Jérôme Baschet pour un gouvernement victime d’hyperactivisme frénétique et d’étouffement présentiste
Parce qu’une “sortie du présentisme” est possible, parce que “sortir du présentisme, c’est aussi et avant tout rouvrir le futur”, nous recommandons l’ingurgitation par tous les adhérents à La République en Marche ainsi qu’à ceux qui, d’une façon ou d’une autre, s’y sont frottés, l’ingestion complète de l'ouvrage de Jérôme Baschet, Défaire la tyrannie du présent. Temporalités émergentes et futurs inédits, qui, nous l’espérons, pourra percer une brèche, fût-elle modeste, fût-elle lointaine, dans notre avenir un peu bouché. (Lire l'article)
Wesh wesh, bande de bolos
Intéressé par la peinture de la vie des jeunes générations et la manière dont ils expriment leurs ressentis, Riad Sattouf propose avec Histoires de mes 11 ans le second volume de sa série Les Cahiers d’Esther. L’auteur y suit la fille d’un couple d’amis, qu’il nomme Esther pour préserver son anonymat, l’écoutant régulièrement faire le récit de sa vie, qu’elle soit scolaire ou familiale, ce qui donne l’occasion de découvrir une vision de l’existence au travers des yeux d’une petite fille, à présent en CM2. (Lire l'article)
Traduire Karl Ove Knausgaard
Le Proust norvégien, comme certains le désignent, écrit au plus près de l'émotion et de la vie disséquée dans ses aspects les plus simples, les plus banals. Questionnée par Agnès Villette sur sa co-habitation avec un auteur de l'intimité et de la banalité, sa traductrice française évoque la transposition d'un style bref, dépouillé, volontairement pauvre, qui doit trouver son rythme et sa respiration en français. (Lire l'entretien)
Le Grand Cahier, lecture forcée
La compagnie anglaise Forced Entertainment adapte Le Grand Cahier d'Agota Kristof sous la forme d'une lecture performée menée par deux acteurs impeccables d'humour et d'ambiguïté.
10 – Pour lendemains de cuite
Mal écrites, mal jouées, mal réalisées: ce sont les séries nanars. Il faut en voir quelques-unes pour mieux apprécier les autres. On ne va pas nécessairement jusqu’au bout de la première saison, ni même du premier épisode parfois, mais il est possible d’y prendre un plaisir pervers un lendemain de cuite...
Ramène donc ta science
Bâtir un spectacle à partir d’informations scientifiques, faire de la connaissance un divertissement, amener du complexe jusque sur le devant de la scène sont des entreprises éminemment casse-gueule. Aussi est-il surprenant de voir aujourd’hui de plus en plus de créateurs aller puiser dans des sujets technico-scientifiques ou économiques la matière de leurs productions. Plus surprenant encore est de constater que les réussites sont de moins en moins rares. La preuve avec Adam McKay, Jérôme Ferrari, Jean-François Peyret, David Wahl, Jean-Yves Jouannais, Frédéric Ferrer, Alexandre Astier ou Sébastien Barrier. (Lire la suite)
Vatnajökull (the sound of)
Allô? Le glacier fond-il? Londres, 2007. Les étudiants des Beaux-Arts présentent leur projet de fin d’études. Parmi eux, Katie Paterson présente une œuvre au titre énigmatique: “Vatnajökull (the sound of)”. Son principe est pourtant relativement simple, même si on ne peut pas en dire autant de sa réalisation.
À ceux que la chienlit offusque
Les hommes et les femmes politiques ne lisent pas beaucoup, on le sait bien, et c’est une des raisons pour lesquelles cette chronique, largement subventionnée, vous vous en doutez, par le ministère de la Culture, a été mise en place. Ils ne lisent que bien peu mais ils causent. Beaucoup. À droite, la mode en ce moment est à la “chienlit”, terme qui n’est officiellement plus vulgaire ni même familier depuis le 19 mai 1968. Les responsables politiques ont visiblement très peur de la chienlit, et cette peur est devenue, ces derniers temps, très nettement obsessionnelle. En 2015 est paru un ouvrage de Frédéric Pagès, Botul au bordel, qui semble pouvoir s’intégrer dans le traitement cognitif de ce type de pensée obsessionnelle. (Lire l'article)
Trotsky, complément d’enquête
Depuis la parution, le 23 février dernier, de notre dossier accompagnant les photos inédites de Trotsky prises au Mexique en 1939, nous avons reçu plusieurs documents qui nous permettent d'en savoir plus sur ces images et sur les circonstances du voyage entre Paris et Mexico de Seva Volkov, le petit-fils de Trotsky, alors âgé de 13 ans. Et d'abord, une lettre, écrite au verso de deux cartes postales dont l'une représente une vue de Taxco, la petite ville à 170 kilomètres au sud de Mexico où Trotsky se rendait volontiers en villégiature. Signée de Marguerite Rosmer, adressée à Daniel Martinet, cette lettre que nous reproduisons livre une précision importante : le séjour à Taxco, pendant lequel les photos ont été prises, date non pas de septembre 1939 comme nous en avions émis l'hypothèse, mais d'août 1939, soit quelques jours après l'arrivée à Mexico de Marguerite et d'Alfred Rosmer, et de Seva qu'ils s'étaient chargés de convoyer depuis Paris.
