La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Critiques
Terri Weifenbach - Des oiseaux, éditions Xavier Barral, 2019
Photographie

Terri Weifenbach ou la symphonie des oiseaux

La photographe américaine Terri Weifenbach vient de publier aux éditions Xavier Barral un ouvrage somptueux dans la collection ”Des oiseaux”. Des photographies prises au fil des saisons entre 2015 et 2018 dans le jardin de sa maison, à Washington D.C., montrant une nature familière, humble, qui pourtant s’ouvre sous son objectif à une dimension inconnue et troublante.
À coucher dehors © Aurélien Ducoudray et Anlor – Bamboo Édition 2016-2017
Bande dessinée, S'il vous manque une case...

“On n’est pas couché” dehors…

Prie-Dieu, La Mergez et Amédée, sont des clochards établis sur les quais de Seine, jusqu’au jour où ce dernier apprend qu’il est l’héritier de sa tante Adélaïde, qui lui lègue son pavillon en banlieue. Mais il ne pourra occuper ce domicile fixe que s’il prend en charge son neveu Nicolas, un jeune trisomique fasciné par Gagarine et les étoiles. Les fugues de Nicolas ou les frasques des amis plus ou moins honnêtes des SDF seront les moteurs d’une odyssée citadine où s’accumulent les rencontres de personnages hauts en couleur, sans jamais tomber ni dans le pathos larmoyant ni dans la glorification idéalisée de la marginalité. (Lire l'article)

Théâtre

L’adieu aux FARC

Si la révolution n'est pas un dîner de gala, elle peut être une pièce de musée. En Colombie, l'un des principaux campements des FARC a été transformé par l'armée, après les accords de paix, en lieu de mémoire. Des soldats y jouent le rôle des guérilleros, d'autres celui des otages. C'est le point de départ de La Despedida, le spectacle de Rolf et Heidi Abderhalden, fondateurs du Mapa Teatro de Bogota, qui clôt une trilogie consacrée à la violence dans leur pays. (Lire l'article)

High-Rise, thriller britannique de Ben Wheatley, avec Tom Hiddleston, Jeremy Irons… Une critique de Thomas Gayrard
Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Green Room / High-Rise, dans la cage aux chiens

En ces temps d’Apocalypse sociale programmée, voilà deux huis clos construits comme des survivals, qui tracent un horizon de tragédie pour notre monde : le retour à la barbarie, la menace du fascisme. Assez sèche et surprenante, la série B Green Room explore un nouvel hors champ de l'Amérique white trash : un groupe de punk se retrouve pris au piège d'un local de skinheads, des red necks aryens moins cons qu'il n'y paraît... Moins convaincant, High-Rise, adapté d'une satire SF de Ballard, nous enferme dans une tour de béton où d'un étage à l'autre, s’architecturent les rapports de classe, avant que le meilleur des mondes ne dégénère en dystopie sale et sauvage... (Lire l'article)

Rodolfo Walsh
Livres, Rodolfo Walsh

Rodolfo Walsh en 36 vignettes (1-16)

Une drôle de note, glissée entre les cahiers saisis par la dictature peu avant ta mort, dit ceci :  “On m’appelle Rodolfo Walsh, quand j’étais enfant, je n’arrivais pas à trouver ce nom convaincant, je me disais par exemple qu’il ne m’aiderait pas si je voulais devenir président de la République.”  (Lire)

Écrans, Machines à voir

Romance

Des mains féminines repassent une chemise d'homme: Romance de Helen Grace, épouse la durée et le rythme d'un mouvement célèbre de Chostakovitch. Sept minutes simplement vertigineuses.

Belle d'hier, de Phia Ménard. Photo © Jean-Luc Beaujault
Danse

Montpellier Danse, édition spéciale female (2)

Le festival Montpellier Danse révèle des corps entièrement remodelés par la question du genre et des positions politiques qu’elle implique. Phia Ménard, qui fut le jongleur Philippe Ménard, en est l’exemple le plus criant. Dans sa nouvelle création Belle d’hier, devenue femme et féministe, elle fait fondre les figures patriarcales dominantes.

