La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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Critiques
Musiques

Johnny Cash dans le texte

John Carter Cash, fils de John Cash et June Carter, dévoile une série de poèmes et de lettres écrites par l’auteur de “Folsom Prison Blues”, mis en musique et interprétés par plusieurs de ses plus talentueux disciples dans Johnny Cash Forever Words.
Histoire d'un livre, Livres

Ivan Denys, lycéen résistant (histoire d’un livre)

Fondatrice en 2013 des éditions Signes et balises, Anne-Laure Brisac raconte la genèse du premier titre de son catalogue, Lycéen résistant, formidable témoignage écrit au soir de sa vie par Ivan Denys, son ancien prof de lycée. Cette Histoire d’un livre, en texte, en images et en documents sonores, est aussi le début, pour délibéré, d’une nouvelle chronique.

Le Gouffre aux Séries, Séries

9 – Dystopies

Il reste peu de monde pour prédire que l’avenir sera rose puisqu’il risque fort d’être chaud, affamé, effondré, triste, électroniquement surveillé et populiste. Ceci étant posé, il est utile de savoir précisément à quoi s’attendre. Les séries dystopiques nous y aident.

Moïse et Pharaon de Gioacchino Rossini – direction musicale Michele Mariotti – mise en scène Tobias Kratzer – Festival d’Aix-en-Provence 2022 © Monika Rittershaus
Musiques, Opéra

Clichés et contre-clichés (lieu commun)

Chaque nouvelle édition du festival d’Aix-en-Provence apporte dans son sillage une nouvelle rhétorique de la note d’intention. Cette année, le cliché est à la mode, ou plutôt la chasse aux clichés. Mais que penser des contre-clichés du Moïse et Pharaon de Tobias Kratzer?

Dorothy Dix © Yanick Macdonald
Guide

Les dix commandements de Dorothy Dix

Dans un beau monologue en dix séquences, Stéphanie Jasmin fait entendre “une voix plus sombre et profonde”, celle d’une femme “qui déroule le film de sa vie comme un trop-plein qui déferle, en désordre et en un souffle”.

Billet de 10 livres émis par la Banksy of England, en circulation
Arts plastiques, Bansky vs Marcel

Banksy vs Marcel : un siècle de retard sur l’art en morceaux (1)

L’artiste et performer Banksy a récemment machiné la destruction publique de l’un de ses tableaux mis aux enchères. Diriger un tel acte vers un ramassis de milliardaires et d’experts incultes pour jouir d’un beau chahut mondain, c’est abandonner en chemin la vraie question qui gît dans un acte de destruction de l’art. Un siècle plus tôt, la destruction des œuvres fut l’objet, au sens matériel et philosophique, d’un hasard expérimental moins tapageur mais ô combien plus intéressant puisque aucunement prémédité et sans complicité médiatique. Les protagonistes de cette histoire s’appellent Marcel Duchamp et Man Ray. (Lire l’article)

Danse

François Chaignaud, furieusement Orlando

Artiste associé à Bonlieu, scène nationale d’Annecy, François Chaignaud accompagné par le metteur en scène et arrangeur Nino Laisné et quatre musiciens baroques, nous plonge dans une danse populaire et savante. Romances inciertos : un autre Orlando, plus qu’une prouesse physique et technique, est un voyage au pays de la métamorphose et du travestissement. En bonne compagnie, notamment avec Federico García Lorca. Cette pièce est un bouillonnement, un venin, une insurrection, une gâterie… (Lire l’article)

David Lefebvre, “Montagne III”, huile et acrylique sur toile, 73x92 cm, 2015. Courtesy Galerie Zürcher, Paris - New York
Arts plastiques, Expo

Parce que la peinture

Les paysages de David Lefebvre exposés à la galerie Zürcher sont des mondes miniatures, des maquettes où le réalisme aurait ménagé une place pour une science-fiction plausible, nichée au creux des rochers, dans les replis des collines ou dans le bleu du ciel. Des paysages interrompus par un signe qui brise les réalismes. Sans rien cacher, ses peintures demeurent mystérieuses. Rien ne semble échapper quand on les regarde, et pourtant, elles diffusent une secrète étrangeté. Quelque chose se trame, dans le calme le plus grand et dans l’immobilité la plus parfaite. (Lire la suite)

Danse

Uzès danse roule en “Jaguar”

Le clou de la 21ème édition du festival Uzès Danse fut un spectacle de la Cap-Verdienne Marlene Monteiro Freitas, en duo pour le moins sportif avec Andreas Merk : Jaguar, créé en 2015. Présenté comme une chasse, chasse à l’homme, chasse à courre ou chasse à la danse, ce spectacle bourré de références tout autant aux œuvres chorégraphiques du passé, notamment des Ballets Russes (Jeux de Debussy, L’Après-midi d’un faune de Nijinsky…) qu’à des compositeurs (Stravinsky, Schönberg, David Bowie), ou des peintres et dessinateurs (Kandinsky, Adolf Wölfli), nous plonge dans un charivari sonore, visuel et gestuel. (Lire l’article)

