La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Critiques
Le Gouffre aux Séries, Séries

7 – Humour en format court

Les sitcoms, pour comique de situation, ne laissent guère aux dites situations le temps de se développer, ni aux intrigues celui de prendre de l’épaisseur. Tout ou presque est dans des dialogues à la mitraillette. Est-ce pour autant un genre mineur dans le monde des séries?

Richard Guérineau, Henriquet. L'homme-reine, Delcourt/Mirages. Critique de Didier Ottaviani dans délibéré
Bande dessinée, S'il vous manque une case...

Henriquet ou la confusion des genres

Oui, c’est clair, notre modernité rejoue le XVIe siècle, ce que nous confirme la lecture de Henriquet, l’homme-reine de Richard Guérineau. Après son remarqué Charly 9, d’après celui de Jean Teulé, l’auteur nous plonge dans une peinture d’Henri III qui, déclinée en trois parties, présente les grands moments de son règne, de son couronnement en 1575 à sa mort en 1589. Insistant parfois sur des aspects anecdotiques et ne reculant pas devant les outrances, ce récit ne manquera pas de faire tiquer l’historien sourcilleux qui chercherait là une stricte biographie. (Lire l’article)

Le Gouffre aux Séries, Séries

4 – Exercices de style Part II

Le plan-séquence fait partie de la syntaxe de toute série un peu ambitieuse. Parfois même il constitue l’intégralité d’un épisode. C’est, pour les réalisateurs, l’occasion de faire étalage de leur savoir-faire. Pour le spectateur, c’est une sucrerie qui ne se refuse pas, bien qu’elle soit plus ou moins digeste selon les cas.

Danse

Trop de chants pour un cantique

Abou Lagraa, chorégraphe dont le style s’est forgé à l’étude de la danse classique, contemporaine et hip hop, a toujours voulu faire bien, trop bien. C’est le cas avec sa récente création à la Maison de la danse de Lyon où il est artiste associé en 2015 avant de regagner sa ville natale, Annonay en Ardèche. En s’attaquant au Cantique des Cantiques, il a vu grand. Retour sur cette création et sur la polémique qui oppose le chorégraphe français à la conseillère municipale FN d’Annonay. (Lire la suite)

Théâtre

Sister : spectacle fêlé en mal de scène

Les Subsistances aiment à brasser des idées, à mêler les genres et les styles. À l’occasion du festival Mode d’Emploi, la metteure en scène, auteure et comédienne Hélène Mathon proposait un spectacle sur la schizophrénie : Sister, sur un texte d’Eugène Savitzkaya qui nous met directement en relation avec le malade et son entourage, ne parlant pas de la maladie en tant que telle mais de sa perception à travers la fratrie. Sister est une plongée vertigineuse dans un monde délirant, trouble, douloureux mais peuplé. Sister a été déprogrammé par les Théâtres Sorano-Jules Julien à Toulouse. Dommage. (Lire la suite)

Sticky drama
Courrier du corps, Musiques

Vidéo musicale et vomi (comparatif)

L’idée de départ était de regarder deux vidéos musicales un peu contemporaines, pas trop flan façon Adele. On choisit donc Tame Impala et Oneohtrix Point Never pour la musique, soit respectivement le collectif Canada et l’artiste Jon Rafman pour la vidéo, même si dans ce second cas, le compositeur Daniel Lopatin a codirigé le clip. On regarde. L’œuvre de Rafman et Lopatin, Sticky Drama, titre idoine signifiant “drame collant”, ou en l’occurrence gluant, n’a pas manqué de détracteurs pour noter que c’était un peu dégoûtant, toutes ces pustules, ce pipi et ce vomi. Dans The Less I Know the Better de Canada, le personnage masculin aussi vomit, mais de la peinture, qui vient recouvrir le corps de la jeune fille, change de couleur et suggère des menstrues tartinant un entrejambe. (Lire la suite)

Arts plastiques, Expo

Minerarium

Il est des œuvres qui vous engourdissent. Des œuvres froides, silencieuses, comme les mondes désertés de Giorgio De Chirico. Les grandes peintures que Maude Maris présente à la galerie Isabelle Gounod sont de cette famille. Elle construit des scènes infinies, où aucune ligne d’horizon n’interrompt la modulation des couleurs, où le temps comme l’espace semblent avoir disparu. La verticalité prime, elle encadre les épanchements et structure ce rêve de pierre. (…)