Hospitalière Chartreuse
Du 20 au 23 juillet, la Chartreuse de Villeneuve-Lès-Avignon (Centre National des Écritures du Spectacle) accueille avec la Maison Antoine Vitez un cycle de lectures et de rencontres intitulées "De l'urgence de l'hospitalité".
Le pout-pout bien tempéré, vol. 2 (tuto Kylie Jenner)
Mettre sa bouche dans un petit récipient et faire le vide en aspirant l'air. Si l'on persiste assez longtemps, on obtient une belle augmentation du volume des lèvres. Cela marche aussi avec le pénis, mais aspirer l'air par le méat est un peu plus compliqué. Quoi qu'il en soit, l'effet ne dure pas, sauf à y être allé comme un barbare et s'être niqué des vaisseaux sanguins. Mais l'idée de persister au delà du temps réglementaire dans ses jeux d'enfant est riche de possibilités. (Lire la suite)
Jonathan Capdevielle en construction
Au Festival d'automne, Jonathan Capdevielle a présenté deux spectacles. Après À nous deux maintenant, adaptation du roman de Georges Bernanos Un crime, l'acteur-danseur-chanteur-metteur en scène reprend au Théâtre du Rond-Point à Paris Adishatz/Adieu, un solo créé en 2009. Une heure étonnante, où l'interprète retourne en adolescence pour convoquer sur scène les voix et les fantômes de plusieurs de ses proches et raconter un pan de son histoire. (Lire l'article)
Les improbables dimensions de Giulio Paolini
C’est ce qui frappe d’emblée quand on entre dans la grande salle du rez-de-chaussée de la galerie Marian Goodman : les quelques toiles de Giulio Paolini exposées dans ce vaste et clair espace nous font immédiatement pénétrer dans une dimension indéfinissable. Trois grands ensembles y sont présentés, composés de boîtes en Plexiglas, dessin, collages – des surfaces divisées, géométriques, dont l’assemblage crée une illusion d’unité. Car tout se déconstruit à mesure qu’on regarde. Les lignes de fuite se multiplient à l’envi dans des encadrés de tailles différentes, dont certains se recoupent, tandis que d’autres semblent se disperser au gré d’un hypothétique souffle de vent. (Lire l'article)
So What?!
Le 20 novembre, on a célébré la journée mondiale des victimes de transphobie. Dans une brochure aussi élégante que dérangeante, le photographe Marc Martin montre le corps de Jona James, une femme devenue un homme.
Si tu ne viens pas au théâtre, le théâtre ira à toi
Une pièce jouée en direct depuis l'Argentine pour des spectateurs connectés via Internet : dans Un problema de distancia de Sebastián Villar Rojas, un écran peut en cacher un autre...
Window Water Baby Moving
Window Water Baby Moving (1959) est l'un des films les plus célèbres du cinéaste expérimental américain Stan Brakhage (1933-2003). Il y montre la naissance de sa première fille. Le film fit scandale à l'époque à cause de la représentation du corps de la femme.
Prendas corpus
Dans Prendas Corpus du Cubain Jeosviel Abstengo, petit chef d'œuvre de violence froide, plusieurs personnes cachent des morceaux de viande sous leurs vêtements. Violence clinique, documentaire, dont l'efficacité est inversement proportionnelle à la brièveté du film.
Coup d’État, mode d’emploi
De l’art du coup d’État comme une nécessité. Porté à sa perfection, il n’en porte même plus le nom. Plus magnifique encore, il devient permanent. Éric Ambler, injustement méconnu, est un autre John Le Carré et son Docteur Frigo reçut en son temps le Grand Prix de littérature policière. Soulever un coin de la couverture et faire la connaissance d’El Lobo, du Père Bartolomé ou du commandant Delvert, ne peut pas faire du mal. (Lire l'article)


