Chiharu Shiota, “Destination” © Bertrand Huet
Arts plastiques, Expo

Chiharu Shiota, un fil après l’autre

Artiste travaillant sur la mémoire, sur l’absence, la Japonaise Chiharu Shiota rappelle, à l’occasion de son exposition “Destination” visible à la galerie Daniel Templon (Paris) jusqu’au 22 juillet, que ses embarcations sont avant tout une représentation de la vie en tant que “voyage incertain et merveilleux”. Une barque encerclée d'immenses tissages, source de fascination et de peur. (Lire l'article)

Le genre idéal, Livres

Y croire et foncer !

Bibliothèque à vendre. Pas de place. Plus d’argent pour les fêtes et les assurances à payer qui arrivent en même temps que les vœux de bonheur et de prospérité. Les caisses de livres remontent de la cave, rejoignent celles du grenier dans le salon. Restent sur les rayonnages vides des traces légères d’absence, des fantômes délicats d’histoires sur le bois. Il faut d’abord payer le loyer. Et puis tomber sur un livre : Le Vautour de Gil Scott-Heron. (Lire l'article)

Respiration artificielle, de Ricardo Piglia, traduit de l'espagnol (Argentine) par Antoine et Isabelle Berman, André Dimanche, 2000
Livres

Ricardo Piglia : le souffle de la fiction

Y a-t-il une histoire ?" C’est ainsi que s’ouvre Respiration artificielle, œuvre indispensable de l’Argentin Ricardo Piglia, qui vient de nous quitter. L’histoire familiale du jeune écrivain Emilio Renzi, alter ego aussi évident que mensonger de l’écrivain, s’entrelace avec l’histoire agitée de son pays. Dès les premières pages, il met en garde le lecteur : « Tout est apocryphe »(Lire l'article)

Théâtre

Antoine et Cléopâtre, passion parfaite

Tiago Rodrigues a baptisé sa compagnie Mundo Perfeito. Son spectacle Antoine et Cléopâtre est en harmonie avec ce nom : il est rare de sortir d'un théâtre avec la sensation que ce qui est montré est la traduction parfaite du projet initial. Faire vivre l'âme de l'un dans le corps de l'autre, c'est très exactement ce que réalisent sur scène Sofia Dias et Vítor Roriz. (Lire l'article)

Photographie

Daniel Barraco, suite

Le photographe argentin Daniel Barraco publie Artes & Oficios, nouveau livre de photos. Où l'on retrouve l'image, déjà évoquées dans délibéré,  d'un marchand de balais de Mendoza...
Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac
Livres, Ordonnances littéraires, présidentielle 2017

Cyrano de Bergerac pour nos responsables politiques au verbe bas

L’insulte en politique est une arme banale mais redoutable. La manier avec habileté et brio permet dans bien des cas de prendre l’avantage, de pousser l’adversaire à la faute, de porter l’estocade. Chères et chers compatriotes, n’allons pas jusqu’à exiger l’usage de l’alexandrin dans le débat politique, mais demandons au moins à nos candidats un peu d'agilité verbale. Un peu d’esprit (cyranesque), aussi. (Lire l'article)

Oscar Wilde par Napoléon Sarony © Bibliothèque du Congrès, Washington
Livres, Non classé

Oscar Wilde in the right place

À l'expo Oscar Wilde au Petit Palais, on s'attend à voir de touchantes lettres d'amour, des photos sépia de jeunes lords efféminés, les merveilleux dessins érotiques d'Aubrey Beardsley, et ces grandes toiles préraphaélites, hideuses et risibles aujourd'hui, qui faisaient les délices de la gentry anglaise et qu'Oscar portait au pinacle. On s'attend moins à y trouver André Gide, camarade de débauche, et Robert Badinter, qui revient en vidéo sur l'inique procès qui condamna Wilde à deux ans de travaux forcés pour homosexualité et incitation de mineurs à la débauche... (Lire l'article)