La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Critiques
Théâtre

Au fond du trou, l’Europe

1993, le spectacle que met en scène Julien Gosselin avec des acteurs tout juste sortis de l’École du Théâtre national de Strasbourg, interroge les racines d’un malaise européen, à partir de deux symboles de la construction européenne dans les années 1990 : le tunnel sous la Manche, l’accélérateur de particules conçu par le CERN à la frontière franco-suisse. Signé Aurélien Bellanger, le texte du spectacle reprend aussi aussi plusieurs extraits de La Fin de l’histoire et le dernier homme, l’essai polémique de Francis Fukuyama. (Lire l’article)

Norma de Vicenzo Bellini. Direction musicale: Riccardo Minasi. Norma: Karine Deshayes © Vincent Beaume - Festival d'Aix-en-Provence 2022
Musiques, Opéra

Graves et romanée-conti

L’opéra Norma de Bellini était donné pour la première fois à Aix-en-Provence. Avec, pour interpréter Norma, la très aimée Karine Deshayes: une prise de rôle attendue. C’est ici que les choses se corsent, du moins en termes de voix…

Sépànd Danesh, Soulèvement, 2015. Huile, spray et acrylique sur toile, 140 x 200 cm, Courtesy de l’artiste, Backslash
Arts plastiques, Expo

Rêver à l’envers

Il y a les œuvres qu’on aime parce qu’on les a comprises : le plaisir du déchiffrement, du terrain conquis et du sentiment de sa propre intelligence contribuent à la vivacité du souvenir qu’on en garde et au plaisir qu’on a à y revenir. Et il y a les œuvres qui, au contraire, vous poursuivent parce qu’elles vous échappent, parce qu’elles se présentent comme autant de paradoxes, sphinx silencieux proposant de muettes énigmes. Les toiles de Sépànd Danesh appartiennent à cette seconde catégorie. Si l’on voulait résumer leur énigme, sans doute pourrait-on la formuler ainsi : ces toiles sont peuplées de figures et pourtant, on pourrait les dire abstraites. L’exposition Des ruines pour origine est à voir jusqu’au 2 avril chez Backslash Gallery, à Paris. (Lire l’article)

Les filles, de Salimata Togora
Théâtre

Ca va, ça va le monde !

Rendez-vous traditionnel du festival d’Avignon, le cycle de lectures organisé par RFI, a été cette année enregistré au Théâtre de la Tempête à Paris et sera diffusé sur les ondes du 25 juillet au 29 août. 
A regarder d’un œil (Marcel Duchamp) & Objet à Détruire (Man Ray)
Arts plastiques, Bansky vs Marcel

Banksy vs Marcel : un siècle de retard sur l’art en morceaux (2)

En s’en prenant physiquement à l’œuvre elle-même, Duchamp dit à la fois que la destruction du Beau doit avoir une effectivité matérielle et qu’il s’agit néanmoins d’une « figuration du possible », où la destruction est donc elle-même figurée et devient objet de la création. Sous un rapport fondamental, qui se distingue de l’acte destructif délibérément accompli – celui du vandale ou de Banksy, par exemple –, le ready-made interroge l’origine de la destruction. (Lire l’article)

Scott Ross avec son chat, mais sans son poisson
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Poisson d’avril

À force de jouer des sonates de Scarlatti, on finit par être capable d’en écrire. Trois grands interprètes ont ainsi laissé de “vraies fausses” sonates : un Caprice à la Scarlatti du pianiste polonais (et Premier ministre en 1919) Ignace Paderewski, une superbe sonate por el señor Escarlate du claveciniste colombien Rafael Puyana… Scott Ross s’est quant à lui offert, lors de la diffusion de son intégrale Scarlatti sur France Musique, le 1er avril 1985, il y a 31 ans exactement, un poisson d’avril scarlattien : une magnifique sonate que l’auteur de ces lignes est allé pêcher dans les archives de l’INA, et qui dévoile un Scott Ross plus scarlattien que Scarlatti… (Lire l’article)

Le Gouffre aux Séries, Séries

7 – Humour en format court

Les sitcoms, pour comique de situation, ne laissent guère aux dites situations le temps de se développer, ni aux intrigues celui de prendre de l’épaisseur. Tout ou presque est dans des dialogues à la mitraillette. Est-ce pour autant un genre mineur dans le monde des séries?

