Angélica Liddel, lumières dans la nuit
Les trois actes du dernier spectacle de l’Espagnole Angélica Liddell vont et viennent entre Paris et Tokyo et entre deux événements sanglants : le meurtre, en 1981 à Paris, d’une étudiante hollandaise, dépecée et mangée par Issei Sagawa, le “Japonais cannibale”, et la tuerie du Bataclan, le 13 novembre 2015. L’horreur et la douleur du monde, c’est ce qui nourrit l’écriture de Liddell et son engagement physique sur le plateau. Ce qu’elle y fait de son corps tient de la performance – et de l’offrande, dans un rituel où la beauté est le contrepoint de la souffrance. (Lire l’article)
Kyoto forever 2 : la COP est vaine
Frédéric Ferrer a installé sa compagnie Vertical Détour dans les cuisines désaffectées de l’hôpital psychiatrique de Ville-Évrard, en Seine-Saint-Denis, où depuis 2004 il poursuit un travail qui tourne autour du thème du dérèglement, envisagé du point de vue psychique – les figures de la paranoïa – et climatique – le réchauffement planétaire. Ferrer affectionne une forme théâtrale : la conférence scientifique qui dégénère. Kyoto forever 2, le spectacle qu’il présente à la Maison des Métallos à Paris, est de ce point de vue particulièrement réussi. (Lire la suite)
D’Arequipa à Paris: une cartographie de l’invisible. Entretien avec Robert Baca Oviedo
Entretien avec le poète péruvien Robert Oviedo Baca à l’occasion de la présentation du recueil de poèmes “Cartografía de lo invisible” à Paris.
Kung Fu Panda / The Assassin… en quête du “chi-néma”
À l’affiche, deux films que tout semble opposer tentent de se réapproprier le film d’arts martiaux chinois. D’un côté, Assassin, le wu xia pian de l’auteur Hou Hsiao-hsien, Sifu d’une modernité esthète et intimiste… De l’autre, Kung Fu Panda 3, la franchise la plus populaire de sa Seigneurie Dreamworks, dans la lignée des Jackie Chan… A priori, pas plus à voir entre ces deux là qu’entre un moine en tunique et un colosse en armure qu’on mettrait face à face.Mais l’un et l’autre parviennent-ils à saisir le “Chi”, ce principe de l’énergie vitale cher à la cosmologie bouddhiste ? (Lire l’article)
Éric Vuillard pour les enragés du réel
L’époque est pragmatique. On aime aujourd’hui plus que tout l’efficacité pratique, on veut que les choses soient d’une utilité palpable et évidente. C’est pourquoi on a tendance à vouloir mettre au rancard ce qu’autrefois on arborait fièrement dès qu’on le pouvait : les idées, les théories. Qui maintenant sont perçues comme des pertes de temps : c’est avec le réel qu’il faut interagir, le bon gros réel, celui qui abrite les vrais gens. Le dernier ouvrage d’Éric Vuillard pourrait permettre à certains de ces de ces enragés du réel de retrouver le chemin de la fiction, de ses fulgurances, de ses beautés, de ses vérités cachées sous la surface des faits. (Lire l’article)
Into the pool
Une piscine, un paysage presque vide avec la mer en ligne de fond. Dans Into the pool, le cinéaste Julien Devaux se jette à l’eau, au propre comme au figuré. Et rend hommage avec humour à l’artiste néerlandais Bas Jan Ader.
Des souris et des hommes illustré par Rébecca Dautremer
Les éditions Tishina publient Des souris et des hommes de John Steinbeck, (magnifiquement) illustré par Rébecca Dautremer et traduit par Maurice-Edgar Coindreau.
Selvskudd (auto-infligé)
En matière de chasse à l’ours, comme pour toutes les bestioles convoitées pour leur fourrure, le point crucial de la mise à mort de l’animal consiste à ne surtout pas endommager la dépouille. Des pièges aux mécanismes toujours plus sophistiqués ont été élaborés au fil des ans pour occire la bête sans désespérer la pelleterie. Au Svalbard, l’un des plus aboutis est le Selvskudd…
Quino, face B
Le dessinateur argentin, mort le 30 septembre à Mendoza à l’âge de 88 ans, n’est pas seulement le génial créateur de Mafalda. Dans un documentaire réalisé en 2005, Mariano Llinás et Ignacio Masllorens proposaient, dessins à l’appui, une édifiante analyse de l’art de Quino.
