La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
visage villages france airbnb
Courrier du corps

L’un des plus beaux visages de France

Autant la location de soi sur Internet demande d'être nature, cheveux gras et yeux pochés, dans le simple appareil d'une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil, autant la prostitution de sa propre maison demande d'être un peu apprêté. Sur les sites d'hébergement tels que Airbnb, celui qui loue son foyer est supposé afficher son portrait, afin qu'on sache si l'on va finir chez les bons Samaritains ou chez Gilles de Rais. Le “host” devra donc tenter d'apparaître comme le “bon père de famille” des baux de jadis, habitant “bourgeoisement” son domicile. Exemples. (Lire la suite)

Gilles Marchand, Une Bouche sans personne, Aux Forges de Vulcain, 2016. Une ordonnance littéraire de Nathalie Peyrebonne dans délibéré
Livres, Ordonnances littéraires

Gilles Marchand pour François Hollande (oui, encore)

François Hollande défend le social-libéralisme parce que, voyez-vous, “c’est le libéralisme sans la brutalité”. Voilà qui rappelle vaguement ce qui se dit de l’édulcorant (le goût du sucre sans les calories), les plats allégés (le plaisir sans les kilos), les régimes miracles (la perte de poids sans les privations)... Notre Président en campagne s'arrange encore une fois pour passer à côté de la réalité et même des rêves. Qu'il lise donc le roman de Gilles Marchand, Une bouche sans personne. On ne sait jamais, il pourrait en tirer quelque chose sur le sens et la valeur des rêves, des espoirs et de la façon de contrer certaines réalités douloureuses. (Lire l'article)

Musiques

Beth Hart et Joe Bonamassa, un “Black Coffee” de qualité

Revoilà Beth Hart et Joe Bonamassa dans Black Coffee, une production prolifique et énergique qui livre un blues de choix puisé dans l'American Songbook. La chanteuse californienne a déjà montré tout le talent qui l'habite. Mais à chaque fois que Joe Bonamassa vient l'accompagner, cette voix inimitable s'en retrouve transcendée, comme si le guitariste virtuose sacrifiait le devant de la scène pour mieux servir le feeling exceptionnel de Beth. (Lire l'article)

Photo - Arno Bertina, Faire la vie, éditions Sometimes, 2020
Livres, Photographie

Faire la vie

Dans Faire la vie, carnet de notes et  livre de photos, Arno Bertina revient sur ses séjours au Congo et la gestation de L'Âge de la première passe, son ouvrage paru en début d'année. Des images sans artifices, au cœur de son questionnement d'écrivain. 
Don Quichotte par Honoré
Livres, Ordonnances littéraires

Ordonnance pour le patient Jean-Vincent Placé

Cette année, Le Salon du Livre a été rebaptisé “Livre Paris”, il s’est tenu au moment où le gouvernement cherchait (il cherche d’ailleurs toujours) à imposer une “Loi travail” et après que l’Université de la Sorbonne Nouvelle est devenue “Université Sorbonne Nouvelle”. Regardez bien, ce ne sont que trois exemples parmi bien d’autres mais comment nier l’évidence : il manque des mots. On ampute, on élague. Pourquoi ? Eh bien c’est par souci de simplification. Le site du gouvernement nous apprend que la simplification est un projet porté par un Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé de la Réforme de l’État et de la Simplification, Jean-Vincent Placé. L'heure est venue de lui prescrire un ouvrage pas du tout simplifié, ce qui lui permettra sans doute de poursuivre avec plus d’acharnement encore sa noble tâche. (Lire l'article)

Hélène Bessette, Vingt minutes de silence, Le Nouvel Attila
Livres

Hélène Bessette sort du silence

Connaissez-vous Hélène Bessette ? Son œuvre trop mésestimée à son époque, est en cours de réédition complète au Nouvel Attila. Vingt minutes de silence, le premier roman, une inquisition en multivision, multiplicité de points de vue et de locuteurs, en changement vif et constant : le regard des coupables potentiels, le fils, la mère, mais aussi de la victime, le père, et des divers protagonistes, la bonne, les voisins, la rumeur publique, la presse, la police, finalement... (Lire l'article)

Les coïncidences troublantes prédites par les Simpsons, et qui agitent beaucoup la complosphère friande d'Illuminati et compagnie.
Cinéma, De quel film Trump est-il le nom?, Donald Trump, Écrans

De quel film Trump est-il le nom ? Épisode 1 : un clown de cartoon ?

