La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

Critiques
Théâtre

Orestea, vingt ans après

Avant ou après le 13 novembre, impossible de ressentir de la même façon la représentation de la violence sur une scène de théâtre parisienne. Dans Orestea, l'adaptation par Romeo Castellucci des trois pièces qui forment L'Orestie d'Eschyle, cette violence cueille les spectateurs d'entrée.

Design, Expo

Le design, Now et maintenant

De Bastille à Barbès, la Design Week parisienne a fermé ses boutiques. Après une semaine de présentations diversifiées, du meuble le plus léché classique aux bidouillages numériques de toutes sortes. Entre réfugiés sous la Cité de la mode et du design, rentrée économique maussade et questionnements sur l’avenir d’un métier qui se redéfinit, se re-cherche vers des démarches plus locales et mutualistes. Tour de piste, de fêtes en débats, de cette manifestation qui est un des reflets d’un design désarticulé. (Lire la suite)

Bouchra Ouizgen
Danse

Montpellier Danse, édition spéciale female (1)

La 35e édition du festival Montpellier Danse est féminine et parfois féministe. Le festival s’est ouvert avec Ottof de la chorégraphe marocaine Bouchra Ouizguen. Voilà un moment qu’on la surveille, parce qu'on se doutait qu’un jour, on se retrouverait devant une énigme jamais levée et devant un choc esthétique qui n’a pas fini de nous faire frémir.

Studio Quetzal: “Immersed office”. Photo: Lothaire Hucki. Un article d'Anne-Marie Fèvre dans délibéré
Design, Expo

Hyères embarque le design à Toulon

Coup double cette année pour la 11ème Design Parade de la Villa Noailles de Hyères qui a créé une manifestation jumelle : le premier festival international d'architecture d'intérieur, à Toulon, sur le thème de la Méditerranée. On y flotte dans un bureau-bateau, on trempe dans une salle d'eau immense transformée en pièce à tout faire. Un festival qui prolifère, qui fédère deux villes varoises de la même communauté d'agglomération, en défendant l'expérimentation de jeunes créateurs à deux échelles, celle de l'objet, celle de l'espace. Concours, expositions, expérimentations, matériaux, patrimoine, de quoi faire une belle étape d'été, une bonne plongée dans le design. Et prendre un bon bain historique avec l'architecte Robert Mallet-Stevens, concepteur de “cette petite maison intéressante à habiter en été”. (Lire l'article)

Bande dessinée, S'il vous manque une case...

Lapi-not dead at all

Après avoir été laissé pour mort dans le dernier album de la série des “Formidables aventures de Lapinot”, le héros éponyme de Lewis Trondheim est à présent ressuscité, pour le plus grand bonheur de ses fans. Ce n'est pas seulement le célèbre lapin que nous avons le plaisir de retrouver mais aussi ses amis, l'immature Richard, Titi ou Pierrot, dans une histoire où le fantastique se mêle à une lecture de notre société contemporaine et de ses dérives, qu'il s'agisse du terrorisme ou des sites de rencontre pour célibataires. C'est surtout l'occasion de découvrir, pour ceux qui ne le connaîtraient pas déjà, un des plus grand auteurs de la BD française contemporaine. (Lire l'article)

Cinéma, Écrans

Hayao Miyazaki : intelligence humaine

2013 : le dessinateur japonais Hayao Miyazaki, réalisateur et producteur de films d’animation mondialement connus, annonce qu’il prend sa retraite. C’est la fin du studio Ghibli, qu’il a créé en 1985 avec Isao Takahata (Le Tombeau des lucioles). Le réalisateur Kaku Arakawa le retrouve en 2016, alors que Miyazaki, un brin malicieux, déclare reprendre du service en s’engageant dans un nouveau projet : la réalisation d’un court-métrage, Boro la chenille, à partir d’images de synthèse. Documentaire sur le retour du vieux maître, Never-Ending Man, est aussi et surtout prétexte à une passionnante réflexion sur les rapports entre l'humain et l'intelligence artificielle. (Lire l'article)

10 août 2016 – Marta (6ans) devant une voiture de police venue les chasser de la place Jean-Jaurès. Photo: Gilles Walusinski
Photographie

Roms, ville fermée

C'est par les réseaux sociaux que Juliette Keating et moi-même avons appris le 28 juillet 2016 au soir l'expulsion par la police de treize familles Roms qui habitaient depuis plusieurs années au 250, boulevard de la Boissière à Montreuil. Le lendemain, les familles s'étaient installées devant la mairie. Le 30 juillet la police chassait les Roms de la place de la mairie, puis de la place Anna Politkovskaïa où ils s'étaient réfugiés. C'est à ce moment que commence mon travail de photographe accompagnant quotidiennement les familles pendant quatre mois et demi... (Lire l'article)

"La porte", une chronique avéryenne de Nicolas Witkowski
Chroniques avéryennes, Écrans

La porte !

