Alice
C'était il y trente ans, Alice, tu étais en haut de la pile. Une pile de tirages photographiques un peu jaunis, une pile d'images sans attrait, un lot de brocante que l'homme vulgaire avait posé là au milieu de couverts, d'assiettes et de bibelots. Trente ans, j'ai oublié où était cette brocante, peut-être à la Bastille, peut-être à la campagne. Mais Alice tu es maintenant sur mon mur. Au-dessus de la pile tu ne pouvais rester, à la merci de celui qui pouvait spéculer, rêver faire un bon coup en te fauchant, pour 5 francs. C'est ce que l'homme vulgaire demandait pour me confier que ta photographie sortait des archives de la police belge. (Lire l'article)
Alexandre Seurat pour le gouvernement polonais
En Pologne, pays membre de l’Union européenne, les femmes ont failli ne plus avoir du tout le droit d’avorter. Même en cas de viol ou d’inceste. Quand l’avortement était déjà (et demeure) très sévèrement limité dans le pays. Et le gouvernement ultraconservateur du parti Droit et Justice, en place depuis l’automne 2015, a par ailleurs bien d’autres projets tout aussi réjouissants. Le gouvernement polonais veut préserver la “dignité” du peuple polonais ? Alexandre Seurat, dans L’administrateur provisoire, lui répond avec une précision troublante. (Lire l'article)
Trajal Harrell, gentleman cambrioleur
Le chorégraphe et danseur new-yorkais n’a que des idées saugrenues (de celles qui font progresser l’art). Dans Le Fantôme de Montpellier rencontre le samouraï, ce gentleman cambrioleur n’hésite pas à voler chez les autres pour construire son propre langage. Et il touche à la personne la plus sacrée, Dominique Bagouet, figure emblématique de la ville où il créa l'un des premiers centres chorégraphique nationaux. (Lire la suite)
Et mort
Le 11 août 1911 Edwin Austin Abbey meurt d’un cancer à Londres, Chelsea Lodge, 42 Tite Street,...
Armand Gatti rend la parole
Que laisse Armand Gatti ? Un grand vide d’abord. Le poète, mort le 6 avril à l’âge de 93 ans, avait une présence hors du commun. "Au commencement était le Verbe" : les premiers mots de l’Évangile de Jean pourraient figurer en tête de la multitude de citations que l’on imagine sur sa tombe. Un Verbe qui tenait du fleuve en crue, submergeant tout, et d’abord les digues du sens. Savants ou ignorants, tous les auditeurs de Gatti se retrouvaient à peu près sur le même plan, abasourdis par l’avalanche des références et les bifurcations d’une pensée impossible à canaliser. (Lire l'article)
Combats de rue
Collaborateurs de délibéré, Juliette Keating (texte) et Gilles Walusinski (photos) publient chez L'Ire des marges À la rue, livre-enquête engagé dont le point de départ est l'expulsion à l'été 2016, de treize familles roms de leur lieu de vie de Montreuil, en Seine-Saint-Denis.
Quo vadis, Nicanor ?
Nicanor Parra vient de nous quitter. En 103 ans de vie, il aura eu le temps d’être mathématicien et physicien, d’appartenir à une illustre famille d’artistes qui compte aussi parmi ses rangs la chanteuse folklorique Violeta Parra, sœur cadette de Nicanor, mais, surtout, d’être un énorme poète, ou plutôt anti-poète, ainsi qu’il aimait se définir. (Lire l'article)
Trop de chants pour un cantique
Abou Lagraa, chorégraphe dont le style s’est forgé à l’étude de la danse classique, contemporaine et hip hop, a toujours voulu faire bien, trop bien. C’est le cas avec sa récente création à la Maison de la danse de Lyon où il est artiste associé en 2015 avant de regagner sa ville natale, Annonay en Ardèche. En s’attaquant au Cantique des Cantiques, il a vu grand. Retour sur cette création et sur la polémique qui oppose le chorégraphe français à la conseillère municipale FN d’Annonay. (Lire la suite)
Brest 1992 : le port et la ville (1)
En 1992 le Ministère de l'Équipement lança une "commande publique" dont le titre Le port et la ville correspondait à la préoccupation politique du développement – difficile – des ports en France comparé aux grands ports européens. Je décidai alors de revenir à Brest et d'y partir au mois d'août.
