Famille, humour et patrimoine
Dans la série danoise Les Héritiers diffusée sur Arte, il est bien sûr question d’argent, de pas mal d’argent : un manoir de belle taille avec terres, et les œuvres de Veronika Grønnengaard, artiste contemporaine cotée au plus haut. Mais quand on parle d’argent, surtout en famille, on parle toujours d’autre chose.
Deadpool, ou l’esthétique du bluff
Dans le nouvel Olympe marketté par Hollywood, Deadpool, énième comics passé sur grand écran, incarne le sale gosse de la famille mutante. À savoir, sous sa combinaison noire et rouge, un tueur à gages amoral et roublard, avec un visage de zombie, une puissance de surhomme et un don d’immortel. Mais son vrai super pouvoir, c’est le super second degré. Dès l’ouverture se déploient tous les vertiges de l’ironie et de la mise en abyme : voix off gouailleuse et regard caméra complice, gags parodiques. Dans ce kaléidoscope de clins d’œil et de reflets à l’infini, que reste-t-il du réel ? Rien, ou si peu. Fini le temps où des super héros sombres ou fragiles portaient doutes et traumas de l’après 11 septembre : nous voici revenus à l’ère du clinquant et du chiqué. (Lire l’article)
Into the pool
Une piscine, un paysage presque vide avec la mer en ligne de fond. Dans Into the pool, le cinéaste Julien Devaux se jette à l’eau, au propre comme au figuré. Et rend hommage avec humour à l’artiste néerlandais Bas Jan Ader.
Ce qui manque
Deux sœurs confrontées à la mort de leur mère, la tragédie d’un adolescent découvrant son homosexualité, une lente dissolution de la cellule familiale : Ce qui manque, de Tomislav Zajec, une pièce traduite du croate par Karine Samardžija et présentée à La Nuit de la traduction organisée par la Maison Antoine Vitez. (Lire le début de la pièce)
Vers l’apaisement ?
L’idée belle et généreuse proposée par Joe Biden à l’intention de son malheureux prédécesseur devrait satisfaire les deux parties et apaiser la tension toujours très vive outre-Atlantique. Idée doublée d’une prouesse technique extraordinaire qu’il convient de saluer.
L’imagination des créateurs n’est pas confinée
Coronabelt, canne à shake-hand, trottoir d’appartement… Plusieurs inventions nous prouvent que l’imagination des créateurs est loin d’être confinée.
Montévidéo dans l’impasse
Drôle de dernière semaine au festival Actoral fondé par Hubert Colas en 2001 à Marseille. Dans la salle de Montévidéo, la performance de Grand Magasin, programmée samedi 14 octobre à 21h et intitulée “Comment commencer”, pourrait bien se transformer en “Comment finir”.
L’Oulipo tète à queue
À peine était-il né que l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle, fondé par le mathématicien François Le Lionnais et l’écrivain Raymond Queneau) plongeait dans les entrailles du langage à la recherche d’improbables pépites. Ainsi, dès 1961, Jean Lescure inventait la méthode dite S+7 qui consiste à remplacer, dans un texte donné, chaque substantif par le septième substantif qui le suit dans le dictionnaire. Une méthode susceptible de produire quelques horreurs… (Lire l’article)
Les animaux politiques
Les réflexions politiques utilisent souvent les figures animalières, qu’il s’agisse de fables ou de récits utopiques, afin de porter un regard différent sur les sociétés humaines. Parce qu’il reste naturel, l’animal peut être considéré comme un modèle de l’homme dans son état originel, avant qu’il ne soit corrompu par les pratiques ou les passions sociales, ce qui en fait le symbole d’une nature non pervertie. Mettant souvent en scène des animaux, la BD cherche aussi par ce biais à mener une lecture critique de la politique, se plaçant ainsi au coeur d’une tradition qui remonte à l’Antiquité. (Lire l’article)
François-René de Chateaubriand, vie sexuelle
La vie sexuelle de Chateaubriand est le titre d’un ouvrage qui reste à écrire. À Combourg, le jeune Chateaubriand fut probablement la source d’un écoulement considérable de semence. C’est du moins la thèse développée par la chercheuse Aline Mapain en s’appuyant sur les divers manuscrits préparatoires aux Mémoires. Les plaisirs solitaires du jeune Chateaubriand ne vaudraient pas qu’on s’y arrête si longuement, admet-elle, s’ils ne permettaient de porter un regard nouveau sur l’égotisme d’un auteur que Jules Lemaître qualifiait en 1912 d’“écrivain le plus vaniteux de la littérature française, et probablement de toutes les littératures”. (Lire l’article)
Traduire ses craintes
Avant l’instauration du couvre-feu en France, on a volontiers cité l’exemple allemand. Erreur de traduction ? On en serait presque à se demander si l’on n’a pas traduit une crainte (française) plus qu’une réalité (allemande).
