Homunculus averyensis
Les personnages d'Avery, comme ceux des autres dessins animés, possèdent cette merveilleuse plasticité qui assure leur survie, même après s'être fait aplatir ou enfoncer dans le sol. Mais chez Avery, on peut aussi se fragmenter, clignoter, s'effriter. Chaque partie du corps acquiert son autonomie, reprend sa liberté. En opposition catégorique avec la notion d'“individu”, le corps avéryen est décidément du genre “dividu”. Un simple coup de marteau suffit à montrer que, loin d'être un assemblage visqueux de choses molles, le corps avéryen est un béton (mal) armé mais bien structuré en couches concentriques se fragmentant l'une après l'autre. On meurt pour de bon mais, à la mort violente, Avery préfère l'émotion pure, dont les effets sont bien plus spectaculaires.
L’écrivain que personne n’a lu
L'écrivain mexicain Paco Ignacio Taibo II a fouillé dans sa bibliothèque. Il y a trouvé des livres du Russe Vladimir Bogomolov, jamais traduit en français. Personnage discret à la biographie mystérieuse, Bogomolov, mort à Moscou en 2003, est entre autres l'auteur de Ivan, la nouvelle qui a inspiré le premier film d'Andreï Tarkovski. (Lire l'article)
Into the pool
Une piscine, un paysage presque vide avec la mer en ligne de fond. Dans Into the pool, le cinéaste Julien Devaux se jette à l'eau, au propre comme au figuré. Et rend hommage avec humour à l'artiste néerlandais Bas Jan Ader.
Rose Envy de Dominique de Rivaz pour les auto-dévorants : tous cannibales !
Aux obtus qui pensent qu’on peut difficilement faire du beau avec de l’apparent dégueulasse et aux cannibales, présents et à venir ! À ceux qui grignotent les bulbes de leurs cheveux, à ceux qui picorent les peaux mortes de leurs bouches et se régalent de leurs cuticules, à ceux qui se rongent tout ce qu’ils peuvent se ronger, aux meurtriers victimes d’eux-mêmes, pris de troubles obsessionnels compulsifs des plus divers et des plus inavouables et particulièrement “du calvaire de l’auto-dévoration”, aux self-eaters et fiers de l’être, une prescription : Rose Envy, de la cinéaste et auteure suisse Dominique de Rivaz. (Lire l'article)
Haute surveillance
Après le scandale provoqué par l’organisation (sic) au stade de France de la finale de la ligue...
Robert Delaunay aux sources du pop
Pascal Rousseau publie chez Hazan un ouvrage de 300 pages, richement illustré : Robert Delaunay, L’Invention du pop. Et rend hommage à l'originalité d'un précurseur passionnément moderne.
Nous n’avons pas besoin que justice soit faite
Une jeune femme est morte massacrée dans sa chambre. Tout le monde s’en fiche. Fouiller dans le quotidien des gens de peu n’est pas rentable. Face à des vivants morts debout, murés dans le silence, le journaliste enquêteur va se concentrer sur la victime. Son intuition lui hurle de ne pas lâcher le morceau. Se profilent alors les années Mitterrand et les nôtres dans la foulée. Le scandale est énorme et banal. Les Insatiables, le roman de Gila Lustiger est une réussite qui, en 2017, éclaire par le noir la campagne électorale française. (Lire l'article)
La danseuse inconnue
À partir d'une image acquise dans une vente en enchères, un voyage dans le temps à la poursuite de Marina Semenova, icône de la danse classique au temps de l'Union soviétique.
Rimbaud et Verlaine autour d’un trou du cul
En 1869 était publié à Paris un court recueil, "L’Idole", dans lequel un poète Parnassien aujourd’hui quelque peu oublié, Albert Mérat, célébrait le corps féminin en dix-huit sonnets. Chacun était dédié une partie de l’anatomie féminine. N’y manquait que l’anus. Deux ans plus tard, Paul Verlaine et Arthur Rimbaud se sont employés à réparer cette lacune.
J34 – L’opium du peuple
Devant son écran, le supporteur hésite. Soirée électorale ou Lyon-Monaco ? Voire, le clásico Madrid-Barcelone ? Il se sent coupable, la voix de la raison martèle ses arguments. À la différence des précédents, le scrutin est serré, quatre candidats pourraient passer au second tour. D’accord, mais après quatre saisons dominées par le Paris Saint-Germain, la Ligue 1 offre enfin un peu de suspense… Dilemme. Alors, le supporteur décide de zapper d’une chaîne à l’autre, un peu honteux. Le football est l’opium du peuple, et il se sait dépendant… (Lire l'article)
Brest 1992 : le port et la ville (3)
Dernière séquence du travail à Brest en août 1992. Ces vues panoramiques permettent de capter l'évolution de la ville et invitent à poser une question : combien de temps faut-il attendre pour qu'une photographie devienne lisible en accord avec les intentions de son auteur ?
Des plages apaisées
Dans le monde d’après, tout sera bon pour faire revenir les vacanciers sur les plages désertées. Des municipalités projettent ainsi de lancer un service de “dameuses des mers”.
Tempête de danse sur Brest
Le festival DañsFabrik qui s’est achevé le 4 mars à Brest et qui était en partie consacré au Chili a confirmé ou révélé de fortes personnalités qui respirent à fond et regardent le public droit dans les yeux pour capter, capturer le monde. L’œil, la bouche et le reste, du chorégraphe brésilien Volmir Cordeiro, est de cette trempe. (Lire l'article)
Animaux de transport et de compagnie
Jacques Rebotier aime les animaux. Il les aime à sa façon. Il en a sélectionné 199 dans un livre illustré par Wozniak et publié par le Castor Astral. Samedi 2 mars, à la Maison de la Poésie, en compagnie de Dominique Reymond et de Charles Berling, il lira des extraits de cet ouvrage consacré à une faune étrange, partiellement animale.
On y va, oui ? J’travaille, moi !
Nous vous avons laissée la semaine dernière, le doigt sur votre téléphone, prête à appliquer la brillante stratégie aléatoire symétrique de votre invention qui ouvrira cette maudite route à vous comme à votre brillant collègue d'en face. Il ne vous reste qu'à choisir au hasard une heure dans les treize prochaines minutes et demie, puis à vous engager dans la chicane le moment venu ou si vous voyez l'autre véhicule en sortir. C'est alors que vous vient à l'esprit une nouvelle idée : votre stratégie n'est peut-être pas la meilleure possible pour minimiser votre temps moyen d’arrivée. Cette solution, contrairement à la précédente, ne vous garantit plus un temps de traversée maximal, mais elle abaisse d’une dizaine de secondes le temps moyen d’arrivée. (Lire l'article)
Maguy Marin, sans commune mesure
Encore une fois, Maguy Marin frappe fort. Elle a ouvert avec fracas la 18e Biennale de la danse de Lyon. Dans Ligne de crête, Elle dénonce les manquements des politiques actuelles. Elle joue sur l’accumulation et la saturation, ménageant toutefois des chemins labyrinthiques pour les six interprètes qui s’emparent d’une partition chorégraphique millimétrée à devenir complètement dingues. Et réveille dans le fracas le désir de liberté. Un vrai bazar. (Lire l'article)
Retour à la case départ
On ne parle que de leur fin. Aussi, il nous a semblé, à la rédaction, qu’il était grand temps de revenir au début** des haricots. En l’absence de la page 12, le dossier complet est à retrouver – sans fils – en page 13.

















