La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
Danse

Feeling Fela

Le chorégraphe belgo-burkinabè Serge Aimé Coulibaly retrouve la république perdue de l’inventeur de l’afrobeat, Fela Anikulapo Kuti. Kalakuta Republik est une pièce où le politique n’est pas un élément rapporté ou un simple sous-texte dramaturgique : c’est un soulèvement populaire à la fois moteur et désenchanté. (Lire l’article)

Manuel Álvarez Bravo, El ensueño
Entomologie photographique, Photographie

Manuel

Si l’entomologiste se doit de n’oublier aucun des coléoptères d’une famille pour compléter sa boîte de merveilles, le photographe qui fait de son mur une entomologie photographique se complait à associer les auteurs qu’il aime, qui l’inspirent, dans le choix des tirages accrochés. Quand, en mai 1980, Agathe Gaillard exposait Manuel Álvarez Bravo et son épouse Colette Urbajtel, elle revenait depuis peu de New York où elle était allée rendre visite à André Kertész pour préparer la biographie qu’elle avait décidée d’écrire. En 1978, Manuel et André s’étaient retrouvés aux rencontres d’Arles. Ce n’est donc pas un hasard si Manuel suit André dans les colonnes de délibéré. (Lire l’article)

Musiques

Beth Hart et Joe Bonamassa, un “Black Coffee” de qualité

Revoilà Beth Hart et Joe Bonamassa dans Black Coffee, une production prolifique et énergique qui livre un blues de choix puisé dans l’American Songbook. La chanteuse californienne a déjà montré tout le talent qui l’habite. Mais à chaque fois que Joe Bonamassa vient l’accompagner, cette voix inimitable s’en retrouve transcendée, comme si le guitariste virtuose sacrifiait le devant de la scène pour mieux servir le feeling exceptionnel de Beth. (Lire l’article)

La voix de son maître Wanda Landowska Scarlatti
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Top ten

Quelle est la sonate de Scarlatti la plus célèbre ? Et quelles sont les plus jouées ? Pour le savoir, il suffit de réunir un maximum d’enregistrements de Scarlatti et d’en extraire le top ten. Voici le résultat, les numéros de sonates se référant à la classification chronologique Kirkpatrick (“K”) : 87, 481, 9, etc. Deux surprises : la plupart de ces stars sont des sonates anciennes ; le Scarlatti improvisateur, plus tardif, en est quasi absent. Ensuite, à trois exceptions près (9, 141 et 492), ces sonates sont lentes et mélancoliques. Pourquoi ? La réponse est d’une déroutante simplicité. (Lire l’article)

Caméras suggestives, Cinéma, Écrans

Dunkerque : profondeurs du champ de bataille

À l’heure où l’usine à rêves se confronte aux limites de son hyper-puissance spectaculaire – synthèse, 3D & franchises de super héros comme autant de bulles spéculatives prêtes d’imploser –, certains préfèrent nous proposer de nouvelles expériences mentales. Des dispositifs de montage en réalité, narrations décalées, entrecroisées, retournées, qui déjouent nos réflexes de publics contemporains. Dunkerque de Christopher Nolan en est un bon exemple. Sur le fond, en revanche, pas grand chose de neuf, sinon le sempiternel refrain patriotique sur le beau courage sacrificiel des uns et des autres… (Lire l’article)

Livres

Perrault creuse partout

« Dominique Perrault, la Bibliothèque nationale de France, portrait d’un projet 1988-1998 ». Une exposition est consacrée jusqu’au 22 juillet 2018 à cet architecte qui sonde « l’épiderme du sol » pour en extraire la « substance urbaine », ne cesse d’approfondir son architecture souterraine.

Danse

Ça dégomme à Uzès

Julian Hetzel, performeur, musicien et artiste visuel né en Allemagne, actuellement basé à Utrecht (Pays-Bas) et associé au CAMPO de Gand en Belgique, présente The Automated Sniper, un spectacle qui tire sur tout ce qui ose encore bouger. Dans cette chasse à l’homme, les interprètes vont vite réaliser qu’ils sont des cibles, tandis que deux spectateurs deviennent des tueurs. Un jeu terrible et sacrément bien foutu. (Lire l’article)

Shlomo Sand
Livres

Shlomo Sand : vous voulez vraiment que je parle de ça ?

