La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
Le Pavillon Circulaire, Hôtel de Ville de Paris, fait de matériaux essentiellement récupérés. Architectes: collectif Encore heureux ® Cyrus Cornut
Architecture

Pavillon circulaire, ne circulez pas!

Sur la place de l’hôtel de ville de Paris, un petit bâtiment en bois, uniquement bâti avec des matériaux de réemploi, nargue le monument imposant. Face au gâchis provoqué par le BTP, les architectes de l’atelier Encore Heureux prônent la récupération soignée. Sans se tourner vers le passé ni vers une écologie usine à gaz. Ce lieu démonstratif de rencontres est aussi un café solidaire, ouvert aux débats, particulièrement pendant la COP 21, pour défendre l’économie circulaire et une architecture respectueuse de la planète. (Lire la suite)

Théâtre

Tombé du pont

Vu du pont, la pièce d'Arthur Miller donnée en français aux Ateliers Berthier de l'Odéon est un copié-collé de la version anglaise, créée au Young Vic de Londres le 4 avril 2014. Un mélodrame politico-sociologique, conçu comme une tragédie grecque, dont la version française frise le ridicule, avec des acteurs oscillant sans cesse entre premier et troisième degré, entre sitcom et Duras. (Lire la suite)

star wars le réveil de la force
Cinéma, Écrans

Que l’énergie soit avec toi

À l'heure où nous réalisons que notre révolution industrielle, avec sa débauche énergétique, a bouleversé le climat, et où les matières premières (dont le pétrole) commencent à se raréfier sérieusement, il apparaît clairement que Star Wars s'est trompé de siècle. Qui fera aujourd'hui de la science-fiction avec des énergies renouvelables et des idées pour sortir de l'impasse où nous nous sommes engagés ? (Lire la suite)

John Lennon - Plastic Ono Band - Power to the People
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Only The People

Si demain l’intelligence artificielle voulait prendre le contrôle de la planète, nous lui conseillerions de commencer par les zones commerciales, ces no man’s land qui croissent comme des champignons à la périphérie des villes françaises. Ces lieux — aberrations à la fois sociale, écologique et esthétique — sont ceux où l’humanité est le plus vulnérable. L’individu n’y est plus qu’un porteur de carte bancaire ; il achète, consomme, use, élimine, éventuellement recycle, puis revient. Du point de vue des machines, le plus rationnel serait qu’il y reste ad vitam... Aux derniers réfractaires, nous conseillons le maquis où, autour de feux de camps, ils pourront reprendre en chœur le Only People de John Lennon... (Lire l'article)

La voix de son maître Wanda Landowska Scarlatti
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Top ten

Quelle est la sonate de Scarlatti la plus célèbre ? Et quelles sont les plus jouées ? Pour le savoir, il suffit de réunir un maximum d'enregistrements de Scarlatti et d'en extraire le top ten. Voici le résultat, les numéros de sonates se référant à la classification chronologique Kirkpatrick (“K”) : 87, 481, 9, etc. Deux surprises : la plupart de ces stars sont des sonates anciennes ; le Scarlatti improvisateur, plus tardif, en est quasi absent. Ensuite, à trois exceptions près (9, 141 et 492), ces sonates sont lentes et mélancoliques. Pourquoi ? La réponse est d'une déroutante simplicité. (Lire l'article)

Vers une inconditionnelle liberté, documentaire de Vartan Ohanian et Serge Challon
Cinéma, Écrans, Théâtre

Un documentaire réparateur

Ce n’est pas l’histoire d’un taulard, ni l’histoire de ce qui a fait de lui un taulard (1). C’est l’histoire de portes qui ne se sont jamais ouvertes et qui se referment sur un jeune homme de 17 ans et 6 mois, qui s’entrouvriront pour une libération conditionnelle en 2003 et s’ouvriront à la fin de sa peine en 2013. Le film (56’) Vers une inconditionnelle liberté, de Vartan Ohanian et Serge Challon, ne pose aucune question directement, il fait confiance à son sujet, Jean-Marc Mahy, pour les poser. (Lire l'article)

Palais Métro, Montréal, 1967. Architecte : François Dallegret. Collage. Courtesy François Dallegret
Architecture

La discothèque, architecture des flux

Voom Voom de Saint-Trop, Piper de Turin, Club 54 de New York, Palace parisien, Hacienda de Manchester... Et bien d'autres lieux mythiques qui ont mené les corps yéyé, jerk ou disco jusqu'au bout de la nuit. Lumière, son, drogues ont sculpté les espaces de ces discothèques nées dans les années 60. L'exposition La Boîte de nuit, à la Villa Noailles (Hyères), s'immerge dans ces architectures intangibles. Des bulles métaphoriques d'innovations sociales, artistiques et technologiques, imaginées par des architectes expérimentaux, d'ambiance plutôt que d'intérieur. Éclate phénoménologique, entre boules à facettes, décibels et utopies. (Lire l'article)

