Famille, humour et patrimoine
Dans la série danoise Les Héritiers diffusée sur Arte, il est bien sûr question d’argent, de pas mal d’argent : un manoir de belle taille avec terres, et les œuvres de Veronika Grønnengaard, artiste contemporaine cotée au plus haut. Mais quand on parle d’argent, surtout en famille, on parle toujours d’autre chose.
Aboiements d’en France
Jusque dans vos bras, nouvelle création des Chiens de Navarre, reprend des procédés chers au collectif, à commencer par une construction au fil de saynètes ou de numéros où les situations de départ (souvent une réunion amicale ou de famille) dégénèrent. C’est d’abord un enterrement très officiel qui se termine en pugilat sanglant autour du cadavre renversé. C’est ensuite un déjeuner sur l’herbe entre trentenaires parisiens qui vire au déballage abject – racisme, homophobie – dans une surenchère outrancière pas du tout rassurante. (Lire l’article)
La femme aux masques de Phèdre
À l’Odéon, Isabelle Huppert incarne tour à tour une déesse antique, une star à la dérive dans un palace, une ménagère anglaise enfermée dans une banlieue glauque, une conférencière désabusée et l’héroïne de Racine. Autant de masques de Phèdre à la démesure d’une actrice qui excelle à souffler le chaud et le glacé et à livrer son corps à la contradiction. Sa performance exceptionnelle occulte en partie les failles du spectacle de Krzysztof Warlikowski, où les choix littéraires du metteur en scène (textes signés Wajdi Mouawad, Sarah Kane, J.M Coetzee) ne sont pas toujours à la hauteur de ses intuitions dramaturgiques. (Lire l’article)
Alors, on sèche ?
Si l’une ou l’autre des petites énigmes posées il y a deux semaines vous ont laissée perplexe, vous trouverez ici de quoi vous rasséréner ; et si vous avez tout bon, vous y trouverez de quoi vous en féliciter et même, pourquoi pas, la motivation d’inventer d’autres énigmes sur le même thème. Pour résoudre ce type d’énigme, le plus simple (sinon le plus élégant) est… de lire cet article.
Le chaland de Venise (1)
En ce début d’hiver 1978 à Venise, le froid glacial et la pluie étaient de nature à décourager les ardeurs photographiques. Restées depuis si longtemps dans leur boîte, ces photographies prennent l’air aujourd’hui pour nous aider à mesurer l’empreinte du temps.
Création à la Philharmonie
Qui ne connaît le grand chef d’orchestre Jacques Ouphaine ? En revanche, on connaît moins le compositeur et à quel point il est aussi un immense trompettiste.
Une Belle Histoire
Au printemps 2017, Stephen Hawking déclarait à la BBC que les humains, s’ils voulaient survivre, devaient quitter la Terre d’ici 100 ans afin de coloniser une autre planète. En cause : une éventuelle guerre nucléaire, le changement climatique, une épidémie virale et/ou les progrès incontrôlables de l’intelligence artificielle. Un an plus tard, le célèbre physicien quittait lui-même la Terre, pas pour la planète Zorglub mais pour une tombe à l’abbaye de Westminster, aux côtés de celles de Newton et de Darwin. Ses cendres reposent désormais sous une pierre engravée de la formule T= hc³/ 8πGMk. C’est l’équation dite de Bekenstein-Hawking qui décrit l’entropie des trous noirs, en d’autres termes (très simplifiés) la quantité d’information qu’ils renferment. Et si cette inscription, choisie par le savant lui-même, était un ultime message ? (Lire la suite)
La fin d’un monde
Se tient à Paris en 1900 le deuxième congrès international des mathématiciens. L’Allemand David Hilbert, chef de file incontesté de l’approche axiomatique, y fait sensation en présentant une liste de vingt-trois problèmes ouverts dont la résolution, selon lui, marquera le XXe siècle naissant. À ce jour, onze ont été résolus. Le premier, appelé hypothèse du continu, ne le sera jamais. Une demi-douzaine d’autres sont considérés comme presque résolus. Cinq d‘entre eux résistent encore. (Lire l’article)
Aphorismes et pensées
Pour fêter le 250e anniversaire de la naissance d’Iphigénin Plomp, nous publions régulièrement dans nos pages des pensées et aphorismes de ce grand esprit si français.
J11 – Psychanalyse de la touillette
Dimanche soir, pour la réception de Saint-Étienne, Laurent Blanc ne mâchonnait pas une de ces fameuses touillettes qui sont sa marque de fabrique depuis ses débuts d’entraîneur à Bordeaux. Victoire 4-1 du Paris Saint-Germain, une des prestations les plus abouties de l’ère qatarie, quatre jours après un décevant match nul 0-0 contre le Real Madrid en Champion’s League. Sur le plan symbolique, que signifie la touillette ? Et que dit sa disparition ? Le suçotement caractérise pour Freud le stade oral, le premier de l’évolution de l’enfant, jusqu’à dix-mois. Fondé en 1970, le Paris Saint-Germain est un club adolescent à l’échelle du football européen. Et qui cherche depuis quelques saisons à se faire une place parmi les grands d’Europe, comme si – passé de la primaire du championnat de France au collège de la Champion’s League –, le club avait changé de cour. (Lire l’article)
Traduire le vivant
Traduire un auteur vivant offre la possibilité de l’interroger, de lever des doutes, de confirmer ou infirmer des hypothèses, etc. Possibilité que le traducteur n’est pas tenu d’exploiter puisque c’est l’œuvre qui est soumise à traduction, et non les intentions de son auteur. Il est un cas où la parole de l’auteur s’impose au traducteur : lorsqu’il s’agit de traduire une pièce de théâtre mise en scène par l’auteur, voire jouée par l’auteur. En d’autres termes, lorsque l’auteur reprend les droits sur son texte, pour l’extraire des pages du livre et lui donner une nouvelle vie sur la scène d’un théâtre. (Lire l’article)
Que le Grand Cric te croque !
