De l’insoutenable satisfaction du désir
Trafic du vivant et de l’inanimé. Aliénation au désir. Esclavage moderne. Déresponsabilisation. Réflexion sur le langage. Enquête policière qui se moque de savoir ce qu’il est advenu de l’éventuelle victime pour ne s’intéresser qu’à des questions éthiques, Suréquipée, de Grégoire Courtois, est aussi, par le biais du fantastique, un roman qui rogne les frontières. (Lire l’article)
Lights
Le film de Marie Menken (1909-1970), est un formidable cocktail d’expérimentation, de fantaisie, de fureur et d’enthousiasme graphiques, une écriture luminescente, un poème abstrait conçu à partir d’images de décorations lumineuses de Noël.
Sauvette qui peut
Nos lectrices cinéphiles (nous savons que peu d’entre elles regardent Les Tuche) se souviennent...
5 – Au-delà du pitch
Nous le savons bien, ce n’est pas l’histoire qu’elle raconte qui fait la qualité d’une série mais la manière dont elle la raconte. Toutefois certains pitchs sont si décourageants qu’on hésite à s’engager dans l’aventure.
Y croire et foncer !
Bibliothèque à vendre. Pas de place. Plus d’argent pour les fêtes et les assurances à payer qui arrivent en même temps que les vœux de bonheur et de prospérité. Les caisses de livres remontent de la cave, rejoignent celles du grenier dans le salon. Restent sur les rayonnages vides des traces légères d’absence, des fantômes délicats d’histoires sur le bois. Il faut d’abord payer le loyer. Et puis tomber sur un livre : Le Vautour de Gil Scott-Heron. (Lire l’article)
Seyhmus Dagtekin pour les faiseurs de chiffres
La pandémie sévit depuis des années. Les journalistes traduisent notre monde en calculs, montants, tableaux, pourcentages, camemberts ou diagrammes. Qu’ils nous disent donc combien de chiffres ils nous obligent à avaler chaque jour, quel pourcentage de lecteurs, téléspectateurs ou d’auditeurs les digèrent vraiment, quelle proportion de ces mêmes chiffres ont un sens, au fond, et quand, mais quand donc cette valse de signes abscons prendra fin, pour qu’enfin ils se mettent à analyser, expliquer, raconter. Les chiffres ont chassé les mots. Chers journalistes, essayez donc de lire de la poésie. Les éditions du Castor Astral viennent justement de publier un très beau recueil de Seyhmus Dagtekin, À l’ouest des ombres. (Lire l’article)
Grandeurs et Misères de l’hugologie
Victor Hugo étant (fort légitimement) hissé chaque année un peu plus haut au firmament des saints républicains, toute nouvelle édition des Misérables, son œuvre-phare, prend un air d’événement. Ce fut encore le cas le mois dernier avec la parution d’une deuxième édition de ce roman en Pléiade, établie par Henri Scepi. Les exégètes continuent donc de se presser autour de la bible hugolienne avec une science et un respect accrus. Et cet événement dépasse de loin le seul domaine littéraire puisque c’est une partie de l’âme de la France qui passe ainsi sous le scalpel, à un moment où la France ne sait plus très bien où elle en est, de son âme. (Lire l’article)
Captain America – Civil War, Renaissance de la Tragédie
Décidément, il y a quelque chose de pourri au royaume d’Amérique… Car du dernier né Marvel à celui de son éternel rival DC Comics (Superman vs Batman), on retrouve non seulement le même dispositif mythologique – un duel entre frères et ennemis et icônes pop –, mais surtout la même question morale : celle du dommage collatéral, dans un monde toujours plus complexe, obsédé par le deuil et la culpabilité… (Lire l’article)
Musique, amour et vacheries
Dans Sans Tambour, Samuel Achache poursuit avec brio son pas de deux entre théâtre et musique, cette fois à partir de lieder de Schumann. Au programme, gags et quiproquos, images et temps forts, même si le propos n’est pas toujours à la hauteur de son habillage…
Babylon Berlin, Schneidermann : tourbillon et sidération
“Les années 30 nous obsèdent”, écrit Daniel Schneidermann dans Berlin, 1933. Entre Babylon Berlin, série à succès qui fait du bruit et un livre qui dépiaute les silences de la presse internationale dans l’entre-deux guerres : dialogue. (Lire l’article)
Sortir au jour d’Amandine Dhée: la mort à visage humain
C’est par un non-évènement que s’ouvre le beau livre d’Amandine Dhée paru au début de cette année, « Sortir au Jour » (Editions La Contre Allée), qui parle sereinement de ce que la mort nous inspire
Cock-a-Doodle-Dog
Le secret d’Avery, c’est la construction, l’enchaînement des gags. Beaucoup se trouvent dans la période Warner, mais à l’état d’éléments dispersés. Ce n’est qu’à la MGM, vers 1950, qu’ils s’assemblent.
Les arts du possible (1)
Bismarck (ou Gambetta) disait que “la politique est l’art du possible”, or une telle formule pourrait aussi s’appliquer à d’autres arts, comme la bande dessinée. Les deux cherchent à proposer des mondes possibles, c’est-à-dire des univers cohérents qui possèdent toutes les caractéristiques de l’existence. Si elles ne sont pas toujours probables, les réalités parallèles que met en place la BD constituent des extrapolations possibles, permettant de mettre en lumière certains des aspects les plus obscurs de notre monde. (Lire l’article)
“Yippee ! I’m a poet”
Voilà donc Bob Dylan consacré par la plus haute distinction littéraire. Le compositeur américain, aujourd’hui âgé de 75 ans, coqueluche de la Beat Generation, aura passé toute sa carrière à snober les récompenses en tout genre, fuyant la reconnaissance des autres pour continuer à débiter ses chansons cultes, souvent magnifiques, parfois incompréhensibles et souvent interminables, sur toutes les scènes de la planète. Adulé ou décrié tout au long de sa carrière, il n’a jamais laissé personne insensible. Car Dylan, on l’aime ou on le hait. (Lire l’article)
Arrivée à Stratford-upon-Avon
Edwin Austin Abbey. Paysage dessiné l’été qui a précédé son départ pour...
Ny-London au Spitzberg
Ny-London à Peirsonhamna sur Blomstrandhalvøya dans le Kongsfjorden au Spitzberg, ou l’histoire du lamentable fiasco industriel d’un type nommé Ernest Mansfield (1862-1924), prospecteur de son son état et patron charismatique de la Northern Exploration Company, qui avait voulu en 1911 ouvrir et exploiter là-bas, dans l’Arctique, une carrière de marbre.
Beauté Congo, une expo bien sapée
À la Fondation Cartier, l’exposition Beauté Congo – 1926-2015 – Congo Kitoko mêle des artistes de plusieurs générations, en rupture avec l’académie, à l’humour souvent dévastateur. Une exposition touffue qui balaie large au risque d’en faire trop, associée un parcours musical pertinent. (…)


















