La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Critiques
Deadpool
Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Deadpool, ou l’esthétique du bluff

Dans le nouvel Olympe marketté par Hollywood, Deadpool, énième comics passé sur grand écran, incarne le sale gosse de la famille mutante. À savoir, sous sa combinaison noire et rouge, un tueur à gages amoral et roublard, avec un visage de zombie, une puissance de surhomme et un don d’immortel. Mais son vrai super pouvoir, c’est le super second degré. Dès l’ouverture se déploient tous les vertiges de l’ironie et de la mise en abyme : voix off gouailleuse et regard caméra complice, gags parodiques. Dans ce kaléidoscope de clins d’œil et de reflets à l’infini, que reste-t-il du réel ? Rien, ou si peu. Fini le temps où des super héros sombres ou fragiles portaient doutes et traumas de l’après 11 septembre : nous voici revenus à l’ère du clinquant et du chiqué. (Lire l’article)

Danse

El Farru, pile et face

Le festival Arte Flamenco de Mont-de-Marsan attire des amateurs du monde entier et réserve de drôles de surprises. Ce fut le cas avec ces deux prestations d’El Farru. Côté pile, Flamenconcierto : spectacle de son cru, super show bling-bling où ne manquait qu’un feu d’artifice final. Côté face, le spectacle &dentidades de Pastora Galván, où il a rendu un hommage à son grand-père El Farruco, complètement habité par son fantôme. (Lire la suite)

Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Tout est à refaire

Présenter ses vœux de nouvelle année à Pierre, Paul et Jacqueline est une obligation un peu lassante, mais, en ce mois de janvier 2019, l’exercice a un côté cocasse qui le rend moins pénible. Le climat devient fou, et on est à peu près sûr que cela ne va qu’empirer. Le populisme gagne lentement mais sûrement la planète. Le système économico-industriel s’approche de la rupture. La vie intellectuelle se résume peu ou prou au clapot circulaire des débats diffusés ad nauseam par les chaînes d’info en continu. Où que l’on tende l’oreille, ce ne sont que disques rayés… (Lire l’article)

Colette B. de Joséphine Serre ©Véronique Caye
Théâtre

Amer et Colette, d’amour et d’exil

Dans Amer M. et Colette B., un diptyque écrit et mis en scène par Joséphine Serre au théâtre de la Colline, deux vies se déploient entre Paris et Alger et entre grande et petite histoire, sur tous les tons et à tous les temps. 
Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

La Fille de Londres

La fin du monde ne ressemblera pas à la fin du monde. Pas de gros nuages noirs annonciateurs d’orage terminal, pas de raz de marée de cauchemar balayant les cités, pas de champignon nucléaire s’élevant au loin comme une mauvaise blague. Vous saurez que la fin du monde approche lorsque vous décrocherez votre téléphone et qu’une voix synthétique vous répondra : si ceci tapez 1, si cela tapez 2, sinon tapez étoile pour revenir au sommaire. Tout indique (en particulier les services d’assistance de ces entreprises connues sous le nom de “fournisseurs d’accès”) que nous en sommes déjà là. (Lire l’article)

Arts plastiques, Expo

Massinissa Selmani makes it visible

Blindées de leur complétude, les images de presse affirment un état du monde, une situation significative et immédiatement lisible. En reprenant des images existantes, Massinissa Selmani isole certains détails qui tiraient leur sens d’être intégrés à une scène plus vaste. Ou bien il adjointe des fragments qui menaient jusqu’alors des existences distinctes. Ou encore, il superpose une feuille de calque sur une photographie en retrace certains éléments avec un léger décalé. Massinissa Selmani donne à voir ce que les affirmations des images complètes occultent : l’absurdité d’un geste, le désœuvrement, le bizarre. (Lire l’article)

Terri Weifenbach - Des oiseaux, éditions Xavier Barral, 2019
Photographie

Terri Weifenbach ou la symphonie des oiseaux

La photographe américaine Terri Weifenbach vient de publier aux éditions Xavier Barral un ouvrage somptueux dans la collection ”Des oiseaux”. Des photographies prises au fil des saisons entre 2015 et 2018 dans le jardin de sa maison, à Washington D.C., montrant une nature familière, humble, qui pourtant s’ouvre sous son objectif à une dimension inconnue et troublante.
Arts froids

Foot2glace Extrême

À l’approche de la coupe du monde de football au Qatar, et suite à l’annonce récente de l’attribution des Jeux asiatiques d’Hiver à l’Arabie saoudite en 2029, imaginons ce que serait une compétition sportive organisée en milieu polaire…

Homunculus averyensis
Chroniques avéryennes, Écrans

Homunculus averyensis

Les personnages d’Avery, comme ceux des autres dessins animés, possèdent cette merveilleuse plasticité qui assure leur survie, même après s’être fait aplatir ou enfoncer dans le sol. Mais chez Avery, on peut aussi se fragmenter, clignoter, s’effriter. Chaque partie du corps acquiert son autonomie, reprend sa liberté. En opposition catégorique avec la notion d’“individu”, le corps avéryen est décidément du genre “dividu”. Un simple coup de marteau suffit à montrer que, loin d’être un assemblage visqueux de choses molles, le corps avéryen est un béton (mal) armé mais bien structuré en couches concentriques se fragmentant l’une après l’autre. On meurt pour de bon mais, à la mort violente, Avery préfère l’émotion pure, dont les effets sont bien plus spectaculaires.

De l'urgence de l'hospitalité - Rencontres et lectures à la Chartreuse de Villeneuve Lès Avignon du 20 au 23 juillet 2022
Guide

Hospitalière Chartreuse

Du 20 au 23 juillet, la Chartreuse de Villeneuve-Lès-Avignon (Centre National des Écritures du Spectacle) accueille avec la Maison Antoine Vitez un cycle de lectures et de rencontres intitulées « De l’urgence de l’hospitalité ».

Brest 1992 © Gilles Walusinski
Brest 1982-1992, Photographie

Brest 1992 : le port et la ville (2)

Arriver à Brest en plein cagnard d’un mois d’août particulièrement chaud, se confronter à une ville déserte et se replier vers le port de plaisance pour trouver un hôtel, c’était en 1992. Se résoudre à arpenter les rues vides et regretter l’accompagnement dont j’avais bénéficié en 1982.

Scarlatti Gusmão aéronef
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Lumières portugaises

Dans son roman Le Dieu manchot, José Saramago, prix Nobel de littérature, recrée l’atmosphère du Portugal au début du XVIIIe siècle. Sur un fond mystique bien tassé — l’édification de la basilique de Mafra par le très pieux roi Jean V dont le palais est éclairé par des cierges, et qui partage très officiellement la couche de la Mère supérieure d’un couvent voisin —, Saramago imagine la construction du premier aéronef de l’histoire par le génial inventeur Bartolomeu de Gusmão… au son du clavecin de Domenico Scarlatti. Dans le roman, un couple fort sympathique, Balthazar et Blimunda, construit un épatant prototype d’avion de bois et de fer (la “passarole”) sur les plans de Gusmão, tandis que Scarlatti fait apporter son clavecin dans l’atelier. (Lire l’article)

Canapé Redoute Super Bold
Design

Patapoufs et avatars

Vous avez dit sobriété? Au sortir du confinement, les meubles aussi semblent avoir pris du poids. L’heure est aux canapés maousses, tout en rondeurs rembourrées. C’est le triomphe de l’encombrant douillet, du style patapouf. Pour mieux se vautrer dans le métavers?