Portrait de Farinelli (détail) par J. Amigoni
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Farinelli nous casse les oreilles

Malgré leurs caractères diamétralement opposés, il semble que l'amitié entre Scarlatti et Farinelli ne se soit jamais démentie. D'ailleurs, c'est à Farinelli, dépositaire de l'héritage musical de Maria Barbara, que l'on doit de connaître aujourd'hui les sonates. On raconte que le divin castrat fit beaucoup pour aider Scarlatti, empêtré dans ses dettes de jeu, moyennant la mise au propre de ses sonates, mais il y avait entre eux bien davantage que de vulgaires histoires d'argent ou d'intérêts. (Lire l'article)

Théâtre

Au fond du trou, l’Europe

1993, le spectacle que met en scène Julien Gosselin avec des acteurs tout juste sortis de l'École du Théâtre national de Strasbourg, interroge les racines d'un malaise européen, à partir de deux symboles de la construction européenne dans les années 1990 : le tunnel sous la Manche, l'accélérateur de particules conçu par le CERN à la frontière franco-suisse. Signé Aurélien Bellanger, le texte du spectacle reprend aussi aussi plusieurs extraits de La Fin de l'histoire et le dernier homme, l'essai polémique de Francis Fukuyama. (Lire l'article)

Design, Expo

Pierre Charpin en villégiature

Le designer est l'invité du 10e Festival international Design Parade organisé à la Villa Noailles, folie moderniste conçue de 1923 à 1933 par l'architecte Robert Mallet-Stevens à Hyères (Var) et nourrie par l’esprit mécène et extravagant de ses propriétaires Marie-Laure et Charles de Noailles. Un festival au croisement de la mode, de la photographie, du design et de l'architecture, toutes ces disciplines, ici souvent indisciplinées, des arts appliqués. (Lire la suite)

Aristote à Hollywood (2) ou Tex Avery par Nicolas Witkowski
Chroniques avéryennes, Écrans

Aristote à Hollywood (2)

Aux causes finales, explications commodes mais illusoires, Aristote adjoignait les causes “formelles”, celles qui sont censées expliquer la forme des choses, vivantes ou inanimées. Et c'est sans doute la partie de sa philosophie qui a le plus mal vieilli, puisque la forme, dans le cadre de la science moderne, s'explique entièrement par les propriétés de la matière, guidées par une éventuelle “information”, matérielle elle aussi. Pour les créatures vivantes, cette information est d'ordre génétique et codée chimiquement dans leur ADN. La forme d'Aristote, elle, était une “essence”, une “idée” venant d'un mystérieux monde extérieur pour informer la matière brute. Tex Avery, bien sûr, se saisit de cette notion surprenante. (Lire l'article)

Antoine Brea, Récit d'un avocat, Le Quartanier, 2016
Le genre idéal, Livres

L’avocat et les assassins

En 1996, deux immigrants kurdes sont condamnés par la cour d’assises du Jura pour le meurtre sauvage d’une femme de vingt-cinq ans laissée pour morte après avoir été violée. Peu de choses ensuite, dans ce roman aux faux airs de récit pénal, sont entièrement imaginaires. Un avocat en proie à des phobies et bien loin du prestige des joutes oratoires, se retrouve malgré lui dans les coulisses de ce drame. Souvent, les romans de genre exposent l’indicible et décrivent le chaos avant de ramener l’ordre. Conservateurs et rassurants. Après la peur et le frisson triomphe la normalité. La morale est rappelée. Parfois aussi un texte est tout simplement bon et décale les règles. (Lire l'article)

Instagram
Courrier du corps

De l’instagrammatologie

Réussir son compte Instagram, ce n'est pas si facile. Parce que comme avec tous les instruments de création 2.0, le risque du “trop” n'est jamais loin. Vous avez dix mille filtres à dispo, des outils de recadrage, de réglage, etc. pour rendre une photo ratée acceptable. En général, une petite retouche suffit. Mais le syndrome “open bar” frappe régulièrement : on sature les couleurs, on ajoute un cadre vintage, et puis aussi un effet “vignette” qui fait trop mystérieux, tel un trait de kohl sous les yeux. Résultat : c'est plus un cliché, c'est un camion volé. À part ça, que montrer sur Instagram ? C'est en principe l'endroit où s'exprime votre créativité, votre voyeurisme s'exerçant quant à lui sur Facebook et votre sens du café du commerce sur Twitter. Comment accumuler les likes ou, au contraire, rater sa vie sur Instagram ? (Lire la suite)

Vidéopoésie sur YouTube, par Gianna Schmitter
Livres

Vidéopoésie sur YouTube

L'offre poétique fleurit sur Internet et les jeunes poètes latino-américains se montrent particulièrement inventifs en la matière. On trouve même une playlist poétique sur YouTube. Attention, ça décoiffe...