Tex Avery nous a cent fois menés au bord du gouffre, nous y a maintenus en lévitation tel le coyote suspendu, pour finalement nous plonger dans des abîmes de perplexité. Confrontés au choix de rire ou de réfléchir, nous avons choisi de faire les deux. 
Donald Trump, Livres, Ordonnances littéraires

Mark Twain pour le cas Donald Trump

Un Yankee du Connecticut à la cour du roi Arthur, le roman de Mark Twain récemment traduit en français par Freddy Michalski et publié en 2013 aux éditions L’Œil d’Or, est le récit d’un brave Yankee du XIXe siècle  qui se trouve brutalement projeté au VIe siècle, à la Cour du roi Arthur. Le choc est rude, car tout, dans sa façon d’être et même dans son accoutrement, détonne en ces lieux anciens, un peu comme la choucroute bien laquée et étrangement teinte du candidat Trump perturbe, sidère ou amuse de par chez nous. Il est différent, donc. Et décide d’exploiter cette différence, de devenir “Le Boss” :“en l’espace de trois ans, je serai le patron de tout le pays.”  Sauf que tout cela, chez Mark Twain, finit bien mal. Et Donald Trump ferait bien de relire ses classiques. On en tire toujours quelque chose. (Lire l'article)

Théâtre

Histoires sans paroles

Samuel Achache au Cloître des Célestins et Marguerite Bordat et Pierre Meunier au Tinel de la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon proposent deux formes de théâtre musical. Pour Fugue, Achache a puisé dans un répertoire essentiellement baroque. Forbidden di sporgersi est une tentative d'inventer une correspondance visuelle et sonore à l'œuvre de la poétesse Hélène Nicolas, dite Babouillec, “autiste sans paroles”. (Lire l'article)

Livres

Quo vadis, Nicanor ?

Nicanor Parra vient de nous quitter. En 103 ans de vie, il aura eu le temps d’être mathématicien et physicien, d’appartenir à une illustre famille d’artistes qui compte aussi parmi ses rangs la chanteuse folklorique Violeta Parra, sœur cadette de Nicanor, mais, surtout, d’être un énorme poète, ou plutôt anti-poète, ainsi qu’il aimait se définir. (Lire l'article)

Bob Dylan, "Yippee! I'm a poet"
Livres, Musiques

“Yippee ! I’m a poet”

Voilà donc Bob Dylan consacré par la plus haute distinction littéraire. Le compositeur américain, aujourd'hui âgé de 75 ans, coqueluche de la Beat Generation, aura passé toute sa carrière à snober les récompenses en tout genre, fuyant la reconnaissance des autres pour continuer à débiter ses chansons cultes, souvent magnifiques, parfois incompréhensibles et souvent interminables, sur toutes les scènes de la planète. Adulé ou décrié tout au long de sa carrière, il n'a jamais laissé personne insensible. Car Dylan, on l'aime ou on le hait. (Lire l'article)

Théâtre

Traité de savoir-rire

Émission radio en direct au Cloître des Carmes : l'atmosphère renvoie aux années 1970 ; ça clope –des gitanes–, ça bricole –un tourne disque pour envoyer le générique–, ça enchaîne mais ça cafouille, on n'est pas chez des pros. Sur le fil de la dérision, Rumeur et petits jours, le spectacle de Raoul Collectif, puise aussi dans l'héritage politique ou philosophique de cette période. Le nom de leur compagnie fait référence à Raoul Vaneigem, l'une des figures de l'Internationale situationniste, auteur d'un Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations. Sous sa forme foutraque, Rumeur et petits jours poursuit aussi des obsessions de fond : de la remise en cause du néolibéralisme à la pensée magique des Indiens Huicholes du Mexique. Sans oublier la poésie. (Lire l'article)

© Marcela Bolivar, “Leda”
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Léda sans cygne

Parmi les personnages hauts en couleurs du XXe siècle, Gabriele d'Annunzio est le plus contradictoire. Poète et guerrier, séducteur et solitaire, amateur d'art et de moteurs V12, ce héros borgne (accident d'avion) du nationalisme italien vit un peu sur la fortune de son père, davantage sur celle de ses amies, et entretient une meute de barzoïs blancs. Grand prêtre du modernisme décadent, il traite le futuriste Marinetti de “crétin phosphorescent”, et c'est sans doute pour échapper à une injure aussi géniale que Mussolini le fait enfermer dans son kitchissime Vitoriale du lac de Garde, où il meurt en 1938. Trente ans plus tôt, à l'occasion d'un concert, il avait découvert Scarlatti. (Lire l'article)