Bigger than Hollywood… On a déjà tout dit de Donald Trump, icône de télé-réalité sortie de l’une dans l’autre pour nous piéger dans son propre show planétaire. Alors s’il paraît déborder le petit écran, c’est que sans doute il croit le grand à sa mesure. Loin du cow boy classique Ronald Reagan, quel (anti-)héros de cinéma est donc le 45Président des États-Unis d’Amérique ? Premier épisode consacré au dessin animé, grand genre du baroque et du grotesque – deux attributs indéniables du phénomène Trump. (Lire l'article)

Hugo Boris, "Police", Grasset, 2016
Le genre idéal, Livres

Flics debout ?

Mais que fait cette police, place de la République, habillée en racaille ? Comme les profs, les infirmiers, les jeunes, les chômeurs, les ouvriers… elle fatigue et tape les pavés qu’elle se prenait dans la gueule quand elle ne les lançait pas elle-même dans les vitrines pour décrédibiliser et faire des images. Mai 68 en 2016. Une guerre des pauvres contre les pauvres. Derrière le sarcasme affleure l’inquiétude. Demeure une réalité profonde et partagée par tant de gens : celle de la souffrance au travail dont Hugo Boris parle dans Police, son dernier roman. Le manque de perspective. Le besoin de s’inscrire dans le collectif. (Lire l'article)

Bouchra Ouizgen
Danse

Montpellier Danse, édition spéciale female (1)

La 35e édition du festival Montpellier Danse est féminine et parfois féministe. Le festival s’est ouvert avec Ottof de la chorégraphe marocaine Bouchra Ouizguen. Voilà un moment qu’on la surveille, parce qu'on se doutait qu’un jour, on se retrouverait devant une énigme jamais levée et devant un choc esthétique qui n’a pas fini de nous faire frémir.

Nicolas Jaillet, Mauvaise graine, La manufacture de livres, 2020
Livres

Mauvaise graine

C'est l’histoire d’une femme dont le mari est mort et qui, pas mal de temps après, se retrouve enceinte, quand sa vie ne va, disons, nulle part. Une histoire à la fois hyperréaliste et totalement invraisemblable.
Georges Bernanos, Un Crime. Une chronique de Lionel Besnier dans délibéré
Le genre idéal, Livres

Un crime, mais lequel ?

En 1935 Georges Bernanos, auteur de Sous le soleil de Satan et Prix Femina en 1929, publie un polar. Et fait d’un travail alimentaire un monument qu’il camoufle discrètement, comme un délit, sous les aspects d’une histoire ordinaire. La construction est imparable, d’une grande modernité. Le contenu annonce les grandes thématiques du genre de la deuxième moitié du vingtième siècle : sexe, amour interdit, mensonge social, usurpation d’identité, schizophrénie peut-être… Bernanos, avec ce bijou, s’affirme en précurseur essentiel au même titre que Poe, Gaboriau ou Collins. Trop catholique pour être lu par les lecteurs rebelles, égaré dans la sous-littérature de gare pour les autres, Bernanos a vu son roman caviardé par les préjugés. Quel dommage. (Lire l'article)

Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Une Belle Histoire

Au printemps 2017, Stephen Hawking déclarait à la BBC que les humains, s'ils voulaient survivre, devaient quitter la Terre d'ici 100 ans afin de coloniser une autre planète. En cause : une éventuelle guerre nucléaire, le changement climatique, une épidémie virale et/ou les progrès incontrôlables de l'intelligence artificielle. Un an plus tard, le célèbre physicien quittait lui-même la Terre, pas pour la planète Zorglub mais pour une tombe à l'abbaye de Westminster, aux côtés de celles de Newton et de Darwin. Ses cendres reposent désormais sous une pierre engravée de la formule T= hc³/ 8πGMk. C’est l'équation dite de Bekenstein-Hawking qui décrit l'entropie des trous noirs, en d’autres termes (très simplifiés) la quantité d'information qu'ils renferment. Et si cette inscription, choisie par le savant lui-même, était un ultime message ? (Lire la suite)

Musiques, Signes précurseurs de la fin du monde

Ma Normandie

Madame, Monsieur, Votre revue a publié le 31 mars 2019, dans le cadre de la chronique Signes précurseurs de la fin du monde, un article titré I-Feel-Like-I’m-Fixin’-To-Die Rag dont le caractère humoristique ne nous a pas échappé mais qui fait état d’informations confidentielles dont la divulgation est de nature à nuire à l’ordre public. Nous vous prions en conséquence d’en cesser au plus tôt la publication en ligne. Pour votre information, sachez qu’un objet géocroiseur (2014 MF 18) sera effectivement au voisinage de la Terre au début du mois de juin. Cependant rien ne permet d’affirmer à ce jour que cet objet entrera en collision avec notre planète. Rien ne permet non plus d’évaluer les conséquences qu’aurait une éventuelle collision, le terme de "fin du monde" étant en tout cas grandement exagéré en l’état actuel de nos informations. (Lire l'article)