La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
Palais Métro, Montréal, 1967. Architecte : François Dallegret. Collage. Courtesy François Dallegret
Architecture

La discothèque, architecture des flux

Voom Voom de Saint-Trop, Piper de Turin, Club 54 de New York, Palace parisien, Hacienda de Manchester... Et bien d'autres lieux mythiques qui ont mené les corps yéyé, jerk ou disco jusqu'au bout de la nuit. Lumière, son, drogues ont sculpté les espaces de ces discothèques nées dans les années 60. L'exposition La Boîte de nuit, à la Villa Noailles (Hyères), s'immerge dans ces architectures intangibles. Des bulles métaphoriques d'innovations sociales, artistiques et technologiques, imaginées par des architectes expérimentaux, d'ambiance plutôt que d'intérieur. Éclate phénoménologique, entre boules à facettes, décibels et utopies. (Lire l'article)

© Julien Devaux, Into the pool
Écrans, Machines à voir

Into the pool

Une piscine, un paysage presque vide avec la mer en ligne de fond. Dans Into the pool, le cinéaste Julien Devaux se jette à l'eau, au propre comme au figuré. Et rend hommage avec humour à l'artiste néerlandais Bas Jan Ader.
Musiques, Opéra

Fragments de terre et d’eau

Depuis six ans, au début du mois de septembre, le Festival Terraqué pose la musique vocale et instrumentale à Carnac et ses environs. Son directeur artistique, Clément Mao-Takacs, fait de chaque concert un exercice d’hospitalité accueillant aux artistes, aux publics et à la musique. Le mot Terraqué, emprunté à Guillevic, signifie "de terre et d’eau".

Revues de photographie (sélection)
Photographie

Ma vie en revues (1)

L'apparition en 2017 de la revue Transbordeur. Photographie, histoire, société m'a rappelé que ma vie de photographe avait été jalonnée par les revues. C'est cette histoire que je compte raconter.
Walt Disney, Le livre de la jungle
Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Le Livre de la Jungle, d’une hypnose à l’autre

Welcome to the jungle – et dans un paradoxe de la création : parmi tous nos récits classiques, celui qui raconte combien difficile il est pour le “petit d’homme” de s’extirper de la Nature sauvage s’est incarné dans les formes les plus artificielles du 7ème art, le plus artificiel de tous. De la grâce que nous a laissé le dessin animé de 1967, merveille de notre enfance dont l'hypnose n'a jamais cessé, que reste-t-il dans le reboot de Jon Favrau – dessin animé aussi, mais tout en synthèse hyperréaliste, puisque de live action ici, il n'y a de fait que son héros Mowgli ? (Lire l'article)

Julien Discrit ENSAPC Ygrec Territoire Hopi exposition
Arts plastiques, Expo

Lignes d’empreinte – Julien Discrit à la galerie Ygrec

C’est d’abord une exposition où les images échappent. Peut-être est-ce surtout une exposition sur l’empreinte ? Ou une exposition sur la réversibilité des lignes ? Échappements, réversibilités, images, empreintes et lignes : c’est une exposition sur tout cela ; c’est une exposition de Julien Discrit à la galerie Ygrec (École Nationale Supérieure d’Arts de Paris Cergy) ; c’est une très belle exposition – enthousiasmante parce qu’infiniment complexe, mais sereine parce que cette complexité accepte d’être approchée simplement. Et ceci est une des formes de la beauté. (Lire la suite)

Man Ray, Le Cadeau, réplique de l’original disparu, 1921
Arts plastiques, Bansky vs Marcel

Banksy vs Marcel : un siècle de retard sur l’art en morceaux (3)

Depuis les expériences duchampiennes très élaborées et les complicités du hasard auxquelles l’artiste savait rendre grâce, la problématique artistique de la machine et du débris – ou celle de la machine et du débris artistiques – a ensuite régulièrement trouvé des exploitants plus catégoriques. Le pop art, dans ses variantes britanniques, françaises, américaines ou japonaises, investit résolument l’univers béant des vitrines, de la publicité, des cartoons et comics, pour enchaîner des productions assumant l’empiètement de la marchandise sur l’œuvre d’art et réciproquement. (Lire l'article)

Traduire Karl Ove Knausgaard, par Marie-Pierre Fiquet (entretien avec Agnès Villette)
Entretiens, Le coin des traîtres, Traduction

Traduire Karl Ove Knausgaard

Le Proust norvégien, comme certains le désignent, écrit au plus près de l'émotion et de la vie disséquée dans ses aspects les plus simples, les plus banals. Questionnée par Agnès Villette sur sa co-habitation avec un auteur de l'intimité et de la banalité, sa traductrice française évoque la transposition d'un style bref, dépouillé, volontairement pauvre, qui doit trouver son rythme et sa respiration en français. (Lire l'entretien)

Colette B. de Joséphine Serre ©Véronique Caye
Théâtre

Amer et Colette, d’amour et d’exil

Dans Amer M. et Colette B., un diptyque écrit et mis en scène par Joséphine Serre au théâtre de la Colline, deux vies se déploient entre Paris et Alger et entre grande et petite histoire, sur tous les tons et à tous les temps. 
Henri Bergson (1878)
Chroniques avéryennes, Écrans

Droopy chez Bergson

Comprendre le rire chez Tex Avery, c'est d'abord revenir aux grands classiques. En l'occurrence Le Rire de Bergson (1900), ouvrage qui, malgré sa petite taille et son âge avancé, n'a pris d'autres rides que celles qu'impriment les zygomatiques. Bergson, qui n'est pas un rigolo, balance d'emblée une hypothèse fracassante : "Le rire, c'est du mécanique plaqué sur du vivant". Ensuite, cela se gâte, car son sens moral lui inspire qu'au fond, le rire est peut-être un signal social adressé aux marginaux en situation irrégulière pour les inciter à rentrer dans le rang. La gravité d'un Buster Keaton, ou l'apathie de Droopy, seraient-elles les figures tragiques indiquant que le rire, au fond, n'est pas si drôle ? (Lire l'article)

meg remy U.S. girls
Courrier du corps, Musiques

Toi, fille (U.S. Girls)

Comme elle passait par là (en tournée) et que sa musique nous plaît, on décide de regarder les vidéos de Meg Remy, alias U.S. Girls, d'un oeil sans oreille, et un peu éveillé. En tant qu'homme, on se dit assez vite que, dans son cas, se mettre en scène comme femme consiste à les incarner toutes à la fois et, par conséquent, à démontrer qu'on ne peut que devenir femme, et non pas l'être. La vidéo de Sororal feelings, premier titre de son dernier album Half free, la montre fixant plus ou moins la caméra comme si c'était un miroir. À propos de cette chanson, Remy, qui a monté la vidéo elle-même, déclare tirer son inspiration d'une question : “Et si tu découvrais que ton mari a couché avec toutes tes soeurs avant de te choisir ?” (Lire la suite)

Danse

Coucou la Suisse

Les Journées de danse contemporaine suisses se sont déroulées à Genève et ont réuni programmateurs et public. Bilan mitigé des premiers jours malgré le respect pour le travail entrepris. Reste La Ribot, somptueuse, le regard fixé dans les yeux de ses partenaires. Sur la scène que le public peut contourner, le parc d’attraction est fermé sous une bâche noire. La fête est finie. Il ne reste que des individus qui cherchent encore un peu de chaleur. (Lire l'article)