Edogawa Ranpo ou la fascination de Méduse
Une jeune fille naïve qui épouse un homme à la réputation inquiétante. Un homme trompé qu’un regain de vie conduit à un sort terrible. Une curieuse épidémie de suicides. Un crime parfait. Autant de récits ciselés par ce maître du fantastique japonais et publiés sous le titre Un amour inhumain par les Nouvelles Éditions Wombat.
María Pagés enlève Carmen
Bizet et Mérimée n’auraient sans doute pas supporté qu’une vulgaire danseuse de flamenco ravisse leur créature, leur Carmen. Celle qu’ils auraient peut-être méprisée, c'est María Pagés. La chorégraphe et danseuse trafique avec cinq musiciens les mélodies de Bizet et elle arrache des mains de ses créateurs la figure emblématique de Carmen. (Lire la suite)
Christian Rizzo en terre de lumière
Dans Une maison, sa nouvelle création, Christian Rizzo convie quatorze danseurs emportés dans un flux continu de mouvements ponctués par de nombreuses entrées et sorties. On est tantôt sous un chapiteau avec des personnages qui portent des chapeaux pointus, turlututu !, dans une boîte de nuit pour un slow, dans une mascarade basque, dans un carnaval masqué où les mains se saisissent pour une ronde et autres farandoles. Le spectacle, créé après résidence à Bonlieu, Scène nationale d'Annecy, part pour une tournée internationale avant qu'on ne le retrouve en France avec de nombreuses dates l'an prochain et en ouverture du prochain festival Montpellier Danse en juin. (Lire l'article)
Sister : spectacle fêlé en mal de scène
Les Subsistances aiment à brasser des idées, à mêler les genres et les styles. À l'occasion du festival Mode d’Emploi, la metteure en scène, auteure et comédienne Hélène Mathon proposait un spectacle sur la schizophrénie : Sister, sur un texte d'Eugène Savitzkaya qui nous met directement en relation avec le malade et son entourage, ne parlant pas de la maladie en tant que telle mais de sa perception à travers la fratrie. Sister est une plongée vertigineuse dans un monde délirant, trouble, douloureux mais peuplé. Sister a été déprogrammé par les Théâtres Sorano-Jules Julien à Toulouse. Dommage. (Lire la suite)
La mégère apprivoisée
Après La Tempête, Abbey illustre deux des premières comédies de Shakespeare: La Mégère...
Ça cartonne
À l'intention de tous les Français qui déménagent pour une vie meilleure et des politiques qui dessinent le destin de leur France entre les lignes d'un best-seller promettant le changement, une lecture salutaire : Cartons (éditions Zulma, 2012), texte posthume de Pascal Garnier. Brice, la cinquantaine, illustrateur de livres jeunesse quitte Lyon et son appartement. Il déménage à la campagne dans une maison achetée avec sa femme. Jusque-là rien que de très normal. Mais, très vite, la mécanique rêvée de l’accession à la propriété d’un gentil couple qui réussit se grippe. Entre une visite au magasin de bricolage du coin et la rencontre de Blanche, une femme meurtrie, Brice dégringole. Pour Brice, le déménagement devient “une catastrophe naturelle” dans une France des lisières et de la marge. (Lire l'article)
Benjamin Millepied, trois petits tours et puis s’en va
On n’aura pas eu le temps de mieux cerner son projet car le chorégraphe Benjamin Millepied, dont la compagnie est installée à Los Angeles, quitte la direction de la danse à l’Opéra de Paris. Il avait pris ses fonctions le 1er novembre 2014. Son esprit frondeur, très américain, ne semble pas avoir collé avec la grande maison très française. (Lire la suite)
Fin de banlieue(s), une archive sentimentale
La peintre et plasticienne Isabelle Massenet présente un travail rigoureux et sensible sur nos banlieues en voie d’effacement par les travaux du Grand Paris. Ses gouaches sont exposées à l’écomusée du grand Orly Seine Bièvre de Fresnes jusqu’au 24 septembre.
Figures du continu, Ana Maria Lozano – Les Voyageurs, épisode 3
L’installation de Ana Maria Lozano Rivera, présente aux Beaux-Arts pour l’exposition Les Voyageurs, est de celles qui met en échec le principe du face-à-face muséal. Elle n’est pas un objet proposé au regard, mais un intérieur que l’on investit. Située dans l’entrée du Palais des Beaux-arts, Tisser les racines est une pièce à trois murs, un refuge, un pli fait dans la trame de l’exposition avant même qu’elle ne se déploie. (Lire la suite)


