Nos cinq pirates sont toujours sur le même bateau, bien embarrassés par les 1000 doublons du butin qu’ils doivent se répartir tout en respectant les obligations fixées par leur maître Barbe-Noire, qui s’amuse maintenant à changer les règles du jeu. Il devient de plus en plus difficile d’échapper aux menaces de la planches ou aux crocs du Grand Cric… (Lire l’énigme)
J34 – L’opium du peuple
Devant son écran, le supporteur hésite. Soirée électorale ou Lyon-Monaco ? Voire, le clásico Madrid-Barcelone ? Il se sent coupable, la voix de la raison martèle ses arguments. À la différence des précédents, le scrutin est serré, quatre candidats pourraient passer au second tour. D’accord, mais après quatre saisons dominées par le Paris Saint-Germain, la Ligue 1 offre enfin un peu de suspense… Dilemme. Alors, le supporteur décide de zapper d’une chaîne à l’autre, un peu honteux. Le football est l’opium du peuple, et il se sait dépendant… (Lire l’article)
Milo Rau ou les vertiges de la tragédie
La Reprise, spectacle du Suisse Milo Rau joué au festival d’Avignon puis repris du 22 septembre au 5 octobre au théâtre de Nanterre-Amandiers dans le cadre du Festival d’Automne, revient sur le meurtre homophobe et raciste d’Ihsane Jarfi. Ce n’est ni une enquête, ni une reconstitution, ni un mausolée à la mémoire de la victime. Ce que met en scène Milo Rau dans tous ses spectacles, c’est moins l’histoire que le rapport à cette histoire. Si l’horreur et le meurtre ne sont pas explicables, on peut du moins tenter de comprendre ce qu’ils éveillent en nous. Regarder la tragédie et non le fait divers, c’est ce qu’il propose ici. Il y a de la tristesse dans ce spectacle. Et de l’intelligence. (Lire l’article)
Diaghilev groupie
Il est difficile de croire que la première du Sacre du printemps, en 1913, a été contemporaine du travail d’élaboration des Femmes de bonne humeur, comédie de Carlo Goldoni muée en opéra-ballet par Serge Diaghilev en 1916. C’était à la fois le sacre de Stravinsky et celui de Scarlatti. Car Diaghilev, qui voulait une musique pré-romantique, était un inconditionnel de Domenico, dont il choisit 22 sonates qu’il fit, à sa façon habituelle, orchestrer. Curieuse idée que de “mélodiser” des sonates par nature “a-mélodiques” ! Mais il fallait bien que les danseurs aient du grain à moudre… (Lire l’article)
Les corps des monstres
Quel rapport entre Richard III de Thomas Ostermeier, production très réussie et applaudie de la Schaubühne de Berlin, et El Syndrome, spectacle à peu près incompréhensible de l’auteur-metteur en scène argentin Sergio Boris? Aucun, en apparence. Quelque chose les relie pourtant, qui tient aux acteurs ou, plus précisément, aux corps des acteurs. (Lire l’article)
Ivo van Hove, miroirs troubles
Coup de vieux dans la cour du Lycée Saint-Joseph à Avignon. Le metteur en scène Ivo van Hove adapte Vieilles gens et choses qui passent, un roman de Louis Couperus (1863-1923), figure des lettres néerlandaises. Costumes noirs et lumières sombres, l’obscurité règne sur les cœurs et les consciences, comme si le trio de vieillards qui mène cette drôle de danse avait contaminé les générations suivantes, les entraînant avec eux, quel que soit leur âge, aux portes de la mort. Vies malheureuses, gâchées, ralenties, le temps qui passe est du temps qui pèse et l’horloge qui bat au centre de la scène évoque moins le compte à rebours que la malédiction éternelle. (Lire l’article)
Ça dégomme à Uzès
Julian Hetzel, performeur, musicien et artiste visuel né en Allemagne, actuellement basé à Utrecht (Pays-Bas) et associé au CAMPO de Gand en Belgique, présente The Automated Sniper, un spectacle qui tire sur tout ce qui ose encore bouger. Dans cette chasse à l’homme, les interprètes vont vite réaliser qu’ils sont des cibles, tandis que deux spectateurs deviennent des tueurs. Un jeu terrible et sacrément bien foutu. (Lire l’article)

