Danse

Contre-histoire dansée de l’art

Le critique Philippe Verrièle et le photographe Laurent Paillier ont pris le contre-pied de ceux qui pensent que danse et arts plastiques sont intimement liés. Leur livre Danser la peinture renvoie Degas à ses danseuses – lui qui ne s’intéressa pas à la danse – et invite de jeunes chorégraphes à composer avec des peintres, de Kandinsky à Velickovic. Chacun des invités, majoritairement des jeunes pas forcément connus et reconnus, a planché sur un peintre. Il aura fallu quatre ans de travail pour que le livre sorte enfin, accompagné d’une exposition que l’on a pu voir au dernier festival Uzès Danse. À lire et à regarder. (Lire l’article)

Design, Expo

Pierre Charpin en villégiature

Le designer est l’invité du 10e Festival international Design Parade organisé à la Villa Noailles, folie moderniste conçue de 1923 à 1933 par l’architecte Robert Mallet-Stevens à Hyères (Var) et nourrie par l’esprit mécène et extravagant de ses propriétaires Marie-Laure et Charles de Noailles. Un festival au croisement de la mode, de la photographie, du design et de l’architecture, toutes ces disciplines, ici souvent indisciplinées, des arts appliqués. (Lire la suite)

Hugo Boris, "Police", Grasset, 2016
Le genre idéal, Livres

Flics debout ?

Mais que fait cette police, place de la République, habillée en racaille ? Comme les profs, les infirmiers, les jeunes, les chômeurs, les ouvriers… elle fatigue et tape les pavés qu’elle se prenait dans la gueule quand elle ne les lançait pas elle-même dans les vitrines pour décrédibiliser et faire des images. Mai 68 en 2016. Une guerre des pauvres contre les pauvres. Derrière le sarcasme affleure l’inquiétude. Demeure une réalité profonde et partagée par tant de gens : celle de la souffrance au travail dont Hugo Boris parle dans Police, son dernier roman. Le manque de perspective. Le besoin de s’inscrire dans le collectif. (Lire l’article)

Danse

Montpellier Danse : des chocs venus du Sud

Le 36ème festival Montpellier Danse s’est achevé le 9 juillet. Il a été le reflet d’un bouillonnement certain, du surgissement d’une danse traversée et concernée par les tragédies de l’époque (l’homophobie grandissante, la montée des fascismes, la crise économique, la revendication de cultures ignorées ou méprisées par l’Occident, la question des migrants, des réfugiés et de l’exil). Tous les chorégraphes ont visé dans le mille, sans trop se soucier de formater leurs spectacles pour plaire ou être dans l’air du temps. (Lire l’article)

L'Amie prodigieuse (épisode 1): Ludovica Nasti (Lila), Elisa Del Genio (Elena)
Écrans, Livres, Séries

De quoi L’Amie prodigieuse est-elle le nom ?

Ça ressemble à un film néoréaliste, mais ça n’en est pas un (même lorsqu’une scène sort tout droit de Rome ville ouverte). Ça à l’allure d’une vaste fresque sociale, mais n’en est pas tout à fait une (trop lissée). Tout comme les livres d’Elena Ferrante ont un air de chef d’œuvre mais n’en sont pas vraiment. Co-produite par HBO et la RAI, l’adaptation en série du premier tome de la tétralogie à succès, L’Amie prodigieuse, est arrivée sur Canal+ à la mi-décembre. (Lire le guide)

Longues peines (documentaire) de Christian Jacquot
Cinéma, Écrans

Longues peines

Trois anciens détenus (84 ans de prison à eux trois) témoignent dans Longues peines : un documentaire conçu par Christian Jacquot, à visionner sur le site de la revue Far Ouest, et dont délibéré vous propose le premier épisode.
Chroniques scarlattiennes, Musiques

Un musicien en or

On trouve étrangement peu de plasticiens inspirés par l’œuvre de Scarlatti. Mais les sonates sont elles-mêmes des œuvres plastiques, puisque Scarlatti se pose toujours la question du lien entre l’œil et l’oreille. À cet égard, une étude fine de leur structure montre que leur constituant principal, le grand motif double symétrique dont il a beaucoup été question ici, n’a pas de position précise au début du corpus. Peu à peu, cependant, il migre vers une position bien particulière, aux deux-tiers de la sonate. À y regarder de plus près, c’est à mi-chemin entre la moitié (4/8) et les trois-quarts (6/8), soit à 5/8, à quelques millièmes près de ce qu’il est convenu d’appeler le “nombre d’or” : 0,618… (Lire l’article)