Black is Black
Ceux qui sont nés dans les années 80 ont intégré dès le berceau le concept de crise. Ils ont vu le jour dans la crise, ils ont appris très vite que la crise serait leur unique horizon, ils ont été des enfants puis des adultes de la crise. Mais aujourd’hui c’est pire. Maintenant les maternités grouillent d’enfants de la fin du monde. Ces poupons-là viennent de débarquer sur une planète qui court à sa fin, ils sont programmés pour l’autodestruction, la fin du monde est leur unique horizon. (Lire l’article)
Flore de ballast : Maria Thereza Alves et la botanique de la colonisation
Depuis 1999, l’artiste brésilienne Maria Thereza Alves investit des villes portuaires qui furent des points cruciaux de la cartographie coloniale — Marseille, Liverpool, Dunkerque, Bristol — et observe comment les échanges coloniaux furent doublés d’une circulation de semences végétales. On connaît l’histoire migratoire de certains fruits et légumes — on sait la pomme de terre ou la tomate fameusement introduites en Europe à la fin du XVIe siècle. Maria Thereza Alves s’intéresse au contraire à des plantes dont la circulation fut accidentelle et souvent inaperçue : la flore de ballast. (Lire l’article)
On aura ta peau, Socrate !
Socrate est humain. Tous les humains sont mortels. Donc Socrate est mortel. Logique? Non, bon sens n’est pas logique. L’évidence n’est pas plus une preuve en logique qu’elle n’en est une en droit ; il nous faut une règle. Voire plusieurs. Dans le cas de Socrate, on pourra faire appel à la règle d’élimination du quantificateur universel et au modus ponens avant de conclure que Socrate est mortel et qu’il peut donc en toute légalité prendre sa ciguë comme l’en ont aimablement prié les autorités. Tout ça pour ça me direz-vous. Sans doute. Mais ce formalisme, ce rigorisme, ce sens du détail, sont tout ce qui sépare les maths d’un vague agrégat de croyances et de raisonnements approximatifs. (Lire l’article)
Lettre d’adieu pour aller nulle part
Pas un seul visage heureux le long de mes six kilomètres de marche quotidienne. Chercher à manger, c’est la spécialité nationale. Ça l’a toujours été, en dehors de quelques trêves, et encore.
Anaïs Charras, graveuse
Anaïs Charras développe un univers onirique que j’avais déjà beaucoup aimé dans ses dessins. La finesse de son trait l’a logiquement conduite à la gravure et je lui ai rendu visite dans son atelier.
Jeu d’été #06
Ne vous hâtez jamais. Ainsi vous ne rendrez le dernier soupir qu’à la dernière minute.
Mont-de-Marsan, terra flamenca
Avec la création il y a 29 ans du festival Arte Flamenco, Mont-de-Marsan est devenue la deuxième patrie du flamenco. C’est pour les artistes un lieu de rendez-vous car ils ne font pas qu’y passer mais sont invités à y séjourner, à participer à des rencontres publiques, à y donner des stages et des master classes. La programmation équilibrée n’oublie rien des maîtres du genre tout en s’ouvrant aux nouveaux talents. Et pas des moindres. La jeune Patricia Guerrero a ébranlé le Café Cantante avec son spectacle Catedral. (Lire l’article)

