Les “Singer Notes” de Mel Bochner
Il y a presque cinquante ans, Mel Bochner entrait en résidence au Singer Central Research Laboratory, dit Singer Lab. Il y avait candidaté avec un projet intitulé Numerical Photographic Translation : il voulait traduire photographiquement une configuration numérique, c’est-à-dire, littéralement, produire une image digitale. Les ressources du Singer Lab. devaient l’y aider. Mais, quelque temps après, les ingénieurs du laboratoire conclurent que les technologies n’étaient pas assez avancées et Bochner dut renoncer au projet. La résidence se changea en une conversation sans but précis et Bochner décida que les notes prises par les participants à ces échanges en seraient le seul résultat. Ces Singer Notes sont aujourd’hui exposées à la galerie mfc michèle didier. (Lire l’article)
Le théâtre explore la télé
Inégal mais au bout du compte réjouissant, Une télévision française de Thomas Quillardet, à l’affiche du théâtre des Abbesses à Paris, revient à travers la privatisation de TF1, sur neuf ans d’histoire déformés par le petit écran.
Ida avec flèches
Échoué à Arcachon comme Hugo à Guernesey, le très scarlattien d’Annunzio affronte la dune du Pyla, les lames de l’Atlantique et quelques femmes exigeantes. Parmi elles, Ida Rubinstein, qui lui commande le livret d’un Martyre de saint Sébastien (musique de Debussy) où elle jouera Sébastien ; mais aussi Romaine Brooks, compagne d’Ida, qui l’héberge et fait son portrait, avant de le fuir et de se réfugier auprès de Natalie Barney. En 1912, Ida et Gabriele s’entraînent au tir à l’arc dans la forêt landaise. Les flèches d’Ida ne sauraient tuer personne. En revanche, celles de son “frère” Gabriele ne ratent pas le vrai Sébastien de l’histoire, Romaine Brooks. C’est aussi compliqué qu’une sonate de Scarlatti : faut suivre ! (Lire l’article)
Georges Monti, ou l’indépendance à l’épreuve du Temps
Fondateur en 1981 des éditions Le Temps qu’il fait (700 livres au catalogue), Georges Monti revient, sans illusion et sans amertume, sur les quarante ans de sa maison et son combat permanent pour l’indépendance.
Critique au poing
Critique de théâtre à L’Humanité depuis cinquante ans, Jean-Pierre Léonardini publie, chez Les Solitaires intempestifs, Qu’ils crèvent les critiques !, ni une autobiographie, ni un livre de souvenirs, plutôt un inventaire dans le désordre ou un retour d’expérience, sous le signe de l’humour et de l’élégance. Avec une conviction forte : “la critique procède avant tout d’un genre littéraire. On ne doit la juger qu’à cette aune-là.” (Lire l’article)
Le ou la politique ?
Parce que la bande dessinée ne laisse pas de côté les réflexions politiques, il est nécessaire de consacrer, pendant l’été, un ensemble de chroniques à ces questions. Si les BD traitant de l’actualité politique ont eu tendance à se multiplier ces dernières années, il faut différencier celles qui ne traitent que de la politique de celles qui permettent de s’interroger de manière plus générale sur ce qui est véritablement en jeu dans le politique, qui s’écarte à plus d’un titre de la vie humaine normale. (Lire l’article)
Salle Musculation
Gregg Ellis, Séries Photographiques. Saison 1, épisode 7
La discothèque, architecture des flux
Voom Voom de Saint-Trop, Piper de Turin, Club 54 de New York, Palace parisien, Hacienda de Manchester… Et bien d’autres lieux mythiques qui ont mené les corps yéyé, jerk ou disco jusqu’au bout de la nuit. Lumière, son, drogues ont sculpté les espaces de ces discothèques nées dans les années 60. L’exposition La Boîte de nuit, à la Villa Noailles (Hyères), s’immerge dans ces architectures intangibles. Des bulles métaphoriques d’innovations sociales, artistiques et technologiques, imaginées par des architectes expérimentaux, d’ambiance plutôt que d’intérieur. Éclate phénoménologique, entre boules à facettes, décibels et utopies. (Lire l’article)
Co, le monde est “co”
De coworking à covoiturage, le préfixe “co” gagne du terrain. Illustration au Pavillon de l’Arsenal à Paris avec l’exposition Co-urbanisme. Quinze projets, de Notre Atelier commun à Rennes aux Ateliers inter-services à Lille, qui riment avec collaboratif. (Lire la suite)


