Arts plastiques, Expo

Flore de ballast : Maria Thereza Alves et la botanique de la colonisation

Depuis 1999, l’artiste brésilienne Maria Thereza Alves investit des villes portuaires qui furent des points cruciaux de la cartographie coloniale — Marseille, Liverpool, Dunkerque, Bristol — et observe comment les échanges coloniaux furent doublés d’une circulation de semences végétales. On connaît l’histoire migratoire de certains fruits et légumes — on sait la pomme de terre ou la tomate fameusement introduites en Europe à la fin du XVIe siècle. Maria Thereza Alves s’intéresse au contraire à des plantes dont la circulation fut accidentelle et souvent inaperçue : la flore de ballast. (Lire l’article)

Théâtre

Montévidéo dans l’impasse

Drôle de dernière semaine au festival Actoral fondé par Hubert Colas en 2001 à Marseille. Dans la salle de Montévidéo, la performance de Grand Magasin, programmée samedi 14 octobre à 21h et intitulée “Comment commencer”, pourrait bien se transformer en “Comment finir”.

Danse

Trisha Brown tire son irrévérence

La danseuse et chorégraphe américaine Trisha Brown est décédée. Elle avait 80 ans et c’est sa compagnie qui a annoncé la nouvelle ce lundi dans un twitt qui nous a immédiatement renvoyés à cette belle dame que nous n’avions jamais quittée, même si elle se déplaçait moins dernièrement. D’une parfaite élégance décalée, à l’américaine, robe longue et baskets pour des cocktails d’après-première, elle savait aussi se souiller au sol en dessinant des trajectoires sur un papier blanc. Elle était peintre. Elle traçait. (Lire l’article)

Stéphane Mallarmé, Poésies, édition de Bertrand Marchal, préface d'Yves Bonnefoy, coll. Poésie/Gallimard, 1992. Une ordonnance littéraire de Sophie Rabau dans délibéré
Livres, Ordonnances littéraires

Mallarmé pour Emmanuel M.

Monsieur Emmanuel M., âgé de 45 ans, marié, ministre des Finances, se présente à la consultation du service de chronobibliopathologie, adressé par son médecin traitant suite à une histoire d’insomnie, retards, pertes de montres et agenda. À l’anamnèse, on retrouve des événements déclencheurs idiopathiques : désintérêt pour la lecture dès la puberté, tentative, au début de l’âge adulte, de faire entrer “26 heures dans une journée” selon l’expression du patient. Après réunion du staff, on propose un traitement allopathique à raison d’un voyage en bus sur le trajet Paris-Marseille avec lecture d’un sonnet tiré de la pharmacopée classique. (Lire l’article)

Courrier du corps

Le #LogeurduDaesh vivait à saint Déni

De quoi pouvait-on bien rire encore après le 13 novembre ? Non pas rire sans rapport avec les attentats mais rire à leur propos, autour d’eux : comment les apprivoiser, les circonscrire psychiquement ? L’homme providentiel s’appelle Jawad Bendaoud. Les internautes l’ont hashtagué #logeurdudaesh, la faute de syntaxe valant comme signe de la parodie et de la duplicité. Il est devenu un mème en trois secondes et demie grâce à sa déclaration sur BFMTV : “On m’a demandé de rendre service, j’ai rendu service, monsieur. On m’a dit d’héberger deux personnes pendant trois jours et j’ai rendu service. Je sais pas d’où ils viennent, on n’est au courant de rien. Si je savais, vous croyez que je les aurais hébergés ?” Perçue comme un mensonge par de nombreuses personnes, la déclaration a donné lieu à des centaines de détournements. (Lire la suite)

Édition indépendante, Livres

L’Ire des marges

Fondatrice des éditions L’Ire des marges à Bordeaux, Bérengère Pont revient sur dix ans d’engagement, de colère et de convictions. Et sur un catalogue riche d’une quarantaine de titres, entre fictions, textes politiques et critiques littéraires.