’âge d’or des alchimistes et de la cité qui abritait alors tout le savoir du monde. Les livres, digues de papier trempé dégoulinant d’encre, servent de barrages sur le Tigre et des savants désespérés se jettent dans le fleuve d’une ville transformée en tas de gravats. Bagdad 2004. Les nouveaux Mongols sont américains. Le tas de ruines est le même. (Lire l’article)

Un Siècle - Vie et mort de Galia Libertad, mise en scène de Carole Thibaut © Héloïse Faure
Théâtre

Les combats du Siècle

Autrice et metteuse en scène, Carole Thibaut raconte, dans Un siècle, l’histoire d’une ville – Montluçon – et d’une famille. Son spectacle marie avec bonheur le goût de la politique, l’art du contraste et l’humour. 
Danse

Contre-histoire dansée de l’art

Le critique Philippe Verrièle et le photographe Laurent Paillier ont pris le contre-pied de ceux qui pensent que danse et arts plastiques sont intimement liés. Leur livre Danser la peinture renvoie Degas à ses danseuses – lui qui ne s’intéressa pas à la danse – et invite de jeunes chorégraphes à composer avec des peintres, de Kandinsky à Velickovic. Chacun des invités, majoritairement des jeunes pas forcément connus et reconnus, a planché sur un peintre. Il aura fallu quatre ans de travail pour que le livre sorte enfin, accompagné d’une exposition que l’on a pu voir au dernier festival Uzès Danse. À lire et à regarder. (Lire l’article)

star wars le réveil de la force
Cinéma, Écrans

Que l’énergie soit avec toi

À l’heure où nous réalisons que notre révolution industrielle, avec sa débauche énergétique, a bouleversé le climat, et où les matières premières (dont le pétrole) commencent à se raréfier sérieusement, il apparaît clairement que Star Wars s’est trompé de siècle. Qui fera aujourd’hui de la science-fiction avec des énergies renouvelables et des idées pour sortir de l’impasse où nous nous sommes engagés ? (Lire la suite)

José Saramago, La Lucidité, traduit par Geneviève Leibrich, éditions du Seuil, 2006.
Livres, Ordonnances littéraires

Saramago pour ceux qui passent leurs Nuits debout, ou couchés

Ce qui est arrivé a surpris tout le monde. Pas de signe avant-coureur, aucune annonce, aucune menace, voilée ou pas. La ville avait l’air tout à fait calme en ce jour d’élection. Quelle stupeur, du coup, à l’annonce des résultats. Impensable. Mais qu’à cela ne tienne, pas de panique, on reprend tout et on recommence : on organise de nouvelles élections (c’est une astuce parfois utilisée lorsque les suffrages ne vont pas dans le bon sens). D’où de nouveaux résultats. Et là, rebelote : quatre-vingt-trois pour cent de votes blancs. Dans La Lucidité, l’écrivain portugais José Saramago raconte la démocratie en crise et la refondation d’un espoir. Un récit pour ceux qui passent leurs nuits les yeux ouverts, que l’on prescrira aussi aux mauvais coucheurs. (Lire l’article)

Arts plastiques

Anaïs Charras, graveuse

Anaïs Charras développe un univers onirique que j’avais déjà beaucoup aimé dans ses dessins. La finesse de son trait l’a logiquement conduite à la gravure et je lui ai rendu visite dans son atelier.

Danse

Rock’n roll à Grenoble

Alors qu’il vient d’apprendre qui devra quitter le Centre chorégraphique national de Grenoble qu’il dirigeait depuis 1984, Jean-Claude Gallotta recrée My Rock, une pièce bourrée d’énergie qui annonce le retour du groupe Émile Dubois, la compagnie que le chorégraphe créa en 1979 avec Mathilde Altaraz. (Lire la suite)

Bror Gunnar Jansson - Moan Snake Moan
Musiques

Bror Gunnar Jansson, gentleman bricoleur

Gentleman bluesman, bricoleur ingénieux, mais aussi homme orchestre, Bror Gunnar Jansson est l’un des rares musiciens suédois à s’être fait connaître au-delà du pont de Malmö. Rien que le nom est une énigme : Bror pour frère, comme le fameux compagnon de Robin des Bois, puis “Gugges”, soit le diminutif de Gunnar en suédois, et enfin “Enmanna”, signifiant One Man Band. Tout cela dans un seul personnage. Un an après avoir enregistré son deuxième album Moan Snake Moan, le dandy de 28 ans est en concert ce mois-ci en France. (Lire la suite)

Brest 1982 © Gilles Walusinski
Brest 1982-1992, Photographie

Brest 1982 : la ville, les pauvres, le port (4)

L’été se terminait. Le soleil avait contredit la grisaille, cliché bien installé dans les mémoires brestoises. Parler des pauvres qu’on baptisait nouveaux pour désigner ceux qui restaient au bord du chemin, nous amena à penser qu’il fallait aussi parler de leurs rêves, de ce qui les extrait de ces quotidiens besogneux. Quoi de mieux qu’un match de foot…

À coucher dehors © Aurélien Ducoudray et Anlor – Bamboo Édition 2016-2017
Bande dessinée, S'il vous manque une case...

“On n’est pas couché” dehors…

Prie-Dieu, La Mergez et Amédée, sont des clochards établis sur les quais de Seine, jusqu’au jour où ce dernier apprend qu’il est l’héritier de sa tante Adélaïde, qui lui lègue son pavillon en banlieue. Mais il ne pourra occuper ce domicile fixe que s’il prend en charge son neveu Nicolas, un jeune trisomique fasciné par Gagarine et les étoiles. Les fugues de Nicolas ou les frasques des amis plus ou moins honnêtes des SDF seront les moteurs d’une odyssée citadine où s’accumulent les rencontres de personnages hauts en couleur, sans jamais tomber ni dans le pathos larmoyant ni dans la glorification idéalisée de la marginalité. (Lire l’article)