Depuis Comment le peuple juif fut inventé, Shlomo Sand, historien, professeur émérite de l’université de Tel Aviv, est honni par les uns, qui voient en lui un ennemi de son pays voire de son peuple et l’ont mal lu ; adulé par les autres, antisionistes, qui l’ont souvent mal lu aussi. Il publie son premier polar, La Mort du Kazhar rouge, que l’on conseillera aux deux. Le roman, policier ou autre, a cet avantage : il échappe aux catégories et ouvre sur la nuance, l’intime. Et l’auteur. (Lire l’entretien)

Danse

Trop de chants pour un cantique

Abou Lagraa, chorégraphe dont le style s’est forgé à l’étude de la danse classique, contemporaine et hip hop, a toujours voulu faire bien, trop bien. C’est le cas avec sa récente création à la Maison de la danse de Lyon où il est artiste associé en 2015 avant de regagner sa ville natale, Annonay en Ardèche. En s’attaquant au Cantique des Cantiques, il a vu grand. Retour sur cette création et sur la polémique qui oppose le chorégraphe français à la conseillère municipale FN d’Annonay. (Lire la suite)

Lucie Le Bouder, Scene #8, 2016, ruban adhésif sur papier 29,7 x 21 cm. Courtesy Galerie 22,48m2
Arts plastiques, Expo

Projections

POINT BARRE : c’est le titre choisi par Lucie Le Bouder pour sa troisième exposition personnelle à la galerie 22,48m2. Un titre qui sonne comme une fin de non recevoir. Pourtant, quand on pensait avoir tout vu, voilà qu’un détail nous surprend. L’exposition n’a pas dit son dernier mot et elle exige qu’on y revienne. Alors on regarde à nouveau les lignes, les plans, le sol, les murs et on comprend qu’un principe unit les œuvres rassemblées ici : toutes ont partie liée à un dispositif de projection – qu’elles en résultent ou qu’elles l’instituent. (Lire l’article)

Marianne Brandt, L’Atelier se reflétant dans la boule (autoportrait dans l’atelier Bauhaus à Dessau), photographie, 1928-1929 © Bauhaus-Archiv Berlin / A.D.A.G.P. 2016
Architecture, Design, Expo

Épris du Bauhaus

Le musée des Arts décoratif de Paris revient sur “L’esprit du Bauhaus”, le mouvement fondé en 1919 par l’architecte allemand Walter Gropius à Weimar. En mettant simplement en scène l’école du plus grand collectif artistique du début du XXe siècle, qui s’est épanoui à Dessau, et s’est dissout en 1933 à Berlin, réprimé par le nazisme. L’œuvre totale y est décortiquée au fil des enseignements de tous les arts, en liaison avec l’artisanat et l’industrie. Jaillissent des centaines de pièces, symboles d’un art de vivre moderne, esthétique, festif et social, créées en commun par une troupe fameuse, de Paul Klee à Mies Van der Rohe. (Lire l’article)

Christian Hidaka et Raphaël Zarka, Vue de l'exposition La Famille Schoenflies. Photographies : Aurélien Mole © Christian Hidaka/Raphaël Zarka, 2016 Courtesy galerie Michel Rein
Arts plastiques, Expo

Cristallisation

Et si la vérité du monde était géométrique ? On pourrait imaginer une histoire de l’art écrite sous l’angle des polyèdres. Elle commencerait sûrement à la Renaissance, avec les illustrations que Léonard de Vinci donne à Luca Pacioli pour son traité De Divina Proportione. Elle se poursuivrait jusqu’à aujourd’hui. On y croiserait le maniérisme allemand du XVIème siècle, quelques Italiens du début du XXème, des Américains des années 1960 et, poursuivant notre route, on se retrouverait dans une ancienne brasserie de Montreuil, transformée en lieu d’exposition depuis 2004 sous le beau nom d’Instants chavirés. Deux artistes et amis, Christian Hidaka et Raphaël Zarka, y présentent une exposition commune intitulée La Famille Schoenflies. (Lire l’article) 

Bror Gunnar Jansson, nouvel album, nouvelle tournée
Musiques

Bror Gunnar Jansson : troublants personnages

Le jeune bluesman suédois, sorte de réincarnation de John Lee Hooker et de Skip James, est en tournée en France, où sa carrière internationale est née, pour présenter son troisième album, And The Great Unknown Part II. Avec des clins d’œil aux work songs des champs de coton et au son cubano, et des chansons à thèmes politique et écologique. Et une passion intacte pour l’Amérique, réelle et imaginaire,  terre d’amours et de colères. (Lire l’article)

© Marcela Bolivar, “Leda”
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Léda sans cygne

Parmi les personnages hauts en couleurs du XXe siècle, Gabriele d’Annunzio est le plus contradictoire. Poète et guerrier, séducteur et solitaire, amateur d’art et de moteurs V12, ce héros borgne (accident d’avion) du nationalisme italien vit un peu sur la fortune de son père, davantage sur celle de ses amies, et entretient une meute de barzoïs blancs. Grand prêtre du modernisme décadent, il traite le futuriste Marinetti de “crétin phosphorescent”, et c’est sans doute pour échapper à une injure aussi géniale que Mussolini le fait enfermer dans son kitchissime Vitoriale du lac de Garde, où il meurt en 1938. Trente ans plus tôt, à l’occasion d’un concert, il avait découvert Scarlatti. (Lire l’article)