Maguy Marin, sans commune mesure
Encore une fois, Maguy Marin frappe fort. Elle a ouvert avec fracas la 18e Biennale de la danse de Lyon. Dans Ligne de crête, Elle dénonce les manquements des politiques actuelles. Elle joue sur l’accumulation et la saturation, ménageant toutefois des chemins labyrinthiques pour les six interprètes qui s’emparent d’une partition chorégraphique millimétrée à devenir complètement dingues. Et réveille dans le fracas le désir de liberté. Un vrai bazar. (Lire l'article)
Les découvertes d’Atlantide
Une cinquantaine d'écrivains du monde entier, quatre-vingt dix rencontres: du 2 au 5 mars, le festival Atlantide de Nantes fête sa onzième édition et permet de découvrir de nombreux auteurs peu connus.
Un opéra, c’est une vie
L’opéra, c’est une vie, mais beaucoup plus vivante que notre banale vie, une vie en relief et en je ne sais combien de dimensions: sonore, visuelle, vocale, pneumatique –ça respire–, olfactive – votre voisin s’est parfumé–, tactile – la peau du chanteur dans sa voix, le mur de ce décor...
Oscar Wilde in the right place
À l'expo Oscar Wilde au Petit Palais, on s'attend à voir de touchantes lettres d'amour, des photos sépia de jeunes lords efféminés, les merveilleux dessins érotiques d'Aubrey Beardsley, et ces grandes toiles préraphaélites, hideuses et risibles aujourd'hui, qui faisaient les délices de la gentry anglaise et qu'Oscar portait au pinacle. On s'attend moins à y trouver André Gide, camarade de débauche, et Robert Badinter, qui revient en vidéo sur l'inique procès qui condamna Wilde à deux ans de travaux forcés pour homosexualité et incitation de mineurs à la débauche... (Lire l'article)
Cantar de ciego
Extrait d'un documentaire sur la paysannerie espagnole tourné clandestinement, ce film est un modèle de cinéma politique. Il révèle le talent de la cinéaste Helena Lumbreras (1935-1995).
L’Amérique m’inquiète
L’Amérique m’inquiète est le joli titre d’un recueil de chroniques que Jean-Paul Dubois écrivit pour L’Obs dans les années 90. Mais cette Amérique, on la connaît mal. Deux films américains actuellement sur les écrans permettent de mieux sonder ces abysses, pour autant qu’on les regarde comme des métaphores. Deux films qui n’avaient probablement pas pour projet initial de radiographier l’Amérique : Logan Lucky, de Steven Soderbergh, et Le Musée des merveilles, de Todd Haynes. (Lire l'article)
Fais dodo, Colas mon p’tit frère
Qui nous pleurera ? Qui se souviendra de nous ? Ne faudrait-il pas d’ores et déjà empailler quelques spécimens de la race humaine au cas où des visiteurs d’une autre galaxie viendraient, quelque temps après la catastrophe, à passer par là et chercheraient à satisfaire une curiosité bien naturelle ? Derrière une vitrine ultrarésistante, nous pourrions présenter un échantillon aussi complet que possible de l’humanité, façon muséum d’histoire naturelle : un pygmée, un trader de Wall Street, un conchyliculteur, un éditorialiste de la presse nationale, un chauffeur de VTC, un bouilleur de cru... (Lire l'article)
Y croire et foncer !
Bibliothèque à vendre. Pas de place. Plus d’argent pour les fêtes et les assurances à payer qui arrivent en même temps que les vœux de bonheur et de prospérité. Les caisses de livres remontent de la cave, rejoignent celles du grenier dans le salon. Restent sur les rayonnages vides des traces légères d’absence, des fantômes délicats d’histoires sur le bois. Il faut d’abord payer le loyer. Et puis tomber sur un livre : Le Vautour de Gil Scott-Heron. (Lire l'article)
Viva Aravena !