Martin Winckler - L'Ecole des soignantes - POL 2019
Livres, Ordonnances littéraires

L’École des soignantes pour ma dentiste

La dentiste du Dr R. voit tout en noir quand elle pense au futur de la médecine extralittéraire et elle n’est pas la seule. Fort heureusement, la médecine littéraire a sous la main ce qu’il faut pour soigner ce malaise : L’École des soignantes, un traitement magistralement élaboré, aux laboratoires P.O.L., par le Dr Martin Winckler. Ce praticien complet, qui pratique la médecine extralittéraire et littéraire, a inventé un monde où soignantes et soignées se portent vraiment mieux. Utopie ? Par exactement : ce remède pourrait bien avoir une action directe sur notre présent médical. (Lire l’article)

Maguy Marin, Ligne de crête, 18e Biennale de la Danse de Lyon
Danse

Maguy Marin, sans commune mesure

Encore une fois, Maguy Marin frappe fort. Elle a ouvert avec fracas la 18e Biennale de la danse de Lyon. Dans Ligne de crête, Elle dénonce les manquements des politiques actuelles. Elle joue sur l’accumulation et la saturation, ménageant toutefois des chemins labyrinthiques pour les six interprètes qui s’emparent d’une partition chorégraphique millimétrée à devenir complètement dingues. Et réveille dans le fracas le désir de liberté. Un vrai bazar. (Lire l’article)

Design, Expo

Le design, Now et maintenant

De Bastille à Barbès, la Design Week parisienne a fermé ses boutiques. Après une semaine de présentations diversifiées, du meuble le plus léché classique aux bidouillages numériques de toutes sortes. Entre réfugiés sous la Cité de la mode et du design, rentrée économique maussade et questionnements sur l’avenir d’un métier qui se redéfinit, se re-cherche vers des démarches plus locales et mutualistes. Tour de piste, de fêtes en débats, de cette manifestation qui est un des reflets d’un design désarticulé. (Lire la suite)

Cinéma, Guide

Trenque Lauquen, magique pampa

Ce film au long cours de l’Argentine Laura Citarella, nous entraîne en eaux troubles, au coeur d’une pampa fantasque et fantastique, sur les traces d’une botaniste, d’une écrivaine disparue et d’une créature étrange… Fascinant.

Théâtre

De Bruits et de Fureurs

Le metteur en scène Joris Lacoste, artiste associé au Théâtre de Gennevilliers et membre du collectif  l’Encyclopédie de la parole, propose dans sa nouvelle création Suite n°2 un concert pour mieux entendre la fureur du monde. Avec cinq acteurs et en seize langues (surtitrées en anglais ou en français), il orchestre des paroles qui font acte. (Lire la suite)

Théâtre

Milo Rau ou les vertiges de la tragédie

La Reprise, spectacle du Suisse Milo Rau joué au festival d’Avignon puis repris du 22 septembre au 5 octobre au théâtre de Nanterre-Amandiers dans le cadre du Festival d’Automne, revient sur le meurtre homophobe et raciste d’Ihsane Jarfi. Ce n’est ni une enquête, ni une reconstitution, ni un mausolée à la mémoire de la victime. Ce que met en scène Milo Rau dans tous ses spectacles, c’est moins l’histoire que le rapport à cette histoire. Si l’horreur et le meurtre ne sont pas explicables, on peut du moins tenter de comprendre ce qu’ils éveillent en nous. Regarder la tragédie et non le fait divers, c’est ce qu’il propose ici. Il y a de la tristesse dans ce spectacle. Et de l’intelligence. (Lire l’article)

Écrans, Machines à voir

Prendas corpus

Dans Prendas Corpus  du Cubain Jeosviel Abstengo, petit chef d’œuvre de violence froide, plusieurs personnes cachent des morceaux de viande sous leurs vêtements. Violence clinique, documentaire, dont l’efficacité est inversement proportionnelle à la brièveté du film.