La revue culturelle critique qui fait des choix délibérés.

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| 23 Fév 2020

De 1962 à 2018, Michel Urbain et Françoise Urbain-Lambert ont envoyé à leurs proches des cartes de vœux. Moitié chronique familiale, moitié dessin d’actualité, elles offrent un parcours à travers cinquante ans d’histoire politique, sociale et humaine.

 

Les vœux des Z’Urbains

 

1988

Les vœux des Z´Urbains - 1988 © Famille Urbain

Il est des débuts d’année riches en suspense. Au mois de janvier 1988, la question est sur toutes les lèvres de France : le président Mitterrand, dit Tonton, sera-t-il candidat à un second mandat ? En attendant la réponse – spoiler : ce fut un oui, prononcé du bout des lèvres et non sans sensualité, en mars 1988, à l’antenne de ce qu’il reste de télévision publique –, les Z’Urbains nous livrent un autre scoop : Michel, pourtant fort présidentiel avec épouse en robe à fleurs et chiens des Pyrénées parfaits en labradors élyséens, renonce à se présenter. Il est vrai que les sondages ne le placent pas en tête, bien qu’il devance Yves Montand et Rika Zaraï, chanteuse populaire alors connue pour ses conseils en médecine naturelle, notamment son remède universel : le fameux bain de siège. Quant à la popularité familiale du patriarche, elle est mise à rude épreuve : dignes représentants de ce que l’on va bientôt appeler la « génération Mitterrand », Éric et Franck achèvent de régler leur Œdipe en encensant Tonton tout en censurant Papa. Le plus beau n’est pas là : en bas du sondage, Le Pen (Jean-Marie) n’obtient que 0,02% d’intentions de votes – un si faible score pour l’extrême-droite, c’est déjà un rêve en 1988, un cadeau en guise d’étrennes offert par les Z’Urbains depuis leur Utopie de Bénédigues.

 

Les vœux des Z’Urbains

© Famille Urbain
Reproduction des images soumise à autorisation

Texte : Sophie Rabau

 

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