Money Monster, du dollar ou du cochon
Il en est de l'œuvre réalisée par Foster comme de certaines rencontres amoureuses : elle a tout pour plaire, mais la magie ne prend pas. Fable moderne sur la finance prédatrice, ce thriller sophistiqué, projeté dans le faux temps direct d'un live, a le mérite pourtant de mettre en scène l'obscénité de notre époque, révélée par la crise financière de 2007, quand le cash fait le show – mais on ne sait plus sur quel pied danser ici... (Lire l'article)
L’État libre de Bavière
En 1913, Franz Joseph Brakl inaugure une nouvelle galerie avec une grande exposition d’environ...
Martin Veyron, pour les obsédés du parpaing
Ce conseil est pour toi, le promoteur, l’homme pressé, l’obsédé du parpaing, de la bétonnière, de la brique alvéolaire. Lis, s’il te plaît, cette très belle BD de Martin Veyron, Ce qu’il faut de terre à l’homme (Dargaud), adaptée de la nouvelle de Léon Tolstoï, parue en 1886. Indémodable. Édifiante, crois-moi. “Si seulement j’avais plus de terre”, c’est le leitmotiv qui obsède, tout comme toi, Pacôme, ce paysan et père de famille. Nous sommes à la fin du XIXe siècle en Sibérie, et si la vie est un labeur harassant, elle lui sourit pourtant. Les efforts payent, la réussite et le gain le grisent, justifient trahisons et fuites en avant jusqu'à l'absurde. Plus dure sera la chute. (Lire l'article)
Vidéo musicale et vomi (comparatif)
L'idée de départ était de regarder deux vidéos musicales un peu contemporaines, pas trop flan façon Adele. On choisit donc Tame Impala et Oneohtrix Point Never pour la musique, soit respectivement le collectif Canada et l'artiste Jon Rafman pour la vidéo, même si dans ce second cas, le compositeur Daniel Lopatin a codirigé le clip. On regarde. L'œuvre de Rafman et Lopatin, Sticky Drama, titre idoine signifiant “drame collant”, ou en l'occurrence gluant, n'a pas manqué de détracteurs pour noter que c'était un peu dégoûtant, toutes ces pustules, ce pipi et ce vomi. Dans The Less I Know the Better de Canada, le personnage masculin aussi vomit, mais de la peinture, qui vient recouvrir le corps de la jeune fille, change de couleur et suggère des menstrues tartinant un entrejambe. (Lire la suite)
Cent experts pour un marchand et une oreille de faussaire (1)
Le musée Jacquemart-André à Paris expose à partir du 17 septembre dix toiles du Caravage. L'occasion de revenir sur la découverte en 2014 d'une toile attribuée au maître dans un grenier toulousain (et sur sa valeur estimée : 120 millions d'euros). Un tableau certifié “authentique” par une armada d'experts qui partira dans quelques mois pour une vente publique à l’étranger si l’État français, qui a déclaré l’œuvre “Trésor national”, ne fait valoir son droit de préemption. Dans ce monde de certificateurs et d’élégance où seul l’argent annonce clairement la couleur, comment faire la part de la réalité et de la fiction ? Première partie de réponse : “Les fornications artistiques du génie financier”. (Lire l'article)
Marie Cosnay, histoires d’îles et d’exils, suite
Texte indispensable, ce deuxième volume de la série «Des îles» que Marie Cosnay consacre à ceux et celles qu'illégalisent la politique migratoire européenne, est un livre de mémoire mais, avant tout, de combat.
Brest 1982 : la ville, les pauvres, le port (1)
À dix ans d'intervalle, en 1982 et 1992, je me suis rendu à Brest pour honorer deux commandes à l'initiative du ministère de l'Équipement. Deux travaux documentaires, l'un dans le cadre d'une campagne de réhabilitation de logements insalubres, l'autre autour du thème "Le port et la ville".
