De 1962 à 2018, Michel Urbain et Françoise Urbain-Lambert ont envoyé à leurs proches des cartes de vœux. Moitié chronique familiale, moitié dessin d’actualité, elles offrent un parcours à travers cinquante ans d’histoire politique, sociale et humaine.

 

Les vœux des Z’Urbains

 

1973

Carte de vœux 1973

Carte de vœux 1973

La gauche a enfin un programme commun signé en 1972. La société change, la parole se libère et, si l’on peut prendre la pilule depuis 1969, on en parle à présent ouvertement sur une carte de vœux. Même les mathématiques sont modernes. Chez les Z’Urbains, on se la joue gauchiste en famille avec des vœux manifs en rouge et noir. Pour Michel, un parfait uniforme d’homme de gauche dans le vent — col roulé et veste en mouton retourné — et pour Françoise le pantalon que les femmes peuvent à présent porter comme un étendard. On éprouve comme une nostalgie pour ce temps en mouvement avec ses mots presque oubliés – « classe de neige », « maths modernes » mais aussi « liberté » —  et ses objets au parfum suranné, comme ces pièces ovales cousues sur les genoux d’un pantalon d’enfant.

 

Les vœux des Z’Urbains

© Famille Urbain
Reproduction des images soumise à autorisation

Texte : Sophie Rabau