Le Chilien Alejandro Aravena monte cette année sur les deux plus prestigieux podiums internationaux de l‘architecture. Il est le commissaire de la biennale de Venise 2016, et le lauréat du Prizker Prize. Bluffant ! Jeune, social, écolo, le fondateur de l’agence Elemental de Santiago s’est surtout fait repérer en 2004 avec ses demi-maisons à bas coût, conçues dans une démarche collective pour éradiquer un bidonville. Il est le représentant de jeunes bâtisseurs latino-américains ou africains qui revivifient l’architecture. (Lire la suite)
Sur la ligne de crête, deux enfants juifs
Deux frères cachés pendant l’Occupation kidnappés par la femme qui les a recueillis : Comètes et Perdrix de Marie Cosnay, un récit aux accents mythiques.
Trenque Lauquen, magique pampa
Ce film au long cours de l’Argentine Laura Citarella, nous entraîne en eaux troubles, au coeur d'une pampa fantasque et fantastique, sur les traces d'une botaniste, d'une écrivaine disparue et d'une créature étrange... Fascinant.
Lucky Peterson, en souvenir de Jimmy Smith
Pour les nostalgiques de Jimmy Smith, voici un album hommage qu'un de ses élèves s'était promis d'enregistrer depuis la disparition de son maître il y a douze ans. Lucky Peterson célèbre fidèlement son mentor, jusqu'au graphisme de la pochette qui rappelle clairement les classiques de Jazz “Blue Note”. (Lire l'article)
Thomas Bernhard, version réduite
Clown lettré, intello au physique de gardien de but, Nicolas Bouchaud a un don de connivence, une façon d'interpeller les spectateurs qui met aussitôt en confiance. Toutes qualités présentes dans son adaptation de Maîtres anciens. Il a le coffre et la tête pour interpréter les monstres chers à Thomas Bernhard. Quelque chose pourtant ne fonctionne pas tout à fait, qui tient à la structure de l'original... (Lire l'article)
“I Know It’s Only Rock-n-Roll But…”
Gregg Ellis, Séries Photographiques. Saison 2, épisode 5
Big Bad Wolf chez Ibn al-Haytham
Le regard, chez Tex Avery, c'est toute une histoire... On a déjà vu les yeux du méchant loup palper Droopy pour s'assurer de sa présence. Bien plus souvent, ils vont palper le petit chaperon rouge ou Cendrillon avec des buts moins avouables. Grande est la variété graphique des représentations du regard — de l'œil exorbité et “sonnant et trébuchant” à l'onde impalpable mais transportant de l'énergie. Cette obsession visuelle est-elle un simple fantasme avéryen ? Pas du tout. La fixation pathologique de Tex Avery sur le regard a, comme son homoncule sensoriel, de très anciennes racines historiques. (Lire l'article)
On a gagné !
Tous les soirs, une bonne cinquantaine de supporters du RC Lens mettent une sacrée ambiance au Théâtre national de la Colline à Paris. Banderoles, écharpes, maillots, tambours et trompettes, rien ne manque, pas même Chti Lens, la mascotte officielle du club avec sa tête de chien à longues oreilles. Cette irruption du foot au cœur du théâtre, qui plus est sous l'égide du Festival d'Automne, peut surprendre, tant les publics des deux disciplines semblent a priori éloignés. Dans son spectacle, intitulé Stadium, le metteur en scène Mohamed El Khatib prend des risques. Et réussit son pari. (Lire l'article)
Théophanie
Nous avons lu qu’Heinrich Kley dessinait sans modèles. C’est possible après tout, il n’avait...
12 – L’éros des héros
Les bonnes séries sont de formidables fabriques de héros. D’épisode en épisode, d’aventure en aventure, on finit par tout connaître d’eux. Ces êtres chimériques sont de parfaits compagnons, presque des amis, même si l’on sait que ce ne sont que des marionnettes dont les fils sont tenus par des armées de scénaristes.


