Soudain la vérité
Jardin d’Éden ou jungle menaçante ? Sur la scène de l’Odéon, troncs, lianes, plantes carnivores et fleurs vénéneuses se disputent un enclos tropical à l’abandon, projection organique du chaos régnant dans la tête de Sébastien, le poète improductif dont la mort, soudain l’été dernier, obsède les personnages de Tennessee Williams dont Stéphane Braunschweig signe la mise en scène. (Lire l'article)
Aux Hivernales, une mécanique bien huilée
En ouverture du Festival Les Hivernales d’Avignon, 39e édition, le spectacle La Mécanique des ombres de NaïF Production s’est imposé par sa troublante beauté et son étrangeté. Dans une autre tonalité, les Fragments mobiles d’Yvan Alexandre, d’abord dispersés, se rassemblent dans une fresque étirée. Et dans De(s)genération, du danseur et chorégraphe hip hop Amala Dianor, la new school rivalise joyeusement avec la old school. (Lire l'article)
Electroménager blanc, idées noires
Elle achète un congélateur et trouve un cadavre dedans.” Une Américaine de Caroline du nord rachète un congélateur à sa voisine qui s’apprête à déménager. Quelques jours plus tard, l’acheteuse ouvre l’appareil et découvre qu’il contient un cadavre, celui de la mère de la voisine. Ce sont des choses qui arrivent... En lisant le titre de cette dépêche de l'AFP, je me suis pris à rêver qu’il s’agissait d’un congélateur neuf, tout juste livré par un grand magasin d’électroménager. Il aurait été possible de tracer un parallèle avec le magnifique plan séquence qu’Alfred Hitchcock souhaitait glisser dans la Mort aux trousses. (Lire l'article)
Alexandre Seurat pour le gouvernement polonais
En Pologne, pays membre de l’Union européenne, les femmes ont failli ne plus avoir du tout le droit d’avorter. Même en cas de viol ou d’inceste. Quand l’avortement était déjà (et demeure) très sévèrement limité dans le pays. Et le gouvernement ultraconservateur du parti Droit et Justice, en place depuis l’automne 2015, a par ailleurs bien d’autres projets tout aussi réjouissants. Le gouvernement polonais veut préserver la “dignité” du peuple polonais ? Alexandre Seurat, dans L’administrateur provisoire, lui répond avec une précision troublante. (Lire l'article)
Tex Avery existe-t-il ?
Robert Benayoun (1926-1996), historien du cinéma, scribe de l'érotisme et du rire surréalistes, a vécu avec Tex Avery, et surtout sans lui, une étrange aventure. Fasciné par une oeuvre qu'il qualifie magnifiquement de “déculottage darwinien, tarte à la crème relativiste et kugelhof freudien”, il monte dans les années 1960, avec quelques amis de la revue Positif, un “Bureau de recherches texaveriennes” qu'il situe quelque part entre le CNRS et l'Oulipo. Surtout : il tente dès 1951 d'entrer en contact avec Tex Avery... (Lire l'article)
Dessiner sur le vif la Commune de Paris
De nombreuses photos ont été prises pendant la Commune de Paris. Elles sont toujours posées,...
Paint it, black
La fin du monde, ce n’est pas seulement sur BFM-TV, c’est aussi sur Netflix. Il suffit de jeter un œil sur la ribambelle de films américains pré ou post-apocalyptiques proposés ces derniers mois par la plateforme pour bien se pénétrer de la couleur de l’avenir : noir de chez noir de carbone. Pour la plupart, il s’agit de films oubliables mais, mis bout à bout sur une grosse bobine, ces longs-métrages pourraient former une œuvre assez cohérente, dans le genre terminus. Leur autre point commun est qu’ils regorgent de héros, c’est d’ailleurs leur seule invraisemblance. (Lire l'article)
Marie Darrieussecq ou le slalom de l’insomniaque
« Je carbure aux barbituriques depuis près de trente ans. Je savoure les soporifiques, je...
La porte de Saint-Cloud, une vieille sportive
Sur la place, il manque quelque chose en 2019. Pas de tramway qui aurait transformé les boulevards, mais le vieux bus PC. Ni travaux ni ZAC, ce qui nous coince au XXe siècle, quand ce quartier a commencé son expansion avec la disparition des fortifs en 1928...
3 x 3 = Les Oiseaux
Gregg Ellis, Séries Photographiques. Saison 2, épisode 2


















